Reprise : Macron compte sur votre épargne ! #cdanslair 23.01.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 38 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:49OuverteRéponse directe
Elles sont à destination de qui, ces images ?
- 2:48RelanceRéponse partielle
Mais ça repose là-dessus aussi, l'attractivité ?
- 4:44FerméeRéponse partielle
Est-ce que c'est beaucoup une annonce comme celle-ci de 3 milliards et demi d'investissement ?
- 7:10OuverteRéponse directe
Est-ce que ce qu'on a vu hier, c'est déjà le fruit de ce qui a été amorcé, ou est-ce que c'est un long chemin ?
- 12:06OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut déjà mesurer une augmentation de l'attractivité de la France ?
- 18:47OuverteRéponse directe
Quelles seront les contreparties exigées par l'État à chaque investissement étranger dans notre pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:35PrésentateurFait
« la loi travail notamment, et puis surtout dans la loi travail, le fait de pouvoir calculer le périmètre d'une difficulté d'une entreprise sur la France uniquement »
- 8:42PrésentateurChiffre
« il y a 50 milliards d'euros, le pacte de responsabilité, où il y a 50 milliards d'euros qui ont été consacrés à la baisse du coût du travail »
- 11:45PrésentateurFait
« on n'a pas de visibilité, il y a une fiscalité trop lourde »
- 11:57PrésentateurFait
« Il y a l'impôt sur les sociétés qui est baissé »
- 14:39PrésentateurFait
« c'est l'une des usines du groupe japonais les plus productives au monde »
- 14:43PrésentateurPromesse
« créer 700 emplois »
- 33:24InvitéFait
« l'État devrait aussi jouer sur le levier de la fiscalité, baisser les taxes sur les placements dans les entreprises »
- 33:57InvitéFait
« Ce qu'on veut, c'est financer l'activité, c'est financer le capital des entreprises, c'est avoir une perspective de développement à long terme. »
- 34:01InvitéFait
« Le gouvernement veut que cette révolution aille vite. »
- 34:10InvitéFait
« Peut-être essayer de faire de tous les Français des actionnaires. »
- 36:46PrésentateurFait
« L'ISF était en partie fléchée vers les PME, il y avait ce qu'on appelait l'ISF PME. »
- 37:07PrésentateurFait
« Il essaie de trouver d'autres sources pour financer les PME et donc là il va chercher dans l'assurance vie. »
- 41:00PrésentateurFait
« Les fonds de pension, c'est-à-dire la préparation de votre retraite, vous mettez de l'argent vous-même qui sera investi dans des petites entreprises ou des grandes entreprises. »
- 43:24PrésentateurChiffre
« Les Français ont un gros taux d'épargne, je crois 15% de leur revenu est épargné. »
- 45:28PrésentateurChiffre
« Carrefour 2022, un plan destiné à redresser le géant de la grande distribution, 2,8 milliards d'euros d'investissement dans le secteur digital d'ici 5 ans. »
- 45:39PrésentateurChiffre
« 2400 départs volontaires et la fermeture de 273 enseignes d'IA rachetée par Carrefour en 2014 jugée peu rentable. »
- 46:27PrésentateurChiffre
« La Bosch de Rodez, c'est 1600 salariés, le plus gros employeur privé du département. »
- 46:45InvitéFait
« En 2015, effectivement cette ligne travaillait 24h sur 24, 7 jours sur 7. »
- 49:40PrésentateurChiffre
« En France, 70% des véhicules immatriculés, 74% étaient des véhicules diesel jusqu'à il y a deux ans, et maintenant moins de 50%. »
- 51:05PrésentateurFait
« Le diesel a une très mauvaise réputation facilement depuis 4-5 ans. »
- 51:24PrésentateurFait
« Toutes ces grandes entreprises Carrefour mais comme Bosch ont touché des millions venant de l'État français via le CICE et le CIR. »
- 57:19PrésentateurFait
« Il a baissé la fiscalité, il a supprimé la taxe sur les dividendes, il a fait tout un tas de cadeaux. »
- 1:01:49PrésentateurFait
« La robotisation, la numérisation, la digitalisation a tendance à favoriser les emplois très qualifiés. »
Temps de parole
- Présentateur86 %
- ?4 %
- Invité4 %
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Bonsoir
à toutes et à tous. Nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Prendre le vent, le vent de la reprise. Emmanuel Macron multiplie les signaux pour renvoyer l'image d'une France attractive pour les entreprises. Hier à Versailles, il n'a pas lésiné sur l'affichage pour mettre en scène des investissements étrangers avec des grands patrons qu'il retrouvera demain à Davos. Prochaine étape, réorienter l'épargne des Français vers les PME pour stimuler l'économie réelle. Une révolution culturelle pour des épargnants abonnés au Livret A, à l'assurance vie et à l'immobilier.
Mais au-delà du volontarisme, est-ce que la reprise peut profiter aux entreprises et aux emplois ici en France ? Est-ce que les indicateurs sont réellement tous au vert ? Reprise, Macron compte sur votre épargne. C'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Fanny Guinochet, vous êtes journaliste à l'opinion, vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales et chroniqueuse pour France Info. Je cite votre article d'hier de Versailles à Davos. Le président joue les VRP. Christine Cardellan,
vous
êtes directrice de la rédaction de l'usine nouvelle et de l'usine digitale. Rappelons votre ouvrage dans la Google du loup, publié chez Plon. Xavier Thimbault, vous êtes directeur principal à l'Observatoire français des conjonctures économiques. Enfin, Thomas Porcher, vous êtes économiste, professeur d'économie à la Paris School of Business. Vous êtes également membre des économistes apérés, atterrés, auteurs de introductions inquiètes à la Macron-économie, publié aux éditions Les Petits Matins. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Alors, elles étaient belles, les images, hier. Tout était fait pour qu'elles soient belles.
Versailles, un président de la République qui reçoit des grands patrons, qui met en saigne des signatures de contrats. Elles sont à destination de qui, ces images ? Elles sont à destination des investisseurs et puis des Français. Le président agit. Il fait venir le gratin économique de la planète en France. Alors, il a effectivement sorti, mis les petits plats dans les grands. C'était à Versailles. C'était vraiment un signe. Et puis, il a fait un dîner. On n
'a
pas vu, pour le coup, beaucoup d'images parce que c'était fermé à la presse. Mais c'est l'idée de montrer que sur la route de Davos, puisque donc il
y
a ce forum qui s'ouvre aujourd'hui, il y a un stop qui doit devenir incontournable dans la tête d'Emmanuel Macron. C'est Paris. Et il a dit d'ailleurs que ce sommet a été le premier de plusieurs sommets à venir. Et l'idée, c'est de dire aux investisseurs, venez, regardez, la France a changé. La France vous ouvre des opportunités. Si vous devez investir, c'est là que ça doit se passer. – Ça repose sur des images, ce genre de sujets. L'attractivité économique, ça repose aussi sur… Personne n'est totalement dupe, et ce n
'est
pas grave, ça fait partie de la politique, le faire savoir. Mais ça repose là-dessus aussi, l'attractivité ? – Oui, complètement. Et je crois qu'il a joué l'effet masse. Tous ces investissements étaient prévus déjà depuis quelques mois, certains pour Toyota, par exemple, depuis au moins deux ou trois ans.
Mais en annonçant tout en même temps, vous êtes pratiquement sûr d'avoir un papier dans le New York Times, le Washington Post, dans les journaux étrangers, et le fait d'avoir une image, c'est comme quand il met en scène les ordonnances, on le voit en train de signer les ordonnances, ça permet d'arrêter, de faire un arrêt sur image sur un événement qui se passe en France et donc de marquer les esprits. Si on avait laissé au fil de l'eau tous ces investissements passés, on n'aurait pas eu de papier à l'étranger. – Mais ça pèse au-delà,
parce que je suis très content
d'avoir des papiers
à l
'étranger, ça j'en suis sûre, mais le but c'est quand même de faire investir des
entreprises en France. – À
court terme, ceux qui étaient là, comme je dis, étaient déjà prévus depuis longtemps. En revanche, tout ce qu'il a fait depuis qu'il est arrivé, la loi travail notamment, et puis surtout dans la loi travail, le fait de pouvoir calculer le périmètre d'une difficulté d'une entreprise sur la France uniquement, c'est-à-dire si une filiale d'entreprise étrangère a des difficultés en France, elle peut licencier, alors qu'avant il fallait qu
'il y ait
des difficultés dans le monde entier, que ce résultat soit mauvais dans le monde entier, ça a été très très important pour les investisseurs étrangers. Donc, tout ce qu'il a fait, tous ces éléments qu'il a ajoutés vont porter leurs fruits. Mais je ne
peux
pas dire qu'hier soir, c'était déjà grâce à ça. – C'était un début, sans doute, même si ça s'est fait avant, ce genre de réunion, c'était peut-être mis en scène différemment, non jamais
c'est une première. – Non, non, ça s'est fait, mais
pas de cette ampleur, là il y avait 140 patrons réunis en même temps, ce qui est intéressant pour eux aussi, parce qu'ils font eux-mêmes du business entre eux. Donc, il y avait 15 ministres qui étaient présents, il y
a
eu toute une partie qu'on n'a pas vue pour le coup hors caméra, mais avec les équipes gouvernementales pour aider très concrètement les patrons qui voulaient investir. Donc, il y avait des choses dans les tuyaux, mais c'est vrai qu'ils sont repartis. Et puis, on a quand même un chiffre,
c
'est plus de 3 milliards d'euros d'investissement, de 1 200 emplois à venir. – Je peux
vous poser la question comme ça,
est-ce que c'est beaucoup
? – Est
-ce que c'est beaucoup une annonce comme celle-ci de 3
milliards et demi d'investissement ?
– C
'est l'histoire
du verre plein ou du verre vide, c'est déjà bien. Moi, j'ai envie de dire, effectivement, on pourrait espérer mieux, mais après 10 années de crise, 10 années où on a vu des fermetures d'entreprises, où on a vu des entreprises qui partaient, bon, ça fait du bien. Et on peut se dire que c'est une dynamique qui s'enclenche. Effectivement, sur 5 ans, bon, il faut peut-être relativiser, puis ça dépend les secteurs, il faut voir aussi dans quel secteur, parce que si c'est que dans le numérique, que pour des gens qualifiés et que de l'autre côté,
c
'est plus difficile pour certains métiers ou certaines industries, bon, il va falloir voir. Mais moi, je trouve que c'est quand même un signe
extrêmement positif. – Il y a
47 milliards, je crois, d'investissements étrangers en France chaque année, c'est ça ? –
Et
donc,
voilà, ça donne un
élément de réponse. – Oui, on discutera, parce que c'est vrai que les flux d'IDE varient, ils sont très volatiles, parce qu'on va en parler
après,
d'investissements directs étrangers,
ils sont très volatiles, parce
qu
'il y
a des montages financiers entre filiales, il y a des fusions-acquisitions parfois qui sont importantes et qui font qu'on va avoir un chiffre très élevé, et puis d'autres années, des chiffres moins élevés. On en reparlera après. Là,
c
'est vrai qu'Emmanuel Macron, c'est un peu la cerise sur le gâteau, parce que les trois critères d'attractivité de la France, en premier lieu, c'est les infrastructures, les infrastructures de transport et de communication. Et d'ailleurs, il faudrait peut-être qu'il y
ait
des investissements qui soient faits dans les transports, parce qu'on a vu que ces derniers temps, où il y avait beaucoup de couacs à la SNCF, c'est le capital humain, la main-d'œuvre. On fait partie des plus productifs au monde, et on a une main-d'œuvre qui est bien formée. Et la troisième, c'est la qualité de notre recherche et développement. Et puis ensuite vient la qualité du service public, etc. Donc il y
a
déjà tout ça qui est là. C'est pour ça que l'année dernière, on a eu un chiffre record d'investissements directs étrangers en France, alors qu'Emmanuel Macron n'était pas encore président. Et lui, il surfe sur cette vague, dans un contexte politique quand même dégradé, où en face de lui, il
y
a Donald Trump, Theresa May, Angela Merkel qui a des difficultés politiques. Donc là, c'est clair qu'il ressort du lot. Et il n
'a
jamais caché son amour pour les entreprises. C'est lui qui a conceptualisé quand même le terme d'ubérisation de l'économie, alors que Uber, c'est une société qui est à la limite du respect des réglementations françaises, et qui a été rattrapée même par l'URSSAF, et dans d'autres pays également. Et lui, il défendait cette entreprise. Donc c'est quelqu'un qui a toujours été pro-business, et là qu'il le marque par un événement en recevant ses grands chefs d'entreprise à Versailles. Donc c'est la cerise sur le gâteau, mais le gâteau existe déjà depuis longtemps.
Une petite phrase, signée Benjamin Griveaux, qui dit « Certains projets n'auraient pas vu le jour sans les réformes que nous avons menées
».
Est-ce que ce qu'on a vu hier, c'est déjà le fruit de ce qui a été amorcé, ou est-ce que c'est un long chemin qui a été commencé, et ce ne serait pas grave, par les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ? Non, c'est évidemment le résultat d'un long chemin. Je pense que, malgré tout, dans ce qu'a fait Emmanuel Macron à Versailles, il y
a
quelque chose d'assez intelligent, qui est que la France avait une image dégradée, et avait fait beaucoup de choses,
mais
pas forcément en en faisant la publicité.
Ça ne se voyait pas.
Ça ne se voyait pas,
ce
n'était pas complètement dit, et puis ça compte un peu quand même, l'image, parce que quand vous voulez déplacer une entreprise et amener vos cadres dans un pays,
«
Si ce pays a mauvaise réputation, qu'on a le sentiment qu'on sera mal accueilli, ça compte, parce que vos cadres vont dire « Non, je préfère aller à Londres, où ils sont quand même plus accueillants, ou peut-être en Allemagne, où on sera plus près de la Banque centrale. » Et donc, jouer cette carte-là, faire ce spectacle,
parce
que c'est vraiment un spectacle à destination du monde, et ce n
'est
pas les 3 milliards d'investissements ou les 2 000 emplois qui ont été signés, qui ont une quelconque signification, parce que ce n'est pas à
l
'occasion de se dîner, et c'est de toute façon dérisoire et une goutte d'eau par rapport aux enjeux. Mais par contre, en termes d'image, il y
a
quelque chose. Et alors, évidemment, ça se construit sur une longue histoire, une longue histoire qui a commencé, en particulier après la crise de 2008, avec l'opération sur le crédit d'impôt, compétitivité emploi,
où il y a
50 milliards d'euros, le pacte de responsabilité, où il
y a
50 milliards d'euros qui ont été consacrés à la baisse du coût du travail.
Il
y a aussi un dispositif qui est extrêmement attractif pour tous ses patrons, qui est le crédit d'impôt recherche. Ça
marche
toujours, ça ? Ça marche toujours, ça marche très très bien, c'est extrêmement attractif, parce que quand vous mettez votre centre de recherche en France, en fait, les salariés qui font de la recherche, vos cadres supérieurs, vos doctorants ou vos docteurs qui font de la recherche, que ce soit en finance ou que ce soit dans des logiciels ou dans l'intelligence artificielle ou en ingénierie, en fait, il ne
vous
coûte rien grâce au crédit d'impôt recherche. Donc, c'est un dispositif extrêmement efficace, extrêmement généreux d'ailleurs, il n
'est
pas sans coût. Mais il attire beaucoup, et il attire beaucoup ces parties-là qui brillent, c'est-à
-dire,
vous voyez, le centre de recherche de Google, celui de Facebook, ce n
'est
pas beaucoup d'emplois, mais c'est des emplois très qualifiés. Et oui, la France est aujourd'hui une destination intéressante, à la fois par ces aspects-là, et puis parce que c'est au centre de l'Europe, parce que, comme Thomas l'a souligné, l'Angleterre fait défaut, parce que... Voilà, et puis la France a des arguments, par ailleurs, qui sont antérieurs à la fois à Macron et au CICE et au Crédit d'impôt recherche,
qui
vont de... Enfin, Thomas, on a cité quelques-uns, on pourrait rajouter...
Mais
il
fallait le faire
savoir, il fallait
le mettre en image. Il faut le faire savoir, il faut le faire
basculer l'image. Et là, c'est vraiment une opération de faire basculer l'image. Pour compléter ce que M. Thambaud disait, la France a touché un plus bas, je dirais, en 2012, à l'époque où François Hollande est arrivé et où il a créé la taxe de 75%. Avant lui, la France était le pays des 35 heures. Après cette taxe,
c
'était les 35 heures et les 75%. Vous savez, cette taxe sur les très très hauts salaires, qui a duré deux ans seulement. Et donc, le plus bas qu'on ait touché en termes d'attractivité, au moins dans l'image, parce que ça ne changeait rien sur les critères, effectivement, dont Thomas a parlé tout à l'heure, c'était ça. Ensuite,
il
y a eu... François Hollande a fait un certain nombre de choses, le CICE, etc., qui ont fait redémarrer l'attractivité. C'est venu tout doucement. Mais là, effectivement, d'un point de vue communication, on atteint maintenant un sommet. Oui, mais il y a aussi, vous n'en parlez pas, mais peut-être est-ce volontaire, les réformes. Le gouvernement communique beaucoup, vous
avez dit des entreprises en disant, mais oui, on a fait des choses, mais elles
sont importantes, ces réformes. Donc, quand vous regardez tous les sondages qui sont faits aujourd'hui auprès des chefs d'entreprise, et notamment des chefs d'entreprise étrangers, non seulement, effectivement, l'image de la France a changé depuis deux ans. Grosso modo, ça a commencé à amorcer, aussi parce qu'on est dans un contexte où ailleurs, géopolitiquement, c'était moins favorable, mais aussi parce qu'il y a cette idée de réforme, qu'aujourd'hui, la France est un pays réformable. Et hier, ce n'était pas un hasard s'il y avait Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire.
Muriel Pénicaud qui symbolise les ordonnances, cette fameuse réforme du Code du travail, qui était un des principaux freins pour les chefs d'entreprise étrangers, que la lourdeur de ce Code du travail, la difficulté d'ajuster les effectifs, les 35 heures. Et puis, de l'autre côté, il y a aussi le côté fiscal. C'était le deuxième argument, le deuxième frein qu'avançaient souvent les boîtes étrangères pour ne pas venir s'installer ou hésiter à venir s'installer en France. C'était, on n'a pas de visibilité, il y
a
une fiscalité trop lourde. Et là, pour le coup, il y
a
aussi des choses qui ont été faites. Il y a la suppression de l'ISF, ce n
'est
pas rien, qui peut effectivement arranger les cadres étrangers qui viennent. Il y a l'impôt sur les sociétés qui est baissé. Enfin, il y a tout un tas de mesures. Au-delà de ce qui a été vu, annoncé, mis en scène peut-être hier, à tort ou à raison, est-ce qu'on peut déjà mesurer une augmentation de l'attractivité de la France ? Allez, un effet Macron sur le fait que des entreprises se disent « Ah bah vraiment, ça a l'air bien la France, il y a eu des réformes qui ont été faites et on vient poser ou nos sièges sociaux, ou nos usines en France. » Sur les sondages, on le voit. Mais après, sur les chiffres, je pense que c'est trop
court. C'est trop tôt.
Et
puis,
comme vous l'avez dit, sur Toyota, ça faisait longtemps que c'était dans les tuyaux. Donc là, ça sort comme ça.
Enfin,
je pense que c'est trop tôt. Mais l'année dernière, c
'était
une très bonne année. Et c'était une très bonne année, pourquoi ? Parce que l'économie, de manière générale, repart. Enfin, on sort d'une crise. Après, il y
a
eu la gestion de la zone euro qui a été très mauvaise, qui a fait qu
'on
a eu très peu de croissance. Et là, la croissance repart. Donc si la croissance repart, les investisseurs reviennent. Parce que c'est ça le but. Il y a des pays qui avaient des très fortes réglementations. C'est pour ça qu'il n
'y
a pas un lien, il n
'y a
pas un consensus scientifique en tous les cas, sur le lien entre réglementation et investissement. Je vous donne un exemple. La Corée du Sud
avait
énormément d'investissements directs étrangers, alors qu'elle avait besoin, pour monter une usine,
il
fallait pratiquement 299 permis. Et les investisseurs venaient.
Et
des revues économiques analysaient ça en disant, mais c'est hallucinant, il
y a
des réglementations très fortes. Les investisseurs viennent. Pourquoi ? Parce qu'il y a de la croissance. Alors que dans des pays africains, les réglementations sont faibles. Pour attirer, il
n'y
a pas de croissance. Donc les investisseurs ne veulent pas venir. Donc il n'y a pas que les réglementations. Certes,
c
'est un cadeau, et là c'est une preuve d'amour supplémentaire de baisser l'IS, de faire
une flat tax, etc.
et de montrer que quelque part, la France fait des réformes. Mais globalement, la croissance reste le premier moteur, je
pense.
Ils sont plus pragmatiques que ça. C'est ça que vous voulez dire ? Les investisseurs et les entrepreneurs ? Oui,
je
pense qu'ils regardent. En tous les cas, il y
a
tout un tas de critères qui regardent. Et l'investissement est dominé par des critères multidimensionnels. Alors, Emmanuel Macron ne lésine pas, on l'a bien compris, sur les moyens et sur l'affichage pour attirer les regards des investisseurs étrangers vers la France. À la veille de Davos, le président veut faire savoir que ces réformes faciliteront la vie des entreprises. Au moment où l'économie mondiale reprend des couleurs, le chef de l'État souhaite que la France en profite à plein.
Réunion de patrons à Versailles, déplacement dans les entreprises qui embauchent, comme Toyota, un parfum d'euphorie tempéré quand même par les tendances lourdes de l'économie française, Clotilde Mravko et Lucie Lémard.
D
'abord, le président de la République a voulu s'afficher sur le terrain avec les ouvriers de Toyota. Visiblement ravis. A Onin, dans le nord de la France, c'est l'une des usines du groupe japonais les plus productives au monde. Ici, le constructeur investit 300 millions d'euros avec une promesse, créer 700 emplois. De quoi mériter une visite présidentielle.
C'est la première fois depuis la création du site que nous avons le privilège.
Visite qui émeut le directeur.
Ce
que j'ai essayé de démontrer pendant trois ans pour la République, c'est pourquoi ça marche ici. Pourquoi dans cette entreprise on investit ? Parce que les salariés, chacun, portent l'amélioration au quotidien. Parce que chaque salarié, il ne vient pas juste faire son travail, il vient vraiment prendre du plaisir à améliorer les choses au quotidien.
En
concurrence avec des usines Toyota au Royaume-Uni, le site français a convaincu. D'ici trois ans, un nouveau modèle sera construit ici, de quoi assurer du travail, au moins jusqu'en 2026.
Une
France qui sait accueillir les chefs d'entreprise, c'est le message du gouvernement. Avant le forum de Davos, dans le prestigieux château de Versailles, le président reçoit
la
patronne de Facebook,
le
PDG de Google,
ou
encore
le
dirigeant de Novartis. La France attire les multinationales. Elle a même nommé un ambassadeur pour cela, au style très anglo-saxon.
Non
seulement je pense que la France peut être leader en Europe en ce qui concerne les nouvelles technologies et les start-up, mais je pense que sous l'impulsion du président, elle peut devenir un modèle pour le monde.
Pas
encore un modèle, mais des signes encourageants. Emmanuel Macron promet 3,5
milliards
d'euros d'investissements étrangers et la création de 2200 emplois dans l'Hexagone, avant la fin du quinquennat. Et le gouvernement de l'affirmer, c'est bien la politique initiée ces six derniers mois qui a convaincu les dirigeants de multinationales d'investir.
Ils nous avaient rencontrés juste après l'élection, moi dans les fonctions que j'occupais à Bercy, pour nous dire qu'est-ce que vous allez faire dans les six prochains mois. On leur a dit qu'on va réformer le marché du travail, on va réformer la fiscalité du capital. Ils étaient certes polis dans l'écoute, mais on sentait qu'il y avait manifestement des doutes sur notre capacité à mettre en oeuvre ce qu'on avait annoncé.
Mais certains n'ont pas la même version. L'attractivité de la France se développe en fait sous le quinquennat de François Hollande.
Dès
2012, l'hexagone commence à attirer les investissements étrangers.
Une
croissance
qui
s'accélère encore après 2015.
À l'issue de la crise, 2011-2012, il y a la réalisation, donc au début du quinquennat de François Hollande, qu'il faut travailler sur la compétitivité de la France pour l'adapter à une concurrence très vive en Europe et dans le monde. Adapter les règles, adapter la fiscalité, alléger le coût du travail. Et ça, effectivement, c'est une première étape qui a été
imaginée,
initiée et lancée, notamment avec le CICE, le Crédit d'impôt compétitivité emploi, courant 2013-2014, et dont les premiers chèques sont tombés en 2016.
Des chèques qui coûtent cher. Invité à l'audience solennelle de rentrer de la Cour des comptes, Emmanuel Macron n'y
a
pas reçu que des louanges.
Monsieur
le Président de la République, même avec un déficit ramené sous la barre des 3%,
la
France continue toutefois de présenter une situation financière plus dégradée que celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro,
avec
des finances publiques dont je veux rappeler qu'elles ont été continuellement déficitaires depuis 1974.
Il
est parfois dit que se comparer, c'est se consoler.
En
matière de finances publiques, cela conduirait plutôt à se désoler.
Car
derrière les bons chiffres du gouvernement, se cachent effectivement une dette record et un commerce extérieur qui continue de se dégrader.
En
2000, la part de la France dans les exportations mondiales était de 4,7%. Aujourd'hui, elle représente seulement 3%.
Alors
nous allons revenir sur ces indicateurs, mais cette question d'abord, quelles seront les contreparties exigées par l'État à chaque investissement étranger dans notre pays
? Il
n'y
en
a pas. Les contreparties,
elles
sont
naturelles. Non, mais il n'y en a pas. C'est des emplois, c'est
de l'impôt. Voilà, on ne peut pas demander aux investisseurs, ça ne fonctionne pas. L'économie, ce n
'est
pas vous venez, en échange de quoi, on va vous obliger, telle chose, telle chose, telle chose. C'est implicite.
C
'est-à-dire que derrière, il y aura des créations d'emplois, ça va faire tourner un territoire. Regardez, par exemple, Toyota. Ce n
'est
pas innocent, hier, qu'Emmanuel Macron ait choisi Toyota. On dit, oui, c'était dans les tuyaux depuis 2-3 ans, mais Toyota, ça fait 20 ans que Toyota est en France. Et Toyota, souvenez-vous, s'est installé à Valenciennes, il y a 20 ans. Ça a été une aubaine pour la région. Ça a été une bouffée d'air. Aujourd'hui, vous avez près de 4 000 salariés. C'est une usine qui est à la pointe, qui tourne bien. Et c'est des investissements qui, dans un territoire, là, il faudra voir où seront situés ces investissements pour qu
'il
n
'y
ait pas que Paris et l
'Île
-de-France qui en profitent. Mais dans certains territoires, c'est des investissements qui permettent de sauver une région. Enfin, il faut être très clair. D'ailleurs, les Hauts-de-France se
mobilisent. Donc, il faut les accueillir
sans leur demander de contreparties.
C'est pas sans
forcément demander des contreparties, mais mettre trop de barrières. On voit bien, ils
iront
investir ailleurs. C'est tout. Et on perdra le truc. Dans les flux d'investissements étrangers, il faut vraiment distinguer plusieurs types de flux d'investissements étrangers. Vous avez les fusions acquisitions, où là, vous rachetez une entreprise déjà existante. Et donc là, il n
'y a
pas de création d'emploi. Quand General Electric prend Alslom, il n
'y a
pas de création d'emploi là-dessus. Vous avez la création d'une capacité productive, ce qu'on appelle le Greenfield, où là, effectivement, vous créez une filiale et vous créez des emplois. C'est un peu ce que veut faire Emmanuel Macron avec Google. Il va ouvrir un centre de recherche sur Google. Mais là, se pose une autre question. Se pose le fait que quelle puissance on va donner à Google en lui offrant justement notre recherche. Par exemple, M. Sapin voulait accueillir Tesla. Tesla, la voiture électrique en France. Très bien, il accueille Tesla, sauf que l'État français est actionnaire d'un constructeur automobile français qui se développe dans l'électrique.
Donc en accueillant Tesla et en baissant la fiscalité, on crée un concurrent à notre constructeur. Donc là-dessus, il faut aussi avoir une politique industrielle. Et puis après, il y a ce qu'on appelle les transferts de fonds entre filiales. Parfois, on transfère des fonds pour faire un petit peu de
l
'optimisation,
on va dire, fiscale. Fiscale, et voilà,
ça ne crée pas d'emplois. Donc derrière le stock, le flux d'IDE, il
n
'y a pas forcément de création d'emplois. Et l'année dernière, les IDE ont été records, mais la création d'emplois a été moins forte que l'année précédente.
Alors on va voir dans
un instant comment Emmanuel Macron veut remettre l'épargne des Français dans l'économie réelle pour booster justement cette reprise économique. Mais juste un point avec vous. On a la chance de vous avoir sur le plateau ce soir pour essayer d'y voir clair sur la situation réelle de l'économie française. On dit que les voyants sont au vert. Visiblement, pas tous les voyants. Il y avait un chiffre qui était donné. Alors on parle régulièrement du chiffre du commerce extérieur, etc. Qu'est-ce qui va bien ? Qu'est
-ce
qui va moins bien
? Alors
il y
a
quelque chose qui va très mal, c'est l'emploi. Ça,
on va en parler, bien sûr. Alors
que beaucoup d'emplois se créent. En fait, on n'a pas les gens en face. Moi, dans l'industrie, je suis tous les jours dans l'industrie avec l'usine Nouvelle. Deux entreprises sur trois n'arrivent pas à trouver les gens pour venir. Bon, on va peut-être y revenir tout à
l
'heure. Mais ça, c'est très grave et très important. Parce que même si vous faites venir beaucoup d'investissements étrangers, beaucoup d'étrangers qui créent des usines, qui créent des emplois, les 700 de Toyota, encore faudra-t-il trouver les gens
?
Ils devraient venir des bassins d'emploi français. Mais Peugeot a proposé 1000 emplois il y a quelques mois. Il n'a pas réussi à trouver les 1000 personnes en France pour récupérer ses emplois. Et ce sont des Espagnols qui viennent pour travailler le week-end pendant 24 heures pour 2300 euros. Il y a, si je crois, 400 Espagnols sur les 1000 emplois possibles.
Parce qu'on n'est pas bon sur les
emplois
dans l'industrie. Effectivement, parce que la formation
initiale des gens ne correspond pas à ce qu'on recherche. Alors ça,
c
'est un voyant au rouge. Est-ce qu'on parlait de la croissance ? C'est vrai qu'on donne à chaque fois des indices pour les gens qui nous regardent.
Ils
disent, bon, super, qu
'est
-ce que ça change dans ma vie ? Mais
est
-ce que c'est une croissance qui est portée par ce qu
'est
la France et par ce qu'on fait, les décisions qui sont prises ou est-ce qu'on profite d'une embellie qui concerne l'ensemble des pays européens, l'ensemble de
l
'économie mondiale
? Il
y a plein de voyants au vert et il y a plein de voyants au vert qui sont liés à un certain nombre de politiques qui ont été conduites en France et donc qui sont bien liées à ce qu
'est la France.
Alors après, évidemment, on est dans un contexte et ce contexte, il est porteur. Mais on a vu des contextes porteurs qui ne portaient pas nécessairement tous ceux qui étaient immergés dedans. Donc le fait qu'on soit porté par ce contexte-là, c'est en soi la preuve qu'il
y a
un certain nombre de choses qui ont été faites. Dans les clignotants qui sont ouverts et ils sont quand même très importants à regarder, il y a tout ce qui concerne la situation des entreprises.
Le
taux de marge a été rétabli, les entreprises investissent et elles rencontrent finalement des problèmes qui sont presque des bons problèmes. Avoir du mal à trouver des compétences, ok, c'est une difficulté, ça va demander...
C'est mieux que
d'étruire des enfants. Oui, ça va demander de réfléchir sur ces procédures de recrutement,
ça
va demander de réfléchir sur ces procédures de qualification et de formation. Parce que c'est aussi des options. Donc voilà, mais c'est quand même des meilleurs problèmes à traiter, des problèmes plus sains à traiter que quand on est en train de fermer des usines et de perdre des parts de marché. Voilà, alors il faut espérer que ces problèmes soient résolus et qu'ils trouvent une solution assez rapide et que ça ne se fasse pas au détriment, évidemment, de marchés qui seraient perdus. Mais de ce point de vue-là, quand même, un certain nombre de clignotants sont ouverts. Après, on a quand même,
en
gros, deux clignotants à l'orange, on va dire. Le premier, c'est qu'on hérite d'une situation qui a pendant longtemps été dégradée. Donc c'est le cas pour le marché de
l
'emploi. Voilà. Les entreprises ont du mal à trouver des qualifications, mais il y a aussi des gens qui sont très, très loin de l'emploi. Et ça, ça va être une difficulté. Alors en plus, les gens qui sont très, très loin de l'emploi, c'est des gens qui peuvent aussi cumuler d'autres types de problèmes sociaux. Qui peuvent être exclus, qui peuvent être discriminés. Donc qui peuvent aussi, derrière, manifester tout un tas de problèmes sociaux qui sont assez importants. Et puis, on a quand même un autre clignotant qui est à l'orange. Et là, c'est un peu l'interrogation sur les années qui viennent, ce qu
'on
va regarder avec beaucoup d'attention. C'est, est-ce que la France peut être compétitive
?
Oui,
on entre
dans le dur avec le
clignotant.
Et à quel prix elle peut être compétitive ? Alors, à quel prix ? Parce que depuis 2008, dans la crise,
la
France a perdu des morceaux de son industrie. Il y
a
des ponts de l'industrie qui ont disparu, qui sont tombés.
Il
y en a aujourd'hui, certains, qui semblent bien orientés, avoir une dynamique qui peut être positive. On a parlé de l'automobile, par exemple. Mais l'automobile est un secteur qui a encore probablement beaucoup d'avenir en France. Mais il y
a
des secteurs qui ont disparu et on ne sait pas s'ils vont ressurgir.
Lesquels
ont disparu ? Par exemple, dans toute l'industrie moyenne, dans toute la fabrication de matériaux, dans ce qui est peut-être un peu moins brillant et glamour du point de vue de nos gouvernements, dans lequel il y
a
un peu moins de valeur ajoutée de recherche et développement, mais qui sont quand même des secteurs qui sont importants parce que ça fait partie de l'écosystème,
ça
fournit des emplois et c'est donc assez essentiel dans la chimie, dans la métallurgie. Vous parlez de la compétitivité. Quand on se projette, on a l'impression qu'il
y a
quelque chose qui relève de l'urgence de la part du gouvernement. C'est-à-dire, il faut aller vite, il faut prendre le vent de la reprise. Comme si la position de la France dans la concurrence mondiale était quelque chose de fébrile. C'est ça qui se
joue
? Parce que la France a perdu des parts de marché, effectivement. Votre reportage le disait, notamment du côté des exportations. On est très mauvais. On a un déficit commercial qui est très élevé. Et c'est vrai que les produits français perdent de leur aura. Alors, on parle tout le temps du luxe, mais on a du mal à les vendre à l'extérieur. Et ça, c'est une vraie perte. On est moins bons que les Allemands de ce point de vue-là. Même sur certains marchés, les Espagnols nous passent devant. Et tout ça, c'est des parts de marché que l'on perd. Et c'est vrai que la France a plutôt mieux résisté pendant la crise parce que c'est un paquebot. On a nos amortisseurs sociaux qui sont là.
Ça
a évité. Les gens ont morflé pendant la crise, mais nettement moins qu'en Espagne, qu'au Portugal, qu'en Grèce. On l'a senti passer. On a perdu des emplois. Mais globalement, en termes macroéconomiques, on a plutôt mieux résisté. Mais c'est vrai que ce paquebot, à l'inverse, quand il y
a
une reprise, il est difficile à remettre dans le sens du vent. Donc il
faut
aller vite. C'est ce que veut faire Emmanuel Macron. Absolument pas rater le courant qui fait qu'on repart.
Et
c'est d'où l'opération d'hier. Il veut effectivement aller très vite. Et puis ensuite, il y
a
des échéances électorales. Il sait très bien que même s'il a son quinquennat devant lui, c'est sur la question du chômage qui va être attendue. Et il faudra que cette croissance, elle se transforme en création d'emplois. C'est grave d'avoir tirer la sonnette d'alarme.
C
'est son métier de tirer la sonnette d'alarme sur la question des déficits et de la dette publique en disant il faut des réformes, etc. Ça, c'est une fragilité de l'économie française. Mais par exemple, c'est grave d'avoir un commerce extérieur qui est déficitaire. Est-ce que c'est un vrai... Vous voyez ce que je veux dire ? C
'est
une
vraie
difficulté qu'on a dans la concurrence. On
est en
déficit par rapport aux autres pays sur ce critère-là. Mais ce qui est certain, c'est que ça montre qu'on n'a plus de compétitivité et qu'on est obligé d'importer beaucoup de l'extérieur. Donc ça nous coûte cher d'importer ce qu'on pourrait au contraire fabriquer
nous-mêmes
ou exporter. Mais tout ça, c'est parce que les marges des entreprises étaient très faibles. Donc elles n'ont pas investi pendant des années. Et n'ayant pas investi, aujourd'hui, elles ne sont pas compétitives. Donc elles recommencent à investir depuis environ deux ans parce que les marges se sont reconstituées avec le CICE notamment. Et donc, on peut penser que le commerce extérieur s'améliorera dans les années qui viennent. Mais pour l'instant, on est encore sur la lancée de ce paquebot qui a coulé doucement pendant une dizaine d'années.
Il
y a une grosse partie de notre déficit commercial qui vient de l'énergie qu'on importe. Et quand les prix du pétrole ont diminué, il s'est amélioré. Je ne crois pas que la vie des Français se soit beaucoup améliorée. L'Allemagne a un excédent commercial énorme et qui s'est fait sur la compression des salaires. Donc les Allemands ont un taux de chômage faible mais ils ont compressé quand même massivement les salaires. Et puis vous avez plein de pays pauvres, des pays pétroliers africains qui ont des excédents commerciaux parce qu'ils exportent des matières premières ou du pétrole et qui ne
sont
pas dans des très bonnes situations. Donc il faut... C'est un chiffre à regarder avec attention mais il ne faut pas être un obsédé de l'équilibre parce que parfois on a des meilleurs équilibres mais ce n
'est
pas pour ça que la population va mieux. D'accord. Donc si on résumait cette discussion sur la situation de l'économie française, ça commence à reprendre mais il n'y a pas de... Je veux dire, c'est un mouvement de fond qui va être difficile à arrêter. Vous voyez ce que je veux dire ? Est-ce qu'on a des boulets au pied qu'on traîne et qui vont faire que la France ne sera peut-être pas la plus à même de profiter au maximum de
la reprise ?
On a des boulets parce qu'effectivement des produits... Si vous avez une croissance et que vous importez les produits plutôt que de les fabriquer, c'est quand même dommage. Ça veut dire que la consommation, vous et moi, on va avoir une meilleure situation mais pour consommer, on va prendre des produits qui viennent d'Allemagne parce que c
'est
essentiellement aussi avec l'Allemagne qu'on fait un certain nombre... Ou de Chine ou d'Asie, c'est un peu dommage alors que nos produits, on arrive dans le même temps pas suffisamment à les exporter à l'extérieur parce qu'ils sont concurrencés par des produits allemands, espagnols,
Et ça, c'est pris en compte
par la politique d'Emmanuel Macron ? Je pense qu'il l'entête, oui.
Le
déplacement qu'il a fait en Chine, c'est aussi quand il dit attention, il faut rééquilibrer les échanges entre la France et la Chine, c'est
aussi une façon de
dire...
Alors, après
les réformes fiscales, le gouvernement s'attaque à un nouveau chantier, l'épargne.
L
'objectif, que les 1 600 milliards d'euros mis de côté par les Français soient redirigés vers les PME. Le président, on le sait, veut encourager la prise de risque et changer les vieilles habitudes des épargnants qui préfèrent bien souvent l'immobilier et l'épargne sans risque. Le livret A, l'assurance vie, le gouvernement entend bien booster l'économie avec l'argent des Français. Mathieu Lignot, Laurent Hirsch et Maxime Logier.
Le
livret A, c'est l'un des produits d'épargne préférés des Français. Malgré un faible rendement, le petit livret jaune a drainé plus de 10 milliards d'euros l'année dernière. Face à ce goût de l'épargne, le gouvernement a un projet.
Que
les placements soient davantage dirigés vers les petites et moyennes entreprises,
celles
qui créent de
l
'emploi. Alors hier, le ministre de l'économie Bruno Le Maire est allé voir banquier et assureur pour qu'il participe à ce changement de culture.
Nous,
nous allons faire des propositions, mais c'est aux professionnels,
c
'est aux banquiers, c'est aux assureurs,
c
'est à tous ceux qui sont dans le secteur financier
de
mieux commercialiser, de mieux conseiller les clients,
de
mieux orienter leurs décisions.
La
même journée, c'est carrément le Premier ministre qui monte au créneau. Edouard Philippe veut convaincre les professionnels de la finance.
Il
faut donner envie aux épargnants français d'investir,
de
leur démontrer par A plus B que leur argent sera plus utile et surtout plus rentable pour eux dans le capital d'une entreprise française que sur leur compte à vue ou sur un produit d'épargne réglementaire.
L
'enjeu financier est de taille.
L
'épargne des Français représente 1 600 milliards d'euros.
Mais
seulement 5 milliards bénéficient au PME.
L
'objectif est de doubler cette somme pour passer à 10 milliards d'euros avant 2022.
Alors
comment pousser les Français à épargner différemment ?
Pas
de contraintes, mais un travail de pédagogie et d'accompagnement de la part des banques et assurances. Parmi des propositions faites par ces professionnels, développer des produits qui existent déjà comme l'épargne retraite ou simplifier les comptes d'épargne en action pour les rendre plus accessibles, plus séduisants.
Il
y
a
déjà des choses qui existent. Ça, on peut les mettre plus en avant. Mais la clé de la réussite, c'est ce qu'on appelle l'épargne diversifiée, la gestion pilotée. Le fait que quand vous voyez votre conseiller, vous lui dites « J'ai 100 euros ou j'ai 1000 euros ou j'ai 10 000 euros à épargner, comment vous me le répartissez ? » La clé du succès, c'est la répartition. Si 1% de toute notre épargne, 1%
va
dans les PME, c'est une révolution pour l'économie.
Mais
pour atteindre cette révolution, des produits d'épargne plus avantageux ne sont peut-être pas suffisants.
C
'est en tout cas la conviction de cet économiste. Pour lui, l'État devrait aussi jouer sur le levier de la fiscalité, baisser les taxes sur les placements dans les entreprises. Le système d'incitation fiscale à l'épargne aujourd'hui marche sur la tête. Parce qu'en gros, on a des exonérations pour des produits très liquides, les fameux livrets, et on n'a pas des incitations aussi importantes pour la détention d'actions. Donc c'est absurde. Ce qu'on veut, c'est financer l'activité, c'est financer le capital des entreprises, c'est avoir une perspective de développement à long terme. Donc c'est le risque
qu
'on doit encourager financièrement et fiscalement et pas les produits garantis qui servent de la rente.
Le
gouvernement veut que cette révolution aille vite. Les banques et les assureurs devraient rapidement donner leurs propositions sur ces produits d'épargne
pour
peut-être essayer de faire de tous les Français des actionnaires.
Et
nous reprenons nos discussions avec cette question pourquoi les économies des Français devraient-elles tenir le rôle des banques ? Ben oui. Non, parce que les banques elles prêtent de l'argent. Là ce qu
'on
veut donner c'est du capital aux entreprises, de l'argent qu'elles ne payent pas, qu'elles ne remboursent pas tous les mois, qui reste en permanence dans l'entreprise. Il faut qu
'il y ait
un équilibre entre la dette qu'on fait et qu
'on
rembourse et puis le capital qui appartient à
l
'entreprise. Bon, est-ce que ce pari du gouvernement qui n
'est
pas absurde de dire bon bah on va faire puisque Emmanuel Macron veut encourager la prise de risque et la
rente
investissons dans les PME ? Qu'est-ce que vous en pensez Fanny Guinochet de ce pari-là ? Parce que ça
c'est quand même beaucoup d'argent mais c'est certainement. Ce n'est pas
un pari qui est très nouveau. On
l
'a déjà fait, on l'a déjà entendu
il y a
5 ans en disant j'ai plus tout le timing
dans la tête
mais c'est une vieille qui n'a jamais marché. Alors là pour le coup est-ce qu'Emmanuel Macron sera plus magicien que les autres ? Pourquoi ça ne l
'a
jamais marché ? Parce que tout simplement en France déjà ce n
'est
pas la culture que les Français préfèrent investir dans l'immobilier c'est la pierre c'est risqué et puis même là si les PME on peut se dire bon les PME elles ont plutôt bonne presse en France quand vous regardez les sondages les Français détestent les grandes entreprises mais il y a quand même un attachement à la PME sauf que je ne crois pas beaucoup vous allez voir votre banquier puis il vous dit bon bah voilà comme dit Amélie de Montchalin la députée en marche alors je vais mettre pour on va flécher cet argent pour que ça aille dans les PME quelle sécurité vous avez il
y
a un attachement de proximité avec la PME par exemple les gens seraient prêts peut-être à mettre de l'argent dans la PME de leurs frères de leurs voisins mais là un fléchage via les banques la relation que les Français ont avec les banques est quand même pas au top il
y
a la crise qui est passée par là et je pense que de ce point de vue là les Français n'ont pas forcément confiance ni dans les banques ni dans l'économie donc je pense que pour le coup le pari d'Emmanuel Macron même s'il est très rationnel économiquement il est quand même très
risqué parce que Emmanuel
Macron a fait en sorte que les placements traditionnels ne
rapportent
sur alors je mets de côté l'immobilier quoi que l'immobilier désormais très taxé avec la réforme de l'ISF qui est devenue la réforme de
l
'IFI voilà c'est ça donc du coup il l'encourage plutôt à la prise de risque qui est plus rentable non
?
ça ne
vaut
rien de laisser son argent sur son
livret ce
n'est pas de la faute d'Emmanuel Macron c'est les taux d'intérêt qui ont tellement baissé que le contrat en euros ne vous rapporte plus rien mais ce qui est paradoxal et là c'est sa faute c'est qu'effectivement l'ISF était en partie fléchée vers les PME il y avait ce qu'on appelait l'ISF PME qui était un dispositif où à la place de payer votre ISF vous investissiez dans des toutes petites entreprises et là ça vous déduisait cette partie d'impôt
et
à partir du
moment
il n
'y a
plus d'ISF vous ne pouvez plus investir avec cet argent là économisé sur vos impôts donc il essaie de trouver d'autres sources pour financer les PME et donc là il va chercher dans l'assurance vie mais l'assurance vie tout le monde enfin tout le monde beaucoup de gens préfèrent placer en fonds en euros parce qu'il n'y
a
aucun risque les PME il faut reconnaître que c'est risqué mais ça peut rapporter plus mais ça peut rapporter plus quelques-unes peuvent rapporter plus vous regardez des start-up aujourd'hui qui font des levées de fonds il y a une start-up le Uber des transporteurs qui s'appelle Convargo qui a pris 16 millions d'euros donc là c'est des PME
tout
le monde veut leur donner de l'argent parce que justement vous rentrez dans le capital il y
a
des plus-values possibles énormes mais une PME traditionnelle avec l'activité même si ça repart
c'est
des investissements de long terme ça rapporte moins et les exonérations fiscales sur les placements financiers qui profitent principalement aux 340 000 ménages les plus riches j'imagine que ces gens là
ne
vont pas placer sauf si c'est la PME de leur frère justement ou s'il y a une start-up qui peut faire des grosses plus-values dans des PME du coin en province j'ai
du mal à penser ça pourquoi ce serait le
travail des banquiers de
dire
ben voilà
on va bien
sûr
c'est
ça c'est une fausse chose de dire l'épargne des français ne va pas dans les PME parce que quand vous mettez votre épargne dans de l'assurance vie qu'est-ce qui fait l'assureur vie de cette épargne
?
c'est à lui de l'utiliser alors c'est un métier d'investir dans des PME il faut suivre leur projet il faut vérifier qu'ils utilisent correctement l'argent il faut minimiser les risques qu'on prend il faut choisir les bonnes PME il faut les guider il faut éventuellement opérer les synergies qui sont nécessaires enfin bon c'est un métier et ça c'est le métier de fonds d'investissement et donc c'est aux assureurs de récolter votre épargne et ensuite de trouver des fonds d'investissement qui vont faire le métier d'investir dans les PME alors inciter à investir dans la PME de votre beau frère très
bien
c'est super pour le lien social et le lien familial
il n'y a rien à dire pour les dîners de
famille mais
oui c
'est magnifique ça mais penser qu'on va changer la situation des PME en France en disant les français vont investir dans les PME alors qu'ils investissent dans les PME c'est illusoire et par ailleurs si on veut vraiment investir dans les PME il faut renforcer au contraire les professionnels de l'investissement dans les entreprises dans les start-up les fonds d'investissement les investissements de démarrage les fonds de démarrage etc c'est ça qu'il faut renforcer et c'est là-dessus qu'il faut jouer et c'est ça qui changera l'image des français sur l'utilisation de leur épargne et peut-être que après vous voyez ils achèteront des produits ou indirectement ils prendront des fonds
d
'investissement en
s
'intéressant un peu à ce qu'il
y a
derrière
à votre
avis à
votre avis je
pense que toutes les réserves que vous avez ont été intégrées par le gouvernement j'imagine mais à votre avis pourquoi est
-ce
qu'ils mettent autant d'énergie à essayer de faire cette révolution culturelle on a vraiment besoin de les PME elles ont vraiment besoin de ces fonds-là de cette énergie que donnerait le pays ça pour le coup les PME c'est une des difficultés c'est qu'on a des PME qui n'arrivent pas à grandir suffisamment en France par rapport à l'Allemagne par exemple vous avez des PME qui deviennent de belles entreprises mais qui n'arrivent pas à passer le cap d'avoir de croître vraiment d'investir dans des nouveaux produits donc ça vivote c'est l'économie familiale et on aurait vraiment besoin d'un coup de pouce et ça on n'arrive pas à le faire maintenant demander aux français ça participe de toute façon c'est un peu ce qu'avait dit Emmanuel Macron lors de ses voeux demandez-vous ce que vous allez faire chaque jour pour votre pays il est dans cette philosophie-là c'est une philosophie assez individualiste où il imagine que les gens vont se dire bon bah je vais investir je crois que là c'est la limite Emmanuel Macron je crois que c'est la limite de la vision positive de l'économie par Emmanuel Macron en Allemagne vous parliez de l'Allemagne et des PME familiales ça existe ça ailleurs des épargnants qui investissent dans des PME ça se fait en Allemagne ce qu'on demande aujourd'hui aux français ce que le gouvernement voudrait faire avec les français ça se fait en Allemagne ça se fait en Italie mais ça se fait aussi beaucoup parce qu'il y
a
ce qu'on appelle des fonds de pension dans beaucoup de pays notamment aux Etats-Unis c
'est-à-dire que
les fonds de pension c'est les fonds de retraite c'est-à
-dire
nous en France on a la retraite par répartition c'est-à-dire vous payez tous les mois et puis ceux qui arrivent sur le marché du travail payeront quand vous serez en retraite aux Etats-Unis ou en Allemagne ou ailleurs beaucoup de fonds vont dans les fonds de pension c'est-à-dire la préparation de votre retraite vous mettez de l'argent vous-même qui sera investi dans des petites entreprises ou des grandes entreprises et cet argent-là ensuite vous recevrez quand vous serez à la retraite de l'argent venu de ces entreprises-là mais je crois que le gouvernement et c'est quand même quelque chose mais c
'est
un projet qui n'est pas encore sorti apparemment il voudrait que créer ce qu'on appelle dans l'assurance-vie un contrat bonifié
ce
sont des contrats
où
si vous restez plus de 8 ans ou plus de 10 ans ou ça peut être très long vous aurez encore la garantie de votre capital tout en ayant un bon rendement d'au moins 1,5%
aujourd
'hui ça n'existe pas et cet argent-là comme il restera longtemps il pourrait être investi il pourrait être investi dans les PME par le banquier ou l'assureur mais ça vous vous ne le saurez pas dans quelle entreprise il aura investi ce que vous savez c'est que si vous laissez votre argent 10 ans votre fonds sera garanti votre argent sera garanti et que vous toucherez un bon rendement
il
y
a
quand même un point important à dire on n'est pas sûr que si les PME ne se développent pas en France c'est parce qu'elles manquent de financement quand la plante ne pousse pas ce n
'est
pas parce que vous ne
l
'arrosez pas et peut-être que ce n
'est
pas en l'arrosant plus qu'elle va pousser plus vite il manque quoi là ? il peut manquer du management il peut manquer des questions fiscales il peut y avoir des questions de transmission de propriété pour les PME familiales c'est des éléments essentiels il peut y avoir des questions de compétences de peur de conduire et de capacité à trouver les bonnes compétences et à les inclure dans l'entreprise et à les faire participer
au capital
c
'est
pas qu'une question des éléments culturels c'est pas forcément qu'on a besoin de fonds pour se développer parce que ça c'est une vision un peu mécanique et un peu simpliste du
problème des PME
j'ajoute
un
tout petit élément c'est que les PME qui sont devenus des grandes entreprises aux Etats-Unis Facebook, Google, etc qui ont commencé par être des PME exactement c'est parce qu'en amont de la chaîne d'innovation il y a
eu
des innovations enfin en amont de la chaîne d'investissement il
y a
eu des innovations très fortes qui ont permis à ces PME de se développer juste un mot sur la structure de l'épargne des français on est des gros épargnants on aime investir dans la pierre dans les livrets A dans l'assurance vie parce qu'on a peur ça a toujours été le cas c'est une spécificité française oui les français ont un gros taux d'épargne je crois 15% de leur revenu est épargné ce qui est un des records mondiaux avec les Chinois qui devait être encore bien pire que nous parce qu'ils ont vraiment besoin d'argent pour leur vieillesse mais cet argent a la particularité d'aller que dans les véhicules sans risque c'est-à-dire qu'effectivement sur le livret A sur l'assurance vie beaucoup en euros sur l'immobilier et très peu dans les entreprises et
ça si la confiance
revient si on fait des belles images d'investissement à Versailles avec des grands patrons et qu'on dit l'économie va mieux et les voyances sont au vert est-ce que à votre avis ça peut bouger ou parce que vous disiez ça a déjà été fait avant c'est la loi Madeleine qui avait essayé de faire quelque chose comme ça c'était pas Alain Madeleine moi j'ai vu que c'était si
si non non
et que du coup le contexte est peut-être un peu différent non vous n'y croyez
pas non je pense que la France c
'est un peu comme tous ces pays qui vieillissent les gens sont préoccupés par leur retraite et ils n
'ont
pas envie de prendre de risque avec leur épargne parce que leur épargne c'est leur retraite donc et la France n
'est
pas de ce point de vue là très différent de tous les pays qui vieillissent on est vraiment dans la moyenne européenne on n'est pas pire que les Allemands de ce point de vue là qui sont aussi extrêmement précautionneux sur leur épargne pas pire que les Italiens qui est aussi un pays vieillissant et donc enfin c'est difficile de lutter contre ça parce que le besoin des épargnants aujourd'hui c'est de l'argent qu'ils mettent de côté pour dans 20 ans et
donc
prendre des risques avec des start-up c'est bien c'est amusant mais c'est pas ça qui vous garantit votre retraite dans 20 ans alors il y a les indicateurs et il y a la réalité sur le front de l'emploi qui est parfois plus rude avec des entreprises confrontées au choc de la nouvelle économie au choc d'un monde qui change à Rodès dans l'usine Bosch 350 emplois sont menacés pour cause de fort du diesel chez Carrefour premier employeur privé en France on annonce ce matin la suppression de 2400 emplois et l'investissement dans le même temps de près de 3 milliards dans le numérique s'adapter à la concurrence de la vente en ligne avant qu'elle ne soit trop tard Marie-Charlotte Duluc et David Lemarchand
il
a été baptisé Carrefour 2022 un plan destiné à redresser le géant de la grande distribution
2
,8 milliards d'euros d'investissement dans le secteur digital d'ici 5 ans mais aussi un plan de restructuration annoncé par le PDG de Carrefour Alexandre Bompard 2400 départs volontaires et la fermeture de 273 enseignes d'IA rachetée par Carrefour en 2014 jugée peu rentable
Ce
sont des mesures difficiles bien sûr mais c'est ma responsabilité de prendre les mesures qui vont permettre de pérenniser l'activité et l'emploi
du
plus grand nombre de nos collaborateurs
Dans
l'Aveyron
une
autre crise sociale couvait l'aussi
pas
de transition numérique ici mais un virage écologique qui met en péril l'économie du département Rodez
sa
cathédrale
ses
ruelles de briques rouges
et
dans la vallée
celle
que tout le monde ici appelle la Bosch La Bosch de Rodez c'est 1600 salariés le plus gros employeur privé du département L'équipement anti-automobile allemand fabrique notamment des injecteurs pour moteur diesel mais aujourd'hui
300
à 800 emplois sont menacés
Donc ici vous avez un injecteur et on fabrique environ 7000 7000 pièces par jour en 2015 effectivement cette ligne travaillait 24h sur 24 7 jours sur 7
et
depuis l'été dernier on est repassé maintenant à un fonctionnement en 3-8 sur cette ligne
ce
qui montre bien qu'on a eu effectivement une baisse de notre carnet de
commandes Les
3-8 autrement dit plus de travail le week-end car depuis la volonté du gouvernement d'abandonner ce carburant le diesel n'est plus vraiment en odeur de sainteté le groupe Bosch pourrait même abandonner le projet de modernisation des lignes de production d'injecteurs pourtant indispensables pour conserver les emplois
Toute cette ligne aujourd'hui on a de l'activité à horizon 2019
2020
c'est un injecteur dont la durée de vie maintenant est limitée puisque nos clients vont passer à une nouvelle génération d'injecteurs si aucune des deux lignes n
'est
modernisée effectivement c'est un peu un scénario que je vais qualifier un peu de catastrophe
inimaginable pour le directeur bien obligé pourtant d'envisager la suite et de réfléchir à des alternatives comme l'horlogerie l'aéronautique ou le médical pour assurer du travail à ses salariés
des
salariés inquiets
comme
Michel 42 ans 20 ans d'ancienneté à la Bosch
ici on
est enclavé on a une usine qu'est-ce qu'on fait après alors oui il
y a
l'agriculture
mais on
n'est pas tous agriculteurs en Aveyron il y a une école technique qui continue à dire aux jeunes venez inscrivez-vous dans des filières techniques parce qu'il y a Bosch derrière mais voilà tous ces jeunes qu'est-ce qu
'ils
vont devenir au bout d'un moment
hier
soir Bruno Le Maire devait rencontrer le président du groupe Bosch à Versailles la semaine dernière le ministre de l'économie avait assuré qu'il demanderait un investissement à l'équipementier allemand
on
veut moins diesel les clients consomment moins pour des raisons de protection de l'environnement il faut accompagner le mieux possible en suivant ça attentivement toutes les industries qui sont sous-traitantes de
l
'activité diesel en
France
accompagnés certes mais pour ça les syndicats réclament du temps au gouvernement et appellent les constructeurs automobiles français à un patriotisme industriel
en
Allemagne il y
a
des grands constructeurs comme BMW ou Mercedes qui demandent à Bosch que leurs injecteurs soient produits à 40% dans l'Allemagne
si
Peugeot et Renault en France demandaient à Bosch que 30% de leurs injecteurs soient fabriqués en France cela permettrait à Rodez de garantir son avenir au-delà de 2024 et de préparer la re-commerce
les dirigeants les
dirigeants
de l'équipementier allemand doivent se rendre à l'usine vendredi prochain annoncer si oui ou non ils investissent
et
relancent l'activité à Rodez
et
nous reprenons avec cette question n'assiste-t
-on
pas à une mutation technologique de l'économie les anciens emplois sont périmés et les nouveaux restent à créer c'est pas dans cette situation là qu'on est
c
'est exactement cela pour Rodez ils sont victimes de dieselgate quand même en France 70% des véhicules immatriculés 74% étaient des véhicules diesel jusqu'à il y a deux ans et maintenant moins de 50% donc effectivement le diesel il faut se reconvertir mais ce qu'on ne
dit
pas dans le reportage et ce que les syndicalistes ne disent pas non plus c'est que Roland Berger le cabinet de conseil est allé dans cette usine Bosch à Rodez et a montré qu'avec le savoir-faire des salariés qui sont sur place on pouvait faire de l'usinage de pièces pour l'aéronautique donc je pense que cette usine de Rodez elle va peu à peu se requalifier d'autant qu'une autre usine de Bosch à Montville a eu les mêmes déboires alors pas à cause du diesel pour d'autres problèmes et en ce moment elle sait complètement elle fait de l'impression 3D elle fait incubateur de start-up elle fait énormément d'autres choses et donc je crois que ce sont les mutations il
faut les accompagner c'est pour ça
qu'on a choisi de vous parler de ce sujet-là ce soir c'est qu'il y a la reprise on voit bien qu'on assiste d'un côté à la reprise de l'autre côté une mutation de l'économie
et
il y
a
des pertes en ligne et c'est compliqué à assumer dans la vie quotidienne de ces gens qu'on a vu là qui vont perdre leur boulot complètement et la requalification dépendra de ce que veut faire Bosch et c'est ça moi la question que je me pose c'est on se demande dans quel monde a vécu la direction de Bosch ces dernières années parce que le diesel a une très mauvaise réputation facilement depuis 4-5 ans le rapport de l'OMS qui est sorti le Japon Tokyo a interdit le diesel en centre-ville au début des années 2000
donc
ça fait longtemps tant qu'on pouvait anticiper sur le long terme et qu'est-ce qu'ils ont fait enfin l'équilibre des fiscalités entre le diesel et l'essence c'est un truc qui
est
dans les dossiers au moins depuis 3-4
ans ils n'ont pas anticipé
ben oui ils pouvaient prévoir leur conversion et ça c'est une première chose
et
la deuxième chose c'est que toutes ces grandes entreprises Carrefour mais comme Bosch ont touché des millions venant de l'état français via le CICE et le CIR qui ont été dit et là pareil ils touchent de l'argent et on leur a donné cet argent pour le coup et on revient un peu au premier débat sans condition et on aurait pu leur dire il y
a
une condition ayez une vision de long terme adaptez-vous faites en sorte qu'on requalifie un petit peu ces salariés faites de la formation et juste enfin sauf preuve du contraire c'est pas du tout ce qui a été fait
Pour
le coup effectivement les salariés de Bosch ont vécu pas mal de mutations déjà donc ils sont quand on regarde l'usine de Rodez ils sont adaptables donc je pense qu'il y aura des sorties possibles ils attendent je crois vendredi la venue du patron allemand qui était donc que Bruno Le Maire a rencontré et sur lequel je pense il y
a
dû avoir un petit coup de pression donc on va voir l'usine pourrait être transformée pour faire des véhicules électriques etc donc ça c'est une possibilité la vraie difficulté aussi que montre le cas Bosch c'est le territoire dans lequel il est implanté parce que le monsieur le dit très bien dans le reportage c'est enclavé ça rappelle quand même et pour le coup les GMS vous savez cette usine de la souterraine où ça a été très difficile et où là aussi ça va être compliqué pour le gouvernement parce que les GMS l'entreprise a été reprise par GMD et dans le repreneur pour que le repreneur reprenne l'usine il y avait l'engagement de PSA et de Renault puisque GMS est un équipementier automobile de garantir un certain nombre de commandes donc là c'est pour ça que les syndicats à juste titre disent il faut un peu de patriotisme par contre on va voir si PSA et Renault reprennent les engagements comme ils ont pu faire à la souterraine voilà et là l'enclavement pour le coup quand vous avez la difficulté des compétences plus l'enclavement du territoire là vous avez quand même deux ingrédients qui sont très compliqués et qui fait que avec les mutations que vont connaître le travail de main il risque d'y avoir des gens qui ne vont pas en bénéficier et qui vont rester sur le bord du chemin
oui
on ne peut pas être complètement optimiste parce que si on se place du point de vue des entreprises
vous
voyez s'adapter à la mondialisation aux mutations aux changements de produits bon
bah c
'est compliqué c'est ce que fait Carrefour et en plus avoir en tête qu'il faut conserver les territoires parce qu'ils sont enclavés qu'il y
a
des gens et que ben c'est pas forcément dans la responsabilité des entreprises en tout cas ça fait partie des contraintes qu'elles ont envie de faire sauter parce qu'elles estiment qu'elles ont déjà des tas d'autres contraintes pour rester compétitives et arriver à exporter et donc oui c'est une des contradictions de ce monde qui est en mutation qui se globalise ça c'est des mutations presque ordinaires je veux dire à Rodez on ne parle pas de l'invasion des robots ou de la numérisation c'est vraiment on est passé de la technologie diesel à la technologie essence c'est toujours des voitures c'est finalement il n
'y a
pas grand chose qui a changé c'est vraiment des petits détails au final dans des pièces dont on a besoin pour faire des voitures mais on voit que dans ces mutations-là dans ces changements-là ces glissements qui sont des petits glissements ça a des effets sur les territoires qui peuvent être massifs et effectivement c'est difficile d'avoir des solutions parce que si aujourd'hui vous voulez reconstruire une usine pour construire des nouvelles pièces qui vont être des injecteurs pour les moteurs à essence c'est légitime c
'est légitime
que Bosch se pose la question de savoir où est-ce que c'est le mieux de l'installer peut-être que c'est mieux de l'installer à côté de
PSA en Allemagne
en Roumanie ou en Espagne et puis il y
a
peut-être d'autres endroits en France qui sont plus près de voies de communication de trains de canaux ou d'autoroutes qui seront plus adaptés donc pour résumer ça
reprend quand même
ça reprend quand même ça se fera certainement pas en tout cas c'est compliqué avec l'épargne des français pour les PME et ça reprendra pas forcément pour tout le monde et pas sans douleur et
pas sans douleur et pas sans
douleur ça c'est certain et nous passons maintenant à vos questions justement la croissance est-elle uniforme dans toutes les régions françaises
? non
c'est la difficulté on voit bien que l'île de France absorbe et d'ailleurs dans les investissements en tout cas qui sont prévus à Versailles à l'issue
de ce
sommet de Versailles beaucoup concernaient l'île de France et ça pour le coup ça pourrait être une contrainte que pourrait mettre le gouvernement à demander à ce que certains sites soient ouverts dans certains territoires très sinistrés il y a des régions des zones du côté des Hauts-de-France ou même dans le centre de la France qui auraient besoin de voir des
activités on
pourrait mettre des contraintes comme ça tout est une histoire de négociation dans le business on pourrait mais en fait on fait un peu le contraire c'est-à-dire qu'aujourd'hui on met les territoires en concurrence et c'est à celui qui va faire le plus d'efforts pour être le plus attractif le plus d'efforts c'est construire telle infrastructure abaisser telle taxe locale mettre en place une subvention et cette compétition entre les territoires conduit à du moins dix ans et évidemment donne beaucoup de pouvoir aux entreprises qui sont capables d'en jouer donc la première chose à faire probablement ce serait de faire en sorte qu'il y ait le moins de compétition possible entre les territoires
il
y
a
eu certainement un effet Hollande sur l'économie mais qui le reconnaît ? certainement pas Emmanuel Macron personne ou presque non mais c'est vrai depuis le CICE c'est
-à
-dire la deuxième partie de son quinquennat non mais tout le monde le sait tout le monde le sait Emmanuel Macron a beau jeu de dire que c'est pas grâce à Hollande évidemment on va pas attendre à
ce
qu
'il
dise merci et puis par ailleurs Emmanuel Macron il fait pas que profiter de Hollande il fait tout un tas de choses donc ça serait je veux dire ça serait idiot de sa part de passer pour le président fainéant qui ne fait que récolter
les fruits
de son prédécesseur
il était quand
même un peu aux responsabilités à ce
niveau à l'époque aussi oui
et puis François Hollande n
'a
pas fait non plus une communication extrêmement efficace sur tout ce qu'il a fait donc bon voilà mais après tout le monde sait que quand même François Hollande a fait plein de choses
et
qu'une partie des choses qu'on a aujourd'hui c'est les fruits de la politique qui a été menée auparavant alors est-il logique d'ouvrir les portes aux GAFA Google, Amazon, Facebook alors qu'ils ont méprisé les règles fiscales jusque là
? c
'est une vraie question enfin il y a on avait parlé sur une autre émission sur la réforme de l'assurance chômage on parlait des droits et des devoirs des chômeurs ben là on pourrait parler des droits et des devoirs des grandes entreprises c'est-à-dire que certes il a baissé la fiscalité il a supprimé la taxe sur les dividendes il a fait tout un tas de cadeaux et
puis
il les reçoit dans des bonnes conditions ben il pourrait leur dire en échange payez vos impôts en France ne faites pas d'optimisation fiscale qui est légale mais qui est quand même quelque chose de condamnable
si je
peux ajouter quelque chose je trouve qu'il
y a
une grosse différence entre les investissements type Toyota à Onin et Facebook et Google qui créent des emplois alors on crée des emplois avec Facebook et Google mais ce sont des emplois d'ingénieurs super qualifiés excellents en intelligence artificielle on a beaucoup de français très bons en intelligence artificielle et qui vont venir finalement aider à l'hégémonie de Google de Facebook d'Amazon alors qu'on n'a pas nous des géants du numérique alors on a oui on a Atos Thales si on veut un peu mais on n'a pas de GAFA type ceux-là et finalement on va aller les aider à être encore plus hégémonique contre nous et c'est vrai que dans le même temps on a vu alors c'est un peu de la com mais Facebook qui a annoncé hier qu'ils allaient financer 50 000 formations avec Pôle emploi on ne sait pas quel type de formation on se dit bon ils investissent dans la formation pour le numérique ça faisait un peu coup de com quand même le livret A rapporte peu mais il est sécurisant quel autre produit pourrait convaincre les épargnants d'investir autrement
il
faut que les banquiers l'inventent ce produit-là on
leur a demandé et ce
serait demandé
le gouvernement
parce que pour l'instant outre le livret A les français laissent aussi beaucoup d'argent sur leur compte courant parce qu'ils ne trouvent pas de j'ai plus le chiffre en tête mais ils ne trouvent pas le produit sécurisant donc finalement il y a énormément d'argent actuellement sur les comptes courants des français ça c'est du coup c'est logique le gouvernement se dise que ça ne sert pas l'économie et qu'il faut trouver un moyen de le faire sortir de là où il est ah ben non c'est pas vrai ça sert l'économie l
'argent qui est sur les comptes courants il
est utilisé par votre banquier et évidemment votre banquier lui il n
'est
pas né de la dernière pluie donc quand il y
a
de l'argent sur un compte courant il l'utilise et
il
investit et il soutient des PME on peut dire que c'est pas juste il investit il soutient des PME il le fait oui dans une certaine mesure quand il fait du crédit au PME il le fait avec l'argent qui est sur votre compte en banque et que vous n'utilisez pas là
où on peut dire que c'est pas juste
c'est que ça rapporte rien
et donc c
'est pas très malin de la part de l'épargnant d'avoir de
l
'argent sur son compte en banque alors qu'il pourrait l'avoir dans un livret A ou dans un produit plus rémunérateur c'est ça la question cette question vous croyez que ceux qui sont dispensés d'ISF vont investir dans l'économie je suis sceptique
on
l'espère en tout cas ça fait
partie du Paris
c
'était Paris Toyota
embauche en France mais PSA et Renault fabriquent hors de France pourquoi
? ils
fabriquent aussi en France mais
ce qui
est étonnant c'est vrai c'est que Toyota par exemple arrive à fabriquer en France des petits véhicules des petits véhicules pas chers là il
y
a RIS c'est des petites voitures pas chères alors que Renault et PSA ont toujours dit qu'en France on ne pouvait pas fabriquer de petits véhicules c'était pas rentable et donc ils ne fabriquent que des véhicules moyenne gamme ou haut de gamme Macron veut séduire les multinationales mais que fait-il pour les PME les artisans et les petits commerces
est
-ce que dans son programme vous avez vu des mesures qui sont susceptibles d'aider les PME pour
le coup les
ordonnances normalement doivent servir
il y a tout
un pan des ordonnances qui devraient aider les chefs d'entreprise de petites entreprises à recruter à ne plus avoir peur d'embaucher à ne plus avoir peur de se retrouver avec un salarié qui les met au prud'homme et ça leur coûte une partie de leur trésorerie et ça pénalise leur affaire donc il y a ce volet là PME qui est très fort dans la réforme du marché du travail qui a été menée avec la robotisation ne va-t-on pas arriver à une dissociation croissance emploi on la trouve parfois dans le secteur financier quand vous investissez parfois vous avez une croissance qui est tirée par les marchés financiers qui n
'a
rien à voir avec l'économie réelle donc il y
a
déjà une dichotomie parfois entre la sphère financière et la sphère réelle les fonds d'investissement par exemple quand ils prennent une entreprise parfois ils ont une vision de court terme ils veulent faire une plus-value ils n'ont pas une vision de long terme donc vous avez une dichotomie entre l'investissement qui est financier et sa matérialisation sur l'économie réelle donc il y
a
déjà une dichotomie j'ai aussi une réponse qui est l'Allemagne qui est un pays très robotisé beaucoup plus robotisé que la France a un taux de chômage très très faible deux fois plus faible que la France donc pour l'instant le lien à court terme entre la robotisation la robotisation c'est plutôt quelque chose qui permet de la compétitivité et donc de l'emploi un jour bien sûr quand il restera plus des robots là vous êtes vachement optimiste non
mais
parce qu'il y a quand même un phénomène qu'on appelle la polarisation de l'emploi qui est que la robotisation la numérisation la digitalisation a tendance à favoriser les emplois très qualifiés et pèsent terriblement sur les emplois peu qualifiés alors ça ne
veut
pas forcément dire du chômage mais ça peut vouloir dire des rémunérations
qui
elles sont très compressées le phénomène dont Thomas Porcher parlait tout à l'heure de compression des salaires en Allemagne il s'est fait sur la classe moyenne c'est aussi l'éléphant de l'évolution des rémunérations où la classe moyenne dans les pays développés a des rémunérations a vu ces rémunérations au cours des 20 dernières années plutôt décroître et ça c'est au profit des très qualifiés et ça augmente les inégalités et après les inégalités provoquent des tensions sociales
très fortes Allez
on avance si vous le voulez bien étant retraité le 1er janvier j'ai pris une mauvaise résolution pour l'économie mais bonne pour les miennes celle de moins consommer alors ça c
'est
un retraité
qui a
sans doute vu son pouvoir d'achat avec
la CSG
ça ne
va
pas plomber la reprise économique
la consommation c
'est le moteur principal de la croissance économique et
la consommation
elle se porte bien
on n'en a pas parlé tout à l'heure
oui elle repart l'investissement
a repris
avant on n'avait que le moteur de la consommation maintenant on a les deux quand même
notre
retraité il est un peu la victime de la politique menée par le gouvernement et par Emmanuel Macron qui vise à quand même plutôt favoriser les actifs au détriment des retraités
mais
peut-être que le retraité il a de l'épargne et peut-être qu'il pourrait l'investir
dans
une PME sans doute sans
doute
je ne
suis
pas sûr qu'il soit prête
il faut lui
proposer
allez y a-t-il
un pays occidental qui arrive aujourd'hui à concilier forte croissance et réduction des inégalités la France est pas mal
lottie il faut quand
même le dire ce pays même si c'est pas merveilleux même si dans le quotidien des français il y
a
des difficultés c'est quand même un des pays où il y a les moins fortes
pour
le moment
pour
le moment mais pour
le moment une dernière question les jeunes vivent d'emprunts les retraités peuvent-ils vivre sans économie
sans
leurs petites économies sans leurs économies ils aiment bien ils les gardent effectivement les retraités ils ont une retraite quand même oui
quand même voilà
ils vivent grâce au système par répartition et ça ça leur assure quand même une sécurité de revenu merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35 on se retrouve demain tout de suite c'était à vous belle soirée sur France 3 on se
retrouve demain