Discours de Sébastien Chenu (14/10/2025)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames, Messieurs les Ministres, chers collègues, Monsieur le Premier Ministre, bonjour, et Monsieur le Premier Ministre, au revoir. Comme vous le savez, on oppose souvent bonjour et au revoir, alors que dans la langue française, dire bonjour quand on quitte une personne n'est pas incorrecte, tu pars déjà, alors bonjour et à bientôt, écrivait Jules Verne. Alors bonjour Monsieur le Premier Ministre, et nous l'espérons dès demain, au revoir Monsieur le Premier Ministre.
En montant à cette tribune, c'est l'Himalaya d'un pays que vous avez endetté, au-delà de tout, que vous gravissez. C'est la terrasse depuis laquelle vous regardez votre œuvre collective, celle de l'inaction, celle de l'absence de courage politique, celle de la soumission à l'Union Européenne, celle de l'aveuglement idéologique. A n'en pas douter, lorsqu'on vient de vous entendre, le plus dur quand il faut finir, est de commencer.
Missionné pour bricoler un budget se basant sur le plan de votre prédécesseur François Bayrou, vous allez en réalité éteindre la lumière du macronisme. Monsieur le Premier Ministre, vous nous aviez promis la rupture, tant sur la forme que sur le fond, et nous aurons la continuité, et sur la forme, et sur le fond, et sans rien résoudre. Même conseiller ministériel, même premier déplacement, même pratique, même politique, même ministre.
La France s'interroge d'ailleurs sur l'idée lumineuse du retour de Bruno Le Maire la semaine dernière au gouvernement, l'homme de la ruine, réfugié en Suisse, qui aura à la seule évocation de son nom, plongé le pays dans une crise toujours plus profonde. Une crise politique qui permit à feu Bruno Retailleau de s'offusquer de l'idée de siéger à côté de Bruno Le Maire, pourtant issu du même parti politique que lui, alors qu'il roucoulait depuis de longs mois entre Manuel Valls et Elisabeth Borne. Sur la rupture gouvernementale, on repassera.
Entre ministres épuisés, recyclés, débauchés, qui trouvent sur ce radeau de la méduse l'espoir d'exister encore un peu, et technoternes à la déconnexion arrogante du pays réel, ce gouvernement ressemble à celui de l'an 1 du macronisme, et comme dans l'évangile, les premiers seront les derniers. Quelques survivants du gouvernement raffarin, nous rappelant davantage le train fantôme que le futuroscope. Un ministre de l'économie, qui veut la fin du siège de la France au conseil de sécurité de l'ONU.
Un ministre du logement, qui refuse la priorité nationale en matière de logement, lui préférant la priorité amicale. Et quelques ministres LR, désormais prêts à cautionner le contraire de ce qu'ils racontent à leurs derniers électeurs. Par ici, la bonne soupe.
Si les dernières gorgées dégoûtent les Français, ici LR, les abalent cul sec. Et puis, comment ne pas voir avec ce hold-up de la technostructure sur les grands ministères du quotidien, la mainmise de l'État profond, qui gouverne ici en pleine lumière. Cela ne serait qu'anecdotique si ces acteurs ne portaient pas des convictions dangereuses.
A l'image de la nouvelle ministre de l'écologie, militante anti-nucléaire, renforçant dans cette période de crise l'illisibilité écologique de ce gouvernement. Une écolo barbu, on a déjà vu. Une barbu ministre anti-nucléaire, on ne veut pas voir.
Point de rupture sur les hommes, point de rupture sur les politiques. Tout est tenté pour vous survivre à vous-même, une gesticulation piteuse. Walter Benjamin écrivait, la catastrophe, c'est lorsque les choses suivent leur cours.
Et c'est votre objectif, reprendre le cours catastrophique des choses. Durer, tenir, continuer. On fermerait les yeux, on entendrait encore François Béroux.
Alors vous faites semblant, monsieur le Premier ministre, de renoncer à l'utilisation du 49-3 pour mieux achever le débat budgétaire par ordonnance. Vous faites semblant de rompre, alors que votre feuille de route est celle de Bercy, venant puiser 19 milliards d'euros d'impôts dans les poches des Français, en continuant à laisser filer la dépense publique, souvent d'ailleurs la plus toxique. Pour la rupture, vous repasserez.
En revanche, concernant votre bilan, nous allons vous retenir quelques instants. Monsieur Attal, désormais opposant numéro 1 d'Emmanuel Macron, voulait désmicardiser la France en 2024. Le nombre de travailleurs payés au SMIC en 2017 était de 10%, il est de 15% aujourd'hui.
La productivité française était une fierté, elle a baissé de 3,5%. Notre tissu de PME, qui irriguait notre économie, fait...
Leurs faillites n'ont jamais été si nombreuses aujourd'hui, augmentant encore de 3% de 24 à 25. Les courageux dirigeants de TPE, qui forcent notre admiration, ils sont 50% à être payés, moins du SMIC, et un tiers, moins de 1 000 euros par mois, selon leur propre syndicat. Qu'avez-vous fait de notre pays, monsieur le Premier ministre ?
Vous l'avez ruiné, vous l'avez uberisé, vous l'avez insécurisé, vous l'avez dégradé, vous l'avez livré aux prédateurs de tout poil, vous l'avez abîmé. La crise que vous avez créée, vous n'êtes même pas capable de l'assumer, car vous n'êtes jamais responsable de rien. En fait, avec vous, la faute, c'est toujours celle des autres.
Les Gilets jaunes, les Anglais, le Rassemblement national, Trump, Israël, le Covid, les ouragans. En réalité, votre responsabilité, elle est immense. Vous qui êtes là depuis le premier jour, monsieur le Premier ministre, mais c'est surtout celle, évidemment, du président de la République, véritable artisan du chaos.
Le peuple de France crie son incompréhension tous les jours, crie sa douleur, crie ses blessures, crie ses attentes. Vous préférez les ignorer parce que vous avez peur de lui. Vous avez peur du peuple de France.
Alors nous, ici, avec Marine Le Pen, nous sommes le cri du peuple. Le cri du peuple qui veut vivre. Nous sommes le cri du peuple qui veut vivre de son travail, de son talent, de sa créativité, de son agriculture, de son industrie, de son intelligence collective.
Ce peuple qui demande que vous vous attaquiez aux dépenses toxiques de l'État, les agences, les millefeuilles, les planques à copains. Rien dans ce budget. Rien en vue.
Ce peuple qui demande que vous attaquiez à la contribution à l'Union européenne. Elle en vote encore dans ce budget. Au coût de l'immigration, au tabou suprême.
Rien en vue. A la fraude sociale et fiscale. Rien en vue.
A une fiscalité plus juste et tournée vers la croissance. Rien en vue. A l'aide au développement qui ressemble souvent à la gabegie.
Rien en vue. Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des retraités, qui seront encore la variable d'ajustement avec la fin de l'abattement des 10% que vous envisagez, avec le gel des pensions. Quel acharnement !
Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des classes moyennes, avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu, la taxation des tickets restaurants et des chèques vacances. Ils seront encore une fois impactés concernant leur pouvoir d'achat. Eux, bien entendu, ils ne cassent rien, alors vous les tondez.
Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des jeunes, qui verront leur job étudiant fiscalisé, mesquin et si injuste, dans la même logique que la suppression des 5 euros d'APL. Le cri du peuple que nous portons, c'est celui de la France populaire, qui verra, via l'année blanche, le salaire du public et des prestations sociales gelées et un pouvoir d'achat attaqué, encore une fois. Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des Français, qui vivent en dehors des métropoles, qui verront les collectivités, leurs communes davantage impactées encore.
Le cri du peuple que nous portons, c'est celui des Outre-mer, de nos compatriotes de Mayotte, je pense à Anchia Mamana qui est là, qui ont été oubliés de vos préoccupations budgétaires. Pas un mot ! Le cri du peuple que nous portons, c'est celui d'un pays qui ne veut pas mourir, qui ne se résout pas à accueillir 500 000 étrangers par an, et qui mérite que l'effort de justice fiscale que nous, nous proposons au Rassemblement national, avec Marine Le Pen, soit consacré à la relance de la natalité, enjeu majeur que vous ignorez.
Pour la rupture, Monsieur le Premier Ministre, vous repasserez. Dites-le-vous bien, Monsieur le Premier Ministre, nous ne sommes dupes de rien. Nous ne sommes pas achetables, nous ne sommes pas négociables, ni via la proportionnelle, ni via l'arrêt des horloges préconisés par l'économiste macroniste à Guillaume, car votre parole, Monsieur le Premier Ministre, pèse peu, lorsque vous parlez, c'est Emmanuel Macron que nous entendons.
Alors, chacun va prendre ses responsabilités. Qui des LR ou des socialistes se couchera le premier ? Qui viendra en premier au secours de la Macronie et de son Titanic ?
Qui acceptera une des hausses d'impôts, des recettes d'impôts sur le revenu de 10% ? Qui acceptera la fin du dégrèvement des frais de scolarité ? Quel socialiste longera les murs demain parce qu'il n'aura pas voté la censure ?
Embobiné par une hypothétique suspension de la loi sur les retraites, qui ne figure même pas dans le texte budgétaire, leur permettant de justifier le sauvetage de la Macronie, le PS, acheté à pas cher, sera roulé dans la farine, vous aurez le maintien de la réforme des retraites et le déshonneur. Le PS, capable aujourd'hui de demander jusqu'à la suspension de la loi Touraine, sa propre loi pour éviter l'élection. Pauvre Madame Touraine qui doit se retourner dans sa tombe.
Pardon, elle est encore vivante. Les Français vous voient, vous de l'UMPS, ils vous voient du PS au Républicain, ils vous voient vos petitesses, vos insincérités, vos calculs de boutiquier. C'est finalement peut-être encore pire que les échecs de la Macronie.
Vous avez topé, comme vous dites, vous avez topé sur le dos des retraités, des classes populaires, des étudiants, pour échapper au suffrage universel. Comment imaginez-vous un jour, socialistes et républicains, diriger de nouveau notre pays, avec comme seul programme d'empêcher l'alternance, et donc d'empêcher la démocratie ? Il y a pourtant urgence à l'alternance, à retrouver de la stabilité, à récompenser les efforts et les sacrifices imposées aux Français par vos politiques.
Il y a urgence à redonner un cap au pays. Jandane Bardella l'avait indiqué, à redonner un cap au pays, s'il n'y a pas de rupture, alors il y aura censure. Cette censure, elle est méritée, et elle arrive, quoi qu'il en soit.
Elle demande bien sûr du courage, elle demande de la force et de la liberté. Le courage, c'est celui des convictions. La force, c'est celle de résister aux pressions.
La liberté, c'est celle que devrait avoir chaque parlementaire vis-à-vis de sa conscience. C'est votre liberté intérieure, chers collègues, que j'appelle ce soir. Sauvons la liberté, la liberté sauve le reste, déclamait ici Vector Hugo.
Et bien, devant le pays qui le réclame, soyez, chers collègues, libres et forts, soyez des législateurs, soyez des Français, hissez-vous à la hauteur de l'événement, et demain, censurez-les. Bonjour et au revoir, monsieur le Premier ministre. Je vous remercie, monsieur le député.
Merci.