Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSud Radio (sur YouTube)· 7 juillet 2026 4 min

Guy Carlier : "Philippe David est le symbole de Sud Radio"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio [musique] 7h10h, Jacques Cardos. Il est 7h54. Soyez les bienvenus sur Sud Radio et si vous nous rejoignez seulement maintenant et bien vous avez choisi le bon moment.

Pourquoi ? Et bien parce que Guy Carlier est là comme chaque jour de l'été pour nous embarquer plein sud avec celles et ceux qui font vivre cette antenne. Aujourd'hui Guy a choisi de nous emmener et de vous emmener plein sud avec Philippe David que vous entendez chaque jour en compagnie de Cécile de Minibus dans les vraies voix de Sud Radio.

Bonjour Guy. Bonjour Jacques. Bonjour à tous.

Vérification des portes opposées, armement des toboggans. Oui, là j'avais une métaphore interminable sur le décollage d'un Airbus, mais on s'en fout, on est en retard. Allez John, envoie le générique. [musique] Si l'on excepte la chronique d'hier qu'on réalisée sous la contrainte de notre directeur et sous ses menaces, je voudrais commencer cet été au cœur de Sud Radio avec Philippe David.

Car cet homme constitue le symbole de Sud Radio tant il vit dans l'empathie et l'échange avec les auditeurs. Lorsqu'on le voit toujours enthousiaste, toujours heureux de rencontrer les gens, on se demande après quoi il court. La réponse est simple.

Philippe David court après ses rêves d'enfants qu'il rattrape les uns après les autres. Simon Signoret disait pour parler d'un enchaînement harmonieux de la vie, c'est rond. Tout ce que fait Philippe David est rond.

Ce sont les cercles de son enfance qu'il referme avec jubilation les uns après les autres. Il y a quelque chose de romanesque, presque balsien dans son parcours. Philippe, c'est un adolescent à qui l'on a expliqué qu'il n'y arriverait pas et qui finit par présenter les émissions qu'il écoutait en cachette sous les draps d'un internat à une époque où les radios libres n'existaient même pas encore.

Aujourd'hui, les ados regardent des vidéos sur leur téléphone jusqu'à 2h du matin. Philippe lui faisait déjà du streaming avant l'invention d'Internet l'été dans les Hautes Pyrénées. Il écoutait radio d'ora sans imaginer qu'un jour cette radio deviendrait sud radio, que ce serait lui qui parlerait dans ce micro.

Après le bac, il annonce qu'il veut devenir journaliste. Un conseiller d'orientation lui explique qu'il n'y arrivera pas et qu'au mieux, il couvrira peut-être les chiens écrasés, mais guerre davantage. J'espère simplement que cette personne écoute Sud Radio aujourd'hui.

Alors Philippe choisit le commerce international. Pendant 25 ans, il parcourt l'Europe, l'Asie, les avions, les hôtels, les décalages horaires. Le soir dans les chambres, il d'hôtel, il écrit parce qu'il existe des passions qui refusent de dormir.

Et puis arrive 2014, la radio diffuse une émission consacrée à la Coupe du monde de foot. Philippe intervient à l'antenne. Il connaît tout, les équipes, les buteurs, les ballons d'or, les anecdotes comme d'autres connaissent les tables de multiplication.

Bill Chantley, entraîneur mythique de Liverpool disait "Le football n'est pas une question de vie ou de mort. C'est bien davantage pour Philippe David. Oui, c'est bien davantage puisque c'est tout simplement le sens de sa vie." À la fin de l'émission, quelqu'un lui dit simplement "Vous revenez demain." Les plus belles histoires commencent souvent par ces mots-là.

Vous revenez demain. Le football pour Philippe n'est qu'un prétexte. Ce qu'il aime dans le foot, ce sont les souvenirs toujours reliés à des gens qu'il aiment.

Un père qui emmène son fils au stade, des amis avec qui on refait le match 40 ans plus tard. Une femme que l'on aime à qui on explique pour la 15e fois la règle du horjeu. Ceux qui prétendent que Philippe David est nostalgique se trompe.

La nostalgie est une sorte de lac aux eaux stagnantes. Philippe David lui est un torrent de transmission. Il ne raconte pas le passé parce qu'il le regrette.

Il le raconte pour que tous les bonheurs qu'il a vécu continuent de circuler. Pourtant, si vous rencontrez Philippe David, vous verrez au hasard d'une ombre qui passe furtivement dans son regard que la vie a laissé chez lui comme chez nous tous, de sérieuses cicatrices. Ce sont les blessures de l'injustice qui ne cicatrisent jamais tout à fait.

Alors, il trimbale avec lui les plais ouvertes de ceux qu'il aimait qui ne sont plus là. et d'autres blessures plus petites, diront certains, comme une nuit andalous dans la chaleur de Séville à l'été 82. Avec tout ça, on ne s'étonne pas que sa chanson préférée évoque le premier copain, le premier amour, la première voiture, la première chanson, toutes ces choses qui semblent éternelles avant de disparaître.

La chanson s'appelle c'est de l'eau, c'est du vent, mais elle ne se termine pas sur le regret, mais au contraire sur un formidable esprit, un formidable appétit de vivre comme Philippe David. [musique] Alors, écoutez-le chaque après-midi et n'oubliez jamais que les rêves d'enfant sont faits pour [musique] être rattrapés.