Face à Philippe de Villiers (Émission du 12/06/2026)
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe Devilliers. Cher Philippe, bonsoir. Bonsoir Elliot, bonsoir Geoffroy. Geoffroy Lejeune est avec nous bien sûr, cher Geoffroy, bonsoir. Bonsoir. Je le dis aux téléspectateurs Philippe Devilliers, déjà c'est un plaisir de vous retrouver comme chaque vendredi, mais j'invite les téléspectateurs à rester jusqu'à la fin de l'émission, puisque vous avez vécu une semaine où vous avez été diffamé, et vous allez répondre à ceux qui vous ont accusé de tous les mots cette semaine. Oui. Oui ?
Si je voulais vous dire, au nom de téléspectatrice qui nous regarde, on va peut-être remonter un peu votre cravate. Ah, écoutez bien sûr, je le fais de la vie. Vous n'avez pas quelqu'un dans votre environnement qui pourrait vous donner un conseil ?
Alors, sachez que je ne regarde jamais mon téléphone dans cette émission, pour rester évidemment très attentif aux déclarations que vous allez faire dans quelques instants, cher Philippe Devilliers, mais je vais faire attention à ma cravate. Un peu de sourire, ça fait du bien. Je ne laisse rien passer, comme vous pouvez le constater. Vous êtes toujours chirurgical. Donc vous allez voir la suite. Vous êtes chirurgical, docteur Devilliers. Philippe Devilliers, revenons à l'actualité qui est malheureusement une actualité dramatique.
Les obsèques de Liana, collégienne de 11 ans, retrouvées mortes le 4 juillet dans le Gers, se sont déroulées ce vendredi dans le cittier de Florence, la ville où elle était scolarisée, avec plusieurs centaines de personnes qui se sont regroupées ensuite devant un pupitre et un portrait de la petite fille. Au balcon de la mairie de Florence, les drapeaux étaient en berne vendredi matin. Cette semaine aura été celle d'un contraste saisissant. Un état en capilotade et le peuple dans la rue, après le drame de la petite Liana. Un gouvernement empêtré, vous le voyez à l'image, dans les marches blanches. Les mobilisations, la colère des Français dans près de 200 villes. Partout, la colère montait.
La situation semble chaotique et même inaudite. Je vous propose d'écouter la colère des Français.
J'ai la colère contre ce monstre-là. Il ne mérite pas de vivre. Excusez-moi de dire ça, mais bon. Ma petite fille de 10 ans réveille beaucoup de choses en moi et beaucoup de colère par rapport à ce qui vient de se passer. Les excuses, ça fait 40 ans qu'on les subit. Donc maintenant, il faut que les gens, enfin, on ouvre les yeux et que chacun prenne ses responsabilités. C'est une honte, une honte. La justice est vraiment à la traîne. Je suis dégoûté par cette justice, complètement. Et ça prouve qu'on a soulevé un lièvre. Excusez-moi du terme, mais personne ne savait qu'il y avait 70 000 cas. Et là, on le découvre.
Et la déclaration du président de la République, on ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur et qui ne sont pas respectueuses, je crois.
Cher Philippe, le divorce entre la classe politique qui nous dirige et le peuple vous paraît-il irréversible aujourd'hui ?
Écoutez, il faut prendre de la hauteur pour être à la hauteur du drame, à la bonne hauteur. À la hauteur de la dignité, de la décence commune, du recueillement. Toutes ces marches blanches qui sont des processions sans transcendance et qui manifestent une désespérance d'un peuple qui se sent abandonné. Et en fait, à l'instant, on vient de voir la phrase du président de la République, le chef des familles. On ne répond pas, a-t-il dit, on ne répond pas à un drame avec des cris. Et moi, je lui réponds ceci. C'est dommage que vous ne soyez pas père de famille. Parce qu'une famille, parfois, c'est un drame. C'est un drame moral. Un cri. Un cri est nécessaire. Un cri est salutaire.
Un cri, quand il s'agit d'un cri de douleur, un cri d'appel. Un cri... Un cri d'appel au secours. Un cri de souffrance. Un cri de détresse. Un cri de désespérance. C'est le cri du peuple français. Et qu'un président de la République puisse répondre à ce cri qui vient du tréfonds de l'âme française avec une formule aussi maladroite. Je me dis, cet homme était fait pour être acteur il y a une erreur de casting. Il était fait pour brûler les planches. Pour le vaudeville. Corteline, mais par racine. Par la tragédie. L'histoire est une tragédie. Il n'est pas à sa place.
J'ajouterai d'ailleurs, pour expliquer le divorce entre le peuple et les élites, que les promesses d'Evanel Macron n'ont pas été tenues là comme sur les autres sujets. Il avait promis 15 000 places de prison. Il en faudrait aujourd'hui 40 000 pour être à 100 000. Il n'y en a que 63 000. Il en a créé 4 000. Donc la promesse n'a pas été tenue. Et surtout, je repense en cet instant, en écoutant votre question à l'instant, au garde des Sceaux qu'il a nommé, Madame Belloubet. Pendant le Covid, qu'est-ce qu'elle a fait ? Madame Belloubet, elle a libéré des milliers de prisonniers. Et ensuite, Dupont-Moretti. Dupont-Moretti, c'est lui qui a eu cette formule bien frappée.
La prison est l'école de la récidive. Voilà ce qu'a fait Emmanuel Macron. Aujourd'hui, l'État est un champ de ruines fumantes. Les murs porteurs se sont effondrés. Les comptes affichent la banque oute. Et l'ordre et la sécurité ne sont plus assurés. Ce qu'on entend partout, dans le Gers et chez moi, la France devient coupe-gorge. Les services publics sont en voie de trait de tiers-mondisation. L'hôpital ne soigne plus, entend-on. L'école ne transmet plus. La justice ne protège plus. Le travail ne paye plus, etc. etc. Rien ne fonctionne plus. Et puis, plus grave, la France est en péril de mort. Menacée de l'extérieur par la submersion, menacée de l'intérieur par l'implosion morale.
On disait jadis que la France, c'était à la fois un précaré et un creuset. Le précaré de Vauban, le précaré des forteresses dont les images se trouvent invalides avec les plans-reliefs. Un pays qui a besoin de se protéger parce qu'il n'y a pas de frontières naturelles. Avec des frontières physiques et qu'il n'y en a plus. Un pays qui perd ses compteurs et ses contours disparaît. Et puis, le creuset, le creuset de l'assimilation, c'est le code civil, l'assimilation de celui qui vient, de celui qui désire nous rejoindre. L'assimilation est morte. Ou plutôt, pire que ça, on vit l'assimilation à l'envers.
C'est-à-dire qu'au lieu d'agréger ceux qui arrivent et qui voudraient nous rejoindre, la société française se désagrège. Et puis, il y a la parole publique. On y revient. La parole publique qui n'est plus crue, qui n'est plus entendue, qui n'est plus écoutée. Deux phrases cette semaine qu'il faut rapporter à nouveau en cet instant. La première de Nunez, le ministre de l'Intérieur, qui ose dire, souvenez-vous, au soir de la Ligue des Champions, « Tout est sous contrôle ». Cette phrase, elle est historique. « Tout est sous contrôle ». C'est le que d'eau, que d'eau de Mac Mahon. « Tout est sous contrôle », alors qu'il y a 292 policiers et gendarmes qui ont été blessés, qui sont à l'hôpital.
Et la phrase d'Emmanuel Macron, devant le président du ministre, le président ministre de Qatar, et le propriétaire du Paris Saint-Germain, « Dans la même situation, sur le même podium à l'Elysée, on sera intraitable ». Vous vous souvenez ? Et donc, une espèce de psytacisme présidentiel, d'une année sur l'autre, « On sera intraitable, on sera intraitable, on sera intraitable ». Mais, tout le monde rit sous cap. « On sera intraitable ». De même qu'il avait dit à Louis Dragnel, un jour, en 2020, « Dans un an, 100% des EQTF seront renvoyés chez eux ». Alors, le divorce entre la classe politique, la classe dirigeante et le peuple, il est consommé.
La classe dirigeante fait croire au peuple, depuis longtemps, et encore aujourd'hui davantage. qu'elle a le pouvoir, alors qu'elle a transféré le pouvoir. Elle a transféré la potestas à Bruxelles, elle a transféré l'autoritas dans les cours suprêmes. Elle n'a plus le pouvoir. Et le peuple s'en aperçoit. Et donc, le peuple n'écoute plus la classe dirigeante. La classe dirigeante, elle a fait croire au peuple, pendant longtemps et encore aujourd'hui, qu'elle a la main ferme sur la main de justice. Et le peuple a vu ce qui s'est passé pour Lola, ce qui s'est passé pour Philippine, pour Thomas, les EQTF.
Le peuple, il voit qu'à Béziers, si le maire, si la jurisprudence ne change pas, le maire va être mis en prison, ou en tout cas rendu inéligible. Le maire de Béziers, qui est un homme remarquable, Robert Ménard, parce que personne n'a rien fait, parce que l'État ne fait rien, parce que les pouvoirs publics ne font rien. Et de toute façon, ce sont les innocents qui payent pour la faute politique majeure qui est l'abandon d'un peuple. La classe dirigeante est fait croire, en ce moment, qu'elle est en train de redresser les comptes, alors que le peuple voit bien que nous sommes sous la ligne de flottaison du Titanic.
Et puis surtout, en ce moment, cette circonstance, la classe dirigeante derrière Emmanuel Macron, elle fait croire au peuple qu'elle se préoccupe de la menace existentielle. Ah bon ? La menace existentielle, c'est l'islamisme galopant, l'islamisme militant, l'islamisation de la France, de tous nos quartiers, tout le monde le voit. Non, c'est pas ça. Pour Macron et pour la classe dirigeante. Pour la classe dirigeante et pour Macron, la menace existentielle, c'est la Russie. Et donc, il faut faire la guerre.
Et donc, pendant que les Français galèrent sous l'inflation, sous la misère, qui n'ont pas de quoi remplir leur réservoir d'essence, Macron nous dit, on va aller faire la guerre avec un 14 juillet préparatoire, qui sera la transformation des Champs-Élysées en champ de bataille. Macron veut la guerre. Il faut que les Français le sachent. Il veut nous emmener à la guerre. Mais c'est pas la bonne guerre. La Russie n'est pas une menace existentielle. Quoi qu'on pense par ailleurs. La vraie menace existentielle, je le dis ici, à chaque fois, dans chaque émission, la menace existentielle, c'est le changement de peuplement et l'islamisation de la France.
Et donc, je dis, ce soir, il y a une erreur de casting. Emmanuel Macron était un acteur. Il était fait pour les planches. C'est ce que m'a dit un jour Brigitte, dans une confidence. Il était fait pour les planches. Elle m'a même dit, il brûle les planches. Elle parlait du Touquet quand il jouait Courteline, quand il jouait le Vaudville. Le problème, c'est que l'histoire, c'est pas le Vaudville. C'est plutôt Racine ou Corneille. C'est la tragédie et l'honneur. Et là, on n'est pas dans le bon casting.
Revenons aux conséquences politiques après la disparition de Liana. La classe politique a parlé de dysfonctionnement, propose une noria de réformes. Est-ce que cela vous paraît suffisant, Philippe Devilliers, et faut-il aller plus loin en mettant en œuvre une véritable révolution pénale ? Est-ce qu'il faut une révolution pénale, Philippe ?
Alors, il faut une révolution pénale. Qu'est-ce que ça veut dire ? Oui, il faut une révolution pénale parce qu'aujourd'hui, la justice est à l'envers. Il faut la remettre à l'endroit. Et pour la remettre à l'endroit, je résumerai en quelques mots. C'est la question de la peine. Alors, aujourd'hui, la justice est à l'envers parce qu'elle repose sur l'excuse absolutoire. L'excuse absolutoire, ça veut dire que ce n'est pas le coupable qui est coupable, c'est la société. Donc, on trouve des excuses au coupable. Et puis, le deuxième principe, qui est là aussi une inversion, c'est l'accusation, l'inversion accusatoire.
C'est-à-dire qu'en fait, quand on regarde bien, si on écoute la gauche judiciaire et toute l'idéologie judiciaire, ce n'est pas vraiment le coupable qui est vraiment coupable, c'est la victime. Si on cherche bien. Et donc, vous allez voir, tout le système est établi sur ces deux principes. l'inversion victimaire et l'excuse absolutoire. Alors, il faut premièrement rétablir les peines minimales pour qu'il y ait un bornage vers le haut et un bornage vers le bas. C'est ce que dit très bien l'Institut pour la justice dont vous recevez parfois le président remarquable, Pierre-Marie Sèvres.
Bornage vers le bas, c'est-à-dire qu'il faut enserrer les juges et les obliger à prononcer des peines de prison qui sont des peines probatoires et dissuasives. Ensuite, sur la question de la peine, il faut supprimer le juge de l'application des peines. Pourquoi ? C'est un sujet qu'on n'aborde jamais mais il est essentiel parce que le juge de l'application des peines peut chaque année remettre la moitié de la peine. C'est un deuxième procès dans le procès et à ce deuxième procès la victime n'est pas présente. Vous voyez ce que je disais de telle heure sur la version victimaire. Là, il n'y a que le coupable, il n'y a pas la victime. Donc, il faut supprimer le juge de l'application des peines.
Si tu prends 10 ans, tu prends 10 ans, tu fais 10 ans. Ensuite, il y a la question de la peine incompressible. Vous voyez, par exemple, Benkired, Dalia Benkired a été condamnée à 30 ans. Non, une peine incompressible qui a assassiné Lola. Mais on sait déjà qu'au bout de 30 ans, il y aura des experts, des psychiatres et elle sortira. Non, incompressible, la peine incompressible, la peine perpétuelle doit être perpétuelle. Les mots ont un sens. Ensuite, il va falloir rouvrir le débat sur la peine de mort. Tout le monde se pâme devant Badinter, panthéonisé. Badinter, c'est l'homme qui a supprimé la peine de mort pour les coupables, mais pas pour les victimes.
Toutes ces marches blanches en témoignent. Badinter, c'est l'homme qui, dans le même temps, a libéré des milliers de prisonniers en 1981 quand il est arrivé. Et c'est l'homme qui a fait du Conseil constitutionnel une instance d'empêchement pour la loi française, la loi du peuple. Enfin, je dirais ceci, il faut 40 000 places de prison supplémentaires et libérer tout de suite, ça c'est à notre portée, 20 000 places de prison, tout de suite, en renvoyant chez eux les prisonniers étrangers. Il y en a 20 000. Qu'est-ce qu'ils font dans les prisons françaises ? Rien. Si on libère ces 20 000 places de prison, on pourra mettre les futurs manifestants de la Coupe du Monde qui vient.
Je fais une anticipation.
On poursuit la discussion autour de la justice. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui était l'invité de Pascal Praud cette semaine sur CNews, a constaté que son pouvoir sur la justice était très limité. Je vous propose de l'écouter.
Depuis 2013, notamment, et la loi dite au Bira, le ministre de la justice ne peut plus intervenir dans les affaires individuelles. Il ne peut dire que, généralement, voilà comment il faut organiser les choses. C'est un pouvoir très limité. Mais si, en plus, quand il dit que, généralement, voilà comment il faut organiser les choses, moi, j'ai dit, en un, le narcotrafic, en deux, les violences, les viols sur les femmes et les enfants. Mes deux priorités sont celles-là. Il n'y en a pas 158. Il y a des milliers de délits dans le code pénal.
Moi, j'ai dit, il n'y a que deux endroits où on devait particulièrement appuyer les choses si vous n'êtes pas suivi et, manifestement, là, je n'ai pas été suivi et qu'en plus, je n'ai pas le droit de sanctionner des magistrats qui ne suivent pas mes directions. En effet, se pose la question du pouvoir de mise à la justice.
Geoffroy, vous étiez sur le plateau, en plus.
Alors, je peux d'ailleurs expliquer la voix de Gérald Darmanin pour ceux qui ne l'ont pas vu en direct. Il a eu une extinction de voix une heure avant le plateau. Il buvait du miel pour essayer de parler et, sur le plateau, on entendait moins bien que ce qu'on entend aujourd'hui à la télévision. Philippe, pensez-vous, puisque Gérald Darmanin a avoué une forme d'impuissance du garde des Sceaux, qu'il faut remettre en chantier la question du lien entre le garde des Sceaux et le parquet ?
Alors, je l'ai écouté, je l'ai vu. Un ministre sans voix est un garde des Sceaux sans pouvoir. Oui, il faut remettre en cause cette absence de lien. Pourquoi ? Aujourd'hui, on a on a trois sortes de magistratures, si vous me passez l'expression métaphorique. On a la magistrature debout, le parquet, qui parle au nom de la société. Le parquet, en fait, il applique, enfin, il est censé appliquer les instructions générales du garde des Sceaux. Mais comme il n'a pas de son signe particulier dans les instructions individuelles, en fait, il peut faire ce qu'il veut. Ensuite, il y a la magistrature du siège, magistrature debout, magistrature assise. La magistrature assise fait ce qu'elle veut.
On a vu dans l'affaire des émeutiers de la Coupe d'Europe, de la Ligue des champions. Le parquet a demandé des sanctions sérieuses, fermes, même de la prison. Et en fait, il n'y a pas eu d'écho de la part de la magistrature assise. Donc, il y a la magistrature debout, la magistrature assise, et puis, il y a la troisième magistrature, la magistrature couchée, au pied du syndicalisme révolutionnaire. Donc, il faut revoir tout ça. Comment ? Il faut une politique pénale. Pour qu'il y ait une politique pénale, il faut qu'il y ait une unité de commandement entre le ministre et les procureurs. Donc, y compris pour les instructions individuelles.
Si je dis ça, c'est parce que je n'ai pas toujours pensé ça. Et j'ai été repris par la sagacité de Marie-France Garrault. qui était avec quelques amis constitutionnalistes et qui me sont tombés dessus au moment de l'affaire Eurobar en 1991, quand j'avais dit sous l'influence du juge Jean-Pierre et du juge Van Ruyenbeek, il faut couper le lien entre le ministère de la justice et les magistrats. Et elle m'a fait venir un jour dans son bureau et elle m'a dit vous plantez complètement. En utilisant une formule qui lui avait été inspirée par le persistème de la promotion maréchal de Turenne, quand vous coupez le fil d'un missile philo guidé, vous ne contrôlez plus les cibles du missile.
et donc ça voulait dire en fait un jour si les magistrats sont totalement libres et qu'ils n'ont pas d'instruction individuelle, il arrivera aux magistrats demain ce qui est arrivé avant la révolution française. C'est-à-dire des magistrats qui font ce qu'ils veulent, comme ils veulent et quand ils veulent. Et j'ai pensé à cette conversation avec Marie-France Garrault sur l'affaire Liana parce que je pense qu'elle m'aurait dit vous avez vu ce que je vous avais dit ? Voilà. Il faut restaurer le lien pour l'unité de commandement. Il faut qu'il y ait une politique pénale en France d'un seul tenant pour tous les juges.
Vous avez souvent Philippe Devilliers évoqué la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme dans cette émission. Elle interdit certaines audaces législatives d'ordre national qui pourraient être bien utiles en ce moment. Comment peut-on s'accommoder de cette jurisprudence ? Et vous avez souvent parlé de l'esprit de justice. D'où vient, selon vous, l'esprit de justice dans notre histoire ? Est-ce que cet esprit est encore respecté ?
Alors d'abord, un mot sur la Cour européenne des droits de l'homme. Il faut quitter la Cour européenne des droits de l'homme parce qu'elle nous interdit elle nous interdit je ne sais pas si les gens le savent de revoir la question de la peine de mort et nous interdit les peines incompressibles et nous interdit. Il y a un protocole numéro 13 quoi. Elle nous interdit aussi l'expulsion des clandestins et c'est elle qui est à l'origine du procès pour Robert Ménard c'est-à-dire qu'en fait elle interdit qu'on touche au mariage des gens en situation irrégulière etc.
Et de Gaulle a dit un jour à Jean Foyer qui me l'a répété qui était un ami un maire tout proche du Maine-et-Loire qui était garde des Sceaux qui était un homme remarquable m'a dit de Gaulle un jour m'a semencé en disant Jean Foyer il faut que vous appreniez une fois pour toutes qu'il y a d'abord la France ensuite l'Etat ensuite le droit et je ne veux pas que les juges extérieurs à la France viennent me dire ce que j'ai à faire la convention européenne des droits de l'homme est là de 1950 elle a été ratifiée entre les deux tours de la présidentielle par Alain Poir en 1974 les Anglais envisagent de quitter cette convention il faut que la France s'en aille alors j'avais utilisé un mot qui est peu fréquent et qui pourtant devrait résonner en nous c'est le mot esprit de justice puisque il y a la lettre et l'esprit toujours l'esprit de justice en fait il est consubstantiel à notre civilisation depuis la mythologie gréco-romaine avec la la figure de Témis Témis c'est la figure de la justice avec trois attributs symboliques premier attribut symbolique c'est le bandeau la justice est bandée pourquoi ?
pour ne pas voir les accusés parce que la justice est impartiale or aujourd'hui la justice est ressentie comme partiale deuxième attribut symbolique c'était la balance la balance ça veut dire l'équité c'est le fameux polyptique des auspices de Beaune la pesée des âmes au jugement dernier or la justice aujourd'hui est ressentie comme inéquitable et enfin le troisième attribut symbolique c'est le glaive la force la puissance or aujourd'hui la justice est ressentie comme impuissante Pascal disait la force sans la justice c'est la tyrannie la justice sans la force c'est l'impuissance la justice est ressentie comme impuissante et il y avait à l'époque de nos aïeux et notamment des hauts magistrats du palais trois références iconiques dans les palais de justice il y avait la première référence c'était Antigone aux lois écrites sous l'empire de l'instant et du caprice elle oppose les lois non écrites de l'ordre naturel en d'autres termes il y a les lois légales et les lois morales et c'est pas la même chose toujours ensuite il y a Salomon qui tranche la dispute entre deux femmes et qui choisit l'instant maternel lui aussi il choisit l'ordre naturel plutôt que les syllogismes captieux et enfin Saint Louis c'est très important Saint Louis sous son chaîne à Vincennes qu'est-ce que ça veut dire Saint Louis sous son chaîne à Vincennes c'est le le roi des pauvres tant que la monarchie a été tant que le monarque a été le roi des pauvres la monarchie a tenu elle était légitime quand le roi est devenu le roi des gentils hommes le premier des gentils hommes la monarchie est morte le roi des pauvres ça veut dire qu'en fait le juge juge en équité le roi c'est un tribunal d'appel à ciel ouvert à Vincennes les plaies de la porte on appelle ça et en fait Saint Louis juge en équité c'est très important qu'est-ce que ça veut dire pour aujourd'hui ça veut dire que la justice c'est le sceptre et la main de justice le sceptre c'est l'ordre la main de justice c'est la justice et donc les deux doivent aller ensemble l'ordre la justice pour assurer la tranquillité publique mais derrière tout ça il y a le principe de l'équité l'équité c'est pas l'état de droit parce que l'état de droit aujourd'hui c'est la double préférence du coupable sur la victime et de l'étranger sur le national et donc c'est le contraire de la justice Geoffroy Lejeun
Justement Philippe quand on parle de cette crise de la justice on sent bien qu'il y a une difficulté de plus en plus grande à distinguer le bien du mal est-ce que selon vous il s'agit d'une crise qui est en réalité métapolitique et qui touche au fondement de notre civilisation ?
En vous écoutant immédiatement je pense aux trois courbes aux chassés croisés de trois courbes d'abord il y a la courbe de l'explosion de la délinquance qui s'envole la deuxième courbe c'est l'inflation du droit qui s'envole aussi 650 décrets l'année dernière vous savez il y a un ministre spulaire le ministre de l'instruction publique sous la troisième république qui disait aujourd'hui il pleut je fais un décret c'est trois formules célèbres elle dit tout sur l'empire de la norme à venir et la troisième courbe c'est la courbe de la sanction elle elle s'aplatit toutes les sanctions dans toute la société il n'y a plus de sanctions regardez la sanction scolaire plus de notes plus de classement etc parce que voilà face à ces trois courbes en fait il y a trois courbes en face il y a la courbe de la colère qui s'envole il y a la courbe de l'impunité qui s'envole et il y a effectivement la courbe de la thrombose la thrombose de la justice alors ça c'est le phénomène politique devant lequel nous sommes derrière ce phénomène politique il y a un phénomène métapolitique c'est l'effondrement des trois cercles de la civilisation l'autorité paternelle effondrée qui n'existe plus parent 1 parent 2 c'est un société sans père l'autorité magistrale dans une école qui est une école aujourd'hui de la peur et de la honte qui ne transmet plus et enfin l'autorité régalienne qui ne fait plus de la vie un sujet sacré la vie commençante et la vie finissante chacun comprendra ce que je suis en train de dire et quand un état ne fait plus de la vie un sujet sacré alors comme la vie n'est plus sacrée elle devient relative contingente et précaire et enfin et surtout et j'arrive au coeur de votre question il n'y a plus de seul moral commun c'est à dire qu'il n'y a plus de morale supérieure et de discipline intérieure qui corsette la société et qui crée des voisinages harmonieux aujourd'hui nous vivons sous l'empire d'une phrase célèbre qui doit être rappelée parce qu'elle est fondatrice elle est de Jean-Jacques Rousseau conscience conscience instinct divin immortel céleste voix guide assuré d'un être ignorant et borné mais intelligent et libre juge infaillible du bien et du mal qui rend l'homme semblable à Dieu et qui lui donne l'excellence de sa nature et la rationalité de ses actions qu'est-ce que ça veut dire ?
deux choses premièrement l'homme n'est bon c'est la société qu'il déprave on retrouve la version accusatoire et surtout plus grave encore la distinction du bien et du mal devient subjective conscience conscience instinct divin je pars avec ma conscience et moi en conscience si j'ai envie de tuer je tue mais c'est pas ça la distinction du bien et du mal il y a le bien il y a le mal c'est une constatation objective et quand une société toute entière depuis des décennies des siècles vit sur le principe de la toute puissance de la conscience individuelle on passe au relativisme et le relativisme c'est la fin de la justice
voilà ce qu'on pouvait dire ce soir sur le traumatisme après la disparition de Liana ayant une pensée pour sa famille et pour ses proches autre sujet tout autre sujet à présent on va parler du service public à travers un ouvrage celui de Jacques Cardoz aux éditions Fayard les inquisiteurs cache complément d'enquête en vignes spéciales un rédacteur en chef témoigne il était au coeur de ce réacteur vous allez en parler dans un instant et en soi ça vient percuter une actualité brûlante puisque Radio France a été sermonnée sur le pluralisme politique à moins d'un an de la présidentielle le groupe public a été mis en demeure par l'ARCOM pour avoir sous-représenté en journée le Rassemblement National écoutez Jordan Bardella
d'abord pour accepter les invitations sur ces antennes faudrait-il encore que ces antennes se mettent en conformité avec les obligations de pluralité qui ont été rappelées par l'ARCOM ce rapport de l'ARCOM il est extrêmement inquiétant il est extrêmement inquiétant il est extrêmement préoccupant parce que le service public est la maison commune sur le papier de tous les français qu'ils financent par leurs impôts par leurs efforts et par leur travail ce que j'attends du service public c'est qu'il soit un service public et qu'il est conscient qu'il représente tous les français y compris les français qui ne votent pas pour la gauche pour le centre ou qui ont pu voter pour le Rassemblement National ou pour les partis de droite
Philippe de Villiers revenons donc et je le disais c'est l'actualité en parallèle le livre de Jacques Cargoz cette mise en demeure du service public est-ce que vous êtes surpris par toutes ces actualités qui se percutent ?
Alors j'ai eu le privilège de lire ce livre et je n'en parlerai pas c'est une éruption volcanique donc je dirais simplement que Jacques Cardoz était un grand journaliste apprécié par ses pairs qui a de ses références qui a été patron du complément d'enquête etc donc en fait il décrit le Titanic à partir de la salle des machines et je peux vous dire qu'il y a beaucoup à dire sur les glaçons qui rentrent dans les soutes c'est absolument saisissant voilà complément d'enquête qui s'est intéressé à moi hier indirectement puisque je suis toujours le bourreau le salaud etc parce que complément d'enquête assez cible vous voyez moi je suis une cible privilégiée de complément d'enquête il y en a d'autres mais par exemple il raconte Jacques Cardoz que quand il a voulu faire un sujet sur Mélenchon on lui a dit ah non non non c'est pas possible ah bon pourquoi parce que LFI nous donne beaucoup de renseignements ah d'accord ok bon j'en dis pas plus mais ceux qui liront ce livre ne seront pas déçus c'est un voyage en enfer
vous parlez de Jean-Luc Mélenchon justement on va revenir à Jean-Luc Mélenchon qui a organisé dimanche dernier son premier meeting de campagne c'était à Saint-Denis au pied de la basilique devant le porche d'ailleurs de la basilique immense meeting avec plus de 20 000 personnes présentes je vous propose d'écouter Jean-Luc Mélenchon qui s'est attaqué à ceux qui étaient obsédés de la race et il a parlé de la Nouvelle France
quelques-uns des sujets que je viens de citer concernent la Nouvelle France je commençais à en parler que répondant à l'appel du chiffon rouge que j'agitais on a vu s'enflammer les obsédés de la race ainsi monsieur Bardella une piste veut même supprimer le droit du sol de naissance ce serait un crime anti-national
Geoffroy Lejeune
Philippe on sent presque chez Jean-Luc Mélenchon dans ce discours une forme de gourmandise en annonçant la future confrontation entre la Nouvelle France donc ses supporters et la France éternelle est-ce que selon vous cet affrontement qui nous est annoncé sera l'enjeu majeur de l'année prochaine et notamment de 2027
c'est un homme intelligent et qui a des anticipations stratégiques qu'il faut suivre de près parce qu'il est intelligent et effectivement je pense que ce profil la grande confrontation méta-historique entre les deux pour reprendre l'expression de Mélenchon la Nouvelle France et l'Ancienne France alors il y a ceux qui veulent une Nouvelle France issue de territoires de l'esprit qui leur tiennent à coeur difficilement compatibles on verra plus tard le Waukistan et l'Islamistan et il y a ceux qui veulent sauver l'Ancienne France qui authentifient l'unité des vivants et des morts dans le temps long mais moi ce qui m'a intéressé dans ce meeting c'est un slogan qui a été repris en coeur par la foule on est chez nous on est chez nous or ce slogan il vient d'en face puisque c'était le slogan des années 80-90 du Rassemblement National et c'était le slogan des meetings d'Éric Zemmour on est chez nous donc le slogan est repris par le Waukistan et l'Islamistan avec un sens contraire notez bien que ça fait deux fois qu'il y a un jeu de transfert sémantique la première fois c'était le grand remplacement le grand remplacement qui était considéré comme une expression fasciste régressive d'extrême droite quand c'était Zemmour qui en parlait et aujourd'hui le grand remplacement c'est progressiste hier on est chez nous c'était une expression fasciste pour toute la presse française de la société de connivence maintenant c'est progressiste il suffit qu'on change de camp pour que les mots retrouvent de belles couleurs alors on est chez nous ça veut dire ceux qui sont pas bien avec nous ils sont pas chez eux et d'ailleurs il y a une expression qui a été utilisée au cours de ce meeting sauf à ma part c'est l'ancienne France doit s'en aller ou s'éteindre voilà elle n'a plus sa place dans la nouvelle France en d'autres termes ce que veut faire la nouvelle France c'est déloger l'ancienne France la dégager et d'ailleurs il y a des mots clés là dessus récents Jean-Luc Mélenchon a dit récemment la ruralité n'existe pas qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire qu'en fait c'est l'anéantissement mental d'une réalité qu'on ne veut pas voir et qu'on ne veut pas traiter et qu'on ne veut plus accepter plus de ruralité il n'y a qu'une solution c'est la métropolisation massive et l'immigration invasive le reste ça n'existe pas c'est des pans entiers de la France périphérique pour parler comme Gulli qui devront disparaître être biffés effacés le grand effacement mais ça va plus loin puisque cette éradication elle est rétroactive dans l'esprit de Mathilde Panot puisque Mathilde Panot doit ajouter la France blanche et chrétienne n'a jamais existé vous vous souvenez de cette phrase ? qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire que non seulement on va éradiquer la France d'aujourd'hui celle qui ne nous plaît pas l'ancienne France mais en plus on éradique son propre souvenir on éradique la France d'avant c'est-à-dire c'est du Robespierre du riche du Robespierre en keffier en réalité quand on connaît Mélenchon quand on sait d'où il vient on comprend c'est le retour à la déculacisation de Staline l'éradication physique des coulacs des paysans qui ne plaisent pas au pouvoir soviétique c'est l'éradication des villages avec Cheosescu qui transfère des villages qui déménage des villages entiers et Pol Pot avec l'Ekmer Rouge mais ça va plus loin chez Mélenchon parce que quand il était membre de l'OSCI l'organisation communiste internationale il lui a fallu choisir un pseudonyme c'est la règle c'est la coutume et vous savez qu'il a choisi comme pseudonyme sans terre alors ça ne dit rien à personne sans terre personne ne connaisse sans terre tout le monde connait Jean sans terre mais là Alphonse Joseph sans terre c'est un illustre inconnu sauf que moi je suis vordéen et je connais sans terre parce que c'est l'homme qui a été délégué par Robespierre pour venir empoisonner les sources à l'arsenic pour tuer la population vordéenne un peuple le peuple réel qui ne plaisait pas au peuple apitré c'est lui qui a bricolé les fumigations méphitiques je le cite les gaz asphyxiants et les fumées soporifiques donc imaginez maintenant que ce sans terre ait le nom d'emprunt de Mélenchon quand il est devenu Trotskyste faites la projection et dites-vous que cet homme au pouvoir pensera aux fumigations méphitiques pour les gens comme vous comme moi ensuite il y a l'ancienne France ce qu'il en reste en fait un jour Apathy a dit l'ancienne France la France éternelle c'est Pétain non c'est De Gaulle le 25 août 1944 il dit on est chez nous à Paris vous pouvez retrouver les discours la France éternelle alors c'est quoi la France éternelle premièrement c'est la mémoire salvatrice pas une mémoire atrophiée qui ne transmet plus pas une mémoire pénitentielle qui pratique l'amnésie des grandeurs et l'hypermnésie des lâchetés pas une mémoire invertie comme aujourd'hui où on vit à l'inverse de nos pères avec un renversement des repères dans tous les sens du terme c'est pourquoi je dis une mémoire invertie mais c'est aussi un art de vivre à la française et ça j'y tiens à beaucoup l'art de vivre à la française ça veut dire qu'en fait on est en France on vit à la française avec un esprit français avec une gastronomie française c'est pas un masterpoulet en France on ne mange pas halal en France on n'égorge pas les animaux sans les avoir étourdis en France on parle avec les femmes on leur serre la main on ne les frappe pas on ne les oblige pas à se voiler la polygamie est interdite en France on ne porte pas des tenues du 7ème siècle la tenue du prophète en France on a des clochers pas des minarets et on préférera toujours le bourdon de la basilique de Saint-Denis et de Notre-Dame plutôt que le Mouedzin on préférera toujours le bedo au Mouedzin on préfère nos cloches aux prières de rue de Brie-en-Marne je salue au passage le courage du maire qui a dénoncé tous ces haut-parleurs qui appellent la nouvelle société islamique à venir dans la rue pendant qu'on nous demande de faire taire les cloches dans la paroisse de la Garnache et donc l'art de vivre et puis enfin la langue sur la langue je dirais une seule chose chose qui me frappe beaucoup c'est comment Romain Roland raconte l'enterrement de Victor Hugo à l'enterrement de Victor Hugo entre l'arc de triomphe le Panthéon il y a 2 millions de français qui suivent le corbillard le corbillard de la langue française le corbillard de la culture populaire et ce sont des des gens qu'on dirait aujourd'hui analphabètes ce sont des gens qui sont lettrés mais qui sont qui appartiennent au petit peuple de France au petit peuple anonyme un petit peuple qui lit qui sait lire qui sait écrire la France de toujours la France de Victor Hugo la France de Notre-Dame de Paris la France éternelle et nous ne laisserons pas l'année prochaine arriver M.
Santer avec son arsenic au pouvoir
autre sujet Philippe de Villiers et je le disais en début d'émission vous souhaitez répondre à ceux qui vous ont accusé de tous les maux cette semaine nous avons assisté à une grossière manipulation de propos du propos d'ailleurs que vous avez tenu vendredi et dernier sur Xenia Federova Xenia Federova qui est une journaliste qui travaille à Europe 1 à CNews visée par une partie de la classe politique et médiatique pour son positionnement autour de la guerre en Ukraine vous avez rappelé que nous vivions dans un nouveau monde ou qu'un individu sortait de la pensée dominante il y avait cette fameuse formule propagandiste vous êtes vous même peut-être un propagandiste je vous regarde en chien de faïence et dans un raisonnement ironique par l'absurde vous répondiez à ceux qui voulaient retirer le titre de séjour de Xenia Federova c'est un échange qui a duré près de 10 minutes question réponse et qui s'est quand même conclu par vous êtes le premier français sous OQTF et cette fois-ci elle sera exécutée vous avez fait de l'humour en répondant à l'humour bientôt on mettra des astérix quand il y aura du second degré je vous propose de regarder la séquence en cours et 2 minutes et non 13 secondes manipulées ensuite sur les réseaux sociaux
le réquisitoire c'est retirer le titre de séjour Xenia Federova alors pour 3 raisons elle est russe elle est donc pro-russe vous me suivez et donc c'est un agent de propagande russe alors vous me suivez sauf que il va falloir me suivre jusqu'au bout parce que dans ce cas là Gluckman comme l'a très bien dit Eric Zemmour Gluckman il est pro-Zelensky il est pro-Ukraine donc c'est un agent de propagande ukrainienne il faut peut-être qu'on lui retire son titre de séjour Retailleau et Edouard Philippe qui sont allés en Ukraine ils ont fait la propagande pour l'Ukraine au moment même où l'Ukraine vient de saluer il y a un article dans le monde superbe vient de saluer les anciens nazis nationalistes en Ukraine avec en présence de Zelensky ils conscientent ça donc ceux qui vont en Ukraine moi je propose qu'au nom de la lutte contre les nazis ukrainiens on leur retire leur titre de séjour en tout cas qu'on leur dise non vous n'allez pas vous présenter à la présidentielle quand même mais il y a d'autres cas un peu plus difficiles Rima Hassan elle est pro-Hamas donc c'est un agent de propagande du Hamas donc on peut lui retirer son titre de séjour ça serait pas mal d'ailleurs Ksenia Fedorova Rima Hassan deux femmes vous voyez bon et puis il y en a un que je ne veux pas oublier parce qu'il m'en voudrait de l'avoir oublié parce que souvent il parle de moi le recteur de la grande mosquée de Paris il est algérien il est pro-algérien c'est un agent de propagande algérien alors il a pur sucre donc on pourrait aussi lui retirer
son titre de séjour mais qu'est-ce qui a été relayé sur les réseaux sociaux ça écoutez
Glucksmann il est pro-Zelensky il est pro-Ukraine donc c'est un agent de propagande ukrainienne il faut peut-être qu'on lui retire son titre de séjour
voilà le verbatim précis exact de Philippe de Villiers Glucksmann il est pro-Zelensky il est pro-Ukraine donc c'est un agent de propagande ukrainienne faut peut-être qu'on lui retire son titre de séjour fermez les guillemets des propos qui vous indignent Isabelle oui à tous ceux qui jouent la non-francité comme argument politique parce que pour ces gens-là on ne peut pas être un vrai français un français véritable un français de souche que quand on est capable d'aligner 15 ou 20 générations sur le sol de l'Hexagone sans aucun mélange avec pour seul horizon et seul racine une lignée blanche et catholique que ce soit Philippe de Villiers voulant pour ses opinions retirer je le cite son titre de séjour à Raphaël Glucksmann parce que quand on est Philippe de Villiers il est semble-t-il impensable d'être tout à la fois juif et français avec cette petite musique bien rance à peine sous-entendue sur la double allégeance des juifs c'est une remarque non seulement débile mais pro-russe c'est-à-dire contraire aux intérêts français et surtout c'est une remarque antisémite le mythe du juif errant qui au fond n'est pas vraiment français qui aurait une double allégeance c'est le plus vieux trope antisémite de l'extrême droite une obsession dont manifestement elle n'arrive pas encore aujourd'hui à se défaire Geoffroy Lejeune
je crois que là on a sous les yeux un cas chimiquement pur de manipulation médiatique comme rarement on a c'est assez exceptionnel alors grâce au travail d'Aliott et de CNews on voit bien la différence entre ce que vous dites et l'humour et ce qu'ils en ont fait et la conclusion mais vous Philippe quelle est votre réaction ce soir ?
alors d'abord j'ai une pensée pour Bernadette Chirac ça n'a rien à voir mais vous allez voir pourquoi je dis ça que j'ai très bien connu quand j'étais stagiaire de l'ENA en Coraz qui était une femme remarquable et qui avait beaucoup d'humour et un jour elle m'a dit sur le quai de la gare à Brive parce que j'avais fait une formule humoristique qui n'avait pas été comprise par le journal La Montagne elle m'a dit Philippe vous devriez faire attention avec les journalistes d'aujourd'hui qui ne sont pas les journalistes d'hier d'il y a 20 ans ou 30 ans qui sont des analphabètes il ne faut pas faire d'humour et elle avait ajouté parce que le plus souvent ce sont des moines copistes elle avait tout dit les moines copistes il y en a un qui a démarré je ne sais pas lequel l'apathie peut-être qui dit antisémitisme et les autres reprennent derrière mais en fait il ne faut pas leur en vouloir et moi je ne l'en veux pas pourquoi ?
parce qu'en fait ils n'ont pas les outils intellectuels pour comprendre l'humour et en fait comme ils n'ont pas compris ce que j'ai dit ils se sont dit oh là là vous voyez donc ils se tapent la tête contre les murs ils se disent il a dû dire un truc énorme parce que forcément c'est quelqu'un qui est de droite donc voilà et puis il a il ne défend pas l'Ukraine donc il faut qu'on l'attaque c'est forcément un antisémite voilà alors en fait qu'est-ce que j'ai fait qu'est-ce que j'ai dit j'ai développé ce qu'on appelle dans la grammaire de monsieur de Vosgelat une figure de style qui s'appelle l'anaphore qu'est-ce qu'une anaphore ?
c'est une série de répétitions sous la forme humoristique pour faire un raisonnement par l'absurde vous me suivez ?
un raisonnement par l'absurde ça veut dire que je dis je pars d'un syllogisme capcieux Xenia Federova on dit d'elle qu'elle est pro-russe et donc agent de propagande russe bon c'est aberrant pour moi de dire une chose comme ça le syllogisme c'est pas parce qu'elle est russe qu'elle est pro-russe c'est qu'elle est voilà c'est pas une évidence en soi parce que si c'est une évidence en soi sous prétexte qu'elle est pro-russe d'être un agent de propagande russe c'est autre chose agent de propagande intelligence avec l'ennemi pendant qu'on y est donc c'est aberrant c'est ça que j'ai voulu dire voilà elle est russe elle est pro-russe et alors sur les autres chaînes en face allez voir il y a des ukrainiennes il y a des gens etc c'est ça que j'ai dit et donc j'ai fait un raisonnement par l'absurde non mais dans ce cas là alors j'ai pensé à Glucksen parce que j'avais vu la veille sur une chaîne concurrente Eric Zemmour qui très intelligemment a répondu aux journalistes mais alors avec Glucksen parce qu'il venait de faire une déclaration pro-ukrainienne donc moi je reprends ça voilà et j'ajoute Rima Hassan j'ajoute pour pas le blesser le vexer il m'aurait c'est vrai il m'en aurait peut-être voulu de ne pas le citer le recteur de la mosquée de Paris qui est pro-algérien bon ben voilà donc et donc j'ai dit ben voilà on va dire qu'il est un agent de propagande algérienne bon voilà et Rima Hassan que j'ai pas voulu oublier non plus etc et les journalistes qu'est-ce qu'ils ont fait ils ont pris uniquement Glucksen c'est-à-dire qu'ils ont ils ont fait un découpage comme faisaient les journalistes soviétiques on découpait les figures qu'on voulait pas sur la photo ils ont fait et ils ont dit ah là là il a pris Glucksen bon et alors il se trouve que André Glucksen le père de Glucksen était mon ami et on se voyait souvent je parlais de Marie-France Garraud avec Marie-France on dînait ensemble très souvent il est venu au Puy-du-Fou plusieurs fois avec Kif Montand François-Olivier Gisbert etc c'était un ami proche donc et un jour j'ai dit je n'attaquerai jamais le fils parce que je reporte sur lui la tendresse que j'avais pour son père on l'appelait l'écorchévis c'était un homme c'était un anti-soviétique avéré parce qu'il avait cru au soviétisme du temps de Bernard-Henri Lévy les nouveaux philosophes etc donc alors voilà mais il y a autre chose c'est que ces journalistes c'est là qu'on voit la manipulation ils oublient de citer une partie de mon propos qui est redoutable d'ailleurs il y a eu un article dans le Figaro ce matin sur le sujet remarquable il y a eu un article dans le Monde le 5 juin que j'ai largement cité j'étais outré en fait qu'on fasse des reproches à Xenia Federova et qu'on omette ce qui s'est passé le 25 mai dernier et ce qui se passe en ce moment en Ukraine une série d'hommages aux nationalistes ukrainiens qui ont collaboré avec les nazis et qui ont participé à la Shoah et la preuve vous allez sur les réseaux et vous allez Yad Vashem ça vous dit quelque chose le Yad Vashem c'est pas rien quand même ils ont fait un tweet pour dénoncer la participation de Zelensky à la réunimation d'Andrei Malnik le 25 mai dernier donc moi je pense que l'Ukraine est sur une mauvaise pente la pente des retrouvailles avec le nazisme la collaboration et la participation à la Shoah sur ce point là d'ailleurs on est d'accord avec les polonais qui sont ultra choqués parce que Zelensky a donné à une de ses armées le nom d'une armée qui se battait aux côtés des nazis donc en fait c'est la preuve d'une panique d'ailleurs de Zelensky bon voilà alors en fait j'ai quand j'ai vu Isabelle Saporta vous avez vu c'est violent quand elle dit la vieille famille on sent je sais pas ce que vous sentez mais vieille famille qui pense qu'on peut pas être juif et français vous avez entendu cette phrase Isabelle Saporta je la connais pas je sais pas qui c'est mais c'est violent et il se trouve qu'elle a un ami de longue date qu'elle a publié longtemps qui s'appelle William Golnadel et il se trouve que William Golnadel est mon ami et mon avocat et j'ai trouvé que c'était une coïncidence heureuse un rétablissement de l'harmonie avec elle de demander à William Golnadel qui est juif et français
de déposer
une plainte contre ceux qui m'ont diffamé et contre tous les manipulateurs sans oublier le quotidien l'express etc tous les moines copistes voilà mon avocat maître Golnadel qui est un grand avocat bien connu de cette maison va donc porter plainte contre les diffamateurs car il y a une seule chose avec laquelle je partirai comme dirait le panache c'est mon honneur
et bien merci Philippe Devilliers pour cette émission et pour l'information que vous nous donnez donc des plaintes déposées contre ceux qui vous ont diffamé cette semaine affaire à suivre affaire judiciaire à suivre vous aurez pu choisir un meilleur avocat je plaisante je plaisante je fais attention maintenant sur les réseaux sociaux merci Philippe Devilliers rendez-vous la semaine prochaine Geoffroy Lejeune un grand merci à la semaine prochaine
Philippe de Villiers