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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 février 2022 25 min

Mali, Ukraine, restrictions liées au Covid-19... Le 8h30 franceinfo de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gabriel Attal. Après des semaines de brouilles, le Mali vient de décider d'expulser l'ambassadeur de France à Bamako. Il a trois jours pour faire ses valises et quitter le pays. Quelle est la réaction de la France ?

0:14
Gabriel Attal

On a pris acte de cette décision et immédiatement on a rappelé notre ambassadeur. On ne va pas attendre qu'il soit expulsé pour le faire revenir en France.

0:22
Présentateur

On joue un peu sur les mots.

0:23
Gabriel Attal

C'est une étape supplémentaire dans l'isolement dont fait preuve cette junte. Je rappelle qu'elle a pris le pouvoir. Elle s'était d'abord engagée à un retour à l'ordre constitutionnel, à des élections qui devaient se tenir au mois de février. Elle a finalement eu de cesse de repousser cette échéance. Elle a annoncé maintenant que ça serait dans cinq ans. Bref, on n'est pas prêts de voir les élections. Évidemment, ce n'est pas acceptable. On a eu l'occasion de le dire. On n'est pas les seuls à l'avoir dit. La CDAO, c'est-à-dire la Conférence économique des États de l'Afrique de l'Ouest, a eu l'occasion de le dire. Et depuis, la junte s'est isolée par étapes.

Je rappelle qu'elle a d'abord renvoyé le représentant de la CDAO au Mali, que du coup, les 16 pays de la CDAO ont rappelé leurs ambassadeurs. Je rappelle qu'ensuite, la junte a expulsé des militaires venant du Danemark, qui étaient venus pour lutter contre le terrorisme. Et maintenant, elle annonce cette décision sur l'ambassadeur de France. Donc on voit bien qu'il y a un isolement progressif de ce pays. On continue à rester présents au Sahel pour lutter contre le terrorisme. Je rappelle que c'est ça, notre mission sur place. C'est de lutter contre le terrorisme sur place, parce que ça permet aussi de nous protéger en France. Le dialogue n'est pas rompu aujourd'hui entre Paris et Bamako ?

Il est évidemment rendu très difficile. Mais nous, on va continuer à lutter contre le terrorisme. Et surtout, on a aujourd'hui un dialogue, une réflexion, un travail avec nos partenaires, qui interviennent sur place aussi dans la lutte contre le terrorisme, pour voir comment est-ce qu'on fait évoluer notre présence. Parce que ce qui est certain, c'est que la situation ne peut pas rester en l'état. Et donc, d'ici à la mi-février, on va travailler avec nos partenaires pour voir quelle est l'évolution de notre présence sur place.

1:56
Auditeur

Gabriel Etal, on essaie de traduire ce que vous dites ce matin, parce que c'est un langage très diplomatique que vous employez. Vous prenez acte. Ça veut dire quoi ? Est-ce que l'opération Barkhane va se terminer dans les prochains jours ? Est-ce qu'on va retirer nos troupes du Mali ?

2:11
Gabriel Attal

D'abord, l'opération Barkhane, on a déjà annoncé qu'elle était adaptée. Je crois que c'était il y a plus de 18 mois que le président de la République s'est exprimé au sommet de Pau et qu'il a dit qu'on allait adapter notre présence pour la concentrer sur la lutte contre le terrorisme. Ce qui veut dire que progressivement, on a réduit la voilure. On va continuer à le faire. On a d'ailleurs rendu un certain nombre de bases à la mission onusienne ou à l'armée malienne. Je pense à la base de Kidal, de Tessali, de Tombouctou. Maintenant, ce que je disais, c'est que ce n'est pas un sujet franco-français. Ce n'est pas une intervention qui est franco-française.

On est, je crois, une dizaine de pays européens dans la force Takouba. Sauf que là, c'est l'ambassadeur français qui est renvoyé. Oui, mais ce que je vous disais à l'instant, c'est que d'autres ambassadeurs avaient été renvoyés, que des militaires d'autres pays avaient été renvoyés, et que par ailleurs, notre intervention militaire sur place, elle se fait avec d'autres pays européens et avec l'ONU.

2:56
Présentateur

Mais la question aujourd'hui, elle se pose, Gabriel Attal, est-ce qu'on peut avoir des forces, des militaires français dans un pays dont le régime est illégitime ? Ce sont les mots de Jean-Yves Le Drian, votre collègue du gouvernement, il y a quelques jours, et qui expulse, j'allais dire, Manu Minitari, notre ambassadeur. Est-ce qu'on peut rester alors qu'on se parle ?

3:12
Gabriel Attal

Par ailleurs, on fait appel à des mercenaires dont on a vu qu'ils étaient responsables d'exactions dans les pays où ils sont passés. Moi, ce que je vous dis, c'est un, la situation ne peut pas rester en l'état. Ça, c'est quelque chose qu'on a dit, qui est clair. Alors, on fait quoi ? Ce que je vous dis, c'est que le on fait quoi, on ne va pas le décider seul, ce n'est pas un sujet franco-français. On intervient sur place avec d'autres pays européens, avec l'ONU. Et j'ai donné un calendrier, c'est-à-dire que d'ici à la mi-février, on va travailler pour prévoir une adaptation. Ce qui est certain, c'est que, un, on va continuer à lutter contre le terrorisme au Sahel.

Le Sahel, ce n'est pas que le Mali, parce que la réalité, c'est qu'on sait qu'un certain nombre d'attentats qui ont eu lieu sur notre sol ces dernières années, ou de projets d'attentats, ont été élaborés, pensés à l'étranger, pas uniquement d'ailleurs au Sahel, dans d'autres régions du monde, mais que donc, quand on lutte contre le terrorisme sur place, avec des succès, avec des chefs terroristes qui ont été neutralisés par nos armées ces dernières années, on protège aussi notre pays, on protège aussi les Français.

Et donc, il faut continuer à le faire maintenant, ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas continuer à le faire dans les mêmes conditions, qu'on avait déjà annoncé une adaptation de notre présence, et on va continuer à l'adapter en lien avec nos partenaires.

4:14
Présentateur

L'autre dossier en ce moment à l'international, c'est bien sûr la crise ukrainienne. Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont parlé il y a quelques jours, c'était vendredi dernier, qu'est-ce qu'ils se sont dit ?

4:24
Gabriel Attal

Alors, ils se sont reparlés hier soir, vous voyez qu'il y a un dialogue et des échanges qui sont nourris. Il y a une situation de tension très forte, et le souhait de la France, la mobilisation du président de la République, elle vise à la désescalade. On veut éviter un conflit armé à nos portes. C'est encore possible ? C'est pour ça qu'on se mobilise. Oui, c'est encore possible. Il n'y a pas de fatalité. Et comment on fait alors ? Comment on fait ? On a trois principes. Le premier principe, c'est la fermeté. Ça veut dire qu'on dit qu'on est très ferme, qu'on défend et qu'on protège la souveraineté territoriale de l'Ukraine.

Il y a un principe de solidarité, avec les Ukrainiens évidemment, mais un principe de solidarité entre Européens. Vous savez qu'il y a eu une réunion très importante la semaine dernière des ministres des Affaires étrangères européens, présidé par Jean-Yves Le Drian, qui a abouti à une déclaration commune. L'Ukraine, elle n'est pas dans l'Europe. Oui, je vais y venir. Et ensuite, il y a un dialogue, c'est le troisième pilier, et le dialogue, il se fait évidemment avec la Russie, il se fait dans ce qu'on appelle le format Normandie, avec la Russie, avec l'Ukraine, et avec l'Allemagne et la France.

Et ce que nous constatons, c'est qu'il y a des avancées positives, dans ce format Normandie notamment. Il y a eu mercredi dernier à Paris, une réunion avec les conseillers diplomatiques, des chefs d'État et de gouvernement de ces quatre pays, qui a abouti à une déclaration commune, ce n'était pas arrivé depuis, je crois, décembre 2019, notamment sur le respect du cessez-le-feu et sur la volonté de désescalade. Ensuite, effectivement, le président de la République a échangé avec Vladimir Poutine vendredi, vous demandiez ce qu'ils se sont dit, le président de la République a clairement demandé à Vladimir Poutine quelles étaient ses intentions et s'il était prêt à œuvrer pour la désescalade.

Il a répondu par l'affirmative, qu'il était prêt à œuvrer pour la désescalade. Évidemment, on va continuer à se mobiliser pour que cela se vérifie. Ensuite, le président a échangé avec le président ukrainien et il a rééchangé hier soir avec Vladimir Poutine,

6:08
Présentateur

toujours dans cet objectif. Est-ce qu'il y a une rencontre prévue entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine dans les jours qui viennent ? Est-ce qu'Emmanuel Macron pourrait se rendre sur place ? Je ne l'exclus pas, ce n'est pas décidé à ce stade.

6:18
Gabriel Attal

Ce qu'on a toujours dit, c'est que le président de la République ferait toujours ce qu'il faut, pour contribuer à la désescalade. On peut faire plein de choses. Ce qu'il faut, c'est que ce soit utile. Et c'est ça qu'on est en train de travailler. Ce que je peux vous dire par ailleurs, c'est que la semaine prochaine ou la suivante, puisqu'on avait donné 15 jours mercredi dernier, il y aura une nouvelle réunion des conseillers diplomatiques des quatre pays du format Normandie qui se tiendra à Berlin, qu'on est en train de la préparer. Bref, vous voyez que le président de la République, il est au cœur des efforts de désescalade pour éviter un conflit armé à nos portes.

6:48
Auditeur

Est-ce qu'Emmanuel Macron a directement demandé à Vladimir Poutine de retirer ses troupes de la frontière ukrainienne ? Ce que je vous dis,

6:55
Gabriel Attal

c'est que le président, il offre pour la désescalade. Donc évidemment que le président de la République fait tout ce qu'il peut, dans les mots et dans les actes, pour éviter de se retrouver dans une situation de confier.

7:04
Présentateur

Et est-ce que dans cette désescalade, Gabriel Attal, vous pourriez demander à l'Ukraine de renoncer à adhérer à l'OTAN ? Parce que c'est l'un des cœurs, le cœur même sans doute, des difficultés aujourd'hui.

7:13
Gabriel Attal

On a dit que ce sujet-là n'était pas d'actualité.

7:17
Présentateur

Et quel est le sujet qui n'est pas d'actualité ? Demander ça à l'Ukraine ou le fait que l'Ukraine adhère ?

7:20
Gabriel Attal

Aujourd'hui, ce qui est regardé, c'est comment est-ce qu'on arrive à faire baisser la tension entre la Russie et l'Ukraine. Tout le monde fait des efforts. L'Ukraine a clarifié un certain nombre de choses. La Russie aussi, puisque le président Poutine s'est exprimé auprès du président de la République et dans le cadre du format Normandie. Ils ont signé une déclaration qui appelle à la désescalade. Et maintenant, on veut continuer à avancer.

7:42
Auditeur

C'est de savoir sur quoi vous négociez, clairement.

7:45
Gabriel Attal

Ce que je vous dis, c'est qu'il y a des efforts

7:47
Présentateur

pour la désescalade dans cette région. On n'en saura pas plus pour l'instant. Encore un peu de patience. 8h40, le fil info, Lisa Guyenne. Et on vous retrouve dans un instant. Gabriel Attal.

7:57
Invité

Les dirigeants d'Orpea, convoqués dans moins d'une heure au ministère de la Santé, la ministre déléguée à l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, veut leur dire sa colère. Elle veut aussi comprendre le système de maltraitance dénoncée dans le livre Les Fossoyeurs. Elle annonce ce matin l'ouverture d'une enquête administrative et d'une autre financière contre le groupe. Une avancée dans la lutte contre les violences conjugales. À partir d'aujourd'hui, la justice a l'obligation de prévenir les victimes lorsque leur conjoint violent sort de prison. Un décret mis en place après la mort d'une femme à Épinay-sur-Seine, attaquée par son ex-mari dont il ignorait la libération.

Disant qu'il n'avait pas augmenté le taux du livret A double, aujourd'hui, il passe de 0,5 à 1%. En ce 1er février aussi, les tarifs de l'électricité grimpent de 4% comme c'était prévu. Sur la route, le prix des péages, lui, augmente de 2% en moyenne. 13e jour de grève des éboires à Marseille. Les poubelles s'entassent et face au risque d'incendie et de pollution, la mairie décrète une mesure d'urgence. Des sociétés privées interviennent dès aujourd'hui pour déblayer les rues. France Info

9:00
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

9:05
Auditeur

Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Tout le monde est tombé de sa chaise en découvrant le livre paru la semaine dernière Les Fossoyeurs qui raconte le quotidien dans les EHPAD privés hors PA et leur lot de maltraitance infligée aux résidents. Est-ce que c'était vraiment une découverte pour vous ?

9:19
Gabriel Attal

D'abord, je veux réagir à ce que vous venez de dire en tombé de sa chaise. On sait évidemment que c'est un enjeu la question de la bientraitance en établissement, en EHPAD. À ce point-là ? Évidemment que les révélations dans ce livre, j'ai eu l'occasion de le dire, elles sont révoltantes, abjectes. Vous avez des exemples de situations qui sont inhumaines. On parle d'alimentation, on parle d'hygiène pour des personnes qui ont droit à la dignité. Et moi, je comprends parfaitement, ça nous choque tous, que ça a choqué tous les Français. Les Français, ils sont attachés à leurs aînés et ils considèrent que la dignité, ça va jusqu'au bout de la vie.

Et d'ailleurs, ils se sont beaucoup mobilisés depuis deux ans puisque tous les efforts qu'on a fait pendant cette crise sanitaire visent précisément à protéger notamment nos aînés qui étaient évidemment les plus à risque dans le cadre de l'épidémie de Covid-19.

10:03
Auditeur

Mais si vous au pouvoir, vous ne découvrez pas ces difficultés, ces cas de maltraitance dans les EHPAD privés, pourquoi vous n'avez rien fait ?

10:09
Gabriel Attal

On a agi depuis le début de ce quinquennat. On a pris des mesures très fortes. On a pris des mesures pour améliorer le recrutement de personnel dans ces établissements. 20 000 recrutements prévus, budgétés, un certain nombre qui sont déjà arrivés. C'est la première chose. Deuxième chose, on a lancé un plan inédit d'investissement pour rénover les EHPAD. 2 milliards 100 millions d'euros qui ont été mis sur la table. Il y a des travaux qui ont déjà commencé pour lutter contre la vétusté de ces établissements qui doivent être des lieux de vie, mais aussi pour les accompagner vers une transformation, vers le numérique, pour qu'ils soient mieux médicalisés, qu'ils soient ouverts sur la ville.

On a des projets, par exemple, pour maintenant construire des EHPAD à proximité des écoles pour qu'il puisse y avoir des projets intergénérationnels avec des enfants. C'est très bon.

10:50
Présentateur

Dans le cas des deux groupes, des deux principaux groupes privés... Je vais plus loin, je termine sur ce point-là

10:55
Gabriel Attal

parce que vraiment, on a créé, ça fait des années, des décennies qu'on en parlait, une cinquième branche de la sécurité sociale. Vous savez que la sécurité sociale de 45, c'est quatre branches, la branche maladie, la branche accident du travail, la branche famille. On a, ça fait des années en France qu'on parle de la création d'une branche autonomie, on a créé la branche...

11:12
Présentateur

Mais ce n'est pas celle qui fait débat aujourd'hui, Gabriel Attal. Vous voyez bien qu'on parle de groupes qui aujourd'hui sont cotés en bourse, qui parfois d'ailleurs

11:18
Gabriel Attal

font des manœuvres financières

11:20
Présentateur

à la bourse en rachetant, ça a été le cas d'un des groupes français récemment, leurs propres actions pour faire monter le cours en bourse. Est-ce que la dépendance, c'est-à-dire confier ceux que nous avons de plus fragiles aujourd'hui, nos parents ou nos grands-parents, c'est un business comme un autre ?

11:34
Gabriel Attal

Non, évidemment. Ça l'est dans les faits. Mais ça ne peut pas l'être. Et c'est pour ça que s'agissant du groupe Orpea, nous allons lancer, nous lançons deux enquêtes. Une enquête administrative de l'Inspection générale des affaires sociales sur le fonctionnement du groupe. Et ensuite, une enquête financière par rapport à ce que vous évoquez de l'Inspection générale des finances sur cette question-là précisément. Par ailleurs, on demande à l'ensemble des agences régionales de santé en France de lancer des contrôles inopinés sur les établissements de ce groupe. Uniquement ce groupe. En priorité de ce groupe. Il y a des contrôles inopinés. Il y a des problèmes

12:09
Auditeur

chez Coréen aussi. Il y a des témoignages

12:10
Gabriel Attal

qui remontent. Évidemment. Il y a une parole qui se libère. Il y a un certain nombre de témoignages qui remontent. Il faut tout prendre au sérieux. Il ne faut rien mettre qu'on va les accentuer et les renforcer. Et par ailleurs, vous savez que ma collègue Brigitte Bourguignon à la demande d'Olivier Véran reçoit aujourd'hui les dirigeants du groupe Orpea. Et donc on a ces enquêtes qui sont lancées et elle a donné un calendrier de trois semaines au bout desquelles on rendra un certain nombre de choses et potentiellement on reverra un certain nombre de choses sur les sanctions, sur l'évaluation et sur la certification des établissements. En attendant,

12:42
Présentateur

vous demandez aux résidents et à leur famille de parler, de raconter, une sorte de libération de la parole aujourd'hui, de dire le plus possible avant de porter plainte, de raconter ce qui se passe. Oui, évidemment,

12:51
Gabriel Attal

c'est important que les témoignages soient là, ils permettent d'orienter les contrôles, ils permettent aussi le cas échéant de saisir la justice. J'ai vu qu'un certain nombre de familles avaient saisi la justice, c'est important évidemment qu'elles puissent aussi travailler et donc évidemment c'est important et encore une fois, tous les témoignages doivent être entendus et écoutés. Et ensuite, notre responsabilité à nous c'est de prendre les mesures qui s'imposent. Vous savez, il y a quelques mois, on a adopté dans la loi une définition plus claire, plus précise de la question de la maltraitance en établissement justement pour qu'elle puisse être sanctionnée davantage et plus efficacement.

13:23
Présentateur

Mais vous nous dites vraiment d'un mot encore là-dessus, ça ne peut pas être un business comme un autre. Est-ce que le gouvernement envisage éventuellement d'interdire les EHPAD privés qui représentent aujourd'hui 20% des places ?

13:33
Gabriel Attal

Je n'ai pas d'annonce sur ce sujet-là. Il y a ma collègue Brigitte Bourguignon et Olivier Véran encore une fois qui reçoivent les dirigeants du groupe. Il y a un travail et des réflexions qui sont menées mais je n'ai pas d'annonce à faire là-dessus.

13:42
Auditeur

Gabriel Attal, après-demain, Total devrait annoncer les meilleurs résultats de son histoire, 15 milliards de bénéfices, un record pour une entreprise française. Vous dites bravo ou vous dites c'est trop ?

13:52
Gabriel Attal

Moi ce que je dis c'est que notre priorité c'est de créer de l'activité dans notre pays, c'est de créer des emplois dans notre pays. Que des entreprises, des entreprises françaises soient en bonne santé économique et financière, j'ai envie de dire tant mieux dès lors que cette bonne santé financière elle va à la création d'emplois, à la création d'activités dans notre pays. C'est le cas chez Total. Ça fait, je ne vais pas vous parler du cas précisément de Total, ce que je sais c'est que ça fait trois ans maintenant que la France est redevenue le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers.

Que des grands groupes investissent en France parce qu'ils considèrent que c'est là que ça se passe. Parce que précisément on a fait des réformes pour susciter l'investissement dans l'économie réelle.

14:30
Auditeur

Est-ce que ça ne pose pas problème de savoir ça sachant qu'aujourd'hui vous serrez la ceinture à EDF entreprise de services publics pour qu'elle vende son électricité quatre fois moins cher qu'elle l'achète à des entreprises privées comme Total qui font donc 15 milliards de bénéfices.

14:43
Gabriel Attal

C'est un sujet différent. Vous savez, oui on a demandé un effort à EDF. Pourquoi ? On a demandé un effort à EDF pour alléger la facture d'électricité des Français.

14:52
Auditeur

Si on n'avait pas pris... Total achète de l'électricité elle aussi. Mais il ne s'agit pas de subventionner

14:56
Gabriel Attal

quelques groupes que ce soit. Bruno Le Maire s'est exprimé et était très clair sur ce sujet-là. Il s'agit de dire qu'on a une hausse dans le monde entier des coûts de l'énergie et notamment de l'électricité. Que si on ne faisait rien là en février la facture moyenne d'électricité des Français serait passée de 1000 à 1400 euros. Elle est passée de 1000 à 1700 euros en Espagne je crois et quasiment la même chose en Italie. Et nous qu'est-ce qu'on a dit ? On a dit plutôt que l'augmentation de 40% qui est prévue on veut limiter l'augmentation à 4%. Pour ça l'État a fait un effort il a renoncé à 8 milliards d'euros de taxes. C'est EDF.

Oui et on a demandé un effort à EDF mais je rappelle que l'État a aussi fait un effort ces dernières années pour soutenir EDF. EDF c'est une grande entreprise et moi je veux le redire on a renoncé L'État a renoncé à 10 milliards d'euros de dividendes ou d'aides à la capitalisation. Il y a eu ces efforts qui ont été faits

15:44
Présentateur

On n'a pas de problème aujourd'hui à ce que les entreprises françaises fassent des profits même s'ils sont très importants. Je vais vous donner deux chiffres. Les bénéfices pour les entreprises du CAC 40 c'est-à-dire les 40 premières capitalisations françaises pour l'année 2021 ils viennent de tomber on les connaît ces 137 milliards d'euros de bénéfices. Dans le même temps la moitié de cette somme exactement la moitié de cette somme va être rendue aux actionnaires sous forme de dividendes. Là on ne parle pas de hausse de salaire on ne parle pas de création d'emplois on ne parle pas d'argent qui ruisselle on parle de rémunération des actionnaires.

Est-ce que la moitié des bénéfices reversés aux actionnaires ça vous semble une proportion raisonnable ?

16:20
Gabriel Attal

On a toujours dit Bruno Le Maire a toujours dit qu'on voulait un meilleur partage de la valeur dans l'entreprise. 50% dans la poche des actionnaires est-ce que c'est le bon partage ? On a dit qu'on voulait un meilleur partage de la valeur dans l'entreprise. Est-ce que c'est le bon ? Et en même temps qu'on voulait aussi qu'il y ait des investissements dans nos entreprises. Et donc oui il y a des actionnaires dans les entreprises parce qu'il y a des personnes qui investissent dans les entreprises. L'important c'est quoi ? C'est qu'au bout de cette chaîne vous ayez un impact sur l'emploi et sur l'économie dans notre pays. Vous voyez l'impact aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui ?

Qu'on a un taux de chômage au plus bas depuis 15 ans. Qu'on est redevenu le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers. Qu'on a une croissance record depuis 1952 je crois. 7% de croissance en 2021. On rattrape la croissance perdue d'une année d'avant en grande partie. On est locomotive en Europe. Et on ne pensait pas rattraper la croissance comme vous dites aussi rapidement. On est plus de 6 mois plus tôt que ce qui avait été prévu espéré au début de cette crise. Depuis 2 ou 3 ans on crée plus d'emplois industriels qu'on en détruit en France. On ouvre plus d'usines qu'on en ferme en France. Il y a un climat aujourd'hui.

17:18
Présentateur

Donc vive les dividendes il n'y a pas de soucis avec ça. Non ce que je dis

17:20
Gabriel Attal

c'est vive l'économie réelle et vive les emplois. C'est ça que je dis. Vous savez j'étais en déplacement dans l'Hérault à La Vérune il y a quelques jours. Je suis allé dans l'usine Carte Noire qui a été racheté il y a quelques années par le groupe italien Lavazza de Café. Qu'est-ce qu'ils m'ont dit ? Ils m'ont dit depuis 4 ans on a investi 40 millions d'euros dans l'usine Carte Noire à La Vérune ce qui a créé des emplois ce qui a ouvert des lignes de production. Pourquoi on l'a fait ? Parce qu'on voit que la France est redevenue un pays où il fait bon investir où il y a un climat favorable pour les investissements. A la fin c'est quoi ?

A la fin vous avez des créations d'emplois pour les Français. C'est ça qui nous préoccupe et c'est ce qui explique qu'aujourd'hui vous avez un taux de chômage au plus bas depuis 15 ans et que vous avez un plein emploi qui est aujourd'hui visible à l'horizon qui est atteignable et c'est pour ça qu'on va continuer à se mobiliser.

18:01
Présentateur

Gabriel Attal la porte-parole du gouvernement et l'invité de France Info le fil info à 8h51 avec Lisa Guyenne.

18:08
Invité

Le scandale des EHPAD chez Orpea qui pose la question des abus dans tout le secteur. Ce matin sur France Info la directrice générale du groupe Corian se défendait de l'existence d'un système de rétro-commission pour faire du profit. Elle assure aussi que le rationnement ne fait évidemment pas partie de la politique de son groupe. Des excuses qui ne valaient pas grand chose réaction de l'avocat de la mère de la petite Maïlis au procès de Nordal-Lelandais des excuses formulées hier à l'ouverture de l'audience. L'accusé assure qu'il ne voulait pas donner la mort à la fillette. Il promet de donner des explications sur ce qu'il s'est passé.

La réponse de la justice dix jours après l'agression du député En Marche Romain Gros à Perpignan ciblé par des manifestants antipasse. Trois hommes déjà connus pour des violences condamnés à des peines de 12 à 18 mois de prison. Deux d'entre eux restent en détention. Nouvelle mobilisation aujourd'hui du secteur médico-social à l'appel de plusieurs syndicats. Ceux qui se considèrent comme les oubliés du Ségur réclament le versement de la prime annoncée en 2020 et de meilleurs salaires pour enrayer la pénurie de personnel. France Info

19:10
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel Gabriel Attal c'est demain que seront levées une partie des dernières restrictions sanitaires fini le masque en extérieur fini les jauges fini également qu'est-ce que j'oublie le télétravail obligatoire qu'est-ce qui vous fait dire que c'est le bon moment ?

19:28
Gabriel Attal

On constate depuis quelques jours maintenant une inversion encore fragile de la tendance.

19:34
Présentateur

J'ai cru que vous alliez dire une inversion de la courbe ça aurait rappelé des souvenirs du quinquennat précédent.

19:37
Gabriel Attal

C'est un peu ça on voit depuis quelques jours maintenant que vous avez moins de cas déclarés chaque jour que 7 jours auparavant et que vous avez je crois pour la première fois là depuis hier une incidence qui a très légèrement diminué sur une semaine. Quand je dis que c'est fragile c'est que ça fait quelques jours seulement c'est qu'on reste à des niveaux très élevés et que par ailleurs on sait qu'il y a des questions posées sur le sous-variant BA2 qui est aussi très contagieux et qu'on a vu dans d'autres pays qu'il y avait eu une inversion de la tendance et qu'ensuite les contaminations étaient reparties à la haute. Cette fois c'est la bonne. C'est un signal très encourageant évidemment.

Maintenant il faut rester très prudent aussi pour les raisons que je viens d'évoquer. Il faut continuer à se mobiliser à faire attention mais oui on va respecter le calendrier qu'on a présenté aux Français avec une levée des restrictions en deux étapes c'est-à-dire demain et ensuite le 16 et demain vous l'avez invité ça concerne le port du masque en extérieur, le télétravail obligatoire et les jauges dans les grands événements. Et on allège toujours le protocole à l'école à la rentrée des vacances de février ? Ce qu'on a annoncé c'est qu'il serait adapté à la rentrée des vacances de février effectivement et on va y travailler. Vers un allègement adapté quand vous dites...

Bien sûr, oui ça ne suffit pas de le renforcer.

20:40
Auditeur

Gabriel Attal juste une question technique comment vous expliquez qu'une personne vaccinée même en cas de test positif elle garde son pass vaccinal valide ?

20:49
Gabriel Attal

Et ça vous savez c'est des questions qui ont été posées qui étaient même déjà posées qui étaient posées depuis des semaines. Ce qu'on sait c'est que quand une personne a un test positif évidemment qu'elle doit s'isoler. Évidemment que les français ils sont responsables. Elle peut aller au restaurant

21:02
Présentateur

avec son pass. Comment ? Elle peut aller au restaurant avec son pass qui reste valide.

21:05
Gabriel Attal

Enfin je veux dire oui vous pouvez dire les français ils peuvent ne pas respecter l'isolement qu'il leur est demandé on ne met pas un gendarme derrière chaque français.

21:11
Présentateur

Après quand vous avez mis un pass et des contrôles.

21:13
Gabriel Attal

Oui mais je veux dire les français ils sont responsables. Ce qu'on constate c'est que quand un français est positif il s'isole.

21:20
Présentateur

On est à 10 semaines du premier tour de l'élection présidentielle tout le monde a compris même vous même nous qu'Emmanuel Macron sera bien candidat est-ce qu'il est temps aujourd'hui d'entrer en campagne ?

21:29
Gabriel Attal

Non. Non. Vous le voyez bien au regard de l'actualité on est en train de prévoir Ça veut dire que son agenda est dicté par Omicron ? Ça veut dire que Ou par l'Ukraine ? Ou par quoi ? Ça veut dire que vous avez beaucoup de sujets aujourd'hui qui nécessitent non seulement sa mobilisation totale mais il sera mobilisé jusqu'au bout.

21:44
Présentateur

S'il y a encore une vague dans un mois et demi s'il y a encore des tensions avec l'Ukraine il va bien falloir y aller à un moment.

21:49
Gabriel Attal

Il laisse peu de place pour s'exprimer sur une campagne je viens de vous dire à l'instant il a le président il a le président Poutine le président ukrainien ses homologues européens tous les 3 jours au téléphone pour avancer vers la désescalade le président il travaille avec le gouvernement sur l'allègement des restrictions dans un contexte où on a encore énormément de cas positifs chaque jour moi je pense que les français ne comprendraient pas que là dans ces jours-ci le président s'exprime sur la campagne électorale et je vais vous dire moi je ne considère pas que ça soit un avantage pour nous au contraire oui c'est peut-être un handicap de ne pas pouvoir se mettre en campagne tout de suite quand vous avez des oppositions c'est normal en même temps elles ne sont pas aux responsabilités qui passent leur temps à ça

22:26
Auditeur

en attendant l'opposition elle vous accuse de faire campagne avec le chéquier des français on n'est pas loin du détournement de fonds publics dit Christian Jacob le patron des républicains vous lui répondez quoi ?

22:35
Gabriel Attal

vous savez c'est des mots outranciers qui visent à être commentés Christian Jacob il dit ça parce qu'il se dit comme ça dans les matinales on va en parler vous avez dit c'est une campagne

22:44
Présentateur

de mort vivant c'est aussi destiné à être commenté dans les matinales

22:48
Gabriel Attal

c'est en réponse à une question qui m'a été posée sur le fait que les français s'intéressent peu à la campagne présidentielle aujourd'hui et ce que j'ai dit c'est comment vous voulez que les français s'y intéressent quand les candidats déclarés vous décrivent un espèce de pays zombie lugubre où tout va mal où il n'y a plus de raison d'y croire moi je me mets à la place des français ils entendent monsieur Zemmour madame Le Pen madame Pécresse expliquer matin midi et soir que tout est foutu que la France est dans un état catastrophique il n'y a plus de raison d'espérer moi ce que je vous ai dit tout à l'heure sur les signaux de notre économie sur le fait qu'on ait un taux de croissance record dans la zone euro qu'on a un taux de chômage au plus bas depuis 15 ans c'est pas moi qui le dit ouvrez les journaux le parisien ce matin qui dit tous les clignotants sont au vert on n'a jamais été aussi proche du plein emploi il y a des raisons d'y croire et d'espérer la France elle en a sous le pied on a des perspectives extrêmement positives et je pense que c'est important de le dire aux français sinon on ne crée que de la désespérance et on ne donne pas forcément envie on ne donne pas franchement envie aux français de participer

23:37
Présentateur

quand il sera candidat Emmanuel Macron va-t-il accepter de débattre avec les autres candidats avant le premier tour

23:43
Gabriel Attal

d'abord la question aujourd'hui par définition des pas d'actualité elle va pas tarder à se poser la deuxième chose c'est que vous avez vu que le président il a toujours valorisé le débat on a fait le grand débat national c'est pas pareil il a toujours été il a toujours répondu aux questions soit des questions des journalistes des questions aussi d'opposants politiques il ne se dérobera pas il y a mille et une manières de débattre en 2022 il y a mille et une manières de débattre en 2022

24:09
Auditeur

il peut débattre avec tout le monde sauf avec ses adversaires politiques

24:11
Gabriel Attal

non c'est pas ce que je dis ce que je dis j'étais interrogé j'étais interrogé sur ce sujet là dans le Parisien ce week-end

24:16
Présentateur

mais là on vous interroge on vous pose la question oublions nos amis du Parisien est-ce que Emmanuel Macron débattra ou pas avant le premier tour on va pas refaire le fil de toutes les interviews ce que j'ai dit ce week-end

24:24
Gabriel Attal

c'est que dans un format où vous avez 12 ou 15 candidats ça vous fait un temps de parole de même pas 7-8 minutes pour vous exprimer et donc vous avez pendant 1h50 des personnes qui vous interpellent et vous avez même pas matériellement le temps pour y répondre c'est simplement ce que j'ai dit raison pour laquelle j'étais sceptique sur ce format maintenant évidemment qu'il y aura du débat dans cette présidentielle il y aura du débat avec des français il y aura du débat avec des experts il y aura du débat avec des journalistes

24:48
Présentateur

il n'ira pas dans l'arène politique face aux autres candidats

24:51
Gabriel Attal

il y aura des débats avec des politiques pour l'instant en plus je ne crois même pas que la question soit posée puisque je ne crois pas que des chaînes annoncer qu'elle faisait

24:57
Présentateur

des chaînes qui proposent des débats toutes l'ont fait

24:59
Gabriel Attal

en tout cas on aura l'occasion d'en reparler moi vous aurez l'occasion de me réinviter quand on sera en campagne je serai là pour vous répondre et on sera présent pour discuter de tous ces sujets et je peux vous dire qu'il y aura du débat dans cette campagne heureusement

25:09
Présentateur

merci Gabriel Attal bonne journée à vous merci si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisée La Bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr