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interviewCNEWS· 29 mai 2026 21 min

La grande interview : Vincent Jeanbrun

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:13
Présentateur

8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Vincent Jeanbrun. Bonjour Vincent Jeanbrun. Bonjour. Ministre de la Ville et du Logement, merci beaucoup d'être avec nous. On va balayer évidemment tous les sujets d'actualité. Demain soir se jouera la finale de la Ligue des Champions PSG Arsenal à Budapest. On craint des violences en France et notamment dans la capitale. Déjà, qu'est-ce que ça dit de l'état de la France ? Qu'est-ce que ça dit de l'état de la société ? Qu'à l'occasion d'un match de foot, qui devrait être une grande joie, on craigne des violences ?

0:43
Vincent Jeanbrun

Moi j'espère que ce sera une grande joie parce que j'espère qu'on va gagner. Et j'espère qu'il y aura plein de Français qui auront envie d'aller faire la fête un peu partout. Et ce que doit faire l'état, c'est les protéger, faire en sorte que la fête se passe bien. Ça veut dire, une chose simple, mobiliser toutes les forces de police et ce qu'a fait Laurent Nunez pour faire en sorte qu'il y ait tolérance zéro avec les casseurs. Parce que vous avez raison de le dire, il y a aujourd'hui une petite minorité qui n'a plus peur d'aller affronter la police. Une petite minorité qui rêve d'aller, qui est extrêmement visible.

Je veux juste rappeler que c'est une minorité parce que les Français majoritairement vont vouloir faire la fête. C'est ça le sujet. Et nous, les pouvoirs publics, on doit leur permettre de faire la fête sereinement. Ça veut dire que les individus qui veulent aller casser, piller, fracasser, il doit y avoir en face une réponse immédiate. C'est ce qu'a promis le ministre de l'Intérieur. Et de fait, tolérance zéro avec les casseurs, les pilleurs et les troubles faites. Ça, ça va être extrêmement clair. Et le dispositif a été mesuré en conséquence, fort de l'expérience des dernières fois. Et donc, on a le droit à la fête dans notre pays. On a le droit de se réjouir. On a le droit à la sécurité.

Et c'est ce qu'a mis en place le ministre de l'Intérieur. Il y a déjà eu des violences le soir de la demi-finale, il y a quelques jours. Comment est-ce que vous qualifiez ceux qui commettent ces agressions ? Ce sont des casseurs, des voyous, des criminels. C'est le même substrat qui a mobilisé les émeutes en 2023, par exemple. C'est des gens qui n'ont pas peur de l'autorité de l'État, pas peur des forces de l'ordre. Mais ils ont raison. Et qui même veulent aller casser, défier. Mais quelle autorité de l'État ? Et monsieur le ministre, quelle autorité de l'État ? Quand des racailles n'hésitent pas à agresser les policiers et qui ne vont pas derrière les barreaux,

2:15
Présentateur

où est l'autorité de l'État ?

2:17
Vincent Jeanbrun

On a un dispositif de sécurité. Maintenant, il y a deux choses. Il y a la police qui va être pleinement mobilisée. Et puis, vous avez raison. Une fois qu'on a attrapé un criminel... La police, elle fait son travail. La police fait son job. Exactement. Mais c'est important de le rappeler. Parce que moi, j'étais dans l'hémissive hier. Oui, mais l'autorité de l'État, c'est... Vous avez certaines formations politiques, la LFI pour ne pas la citer, qui nous expliquent que la police, c'est eux les méchants, que la police tue nos enfants, etc.

Donc, c'est bien aussi de rappeler notre soutien à nos policiers qui sont extrêmement courageux et qui, pour le coup, eux, pendant que les autres font la fête, viennent protéger nos concitoyens. Donc, c'est important. Et ensuite, il y a le système judiciaire qui, probablement, doit être réformé et amélioré pour que la sanction soit beaucoup plus certaine et beaucoup plus immédiate. Parce que vous avez raison. Parfois, vous avez des personnes qui rentrent par la case prison et qui en sortent un peu trop vite, à mon goût. Mais ils ne rentrent pas par la case prison.

3:06
Présentateur

Il y a des racailles qui ont jeté des objets sur des policiers, qui ont jeté des barrières vaubants sur des voitures de police et qui ne sont pas allées en prison.

3:17
Vincent Jeanbrun

Et qui n'ont même pas été condamnées. Vous connaissez mon parcours. Vous savez à quel point je suis ferme sur ces questions-là et à quel point je pense qu'il faut qu'on ait une réponse extrêmement puissante. Vous aviez, il y a quelques jours, Frédéric Péchenard à votre antenne, qui est un ami. Hier, interrogé par Laurence Ferrari. Et qui dit souvent, c'est moins la gravité de la peine que la certitude de la peine qui est importante. Donc, moi, je pense qu'il faut qu'on réforme. Mais l'élection présidentielle sera probablement le moment pour pouvoir avoir ce débat en profondeur. Il y a déjà des choses qui se sont améliorées. Je pense à la loi narcotrafic, par exemple.

On a maintenant des outils beaucoup plus puissants qu'avant. Et pour ce qui me concerne sur le logement, par exemple, la possibilité, à la première condamnation pour narcotrafic, d'expulser de leur logement social les familles connectées au narcotrafic. Ça n'a l'air de rien, mais ça fait la différence quand il y a justement cette certitude. Quand on dit, si vous fautez, il y aura une sanction, n'en ayez aucun doute. Ça, c'est fondamental.

4:10
Présentateur

Alors, vous y faisiez allusion, mais mardi dernier à Marseille, la justice a refusé l'expulsion de leur HLM de deux familles dont l'enfant a été condamné pour trafic de drogue. Pourquoi ? Parce que cet enfant, cet adolescent, causait des troubles à l'ordre public, non pas en bas de chez lui, mais dans un autre quartier. Et si on commet des troubles à l'ordre public dans un autre quartier, la loi ne s'applique plus. On ne peut plus expulser le délinquant. Il y a un petit souci.

4:36
Vincent Jeanbrun

C'est évidemment un souci. Où est l'autorité de l'État dont on parle ? C'est un véritable souci. C'est pour ça que moi, je propose depuis longtemps que le bail social soit un bail renouvelable tous les trois ans. Ce qui fait que dans ces cas-là, il n'y a même pas besoin de judiciariser. On constate les troubles. Et le bailleur dit, ça suffit, au bout de trois ans, on arrête. On évite d'emboliser aussi la justice. On arrête sans reloger ou en relogant ? On peut reloger une partie de la famille, par exemple. Moi, j'ai connu... Donc vous déplacez le problème ?

5:05
Présentateur

Vous relogez dans un autre HLM ?

5:07
Vincent Jeanbrun

Non, non. Quand j'étais maire, j'ai rencontré des mamans solos qui étaient dépassées par des jeunes majeurs multirécidivistes. Et au fond, c'était la question de dire comment on reloge la maman et les enfants tout petits. Et par contre, on sort définitivement du quartier, si possible, de la ville, le délinquant récidiviste. C'est d'ailleurs pour ça que dans le projet de loi logement, on en reparlera. Mais je veux qu'il y ait un droit de veto pour les maires, pour que justement les maires puissent dire, ça suffit, ces familles-là ou ces individus-là... Oui, oui, le maire de la ville puisse effectivement dire stop, il y a des profils, on ne les veut plus sur le territoire.

Parce que là où vous avez raison, c'est que parfois, on expulse une famille de délinquants et on les reloge, voire même on les reloge dans plusieurs logements sur la ville. Ça veut dire que le criminel revoit ses victimes et ça, c'est inacceptable.

5:56
Présentateur

Vous êtes ministre du Logement et de la Ville. Les narcomicides se multiplient, les homicides sur fond de trafic de drogue. Mardi soir à Nantes et à Grenoble, il y en a eu. 10 personnes sont mortes en 6 mois à cause du narcotrafic à Grenoble. On assiste impuissant à la mexicanisation de la France, on l'a dit des centaines de fois, mais elle est là ?

6:16
Vincent Jeanbrun

Ce qui est sûr, c'est qu'on est en train de vivre un phénomène qui est profond, qui est en train de s'enraciner dans les grandes villes telles que celles que vous citez, mais aussi dans la ruralité, et que la réponse doit être à la hauteur de ce qu'on a su faire pour la lutte contre le terrorisme. Ça veut dire une mobilisation de tous les instants, de tous les efforts et de toutes les strates possibles, de la police jusqu'à la justice, en passant par la prison. C'est ce qu'a commencé à faire le gouvernement. Il y a eu ces lois narcotrafiques qui ont été une première avancée.

Il y a eu ces prisons spécialisées portées par Gérald Darmanin en tant que ministre de la Justice, qui fait que déjà, on augmente notre arsenal. Maintenant, plus on embête ces narcotrafiquants, plus la violence est exacerbée et explose. Et donc, il faut que collectivement, en tant que pays, en tant que société, on se dise, oui, ça va être un peu dur, parce que quand on fait passer, par exemple, sur une grande ville de 22 points de deal à seulement deux points de deal, ça tend énormément ces narcotrafiquants, ils se font une guerre acharnée, et ça fait des tirs de rafale, un peu à la mexicanisation, dans les rues. Mais il ne faut pas lâcher. Il ne faut pas lâcher.

Et au contraire, il faut aller jusqu'au bout. Et là-dessus, je le dis, il faut que les citoyens soutiennent nos policiers qui mènent un combat terrible à ce niveau-là. Je le disais, il y a des mesures aussi à prendre, comme l'expulsion systématique des narcotrafiquants. Je pense que ça, là-dessus, il faut qu'on avance. Mais de manière générale, moi, je crois qu'il faut qu'on nettoie les quartiers sur lesquels ils prennent appui, avec une idée simple, c'est que pas de logement social, pas de solidarité pour ceux qui sont condamnés pour des crimes et délits graves. Et c'est une façon aussi, petit à petit, de leur enlever ces points d'accroche qu'ils ont aujourd'hui.

Et il y a un enjeu aussi, c'est de reloger les familles victimes de ces narcotrafiquants beaucoup plus vite. Il y a un enjeu aussi de réfléchir à comment on a un système d'informateur qui soit protégé. Parce qu'aujourd'hui, vous êtes forcé par des narcotrafiquants à être nourris, c'est-à-dire à cacher la drogue chez vous. Si jamais vous allez voir la police pour le dire, le risque, il est quand même majeur d'avoir des conséquences et des répercussions parce qu'on ne va pas vous reloger tout de suite. Donc il y aurait un intérêt à aller aussi créer, au fond, faire une opération manipulite, comme on a eu en Italie, où on fait toute la chaîne.

Il y a une volonté, une mobilisation totale du gouvernement là-dessus. Il va falloir, on sait que ça va prendre du temps, donc il va falloir que ce soit au cœur de nos politiques publiques pour les années qui viennent.

8:34
Présentateur

J'ai l'impression que vis-à-vis du narcotrafique et de la grande délinquance et de la délinquance en général, la France joue souvent en défense et pas en attaque. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, refuse de faire le lien entre délinquance et immigration. Et vous ?

8:51
Vincent Jeanbrun

En fait, si la question posée, c'est est-ce que quand on est immigré et qu'on arrive sur notre territoire, on en revient forcément en délinquant ? La réponse est évidemment non. Ce n'est pas la question. Non, mais c'est pour ça que je le dis. Oui, mais ce n'est plus la question depuis Belgique. On a eu une difficulté à protéger nos frontières. Vous avez des personnes qui sont rentrées illégalement sur le territoire. Donc déjà, par définition, quand vous êtes illégalement sur le territoire, c'est que vous êtes déjà en infraction avec les lois de la République. Donc il y a déjà de fait un lien majeur.

Et puis derrière, effectivement, vous avez des profils qui viennent alimenter des réseaux clandestins, qui viennent alimenter des réseaux de prostitution, qui viennent alimenter des réseaux de narcotrafic. Et donc, évidemment que mieux contrôler qui rentre et qui sort de notre pays, c'est aussi une façon d'influencer les enjeux de délinquance et de criminalité. C'est logique. Mais ce n'est pas une question d'origine ethnique, ce n'est pas une question d'origine culturelle. C'est une question de est-ce qu'on rentre légalement ou pas dans un pays ? Déjà, par définition, on se met hors-la-loi. Est-ce que la lutte contre la délinquance, pour être très clair,

9:46
Présentateur

nous oblige à durcir notre politique migratoire ?

9:50
Vincent Jeanbrun

Vous savez, moi, je crois au fait qu'il faut évidemment contrôler nos frontières et donc protéger. Je le dis à tout le monde de manière très apaisée. Chez vous, vous avez une porte d'entrée avec un verrou. Et vous le faites parce que vous aimez savoir qui rentre et qui sort de chez vous. Pas pour laisser tout le temps la porte verrouillée et fermée, non, mais juste pour pouvoir avoir le contrôle. Et ça, c'est quelque chose qui doit être notre objectif. Et c'est évidemment fondamental. Et puis, vous avez un deuxième sujet. Là aussi, Frédéric Pechner en parlait très bien avant, trente années hier. Il y a la question des OQTF.

L'État prononce une OQTF, dit cette personne n'a plus à être sur notre sol et notre territoire. Et ces OQTF ne sont pas appliqués. Et ça, évidemment, c'est une difficulté. Moi, sur mon périmètre, je m'occupe de ce qu'on appelle l'hébergement d'urgence. Vous savez, en France, on est très généreux. On paye 200, 3 000 places par an à des personnes qui sont sinon à la rue. Et c'est une politique publique très humaine et qu'il faut défendre. Pour autant, c'est vrai que se pose la question, qu'on voyait que le nombre de personnes OQTF, donc qui ne sont plus censées se trouver là...

10:48
Présentateur

En réalité, cet hébergement d'urgence qui est censé héberger des Français qui sont sans abri, sert à héberger des étrangers en situation irrégulière.

10:56
Vincent Jeanbrun

C'est une politique humaine, donc on ne regarde pas l'origine des personnes. Mais par contre, quand vous avez des gens qui ne sont plus censés se trouver là et qui continuent à être hébergés, là, on a une question. Il va falloir résoudre là aussi ce problème, parce que sinon, ça déborde déjà beaucoup et ça risque de déborder encore plus demain. Et comment on le résout, ce problème ? Il faut qu'on puisse appliquer nos OQTF. Vous avez un combat, notamment au Parlement européen, avec la directive retour, qui devrait faciliter de manière significative...

11:24
Présentateur

Vous êtes pour l'utilisation des hubs, comme le prévoit cette directive retour ? Les hubs à l'étranger, où on expulserait les immigrés en situation irrégulière ?

11:33
Vincent Jeanbrun

Je ne peux parler qu'en mon nom, puisque ce n'est pas la position du gouvernement, mais je le défendais quand j'étais député. Donc je ne vais pas vous dire le contraire aujourd'hui. Je pense que ça fait sens, et que ce sont des outils qui permettent d'améliorer notre capacité à la fois à protéger les frontières et à renvoyer ceux qui n'ont pas à être sur notre territoire.

11:47
Présentateur

Ça réglerait le problème de non-expulsion, notamment des OQTF algériens. L'Algérie qui ne veut pas les récupérer, il serait expulsé vers des hubs.

11:54
Vincent Jeanbrun

En fait, c'est fondamental, parce que quand vous avez des OQTF qui ne sont pas censés être là et qui commettent des crimes, comment on va voir les familles qui sont endeuillées, par exemple, en leur disant qu'il n'avait pas à être là, mais on n'a pas été capable de le renvoyer chez lui ? Donc effectivement, ça fera, à mon avis, partie des grands sujets de la présidentielle. Il faut que la France se dote d'outils, comme celui que vous citez, pour qu'on ait un vrai contrôle. Il faut que ce soit des sujets de la présidentielle, mais surtout que ça se transforme en actes. Bien sûr. Mais je pense que pour que ça se transforme en actes, il faut que les Français tranchent.

Il faut un soutien massif de la population française qui s'exprime en disant « ça suffit, maintenant il faut qu'on se dote de ces outils-là ».

12:32
Présentateur

Le maire Danière a envoyé la facture à des familles d'adolescents qui avaient ouvert des bouches à incendie. Tiens, 1000 euros par famille, vous en avez entendu parler.

12:39
Vincent Jeanbrun

Vous le soutenez ? Totalement. Manuel A. Schliemann a raison de le faire. Et je pense qu'il faut là aussi que ce soit beaucoup plus simple et facile pour les maires d'attaquer et de porter plainte sur ces familles. Vous ferez en sorte que ces familles payent vraiment, même si elles disent « on n'a pas l'argent » ? Il faut qu'elles contribuent. Encore une fois, je crois à la responsabilité individuelle. Et donc à un moment donné, s'il faut mettre 30 ans pour payer, il faut le payer. Il faut juste le dire en une seconde. Ce n'est pas un peu d'eau qui est perdu. Ce n'est déjà pas très chouette de perdre un peu d'eau.

Mais le vrai sujet, c'est que vous mettez en carafe tout le système de défense incendie. Ça veut dire que potentiellement, vous mettez en danger les milliers, voire les dizaines de milliers d'habitants du quartier autour de vous. C'est ça le vrai danger. C'est pour ça qu'il faut qu'il y ait des amendes et qu'il y ait des sanctions.

13:22
Présentateur

Votre projet de loi logement devrait être examiné courant juillet à l'Assemblée nationale. Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement. Le calendrier parlementaire est très chargé. Déjà, vous ne craignez pas que votre texte soit enterré ?

13:35
Vincent Jeanbrun

Il va passer ? Enterré, j'ai aucun doute là-dessus. Il y a un soutien plein et entier du Premier ministre qui a annoncé les mesures qui sont dans ce plan logement. Est-ce qu'on arrive à le passer au Sénat ? Puisque c'était l'objectif avant juillet, on va pouvoir le déterminer dans les jours qui viennent. Mais en tout cas, je continue à être pleinement mobilisé pour ça. Les sénateurs sont en demande. Les sénateurs sont en attente de pouvoir avancer sur les projets de loi logement. Il y a déjà eu d'ailleurs une PPL portée par la sénatrice Dominique Assoy-Sazan. Vous avez une proposition de loi sur le logement et un choc d'offre pour le logement.

Et donc, le Sénat est très en demande et en attente. Je pense qu'on peut l'espérer. Mais ce qui est le plus important surtout, c'est qu'on ait le projet de loi qui vient de répondre à une crise majeure du logement. Vous ambitionnez de construire 2 millions de logements d'ici 2030 ? C'est les annonces du Premier ministre et ce sont des annonces qui ont été faites. Et on en est combien là ? Quelques dizaines de milliers ? 2 millions, c'est l'objectif d'ici 2030. 400 000, c'est la moyenne. On savait que la première année, de toute façon, le démarrage serait un petit peu lent.

Et pour pouvoir atteindre ces objectifs, il faut qu'on mette en place le plan logement qui derrière, à travers ce plan de relance, amène de la simplification, l'accélération des projets, etc. Et donc, c'est grâce aussi à ce plan logement qu'on arrivera à atteindre ces objectifs. Mais ce sont des objectifs qu'on n'a pas inventés tout seul dans un bureau. On les a partagés avec ce que j'ai appelé l'équipe de France du logement, c'est-à-dire tous les représentants de la construction, de la promotion immobilière, du logement social, de manière à ce que tous ensemble, on se dise, on va produire les 2 millions de logements que les Français attendent.

C'est du logement privé ou c'est du logement social ? De tout. On mobilise toute la chaîne. Parce qu'il faut du logement très social, il faut du logement intermédiaire, il faut du logement en accession libre, il faut de la rénovation de logements anciens. Et c'est toute la chaîne qu'on mobilise pour réussir à atteindre cet objectif, qui est un objectif majeur. Je crois que la présidentielle se jouera sur cette thématique du logement, parce que derrière, vous avez toutes les autres thématiques. Derrière, il y a la question du pouvoir d'achat, il y a évidemment la question de la transition écologique. Il y a aussi, d'une certaine façon, la question de la sécurité.

On le voit, on a annoncé dans ce plan de relance logement un an rue 3, la rénovation urbaine, avec au cœur et un des piliers fondamentaux, la sécurité. Ça n'avait pas été assez le cas par le passé. Et on voit que quand on transforme la ville, quand on transforme l'urbain, qu'on rajoute des rues, qu'on désenclave, ça sécurise. Et d'ailleurs, ceux qui ne s'y trompent pas, ce sont les narcotrafiquants eux-mêmes, parce que dès que vous avez une rue qui arrive pour réparer un quartier, quelle est la première chose qu'ils attaquent ? C'est les bâtiments des ouvriers, la grue, le bulldozer. Eux, ils ne veulent pas qu'on désenclave ces quartiers.

16:03
Présentateur

– Vincent Jambrun, ministre du Logement, je voulais vous entendre sur ce rapport très critique sur l'encadrement des loyers, qui dit que ça ne fonctionne pas. Il faut le poursuivre ou pas, l'encadrement des loyers ?

16:12
Vincent Jeanbrun

La loi s'arrête dans six mois à l'automne. – Déjà, j'ai dit de manière très simple qu'il ne fallait surtout pas généraliser, parce que c'était quand même l'ambition. – Est-ce qu'il faut l'arrêter ? – Au départ, on nous a dit, on va expérimenter, puis vous verrez, c'est génial, donc il va falloir généraliser. C'est la demande aujourd'hui d'une partie de l'hémicycle à l'Assemblée nationale. Moi, je dis non, Nietzsche, et c'est d'autant plus facile de dire non, qu'effectivement, il y a un rapport indépendant.

16:30
Présentateur

– C'est la gauche qui dit, c'est formidable d'encadrer les loyers, c'est la solution miracle.

16:34
Vincent Jeanbrun

– Le rapport qui est fait par deux économistes totalement indépendants, il nous dit quoi ? Il nous dit, quand vous avez une petite réduction de loyer, c'est 2, 4%, donc ce n'est franchement pas énorme quand on sait ce que ça coûte aux finances publiques. Et on est très loin d'atteindre l'objectif que veut la gauche, puisqu'en fait, ce sont les deux derniers déciles, comment dire ça ? En fait, la classe moyenne très supérieure, qui bénéficie de ce plafonnement des loyers.

Donc effectivement, à titre personnel, moi, je ne suis pas du tout pour poursuivre l'expérimentation, mais je vais malgré tout concerter les maires qui ont, eux, bénéficié de cette expérimentation, et voir s'il est utile de leur laisser un délai, et voir comment on peut aménager les choses. – Donc, vous êtes pour le statut quoi ? Que ça ne bouge pas ? – Ce n'est pas ce que je dis.

17:16
Présentateur

– Ceux qui ne veulent pas l'utiliser, ne l'utilisent pas, et les maires de gauche pourront continuer à l'utiliser ?

17:19
Vincent Jeanbrun

– Moi, j'ai été maire, et j'ai toujours respecté la volonté des maires, et j'entends de toutes parts, y compris de maires, d'autres tendances politiques, par exemple, les maires qui sont dans des zones frontalières, et qui nous disent, on n'arrive plus à loger les nôtres, peut-être que cet outil, si on l'a dans la boîte à outils, peut nous intéresser. Et donc, j'essaie d'aller sans dogmatisme, dans la discussion et la concertation. Pour autant, sincèrement, j'invite chacun à lire ce rapport, on voit bien que quand on contracte les prix, en général, c'est l'offre qui se contracte avec.

17:48
Présentateur

– Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et du Logement. Certains élus France Insoumise, comme Bali Bagayoko, appellent à une insurrection populaire en cas d'une victoire du Rassemblement National à la prochaine présidentielle, donc en 2027. Déjà, quelle a été votre réaction quand vous avez entendu ça ?

18:07
Vincent Jeanbrun

– Pas étonné, toujours choqué, parce qu'on voit bien que la France Insoumise jette de l'essence sur les braises en permanence. On n'utilise pas le moins insurrection en vain. C'est quelque chose d'important et ça montre quelque chose dans l'ADN même de la France Insoumise. Je me souviens, pendant les émeutes de 2023, de M. Mélenchon qui expliquait par tweets que les émeutiers avaient le droit de brûler ou pas brûler, donnant finalement une espèce de caution, un blanc-seing aux casseurs. On se souvient de M. Bompard qui disait « Moi, je veux foutre en l'air la République » avant de préciser, un peu tremblant, « La cinquième, la cinquième ».

C'est ça, aujourd'hui, la France Insoumise et leur logiciel de conflictualisation de tout. Donc non, on n'utilise pas le moins insurrection de manière négligée comme ça, c'est pas acceptable. Et puis derrière, pardon, mais il y a un enjeu démocratique. Donc, est-ce qu'on peut combattre un parti politique ? Oui, et je le fais sans aucune difficulté. Ce sont des adversaires politiques. Mais si on accepte les règles de la démocratie, on accepte que les Français choisissent leurs représentants. Et si le peuple français choisit, il choisira son candidat. Moi, je ne fais pas une logique d'insurrection. Sinon, ce n'est pas la démocratie.

19:16
Présentateur

À propos de 2027, vous faites partie des LR Frondeurs qui ont rejoint le gouvernement sous la présidence d'Emmanuel Macron. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est lancé dans la course à la présidentielle. Il était en Ukraine il y a quelque temps. Il a fait une proposition, d'ailleurs, sur le logement. Il veut faire cavalier seul. Vous le soutenez, aujourd'hui ?

19:35
Vincent Jeanbrun

Moi, je l'ai dit très clairement, je soutiens le rassemblement du bloc central avec la droite pour pouvoir, demain, gagner la présidentielle, pour que nos idées le remportent, remportent le match. Donc, vous voulez la victoire des macronistes ? Non, je veux la victoire de mes idées, des valeurs que je défends depuis toujours. Vous êtes dans un gouvernement macroniste ? Je travaille avec le bloc central avec plaisir, puisqu'on a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. Mais encore une fois, les valeurs de la droite que je défends depuis le tout premier jour de mon engagement politique, c'est celle-là que j'ai envie de voir gagner.

La droite, c'est toujours allié avec le centre, ce sont nos alliés et amis naturels. Et c'est ce bloc-là qui doit pouvoir remporter le match en 2027. Mais pour ça, et les sondages sont très clairs, ça passe par un rassemblement large et un rassemblement autour d'un programme, parce que c'est ça la clé.

20:25
Présentateur

Vincent Jambrun était l'invité de la grande interview CNews Européen, ministre de la Ville et du Logement. Merci beaucoup, monsieur le ministre. Bonne journée à vous, à bientôt. Merci également.

La grande interview : Vincent Jeanbrun — Vincent Jeanbrun · Pourquijevote