Richard Ferrand : "Il faut être humain dans cette affaire, et oublier les chicayas politiques dérisoires"
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Le grand entretien de ce jeudi 29 octobre avec Karine Bécard. Nous recevons le président de l'Assemblée nationale. Vos questions, chers auditeurs, dans quelques minutes au 01 45 24 7000 ou sur l'application mobile France Inter. Bonjour Richard Ferrand.
Bonjour M. Badou, bonjour Mme Bécard.
Merci d'être au micro de France Inter. Quand avez-vous appris que nous serions reconfinés, Richard Ferrand ?
Écoutez, dans la réunion qu'avait convoquée le Premier ministre avec l'ensemble des représentants des assemblées et des groupements politiques, nous avions compris que les mesures de protection renforcées qui s'apparentent au confinement allaient devoir être prises.
Apparemment, vous êtes l'un des rares à avoir compris ce message-là. Beaucoup sont sortis, notamment des leaders des partis d'opposition, en disant que le Premier ministre ne leur avait rien annoncé de clair et que c'était le flou le plus total.
Écoutez, il faut à un moment donné savoir ce que concertation veut dire. Le Premier ministre a rappelé quels étaient l'ensemble des outils de protection qui étaient à disposition. Un couvre-feu renforcé, un confinement partiel, fermeture ou pas des écoles, etc. Et il a demandé à l'ensemble des participants quel était leur avis sur, au fond, les bonnes décisions qui étaient à prendre. Et là, d'ailleurs, ce qui m'a beaucoup frappé, c'est qu'on dit « Ah oui, mais c'est à vous de tout faire et de tout préparer. » On a une responsabilité, on ne veut pas se mouiller.
Et donc, ensuite, ça permet de sortir, y compris prématurément de réunions, pour aller dire à la presse « Rien n'est prêt, tout ceci est improvisé, etc. » Alors, soit on leur demande leur avis, et ils le donnent. Et certains, d'ailleurs, certains collègues, je pense notamment à certains présidents de groupes de l'Assemblée nationale, ont dit, eux, clairement, ce qu'ils jugeaient utile de faire. Donc, il était normal que le Premier ministre concerte d'abord les forces politiques et ensuite les représentants des partenaires sociaux, en rendent compte au Conseil de Défense, et élabore la stratégie que le Président de la République a définie. Ça s'appelle la démocratie.
Justement, Richard Ferrand. Ceux qui y sont allergiques parce qu'ils refusent d'y participer devraient tout de même se remettre un peu en question.
Justement, Richard Ferrand, il y a une vraie question démocratique qui vous est posée, qui nous est posée. Est-ce qu'il est normal que tout se passe dans le secret des conseils de défense à l'Élysée, dans ce qu'on appelle le PC Jupiter ? Au moins, au Conseil des ministres, il y a un gouvernement responsable devant le Parlement. Ça, c'est un vrai problème démocratique, non ?
Ah, je ne le trouve pas une seconde. Et je vais vous dire pourquoi. D'abord, il y a des concertations. Ensuite, il y a un Conseil de défense, où participe évidemment l'ensemble des ministres concernés. Ensuite, il y a le Conseil des ministres. Ensuite, le Président de la République donne les grandes lignes. Ensuite, le Premier ministre, et en cela, je l'en remercie, vient aujourd'hui devant l'Assemblée nationale et devant le Sénat exposer l'ensemble des dispositions qu'il entend prendre.
Et c'est soumis au vote. Oui, mais le vote ne sera pas contraignant pour le gouvernement. Beaucoup considèrent ça comme un contournement du Parlement. Vous êtes mis devant le fait accompli ?
Mais comment c'est un contournement ? Enfin, c'est quand même un peu fort de café. Si le gouvernement ne s'était pas présenté devant l'Assemblée nationale et le Sénat, on aurait naturellement dit que le gouvernement méprisait le Parlement, la représentation nationale, la démocratie, etc. Là, non seulement il y vient, mais par surcroît, il soumet au vote, ce qu'il n'est pas contraint de faire par la Constitution, au vote des deux assemblées, les décisions qu'il prend. Je ne vois pas bien ce qui, dans notre démocratie, aurait pu être fait de mieux.
Et permettez-moi, à ce stade, j'y tiens beaucoup, à rendre un hommage particulier au Premier ministre Jean Castex, qui non seulement fait preuve d'un grand courage, d'une vaillance de chaque instant, mais qui, de surcroît justement, n'enjambe aucune difficulté démocratique, et qui, au contraire, concerte, rassemble et vient devant les assemblées. C'est à son honneur et c'est une pratique qu'il faut souligner.
Malgré tout, Richard Ferrand, soyons précis, le débat à l'Assemblée ce matin à 9h15, il a lieu, certes, mais le détail des mesures ne sera présenté que ce soir, à 18h30, par le Premier ministre Jean Castex. Donc, on débat de quoi ce matin à l'Assemblée ?
Mais, pourquoi vous dites ça, madame ? Vous avez lu, vous, le discours de Premier ministre ? Vous le connaissez ? Non, alors vous l'écouterez.
Mais il donnera une conférence de presse à 18h30, 5h30, avant le début du confinement.
Non, mais, précisément, qu'aurions-nous dit, qu'auriez-vous dit ? Si d'abord, il avait fait une conférence de presse, et que, ensuite, il soit venu, et seulement après, donc, devant le Parlement. Ça, ça aurait été une manière, justement, de ne pas respecter notre vie démocratique. Donc, il vient devant les chambres, et il ne vient pas simplement pour dire des généralités, il vient présenter le dispositif, les dispositifs concrets de mise en œuvre des décisions stratégiques annoncées par le Président de la République, et ensuite, autre exercice démocratique, il viendra devant vous, devant vous et vos confrères, répondre à toutes les questions que vous jugerez pertinentes de lui poser.
Mais toutes ces institutions, qui sont, on peut avoir l'impression qu'elles sont un peu malmenées malgré tout, est-ce que ça ne rende pas l'acceptabilité des décisions plus difficiles pour les Français ? Est-ce que ce n'est pas important d'organiser, probablement, les choses un peu différemment ?
En quoi les institutions sont malmenées ? Je ne comprends pas votre question.
Ben, le Parlement...
Mais enfin, le Parlement...
Les partis, les chefs de parti, qui considèrent qu'il n'y avait même pas d'ordre du jour à la consultation à laquelle ils ont été convoqués à Matignon, auprès de Jean Castex ?
Écoutez...
Les Français entendent ça, en fait ?
Oui, je comprends que les Français...
Donc après, le niveau d'acceptabilité, il est plus difficile, c'est plus compliqué.
Mais enfin, écoutez, si... Vous savez, ceux qui viennent dire que les concertations n'ont pas lieu, ceux qui viennent dire que le Parlement ne serait pas respecté, enfin, vous faites écho à cela, Eh bien, j'aimerais, pour une fois, les entendre dire qu'est-ce qu'il faudrait faire en termes de méthode, et qu'est-ce qu'il faudrait faire en termes de mesure. Parce que, vous comprenez, c'est un peu facile, si je puis dire, d'être tout le temps dans une posture de contestation, jamais dans une posture de proposition, et, au fond, de ne jamais vouloir dire voilà comment il faudrait faire, voilà ce qu'il faudrait faire. Et je pense que ce n'est pas à la hauteur.
Aujourd'hui, nous devons faire bloc, nous devons être unis. Justement. L'heure est grave pour notre pays. Songez tout de même que ce sont 500 compatriotes qui, chaque jour, décèdent de cette maladie. Songez que ce sont, et je veux leur rendre hommage, ce sont des soignants qui, jour et nuit, donnent le meilleur d'eux-mêmes. Et je leur adresse une pensée solidaire, comme j'ai une pensée solidaire pour tous les Français qui souffrent, pour ceux qui ont peur, pour leurs proches, pour leurs parents. Il faut tout de même être humain dans cette affaire, et oublier les chicaillats politiques qui sont dérisoires.
Cette heure grave, elle mérite plus de verticalité ? C'est nécessaire, en fait ?
Eh bien, il fallait que des décisions soient prises. Je crois que, vous savez ce qu'a dit tout à l'heure le professeur Delfraissy à votre antenne ? Oui. Je trouve que ça mériterait d'être passé en boucle. Je crois que tout a été dit sur la riposte graduée qui était nécessaire. Parce qu'on ne peut pas reconfiner le pays simplement sur une prévision. Donc il fallait d'abord ce couvre-feu. Si ça ne suffisait pas, il fallait monter en gamme. Et tout ce qu'a expliqué le professeur Delfraissy, je veux aussi lui rendre hommage. Début du mois de juin, le 2 juin, il avait indiqué qu'il était probable qu'à l'automne, on connaisse une deuxième vague.
Il l'a réaffirmé avec tous ses collègues du Conseil scientifique le 21 juillet. Et pendant ce temps, nous entendions les professeurs Toubiana, Perron, Toussaint, qui venaient nous expliquer que ce sont des petits rebonds épargues, ceci. Ceux qu'on appelle les rassuristes. Oui, les rassuristes, je ne vois plus beaucoup, là.
Ils ont une part de responsabilité. Non, non, mais ce n'est pas ça, c'est que quand on ne sait pas, on se tait. Monsieur Ferrand, on a tous envie de croire, et on avait tous envie de croire que les choses allaient bien se passer. On se souvenait du retour des jours heureux que promettait le président de la République pendant le premier confinement. Vous comprenez malgré tout qu'il y ait cette demande de certitude ou une envie de savoir que la situation peut s'améliorer, que le pire n'est pas forcément devant nous.
Mais, vous savez, vous comme moi, et comme tous les Français, et tous les Français qui nous écoutent, au fond, nous avons deux angoisses. Pas seulement pour nous, mais pour tous ceux que nous aimons. Nous avons peur de la maladie, nous avons peur que ceux que nous aimons puissent mourir, souffrir, et garder aussi des séquelles, voire des handicaps. Bien sûr. Et d'autre part, tout le monde a peur, aussi, pour son emploi, pour sa capacité à revivre normalement le moment venu. Et donc, que voulez-vous, dans ce contexte d'incertitude, mais comme le disait tout à l'heure le professeur Delfraissy, nous progressons, nous allons comprendre.
Mais vous avez oublié une passion, une passion qui est largement partagée, c'est la colère, Richard Ferrand. La colère de très nombreux citoyens qui estiment que les choses n'ont pas été faites dans toute la rigueur que ça nécessite. Et que, par exemple, on voit des métros bondés, il y a des photos qui tournent sur les réseaux, il y a une difficulté à comprendre, à tout simplement comprendre l'ensemble des mesures qui vont nous être imposées.
Écoutez, vous savez, regardons ce que font nos voisins. Je discute fréquemment avec des députés des autres pays d'Europe. Songez que l'Irlande, le pays de Galles, est confinée. Que les Allemands prennent les mêmes mesures que nous. Que le président Sanchez, en Espagne, a également confiné totalement.
Oui, on a fait le point à l'état des lieux dans le journal de 8h.
Bon, eh bien, vous voyez bien qu'au fond, la résurgence et la fulgurance, l'accélération de la propagation de ce virus, eh bien, conduit ceux qui nous gouvernent à prendre des décisions qu'évidemment, ils ne prennent pas tout à fait par plaisir. Personne ne se livrerait à ce type de décision restrictive, simplement si ce n'était pas nécessaire. Donc, il faut prendre cette mesure. Mais ce que je veux rajouter aussi, c'est que chaque citoyen, il ne suffit pas d'avoir peur, il ne suffit pas d'être en colère. Il faut aussi faire attention. Parce que si vous, Mme Bécard, vous, M.
Badou, moi-même, nous sommes malades demain, c'est parce qu'à un moment donné, nous n'aurons pas fait aussi attention que nécessaire, soit parce que... Quand on tombe malade, c'est nécessairement de notre faute. Ben, non, ce n'est pas une question de faute, mais ça veut dire qu'à un moment donné... C'est fort de café, Richard Ferrand. Comment ? Non, c'est fort de café, à entendre. Non, ce n'est pas fort de café, c'est l'exacte vérité. Ça veut dire qu'on ne s'est peut-être pas suffisamment lavé les mains, que l'on n'a peut-être pas suffisamment gardé le masque. Chacun d'entre nous doit être en vigilance pour les autres et pour soi-même, en survigilance.
Et c'est quand on se relâche qu'en effet, eh bien, on laisse ce virus nous attaquer. Et donc, nous devons chacun, pour les autres et pour nous-mêmes, être en très très grande vigilance. Et ce n'est pas une question de faute, c'est une question de responsabilité.
Alors, voilà, mais il n'y a peut-être pas que ça. On voit bien qu'au nom de la liberté aussi, au nom des comportements individuels qui continuent à primer dans nos sociétés, est-ce qu'une démocratie, Richard Ferrand, est ingouvernable en temps de crise épidémique ? C'est un peu ce que disait Pierre Aski à l'instant.
Vous préféreriez donc une dictature ? Alors non, c'est pas ce que je dis non plus.
Je dis juste que pour des responsables politiques, c'est un vrai casse-tête, en fait, d'être dans une démocratie et de devoir gérer ce genre de...
Bah, écoutez, d'abord, je crois que c'est Churchill qui disait ça, que la démocratie était sans doute le plus mauvais des systèmes et qu'il n'en connaissait pas de meilleur. Non, ce que je crois, c'est qu'il nous faut, dans la transparence, dans la compréhension de choses complexes, il nous faut être entourés d'experts, et c'est le cas du professeur Delfraissy et de ses collègues, qui éclairent l'action publique. Il faut ensuite des femmes et des hommes au gouvernement qu'ils soient courageux. Et je crois que le Président de la République est de cette trempe, tout comme les Mme Merkel en Allemagne et comme le sont d'autres dirigeants européens qui prennent les décisions pour protéger.
Parce que, comprenons bien que les décisions qui sont prises...
Et il faut des citoyens qui adhèrent à ces décisions.
C'est un plan de protection, ce n'est pas un plan de punition. Quant aux citoyens, moi je veux aussi rendre hommage quand même aux Français qui, pendant le premier confinement, ont enduré une période qui était tout de même extrêmement inquiétante, désagréable, frustrante, dure à vivre. Et on sait que d'ailleurs des personnes ont perdu le moral à cette occasion, ont perdu leur emploi parfois, ont perdu leur entreprise. Bon, et bien là, à nouveau, nous devons justement faire preuve de solidarité individuelle et collective parce que c'est un défi qui est lancé à la France et à l'Europe que de surmonter cette épidémie.
Mais je partage aussi ce que le professeur Delfraissy disait sur le fait qu'il y aura une fin, il y aura une sortie, mais ne cédons pas non plus aux impatiences.
Mais probablement pas le 1er décembre, comme à Milad.
Moi j'avais 20 ans, dans les années 80, lorsqu'est arrivé le sida. Je me souviens de ce vent de panique où on pensait même que des postillons, justement, pouvaient donner la maladie. Il y a eu une période de grande angoisse collective. Bon, aujourd'hui, on n'a toujours pas de vaccin contre cette maladie. Mais on a trouvé, au fur et à mesure du temps, des traitements qui font qu'aujourd'hui, des personnes qui ont été touchées peuvent avoir une vie normale.
Et surtout, on a en mémoire les mots du président de la République le 14 juillet, quand il disait que nous serions prêts en cas de deuxième vague. Et ce n'est pas le cas. Comment l'expliquer ?
Qu'est-ce qui vous autorise à dire que ce n'est pas le cas ? Est-ce que vous pourriez étayer votre affirmation ?
Alors, le principe, M. le Président de l'Assemblée nationale, c'est que nous posons des questions et que vous, ils y répondez. En l'occurrence, c'est dans ce sens-là que ça se passe une interview. Oui, je sais, mais c'est dommage que votre affirmation
ne soit pas étayée. Ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui... Mais justement, on va donner la parole aux auditeurs et vous allez comprendre, Richard Ferrand. Je vais essayer d'y répondre. Donc, aujourd'hui, on sait qu'on est mieux préparé que nous l'étions en mars-avril, où là, il y a eu une sidération collective. On sait qu'aujourd'hui, il faut justement faire en sorte que les services de réanimation ne craquent pas, parce qu'il ne faut pas qu'ils soient totalement submergés, d'où la logique de casser la chaîne de propagation.
Bonjour, Étienne, et bienvenue sur France Inter.
Oui, bonjour à tous. Vous m'entendez ?
Oui, très bien.
D'abord, une toute petite parenthèse pour France Inter. Je pense que ce qui s'est passé dans les rues de Vienne, dans l'Isère, où j'habite personnellement hier soir, est suffisamment grave pour qu'éventuellement on en parle aux infos nationales. Bref, ce n'est pas de ça dont je voulais parler. Je suis directeur d'école, donc d'une école de 320 élèves. Nous sommes jeudi matin, la reprise est lundi. Et les enseignants, je pense que dans l'immense majorité, considèrent comme nécessaire de continuer la classe en présentiel. Il n'y a aucun problème par rapport à ça.
Mais nous sommes jeudi matin et nous n'avons aucune information officielle concernant les conditions sanitaires, le protocole sanitaire de la reprise. Alors, je ne sais pas s'il y a des gens qui imaginent au lieu qu'on met une école en état de fonctionner selon un protocole spécifique en deux jours, ce n'est pas le cas. Et on va laisser Richard Ferrand vous répondre. Il y a une liberté énorme à ce niveau-là.
Et vous avez une illustration de ce que je vous disais, Richard Ferrand. Que répondez-vous à Étienne ?
Bien, d'abord, j'entends le message de ce directeur d'école qui, au fond, se pose une question. Est-ce qu'il y aura un protocole sanitaire différent de celui qui était appliqué jusque-là, lundi, au moment de la rentrée ? A ma connaissance, le ministre de l'Éducation nationale fera connaître les précisions qui seront nécessaires pour aborder la rentrée scolaire. Mais, permettez-moi de dire, pour avoir des enfants scolarisés et pour circuler dans les communes et les écoles de ma circonscription, que, d'ores et déjà, aujourd'hui, les professeurs, avec le concours des mères, ont pris une série de dispositions pour se protéger et protéger les enfants.
Et je ne vois pas bien, aujourd'hui, ce qui devrait être particulièrement renforcé, puisque cela fait des mois, maintenant, depuis la rentrée scolaire, que les directeurs et les élus ont pris les précautions nécessaires.
Alors, on a le message également de Solange qui nous écrit « Je suis en colère par ce pseudo-confinement. Cette mesure ne changera rien. Tout le monde peut aller travailler. Les enfants vont aller à l'école. Les grands supermarchés vont rester ouverts et vont être bondés en période de Noël. Dans deux semaines, je parie qu'on va renforcer les mesures. La politique du gouvernement mise en place ressemble à du marketing. Qu'est-ce que vous répondez à Solange, Richard Ferrand ?
Pour ma part, je pense que la politique du gouvernement répond à des impératifs de protection, est éclairée par les conseils du conseil scientifique et des Français les plus capés en matière d'épidémiologie et que, par conséquent, il n'y a pas de marketing particulier.
Mais on ferme des petits commerces et on laisse ouvert des grands supermarchés. Est-ce qu'éventuellement, il n'y a effectivement pas un paradoxe ?
Ce qu'il faut arriver à mesurer, c'est que l'enjeu, au fond, c'est de limiter les interactions humaines. C'est-à-dire, moins on circule, moins on voit du monde, moins on a le risque de recevoir ou de donner le virus. C'est pour ça qu'il y a la fermeture d'un certain nombre de commerces. Après, il faut bien que l'on puisse accéder aux denrées alimentaires, il faut bien qu'on puisse aller faire les courses pour manger, il faut bien qu'on puisse accéder à un certain nombre de gens.
comme par exemple à Paris sur la ligne de 13 et vous connaissez ces photos qui font le tour des réseaux. Il y a une forme de paradoxe, justement, qui rend difficile l'acceptation des mesures.
Mais je le comprends, bien sûr, mais cela étant, lorsque l'on est dans le métro, on sait bien que l'on est, à certaines heures, collés les uns contre les autres. Mais ce que j'observe, c'est que tout le monde est masqué, qu'il y a assez peu de conversations, que je vois beaucoup de Français qui prennent soin de se laver les mains avec leurs petites bouteilles de gel hydroalcoolique avant de monter dans le métro et quand ils en sortent. Je crois que les Français prennent toutes les précautions. Mais dans le même temps, dans le même temps, il serait juste impossible parce qu'il y a cette angoisse de l'emploi tout comme il y a l'angoisse de la maladie.
Il serait impossible et pas souhaitable de dire bien écoutez, on reconfine de manière massive, généralisée et totale et tout le monde reste chez soi. Je crois que nous avons tiré des enseignements de la première vague, qu'il y a eu ce dialogue avec des partenaires sociaux même si évidemment le télétravail chaque fois qu'il est possible doit être favorisé, doit être maximisé si je puis dire pour protéger le plus grand nombre des Français qui peuvent faire du télétravail.
Bonjour Fabien, bienvenue sur France Inter.
Bonjour, je connais un petit peu Richard Ferrand il y a quelques années pour un spectacle au bord du canal de Janta Brest et justement à propos de culture je suis comme tous les acteurs culturels au Saint-In sidéré, abasourdi de l'absence totale de prise en considération du secteur culturel dans le discours présidentiel. Comment interpréter ça ?
C'est assez incroyable d'imaginer que les lieux culturels qui se sont retroussés les manches depuis des mois pour que les artistes reprennent les plateaux pour que le public revienne en salle avec des mesures sanitaires drastiques qui sont parmi les lieux les plus sûrs à l'heure actuelle d'un point de vue sanitaire soient les grands oubliés et qu'on soit finalement contraint de fermer au public alors qu'on a tout fait pour rouvrir. Donc comment interpréter ça si ça n'est peut-être une certaine vision de la société où la culture serait superfue ?
Votre réponse Richard Ferrand votre réponse à Fabien ?
Je ne crois vraiment pas que ce soit le regard qui est porté sur le monde de la culture Madame Bachelot a eu l'occasion clairement de dire l'importance au contraire que nous accordons au monde de la culture. Songez qu'il y a encore quelques jours ces 2 milliards et demi qui ont été mis sur la table par le Premier ministre pour venir justement au secours si je puis dire du monde de la culture qui en effet est naufragé par le fait par le fait qu'il faut limiter les rassemblements donc les jauges etc. Et là encore personne ne dit que les acteurs culturels ne prennent pas toutes les mesures de sécurité.
Vous avez raison de dire que les théâtres sont sûrs les cinémas sont sûrs mais l'enjeu les librairies indépendantes ont peur de mourir. C'est de limiter les déplacements les déplacements humains l'enjeu c'est de limiter les interactions qui peuvent générer cette propagation du virus. Cela fait partie et la culture est touchée comme d'autres secteurs cela fait partie des nécessités de l'heure pour sauver des vies avant tout.
Un mot Richard Ferrand toujours à propos de la démocratie est-ce qu'il faut reporter les élections régionales alors que la pandémie est toujours là ?
Vous savez j'ai eu l'occasion de dire que les élections ce n'est pas simplement le fait de voter parce que là aussi on pourrait dire c'est aussi ça bien sûr c'est aussi ça mais ce n'est pas que ça parce qu'évidemment si on peut aller acheter une baguette de pain on peut donc aller voter mais enfin une élection c'est aussi une campagne électorale ce sont des débats c'est la capacité d'aller vers les citoyens de faire du porte-à-porte d'aller les interroger sur comment ils envisagent les choses pour la région ou pour le département et donc dans ce contexte ça peut avoir lieu fin mars ou pas ?
Donc ma réponse à moi et j'ai eu l'occasion de le dire à monsieur Debré qui consulte vous le savez Jean-Louis Debré c'est un président
du conseil constitutionnel
et de l'Assemblée nationale qui en effet fait des consultations que dès l'instant qu'on ne serait pas en capacité de mener des campagnes électorales et donc de faire vivre la démocratie alors la sagesse comment on devrait de les reporter ?
Avant de vous laisser filer présider la séance de ce matin je voudrais vous faire réagir Richard Ferrand à la dernière caricature de Charlie Hebdo la une de cette semaine on y voit le président turc Erdogan en petite tenue buvant une bière soulevant la robe d'une femme musulmane pour regarder ses fesses
vous l'avez vu ?
En découvrant ce dessin qu'est-ce que vous avez dit ?
J'ai souri et je me suis dit c'est bien du Charlie C'est bien du Charlie ?
Mais cette nuit vous avez vu aussi un haut responsable de l'ONU appeler au respect mutuel elle est difficile à trouver finalement cette ligne de crête ?
Non, moi je crois que dans la France telle que nous l'aimons on a le droit de caricaturer et de dire ce que l'on veut et on a le droit de s'indigner si on est choqué
Est-ce que le parlement sera confiné ? C'est aussi simple que ça Est-ce que le parlement sera confiné ?
Nous avons déjà pris des mesures de demi-jauge mais vous savez pendant la première vague nous n'avons pas cessé un jour de travailler ou de siéger donc nous allons discuter des modalités à prendre mais le télétravail va être renforcé il était déjà mis en place et par ailleurs nous sommes ce qu'on appelle en demi-jauge c'est-à-dire que nous avons divisé par deux le nombre de parlementaires admis en commission et dans l'hémicycle
On vous libère Richard Ferrand vous devez filer à l'Assemblée Nationale pour le débat qui paraît-il sera ou le je ne sais pas si vous partagez ce sentiment Il sera démocratique Merci et bonne journée en tout cas Merci
Merci
Richard Ferrand