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interviewSkyrock PLM· 22 décembre 2025 25 min

Alice RUFO : Service national volontaire, Ukraine, anecdotes...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous, bienvenue sur Skyrock pour les militaires, la première radio pour les militaires et pour tous. Aujourd'hui, c'est un honneur. On va recevoir madame Alice RUFO, ministre déléguée auprès de madame la ministre des armées des anciens combattants.

Bonjour madame la ministre. Bonjour. Bienvenue à Skyrock PLM.

Première fois. Ouais, je suis hyper fier. mais hyper fier également de de vous recevoir ici.

Surtout qu'on a beaucoup de choses à vous dire, beaucoup de questions à vous poser. On va pouvoir faire un tour d'horizon pour informer toutes celles et ceux qui nous écoutent, qui soient déjà dans l'institution ou ceux qui se posent encore des questions avant de franchir le pas de l'engagement euh pour la France. Alors nous ce qu'on fait quand on a des invités, c'est qu'on fait un petit peu le CV.

On va dérouler le CV et le vôtre est quand même très très impressionnant. Vous me dites évidemment s'il y a des bêtises dans dans ce que je vais raconter. Vous avez d'abord intégré l'École normale supérieure à Paris, prestigieuse école d'enseignement supérieure rue d'Ulm en 2001, puis diplômé de l'Institut d'études politique de Paris et de l'université Paris Panthéon Sorbone.

Ça c'était en 2004. On fait un petit bon dans le temps. Vous poursuivez avec l'École nationale d'administration, c'était en 2010.

Vous débutez ensuite votre carrière au ministère des affaires étrangères avant de rejoindre le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale en 2011. Vous êtes rapporteur sur la mission d'actualisation du livre blanc sur la sécurité et la défense nationale. Pour le moment, j'ai tout bon.

Tout bon. Après un retour à la direction des affaires stratégiques du ministère des affaires étrangères, vous rejoignez dès 2012 la présidence de la République en qualité de conseillère technique pour les affaires stratégiques et l'Asie-Pacifique, puis conseillère chargé des sommets internationaux. des Amériques et de l'Asie- Pacifique.

Puis c'est la Cour des comptes hein où vous êtes ensuite nommé conseillère référendaire avant d'être rappelé au pôle Diplomatique de l'Elysée en 2017. Vous êtes nommé conseillère diplomatique adjointe en 2019 et en charge des affaires stratégiques et du désarmement en 2020. En 2022, vous êtes nommé directrice générale des relations internationales et la stratégie du ministère des armées.

Et puis depuis le 12 octobre 2025, vous êtes nommé par le président de la République, ministre délégué auprès de la ministre des armées et des anciens combattants. C'est tout bon. Ça m'a fatigué rien que de l'entendre.

Et le parcours, c'est vrai qu'il est impressionnant et puis surtout il y a des mots clés qui reviennent qui sont évidents pour nous, c'est évidemment les relations internationales et la défense. Voilà, experte au bon endroit un peu à chaque à chaque moment. Oui, ben j'ai grandi avec avec l'état-major particulier de de l'Élysée parce que comme vous l'avez cité, je suis arrivée assez tôt en fait dans ma carrière à l'Élysé.

C'est un endroit où vraiment les diplomates travaillent avec les militaires parce que vous avez l'état major particulier du président de la République. Donc j'ai jamais au fond dissocié euh les deux de la diplomatie du monde militaire et je pense que ça c'est un élément de cohérence. Oui.

Dans le parcours. Et quand on regarde le parcours, ça a l'air assez fluide, ça a l'air facile. Est-ce que ça l'était ?

Non, ça l'était pas du tout. Qu'est-ce qui était le plus difficile dans dans ce parcours quand quand on quand on relit tout ça, quand on entend tout ça ? Non, mais c'est Non, mais c'est pas difficile, c'est un parcours qui a été très intéressant et passionnant mais j'ai énormément travaillé en fait et puis c'est pas ça a l'air très cohérent comme ça, mais quand on le vit, je vous assure que c'est plutôt une succession de crise en fait.

C'est vrai. Succession de crise, oui, parce que là où j'étais, objectivement le monde, j'ai vu le monde basculer modestement à ma place, mais enfin j'ai vu le monde basculer quand j'étais petite et que j'ai commencé ma carrière, on négociait encore des grands accords internationaux. Ouais. euh sur le nucléaire iranien, sur le climat et cetera.

J'ai aussi vu tout ça se défaire euh et nous tenir bon pour essayer de reconstruire quelque chose. Mais c'est ça qui est c'est très chahuté pas simplement au plan personnel mais au plan international et dans la et dans la vie politique euh de la nation. Et la rigueur que vous êtes imposé, vous l'avez retrouvé au sein du ministère des armées pendant pendant tout ce parcours ?

Oui, mais j'ai aussi retrouvé une part de liberté au ministère des armées que je me suis pas imposée mais que j'avais et à laquelle je tenais. C'est peut-être un peu paradoxal, mais il y a beaucoup de rigueurs. Je crois que cette rigueur au ministère des armées permet justement la liberté.

Quand vous parlez de liberté, si on peut rentrer un peu dans le détail de à quoi vous pensez précisément, la liberté de pouvoir réfléchir, de pouvoir s'engager, de pouvoir être ce qu'on est aussi. OK. Honnêtement, moi c'est ce que j'ai vécu au ministère des armées.

J'imagine qu'on qu'on y reviendra. Mais mais comme c'est un univers assez rigoureux effectivement et assez normé, au fond, il y a beaucoup de respect pour les uns et pour les autres. Donc c'est un endroit où vous avez le droit d'avoir des idées à partir de les exprimer à partir du moment où une fois qu'on a bien discuté dans une pièce et puis que on y va, qu'on a décidé ensemble, on y va vraiment.

OK. Euh et donc moi, j'ai trouvé qu'il y avait à la fois de la rigueur et aussi beaucoup de respect et de et de liberté au ministère des armées. Alors, je le disais hein, relation internationale, défense, ça revient.

Comment ça s'est fait ce choix précis sur dans dans ces domaines très particuliers d'aller vers les relations internationales ? Oui. Oui.

Bah peut-être parce que j'avais pas beaucoup voyagé quand j'étais petite. Oui. Je vais C'était le plus éloigné de de de ce que j'étais et de ce que j'avais fait.

OK. C'était très loin. C'était où il y avait un peu d'avant d'esprit d'aventure là-dedans.

D'accord. Donc l'envie d'aventure et de découvrir le monde aussi simplement. Voilà. l'Asie honnêtement avant de travailler dessus, je connaissais pas bien et donc ça m'a fait beaucoup voyager et oui plutôt aller dans des univers qui étaient pas forcément ceux dans lesquels j'avais évolué enfant.

Qu'est-ce qu'on apprend le plus de ces voyages ? que on regarde parfois le monde avec des yeux qui sont pas euh exactement réels. Et d'ailleurs, ça rejoint euh l'expérience des militaires.

Moi, j'ai autant appris en voyageant moi et en ayant une expérience diplomatique qu'en discutant avec des militaires qui avaient été en opération euh extérieure parce que l'approche du terrain et le contact aussi avec les pays sur place change quand même de l'appréciation que vous avez et que vous pouvez avoir depuis Paris. Nos auditeurs qui qui écoutent Skyrock PM mais qui nous regardent également sur la chaîne YouTube, quand ils ont des parcours comme le vôtre, ils se demandent est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est à leur portée ?

Est-ce que c'est possible d'avoir un parcours comme le vôtre ? Est-ce que Oui, c'est possible. Enfin, je crois moi j'ai enfin voilà, j'ai grandi à côté de Marseille, mes grands-parents vendaient sur le marché de Toulon.

Alors, c'était quand même pas très loin de de l'Arsenal. Donc, donc il y avait quand même un truc avec l'armée, j'ai qui était qui était pas loin. J'ai été dans des dans des écoles qui étaient pas spécifiquement proches de ces milieux-là et cetera.

Donc oui, c'est possible. C'est c'est difficile mais c'est possible. On parlait d'autres parcours où vous avez rencontré beaucoup de monde.

Est-ce que vous avez des anecdotes ? Une anecdote en tout cas lors de vos relations à l'internationales au sein du ministère des armées que vous pourrez partager avec nous aujourd'hui qui vous a particulièrement marqué un moment. Alors, je vais prendre une anecdote du ministère des armées.

Ouais. Alors, je me je me Bon, OK. Euh donc je m' je m'entends je me suis très très bien entendu lorsque j'étais directrice générale des relations internationales de la stratégie avec le le chef d'étatmajor des armées d' ce qui est très important parce que il faut que la filière politique au fond du politico diplomatique du ministère s'entende bien avec l'étatmajor des armées.

Ça a pas forcément toujours été le cas mais on avait vraiment impulsé une dynamique pour que ce soit le cas et j'en suis très fier. Et ça fait la différence. Ah oui oui oui, je suis très reconnaissante à tirer au général Burhard qui était CEMA à l'époque s qu'on a reçu voilà de de m'avoir permis de faire ça et donc il m'emmenait beaucoup dans des dans des déplacements où habituellement il y avait pas la direction politique du ministère et et un jour c'était vraiment un alors je vais pas révéler de secret mais mais c'était un un déplacement sur une base militaire en Allemagne où il y avait vraiment que des chefs militaires.

J'étais la seule euh et donc c'était une atmosphère très militaire quoi. et et le le menu c'était euh donc des des chips et des pizzas en entrée. Euh ensuite au plat principal c'était il y avait des Américains dans la bouche.

C'était un burger et on dessert des cookies. Et évidemment moi j'avais pas exactement le le calibre pour manger tout ça mais Thierry Burhard m'avait demandé de bien vouloir me comporter comme les autres. Donc je pense que c'est le jour où j'ai le plus mangé de Ça c'est une sacrée anecdote.

Évidemment il y a il y a tout ce que vous faites qui est conséquent mais à côté de ça, je travaille pas un secret en disant que vous êtes marié, vous avez un enfant, vous avez le temps. Est-ce que vous avez même des passe-temps ? C'est la question que je vous posais une question plus personnelle.

Oui. Euh non, on peut vivre quand même. Ouais.

Ouais. Je crois que c'est très important. Après, j'ai une petite fille courageuse qui a compris euh qui qui est qui regarde ce que je fais, que j'ai associé à à ce que je fais, à qui j'ai expliqué.

Alors maintenant, par contre, elle a des avis géopolitiques sur le monde extrêmement tranché. Oui. Euh et d'ailleurs, elle a souvent raison.

Vra, elle a quel âge ? Elle a 10 ans. Elle a 10 ans.

Elle a déjà des avis géopolitiques. Oui. Très tranché.

Elle me fait derrière des conférences assez régulièrement et elle m'engueule si je vais pas dans la bonne direction. Vous arrivez simplement à lui expliquer votre votre métier, ce que vous ce que vous faites à votre Oui, j'arrive à lui expliquer mais je pense que enfin elle a 10 ans et et en fait elle a elle a vécu aussi comme comme sa génération hein dans un environnement quand même assez marqué par euh le retour de de menaces et cetera. Alors c'est un peu anxiogène, on va pas se mentir.

Moi comme maman, je me je me rends compte. Mais pour autant elle connaît, elle comprend. Elle était petite quand il y a eu la pandémie.

La guerre en Ukraine, elle en entendu parler forcément. Ah oui, et c'est une question que je voulais vous poser parce que il y a beaucoup de jeunes qui nous écoutent, mais il y aussi euh des parents ou des ou des des grands frères, des grands des grandes sœurs. Comment on explique simplement la guerre à un enfant à bas âge ?

Comment on lui comment on lui explique quel mot ? Je pense qu'il faut pas euh on faut pas transmettre nos nos angoisses d'adultes euh aux enfants quand on leur parle de ça, mais je pense qu'il faut le les leur dire tout simplement tranquillement la vérité. C'est c'est je vois beaucoup d'informations fausses par exemple sur la guerre en Ukraine.

Moi ce qui m'a beaucoup frappé au fond dans parce que forcément j'avais deux deux vies quoi. Ma vie officielle et puis ma vie de maman de parents d'élèves dans les dans les discussions avec les autres parents. C'est plus difficile d'embrouiller les enfants sur ce qui se passe.

Il voit bien qui est qui est gentil, qui est méchant, qui a des responsabilités et cetera. Ouais. Et je pense qu'au fond il faut il faut on dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants.

En tout cas moi ma fille s'est pas trompée sur sur l'analyse de qui était responsable de la guerre. Vous avez des passe-temps, on en parlait et je sais que vous aimez la Star Academy. C'est vrai ?

Ouais, j'avoue. Bon, alors on va taguer Nicos qui va sans doute regarder cette vidéo. Je suis très fan depuis toujours.

J'étais même allé dans la première saison ou la deou dans le public. D'accord. Vous regardez cette saison ?

Euh ouais. Ben oui. Vous avez des pronostics pour le le gagnant ou la gagnante ?

Mo j'ai pas suivi les derniers épisodes mais on y est allé pour le bleu et de France. D'ailleurs je remercie parce qu'ils ont le bleu pendant toute la soirée et donc j'étais j'étais dans la j'étais pour la team bleu mais je crois qu'ils ont ils ont perdu. Ils ont perdu en tout cas on suit la star acadée Nicos.

Je vais vous poser une question beaucoup se posent cette question depuis votre nomination. Comment vous travaillez avec madame Catherine Vrin qui donc je le rappelle ministre des armées et des anciens combattants. Vous êtes en langage militaire un peu dans un binôme ?

Comment se forme et comment se passe ce binôme ? C'est la première fois hein qu'il y a ce Ouais, c'est une Oui, c'est une qui qui est une ministre numéro 2 en fait dans le ministère. Avant, c'était plus sur certains secteurs.

Là, le choix a été différent et en fait ça s'explique. C'est très large portefeuille du ministère des armées. Vous avez à la fois de l'international, de l'Europe, du capacitaire, de l'industriel.

C'est la diversité des métiers au sein du ministère des armées se reflète dans la somme des responsabilités. Ouais. Y compris.

Et moi, je trouve que c'est un portefeuille clé. Le portefeuille qu'on disait avant, ancien combattant. Aujourd'hui, on appelle ça monte combattant.

Tout à fait. Euh et qui qui est extrêmement important, mais je m'en occupe beaucoup. J'étais encore, on y reviendra peut-être dans une maison Athos vendredi qui s'occupe justement de la blessure psychique des militaires.

Oui. Intéressant. Voilà.

Et euh donc c'est très large et au fond, il y a pas trop de de deux personnes quoi pour le faire. Et puis j'ajoute que la dimension internationale et européenne de l'action des armées et du de la politique de défense c'est quand même considérablement développé pour des raisons évidentes, c'est que la conflictualité a a évolué et que au fond on est moins malheureusement dans des négociations d'accord de paix euh que de de gestion de la conflictualité. Donc cette activité s'est beaucoup développée au ministère des armées et je pense que c'était cohérent de de permettre d'avoir un canal en appui à madame Votrin.

Maintenant, vous savez, moi la hiérarchie au ministère des armées, je l'ai apprise aussi. Donc, il y a pas de débat sur le fait d'être numéro 2. Elle décide, elle me délègue et je fais.

C'est très clair. Je rebondis sur ce que ce que vous évoquez parce qu'on a fait nous une émission où on parlait justement de ces blessures invisibles mais qui sont si importantes. C'est une cause nationale.

Un mot là-dessus. Oui, j'ai été c'est un des premiers déplacements que j'ai fait à la maison Athos de Bordeaux. Donc Athos pour du nom de d'un mousquetaire.

Oui, tout à fait. Euh c'est un dispositif qui a été créé par l'armée de terre euh sur une idée assez brillante qui était au fond, il faut accompagner cette blessure psychique et au-delà même du soin, aller vers la réhabilitation, le retour à une vie, à un travail et avoir cet accompagnement, cet ancrage qui permet au aux militaires qui ont été blessés, qui ont cette blessure invisible de de se sentir soutenu et accompagnés. Donc, j'y suis allée et j'ai rencontré les membres, on appelle ça les membres dans les maisons Athos et euh il y en a un qui m'a dit au fond euh nous ne sommes pas des des blessés de guerre, nous sommes des guerriers blessés.

Cette phrase m'a bouleversé parce que c'était exactement ça. C'est ce que j'ai revu en Alsace à Colmar en allant ouvrir, inaugurer une nouvelle maison Athos. c'est qu'au fond euh leur engagement reste entier bien sûr euh et ils ont besoin de cette reconnaissance, je crois qu'on leur doit, de la reconnaissance du fait que de leurs blessures, mais aussi la reconnaissance du fait qu'ils se sont battus pour nous et ça c'est très important aussi dans le chemin vers la réhabilitation et vers la reconstruction.

Elle est forte cette phrase, nous sommes dégués et blessés. Magnifique. On va profiter de votre expertise dans le domaine des relations internationales hein pour pour parler de de l'Ukraine.

Vous étiez en première ligne à l'Élysée lors de l'attaque de la Russie. C'était le 24 février 2022. Quelle est votre appréciation sur le sur le monde qui nous entoure et et les menaces qui pèsent sur la France ?

Parce qu'on en parle chaque jour. Bon, elle est pas terrible mon appréciation. Bon, il y a plusieurs types de menaces en fait.

Il y a eu une accélération considérable de la menace sur le flanc est, donc du fait de la Russie qui a, vous le citez ce jour-là, décidé de de violer la charte des Nations- Unies, d'envahir un pays souverain et de le faire, je le rappelle quand même, sous voute nucléaire avec cette menace nucléaire permanente qui qui est formulée de manière très explicite. Ou et en même temps, au même moment, au fond, la Russie a lancé une forme de guerre hybridée mondialisé. On l'a vu en Afrique, on l'a vu dans notre environnement immédiat, c'était pas qu'en Ukraine, on l'a vu dans le domaine informationnel aussi.

Vous savez, dans les jours qui ont suivi en B dans dans les semaines qui ont suivi cette cette attaque, on Moi, je suis allée en Afrique par exemple et j'entendais euh qu'au fond les difficultés qui pouvaient y avoir qui étaient réelles, hein, sur le plan de l'approvisionnement blé par exemple étaient au fond lié aux Européens. C'était la faute de l'OTAN, c'était la faute des Européens. C'est tout le narratif qui été développé par c'était un narratif qui était préparé.

C'était complètement faux. C'était la faute de la guerre. nousé qui av des dispositions pour que justement il y ait pas de rupture d'approvisionnement mais ce narratif accompagnait les forts de guerre russe.

Donc tout de suite en fait même si nous dans nos sociétés c'est difficile de comprendre ça de comprendre qu'une guerre hybride à ce point mais quand même c'était des c'était là dès le départ il y avait eu aussi une attaque hybride à la frontière de la Pologne en utilisant des migrants. Donc c'était c'était complètement hybridé dès le départ hybridisé, je sais pas comment on dit mais enfin bref c'était c'était voilà c'était dans tous les champs en fait et et au fond donc il y a cette menace qui est qui est qui nous touche. On voit bien que en France on est ciblé on est ciblé dans le domaine informationnel, on est ciblé dans le domaine cyber, on est ciblé sur les divisions de notre société pour faire ce qui s'est passé avec les mosquées et les synagogues.

Donc j'ai même l'impression qu'elle est autant autant difficile à gérer sur le plan de la communication que Oui. Oui. C'est une guerre informationnelle vraiment.

Ouais. Ouais. Alors, on a fait des progrès, hein.

Oui. Euh mais mais c'est très compliqué parce qu'en fait, on est des démocraties. Quand on est une démocratie, on est très attaché à liber à la liberté, moi je pense pas du tout que ce soit une faiblesse.

C'est une très grande force à condition qu'il y ait pas de naïveté et à condition qu'on soit capable de se battre pour garder un certain rapport à la vérité. Euh je je pense que c'est ça l'enjeu majeur de qui est devant nous. C'est-à-dire que il faut pouvoir faire en sorte que le débat libre, parfois dur parce que c'est ça notre force.

Dans une société comme la Russie ou d'autres, vous ne pouvez pas dialoguer. Vous vous n'avez pas de débat. l'espace public est fermé, il est clos mais nous c'est notre force et donc il faut mettre en place des des anticorps en fait qui permettent au débat libre de se de se déployer.

Et donc ça implique quand même de lutter contre la désinformation, ça implique de dire la vérité surtout il faut il faut tenir bon même si on nous accuse de mentir et cetera, il faut tenir bon parce que le rapport à la vérité c'est ce qui permet la liberté du débat. C'est ce qu'on essaie de faire en tout cas en vous recevo aussi là sur Skyrock PLM. Vous avez l'impression que les citoyens justement ont le ont le bon récit, sont assez justes sur ce qui se passe en général en France, vous le sentez ?

Je pense en tout cas qu'il y a une très grande volonté de s'informer et c'est surtout vrai dans les jeunes générations. Moi, c'est ce que je vois quand je vais dans des classes aussi de lycée, j'ai des débats avec des avec les professeurs qui accompagnent ce besoin d'information, de décryptage, de compréhension du monde. Je je crois qu'il faut s'appuyer là-dessus.

C'est c'est notre grande force. Il faut y répondre à cette demande de savoir, de comprendre. J'aimerais qu'on parle un petit peu d'innovation et de technologie au sein des armées.

Est-ce que c'est justement une des solutions pour euh pour garder l'ascendant face au compétiteurs ? En tout cas, une des solutions. Oui, je pense que c'est la grande force de l'Europe.

Euh ouais. Ouais. On a une supériorité technologique qui est maintenue.

Faut la faut la garder. C'est une c'est un combat hein. Euh et évidemment, on voit bien que si on parle de la guerre en Ukraine, c'est une guerre d'attrition avec de la masse.

Voilà. Euh, il nous en faut nous aussi de l'épaisseur, hein. Euh, et de la M, je pense que les chefs d'étatmajeurs d'armée qui sont venus ici vous vous l'ont dit.

Oui, mais et mais il faut aussi garder cette cohérence entre la masse et l'innovation et l'agileté parce que notre force, notre supériorité technologique, c'est ça qui nous permet de de garder l'ascendant. Quel est justement, puisqu'on parle d'innovation et de technologie, le rôle et la place de la BITD ? Ah bah, il est très important. que il a un rôle très important en Europe.

Oui. Euh en en France, on a une BITD qui est très autonome par rapport à à d'autres pays. On a une BITD qui est très innovante, qui permet aussi énormément d'emplois, à peu près 220000 avec plus de 4000 PMETI parce qu'on parle souvent des très grosses boîtes de la BITD qui sont évidemment nos interlocuteurs naturels.

Mais il y a beaucoup de PMETI dans les tissus locaux qu'on voit et et qu'on voit quand on se déplace sur le terrain et que moi je vois et qui sont souvent très au contact des forces. Et donc je me suis déplacée à Toulon dans les forces et puis aussi en Alsace récemment et c'est très intéressant de voir le mouvement qui est en train d'avoir lieu où au fond les forces qui ont besoin d'innover au plus près du terrain, au plus près de la situation de combat et d'entraînement en fait vont aller vers des des entreprises très locales, des petites start-up locales et cetera avec beaucoup d'engagement de jeunes d'ailleurs de dans ces start-ups qui en fait travaillent sur des domaines qui sont des domaines duo à la fois civils et militaires pour réfléchir à comment on met de l'innovation sur un drone, comment on fait pour avoir un meilleur renseignement et cetera. Je pense que c'est à la fois très intéressant pour les jeunes qui bossent dans ces boîtes et c'est à la fois hyper important pour nos armées.

Un mot sur l'OTAN avec qui on on collabore notamment encore plus concrètement en Roumanie et dans les dans les pays baltes. Qu'est-ce qu'on peut dire ? Bah nous on a pris notre part quand même très forte.

On est très présent dans l'OTAN. On voit bien qu'il y a quelques euh incertitudes dans la relation transatlantique. Pour autant je pense qu'il faut tenir bon.

Ça fait plusieurs années que on dit nous que il faut soit alors on peut l'appeler la souveraineté européenne ou bien le pilier européen de l'OTAN. C'est un peu la même chose. C'est un peu le même mouvement.

C'est en fait on prend nos propres responsabilités pour notre sécurité et donc ce qu'on a fait en Roumanie, ce qu'on fait dans les pays baltes et puis aussi la manière qu'on a de répondre de manière très solidaire avec nos partenaires lorsque par ailleurs par exemple il y a des attaques hybrides ou pas en Pologne, en Belgique, en Estonie. On est là. Cette solidarité, elle est elle est très importante et j'ajoute qu'elle est réciproque.

Je propose madame la ministre d'aborder un un thème qui qui pour nous PLM doit vraiment nous tenir à cœur et tenir à cœur cux qui nous écoutent, c'est la jeunesse et son engagement tout simplement pour notre pays. Vous la voyez comment euh notre jeunèse ? Est-ce que vous la sentez euh prête à s'engager pour défendre finalement notre liberté ?

Est-ce que vous sentez ce pou ? Oui. Alors moi, j'ai beaucoup de confiance en cette génération vraiment et je trouve que c'est un élément, vous savez, il y a une jeunesse sacrifiée en Russie pour le coup en ce moment. la nôtre, la nôtre non, elle a un bel avenir devant elle et cet avenir, je pense que c'est un avenir d'engagement et je trouve que à chaque fois que au fond, on peut se désespérer de l'état du monde, il suffit d'aller parler sur le terrain soit avec des jeunes militaires parce que nos militaires sont jeunes, plus jeunes parfois que dans les Moi, j'ai c'est ça qui m'a beaucoup frappé aussi quand je suis arrivée au ministère des armées, c'est l'extrême jeunesse de mes équipes.

Euh et c'était passionnant d'avoir ce ce dialogue entre générations qu'on a pas forcément ailleurs d'ailleurs dans d'autres dans d'autres milieux. Et et donc j'ai vu cet engagement, j'ai vu cette capacité à dire mais nous on doit on doit défendre ce qu'on est, on veut défendre cette liberté dans laquelle on est né et qu'on veut garder. Donc oui, je j'en je suis convaincu de cet engagement et et extrêmement confiante.

Je pense que c'est un atout majeur. Est-ce que si on est un peu dans le détail, cet engagement, il peut aller jusqu'où ? Si la menace, elle devient à son paroxisme, elle serait à son paroxisme.

L'engagement déjà, il peut prendre différentes formes. Il peut y avoir l'engagement militaire, il peut y en avoir d'autres. Il peut y avoir la réserve, il peut y avoir mais tout simplement aussi, je veux dire, c'est pas parce que vous êtes militaire que vous défendez le pays, il y a aussi d'autres formes d'engagement qui permettent de défendre le pays.

Mais il y a aussi l'engagement militaire. Il est il est clair et c'est aussi pour ça qu'on a une dette envers nos militaires une fois qu'ils ont quitté le service actif, c'est que ils se sont engagés à l'hypothèse du sacrifice ultime. C'est c'est comme ça.

Ça fait partie de de l'engagement militaire. Et donc je je je crois qu'il faut le reconnaître. On a des je rappelle toujours dans les débats qu'on a pu avoir quand le le chef d'état majeur des armées a été attaqué pour ses propos.

Nos militaires sont jeunes. On a des des des jeunes militaires qui qui paient de leur vie leur engagement sur le terrain et il faut leur rendre hommage, il faut leur rendre honneur. Euh maintenant je pense que l'engagement dans le service national il sera il sera très important sur le territoire national.

Et là, je je veux le préciser, c'est sur le territoire national qu'il faudra s'engager dans un cadre qui sera très militaire, qui sera un cadre vraiment des armées. Parce que l'idée de ce service national, on va y revenir, j'imagine, c'est c'est que ce soit utile aux armées. D'accord.

Alors, je mets les pieds un peu dans le plat, mais est-ce qu'il il va falloir regarder les choses en face par rapport à ce qu'on vient d'évoquer, les les la menace russe et faire preuve de courage face aux situations qu'on pourrait rencontrer prochainement. Est-ce que Est-ce qu'on a le droit de s'inquiéter ? Oui, mais s'inquiéter c'est pas un métier.

Euh ce qu'il faut, c'est euh c'est avancer, c'est essayer de de construire. Donc moi, je suis assez convaincu qu'on a tout à fait les capacité. Bon, vous savez que la revue nationale stratégique anticipe un scénario dans lequel voilà dont dont tu as parlé aussi qui est qui est un scénario à horizon de 3 4 ans dans lequel on pourrait être testé.

Le fait est que je pense qu'on a tout à fait les moyens d'être suffisamment fort, d'être suffisamment dissuasif pour éviter qu'un tel scénario se produise. Et ça ça se construit au jour le jour. euh maintenant et donc il faut pas il faut pas s'inquiéter, on est fort, l'Europe est forte, on a on a on a une supériorité technologique, on a une jeunesse engagée, on a une des armées extrêmement robustes.

On est fort, on peut dissuader et on peut éviter euh que nos intérêts de sécurité soient soient soient menacés. Merci pour toutes ces précisions. On va terminer l'entretien déjà très riche avec justement le service national volontaire.

On va en parler. Qu'est-ce qu'il doit représenter concrètement pour les jeunes ? Pour celles et ceux qui sont en train de nous écouter je pense que c'est un c'est une chance et un engagement.

Ouais. Euh une chance parce que euh je pense que cette expérience-là, ce celle que feront les jeunes qui s'engageront sur une base volontaire dans le service national, elle sera inoubliable. Elle sera inoubliable et elle sera elle sera elle sera extrêmement elle permettra de construire leur avenir quel que soit le choix qu'ils feront ensuite.

Soit l'engagement euh militaire dans nos forces, soit un autre. De toute façon, ça sera très important. ils l'oublieront jamais et ça marquera la totalité de leur parcours et j'ajoute que ça comptera dans leur parcours.

C'est quelque chose qu'on a voulu vraiment ancrer. D'abord, il y aura ils seront rémunérés et puis ensuite ça contrat pour leur avenir, pour leur ce qu'ils feront après dans Parcours sup et aussi dans le fait que que ça doit être une compétence en plus, un atout en plus pour leur futur. Et donc ça, je suis sûr que ce sera très important.

J'ajoute que ce sera un peu sélectif. Faudra aller les faudra faudra y aller, faudra défendre sa place parce que pourquoi ? parce que on prend très au sérieux cet engagement.

On prend très au sérieux parce qu'on veut qu'il soit utile à nos armées. On a reçu plein de questions justement. Je rebondis.

Vous avez parlé de rémunération donc on sera rémunéré. Ouais. 800 € 800 € on pourra choisir une armée, un métier.

Est-ce que ça sera un métier militaire ou ça sera possible d'être boulanger ou cuisinier par exemple pendant 6 8 mois ? Alors ce sera militaire. Après, il y a beaucoup de métiers dans les armées.

D'accord. Oui, ça on sait. Ouais.

Je je Ça dépendra des besoins. Ça dépendra des besoins. D'accord.

Est-ce que le les weekends seront libres ou il faudra prévoir des permanences ? C'est vraiment des questions qu'on a reçu. Ah, il y a un petit engagement quand même.

Ouais. Pas est-ce qu'on pourra avoir des formations qualifiantes comme le permis de conduire ? Je pense oui.

Tout ça doit être doit être doit être favorisé. Ouais. Je pense que c'est une année utile.

C'est une année de saisure mais c'est une année utile dans le parcours des jeunes. D'accord. Qu'est-ce qu'on a eu d'autre comme question ?

Dans quoi ça ? On sait comment il sera valorisé ? Vous nous avez dit un jeune par exemple parfaitement prêt pour remplir d'émission dans le domaine du cyber.

Il faudra tout de même qu'il fasse des sorties terrain ou des activités physiques euh importantes, même si par exemple il est en surpoids, c'est une vraie question qu'on a reçu. Oui. Ouais, c'est possible.

Je pense qu'il y a il y a savez, enfin pardon hein, moi je je suis pas en surpoids, mais par contre j'ai appris à faire du sport aux armées, c'est important. Et donc en fait et et c'est c'est ça fait partie aussi ça aussi, vous voyez quand on connaît pas le monde militaire et qu'on arrive, cette facilité du rapport au sport qui est dans tous les éléments du monde militaire. Vous savez par exemple là je parlais des blessés euh la reconstruction par le sport dans les armées, c'est-à-dire quand vous avez des blessés qui soient psychiques ou non, ça donne des champions.

Euh regardez les JO. Tout à fait. Nos champions sont largement des anciens militaires, y compris dans le paralympique.

Donc vous avez vous avez vous avez ce rapport au sport qui est qui est qui est qui est important pour le reste de la société. Ouais. Vous avez répondu à beaucoup de nos questions.

Je voulais vraiment vous remercier pour votre première visite et pas la dernière parce qu' vous avez passé un bon moment. Ouais bon. Merci beaucoup. vous avez permis de de bien connaître le ministère, votre parcours, l'ensemble du personnel civil et militaire notamment auprès de la nouvelle génération.

Merci beaucoup madame la ministre. Merci à vous. Ah.