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interviewC dans l'air· 11 novembre 2025 8 min

Dérapage budgétaire : Bruno Le Maire accuse Emmanuel Macron - Reportage #cdanslair 10.11.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les attaques sont très graves et sont portées dans une partie de l'opinion. - C.Roux: Les oppositions ont sauté sur l'occasion de réclamer des comptes au président de la République sur les dérapages des comptes.

B.Le Maire affirme avoir sonné l'alerte auprès du chef de l'Etat. Au moment où le gouvernement est en plein débat budgétaire qui doit demander des efforts aux Français, la sortie de l'ancien patron de Bercy ne passe pas inaperçue. - Ses opposants politiques l'appellent désormais "l'homme aux 1000 milliards de dette".

B.Le Maire réplique, bien décidé à dire sa vérité. Dans notre documentaire diffusé hier soir, l'ancien ministre de l'Economie affirme avoir alerté le président de la République sur le dérapage des finances publiques.

Le 6 avril 2024, il lui avait adressé cette lettre secrète. ... - B.Le Maire: Quand vous avez beaucoup discuté et avez, à plusieurs reprises en Conseil des ministres, dit qu'il fallait réagir, et que vous voyez tout autour de la table des sourire narquois genre "cause toujours", à un moment donné, vous prenez votre plume.

Je ne le fais pas pour me protéger mais pour protéger les Français. - A l'époque, B.Le Maire plaide pour un projet de loi rectificatif des finances publiques.

L'Elysée, accusé de ne pas avoir réagi, nous répond dans ce mail. Mais pour l'opposition, il y a bien eu dérive. - E.Coquerel: Il y a eu des alertes.

On ne peut pas faire comme si on avait entendu le gouvernement nous dire qu'il ne pouvait pas savoir. Il y a eu des alertes dans tous les sens. Le ministre de l'Economie, c'est ce qu'on apprend, a lui-même alerté le Premier ministre, le président de la République, et rien n'a été suivi de faits. - M.Le Pen crie au scandale. ...

A l'époque, la France sort du covid et du "quoi qu'il en coûte". "Les éléments d'hier ne peuvent pas être regardés avec nos yeux d'aujourd'hui", défend le ministre de l'Economie actuel. - R.Lescure: Je pense que les gens reconnaissent que ça a été utile et que maintenant, il faut sortir de là.

Ceux qui sont encore au pouvoir, y compris à l'Assemblée nationale, j'espère qu'ils se souviennent de ça plutôt que de pointer du doigt les responsabilités passées qui, au fond, importent peu aujourd'hui. - Avancer, c'est ce que tentent de faire les députés. Samedi soir, l'Assemblée nationale a adopté la partie recettes du budget de la Sécurité sociale sur le fil.

Plus de la moitié du groupe Horizons d'E.Philippe s'est abstenue et le RN a voté contre. - J.-P.Tanguy: Quand vous voyez que les Verts se sont abstenus comme les amis d'E.Philippe, quelle est la cohérence politique de tout ce cinéma, si ce n'est éviter la dissolution et les élections? - Symbole du bouleversement des équilibres à l'Assemblée, le texte largement remanié par rapport à sa version initiale est voté par les socialistes, qui se félicitent des victoires obtenues. - B.Vallaud: Nous avons épargné celles et ceux qui travaillent de l'augmentation de la CSG.

Nous nous sommes battus pour celles et ceux pour qui nous nous sommes engagés. Ceux qui ne veulent pas la partie recettes hypothèquent l'avenir et le pouvoir d'achat des Français. - Place aux dépenses et à la question explosive: la suspension de la réforme des retraites, la condition de non-censure des socialistes.

Le bloc central lâchera-t-il du lest? - On a porté cette réforme. Nous n'y sommes pas favorables.

Il y aura une discussion au sein de l'Assemblée. J'ai l'impression que c'est un budget qui ne plaira à personne. C'est probablement un bon compromis. - Si S.Lecornu peut encore espérer avoir un budget, le marathon est loin d'être fini.

Les sénateurs, qui prennent le relais à la fin du mois, prévoient déjà de modifier le texte en profondeur. - C.Roux: Nous allons revenir sur la discussion budgétaire qui se joue en ce moment avec la journée très attendue De la suspension de la réforme des retraites.

Question. Cette question fait référence au dérapage des finances publiques. - B.Jeudy: B.Le Maire dit qu'il y a un trou beaucoup plus important que prévu lorsqu'il va à la télévision en janvier.

Il fait un 20h un dimanche soir après le dérapage constaté fin 23. Immédiatement, il annonce aux Français qu'il va y avoir une réduction des dépenses de 15 milliards. A ce moment-là, les députés savent qu'il y a un souci sur les comptes publics.

De ça, derrière, B.Le Maire s'agace quand il entend successivement la Première ministre et plusieurs de ses ministres, C.Beaune je crois...

En disant "il y a d'autres dépenses qui ont été faites et on n'a jamais averti le ministre des Finances". C'est là qu'il fait ce courrier. Ce courrier, les députés et sénateurs ne le connaissent pas.

Le seul qui réagit, c'est le rapporteur au Sénat qui sent que ça ne va pas et qui décide d'aller à Bercy pour se saisir des comptes. - C.Roux: B.Le Maire dit "l'Etat n'est pas tenu". - B.Jeudy: C'est très rude, mais on ne le connaissait pas publiquement. - C.Roux: Là, il a décidé de le dire publiquement.

Nous sommes en direct avec T.Breton. Vous avez été ministre des Finances de 2005 à 2007 et vous êtes ancien commissaire européen.

Comment avez-vous réagi à la séquence que nous commentons depuis le début de cette émission, c'est-à-dire un ministre des Finances qui dit qu'il a envoyé une lettre au chef de l'Etat pour alerter sur le dérapage des comptes publics? - T.Breton: D'abord, merci de m'accueillir dans votre émission.

J'ai réagi comme quelqu'un qui a été ministre à Bercy et qui sait que c'est fréquemment, pas toujours mais ça arrive, ce qu'il convient de faire. A un moment, le ministre a la responsabilité de prévenir l'exécutif, le Premier ministre et/ou le président de la République. C'est une démarche normale.

Encore heureux que ça se passe comme ça. La vraie question qu'on peut se poser et dont on aurait pu discuter avec lui, c'est s'il a envoyé la même lettre au Premier ministre. Au fond, le patron de l'exécutif est le Premier ministre.

Certes, il demande une loi rectificative, ce qui est normal. Elle doit être discutée par l'exécutif en Conseil des ministres. La vraie question, et je ne connais pas la réponse, peut-être a-t-il aussi envoyé cette lettre ou une lettre identique au Premier ministre.

En tout cas, c'est comme ça que cela doit fonctionner dans un Etat en bonne gouvernance. C'est la responsabilité du ministre que de prévenir. J'ai vu que vous vous interrogiez sur le fait que c'était écrit "secret" dessus.

Encore heureux! Ce sont des informations sensibles aux marchés. Quand on emprunte 285 milliards d'euros,