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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 avril 2026 7 minComplaisantMixteÉconomie & entreprisesTransports

Salon auto de Pékin : "C'est clairement une de force pour le gouvernement chinois", affirme le journaliste Benjamin Cuq

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24InvitéFait
    « le plus grand du monde »
  • 0:32PrésentateurFait
    « toutes les marques chinoises appartiennent peu ou prou au parti communiste chinois »
  • 0:41PrésentateurChiffre
    « La Chine c'est 25 millions de voitures vendues par an »
  • 0:49PrésentateurFait
    « c'est le premier marché mondial, il est passé largement devant les Etats-Unis qui plafonnent à 15-16 »
  • 4:43InvitéFait
    « la voiture chinoise est première sur le marché chinois, et en plus, aujourd'hui, elle vend en Europe »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité25 %

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0:00
Présentateur

Et votre invitée ce matin, Marion, est journaliste, spécialiste auto et chroniqueur chez nos amis d'ici.

0:06
Invité

Bonjour Benjamin Cuc.

0:07
Présentateur

Bonjour Marion.

0:08
Invité

Avec nous, alors que le salon de l'auto de Pékin, tout simplement le plus grand du monde, ouvre aujourd'hui des centaines de milliers de professionnels attendus, deux centres d'exposition, c'est l'équivalent de 50 terrains de football en surface, 1400 véhicules, les chiffres donnent quand même le tournis, ça montre la domination chinoise qui s'installe dans le secteur de l'auto.

0:28
Présentateur

C'est clairement une démonstration de force pour le gouvernement chinois, parce qu'il faut savoir que toutes les marques chinoises appartiennent peu ou prou au parti communiste chinois, alors on peut trouver que c'est pas bien, mais bon c'est une réalité. Aujourd'hui, la Chine c'est 25 millions de voitures vendues par an, soit à peu près le tiers des véhicules vendus sur terre chaque année, c'est le premier marché mondial, il est passé largement devant les Etats-Unis qui plafonnent à 15-16, et avec le salon chinois, Pékin, qui s'appelle le Auto China, entend montrer sa suprématie dans le domaine, suprématie qui en dix ans de temps n'est plus trop discutable, dirons-nous pudiquement.

1:08
Invité

Et ça arrive alors même qu'en France on a par exemple des ouvriers de Stellantis qui manifestent contre l'arrêt de la production de voitures sur leur usine historique de Poissy. Là le parallèle il est édifiant.

1:20
Présentateur

Oui, la faute à qui j'ai envie de vous dire, pas ni aux ouvriers ni aux chinois. C'est peut-être au pouvoir public européen, et certainement aussi aux directions d'entreprises depuis 25 ans.

1:34
Invité

Au pouvoir public européen ?

1:35
Présentateur

Ah oui, sans problème. Il y a trois ans de ça, la commission européenne nous a expliqué qu'il fallait mettre des barrières douanières aux voitures chinoises électriques. Les chinois ont dit pas de problème, ok. Six mois plus tard, ils envoyaient des voitures hybrides. Ils envoyaient des voitures hybrides qui étaient aussi performantes que les européennes, voire plus. Et l'Union européenne n'a rien fait contre cela.

1:57
Invité

Donc il faut améliorer nos barrières douanières ?

1:58
Présentateur

Je ne sais pas s'il faut améliorer nos barrières douanières, ou s'il faut être plus vertueux en matière d'automobile et meilleur en matière d'automobile. Mais c'est peut-être ça plutôt vers quoi il faut s'orienter. Parce que la Chine, elle, ne s'embête pas à fermer ses barrières douanières aujourd'hui.

2:20
Invité

Alors qu'il faut quand même rappeler que pendant des années et des années, les voitures les plus vendues sur le marché chinois, c'était des voitures européennes, c'était Volkswagen, c'était Toyota, c'était BMW.

2:33
Présentateur

Oui, et même Citroën, il y a 25 ans, 25-30 ans plutôt, Citroën vendait beaucoup de voitures. suite à un accord de marché signé par François Mitterrand et le président de l'époque, ce n'est pas Xi Jinping, mais je ne me rappelle plus de son nom, peut-être Li Peng, non, Li Peng était le Premier ministre. Jiang Xiaoping, pardon. Et on vendait des Citroën à ce moment-là en Chine. Il y avait même une publicité en France, où on voyait une Citroën ZX qui passait sur la grande muraille de Chine. Et la réalité, c'est que les Chinois ne se sont pas laissés faire sur le mythe de la voiture européenne. Ils ont construit leurs propres marques, un peu comme en France ou en Europe au début du XXe siècle.

3:13
Invité

Ils ont obligé aussi, il faut rappeler ça, ils ont obligé toutes les marques européennes qui voulaient construire en Chine à faire des alliances avec des marques chinoises.

3:20
Présentateur

Ce n'était pas des alliances, c'était des co-entreprises, ce qu'ils appelaient des co-entreprises. C'est-à-dire que si vous vouliez vous installer en Chine, même si vous étiez quelqu'un de très important comme General Motors ou Peugeot ou Renault, vous veniez, vous deviez construire une entreprise avec une micro-entreprise, ce que c'était des micro-entreprises comme Dong Feng, comme BYD à l'époque, qui fabriquaient quelques milliers de voitures. Et 50% de l'entreprise devait être détenue par l'entreprise chinoise. Donc tout le monde y est allé en se disant, on est les meilleurs du monde, on va leur vendre à ces Chinois, avec un espèce de néocolonialisme un peu malsain en plus.

Quand on expliquait le marché chinois, que c'était le plus grand marché du monde en devenir certainement, mais on imaginait que les Chinois ne pourraient pas se passer de Citroën ou de Peugeot, ou de Volkswagen ou de BMW. Et résultat, c'est fini. Un, c'est fini, puis on a donné peut-être un peu de technologie pour les premières voitures. Puis comme les Chinois se sont vite adaptés, ils ont construit, ils se sont dit, ouais, on va faire nos propres voitures. Et le gouvernement chinois a poussé à l'électrification à outrance, mais même pas à l'européenne avec des malus un peu durs. C'est-à-dire que vous n'ayez pas le choix.

Soit vous achetez des voitures chinoises, parce que Pékin était une des vies les plus polluées du monde en altitude, en plus d'une concentration d'air un peu pestilentielle. Résultat, on a acheté les voitures chinoises électriques, et c'est ce qu'ont fait les Chinois.

4:40
Invité

Donc la voiture chinoise est première sur le marché chinois, et en plus, aujourd'hui, elle vend en Europe. Vous parliez de BYD notamment. Donc elle amène en Europe des marques de voitures électriques plus accessibles que par exemple l'été, vous l'avez toujours, Tesla.

4:55
Présentateur

Ah oui, que l'été Tesla, que l'été Renault, que peuvent être BMW ou Mercedes ou Volkswagen.

5:00
Invité

Renault va avoir quand même une R5 électrique.

5:03
Présentateur

Oui, mais elle est sortie, elle fait 4 mètres de long, ce qui est très bien pour une voiture citadine française. Mais à l'arrière, si vous avez des enfants, vous allez leur demander de ne pas grandir dans les 10 prochaines années. Et surtout, par rapport à une voiture chinoise qui arrive, par rapport à une EMG, vous avez un gros SUV à 30 000 euros, même prix. Et la réalité, c'est qu'on n'est pas adapté. On a beau en vendre, mais qu'on n'en vend qu'en France. Les Chinois ont une vocation hégémonique et ils ont compris une chose, c'est qu'ils font des marques aujourd'hui, les groupes chinois font des marques spécialement conçues pour le marché extérieur, le marché européen.

Vous avez un groupe chinois qui s'appelle Cherry, C-H-E-R-Y, qui fabrique deux marques vendues uniquement sur le marché européen, Omoda et Jaiku, et qui sont des voitures tout à fait remarquables, et qui n'ont rien à envier aux voitures européennes.

5:51
Invité

Alors, on a parlé beaucoup de ce problème de stratégie, peut-être aussi de stratégie des constructeurs européens, stratégie peut-être aussi de la Commission européenne dont vous parliez. Est-ce que, pour parler bagnole entre guillemets, est-ce que vous avez des nouveautés que vous allez guetter sur ce salon chinois, sur ce salon de Pékin ?

6:10
Présentateur

Quelques choses amusantes, par exemple la nouvelle BMW Série 7, qui est le facelift, comme on dit, qui est la version 2.0 de la BMW Série 7 actuelle, dont on se rend compte qu'elle n'arrête pas de grandir en taille, puisqu'elle atteint 5,39 m, quand la même, il y a 30 ans, faisait 4,80 m. C'est même plus garable en Europe. Parce que c'est clairement destiné au marché chinois, ou au marché américain, parce que certains constructeurs américains, européens, ont quand même anticipé la transformation vers le monde, et abandonnent quasiment leur marché national.

Vous avez Volkswagen, par exemple, qui fabrique des voitures uniquement pour le marché chinois, qui vient les présenter, et même Audi, constructeur allemand, qui vient présenter une marque Audi, réservée au marché chinois, qui est écrite de manière différente.

7:02
Invité

Donc les constructeurs s'adaptent. Merci Benjamin Cuc. Je rappelle que vous êtes journaliste spécialisé auto-chroniqueur chez ICI, à Radio France. Oui, tous les week-ends. Grand merci de nous avoir répondu sur France Inter.

7:12
Locuteur

Merci Benjamin Cuc.