Diversification des publics : Partager du divers (Les outils du pluralisme culturel, 02/10/2015)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
tout ce que le dialogue interculturel ne va pas de soi et que finalement, au-delà des discours, ce qui importe, c'est de le faire vivre au quotidien et par des projets, par des actions qui mobilisent des populations diversifiées. C'est particulièrement le cœur du sujet de notre table ronde, les populations diversifiées. Et sans être trop longue, laissez-moi vous dire par expérience, mon expérience associative, le monde des auberges de jeunesse, implanté dans 81 pays du monde, qui a un statut à l'UNESCO, a l'habitude de traiter ces questions.
Et juste pour donner une illustration et inviter les membres de la table ronde, les intervenants de la table ronde, à être concrets en même temps, par exemple, un programme qui est assez emblématique, nous en avons beaucoup, les Tours Jumelles, le 11 septembre, a amené les associations nationales de trois pays occidentaux, l'Allemagne, les États-Unis et la France, a appelé avec elles trois associations du monde arabe, la Tunisie à l'époque, l'Égypte, le Maroc et aujourd'hui le Liban. Et nous avons créé un modèle, un programme au départ de dialogue interculturel pour la génération des jeunes d'aujourd'hui. Et ces ambassadeurs des six pays se retrouvent tous les ans dans un des six pays.
Et cette année, c'était le dixième anniversaire, la session s'est tenue en France. Et vous savez qu'on l'a tenue à Paris pour une raison simple, nous avions en toile de fond, hélas, les attentats du 7 janvier, la mobilisation citoyenne du 11 janvier. Et ce que je voudrais vous dire pour terminer ce témoignage, c'est que dans le monde d'aujourd'hui, lorsqu'on rassemble les jeunes sur des sessions qui sont intitulées Être libre et responsable, où on va avoir des ateliers de dialogue interculturel, par exemple sur les stéréotypes, sur les préjugés, sur la religion, il faut savoir que ce ne sont pas des instants qui ne sont qu'éphémères.
Les nouvelles technologies nous conduisent à les amener à dialoguer en permanence via les réseaux sociaux, et pour une fois, d'une manière extrêmement positive. ... sur l'écran actuellement, c'est-à-dire, se pose la question de la diversité et de la concentration, de la pluralité des sources d'informations, des sources de divertissement, de l'accès, l'Internet, faut-il la réglementer, faut-il ne pas réglementer l'Internet, est-ce que les nouveaux joueurs comme Netflix doivent être dans le champ de la réglementation, avoir des obligations, ça c'est des questions industrielles lourdes, pour lesquelles les coalitions sont extrêmement mobilisées, et ça nous interpelle à la fois à l'ère du numérique, de la réforme du droit d'auteur, de l'adoption de plans numériques, c'est discuté en Europe, c'est discuté aussi chez nous, toutes questions, finalement, qui sont des questions où les joueurs, les industries et les créateurs sont interpellés.
Les moyens d'accès sont aussi au cœur de ces politiques, l'accès dans les régions éloignées, l'accès pour les populations défavorisées en termes de politique de prix, l'accès par la bande haute vitesse, et puis, ultimement, mais timidement, des questions de développement des publics, qui relèvent évidemment moins du ministère de la Communication, ou moins du ministère de la Culture, davantage du ministère de l'Éducation nationale. Est-ce que la culture doit être gratuite? Est-ce que c'est la seule façon d'intéresser les publics?
Puis est-ce que ça ne crée pas, finalement, cette attente que, ben, je vais être patient, de toute façon, ça va venir gratuitement tôt ou tard? Alors, il y a un problème de billetterie, puis il y a un problème d'identification de l'offre culturelle, carrément. Participation active, ça aussi, c'est assez risqué, mais comment peut-on faire pour impliquer les jeunes ou les moins jeunes dans la co-décision de l'offre culturelle?
Parce que sortez un jeune à Molière trop tôt, et vous allez peut-être l'écoeurer pour un bon, excusez-moi le Québécois, là, mais vous allez peut-être l'écoeurer pour un bon bout de temps de l'offre culturelle. Lui, il va passer sur les réseaux sociaux, il va lui faire du hip-hop, puis il va dire, moi, je fais mon truc, et puis il y en a marre de ce que l'école ou les parents me proposent. C'est pour dire le contraire.
C'est pour dire que, dans les dernières années, on a fait beaucoup d'efforts à l'égard de tous nos publics. La difficulté à Versailles, c'est d'avoir la même attitude pour tous, que vous soyez expert du grand siècle et professeur à Oxford, que vous soyez un jeune étudiant du Brésil, ou que vous soyez une personne handicapée des Yvelines. Donc, la mission du château de Versailles, c'est d'essayer d'adapter à chacun ce qu'il vient chercher à Versailles, souvent du rêve, souvent la beauté, souvent l'histoire également, et d'essayer de faire comprendre à tous que c'est en étant à Versailles, en feuilletant ce livre d'histoire de la France, comme disait Victor Hugo, et bien qu'on apprend beaucoup de choses qui peuvent structurer votre vie, qui peuvent aussi vous faire plaisir, comme le disait Charles tout à l'heure.
Et je crois que c'est quand même très important de souligner cela, en une période où on voit que la culture peut être malmenée, y compris à Versailles, nous le vivons en ce moment, avec l'exposition à Nishkapour. Et donc, ce que je voulais vous dire, c'est que nos objectifs concernant le pluralisme culturel, et bien ils sont les mêmes que pour tout le reste de notre politique. Et je ne citerai que trois objectifs précis, c'est la volonté de montrer Versailles autrement, c'est-à-dire d'adapter la visite à ceux qui la font.
Le deuxième objectif, c'est de mener les actions dans la durée. Je crois que ce serait très préjudiciable de se dire que pendant six mois, on fait quelque chose avec une association ou avec une institution, et puis on passe à autre chose. Je crois qu'un travail dans la durée est très important.
Je vais citer l'exemple de l'EPID, par exemple, l'établissement public d'insertion de la défense. On a mené une action depuis cinq ans, on a un partenariat pour cinq ans avec l'EPID, qui nous permet d'accueillir des jeunes en grande difficulté, qui viennent non seulement faire des visites, mais une fois qu'ils ont fait ces visites, ils peuvent faire un stage à Versailles. Et ce n'est pas simplement, là aussi, de dire, on passe deux heures à Versailles et on se donne bonne conscience, parce qu'on a montré Versailles à des gens qui n'auraient pas eu le goût ou l'envie d'y venir spontanément.
Et puis enfin, je crois qu'il faut insister sur une chose, c'est qu'il ne faut pas faire des micro-événements isolés. Là aussi, on a quelquefois tendance à se faire plaisir en disant qu'on fait un joli concert, où on accueille des enfants des quartiers défavorisés. C'est souvent très coûteux à monter, et puis on se fait plaisir, on est très ému, parce que c'est très émouvant, mais on est ému un soir.
Et je pense qu'il faut aussi apprendre à travailler sur des événements parfois plus modestes, mais plus durables. On ne peut rien faire tout seul, et que les choses que nous faisons, nous ne les faisons qu'avec des associations très investies. Je ne vais pas toutes les citer, on travaille avec le Secours Populaire, on travaille avec la Croix-Rouge, on travaille avec beaucoup d'associations, et aussi avec des fondations.
Et là aussi, c'est une transition pour vous dire qu'on ne ferait rien sans le mécénat aujourd'hui. ...aspect capital.
Pour nous, l'action culturelle comporte deux dimensions. La culture autour de l'accès à la beauté, on le parlait en parlant du château de Versailles, c'est pour nous très important, parce que les gens ont l'habitude d'être dans du lait, à travers toutes les formes d'expression et de création. La poésie, le théâtre, la peinture, le chant, la danse, qui contribuent à une expression, à un épanouissement personnel et collectif.
La culture aussi autour du champ de la reconnaissance. Toute personne, parce que toute personne est reliée à une histoire, à une expérience commune avec d'autres, qui, quand elle est valorisée, lui ouvre les portes de l'activité humaine, de la participation à la vie de la société dans son environnement immédiat et plus largement. D'où on verra aussi toute l'importance de, si on veut rejoindre les plus pauvres, qu'ils puissent participer à ce qu'on propose comme activité culturelle, il faut qu'ils se sentent reconnus dans ce qu'ils sont et dans leur identité culturelle.
La question culturelle ne va pas répondre aux questions que nous nous posons, mais elle va nous transformer à l'intérieur, suffisamment et pour que tout d'un coup, ce qui est là, nous ayons un peu plus d'âme ou de décision ou d'engagement pour le transformer. C'est ce qu'elle fait de nous qui est une réponse. Là se trouve la dimension libératrice de la culture.
Chabak Festival, which I am festival director. So Chabak is the UK's largest festival of contemporary Arab culture and it was initially founded within the mayor's office, within the city of London. As a one-off, it was envisaged as a one-off festival for one year in 2011, focusing on Arab culture and presenting culture from across the Arab world in the UK.
It happened, it was planned, the planning stage was in 2010 and the festival was due to take place in 2011. Obviously, late 2010, 2011 was a very significant time across the Arab world. And so suddenly this festival started taking on this increased significance in the UK and there was a huge amount of interest in what was happening.
So the festival took place in 2011, as I said, from within the mayor's office, but it incorporated a group of artistic and programme advisors of individuals who were very active in the Arab art sector across London. It came at a moment, again, of intense media activity focusing on the Arab world. And the festival programme covered a deliberately wide and diverse range of works.
We had an opera premiere and we had the first Arab conductor in the Royal Opera House presenting an opera operatic works of Cities of Salt. We had DJ talents from across the region. We had neighbourhood community events in areas with quite a strong density of Arab population called Hafla on the Square.
We took part in the large-scale aid on Trafalgar Square events with an audience of around about 15,000 at that. And we had a densely packed literature festival at the British Library. And we had a showcase work of graffiti artists across East London.
And so for the first time, we also commissioned digital work. We commissioned three web-based works which had a very strong following across the Arab world. And it's been very interesting to see that interaction and see our reaches going beyond just our physical audience in London. ...anniversaire cette année.
L'OFage était très vite après la fondation conscient que le simple regroupement de personnages originaires de différentes cultures ne suffit pas à créer des apprentissages interculturels et qu'un jeune qui part dans un échange individuel ou un groupe doit être accompagné dans son projet. Mais surtout, L'OFage avait compris que l'apprentissage interculturel se produit lorsque surgissent des difficultés, des processus de différenciation, des antagonismes qui ne peuvent être perçus que progressivement et qui ne peuvent être surmontés qu'ensemble. À travers les échanges, on a pu identifier les moments où une pédagogie interculturelle pouvait prendre appui, par exemple, à partir des questions de valeur et à travers un travail sur les préjugés.
Mais il fallait des outils. La formation des animateurs à l'apprentissage interculturel est devenue un point important à l'OFage afin de faciliter l'accompagnement des jeunes dans un processus d'apprentissage interculturel. C'est à partir de ce constat que des méthodes et des outils ont été élaborés.
Par exemple, méthodes pour faciliter la communication, l'animation linguistique, par exemple, la méthode tandem, ou des méthodes pédagogiques, le vademekum pour l'histoire et la mémoire dans les rencontres internationales des jeunes, ou un tête-à-tête pour mieux apprendre la langue. Les textes politiques et les enjeux ont en fait changé depuis 1963. Donc, comment adapter nos savoirs à faire à de nouveaux publics au sein des deux pays, ainsi que dans une approche élargie à l'échelle européenne et internationale.
Et comment, troisièmement, garantir de manière plus générale la diversité culturelle dans les échanges de jeunes. Je vous remercie pour votre attention.
Catherine Pégard