Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 juin 2021 25 min

Centres de vaccination itinérants, alliance de la gauche aux régionales, vétusté des lycées municipaux de Paris... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Valérie Pécresse, le variant Delta, c'est l'autre nom du variant indien, représente désormais 10% des nouvelles contaminations en France. D'ici la fin de l'été, les autorités sanitaires européennes nous expliquent qu'il sera sans doute ultra majoritaire en France et ailleurs. Est-ce qu'il faudra prendre ou est-ce qu'il faut prendre de nouvelles mesures ?

0:21
Valérie Pécresse

Absolument. D'abord, je crois qu'il faut pousser un cri d'alarme. Nous devons tous nous mobiliser parce qu'il faut éviter une quatrième vague à l'automne. Aujourd'hui, le variant Delta s'attaque à tous les citoyens qui n'ont pas de vaccination ou qui n'ont pas eu la deuxième dose. Aujourd'hui, on le sait, on peut stopper cette deuxième vague, on peut donner un vrai coup d'arrêt au virus, mais pour ça, il faut relancer la campagne de vaccination et notamment la relancer auprès de ceux qui n'ont fait qu'une dose ou auprès des jeunes qui ne se font pas vacciner. Or, aujourd'hui, on sait que la vaccination stoppe la contagiosité.

Donc, la nécessité de vacciner les jeunes, qui n'était pas si évidente que ça, aujourd'hui, elle apparaît très clairement. Alors, si je serai élue dimanche, moi, je vais mettre toute mon énergie dans une campagne vaccinale cet été en Ile-de-France parce qu'il y a malheureusement une fracture sociale et territoriale face à la vaccination. Et donc, dès la mi-juillet, en lien avec l'Agence régionale de santé et les maires, c'est le partenariat qui avait très bien fonctionné pendant toute la crise, nous renouerons ce partenariat 3 et je ferai circuler, je créerai des centres de vaccination éphémères 2 ou 3 jours par commune, itinérants, dans les 3 départements ruraux.

Le 91, les Sônes, le 95, Val-d'Oise, le 77, la Seine-et-Marne, parce qu'il faut aller vers... On pourra venir sans rendez-vous ? Absolument. Il faut aller vers les populations qui n'ont pas un accès direct à la vaccination et qui se disent que finalement, tout est terminé. Non, tout n'est pas terminé. Il y a un vrai risque d'une quatrième vague à l'automne. On ne peut pas se le permettre, ni sanitairement, ni économiquement.

2:06
Invité

Sur la vaccination, il y a la vaccination des jeunes qui est en jeu. Vous qui êtes à la tête de région, on va voir si vous allez y rester. Est-ce que vous souhaitez aussi que les lycéens soient vaccinés avant la rentrée scolaire ?

2:19
Valérie Pécresse

Alors, c'est une vraie question. Il faut réussir cette rentrée. Mais ce que je pense, c'est que dans la population française, mais y compris moi, je l'avoue, il n'y a pas eu la prise de conscience jusqu'à hier que la vaccination des jeunes était indispensable aujourd'hui pour l'immunité collective. Et ce discours-là, il doit être vraiment tenu par tous les responsables politiques. Il faut le tenir aussi auprès des parents. Mais on doit atteindre, on est aujourd'hui à 75% de personnes vaccinées, première dose. Il faut atteindre 75% de Français vaccinés, première et deuxième dose.

Parce que le variant Delta, quand on est vacciné deux doses, Pfizer, AstraZeneca, il y a plus de 90% de chances de ne pas développer une formographie. Donc la vaccination protège contre le variant Delta.

3:09
Présentateur

Vous avez vu, Valérie Pécresse, ces rassemblements festifs ces derniers jours, à l'occasion notamment de la fête de la musique, des milliers de personnes souvent jeunes. Est-ce que le gouvernement a raison d'envoyer quasiment systématiquement les forces de l'ordre pour faire respecter une règle qui est censée être toujours en vigueur, qui est celle du pas plus de 10 personnes au même endroit ?

3:27
Valérie Pécresse

Vous savez Marc Fauvel, moi ce que je pense, parce que la région a financé le concert test de l'aréna de Bercy à 5000 personnes, le concert test d'Indochine. Moi ce que je pense, c'est qu'il faut complètement inverser les choses. Si on atteint l'immunité collective vaccinale, c'est-à-dire si on convainc les jeunes d'aller se faire vacciner eux aussi, à ce moment-là, on pourra les laisser aller au concert, on pourra les laisser aller danser, on pourra rouvrir les boîtes de nuit.

3:52
Présentateur

Mais en attendant, est-ce qu'on maintient cette règle ?

3:54
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, il faut absolument que les gestes barrières continuent d'être respectés et il faut aussi que les jeunes aillent se faire vacciner.

4:03
Présentateur

Donc on continue à envoyer la police ou les gendarmes à chaque fois que ça se produit ?

4:07
Valérie Pécresse

Non, mais le problème c'est que...

4:08
Présentateur

Ah oui ou non ?

4:10
Valérie Pécresse

Moi j'ai demandé l'allègement du couvre-feu parce que la règle n'était pas respectée. Je demande aujourd'hui aux jeunes d'aller se vacciner. Tant qu'ils ne seront pas vaccinés, ce sera dangereux. Et tant que ce sera dangereux, le gouvernement aura raison d'envoyer les forces de l'ordre.

4:21
Invité

La vaccination des jeunes, c'est un sujet. La vaccination des soignants aussi. Dans certains établissements d'EHPAD, dans certaines structures, seulement 10% du personnel soignant est vacciné. Olivier Véran veut mettre la pression, le ministre de la Santé. C'était hier au Sénat, on l'écoute. Je souhaite donc qu'au cours de l'été, nous fassions fortement grandir la couverture vaccinale de nos soignants. Sans quoi, je le redis, vraisemblablement en septembre, je pourrais être amené à proposer une vaccination obligatoire pour des soignants qui ne le seraient pas.

4:54
Valérie Pécresse

La vaccination obligatoire pour les soignants, vous dites oui ? Pas à ce stade. Aujourd'hui, je dis que nous allons faire de l'itinérance, de l'aller vers pour convaincre. Là encore, on le voit, c'est souvent les aides-soignants, les infirmières qui sont moins vaccinées que les médecins. Il y a une différence d'information aujourd'hui et il y a aussi une différence d'aller vers.

5:16
Invité

Pour le coup, le personnel soignant est informé et a accès aux vaccins ?

5:19
Valérie Pécresse

Pas forcément, pas tous, pas partout. Il faut amener les vaccins partout dans les territoires. Et il ne peut pas y avoir de différence entre les quartiers populaires, les territoires ruraux et les centres-villes.

5:29
Présentateur

On est à trois jours du second tour des élections régionales. Valérie Pécresse, vous aurez face à vous dimanche une liste des marcheurs.

5:37
Invité

Laurent Saint-Martin.

5:39
Présentateur

Laurent Saint-Martin, non, j'avais son nom, celle du Rassemblement National, Jordan Bardella et la liste d'une gauche unie derrière l'écologiste Julien Bayou qui a fusionné ses listes avec le Parti Socialiste et la candidate des Insoumis. Est-ce que vous êtes inquiète ?

5:53
Valérie Pécresse

Soyons claires, avec le mode de scrutin régional, celui qui arrivera en tête dimanche sera le président de la région. Je ne suis pas sûre qu'on...

6:02
Présentateur

C'est ce qui vous est arrivé il y a six ans, 60 000 voix d'écart ?

6:05
Valérie Pécresse

Oui, mais Marc Fauvel, ce que je veux dire, c'est que comme le gouvernement n'a fait aucune information civique sur ces élections régionales ni départementales, ce qui explique d'ailleurs en partie l'abstention...

6:14
Présentateur

Il y a des campagnes de pub sur les deux antennes qui vous accueillent ce matin.

6:18
Valérie Pécresse

Je suis obligée d'expliquer quel est le mode de scrutin. Donc, il y a deux personnes qui sont capables aujourd'hui, en mesure de l'emporter dimanche. C'est soit M. Bayou, soit moi. Et donc, face à moi, il y a deux projets diamétralement opposés. Face à moi, j'ai une alliance de la gauche avec EELV qui, selon Mme Hidalgo, a un problème de rapport à la République, mais aussi avec tous les amis de M. Mélenchon et de la France Insoumise. M. Mélenchon qui a tenu des propos complotistes, M. Mélenchon qui défend les réunions racisées. Donc, je pense que le Parti Socialiste, en Ile-de-France, a perdu son âme en acceptant cette alliance avec une gauche extrême qui n'a rien à voir avec son histoire.

Et d'ailleurs, je le vois. Je vois qu'un certain nombre de présidents de régions socialistes, en Occitanie par exemple, refusent cette alliance avec la France Insoumise. Je vois que des grandes figures de la gauche, comme Manuel Valls ou Jean-Paul Huchon, appellent ce matin à voter pour Maliste parce qu'ils veulent faire barrage à cette gauche extrême. Et je vois aussi, du côté de la droite, des ralliements comme celui de Nicolas Dupont-Aignan.

7:30
Présentateur

On va en parler dans un instant. Valérie Pécresse, candidate à sa succession à la tête de la région Ile-de-France, est notre invitée ce matin. Un coup d'œil au fil Info à 8h40 avec Diane Ferchit tout d'abord. Le variant Delta va prendre le pas sur le variant Alpha, le britannique, car il est plus contagieux, estime sur France Info le professeur de santé publique Philippe Amouyel. C'est maintenant, selon lui, qu'il faut réagir pour éviter qu'il ne s'étende. Ce variant Delta représente 70% des nouveaux cas de contamination dans les Landes. Seul département français où l'épidémie progresse. Le Premier ministre et le ministre de la Santé sont attendus à Mont-de-Marsan.

Le président de la région Hauts-de-France, candidat à sa réélection, Xavier Bertrand, se dit sur France Inter, interpellé par la révélation des dates de la présidentielle, alors que nous sommes en pleine élection régionale. La présidentielle, ce sera le 10 et le 24 avril 2022, selon les informations de France Info. Une prime de 350 euros pour les agents municipaux de Marseille qui tiendront des bureaux de vote. Dimanche, la ville décide d'augmenter cette indemnité. Au premier tour, 34 bureaux de vote n'ont pas pu ouvrir, faute d'assesseurs. Sur France Info, le consultant champion de France Info, Bichent Elizarazou, se dit un peu inquiet sur le côté physique de l'équipe de France.

Les Bleus affronteront la Suisse lundi en huitième de finale de l'Euro de football. Ils ont fait match nul de partout hier face au Portugal. France Info Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel. Toujours avec Valérie Pécresse, vous parliez il y a quelques instants du soutien que Nicolas Dupont-Aignan vient de vous apporter pour ces régionales. Ce n'est pas un peu embarrassant d'être soutenu par quelqu'un qui voulait être le Premier ministre de Marine Le Pen ?

9:05
Valérie Pécresse

Vous savez, nous n'avons absolument pas les mêmes options au plan national, mais il sait, il a réalisé que j'étais la seule aujourd'hui à pouvoir faire barrage à cette gauche extrême. Pour moi, la France Insoumise, aujourd'hui, n'a pas la même histoire que le Rassemblement National, bien sûr, mais son arrivée au pouvoir à la tête de la première région de France serait une faillite économique et républicaine.

9:28
Présentateur

Vous l'avez appelé pour le remercier ?

9:31
Valérie Pécresse

Je découvre ses soutiens, mais je pense que c'est des soutiens en responsabilité. Et je crois que c'est pour cela que ces soutiens sont faits, que ce soit celui de Manuel Valls ou celui de Nicolas Dupont-Aignan. Rien ne les rapproche, mais un combat les unis, lutter contre l'extrême gauche.

9:50
Invité

On l'a dit tout à l'heure, la liste en marche s'est maintenue, celle de Laurent Saint-Martin. Est-ce que vous appelez les électeurs macronistes à voter pour vous ?

9:57
Valérie Pécresse

Moi, j'en appelle à tous les républicains sincères, parce qu'il n'y a que deux personnes qui peuvent gagner la région dimanche. Donc, c'est un faux match à quatre. C'est en réalité un duel. Vous regrettez qu'un duel ? C'est que le candidat en marche se soit maintenu ? C'est leur responsabilité. Certains parlent de faute morale, parce que quand on dit qu'on veut être rempart aux extrêmes, on ne fait pas la courte échelle à l'extrême gauche.

10:22
Présentateur

Mais c'est lui qui n'a pas voulu ? C'est le candidat en marche qui n'a pas voulu ? Ou c'est vous qui n'avez pas voulu Valérie Pécresse ?

10:27
Valérie Pécresse

Non, moi j'ai fait le choix de la clarté. Mais je l'avais dit dès le début. La clarté des convictions et certainement pas la tambourine politicienne. J'ai la même liste au premier, au deuxième tour. Sur ma liste, il y a un très très large rassemblement. Vous le savez, j'ai d'ailleurs des écologistes, des écologistes sincères. Antoine Wechter me soutient avec des membres de son parti sur ma liste. Yann Verling, ambassadeur à l'environnement Modem, me soutient. Le patron de l'association Respire, les membres de l'union centriste écologique m'ont rejoint.

Donc oui, il y a sur ma liste des écologistes sincères, il y a sur ma liste des personnalités de la société civile qui n'ont pas forcément toujours voté à droite.

11:05
Invité

Alors sur le fond, qu'est-ce qui vous empêche de fusionner ? Qu'est-ce qui vous a empêché de fusionner avec Laurent Saint-Martin ?

11:10
Valérie Pécresse

Mais parce que la tambouille politicienne, personne ne supporte. J'ai un projet depuis le début, je n'en dévierai pas. Monsieur Bayou, lui, change de projet comme de chemise. Monsieur Bayou, il voulait fermer l'aéroport du Bourget. Aujourd'hui, il ne le ferme plus. Madame Pulvar, elle voulait la gratuité de transport. Maintenant, elle ne la veut plus. Ça, ça s'appelle de la tambouille politicienne. Les électeurs se sentent floués, trompés.

11:30
Présentateur

C'est le principe même de ces élections où on autorise les listes à fusionner dès lors qu'elles ont fait 5% au premier tour, pour justement dégager des majorités.

11:37
Valérie Pécresse

Les Français ne supportent plus ces jeux politiciens. Ça ne les intéresse pas. Ce qu'ils veulent, c'est connaître la sincérité d'une personne. Je suis de droite. Les gens qui appellent à voter pour moi savent qui je suis, connaissent mes qualités, mes défauts. Ils ne sont pas d'accord avec moi sur tout. Mais ils se rejoignent avec moi sur l'essentiel. C'est qu'il faut faire barrage à la gauche extrême en Ile-de-France. La région est très fragile. La région est très fragile.

Et quand j'ai vu Madame Autain défiler aux côtés du CCIF, vous savez le comité contre l'islamophobie en France qui a été dissous pour son rôle dans l'assassinat de Samuel Paty, eh bien je me dis que cette gauche-là ne peut pas arriver à la tête de l'Ile-de-France. Ce serait trop grave.

12:13
Présentateur

Pourquoi vous parlez de transparence Valérie Pécresse ? Pourquoi vous ne faites pas comme Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France qui dit si vous voulez de moi après comme d'un possible candidat à l'Elysée, élisez-moi d'abord à la région ? Pourquoi vous n'allez pas jusque-là ?

12:26
Valérie Pécresse

Mais parce que l'enjeu est majeur en Ile-de-France. En Ile-de-France...

12:30
Présentateur

Certains des électeurs aujourd'hui peuvent voter pour vous ou ne pas voter pour vous en se disant « Si je vote pour elle, dans un an, elle ne sera plus là si elle est candidate. »

12:36
Valérie Pécresse

Ce n'est pas ce que les électeurs me disent. Ce qu'ils me disent, c'est « Madame Pécresse, est-ce que vous vous engagez à nous aider, à nous soutenir, à mettre en œuvre ce projet qui est le vôtre, qui n'a pas changé entre le premier et le deuxième tour, qui est un projet très puissant ? » Sécurité avec une aide maintenant au ministère de la Justice qui est défaillant dans la sanction des délinquants. Valeurs de la République, chartes de la laïcité. Monsieur Bayou et ses amis ont voté 29 fois pour l'annulation de la charte de la laïcité. Oui, on n'est pas en train d'observer, ça fait 6 ans. Nous, depuis...

Quand j'ai été élue en 2016, au lendemain du Bataclan, j'ai mis en place la première charte de la laïcité en France. Elle permet d'interdire toute subvention à une association qui refuse de signer pour les valeurs de la République, la laïcité, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes. Monsieur Bayou, la France insoumise, ont voté 29 fois pour l'annulation de cette charte de la laïcité. Alors, monsieur Bayou, qui est en train de se travestir avec son observatoire de la laïcité, c'est une plaisanterie.

13:39
Invité

Alors, justement, sur le fond, hier, sur ce plateau, était présente Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris. Elle a plusieurs critiques à vous adresser. On écoute ce qu'elle dit. Valérie Pécresse, qu'a-t-elle fait pour la région ? Pas grand-chose. Pas grand-chose. Regardez son bilan sur les lycées. Dramatique. En plus, une politique très clientéliste, parce que les lycées parisiens ont été particulièrement maltraités. Une politique qui n'a pas du tout été visionnaire sur les questions d'écologie, de lutte contre la pollution. Elle a été très, très préoccupée par un seul sujet. C'était sa personne. Sa future candidature à la présidentielle et très peu par la région.

Alors, vous étiez en train de sourire en l'écoutant, mais si on résume, bilan dramatique pour les lycées, politique clientéliste, pas du tout visionnaire sur l'écologie.

14:28
Valérie Pécresse

Vous lui répondez quoi ? Je lui réponds que, quand je suis arrivée en 2016, il y avait 200 lycées vétuistes à la région et 20 000 lycéens dans des LGCO, et que j'ai pris le sujet à bras-le-corps en mettant 6 milliards d'euros sur la table et en lançant 1 000 chantiers. Alors, effectivement, tout n'est pas terminé, je le reconnais. Mais moi, j'aimerais que Mme Hidalgo nous explique, parce que ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'il y a des lycées municipaux à Paris qui dépendent de la ville de Paris, qui doivent être transférés à la région à la fin de l'année. Il se trouve que la moitié de ces lycées municipaux est dans un état absolument calamiteux.

Et ça, c'est la responsabilité de la maire de Paris. Je viens de lui écrire pour lui dire que je déclenchais un audit sur les lycées municipaux de la ville de Paris, compte tenu de leur état de vétusté. Donc ça, c'est sur les lycées. Et quant à l'écologie, pareil, M. Bayou était membre de la majorité de Jean-Paul Huchon. C'est d'ailleurs M. Huchon qui le connaît le mieux, qui appelle désormais à voter pour moi, alors même que nous nous sommes combattus politiquement pendant plusieurs années, mais combattus de manière républicaine. Donc il appelle, non pas à voter M. Bayou, mais à voter pour moi. Julien Bayou était dans la majorité de Jean-Paul Huchon.

Quand je suis arrivée en 2016, la région Île-de-France était dernière. Dernière en pollution de l'air. Dernière en agriculture bio. Dernière en énergie renouvelable.

15:40
Présentateur

Et c'est donc l'homme qui appelle à voter pour vous aujourd'hui ?

15:42
Valérie Pécresse

C'était le bilan de M. Bayou. Mais c'est Jean-Paul Huchon qui dirigeait la région. Oui, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Moi, j'ai fait l'écologie des résultats. Face à l'échec de Vélib à Paris, j'ai fait Véligo, un système de location de vélos qui est le plus important d'Europe. 20 000 vélos électriques en location, on va le doubler dans le prochain mandat. Moi, j'ai déclenché la révolution des transports avec des trains neufs. Vous savez qu'on achetait encore des bus diesel ? M. Bayou, la majorité de M. Bayou, achetait encore des bus diesel quand je suis arrivée. Eh bien, moi, j'ai arrêté les bus diesel. En 2025, il n'y aura plus un bus diesel. La pollution de l'air, je l'ai dans le cœur.

Mon fils a failli mourir bébé d'une bronchiolite il y a 20 ans, quand j'habitais le centre de Paris. Donc, on ne va pas me donner des leçons d'écologie. Quand j'étais ministre il y a 10 ans, c'est moi qui ai fait reconnaître l'existence du réchauffement climatique par l'Académie des sciences pour venir en aide aux climatologues qui étaient contestés par Claude Allègre. Donc, l'écologie des résultats, c'est nous. Et il n'y a pas un monopole de l'écologie au vert, bien au contraire. Eux, ils en parlent, mais ils n'en font pas.

16:42
Présentateur

Il est 9h moins 10. Valérie Pécresse, vous restez avec nous. On s'interrompt le temps du fil info avec Diane Ferschit. Les collectivités locales ont déploré une défaillance inacceptable dans la distribution de la propagande électorale. Pour le deuxième tour des régionales et des départementales, la société Adrexo obtient donc le renfort de la poste. Celle-ci va distribuer 5 millions des plis d'électoraux. La propagation du variant Delta dans les Landes, il représente 70% des cas de Covid détectés. Jean Castex est le ministre de la Santé. Olivier Véran se rende à Mont-de-Marsan aujourd'hui alors que près de Dax, un cluster de 29 personnes a été identifié dans un EHPAD.

Des personnes en majorité vaccinées, aucune d'entre elles n'a eu besoin d'être prise en charge en réanimation. Il sera généralisé à toute la France l'an prochain. Le crédit d'impôt instantané est expérimenté dans les départements du Nord et de Paris. Pour les particuliers qui emploient un salarié à domicile, l'État versera directement 50% du coût total de la prestation. La chanteuse Mylène Farmer, les acteurs, Taraïm et Maggie Gyllenhaal, ainsi que la réalisatrice Mélanie Laurent, ils figurent parmi les jurés du Festival de Cannes présidé par Spike Lee, 4 hommes et 5 femmes au total. France Info

17:50
Invité

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec Valérie Pécresse, présidente sortante de la région Île-de-France. L'un des thèmes principaux de votre campagne, c'est la sécurité. Lundi, un petit garçon de 2 ans a été blessé par une toxicomane atteinte de troubles psychiatriques au Jardin d'Eole. Ce parc, c'est un parc parisien que les autorités autorisent depuis quelques semaines, où autorisent les autorités le regroupement d'une centaine de toxicomanes, des fumeurs de crack. Les riverains n'en peuvent plus. Question simple, que fait la présidente de région ?

18:24
Valérie Pécresse

Eh bien d'abord, je disais, les au Jardin d'Eole, parce que ce n'est pas 100 toxicomanes, c'est 1500 toxicomanes qui sont dans le halo de ce square Eole, qui ferment à 1h du matin. Donc ça veut dire qu'à 1h du matin, ils reviennent dans les rues pour la plus grande détresse des riverains. Donc je me suis rendue au square Eole et j'ai été écouter la détresse à la fois des riverains, mais aussi des toxicomanes qui sont littéralement laissés à l'abandon. Donc ce que j'ai proposé, c'est simple, j'ai proposé deux choses.

La première chose, c'est que la région puisse, ce n'est pas du tout sa compétence, mais vous savez, ce n'était pas non plus ma compétence, la sécurité, et je l'ai prise, ce n'est pas ma compétence. Les sanctions judiciaires, je vais faire des travaux d'intérêt général pour les délinquants et je propose de financer des centres éducatifs fermés pour les mineurs. Vous savez, quand l'État est défaillant, moi je me retrousse les manches et j'y vais. Donc j'ai proposé que la région soit co-financeur, avec la ville de Paris et l'État, d'un vrai centre de désintoxication des toxicomanes au krach. Le krach, ce n'est pas n'importe quelle drogue. C'est une drogue qui vous détruit.

Donc on a besoin de ce centre de désintoxication qui n'existe pas aujourd'hui sur l'île de France. Mais pour l'instant, c'est une main tendue qui n'a évidemment été saisie par personne à ce stade. Mais j'ai une deuxième demande. Il n'est pas normal que la police municipale parisienne ne soit pas armée. Les Verts de M. Bayou votent systématiquement contre la police municipale et son armement. Madame Hidalgo leur a cédé. Mais là, ça changerait quoi dans ce cas précis ?

Eh bien, ça permettrait que cette femme toxicomane qui se promène dans les rues, eh bien, il y ait des policiers, des policiers municipaux, armés, c'est-à-dire en situation de protéger les habitants qui protègent les enfants autour de ce square hall. Il n'y a pas de police municipale à Paris. Paris est une ville très riche. Elle a besoin aujourd'hui de se doter face à la montée de l'insécurité, notamment dans le nord et dans l'est. Mais pas que. Des cambriolages dans l'ouest. Elle a besoin aujourd'hui de se doter d'une police municipale armée. Mais là, qu'est-ce qu'on fait tout de suite pour ces toxicomènes qui sont regroupées dans le parc ?

Il y a eu deux viols, Madame Braclia, parce qu'il y a eu un petit bébé qui a été attaqué. Il y a eu aussi deux viols de femmes autour du jardin d'Eol et le gouvernement qui ne dit rien, qui ne bouge pas, la ville de Paris qui ne fait rien.

20:38
Invité

Vous interpellez Gérald Darmanin ce matin ?

20:40
Valérie Pécresse

Je demande aujourd'hui que cette solution soit réglée non seulement d'un point de vue sécuritaire, mais aussi d'un point de vue sanitaire. Nous avons besoin de ce centre de désintoxication et nous avons besoin aussi qu'il y ait une police municipale armée à Paris.

20:52
Présentateur

Valérie Pécresse, la ville de Munich avait prévu d'illuminer son stade hier aux couleurs arc-en-ciel du mouvement LGB lors du match entre l'Allemagne et la Hongrie pour protester contre les lois qui ont été adoptées récemment en Hongrie, lois discriminatoires notamment contre les personnes homosexuelles. L'UEFA a dit non. Est-ce que vous regrettez cette décision de l'UEFA ? Est-ce que vous trouvez qu'elle aurait dû laisser faire ce geste politique ?

21:15
Valérie Pécresse

Je suis toujours mal à l'aise quand on mélange la politique et le sport.

21:18
Présentateur

C'est ce qu'a dit Marine Le Pen, ça.

21:19
Valérie Pécresse

Non, non, il peut y avoir des bonnes... Non, non, mais attendez. Ce n'est pas parce qu'elle dit qu'il pleut, qu'il ne pleut pas. Je suis toujours mal à l'aise quand on mélange la politique et le sport parce qu'il y a des bonnes causes et puis il y a des causes qui sont plus douteuses. Mais, en l'occurrence, moi je n'ai aucun doute. Aujourd'hui, ce que fait M. Orban vis-à-vis des Hongrois homosexuels est inacceptable. Et moi je soutiens absolument la France, l'Europe qui veulent aujourd'hui faire reconnaître par l'Union Européenne les atteintes aux droits des personnes par M. Orban. D'ailleurs, M.

Fauvel, j'ajoute que dès 2017, je m'étais opposée au sein de ma famille politique à ceux qui disaient qu'il fallait garder M. Orban au PPE. Puisqu'il siégeait

22:00
Présentateur

dans le même groupe au Parlement européen.

22:02
Valérie Pécresse

Il siégeait au groupe PPE qui était le groupe de la droite républicaine avec la CDU de Mme Merkel, avec les Républicains. Il siégeait dans le même groupe que la droite républicaine. Moi, j'avais dit dès 2017 qu'il fallait l'exclure du PPE parce qu'on ne pouvait pas cautionner ses atteintes aux droits de l'homme. A l'époque, c'était des atteintes aux droits des universités, à la liberté de penser en Hongrie. Donc, M. Orban, depuis, s'est exclu de lui-même du PPE parce qu'il a compris qu'il avait une vraie opposition au PPE. Mais je crois qu'il faut que l'Union Européenne soit forte parce que la réponse, elle ne doit pas être seulement symbolique, un stade, elle doit être politique.

22:40
Présentateur

C'est-à-dire ?

22:41
Valérie Pécresse

Politique. Il faut que l'Union Européenne le sanctionne. Vous savez, il y a un article 7.

22:44
Présentateur

Sanctionner le pays ou sanctionner l'homme ?

22:46
Valérie Pécresse

Sanctionner le... Enfin, disent que la Hongrie, puisque l'homme dirige le pays et les lois sont les lois du pays, les décisions sont les lois du pays, il faut que l'Union Européenne utilise ce qu'on appelle l'article 7 qui est une procédure qui permet de mettre en cause des dirigeants européens qui ne respecteraient pas les droits de l'homme et les libertés publiques.

23:04
Invité

Pardon, Valérie Pécresse, je reviens sur ce que vous aviez dit. Comme Marine Le Pen, il faut laisser en dehors du sport la politique.

23:12
Valérie Pécresse

Non, j'ai pas dit... Oui, j'ai dit... Je ne suis pas à l'aise quand le sport et la politique sont mêlés parce qu'il y a des bonnes causes et des mauvaises causes. Mais là, j'ai dit que c'était une bonne cause.

23:19
Invité

Voilà, sauf que là, il ne s'agit pas de politique. Oui, j'ai dit que c'était une bonne cause. Défendre les discriminations, ce n'est pas de la politique. J'ai dit que c'était une bonne cause. Donc, l'UEFA aurait dû le faire. C'est ça que vous dites ? Mais ils l'ont fait, je crois.

23:29
Valérie Pécresse

Non ?

23:30
Présentateur

Non. Il y a eu d'autres événements qui ont été organisés hier, mais le stade n'a pas pu être illuminé.

23:34
Valérie Pécresse

D'accord, mais de toutes les façons, pour moi, la réponse, la vraie réponse, la réponse efficace et la plus utile, c'est vraiment la réponse politique et il faut que la France s'engage.

23:42
Invité

Justement, une question sur votre position par rapport aux homosexuels, à l'homosexualité. Est-ce que vous regrettez aujourd'hui votre position que vous aviez eu il y a quelques années sur le mariage pour tous ?

23:54
Valérie Pécresse

J'ai défendu l'union civile en 2012, mais dès que la loi a été votée du mariage pour tous, j'ai dit que, humainement, on n'y reviendrait pas.

24:04
Présentateur

Vous aviez évoqué à un moment un démariage de ces personnes ?

24:07
Valérie Pécresse

Non. J'ai fait une émission un matin où on m'a posé une question et j'aurais dû...

24:11
Présentateur

Vous avez répondu oui ?

24:12
Valérie Pécresse

Non, mais je défendais l'union civile et j'ai dit une bêtise ce jour-là.

24:16
Présentateur

D'accord, c'était une bêtise. Il n'est pas question si la droite revient au pouvoir ou si vous revenez au pouvoir de le faire.

24:20
Valérie Pécresse

J'ai dit dix fois depuis que la loi a été votée dix fois et dès qu'elle a été votée qu'en tant que républicaine, je l'appliquerai et que je n'y reviendrai pas. Donc franchement, cette querelle, elle a dix ans. Moi, j'aimerais qu'on me juge sur mon bilan. Il y a dix ans, puisqu'on parle de ça, j'ai été la première ministre de l'enseignement supérieur à lancer une campagne de prévention contre l'homophobie à l'université. La première, parce que justement, j'avais été saisie par des étudiants qui étaient en pleine détresse, en pleine détresse psychologique. Il y a dix ans. Et depuis, la région s'est engagée dans la lutte contre l'homophobie. Nous portons plainte à la place des victimes.

Nous sommes le siège de la région, lieu refuge pour les personnes victimes de discrimination homosexuelle. Nous sommes lieu refuge. Nous avons été labellisés. Donc voilà, je voudrais être jugée sur mon bilan et pas sur les choix de 2012 que j'assume. Je défendais l'union civile à l'époque, mais j'ai depuis lutté pied à pied et toujours contre l'homophobie.

25:18
Présentateur

Merci Valérie Pécresse et bonne journée à vous.