Instant Porcher | Réforme des retraites : les derniers mensonges de Macron face aux français
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Questions et réponses
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- 3:06OuverteRéponse directe
Est-ce que tu peux éclairer les arguments de Macron sur la dette et les marchés ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Comment analyses-tu l'argument de l'augmentation des impôts si pas de réforme ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Que penses-tu de la mi-annonce sur une contribution pour les grandes entreprises ?
- 8:03OuverteRéponse directe
Macron suppose que les opposants ne proposent rien à part le retrait. Es-tu d'accord ?
- 10:04OuverteRéponse directe
Où en est le mouvement de contestation selon toi ?
- 11:18OuverteRéponse directe
La répression policière vise-t-elle à faire taire le mouvement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le propos de base, c'est de faire des économies en faisant travailler les gens plus longtemps, c'est tout, point barre. »
- 0:03InvitéChiffre
« Je rappelle quand même qu'entre 2000 et aujourd'hui, il y a eu plus de 200 réformes sur le marché du travail. »
- 0:07InvitéFait
« Donc la vraie question de fond, en fait, c'est est-ce qu'on n'organise pas quelque part l'appauvrissement de notre système de retraite ? »
- 0:17InvitéFait
« tu ne peux que les calmer avec la peur et la force, c'est le pourrissement. »
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« Emmanuel Macron a dit que cette réforme ne lui faisait pas plaisir mais qu'il en était de la responsabilité que de la faire. »
- 2:08PrésentateurFait
« Entre deux, il a aussi joué aux comparaisons étranges entre les manifestations françaises et la prise du Capitole aux États-Unis ou encore les manifestations au Brésil près des institutions. »
- 2:23PrésentateurChiffre
« 3,5 millions de personnes selon la CGT et 1,089 millions de manifestants selon le ministère de l'Intérieur ont battu le pavé dans plus de 300 villes en France. »
- 2:49PrésentateurFait
« « Oui, les sondages, oui, le court terme, mais moi, je fais ça pour l'intérêt général. » »
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« Le président a par exemple avancé les arguments de la dette, des attaques des marchés sur notre taux d'intérêt. »
- 3:07InvitéFait
« Déjà, c'est faux. C'est le dernier argument qui sort en disant finalement qu'on ne peut pas faire autrement puisqu'il y a la dette. »
- 3:52InvitéFait
« Là, c'est les gens de 61 qui vont partir à la retraite. C'est une réforme qui va monter en puissance au fur et à mesure des années, mais sur le court terme, ne va pas rapporter grand-chose. »
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« Donc, c'est un manchonge. »
- 4:14InvitéChiffre
« C'est un narratif qui est faux. Parce que même quand on regarde l'augmentation de notre dette pendant le quoi qu'il en coûte, entre 2019 et 2021, notre dette a augmenté moins vite qu'aux États-Unis, moins vite qu'au Canada, moins vite qu'au Japon, moins vite qu'en Espagne. »
- 5:20PrésentateurFait
« Le gouvernement ou Emmanuel Macron mettent en avant que si pas de réforme, augmentation des impôts. »
- 5:24InvitéFait
« Ce qui est marrant, c'est qu'il n'a déjà parlé que des cotisations des salariés. Il n'a jamais parlé des cotisations patronales. »
- 5:41InvitéChiffre
« Et il a très bien expliqué que les prélèvements globaux sur les salaires, c'était grosso modo 31,2%. Que dans les futures années, elles devraient baisser à 30,1%. »
- 8:06InvitéFait
« Non, mais si on ne fait rien, la situation va se dégrader quand même pour tout le monde. »
- 8:31InvitéFait
« Donc, à partir de là, si on ne touche à rien, ça va déjà se dégrader. C'est pour ça que ce que dit toujours le président du corps, c'est que les dépenses sont finalement maîtrisées d'elles-mêmes. »
- 10:06InvitéFait
« Là, c'est très compliqué parce que je pense que Macron ne pensait pas que ça puisse prendre cette tournure. »
- 10:47InvitéFait
« Ils voient bien qu'il y a eu un certain nombre de manifestations qui ont été organisées par les syndicats. Il n'y a pas eu de débordement tenu par les syndicats, que les syndicats ont demandé à rencontrer Macron et qu'il n'a pas voulu. »
- 11:18PrésentateurFait
« On a pu constater une forte répression policière et des violences policières entre les arrestations arbitraires, des amendes abusives et illégales. »
- 11:38PrésentateurFait
« C'est la seule réponse d'Emmanuel Macron. La répression, l'absence de dialogue. »
- 11:45InvitéFait
« Depuis les gilets jaunes, on le sait. En fait, les gilets jaunes, je me souviens quand même, quand il y a eu ce mouvement, les violences policières étaient beaucoup mises en avant par ceux qui étaient sur le terrain. »
- 14:49InvitéFait
« En fait, l'origine, c'est la hausse des taux. La Fed a augmenté les taux, la BCE a suivi augmenté les taux, quand vous augmentez les taux, vous plombez l'activité. »
- 15:24InvitéFait
« S'il n'y avait pas eu l'augmentation des taux, elle serait probablement là. Là, il y a eu une augmentation des taux les gens se sont dit, tiens, peut-être que toutes ces start-up ne sont pas aussi lucratives que ce qu'on avait pensé. »
- 16:53InvitéFait
« Les taux augmentent. Ça veut dire qu'en plus avec ce qui se passe, les taux augmentent. C'est pour ça que Macron a eu tort de faire ça maintenant. »
Temps de parole
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Le propos de base, c'est de faire des économies en faisant travailler les gens plus longtemps, c'est tout, point barre. Je rappelle quand même qu'entre 2000 et aujourd'hui, il y a eu plus de 200 réformes sur le marché du travail. Donc la vraie question de fond, en fait, c'est est-ce qu'on n'organise pas quelque part l'appauvrissement de notre système de retraite ? Comme il n'arrivera pas à calmer les gens par les arguments, comme les gens sont très énervés, tu ne peux que les calmer avec la peur et la force, c'est le pourrissement.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet, je suis ravie de vous retrouver. L'instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porchet. Chaque semaine pour décrypter l'actualité, car les discours sont politiques et les comprendre est une véritable arme démocratique. Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition, débarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information. A partir du 7 mars, s'est lancée la bataille décisive contre la réforme des retraites.
Le média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne sur son plateau, sur les piquets de grève, en manifestation aux quatre coins de la France, bref, partout où il y aura des points levés et des slogans scandés. A partir du 6 mars, pour tout nouvel abonnement souscrit au média, le premier mois sera reversé à une caisse de grève. Jusqu'au retrait de la réforme, cet argent permettra de compenser la perte financière des grévistes qui mettent en péril leur salaire pour l'intérêt général. Ils ont des milliards mais nous sommes des millions, alors abonnez-vous au média à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le média des luttes.
Vous êtes notre seule force pour garantir une information libre et indépendante. Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr. Au programme de cet instant porché aujourd'hui, Emmanuel Macron qui nourrit l'incendie qu'il a lui-même allumé. Puis on va aller voir autour de la possible crise financière qui semble approcher l'Europe. Vous n'êtes sans doute pas passé à côté. Emmanuel Macron a accordé une interview à TF1 et France 2 mercredi dernier. La parole présidentielle a tout sauf calmé la révolte populaire en cours en France. Emmanuel Macron n'a qu'un seul regret, de n'avoir pas convaincu sur la nécessité de la réforme des retraites.
Les organisations syndicales et ses opposants en politique dénoncent presque tous d'une même voie un discours hors sol, méprisant, truffé de mensonges et défendu par un chef d'État qui n'est pas à l'écoute. En effet, Emmanuel Macron a dit que cette réforme ne lui faisait pas plaisir mais qu'il en était de la responsabilité que de la faire. Entre deux, il a aussi joué aux comparaisons étranges entre les manifestations françaises et la prise du Capitole aux États-Unis ou encore les manifestations au Brésil près des institutions. Bref, comment jeter de l'huile sur un feu qu'il a lui-même allumé ?
Le lendemain de cette interview, jeudi 23 mars, 3,5 millions de personnes selon la CGT et 1,089 millions de manifestants selon le ministère de l'Intérieur ont battu le pavé dans plus de 300 villes en France. Cela fait partie des records depuis le début du mouvement, sans parler des manifestations autonomes quotidiennes le soir dans plusieurs villes depuis l'annonce du 49-3. Thomas, dans cette interview, Emmanuel Macron s'érige une nouvelle fois comme l'homme responsable et raisonné, avec des phrases telles que « Oui, les sondages, oui, le court terme, mais moi, je fais ça pour l'intérêt général.
» Il dit bien que le problème, ce n'est pas la réforme, mais de ne pas avoir convaincu qu'elle est nécessaire économiquement, etc. Le président a par exemple avancé les arguments de la dette, des attaques des marchés sur notre taux d'intérêt. Est-ce que tu peux un peu nous éclairer par rapport à tout ça ?
Déjà, c'est faux. C'est le dernier argument qui sort en disant finalement qu'on ne peut pas faire autrement puisqu'il y a la dette. C'est un argument qu'on nous a sorti tout le temps, qu'on nous a sorti pour justifier les économies diverses et variées que nous avons faites ces dix dernières années, notamment sur les collectivités locales, sur l'hôpital, sur la baisse du nombre de fonctionnaires, et ainsi de suite. C'est toujours l'argument massue où le débat s'arrête puisque les marchés financiers vont augmenter la dette.
La première chose, c'est que je pense que les marchés financiers aujourd'hui, qui sont quand même des marchés très court-termistes, se concentrent plus sur ce qui se passe, l'instabilité, on va dire, qu'il y a suite à la chute de ces trois banques aux États-Unis et du Crédit Suisse qui n'allait pas très bien. Ils se concentrent plus là-dessus que sur une hypothétique réforme qui, par ailleurs, ne va rien rapporter cette année, quasiment rien. Je veux dire, là, c'est les gens de 61 qui vont partir à la retraite. C'est une réforme qui va monter en puissance au fur et à mesure des années, mais sur le court terme, ne va pas rapporter grand-chose. Donc, c'est un manchonge.
Et de manière générale, ce narratif qu'il y a autour de la dette pour nous dire que nous avons creusé la dette avec le quoi qu'il en coûte très fortement, que si on ne fait pas de réformes, on va être mangé par les marchés financiers, c'est un narratif qui est faux. Parce que même quand on regarde l'augmentation de notre dette pendant le quoi qu'il en coûte, entre 2019 et 2021, notre dette a augmenté moins vite qu'aux États-Unis, moins vite qu'au Canada, moins vite qu'au Japon, moins vite qu'en Espagne. Donc, vous voyez, la dette, c'est quoi ? C'est une épargne, une grosse épargne qui est en circulation et des gens qui placent cette épargne.
Soit ils la placent sur de l'investissement privé, des actions, soit ils la placent sur des obligations d'État. Or, là, vu que ça ne va pas très bien dans la finance privée et qu'il y a des doutes sur la stabilité de l'économie à moyen terme, eh bien, notre dette, elle reste encore ce qu'on appelle « fly to quality » dans le jargon, c'est-à-dire qu'elle reste encore attractive pour les investisseurs. Et donc, il n'y a pas de souci sur notre dette. Il n'y a pas de souci. Nous avons eu le quoi qu'il en coûte, mais tous les pays l'ont eu. Et en comparaison, notre dette n'a pas augmenté plus vite qu'ailleurs. Donc, cet argument ne tient pas.
En fait, la réforme des retraites, elle n'est pas faite pour cette raison-là.
Alors, comme toujours, le gouvernement ou Emmanuel Macron mettent en avant que si pas de réforme, augmentation des impôts. Le président a d'ailleurs dit qu'il refusait d'augmenter les cotisations. Comment tu analyses un peu ces arguments ?
Alors, ce qui est marrant, c'est qu'il n'a déjà parlé que des cotisations des salariés. Il n'a jamais parlé des cotisations patronales. Donc, ça veut vraiment dire quelque chose. Ça veut dire que pour lui, tout ce qui concerne les patrons, ça doit diminuer. Ça doit diminuer. C'est ce qu'il dit. Donc, il n'ouvre pas du tout cette voie. Mais vous voyez, il y a eu une audition du président du corps au Sénat. Et cette question lui a été posée. Et il a très bien expliqué que les prélèvements globaux sur les salaires, c'était grosso modo 31,2%. Que dans les futures années, elles devraient baisser à 30,1%. Notamment à cause de la politique de baisse des prélèvements.
Et que si on la réaugmentait, c'est-à-dire que si on n'appliquait pas, même pas la politique du gouvernement, si on les réaugmentait en dessous du niveau actuel, il n'y aurait plus de problème de financement. Donc, la vraie question de fond, en fait, c'est est-ce qu'on n'organise pas quelque part l'appauvrissement de notre système de retraite ? Avec les baisses de charges constantes qui sont faites, les baisses de cotisations, etc. Donc, Macron, en fait, il refuse ça. Il part du principe qu'il n'y a que les cotisations salariales et pas les charges patronales qui financent le système de retraite.
Donc, on voit bien que dans sa tête, il y a une pensée binaire et que de toute façon, là, il ne faut pas aller regarder et qu'il faut juste faire des économies sur les pensions. Le but, c'est ça. Les gens auront des pensions plus faibles, donc ils seront obligés de travailler. C'est ça, son but, en réalité.
Par contre, il y a Emmanuel Macron qui a parlé de travailler sur une possible contribution pour les grandes entreprises qui rachètent leurs actions. Tu en penses quoi un peu de cette mi-annonce ?
Ça a été dénoncé. Alors, ça a été toujours dénoncé, ça. Le fait de racheter ses actions pour faire monter le cours de l'action et gagner encore plus d'argent, c'est un vrai problème. Parce que normalement, les profits doivent aller à l'investissement et pas au rachat d'actions. Alors là, il découvre ça, il sort de son chapeau. Ce qu'il faut voir, c'est que Macron, c'est le spécialiste de ça. C'est-à-dire que quand il y a quelque chose de difficile, il vous sort un autre truc en vous disant « Mais attends, ça, c'est le volet pour la loi travail. C'était le volet flexibilité, mais on allait avoir le volet social qui arrivait. » Le volet social, on ne l'a jamais vu.
C'est la réforme de l'assurance-chômage, donc ce n'est pas vraiment social. Et donc là, c'est de dire « Attention, on va mettre une taxe sur le rachat d'actions, donc ça va être difficile pour tout le monde, y compris pour les très riches. Donc je vous fais plaisir, on va passer à la réforme des retraites. » Mais il faut faire attention à des mesures qui sortent du chapeau comme ça. Il y en a eu beaucoup pendant la réforme des retraites. L'index senior, les 1 200, ça sort du chapeau. Et en fait, ça détourne le propos. Mais le propos de base, c'est de faire des économies en faisant travailler les gens plus longtemps. C'est tout, point barre. Donc ça, c'est un gadget.
On ne sait pas où ça en est encore. Ça va être mis en débat, peut-être jamais, peut-être pas. Il y a plein de choses qui devaient être mises en débat qui n'ont pas été, notamment le plan d'investissement à un moment qui était prévu dans son premier quinquennat pour la transition écologique. Bon, on ne l'a pas vu. Il va dire qu'il y a eu le Covid. Mais il y a plein de choses qui n'ont pas été faites. Donc là, pour moi, c'est une diversion, comme Macron a l'habitude d'en faire.
Il a aussi dit, il a supposé que les autres, les opposants, les syndicats ne proposaient rien à part le retrait. Tu es d'accord avec ça, toi ?
Non, mais si on ne fait rien, la situation va se dégrader quand même pour tout le monde. Il faut le dire. Si on ne fait rien, la situation va se dégrader pour tout le monde. Si on ne touche pas au système de retraite comme il est, ça va se dégrader. On l'a expliqué ici. Pourquoi ? Parce que ma génération, et la tienne probablement encore plus, ont des carrières hachées. Donc, ils n'arrivent pas à partir en ayant fait tout leur trimestre. Donc, ils ont des pensions qui vont être plus faibles que les prédécesseurs. Ça, c'est une réalité. Donc, à partir de là, si on ne touche à rien, ça va déjà se dégrader.
C'est pour ça que ce que dit toujours le président du corps, c'est que les dépenses sont finalement maîtrisées d'elles-mêmes. Mais ce que fait Macron comme réforme va empirer ce mouvement-là. Donc, ça va encore plus se dégrader. Donc, Macron cherche encore plus à faire des économies sur un système qui pose question. Pour le coup, on pourrait se dire comment on fait aujourd'hui pour assurer le même taux de remplacement que nos aînés, pour faire en sorte qu'on nous préserve ce taux de pauvreté qui est le plus faible d'Europe. Quelles mesures il faut faire ? Mais ce n'est pas ça qui est fait comme débat.
Ce qui est fait comme débat, c'est pour sauver un système de répartition qui va déjà être moins équitable que nos aînés, on va faire en sorte qu'il soit encore moins équitable. Donc, le débat est très mal posé. Déjà, la première chose, c'est d'arrêter cette réforme-là. Et puis, la deuxième chose, c'est un moment de vraiment réfléchir, d'y penser. Et ça, ça ne doit pas passer dans une loi 47.1 qui limite les débats pour passer une mesure d'économie rapide. Ça nécessite du temps. Mais ce qui est bien avec les oppositions qu'il y a eu dans cette réforme des retraites, c'est ça qui est très bien, c'est que les gens ont commencé à s'intéresser au système.
Et j'ai l'impression qu'il y a des gens qui le maîtrisent de plus en plus, ce qui n'était pas le cas au départ. Donc, peut-être, si la réforme ne passe pas, ce que l'on souhaite tous, notamment par le Conseil constitutionnel, ou Macron qui ne l'applique pas, peut-être même si elle est passée en 49.3 déjà, mais il ne l'applique pas. Et bien, là, il y a quand même un certain nombre de compétences qui ont été faites chez les militants et chez les journalistes qui pourront peut-être, à un moment, débattre des possibilités d'avoir un système tout aussi juste que celui que nous connaissons aujourd'hui.
Alors, je l'ai dit, cette interview n'a fait que raviver la flamme de la contestation populaire qui était déjà bien déterminée. Les manifestations, syndicales ou autonomes, les blocages, les grèves s'enchaînent, ne désemplissent pas et surtout se durcissent. Où en est le mouvement, selon toi ?
Là, c'est très compliqué parce que je pense que Macron ne pensait pas que ça puisse prendre cette tournure. Au début, il a vraiment parié sur le fait que les gens n'allaient pas aller manifester longtemps parce qu'il y avait l'inflation. C'est la résignation. Ils étaient persuadés de ça. Et la plupart, d'ailleurs, des commentateurs disaient ça. Maintenant, c'est le pourrissement. Il parie, Emmanuel Macron, qu'avec ce que l'on voit comme débordements à droite, à gauche qui sont beaucoup mis en avant dans les médias traditionnels, les gens vont commencer à ne plus soutenir le mouvement. Et là, il pourra dire, regardez, ce qui n'est toujours pas le cas aujourd'hui.
Les gens soutiennent encore, malgré tout, la radicalité du mouvement. Ils continuent à le soutenir. Mais moi, je pense que les gens, ils ont bien compris en fait que Macron a passé cette réforme en force. Ils voient bien qu'il y a eu un certain nombre de manifestations qui ont été organisées par les syndicats. Il n'y a pas eu de débordement tenu par les syndicats, que les syndicats ont demandé à rencontrer Macron et qu'il n'a pas voulu. Donc, c'est lui-même qui a créé la situation de radicalité et le fait que le débat doit se faire dans la rue. C'est Macron qui a fait ça. Il le voit très bien. Et il comprenne aussi pourquoi les gens sont en colère. Les gens ont une perte de pouvoir d'achat.
On leur demande de travailler plus longtemps. Et ils voient très bien. Ils ont des yeux et des oreilles. Aujourd'hui, ils voient très bien ce qui se passe, qu'il y a une petite partie de la population qui a continué à s'enrichir beaucoup plus rapidement.
Alors, les manifestations s'enchaînent, j'ai dit. Mais la répression aussi. On a pu constater une forte répression policière et des violences policières entre les arrestations arbitraires, des amendes abusives et illégales. D'ailleurs, des nasses illégales aussi. Sans parler de la manifestation à Sainte-Soline le week-end dernier contre les projets de Bassine, qui a été d'une extrême violence et déséquilibrée face aux manifestants, avec 4000 grenades en trois heures. C'est la seule réponse d'Emmanuel Macron. La répression, l'absence de dialogue. Est-ce qu'il veut faire taire le mouvement par la force ?
Depuis les gilets jaunes, on le sait. En fait, les gilets jaunes, je me souviens quand même, quand il y a eu ce mouvement, les violences policières étaient beaucoup mises en avant par ceux qui étaient sur le terrain. Les militants, les journalistes de terrain et les gilets jaunes eux-mêmes. Et c'était beaucoup mis en avant comme ça. Et on va dire que les journalistes mainstream ont mis un certain temps à réagir. Mais il y a eu, depuis, un certain nombre d'émissions envoyées spéciales sur les violences policières. Là, il y a eu tout de suite un article du Monde. Vous avez tout de suite les ONG qui veillent à ça. Il y a Amnesty International qui a condamné.
Il y a même le Conseil de l'Europe qui a dit à Macron qu'il fallait qu'il fasse attention avec son maintien de l'ordre. Donc, on sait très bien, on sait très bien aujourd'hui que Macron compte sur la police pour tenir. Ça, on le sait. Comme il n'arrivera pas à calmer les gens par les arguments, comme les gens sont très énervés, tu ne peux que les calmer avec la peur et la force. Mais aujourd'hui, l'avantage que l'on a par rapport aux gilets jaunes, c'est que la majorité des ONG, et tout le monde est conscient de ça, est conscient que Macron peut avoir recours à la force et donc veille un peu plus qu'à l'époque. Mais ça n'empêche pas les débordements. Tu l'as vu, toi, quand tu étais...
À Sainte-Solim.
Voilà. Et on l'a vu aussi dans les images qui ont circulé sur les interventions à Paris.
Alors, la réforme des retraites, ce n'est pas la seule réforme qui nous attend. Déjà, Emmanuel Macron, dans cette interview, il parle de loi travail, de système de droits et devoirs, de RSA conditionnés, ça en a déjà parlé. Et là, Olivier Véran commence aussi à nous préparer à d'autres réformes à venir. est-ce que ça sent bon pour nous ou pas du tout là ?
Moi je pense que si la réforme des retraites passe, mais ça va être difficile après tout va passer donc c'est pour ça que beaucoup de gens l'ont dit, les retraites c'est le plus difficile normalement, c'est là où il y a toujours eu le plus de mobilisation la loi travaille, il y a quelques mobilisations mais c'est pas pareil, là les retraites ça concerne vraiment tout le monde, ça concerne tout le monde et d'ailleurs on a quand même une opposition très élevée toujours, ce qui montre que c'est transpartisan cette question des retraites et je pense que si ça, ça passe après tout le reste peut passer, là où je suis étonné c'est que je vois pas ce qu'il peut faire de plus que ce qu'il a déjà fait il y a eu quand même deux lois travail très fortes y compris aujourd'hui les dirigeants d'entreprises vous disent que c'est plutôt bien qu'il n'y a pas besoin d'aller plus loin dans la flexibilisation et je rappelle quand même qu'entre 2000 et aujourd'hui il y a eu plus de 200 réformes sur le marché du travail tout ce qui est lieu au marché du travail, l'assurance chômage etc c'est la commission qui les chiffre, donc c'est énorme donc pourquoi aller plus loin ?
Et puis pour le RSA par exemple, le RSA ça a été mis en essai dans le 93, là ça a été arrêté parce que ça ne fonctionne pas c'est pas parce qu'on va conditionner le fait de faire un certain nombre d'heures que les gens vont tout de suite trouver un travail, c'est pas comme ça que ça se passe, donc moi je pense qu'effectivement si ça passe là il va se sentir assez puissant pour passer un certain nombre de réformes encore, si c'est difficile à passer, si ça ne se passe pas très bien comme là avec les manifestations pendant un certain nombre de temps, les blocages et tout, il ralentira ou il reviendra peut-être sur la réforme des retraites, mais on verra, on verra, on ne sait pas, on verra ça dépend de l'intensité après de la confrontation
Et si on s'acheminait tout droit vers une crise financière globale, on se souvient, tout a commencé par la faillite de la Silicon Valley Bank aux Etats-Unis et depuis, un mouvement de contagion semble menacer l'Europe avec le crédit suisse et Deutsche Bank qui vacillent C'est une actu qui a peu passé un peu inaperçue en plein mouvement des retraites, mais on va analyser ça avec Thomas aujourd'hui Thomas, quelle est l'origine de cette dernière secousse financière qui a commencé aux Etats-Unis ?
En fait, l'origine, c'est la hausse des taux La Fed a augmenté les taux, la BCE a suivi augmenté les taux, quand vous augmentez les taux, vous plombez l'activité, d'accord ? Vous acceptez en fait d'avoir une activité plus faible d'avoir un peu plus de chômage pour maîtriser l'inflation. L'inflation, c'est quand vous avez une demande globale qui dépasse l'offre globale là, vous acceptez de drainer vers le bas la demande globale c'est plus dur de s'endetter et l'activité est plombée. Donc à partir du moment où vous faites ça, dans un contexte où on est en reprise et l'économie est un peu fragilisée et bien, vous créez une situation qui peut provoquer de la panique.
Qu'est-ce qui s'est passé sur cette banque-là ? S'il n'y avait pas eu l'augmentation des taux, elle serait probablement là. Là, il y a eu une augmentation des taux les gens se sont dit, tiens, peut-être que toutes ces start-up ne sont pas aussi lucratives que ce qu'on avait pensé. Il y a une rumeur qui s'installe, qui va très vite aujourd'hui avec les réseaux sociaux, etc. Les virements sont très faciles à faire avec les virements en ligne, etc. Et donc tout le monde s'en va et la banque tombe. Voilà, c'est ça qui s'est passé. Et pourquoi après il y a eu des craintes en Europe ?
Alors, il y a l'effet contagieux l'effet de contagion des marchés financiers, qui en fait, dès que ça bouge un petit peu, c'est tellement fragile ces équilibres que dès que ça bouge un petit peu, il s'imagine qu'il peut y avoir un problème. Là, pour le crédit suisse, il s'est passé quoi ? Il s'est passé qu'à un moment, l'Arabie Saoudite les soutenait et puis ils se sont dit, on va arrêter de les soutenir. Et là, les gens se sont dit, mais pourquoi l'Arabie Saoudite ne veut plus soutenir cette banque si elle veut arrêter de les soutenir ? C'est qu'il y a un problème. Donc, il y a des attaques spéculatives sur cette banque. Voilà, c'est à peu près ça.
Donc, aujourd'hui, notre système en fait, en Europe, qui subit la hausse des taux aussi, fait que s'il y a la moindre rumeur sur un élément, il est possible qu'on s'interroge sur la fragilité d'une banque et après, vous avez des attaques spéculatives. Mais souvent, ces attaques spéculatives n'ont rien à voir avec la réalité des bilans des banques. Mais en même temps, on ne sait pas quoi. Et souvent, ces attaques spéculatives peuvent faire ensuite des prophéties autoréalisatrices qui font que les gens se disent oulala, on attaque, ça diminue, donc si ça diminue, je m'en vais. Et donc, en fait, ça fait une prophétie autoréalisatrice.
Est-ce que ça peut aller au-delà du crédit suisse et du Deutsche Bank ? En fait, oui.
Parce que, vous regardez par exemple le cas de la France. Les taux augmentent. Ça veut dire qu'en plus avec ce qui se passe, les taux augmentent. C'est pour ça que Macron a eu tort de faire ça maintenant. Les taux augmentent, il y a beaucoup de manifestations, il y a beaucoup de grèves, donc l'activité devient de plus en plus difficile. L'activité économique. Si l'activité économique est difficile, ça veut dire que les entreprises, elles ont moins d'activité, ça veut dire qu'il y a moins de ressources dans les banques. Il y a moins de rentrées dans les banques. D'accord ? De l'autre côté, vous avez de l'inflation. L'inflation, c'est parfois un mec qui a 2000 euros de côté.
Il va, tous les mois, prendre 200 euros parce qu'il n'arrive pas à finir les fins de mois. Donc, il retire de l'argent des banques. Et puis, vous avez ensuite tous les prêts garantis dont les banques ont fait les dossiers. Puis, vous avez parfois des défauts sur les dossiers. Et donc, vous avez l'État qui refuse de rembourser ses prêts garantis. Et donc, c'est pour la banque. Il s'agit quand même de 100 milliards. Donc, il y a un tas comme ça de facteurs qui fait qu'à un moment, vous pouvez vous dire, tiens, c'est fragile en fait. Et quand ça commence à être fragile, qu'est-ce qui se passe ? Ceux qui ont les plus gros comptes, ils veulent protéger.
Parce qu'on te rembourse jusqu'à 100 000 euros de pertes. Donc, ceux qui ont des très gros comptes, qu'est-ce qu'ils font ? Ils se cassent. Ils changent, ils font un virement sur une autre banque ou ils placent ton argent ailleurs. Et donc, tu fragilises une banque. C'est comme ça que ça se passe. En fait, le système bancaire, il est fragile. Pourquoi ? Parce qu'il y a un changement de politique monétaire. Ça, c'est la première des choses. Mais aussi, surtout, parce qu'avec la hausse des taux, l'activité économique va être moins sûre que les autres années.
Et donc, après, si vous avez des vagues spéculatives, et des rumeurs et des prophéties qui deviennent autoréalisatrices, ça peut être un peu compliqué.
Ce programme s'inscrit dans notre grande ambition d'ébarquer à la télé et continuer de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer une autre hiérarchie et un autre traitement de l'information. À partir du 7 mars s'est lancée la bataille décisive contre la réforme des retraites. Le média est là pour vous faire vivre cette lutte de manière quotidienne, sur son plateau, sur les piques et de grèves, en manifestation, aux quatre coins de la France. Bref, partout où il y aura des points levés et des slogans scandés. Depuis le 6 mars, pour tout nouvel abonnement souscrit au média, le premier mois sera reversé à une caisse de grève.
Jusqu'au retrait de la réforme, cet argent permettra de compenser la perte financière des grévistes qui mettent en péril leur salaire pour l'intérêt général. Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions. Alors abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois et soutenez à la fois les luttes et le Média des luttes. Vous êtes notre seule force pour garantir une information libre et indépendante. Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr Chaque geste compte, alors vos j'aime, partages et pubs autour de vous, c'est également indispensable. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre.
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