Résultats des législatives, entente à gauche, percée du RN... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour à vous, bonjour à tous les deux. Vous avez rendez-vous ce matin à l'Elysée dans le cadre des consultations lancées par Emmanuel Macron après les législatives. Tous les chefs de parti ont reçu un carton d'invitation. Qu'allez-vous dire tout à l'heure au chef de l'État ? Des choses très simples.
Lui dire que ce pays va mal, qu'il est en colère, mais qu'il n'est pas bloqué. Il y a des politiques possibles. Il y a des politiques, par exemple, de revalorisation du pouvoir d'achat, du pouvoir de vivre, que s'il entend ce que lui disent les Français, que sur les salaires, il veut l'être augmenté, nous serons là. S'il veut placer le SMIC à 1 500 euros, nous serons là. S'il veut revaloriser les pensions de retraite, nous serons là. S'il veut faire en sorte que désormais, on ne puisse plus considérer qu'on peut rester des dividendes sans verser de revenus équivalents aux salariés, nous serons là.
Ça marche dans l'autre sens. C'est-à-dire, s'il y a des propositions dans le programme d'Emmanuel Macron, vous pourriez les voter aussi ?
Ou il faut qu'il s'aligne sur votre programme ? Il ne s'agit pas de s'aligner, il s'agit de répondre aux Françaises et aux Français. Ils ont émis un message extrêmement clair. C'est la première fois sur la Vème République qu'un président réélu est très très loin d'obtenir une majorité absolue. Vous l'êtes encore plus ? Certes, mais enfin, nous n'étions pas la majorité. Et donc, il est aujourd'hui obligé de tenir compte d'une situation politique qui est inédite. Et dans cette situation-là, il ne peut pas nous faire le coup de « le pays est bloqué, ce sont eux les méchants », etc. Non, les Français ont émis un message qui est très clair.
Et ce message, c'est précisément qu'ils ne voulaient pas qu'Emmanuel Macron applique le programme sur lequel... Enfin, le programme difficile de l'énoncer, puisqu'il a été très discret sur ce qu'il entendait faire. Mais ils n'ont pas voulu donner de chèques en blanc. Et donc, il n'y a pas de chèques en blanc aujourd'hui. Et il y aura une reparlementarisation de la vie politique avec une obligation pour lui en permanence. Lui qui a eu une gestion très jupitérienne, qui souhaitait diriger seul ce pays. Eh bien, il va devoir apprendre à se confronter aux idées des autres et aussi se confronter à ce que veulent les Français.
Pardon Olivier Faure, mais je repose la question de Marc. Parce que, est-ce que ça va vraiment dans les deux sens ? Vous dites, il n'y a pas de blocage dans ce pays. Il doit accepter ce que vous proposez. Mais vous, est-ce que vous allez vraiment accepter ce qu'il peut proposer ? Est-ce que vous allez voter des textes portés par la majorité d'Emmanuel Macron ?
Mais à chaque fois que les textes vont dans le bon sens, ce n'était pas une nouveauté. Dans le quinquennat précédent, moi j'ai voté des textes qui me paraissaient aller dans le bon sens. Mais je voudrais aussi qu'il entende que, cette fois-ci, il n'a pas de majorité absolue et que donc il devra tenir compte de ce que lui dit la gauche.
Chacun doit faire des efforts, un pas vers l'autre.
Ce n'est pas simplement... Moi, je n'aime pas cette idée de... Ce n'est pas une tambouille que je recherche. Je ne chercherai pas... Une coalition. Pas d'avantage.
C'est ce que vous avez fait pour l'adulte, Olivier Faure, vous n'étiez pas d'accord. Il y a même des points où vous ne l'êtes toujours pas. Et pourtant, chacun fait un pas vers l'autre. C'est impossible avec Emmanuel Macron.
Ce que je dis, c'est que la défiance à laquelle nous faisons tous face, ce sont ces gens qui vous disent un matin qu'ils sont de gauche et le lendemain qu'on retrouve dans un gouvernement de droite. Ça ne sera pas notre cas. Nous sommes absolument clairs sur ce que sont nos intentions. Nous avons été élus dans le cadre de la nouvelle Union populaire, écologique et sociale. Nous allons rester dans cette union et nous allons chercher à incarner une alternative. Mais dans l'attente de nouvelles élections qui interviendront, je ne sais quand, il faut évidemment faire en sorte que le pays aille le mieux possible. Quelle est la bonne opposition ?
C'est l'opposition qui est utile, celle qui permet à ce pays d'avancer. Et moi, ce que je vous dis, c'est que j'espère bien convaincre le chef de l'État, par exemple, qu'augmenter le SMIC simplement sur la base de ce qui est automatiquement accordé chaque année, ça ne suffit plus. Et qu'il faut maintenant porter le SMIC à 1 500 euros. Parce que vous avez des gens aujourd'hui avec l'inflation galopante qui ne peuvent plus vivre. Et donc, il est nécessaire d'écouter.
Olivier Faure, on va parler des textes qui vont arriver dès cet été à l'Assemblée nationale. Mais vous parliez d'opposition utile. Emmanuel Macron a convié tous les chefs de parti aujourd'hui et demain. Jean-Luc Mélenchon, lui, a décidé de ne pas refuser d'y aller. Et il envoie Adrien Quatennens et Mathilde Panot. Est-ce que vous trouvez ça normal ?
Ce n'est pas rien. Adrien Quatennens, c'est en fait le chef de parti des Insoumis. Numéro 2. Il y a la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui est un peu hors cadre. Et puis, moi, ce que je vois chaque jour à l'Assemblée et ailleurs, c'est que c'est Adrien Quatennens qui est le coordonnateur de la France Insoumise. C'est avec lui que je parle très souvent aussi. Et donc, je considère qu'il n'y a pas, de ce point de vue, d'atteinte au chef de l'État et que c'est absolument respectable d'envoyer Adrien Quatennens.
Vous nous dites que si Emmanuel Macron met le SMIC à 1 500 euros, s'aligne sur les propositions de la coalition de gauche, on le votera.
Mais ce n'est pas un alignement sur les propositions de gauche. Il faut entendre ce qu'on dit, les Françaises et les Français. Mais les Français ne vous ont pas élus à l'Élysée et ne vous ont pas placé en majorité non plus à l'Assemblée. Mais en revanche, vous aurez noté que dans toutes les enquêtes d'opinion qui ont été réalisées sur les projets que nous portions avec cette nouvelle Union populaire, eh bien, il y avait un assentiment qui était très large de la part des Français. Et donc, il y a aujourd'hui une volonté que les choses bougent, que les choses changent et qu'on n'en reste pas. Les deux pieds ont le même sabot.
Ce qui ne va plus, c'est pourquoi est-ce que le Président n'a pas obtenu une majorité absolue ? En général, c'est quasi mécanique. Et d'ailleurs, le Président pensait tellement que c'était mécanique qu'il a cherché à enjamber l'élection législative. Eh bien, ce que les Français lui ont dit, c'est que non, non, maintenant, il faut du concret sur la table. Et ils veulent, en fait, tout simplement pouvoir vivre. C'est aussi simple que ça. On a fait presque un an de campagne présidentielle et législative. On a rencontré des milliers de personnes. Et malheureusement, tout est convergent. Les gens nous disent tous la même chose. Je suis retraité, mais je ne peux pas vivre.
Je suis salarié, mais je ne peux pas vivre. Je ne peux pas emmener mes enfants en vacances. Je ne peux pas leur donner à manger chaque jour comme je le voudrais, etc. Donc, c'est ça qu'il faut entendre. Ce qui veut dire, Olivier Faure, que vous voterez, par exemple, les premières mesures. On a 3 millions d'enfants pauvres. On a entre 9 et 12 millions, ce sont les évaluations, de gens qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Est-ce que c'est normal ? La réponse est non.
Ce qui veut dire que vous voterez les mesures de la loi pouvoir d'achat, par exemple, la revalorisation des minima sociaux, la réindexation des retraites. Pour l'instant, on n'en connaît même pas le niveau. Si, la réindexation, on a le niveau, c'est 4%. 4%, c'est trop peu. Mais ça veut dire que vous ne voterez pas du tout ou vous dites que c'est mieux que rien ? Est-ce que vous êtes prêt à dire aux Français, je n'ai pas voté ça parce que ce n'est pas suffisant ?
Je suis prêt à dire aux Français quand ça n'est pas suffisant que ça n'est pas suffisant. Plutôt rien que 4% ? Non, ce n'est pas rien parce que de toute façon, on verra comment les choses se passeront. J'imagine que la droite s'empressera de dire qu'elle est très contente de ses petits, petits pas. Vous préférez que ce soit la droite qui vote la revalorisation des retraites ?
Non, je dis simplement que vous parlez de revalorisation.
Une revalorisation, ça ne peut pas être en dessous du niveau de l'inflation. Ce n'est quand même pas ça ce que j'appelle une revalorisation. Ce n'est pas possible de dire aux gens, bon, on va vous donner un peu plus, mais moins que ce que vous perdez chaque semaine ou chaque mois. Ce n'est pas possible. Donc vous ne voterez pas les 50% d'augmentation des retraites ? On ne peut pas accepter une revalorisation qui serait inférieure au niveau de l'inflation. Ça me paraît une évidence. Ce n'est pas une revalorisation, c'est une moindre perte de pouvoir d'achat.
Aujourd'hui, on a des gens, vous le savez très bien, quand on est retraité, on n'a pas d'autre choix que d'attendre chaque mois sa pension. On n'a pas une carrière qui va évoluer. On n'a pas d'autre boulot qu'on peut faire. C'est fini. Donc on est dans une situation où on attend. Et quand chaque mois, on perd de l'argent et que cet argent n'est jamais rattrapé, ça veut dire que sur des années et des années, vous perdez beaucoup de pouvoir d'achat et ça ne se rattrape jamais. Donc il faut, dès à présent, qu'à minima, cette revalorisation soit au moins au niveau de l'inflation.
C'est une évidence ? C'est votre décision ou c'est celle de l'ensemble de l'ANUP ? Nous ne voterons pas la hausse des retraites au 1er août prochain ?
Non mais il y aura une discussion. Je ne suis pas celui qui incarne à moi tout seul l'ANUP.
Donc ça, c'est la décision du groupe socialiste à l'Assemblée nationale ?
Non, c'est ce que je vous dis, moi, ce matin. Vous êtes le patron des partis. Oui, enfin, comme je suis dans un parti démocratique, on a encore des gens qui discutent avec moi. Ça, c'est votre décision personnelle, mais ce n'est pas encore celle de l'ANUP ? Mais ce que je vous dis, c'est que ça me paraît une évidence. Je connais quand même les socialistes et je connais aussi l'ensemble des forces de gauche et de l'écologie. Ce que je vous dis, c'est que personne ne pourrait accepter de se contenter d'une revalorisation des pensions de retraite qui serait inférieure à l'inflation. C'est une évidence.
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste et l'invité de France Info, 8h41. Le fil Info, Valentin Notet, si on poursuit, juste après.
Après la fermeture des urgences, la nuit, 600 lits fermeront cet été au CHU de Bordeaux, soit 20% de la capacité totale de l'hôpital. Nouvelle décision de la direction, toujours justifiée par le manque de soignants. Six responsables politiques reçus aujourd'hui à l'Élysée, Christian Jacob, Des Républicains, Marine Le Pen du Rassemblement National ou encore François Bayrou pour le Modem. Le président leur propose d'échanger pour l'intérêt supérieur de la nation, alors que l'absence de majorité absolue à l'Assemblée risque de rendre le pays ingouvernable.
En un an, les conditions de travail se sont dégradées pour un quart des salariés français, résultat du baromètre de la vie au travail via Voice avec France Info. En cas de fuite sur un site pétrochimique, d'incendie ou encore d'attentat, vous recevrez désormais une alerte sur votre téléphone. Ce nouveau dispositif appelé FR-Alerte entre en fonction aujourd'hui. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, on parlait à l'instant de la revalorisation des retraites qui figuera dans le texte sur le pouvoir d'achat présenté à l'Assemblée Nationale cet été. Il y aura d'autres mesures, notamment le bouclier tarifaire, le prolongement. Ça, vous le voterez ou pas ?
Oui, enfin, je veux voir d'abord ce qu'il y a dedans, mais il n'y a pas de chèque en blanc. Et je voudrais par contre que les Français, eux, reçoivent un vrai chèque, c'est-à-dire qu'on puisse avoir les moyens pour chacun de vivre dignement. Et donc, à chaque fois que les mesures iront dans le bon sens, eh bien, nous les approuverons. Mais pour l'instant, je ne sais pas grand-chose de ce texte.
Le bon sens, on en parlait tout à l'heure, celle de la revalorisation des retraites. Vous disiez 4%, c'est en dessous de l'inflation, ça ne marche pas. Le bouclier tarifaire, ça va dans le sens que vous souhaitez ?
Oui, je souhaite même qu'on aille plus loin, puisque je souhaite qu'on puisse bloquer les prix des produits de première nécessité, pour permettre aux gens qui voient le prix de leur caddie augmenter chaque semaine, puissent continuer à acheter tout simplement de la farine, de l'huile, des pâtes, enfin tous ces produits.
Mais ça, pour le moment, ce n'est pas prévu dans le texte. Vous voulez l'ajouter ? Vous voulez l'amender ?
Oui, on l'ajoutera et on verra ce que le gouvernement nous dit. Est-ce qu'il est prêt à faire ces efforts supplémentaires ou est-ce qu'il considère qu'au fond, tout va suffisamment bien pour qu'on n'ait pas besoin d'agir ?
Sur les retraites, Olivier Faure, si demain, le RN dépose une proposition de loi pour revenir à la retraite à 60 ans, est-ce que vous la voterez ?
Mais, moi, je me fierai à chaque fois aux propositions que nous faisons et je n'ai pas besoin de l'extrême droite pour me dire ce que j'ai à faire. C'est la même, 60 ans, 40 annuités ? Non, ce n'est pas tout à fait la même parce qu'en réalité, ils ont un peu bougé. Mais nous, ce que nous défendrons, c'est effectivement, non pas la retraite à 65 ans, dont j'ai entendu ce matin, y compris Laurent Berger, a rappelé que ce serait une pure folie, sur votre antenne, effectivement, que ce serait une pure folie que de remettre à l'ordre du jour ce texte. Et donc, effectivement, nous nous battrons d'abord pour empêcher ce texte de venir.
Oui, mais si, c'est le Rassemblement National qui propose la retraite à 60 ans.
Oui, mais moi, je ne parle pas du Front National. Enfin, je vois bien qu'il y a beaucoup de gens...
Oui, mais ils sont dans l'hémicycle et ils ont plus gros goût pour le moment.
Mais je vois bien que, pour l'instant, tout le monde voudrait en faire le centre de tout. Ce n'est pas le cas. En fait, ils ne sont le centre de rien. Et moi, je ne me positionne pas par rapport au Front National. Je vois les appels du pied qui sont lancés par une partie de la majorité relative du Président aujourd'hui leur faire les yeux doux. Ce n'est pas mon cas. Je n'ai rien à voir avec celles et ceux qui, en réalité, depuis trop longtemps, obnubilent la vie politique alors même qu'ils ne sont pas capables de penser, y compris, ce pays comme un pays fraternel, ce qui est effectivement la pensée de tous les humanistes.
Olivier Faure, vous étiez dans la campagne présidentielle pour la retraite à 62 ans. Ça, c'était au mois d'avril. Dans l'accord avec la NUP en juin, vous êtes pour la retraite à 60 ans. Est-ce que vous irez dans la rue pendant le quinquennat pour réclamer le retour à la retraite à 60 ans ?
Mais déjà, j'irai dans la rue, s'il me nécessitait, pour me battre contre la retraite à 65 ans. Ce n'est pas la même chose. Oui, ce n'est pas la même chose. Mais je vais venir ensuite à ce que vous dites. Je vous dis simplement que d'abord, c'est le premier point. C'est que je ne veux pas de cette réforme, y compris parce que vous l'avez saisi, parce que le gouvernement a fini par l'avouer. L'objectif n'est même pas de financer les retraites, qui n'ont pas besoin de cela pour être financées jusqu'en 70 prochaines années, mais pour financer d'autres politiques publiques.
Parce qu'ils ne veulent pas toucher à l'imposition des plus riches, aux multinationales et à toutes celles et ceux qui pourraient aujourd'hui contribuer davantage qu'ils ne le font, eh bien, on va les ponctionner sur les retraites comme on ponctionne déjà sur les chômeurs avec la réforme de l'assurance chômage. C'est un scandale. Et donc, on ne peut pas l'accepter. Et nous nous battrons, effectivement, plutôt que de reculer l'âge légal, de revenir à 60 ans. Je vous rappelle que les 62 ans, c'est la réforme Fillon. Et donc, eh bien, on se battra, effectivement... Et les 43 années de cotisation, c'est la réforme Touraine. Exactement. La potentialiste. Et on a, effectivement, des...
Vous l'avez rappelé, ce n'était pas la position que nous défendions dans l'élection présidentielle. J'écoute aussi ce que nous disaient les Français. Ils ont choisi à gauche majoritairement le projet qui était, à l'époque, porté par Jean-Luc Mélenchon. Nous avons ensuite négocié un projet partagé. C'est la raison pour laquelle je défendrai le projet partagé.
Olivier Faure, la Première ministre Elisabeth Borne doit, elle, prononcer un discours de politique générale le 5 juillet prochain. Et la France insoumise a d'ores et déjà prévu de recourir à une motion de censure pour renverser le gouvernement. Est-ce que vous les suivrez là-dessus ?
Je ne l'excuse pas. Je voudrais d'abord quand même qu'on sache ce que dira Mme Borne. Et puis, je voudrais pouvoir en discuter avec nos partenaires insoumis, écologistes, communistes.
Ils ne vous ont pas prévenu avant de le proposer ?
Non, c'est une proposition de la France insoumise. Mais ils n'ont absolument le droit. Ils ont leur propre autonomie comme nous avons la nôtre. Et donc, ils font une proposition qui est sur la table. Je veux en discuter avec eux, comprendre comment on peut se mettre d'accord sur la façon de l'articuler, de l'intituler, la motivation de cette motion de censure. Mais il me paraît assez logique qu'en début de quinquennat, nous disions les uns et les autres où nous sommes. Et nous sommes dans l'opposition.
Hier, Jean-Luc Mélenchon a proposé que tous les députés de la NUPS s'unissent dans un seul groupe à l'Assemblée nationale plutôt que sous les quatre étiquettes écologiste, socialiste, communiste et insoumis. Que lui répondez-vous ce matin au micro de France Info ?
Je réponds, ce que je lui ai déjà répondu dès hier, c'est qu'il y a un accord sur lequel, que nous avons tous signé, quand nous avons décidé de nous regrouper dans cette nouvelle Union populaire écologique et sociale, et que cet accord précise qu'il y aura des groupes qui seront autonomes et puis il y aura un intergroupe qui coordonnera nos activités, nos prises d'opposition, qui permettra d'avoir une espèce de liaison permanente. Et donc maintenant, il faut définir ce qu'est cet intergroupe. Comment est-ce qu'il fonctionne ?
Vous entendez bien ce qu'il dit, Jean-Luc Mélenchon. Il dit en fait, le but, c'est de dire nous sommes la première force d'opposition à l'Assemblée nationale.
Nous sommes la première force d'opposition à l'Assemblée nationale. Pas dans les faits.
Pas dans les faits. Mais si, dans les faits.
Parce que quatre groupes, le plus gros de ces groupes, c'est celui des insoumis. Il a 20, 25 députés de moins que le RN.
Mais il y a une coalition qui a été se présenter devant les électeurs. Nous sommes toutes et tous des élus de cette fameuse NUPES. Et donc nous sommes ensemble la première force d'opposition à l'Assemblée. Et vous voyez bien que dans les faits, vous ne l'êtes pas.
Vous avez appris sur les plateaux télé qu'il y avait une motion de censure qu'elle allait être déposée. Vous nous dites qu'on est tous dans le même groupe. Ce n'est pas vrai aujourd'hui. Vous l'avez appris en regardant la soirée électorale entière.
Je n'ai jamais dit qu'on était tous dans le même groupe. Je dis que nous sommes dans la même coalition. Nous portons un projet partagé. Et donc nous sommes politiquement la première force de cet hémicycle dans l'opposition. Le Front National n'a pas d'allié, n'a pas d'autre possibilité que de continuer son sonné d'isolement. Donc nous sommes, nous, dans une autre situation. Là encore, Olivier Faure,
est-ce que Jean-Luc Mélenchon vous a appelé pour vous prévenir qu'il allait dire publiquement, qu'il allait dire aux journalistes qu'il allait vous proposer un groupe ?
J'ai eu Adrien Quatennens qui m'a dit qu'ils allaient nous proposer. Je lui ai dit qu'il pouvait le proposer, mais que la réponse serait négative. Alors pourquoi il l'a fait ? Parce qu'il voulait en faire la proposition. Je pense prendre à témoin l'opinion de ce qu'il proposait. Vous montrez quoi ? Qu'il est plus rassembleur que vous ? Personne n'est plus rassembleur que moi. C'est impossible.
Alors attendez, expliquez-moi. Vous nous dites, on m'a appelé avant, on a dit qu'on était contre. Et Jean-Luc Mélenchon, hier, sur le coin de trottoir, devant le siège de la France Insoumise, annonce à la presse qu'il va quand même faire cette proposition.
Je crains que le moment où j'ai été appelé n'ait pas été suffisamment antérieur à sa prise d'opposition pour qu'il ait pu en tenir compte.
Il vous a appelé après, en fait.
Non, non, non, non. Ça lui a pas appelé.
En tout cas, c'est non, trois fois non. Éric Coquret, qui était ce matin sur France Info, a dit qu'on va chercher à convaincre nos partenaires qu'il faut le faire.
Non, tout va bien. Nous entendons parfaitement. Nous avons de bonnes raisons de continuer ensemble parce que cette aventure est une aventure qui a été, même si elle n'a pas été victorieuse, elle a permis de réveiller l'espoir à gauche. Et moi, je souhaite que nous puissions continuer à incarner ensemble une alternative.
Non, mais juste pour conclure là-dessus, vous ne voulez pas y aller, vous ne voulez pas faire un groupe unique avec la France Insoumise parce que vous avez peur d'être phagocité par la France Insoumise ?
Non, moi, je n'ai peur de... Je ne serai jamais phagocité par qui que ce soit. En fait, la réalité, c'est que... Enfin, je ne voulais pas rentrer dans la technique, mais vous faites un seul groupe plutôt que quatre. Vous avez, par exemple, quatre fois moins de droits de tirage pour avoir des commissions d'enquête. Eh bien, moi, je préfère qu'on garde quatre droits de tirage. Et moins d'argent. On a moins d'argent, moins de collaborateurs, on a moins de temps de parole, on a moins de possibilité d'agir dans l'opposition.
Mais pardon, mais Jean-Luc Mélenchon,
il connaît ça par cœur. Oui.
Alors, pourquoi il le propose si ça n'a que des inconvénients ?
Non, ça n'a pas que... Enfin, je comprends ce qu'il veut faire et ce qu'il veut dire. Il veut qu'on puisse incarner de manière... Pourquoi il dit ça ? Parce que vous avez aujourd'hui un gouvernement qui joue avec les symboles et qui, plutôt que de reconnaître qu'il y a une force qui est la première dans l'opposition, qui est cette NUPES, il préfère dire que c'est l'extrême droite. Pourquoi ? Parce que le gouvernement cherche à retrouver son ennemi favori, celui qui lui permet à chaque fois d'emprunter les élections. Et donc, il cherche à réintroduire ce duel finalement qui est le plus classique et le plus facile pour lui. Et donc, Jean-Luc Mélenchon dit non, non, attendez.
En fait, ce n'est pas l'extrême droite qui est le premier opposant, c'est la NUPES. Mais ce symbole-là, en réalité, nous n'avons pas besoin d'être dans un groupe commun pour l'imposer. Et vous verrez, dans les débats parlementaires, dans la façon dont nous allons incarner ensemble l'opposition, nous montrerons que nous sommes effectivement la première force qui est une force d'opposition dans le Parlement.
Pardon, Olivier Faure, invité de France Info, il est de 8h52. Le fil Info, Valentin Lottès.
Vigilance orange à la canicule et aux orages, toujours actifs ce matin dans 12 départements, de l'Allier-Oudou et du Cantal à la Drôme. Comment gouverner sans majorité à l'Assemblée nationale pour trouver une solution ? Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui les chefs des partis politiques. Jusqu'à demain, à commencer ce matin, 10h, par Christian Jacob, le patron des Républicains. Pour environ 100 millions d'euros, le journaliste russe, Dimitri Muratov, vend aux enchères sa médaille de prix Nobel de la paix 2021. L'argent sera intégralement reversé au programme de l'UNICEF consacré aux enfants ukrainiens. Christophe Galtier se rapproche du banc du Paris Saint-Germain.
Si l'entraîneur de foot niçoise n'a encore rien signé, Paris et Nice ont trouvé un accord. C'est son 40e anniversaire. Après deux éditions gâchées par le Covid, la fête de la musique revient partout en France ce soir. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, le scrutin est marqué par une percée historique du Rassemblement National avec 10 fois plus de députés qu'en 2017. est-ce que vous prenez votre part de responsabilité dans ce qui s'est passé ?
Chacun doit prendre sa part même si en fait les parts ne sont pas égales. Honnêtement, vous avez un président de la République qui s'était présenté comme le barrage face à l'extrême droite. Il l'a dit encore dans l'élection présidentielle. Au deuxième tour, il était celui qui devait empêcher l'extrême droite d'avancer. Et puis, dans cette élection législative, on a abouti à cette espèce de confusion totale, maximale avec des gens dans son parti, lui-même, la Première Ministre qui ont expliqué qu'il fallait faire face aux extrêmes comme si on pouvait mettre dans ce pays un trait d'équivalence entre la gauche et les écologistes et l'extrême droite. Il a fait fondre le front républicain.
Et pas vous. Moi, j'ai appelé à voter Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle. Et aux législatives, nous avons à chaque fois appelé à voter. À chaque fois qu'il y avait un socialiste qui était candidat quelque part et qui était battu au premier tour, nous avons désisté
contre l'extrême droite. Vous le savez très bien. Votre position n'a pas été celle de Jean-Luc Mélenchon. Ma position,
je suis ici en train de vous parler et de vous dire qu'il y a aujourd'hui un parti qui se présentait comme le barrage contre l'extrême droite et qu'il a failli. Quand j'entends maintenant Éric Dupond-Moretti expliquer qu'il faut aller chercher les voix de l'extrême droite au Parlement. Une députée LRM hier qui, elle aussi, considère tout à fait normal d'aller draguer les voix du RN. Quand je vois que sur la commission des finances, pardon Marc-Novel, mais sur la commission des finances, vous avez un ministre hier qui explique qu'il aurait finalement une préférence pour l'extrême droite à la tête de la commission des finances plutôt que quelqu'un qui serait issu de la NUP.
Je m'insurge parce qu'aujourd'hui il y a une évidence que la tradition républicaine c'est de faire en sorte que le parti ou la coalition qui est arrivée en tête récupère la commission des finances. La réalité c'est que normalement la majorité même relative s'abstient, elle ne participe pas au vote et elle laisse les oppositions se débrouiller. Si c'est le cas, nous sommes majoritaires à la commission des finances dans les oppositions et donc ce sera quelqu'un de la NUPES qui sera président de la commission des finances.
S'ils ne l'admettent pas, c'est qu'ils veulent effectivement marquer leurs préférences pour l'extrême droite parce qu'ils trouvent que c'est un adversaire commode et que c'est finalement la meilleure opposition pour eux, le meilleur ennemi.
Olivier Faure, vous nous dites, on entend vos critiques sur, il est hors de question d'aller chercher les voix des électeurs du Rassemblement National, les fâchés, pas fâchaux, l'argument de Jean-Luc Mélenchon pendant des mois et des mois. Il faut aller les chercher les fâchés, les électeurs de Marine Le Pen, fâchés, pas fâchaux.
Ce sont aussi des électeurs de Marine Le Pen. On ne parle pas de la même chose. Quand Jean-Luc Mélenchon en l'occurrence parle des fâchés, pas fâchaux, il parle des électeurs. Là, moi, je vous parle de responsables politiques de la République en marche, de ministres qui ne parlent pas des électeurs qu'il faudrait ramener dans le camp républicain. Il vous parle des élus de l'extrême droite. C'est quand même un autre... Pardon, c'est pas la même chose. On ne parle pas de gens qui sont simplement...
C'était un peu plus complexe. Il disait qu'il va falloir travailler dans l'intérêt des Français et donc pouvoir travailler aussi avec les élus du Rassemblement National. C'était un peu plus complexe plutôt que le blocage et essayer de travailler ensemble. C'est ça.
En fait, le sens de sa phrase. Est-ce que vous pensez qu'il y a une majorité possible avec l'extrême droite ? Est-ce que vraiment ces gens-là pensent ce qu'ils disent ? Il y a quelques temps, ils expliquaient que c'était l'anti-république. J'ai bien compris qu'ils avaient changé complètement d'avis. que maintenant, les antirépublicains se situaient à gauche.
Mais par quelle inversion de sens, même quelle faute historique que de laisser penser que l'extrême droite dont toute l'histoire est contre la République et qui même encore aujourd'hui plaide la discrimination, plaide la préférence nationale est une gauche qui peut être contestée, bien sûr, dans ce qu'elle pose, mais qui est une gauche qui est humaniste, qui est écologiste, qui cherche au contraire à faire vivre les valeurs de la République. Donc, comment peut-on arriver à ce degré de confusion où on laisse penser que les uns et les autres s'équivalent ? Enfin, franchement, qui sont-ils ? Comment peuvent-ils en être arrivés là ? Dans quelles dérives sont-ils entrés ?
Il y a un moment où il faut quand même remettre les pendules à l'heure et pour l'instant, le problème, c'est que le maître des horloges devrait les remettre tout de suite à l'heure.
Merci à vous, Olivier Faure. Rendez-vous à l'Elysée tout à l'heure, pas pour moi, pour vous, avec Emmanuel Macron. C'est pas 11h, non, non, surtout pas. Vous y croiserez peut-être à la sortie Christian Jacob, le président des Républicains qui sera reçu une heure avant vous. Merci, bonne journée à vous.
Merci à vous.
Olivier Faure