Contre-Matinale #80 | Travailleurs, médias autonomes : Ceux qui "emmerdent" Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 18 %Attaque 62 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:07OuverteRéponse directe
Bonjour. Vos revendications sont claires : SMIC à 1700€ net, RSA pour les moins de 25 ans... Pourquoi cette urgence ?
- 9:58OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez des propositions de candidats qui vous ont séduites ou déplues ?
- 11:08OuverteRéponse directe
Valérie Pécresse propose d'augmenter les salaires nets de 10% jusqu'à 2800€ net. Qu'en pensez-vous ?
- 11:39RelanceRéponse directe
Quelle est votre réaction sur la proposition de Valérie Pécresse de diminuer les cotisations pour augmenter les salaires ?
- 12:25OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron propose un 45h pour les jeunes de 18 à 25 ans. Quelle est votre réaction ?
- 13:30RelanceRéponse directe
Quelle est votre réaction sur le temps de travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:11InvitéPromesse
« Un SMIC à 1 700 euros net, pas de retraite ou de chômage en dessous du SMIC, des augmentations de salaires, pensions et minima sociaux de 400 euros, un écart de salaire de 1 à 5 entre les plus bas et les plus hauts salaires dans les entreprises privées, les administrations et les établissements publics, et l'attribution du RSA au moins de 25 ans. »
- 8:35InvitéFait
« Tous ceux qui nous ont soi-disant sauvé la vie, enfin soi-disant qui nous ont sauvé la vie en grande partie, tous ceux qui étaient en première ligne durant cette période du Covid. »
- 8:57InvitéFait
« Tous les discours sur le fait de revaloriser les salaires, le fait de revaloriser aussi les carrières de toutes celles et ceux qui étaient en première ligne ou en deuxième ligne ensuite, c'est resté lettre morte. »
- 9:23InvitéFait
« Un point d'indice qui est toujours gelé depuis dix ans. »
- 11:43InvitéFait
« Cette méthode, c'est une fausse augmentation, en fait, puisqu'en fait, les cotisations sociales, c'est bien aussi, en fait, c'est du salaire en soi. »
- 12:09InvitéFait
« En baissant les cotisations, on appauvrit, en fait, ce qu'on appelle le salaire socialisé, et qui vient en renfort, en cas de pépin dans la vie, etc. »
- 18:30InvitéChiffre
« On a vu récemment, là, il y a un rapport d'Oxfam qui nous dit qu'il y a quand même 236 milliards en plus pour les plus grands milliardaires en France. »
- 19:12InvitéChiffre
« Il y a 10 % de la population française qui a besoin maintenant de l'aide alimentaire pour vivre. »
- 19:29InvitéPromesse
« Qu'il y ait, entre les plus bas salaires et les plus hauts salaires, une échelle de 1 à 1 à 5. »
- 22:35InvitéFait
« Le principe de cette réforme, ça a été de diminuer le montant des indemnisations, particulièrement pour ceux qui étaient en intermittence de l'emploi. »
- 22:57InvitéFait
« Ça veut dire que ceux et celles qui ne travaillent pas ou qui n'ont pas assez travaillé durant les mois antérieurs, ils auront moins après en indemnité. »
- 23:27InvitéFait
« On sait qu'avec les nouveaux critères, il y a moins de personnes qui sont considérées comme chômeurs et chômeuses. »
- 23:50InvitéChiffre
« Il y a la moitié des chômeurs et chômeuses qui n'ont plus rien, qui n'ont plus d'indemnités. »
- 34:20InvitéFait
« Gérald Darmanin a annoncé vouloir dissoudre Nantes Révoltés. »
- 34:11InvitéFait
« Le 22 janvier dernier, c'est leur page Instagram, propriété de Facebook aussi, qui leur a été supprimée sans justification. »
- 47:08InvitéFait
« Si on gomme tout ça et si on estime que c'est juste de la propagande, qu'est-ce qui nous reste aujourd'hui ? Il va nous rester que les médias qui appartiennent aux milliardaires. »
- 51:44InvitéFait
« La définition d'appel à la haine dans la tête du gouvernement, c'est tout appel à la haine, toute contradiction peut être interprétée comme un appel à la haine. »
- 1:04:22InvitéFait
« se fermer de personnes qui ont 17 ans, 18 ans, 19 ans et qui pourraient avoir des choses intéressantes à nous dire et une vision qui n'est peut-être pas la nôtre de la société de comment la faire changer. »
- 1:05:13InvitéFait
« peut-être que Darmanin pourra le mettre dans le dossier aussi. »
- 1:08:23InvitéFait
« à Brassens déjà plusieurs interpellations et des rapports musclés avec les lycéens. »
- 1:08:36InvitéFait
« Tu parles de violence là mais c'est vrai que c'est quelque chose pour une poubelle mal placée il y a une violence disproportionnée. »
- 1:10:40InvitéFait
« la violence elle n'est pas nouvelle les blocus lycéens ils se sont déjà fait taper dessus pendant très longtemps »
- 1:10:56InvitéFait
« la moindre poubelle déplacée comme disait Louise fait que la répression va être intense »
- 1:11:32InvitéFait
« les manifestations elles se font contre un ordre établi qu'il représente »
- 1:11:49InvitéFait
« la mise au pas elle est là et elle est extrêmement violente elle est mortifère et elle fait du mal »
Temps de parole
- Invité22 %
- Invité 220 %
- Invité 318 %
- Présentateur17 %
- Invité 417 %
- Invité 52 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour le monde et bienvenue sur Le Média pour notre contre-matinale quotidienne. Je suis ravie de vous retrouver ce matin. Ne vous en faites pas, Théophile revient dès lundi. Et en attendant, vous serez donc avec moi, mais pas que. Vous allez voir tout ça. Merci de toujours autant soutenir notre information indépendante dont on a tant besoin, vu au rapport du contexte politique et social que l'on vit en ce moment. Rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien, mais aussi en like et en commentaire. Donnez-nous de la force, donnez-vous de la force. Nous sommes le jeudi 27 janvier 2022. Il est 7h35, la contre-matinale numéro 80 déjà. C'est parti.
Au programme d'aujourd'hui, urgence, salaire, grande mobilisation et manifestations intersyndicales et interprofessionnelles sur la question des salaires et du travail cet après-midi. On reviendra sur le fameux et gros thème du travail, des travailleurs, des chômeurs aussi, les conditions de travail dégradées ou encore les acquis sociaux en danger en ces temps de campagne présidentielle. Nous recevons Muriel Gilbert, co-déléguée de l'Union syndicale solidaire, pour parler de tout ça. En deuxième partie d'émission, vous retrouverez mon camarade Jemil Sanli pour une interview exclusive avec des membres de Nantes révoltés et cerveaux non disponibles.
Vous savez, ces deux médias alternatifs et militants gérés par des collectifs autonomes. Sans doute les connaissez-vous. Ils sont bien connus des milieux de gauche. Eh bien, ces deux organisations sont dans le viseur des GAFAM et de l'État. Gérald Darmanin a annoncé vouloir dissoudre Nantes révoltés quand cerveaux non disponibles, de son côté, se voient attaqués sur les réseaux et privés de leur page Instagram. En attendant, c'est notre revue des unes, c'est la titrologie.
Alors qu'aujourd'hui même aura lieu une journée de grève interprofessionnelle pour réclamer le relèvement des salaires, pensions et minima sociaux, je le disais, « Le quotidien d'inspiration communiste, l'humanité, nous offre une une en plein dans l'actu. Salaire, 80% des Français pour une hausse générale, peut-on ainsi lire ? 80%, c'est le résultat d'un sondage commandé à l'Institut Ipsos par l'humanité, justement. Un résultat sans appel, l'indicateur de légitimité atteint un niveau extrêmement élevé, indiquait ainsi à l'humain Frédéric Dhabi, directeur général opinion de l'IFOP.
D'autant plus que l'adhésion des Français à une hausse généralisée des salaires transcende les clivages sociaux et générationnels, nous explique l'UMA. Elle est à 86% dans les milieux populaires et tout de même à 74% parmi les CSP+, et à 78% chez les chefs d'entreprise. Des chefs d'entreprise qui doivent se rendre compte sur le terrain qu'une telle mesure est désormais inévitable. Mais de quoi se plaint le peuple ? Le nombre de chômeurs au plus bas depuis 10 ans, c'est le titre des Echos, le quotidien économique cher à Bernard Arnault, qui vient comme pour contrebalancer la mauvaise humeur de l'humanité.
Les Echos reconnaissent tout de même la persistance d'un indicateur préoccupant, un nombre très élevé de chômeurs de longue durée. Enquête, le juteux business des tests, c'est le grand titre du quotidien Libération. Libération qui parle de « narines à sous » dans une référence à « machines à sous », tant la généralisation des tests a dopé le chiffre d'affaires des pharmaciens. Des pharmaciens auxquels des margoulins proposent une forme de partenariat. En gros, tu me files ta couverture légale et moi j'installe pour ton compte des barnum, c'est-à-dire ces tentes sous lesquelles on fait des tests à la volée et je fournis le matériel et les effectifs.
Les sociétés de service qui s'adonnent à ce business très rentable peuvent réaliser chaque jour un chiffre d'affaires de 2 500 euros par barnum et faisant travailler des étudiants sous des températures en dessous des normes et souvent sans être déclarés. Et c'est la Sécurité sociale qui trinque. En un mois, la Sécurité sociale a dépensé tout le budget qui lui a été alloué pour le remboursement des tests pendant toute l'année 2022. Le Figaro titre sur Omicron qui relance l'espoir d'une immunité collective. Omicron qui est un peu virulent et très contagieux.
« Nous sommes à des niveaux de circulation jamais mesurés pour aucun virus », c'est ce que fait remarquer Bruno Canard, virologue à l'Université d'Aix-Marseille et directeur de recherche au CNRS. C'est NRS, pardon. « Le Monde, de son côté, titre sur l'international, l'Afrique de l'Ouest dans la spirale des putschs. » C'est le titre du grand quotidien du soir, contrôlé en partie par le milliardaire Xavier Niel.
Face au discrédit des élites politiques, les militaires s'imposent comme un dernier recours, écrit Le Monde, qui fait aussi remarquer que la France, ancienne puissance coloniale présente sur le terrain avec la force Barkhane, est accusée de ménager les putschistes conciliants et de sanctionner ceux qui affichent leur indépendance. Petit moment d'autopromo, vous pouvez regarder à ce sujet l'échange entre nos journalistes, Théophile Kouamuo et Thomas Dietrich, le titre de la vidéo disponible sur YouTube et sur notre site « Coup d'État au Burkina, qui est derrière tout ça ? » Du côté de la presse indépendante en ligne, deux papiers qui ont suscité notre curiosité.
Macron 2017, la preuve que l'affaire a été enterrée, titre Mediapart. De quelle affaire s'agit-il ? D'une enquête concernant des prestations suspectes durant la campagne présidentielle de 2017, des prestations de sécurité pilotées par Alexandre Benalla, en plus de celles de l'équipe officielle de protection, des prestations caractérisées par de nombreuses infractions pénales, du travail dissimulé notamment, qui pourraient altérer la sincérité des comptes de campagne ? Comment l'affaire alors a-t-elle été étouffée ?
Le préfet, Cyril Maillet, patron du Conseil national des activités privées et de sécurité, nommé par Emmanuel Macron, a tout simplement estimé, contre l'avis de ces trois chefs et sous-directeurs qui demandaient des poursuites administratives, et bien ce préfet a donc estimé qu'il était urgent de classer l'affaire sans suite avec l'argument que voici, relayé par Mediapart. Cette affaire est bien trop vieille pour continuer à enquêter dessus. Circuler, il n'y a rien à voir. Le vote en ligne de la primaire populaire est-il sécurisé ? C'est le titre en forme de question d'un article du magazine en ligne de la culture numérique.
Alors que c'est aujourd'hui que commencent les opérations de vote en question. Alors selon Numérama, une fraude est possible, mais pas de gros risques. Numérama raconte par exemple que des membres de l'équipe ont pu créer trois comptes dans l'objectif de voter avec le même nom et depuis la même adresse IP, mais le mécanisme n'est manifestement pas aisé à dupliquer massivement, notamment en raison de la barrière de la carte bancaire qu'il faut utiliser pour voter. Tout augmente sauf les salaires. Rendez-vous le 27 janvier, écrivez Solidaires en début d'année en lançant leur campagne Urgence Salaire.
Et ça y est, aujourd'hui a lieu donc cette grande journée interprofessionnelle et intersyndicale de mobilisation de manifestations pour les salaires. Pour revenir sur le fameux et gros thème du travail, ces travailleurs, ces chômeurs aussi, les conditions de travail dégradées ou encore les acquis sociaux en danger, nous recevons Muriel Gilbert, co-déléguée de l'Union syndicale solidaire. Bonjour.
Bonjour.
Aujourd'hui, vos revendications sont assez claires. Un SMIC à 1 700 euros net, pas de retraite ou de chômage en dessous du SMIC, des augmentations de salaires, pensions et minima sociaux de 400 euros, un écart de salaire de 1 à 5 entre les plus bas et les plus hauts salaires dans les entreprises privées, les administrations et les établissements publics, et l'attribution du RSA au moins de 25 ans. Voilà donc pour les revendications d'aujourd'hui. Je le disais, vous lanciez début janvier votre campagne Urgence Salaire et vous insistiez bien sur le mot urgence. Est-ce que vous pouvez nous raconter aujourd'hui pourquoi cette campagne et pourquoi cette urgence ?
En fait, ça a commencé, on a eu un congrès solidaire déjà fin septembre et déjà à ce moment-là, on s'est dit que cette question des salaires, elle devenait centrale parce que le constat, c'était qu'il y a de plus en plus finalement de parties de la population qui se précarisent et qui s'appauvrissent. Voilà donc, et ça a été confirmé au fur et à mesure en fait, la remontée de ce qui nous revenait des syndicats de solidaires à l'automne et on a vu plusieurs en fait mouvements de lutte dans des entreprises commencer. Voilà, que ce soit aussi dans des entreprises du commerce ou un peu de l'industrie.
Après, il y avait aussi les grosses mobilisations sur la santé parce qu'on a bien vu aussi à quoi étaient réduits nos infirmiers et les infirmières, tous ceux qui nous ont soi-disant sauvé la vie, enfin soi-disant qui nous ont sauvé la vie en grande partie, tous ceux qui étaient en première ligne durant cette période du Covid. quelque part, on sort tout doucement de cette période-là, mais pas vraiment. Et en tout cas, tous les discours sur le fait de revaloriser les salaires, le fait de revaloriser aussi les carrières de toutes celles et ceux qui étaient en première ligne ou en deuxième ligne ensuite, c'est resté lettre morte. Donc pour nous, il y avait urgence, urgence sur les salaires.
Donc après des mobilisations suite aux premières négociations annuelles obligatoires dans le privé, suite aussi à des négociations dans la fonction publique avec un point d'indice qui est toujours gelé depuis dix ans, c'est une évidence et ça s'impose. Et je pense qu'aujourd'hui, cette journée du 27, elle est aussi quelque part une espèce de cri qui dit jusqu'à quand on va en fait accepter que les plus riches s'enrichissent au détriment des plus pauvres et des plus nombreux et des plus nombreuses surtout.
On reviendra sur plusieurs choses que vous venez de dire. Le but de ces mobilisations qui s'enchaînent, comme vous venez de le dire, c'est d'inscrire la question dans la campagne présidentielle parce que ça arrive, les élections. Et c'est vrai que le thème du salaire revient beaucoup dans les agendas et les programmes des candidats. Est-ce qu'il y a des propositions qui vous ont séduites ou au contraire d'autres qui vous ont déplu ?
Alors bon, nous, on pratique un syndicalisme où la question de l'indépendance vis-à-vis des partis politiques, c'est important et c'est central dans la continuité de la Charte d'Amiens. Et on se réclame de cette historique-là. Donc on n'a pas pris les programmes des candidats, des candidates pour dire, ah bah oui, ça, ça colle avec ça, ça, ça colle pas.
Pour nous, en fait, à travers les revendications, on la comporte et à travers aussi ce qu'on porte, je dirais, tout au long de l'année, dans nos luttes, etc., ce qu'on raconte pendant le mouvement des retraites, ce qu'on raconte sur le partage du temps de travail, ce qu'on raconte là sur les salaires, le SMIC, ne pas oublier la jeunesse aussi avec le RSA. Bon, bah, je pense que ça donne des clés, en fait, à nos adhérents, mais plus largement, à ceux et celles qui sont intéressés par ce qu'on porte, c'est-à-dire un syndicalisme de transformation sociale, pour avoir la grille de lecture, pour analyser, en fait, ensuite, ce que proposent certains candidats, candidates.
On va regarder ensemble quelques propositions. Valérie Pécresse propose d'augmenter les salaires nets de 10%, et ce, jusqu'à 2,2 SMIC, soit environ 2 800 euros nets par mois. On va regarder.
Vous voyez, il faut que le travail paye plus que l'assistance, et ma mesure, c'est de dire, on va augmenter de 10% les salaires nets, et je crois que c'est indispensable, et pour toute la chaîne des salaires, pas que pour les salariés au SMIC, jusqu'à 3 000 euros nets.
On l'a vu, Valérie Pécresse veut, donc, augmenter les salaires en diminuant les cotisations. Qu'est-ce que vous pensez, vous, de cette proposition, donc de diminuer les cotisations pour augmenter les salaires ?
En fait, cette méthode, c'est une fausse augmentation, en fait, puisqu'en fait, les cotisations sociales, c'est bien aussi, en fait, c'est du salaire en soi. Donc, en fait, il n'y a pas d'augmentation réelle, puisqu'en fait, on donne d'un côté aux salariés, et de l'autre, en fait, on diminue la sécurité sociale, les aides, etc., en cas de chômage. Donc, on ne s'y retrouve pas. En baissant les cotisations, on appauvrit, en fait, ce qu'on appelle le salaire socialisé, et qui vient en renfort, en cas de pépin dans la vie, etc. Et du coup, c'est un jeu de dupe, quoi.
Oui, on le voit, le travail prend une grande place dans les propos politiques. Il y a aussi Emmanuel Macron, notre président de la République, pas encore officiellement candidat, qui propose un 45 heures pour les jeunes, donc de 18 à 25 ans, en gros, pour réduire le temps de travail pour les plus vieux. Le réduire le temps de travail, c'est aussi un gros thème de campagne. On se rappelle de cette séquence lors de la campagne en 2017. On regarde.
Mais par contre, si dans une boîte, ils ne sont capables de se mettre d'accord pour travailler 32 heures, parce que ça sauve des jobs, ou pour travailler 40 heures, 100 heures sup, parce qu'il faut faire ça pour répondre aux commandes, on va gagner des parts de marché. La réduction du temps de travail, elle doit être à partir d'un certain âge. 35 heures, c'est du paratin pour quelqu'un qui a 30 ans. Un enseignant, quand elle a 55 ans, le bruit, c'est deux fois plus que trois raisons. Et quand tu es jeune, d'ailleurs, ce qui est la vraie façon de contourner le problème des chemins jeunes, 35 heures, c'est de la pipe, c'est 40 ou 45 heures, parce que tu apprends ton job en même temps.
Parce que si tu as une dégression des heures de travail avec l'âge, tu peux très bien travailler jusqu'à 65 ans. C'est une très bonne idée. C'est-à-dire que toi, tu dis, on ne module pas seulement selon le secteur d'entreprise, mais aussi l'âge.
Quelle est votre réaction, vous, sur le temps de travail ?
Pour nous, en fait, le partage du temps de travail, c'est pour tout le monde. Moi, ça me fait un peu sourire de dire, oui, effectivement, quand on est plus jeune, on a plus de vitalité. OK, on est peut-être plus allant pour se lever le matin et aller travailler. Mais enfin, on a vu aussi que les nouvelles générations, et peut-être encore plus avec le confinement, il y a des choix de vie. Il y a des choix de vie. Et ce n'est peut-être pas le tout pour le travail. Il y a l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Ça, c'est quelque chose qui est central. Et là, je trouve que ces messieurs, ils ont toujours des belles paroles. Ils ne pensent pas aux femmes dans cette histoire.
Parce que c'est encore les femmes qui doivent justement avoir le plus en charge, les enfants, les tâches ménagères et tout ça. On n'a pas encore tout à fait progressé comme il faudrait là-dessus. Donc, se dire, oui, bon, voilà, les jeunes 45 et les vieux 32, c'est oublier aussi qu'il y a déjà des inégalités entre les femmes et les hommes sur un certain nombre de sujets. C'est oublier qu'il y a des mécanismes de reconnaissance de la pénibilité dans certains métiers, etc. Donc, on peut régler les choses différemment. Donc, l'ambition d'avoir, en fait, un partage du temps de travail de 32 heures, pour nous, c'est pour l'ensemble de la société.
Parce qu'en fait, quels que soient les âges, je pense qu'on a aussi à investir des sphères de la vie personnelle, d'épanouissement, et que ça ne se passe pas toujours par le travail. Il n'y a pas tout le monde qui a la super start-up nation comme boulot, quoi. Et je pense que c'est vraiment aussi un discours qui se situe dans un monde néolibéral où c'est le mérite, c'est la concurrence qui prime. Et pour nous, ce n'est vraiment pas ce qu'on prône dans nos revendications pour l'ensemble des travailleurs et des travailleuses.
Oui, vous parliez de pénibilité. C'est vrai qu'il y a des métiers, il y a des travails qui sont plus durs que d'autres, ou des travails aussi, où des gens font déjà du 40 ou 45 heures par semaine, en fait.
Voilà, c'est ça. Je pense qu'il y a aussi tous ces travailleurs et travailleuses, et souvent des travailleuses, qui ont des temps partiels imposés et qui sont obligées de multiplier, en fait, les temps partiels pour pouvoir survivre. Là, c'est une question de survie. Donc, non, quelque part, la réalité du monde du travail, elle ne rentre pas dans ce que prônent ces messieurs, quoi.
On va parler maintenant du SMIC, aussi gros thème lié à tout ça. On vient de voir la proposition des Républicains et de Valérie Pécresse. L'extrême droite, de son côté, propose de réduire les cotisations patronales pour les augmenter, ces SMIC. Côté gauche, au pluriel, on a Jean-Luc Mélenchon et Christiane Taubira qui sont à 1 400 euros net par mois, Anne Hidalgo à 1 450 et Fabien Roussel et Yannick Jadot à 1 500. Donc, les arguments des libéraux, très souvent, sur l'augmentation des salaires, enfin, du SMIC, c'est que ça coûte trop cher. D'ailleurs, Léa Salamé le disait à Philippe Poutou qui propose un SMIC à 1 800 euros net par mois, donc plus proche des revendications des syndicats.
Sur France 2, il y a quelques jours, je cite, Léa Salamé disait, vous savez combien ça coûte cette proposition ? Ce à quoi Philippe Poutou a répondu. Et vous, savez-vous combien coûte le capitalisme ? On va regarder la séquence.
Nous, ce qu'on aimerait bien, c'est, bon, on critique le capitalisme, on essaie de formuler un programme qui est en rupture. Et on essaie de montrer que c'est possible, parce que les richesses existent et on peut avoir un monde un peu meilleur, sans frontières, qui coopère et tout ça. J'ai fini. Et après, derrière, on voudrait essayer de formuler... Il en profite. Il n'est pas là souvent, il en profite. Voilà, c'est ça, c'est tous les 5 ans à peu près. Et des fois, ça se passe même mal entre nous. J'espère que c'est arrivé. Ça se passe bien sur le plateau, c'est après. Mais ce qu'on voudrait formuler, c'est cette idée qu'en fait, on a autre chose à faire que se résigner.
Et c'est pour ça qu'on veut relayer les luttes. Et on pense, on est convaincus, que ce sont les mobilisations sociales, les révoltes populaires qui peuvent faire avancer les choses. Et c'est pour ça que nous, on essaie d'articuler un épisode électoral, un programme électoral, avec derrière, quelle force peut justement changer profondément les choses. Donc, on discute beaucoup des luttes sociales, comme la lutte dans l'éducation nationale. Pour nous, c'est la meilleure nouvelle de la campagne aujourd'hui. Point, point, point, point, point, point, merci.
Voilà, donc Philippe Poutou sur France 2 qui se débat un peu. Il parle beaucoup de répartition des richesses, ce dont vous parlez aussi beaucoup. Vous, vous écrivez, nos salaires, leurs profits, rendez l'argent. Est-ce que vous pouvez développer un peu cette idée ?
En fait, c'est vrai que la question, la répartition des richesses, elle est centrale. Et c'est quelque chose, finalement, qui revient un peu en thématique. Mais on ne va pas jusqu'au bout des choses. Et je pense que si on est dans la rue, encore aujourd'hui, sur cette question des salaires, c'est aussi, évidemment, sur la question de la répartition des richesses. On a vu récemment, là, il y a un rapport d'Oxfam qui nous dit qu'il y a quand même 236 milliards en plus pour les plus grands milliardaires en France. Donc, ils ont engrangé 236 milliards de plus pour eux-mêmes durant la période de mars 2020 à octobre 2021, en pleine pandémie.
Donc, c'est des chiffres qui sont même tellement déconnectés de la réalité des salariés que, quelque part, on n'arrive plus à toucher, en fait, le décalage, les inégalités salariales qui se creusent. Tandis qu'en fait, le même rapport d'Oxfam nous dit qu'il y a de plus en plus de personnes, en fait, qui sont... Il y a 10 % de la population française qui a besoin maintenant de l'aide alimentaire pour vivre. Donc, on a un décrochage qui se creuse, en fait. C'est pour ça aussi qu'on réclame dans nos revendications qu'il y ait, entre les plus bas salaires et les plus hauts salaires, une échelle de 1 à 1 à 5, ce qui, vraiment, déjà rétablirait un certain nombre de choses.
Mais, en fait, jusqu'à quand on va accepter que les plus riches s'enrichissent, tandis que les plus pauvres et les plus nombreux et les plus nombreuses continuent à s'appauvrir ? C'est vraiment une question centrale. Et je pense que c'est, malheureusement aussi, c'est pas seulement les chômeurs et les chômeuses qui, encore, en plus, se sont prises la réforme de l'assurance chômage, qui, en plus, sont déjà précaires, déjà dans des situations difficiles, vont être encore plus appauvris. Mais il y a plus en plus de travailleurs et travailleuses pauvres et qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois. Donc, il y a vraiment deux mondes, deux réalités.
Et pour nous, en fait, c'est vraiment sortir du capitalisme aussi qui est la clé, parce qu'on est dans une logique néolibérale de toujours plus et on voit à quoi ça aboutit, finalement, à des inégalités de plus en plus criantes, sans parler, évidemment, aussi de l'environnement et de ce que ça emporte pour l'avenir de l'ensemble de la planète.
C'est vrai que le droit du travail, c'est un gros héritage français, notre code du travail. Est-ce qu'aujourd'hui, les acquis sociaux, le droit du travail, est-ce qu'ils sont en danger ?
Ils ont déjà été bien entamés par les lois travail, par d'autres réformes auparavant. Et oui, quelque part, l'importance aussi des luttes sociales, l'importance d'avoir des mouvements interprofessionnels, c'est de mettre une opposition claire au détricotage de tous les droits. Ce qu'on a vu là récemment sur... Et moi, je couple vraiment les lois travail avec la réforme de l'assurance chômage.
C'est qu'on précarise un peu plus et on fait en sorte que les travailleurs et travailleuses soient un peu des pions, que les employeurs peuvent utiliser facilement, donc avec moins de droits de protection au moment du licenciement, mais au moment du licenciement, puisqu'on a vu qu'avec les lois travail, les patrons ont carrément le coût que ça leur coûte de se séparer des salariés sans qu'il y ait vraiment de fautes ou de choses à expliquer. Et d'un autre côté, du coup, ça rend des personnes beaucoup plus employables facilement, d'où aussi cette réforme du chômage, avec l'idée derrière que si les chômeurs sont au chômage, et si les chômeuses sont au chômage, c'est bien de leur faute.
Donc on voit bien que là, ça coince et que sur des batailles fondamentales, il faut continuer à se mobiliser.
Justement, je rebondis sur le chômage. Vous combattez cette réforme, vous venez de le dire. Est-ce que vous pouvez nous rappeler la réforme et pourquoi vous luttez contre ?
En fait, le principe de cette réforme, ça a été de diminuer le montant des indemnisations, particulièrement pour ceux qui étaient en intermittence de l'emploi. Donc avec une modification du calcul de référence, si on peut simplifier les choses, ça veut dire que ceux et celles qui ne travaillent pas ou qui n'ont pas assez travaillé durant les mois antérieurs, ils auront moins après en indemnité. Donc ça précarise vraiment beaucoup de personnes. En même temps, il y a un contrôle massif des chômeurs. Les chiffres qui sont annoncés d'ailleurs sur le fait que, voilà, super, on a moins de chômeurs, chômeuses, tout le monde se dit, voilà, ça a marché.
Si on gratte un peu les chiffres, c'est un peu différent. Par exemple, on sait qu'avec les nouveaux critères, il y a moins de personnes qui sont considérées comme chômeurs et chômeuses. C'est-à-dire qu'en fait, on a vu une augmentation des sorties de ce qu'on appelle des personnes qui arrêtent de rechercher du travail. Donc ça veut dire qu'en fait, on ne les compte plus dans les chiffres du chômage. Il y a aussi une augmentation de la précarité. On le voit en fait avec l'analyse des chiffres suivant les différentes catégories de chômeurs. Et il faut rappeler aussi qu'en fait, il y a la moitié des chômeurs et chômeuses qui n'ont plus rien, qui n'ont plus d'indemnités.
Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'il y aura aussi une grève le 1er février à Pôle emploi. Parce que déjà, ils sont de moins en moins nombreux pour gérer les chômeurs et les chômeuses. Il y a une déshumanisation totale de la gestion des chômeurs et des chômeuses. Les chômeurs et chômeuses se retrouvent face à des applications numériques, etc. Donc il y aura une grosse grève aussi le 1er février pour dénoncer cette réforme-là et pour dire halte aussi à la déshumanisation des plus précaires dans notre société.
Je conclue sur le chômage. C'est vrai que vous avez tout dit. C'est vrai qu'on est redescendu en taux de chômage officiel en dessous d'avant la pandémie, des grosses crises, etc. Donc c'est vrai que beaucoup parlent d'un succès. Je dis juste le chiffre que vous avez commencé à dire. Dans la catégorie C, c'est le nombre de personnes qui exercent une activité réduite de longue durée. Par exemple, ça, ça augmente de 1,5 %. Voilà, c'était pour donner la perspective des chiffres que vous avez très bien présentés. Donc aujourd'hui, on a une mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle. Donc il y a beaucoup de professions présentes. Est-ce que vous pouvez nous en présenter quelques-unes ?
Enfin, qui sera là en gros cet après-midi ?
Alors on espère qu'il y a vraiment plein, plein de secteurs qui seront présents. Nous, on a vu au sein de Solidaire qu'on a eu vraiment beaucoup, beaucoup de secteurs qui ont produit des tracts et qui ont aussi mis en avant pourquoi il y avait ce décrochage. Autant dans la fonction publique, finalement, où quand même le gel du point d'indice depuis 10 ans, alors qu'il y a quand même ce qu'on n'a pas parlé, on n'a pas parlé de l'inflation, mais ça a un impact direct sur le pouvoir d'achat de l'ensemble des salariés. Donc il y aura la fonction publique, mais il y aura aussi la poste, l'industrie, dans le rail aussi. Il y a eu des négociations qui n'ont pas abouti.
Là où ça a à peu près abouti, ça a été quand même seulement quelques dizaines, une trentaine d'euros grattés par les salariés, c'est complètement insuffisant. Et moi, je voulais un peu mettre le focus aussi sur... Il y a eu une grosse lutte dans l'éducation nationale le 13 janvier dernier. Il y a aussi eu des luttes sur le secteur social. Donc ça, c'est aussi important. Et finalement, si je devais faire un focus, ce serait peut-être sur les AESH, donc ces assistantes, parce que je dis assistantes parce qu'elles sont 93% dans la profession de nos enfants qui ont des handicaps à l'école et qui sont en moyenne avec une rémunération de 700 ou 800 euros net pour vivre par mois.
Il y a elles, à qui je pense particulièrement, et elles et eux seront aussi dans la rue particulièrement ce 27 janvier. Ils ont appelé à une mobilisation aussi ce jour du 27 janvier. Et les invisibles parmi les invisibles, c'est aussi les sans-papiers qui sont toujours en lutte dans le 91, dans le 94, pour reconnaître leur travail et avoir des papiers pour pouvoir vivre décemment. Donc voilà, je pense à EEL particulièrement aujourd'hui.
On avait fait des reportages dessus d'ailleurs sur le Média. Je fais un peu de pub si vous voulez aller voir ce qui se passe pour les travailleurs sans-papiers. C'est vrai qu'ils sont fortement en lutte en ce moment. Nous, on s'était vus le 5 octobre à la rentrée sociale, dont j'avais fait un reportage encore pour la matinale du Média. Vous me disiez à l'époque que vous prendriez la rue pour imposer ce sujet, les salaires, à l'agenda politique. On regarde.
Pour nous, c'était très important de revenir dans la rue, en intersyndicale. Après cette période qui n'est pas tout à fait finie de crise sanitaire et de confinement, on pense que ce sont les questions d'emploi, de salaire, de services publics qui sont à remettre en premier plan. Et c'est surtout faire entendre justement l'ensemble des salariés dans la rue sur ces questions-là, parce qu'on voit bien que le débat médiatique, il est beaucoup squatté par les questions présidentielles et malheureusement pas sur les sujets sociétés de fond et sur ce pourquoi, en fait, je pense que l'ensemble de la population est inquiète.
Nous voici quatre mois plus tard. Est-ce que pour vous, le pari, il est tenu ?
Alors, je dirais que le pari reste entier. C'est pour ça que notre campagne urgence salaire, on l'a mise dans la durée. Il y a cette journée de mobilisation qui est importante. On sera réunis en intersyndicale dès le 28, dès le lendemain, pour discuter des suites. Mais pour nous, c'est vraiment quelque chose qui doit s'inscrire dans la durée, dans toutes les formes de revendications. Alors, avec des grandes journées de grève interprofessionnelles, mais on l'a vu aussi avec le mouvement des retraites, les mobilisations, elles peuvent prendre aussi différentes formes. Elles peuvent aussi faire se rejoindre aux différentes professions.
On a vu aussi, nous, des tracts entre sud-éducation, sud-collectivité territoriale. Il y a des professions qui se rejoignent. Donc, on parie, en fait, sur une montée de cette colère sociale et de cette mobilisation avec une diversité qui pourrait nous faire gagner.
Merci beaucoup, Mère Gilbert. Je rappelle qu'au délégué de l'Union syndicale solidaire, je rappelle donc que cet après-midi a lieu une manifestation interprofessionnelle et intersyndicale pour défendre les salaires et le droit du travail en général. Merci beaucoup. Et quant à moi, du coup, je vais vous laisser ici. Mais ne partez pas, je vous laisse avec mon camarade Jemil. Eh oui, il nous avait manqué. Vous le retrouvez dans quelques instants pour parler des médias Nantes Révoltés et Cerveau Non Disponible, ces deux médias alternatifs et militants gérés par des collectifs autonomes, bien connus du monde militant de gauche.
Et sans doute, vous les connaissez, ces deux organisations sont dans le viseur des GAFAM et de l'État. Gérald Darmanin a annoncé vouloir dissoudre Nantes Révoltés quand Cerveau Non Disponible, de son côté, se voit attaqué sur les réseaux et supprimer leur page Instagram. Et Jemil va recevoir ces deux médias ce matin pour parler de tout ça. De mon côté, je vous remercie d'avoir suivi cette première partie en ma compagnie et celle de tous les techniciens que vous ne voyez pas et sans qui cette matinale n'existerait pas. Merci à vous d'être toujours fidèles au poste. Vous, nous soutenez beaucoup en likant et partageant cette matinale. D'ailleurs, on salue tous Cori dans le chat.
Et puis bien sûr, pour participer à l'effort collectif d'une information indépendante, de toute pub et toute actionnaire, ça se passe sur lemédiatv.fr. Spectateurs, abonnés, donateurs et sociaux. Je vous laisse avec Jemil, mais avant, petit clip.
Bonsoir Eric Zemmour. Bonsoir. Marie-Napel, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes candidate à l'élection présidentielle. Il ne faut certainement pas accueillir ces migrants. Donc, beaucoup sont potentiellement dangereux. On les laisse mourir de froid derrière les barbelés. Mais bien sûr que oui. Mais bien sûr que oui. Il faut que la police tire à balles réelles. Ça ne rigole plus là. Reculez, reculez.
Salut à vous les matinaux qui nous regardez en direct.
Bonjour à toutes et tous. Quel plaisir de vous retrouver.
Nous sommes sur le Média TV et c'est l'heure de la contre-matinale.
Nickel. Eh bien, bonjour à toutes et à tous. Vous qui nous regardez en direct ou en replay. Alors, comme à chaque fois, j'ai le plaisir de vous retrouver ici sur le plateau de la contre-matinale du Média, animé ce jeudi 27 janvier 2022 par ma collègue et camarade Lisa Lapp et par moi-même pour cette seconde partie d'émission. Il est 8h06 et c'est l'heure de la dernière heure. La démocratie est un vaste objet, à la fois très précis dans sa définition, tout comme extrêmement flou et variable dans l'application du concept. Quasi tous les régimes et dirigeants politiques du monde se targuent d'être démocrates, amoureux des libertés et garants d'un peuple souverain.
Chez nous aussi, en France, nos dirigeants et les candidats à les remplacer aiment à se draper dans les valeurs de la République humaniste. Liberté, égalité, fraternité, trois mots hérités de la grande révolution de 1789, gravés sur des milliers de façades, de bâtiments publics et emblématiques à travers tout le territoire. Et pourtant, depuis des années, et plus encore depuis les attentats de 2015, la révolte des Gilets jaunes en 2018 et l'intrusion d'un certain virus venu d'Asie, les taux se resserrent toujours plus autour de nos libertés pour la promesse imposée d'une sécurité dite globale.
Ce qui a pour effet principal de nous faire dériver toujours plus loin des rives d'une démocratie idéale pour se rapprocher de rives bien moins tendres avec nos aspirations aux libertés individuelles comme collectives. Le tableau est sombre, mais réel, puisque décrit aussi de la sorte par autant d'associations, d'institutions et d'ONG et internationalement reconnues comme l'ONU ou encore Amnesty International. Alors réel aussi, car vécu par des millions de Françaises et de Français, citoyens comme journalistes, ces dernières années sur le terrain des luttes sociales à travers le pays. Terrain où règne chaque jour un peu plus la répression d'État et la désinformation médiatique.
Mes deux invités de ce matin représentent et portent la parole de deux organisations, deux collectifs bien connus du monde militant de gauche radicale qui font à la fois face à cette répression de l'État et ou systémique, on y viendra, tout en œuvrant à combattre la désinformation médiatique qui domine en France. Mes invités sont les collectifs militants cerveau non disponible et non trévoltés. Alors sur leur compte Twitter respectif, le premier collectif nous promet de, je cite, « nous faire vivre les luttes sociales et climatiques via des contenus textes, photos, vidéos, indépendants et alternatifs ».
Et le second se présente avec cette courte phrase, je cite aussi, « Infos sur les luttes sociales et environnementales à Nantes et dans le monde depuis 2012 ». En somme, cerveau non disponible comme Nantes révoltés sont ce qu'on appelle des médias alternatifs autonomes. Deux organisations sans visage ni leader, proches d'un mode de fonctionnement anarchiste, c'est-à-dire rapidement l'ordre sans le pouvoir, qui sont toutes deux dans le viseur des GAFAM et de l'État. Elles dénoncent des attaques contre la presse libre. Depuis deux ans, cerveau non disponible essuie les charges de Facebook où le média autonome cumule un demi-million d'abonnés déjà.
Le 22 janvier dernier, c'est leur page Instagram, propriété de Facebook aussi, qui leur a été supprimée sans justification. Quant à Nantes révoltés, les attaques subies sont similaires, mais ce mardi 25 janvier, un sommet a été atteint quand Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, en personne s'est exprimé à l'Assemblée nationale pour annoncer son désir de dissoudre le média autonome. On écoute. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée Opelte, vous avez raison, ce qui s'est passé est tout à fait inacceptable.
Même si les manifestations ne sont pas déclarées à Nantes, et j'ai eu l'occasion d'en parler lorsque je suis venu dans votre belle commune plusieurs fois, et que j'ai demandé des propositions, notamment par les élus locaux, Madame la maire en premier, en lien avec le préfet, J'aurai l'occasion de revenir pour évoquer ce sujet parce que ce n'est pas acceptable de continuer ainsi. Les renseignements territoriaux avaient renseigné les services de l'État et nous avions décidé, à la demande du préfet de la zone, de pouvoir mettre une unité de force mobile qui a aidé les policiers courageux de sécurité publique de la circonscription de Nantes.
Malgré leur présence, ces confrontations ont eu lieu entre l'extrême-gauche et une partie, vous le savez aussi, de l'extrême-droite qui s'est retrouvée dans deux cortèges non déclarés dans le centre-ville de Nantes. Trois interpellations ont eu lieu, vous le savez, dont une personne a été condamnée à la prise en ferme suite à une comparution immédiate. Je voudrais remercier évidemment l'autorité judiciaire, mais les faits qui se sont déroulés sont totalement inacceptables.
Le groupement de faits d'ultra-gauche que vous évoquez, depuis la loi El Khomri, répète sans cesse des appels à la violence et ce week-end, évidemment, contre l'État, contre les policiers, avec des propos absolument inacceptables. Et j'ai donc décidé d'engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de faits. Une fois que les choses seront construites et que nous serons inattaquables, puisque tout groupement de faits et toute dissolution proposée à M. le Premier ministre et au Président de la République ont tous été validés par le Conseil d'État, ce qui montre que le ministère de l'Intérieur essaie de travailler évidemment extrêmement sérieusement.
Lorsque les choses seront documentées, je proposerai à M. le Premier ministre de l'inscrire au Conseil des ministres. Voilà, le décor est planté et j'accueille maintenant mes deux invités. Alors d'abord, Louise, bonjour. Bonjour. Membre du Média Autonome C'est vraiment disponible. Mais aussi, alors voilà, par téléphone, je crois que nous avons Jean-Michel, membre du Média Autonome Nantes-Révoltais. Bonjour. Bonjour. Ah, il y a un petit écho. Peut-être que je... Vous êtes là ? Est-ce que tu m'entends ? Ouais, c'est bon. Bonjour. Merci en tout cas à tous les deux d'avoir accepté notre invitation ce matin et pour votre confiance.
Alors je dis confiance, pas par hasard parce que vous n'êtes pas habitué au plateau, aux interviews et vous êtes opposé à la médiatisation de vos visages et de vos personnes. Alors c'est inhabituel pour beaucoup, surtout à l'époque du contraire où la starification est banalisée. Avant de commencer, alors peut-être que vous pourriez vous présenter brièvement et vous et surtout vos collectifs respectifs et nous expliquer le choix de l'anonymat. Alors d'abord toi, Louise. Oui, déjà merci de nous donner la parole.
Effectivement, alors on va faire très vite sur Servo Non Disponible, c'est à la base une page Facebook créée je crois en 2014 qui était censée agréger des contenus d'autres médias alternatifs dans une logique de flux RSS, on va dire, et pour pouvoir retrouver puisque c'était la période où Facebook changeait les algorithmes. Donc même si on était abonné à une page d'un média, ce n'était pas sûr qu'on voyait tous les contenus. Donc là, c'était un peu une sélection. Avec le mouvement des Gilets jaunes, ça a complètement changé d'ampleur parce qu'on s'est retrouvé à ne pas trouver de contenu qui ressemblait à ce que nous, on ressentait en étant dans les manifestations.
Donc du coup, on a commencé à vraiment écrire et à produire notre propre contenu sur ce qu'on sentait, ce qui se passait dans la société à ce moment-là. Et du coup, c'est vraiment devenu un vrai automédia où on crée du contenu, où on laisse la parole beaucoup aussi à des personnes qui sont dans les luttes en question, que ce soit des luttes sociales, climatiques, antiracistes, féministes. Voilà.
Et sur la question de l'anonymat, c'est parce qu'on croit beaucoup à la notion de collectif et qu'on sait qu'il y a énormément de mécanismes qui font qu'une fois qu'on personnifie une personne, à la fois cette personne peut être prise dans des mécanismes qui ne sont pas très sains pour le développement de la structure. Et ça, ce n'est pas que pour les médias, c'est valable pour les syndicats, les partis politiques, les associations. Et aussi parce qu'on estime que c'est les idées qui poussent et qui doivent plutôt nous faire avancer. Et à un autre côté, c'est aussi une histoire de protéger, c'est-à-dire qu'on protège la structure mais on protège aussi les personnes.
Et on l'a vécu assez fortement parce que dès qu'une personne est un peu identifiée comme étant proche ou loin de cerveau non disponible, elle peut faire l'objet d'attaques, de menaces, de pressions. Et du coup, l'idée, c'est de se dire que c'est plutôt les débats, les mots, les actes et non les personnes qui sont derrière qui doivent primer. J'imagine que Nantes Révoltais, c'est un peu pareil. Alors là, c'est né essentiellement avant les Gilets jaunes pour nos cerveaux non disponibles mais ça s'est constitué vraiment là. Pour Nantes Révoltais, ça date de 2012. C'est bien ça ? Oui, ça s'est vraiment développé en 2012. Ça a été créé en fait à la toute fin de 2011. C'était une page Facebook.
Très vite, ça a pris un petit peu d'ampleur. On a voulu lancer un journal papier qu'on aurait distribué gratuitement en Manif mais on n'avait pas forcément les fonds. Donc, on a continué à se développer sur Facebook pour prendre de l'audience, raconter un petit peu les luttes, les manifs, transmettre des informations et voilà, ça a pris l'ampleur que ça a pris et maintenant, on se retrouve avec un journal papier qui existe depuis trois ans et des hors-séries aussi. C'est ça ? De milliers d'abonnés. Oui, voilà. Et vous avez un hors-série qui est publié régulièrement, notamment un qui est en vente actuellement. Qu'on vient tout juste de sortir, il est paru il y a deux semaines.
Il est en vente depuis deux semaines. Donc, c'est vrai que merci à Darmanin pour le timing parce que maintenant, tout le monde sait que contre-attaque vient de sortir, le hors-série donne entrée voltée. On mettra le lien, bien sûr, dans le chat avec Cori. Merci d'avance, Cori. Et pour toi, est-ce que tu partages, est-ce que vous partagez la même analyse que vient de nous livrer Louis sur le plateau concernant l'anonymat ? Parce qu'on ne te voit pas à l'écran. Oui, c'est à la fois pour se protéger parce qu'on sait qu'on est un média clivant, donc on sait que le pouvoir, ce n'est pas la première fois qu'on a la droite nantaise qui hurle à corps et à cri qu'il faut nous dissoudre.
Donc se protéger à la fois du pouvoir, d'éventuelles enquêtes mais aussi parce que nos articles ne sont pas signés, on n'en a pas forcément besoin. On n'a pas envie de mettre en avant nos individus. Ce qui est important, c'est l'information, l'analyse qu'on va faire passer, le soutien qu'on donne en luxe. Bien sûr. Ce n'est pas forcément de se mettre en avant individuellement, donc on n'a pas besoin d'apparaître, d'avoir nos noms. L'anonymat, ça nous va très bien. Parfait, on comprend tout à fait. Donc voilà, le cadre est bien calé, on comprend mieux qui vous êtes.
Alors, on a entendu il y a quelques minutes le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'exprimer ce mardi, ce mardi même devant les députés pour annoncer sa volonté de dissoudre Nantes-Révolté. Ma question est donc pour Jean-Michel, au téléphone, elle est toute simple. Que s'est-il passé pour en arriver là ? Alors, pour en arriver là, il faudrait faire toute une histoire de la droite locale. Donc je vais essayer d'être assez court. En fait, c'est principalement trois personnes. Il y en a bien d'autres, mais trois personnes qui sont impliquées.
D'abord, Christelle Morencé, la présidente de région, qui est une amie de Sarkozy et Fillon, qui sont deux personnes condamnées par la justice, qui elle-même s'est enrichie sur la spéculation immobilière qui ravage nos territoires. Donc on a cet édile de la droite locale. On a François de Rugy qui, lui, est député, qui a une audience beaucoup plus nationale, mais qui est député de Nantes, qui nous connaît bien, tout simplement parce qu'on a déjà sorti de nombreuses informations sur lui, qu'on a fait énormément d'infos qui ne lui plaisent pas forcément. C'est un député connu pour sa passion, pour le homard, l'argent et l'aristocratie. On l'a suivi, bien sûr.
Et puis, il y a Gérald Darmanin, le troisième larron, qui est ministre d'extrême droite, qui a déjà écrit dans un journal royaliste, on ne va pas le présenter, tout le monde le connaît. Et ces trois-là, on nous déteste viscéralement, essaye de nous donner des leçons sur la légalité et sur ce que devrait être le bien commun et l'information. Donc ça nous fait doucement rire. En fait, ce sont juste des personnes qui se sont montées la tête, qui sont dérangées par notre existence et qui voudraient tout simplement nous censurer.
Parce que là, Darmanin, il y a plusieurs reprises dans l'extrait qu'on a écouté, ce n'est pas acceptable de continuer ici, ce n'est pas acceptable, ceci, ce qui se passe, sans jamais dire ce qui se passe et qui déclencherait. Il y a eu un élément déclencheur ? De quoi il parle, en fait, à ce moment-là, pour justifier cette dissolution éventuelle ? L'élément déclencheur, on ne sait pas trop ce que ça peut être. Pour l'instant, on n'a rien reçu. J'allais y venir, on n'a pas reçu le courrier officiel, donc on ne sait pas exactement ce qui nous est reproché.
On imagine que l'élément déclencheur, ce n'est pas quelque chose de particulier, ce n'est pas un événement particulier, un des vitrines brisées. On a déjà eu en manifestation et on aura sûrement d'autres. Ce n'est pas d'entrée voltée qu'on peut accuser de ça. Les luttes sociales existent sans nous. Par contre, l'élément déclencheur, c'est très certainement l'approche des élections.
Et là, on voit que c'est une manœuvre politique pour que Darmanin puisse montrer à la droite, qu'il satisfait la droite, pour montrer qu'il sait aussi sortir ses petits muscles contre l'extrême-gauche et faire taire un petit peu la droite pour éviter qu'il bouffe des voix à La République En Marche, qui est également sur le même positionnement de droite, voire d'extrême-droite. Donc là, c'est clairement les élections qui sont l'élément déclencheur. Des manifestations comme ça, des articles comme ça, on en a déjà fait beaucoup en disant qu'il n'y a rien de particulier qui pourrait justifier une telle mesure.
Alors là, il parle du coup de dissoudre non pas un média, c'est ça qui est intéressant, mais un groupuscule d'extrême-gauche, là où vous, vous qualifiez de médias autonomes, alors pourquoi un terme plutôt que l'autre, pourquoi ça changerait de tout ? Alors, pourquoi un terme plutôt que l'autre ? Parce que d'un côté, il y a notre position qui est celle d'avoir des pages Facebook, Twitter, Instagram, d'avoir des réseaux sociaux, un site, une revue. Je pense que c'est comme ça que ça se définit un média en fait, quelque chose qui transmet une information, qui est un positionnement. Et de l'autre côté, il y a Darmanin et là, on est dans le fantasme.
Il nous imagine, je pense, cagouler du matin au soir tout le temps à se poser la question de quelle est la prochaine vitrine qu'on va briser. Et je pense que là, on est dans le pur fantasme. Et même lui, à l'Assemblée nationale, il est assez hésitant. On ne sait pas trop ce qu'il nous reproche. Oui, il parle de groupuscule, mais finalement, il ne sait pas trop ce qu'il a contre nous. Et il dit qu'il déposera en Conseil de ministre la procédure de dissolution quand ils seront inattaquables. Ça veut bien dire que pour le moment, ils sont totalement attaquables. Ils n'ont rien du tout. ils savent très bien que c'est bancal comme argumentaire et que ça risque fort de ne pas aller plus loin.
On espère en tout cas que ça n'ira pas plus loin et qu'il arrêtera cette folie parce que nous imaginer comme un groupuscule qui contrôlerions les manifestations à Nantes, c'est vraiment du pur fantasme. Il y a Louise qui veut réagir justement, c'était à toi que j'allais donner la parole juste après. Juste pour rebondir sur ta question entre qu'est-ce qu'un groupement politique ou un média. Effectivement, elle est très importante cette question et pas que pour Nantes Révolter ou Nous, elle le sera de manière encore plus criante dans les mois et années à venir dans nos sociétés.
C'est tout simplement que nous, on a tenté à notre niveau de réinterroger ce que pouvait être un média et on a essayé de le faire comme on aimerait, un peu en dépoussiérant on va dire ce qu'on n'aimait pas dans les médias traditionnels sans non plus aller cracher sur tous les médias. La question n'est pas là. Mais si on prend la comparaison avec les récentes dissolutions qu'il y a pu avoir du côté de l'extrême droite, Génération Identitaire, Les Oives, ces groupes-là n'ont jamais écrit d'articles de journalisme, n'ont jamais fait d'interviews.
On ne va pas lister tout ce qu'a fait Nantes Révolter sur ce qui s'est passé avec Steve, sur la gestion des rêves partis, il y a énormément de choses dans lesquelles Nantes Révolter a apporté une contribution et un regard important à laisser la parole et à faire un travail de journalisme qu'on peut décrier, qu'on peut trouver peut-être pas assez pointu, ça c'est une question, mais c'est un vrai travail de journalisme.
Si on prend un cerveau non disponible, c'est pareil, je n'ai pas listé, mais on a fait énormément, on a fait des partenariats sur la sortie du film de David Dufresne ou on a fait des directs à la sortie d'un film, on a donné la parole à une photographe colombienne au moment où il y avait des révoltes, ça lui a donné une énorme exposition sur ce qui se passait en Colombie et en France, on a fait pareil avec Hong Kong, on est allé au Liban, enfin il y a vraiment une vraie couverture, il y a une prise d'opposition et effectivement, on assume qu'on fait du journalisme militant, mais on fait beaucoup de contenu journalistique, que ce soit écrit, vidéo, audio, et ça, vouloir le gommer en disant que c'est du militantisme, c'est quelque chose de très important et de très grave et il faudrait que ce ne soit pas que le monde militant qui s'en alerte parce que si on gomme tout ça et si on estime que c'est juste de la propagande, qu'est-ce qui nous reste aujourd'hui ?
Il va nous rester que les médias qui appartiennent aux milliardaires et c'est déjà eux qui sont ultra majoritaires dans l'espèce de nuage médiatique, donc c'est pour ça qu'on essaie de sonner un cri d'alarme parce que là, on est vraiment dans un moment de rupture, que ce soit, on en parlera avec les censures des GAFAM ou de l'État, il y a vraiment une double attaque qui fait que s'il n'y a pas une prise de conscience très large de l'ensemble des journalistes, des syndicats de journalistes, tout ça, de ce qui est en train de se passer en France, ça risque de coûter très cher. C'est d'ailleurs tout l'objet de mon invitation aujourd'hui, tu as bien fait de le rappeler à l'instant.
Alors, concernant le côté, on a vu, on a entendu notre révolté, mais c'est un peu la même chose de votre côté à savoir le disponible, alors il n'y a pas encore objet de dissolution pour l'instant, mais il y a des attaques. On n'a pas d'existence légale. Voilà, mais il y a quand même des attaques un peu similaires et notamment dans le communiqué que vous avez publié sur Twitter hier, vous dénoncez des sortes de raids d'extrême droite mais aussi de macronistes parfois pour vous bloquer sur le réseau. Comment ça fonctionne rapidement et pourquoi ça se produit selon vous ?
Là, en l'occurrence, c'est sur Facebook parce que sur Instagram, on n'a pas ce genre d'infos, mais c'est vrai que nous, ça fait deux ans qu'on constate et qu'on a eu des avertissements et des bannissements et des censures de la part de Facebook. À chaque fois, ça a été pour des contenus considérés comme de l'appel à la haine. Il y a juste eu un contenu qui n'était pas ça, c'était une photo de Corinne Mazériot au César qui avait été un peu stylisée et là, c'était de la nudité. Mais tout le reste, c'est des contenus qui sont censés être de l'appel à la haine. Et en fait, ça ne sort pas.
Évidemment, il y a des robots de la part de Facebook, mais en fait, à chaque fois, et on l'a vu dans des groupes parce qu'en fait, il y a des gens qui nous envoient des screens qui sont dans des groupes, on va dire, pro-police, d'extrême droite ou quoi, il y a vraiment marqué là, aujourd'hui, il y a ce poste-là qui est problématique, on le signale en même temps. Et du coup, il y a vraiment une... C'est ça le raid, justement. C'est une stratégie de dire, on ne sait pas combien ils sont et en plus, ils ont plusieurs comptes. C'est-à-dire qu'une personne peut avoir 50, 100 comptes.
Et donc, il y a des signalements massifs du même poste, au même moment, qui fait qu'il y a un signalement Facebook qui vérifie qu'effectivement, il y a une vitrine pétée ou il y a, je ne sais pas. Et du coup, c'est considéré comme un appel à la haine et du coup, on a de la censure. Et ça peut aller très loin. Nous, on a vraiment eu des baisses d'audience et on a eu de l'impossibilité de poster, des menaces de suppression de la page Facebook. Et en fait, c'est quelque chose, typiquement, la dernière en date, c'était une manifestation de féministes au Mexique où les manifestantes en première ligne tapaient sur les policiers.
On a repris cette vidéo mais ce n'est pas nous qui avons lancé l'appel à Mexico et l'image existe et c'est couvrir ce qui se passe là-bas. D'ailleurs, ça a été repris sur Arte après mais sauf que nous, vu qu'il y a eu ce signalement comme quoi c'était un appel à la haine, ça implique derrière de la censure. Alors bien, on comprend du coup que ce soit vous ou notre révolté, un média, c'est un contre-pouvoir politique, quel qu'il soit d'ailleurs. On peut parler de BFM et CNews aussi quelque part. Évidemment, ici au Média TV, on en a conscience, on l'assume, on l'affiche.
Nous sommes un média nous-mêmes composé de journalistes, de techniciens, de sociaux dont la Somme forme une coopérative au service d'une rédaction à la ligne éditoriale identifiée à gauche. Et si j'y souhaitais vous inviter, vous deux ce matin, alors que nous sommes différents, on l'a compris dans notre organisation, c'est par camaraderie, par soutien, comme tu l'as dit tout à l'heure, car je me dis, vous allez me corriger si je me trompe et donner votre avis, que si c'est vous qui tombez aujourd'hui, il y a fort à parier que demain, c'est partie du reste du champ médiatique.
Alors Jean-Michel, toi qui es encore au téléphone, est-ce que tu partages les mots que je viens de dire, mon analyse que tu découvres, et une question à vous deux en même temps, est-ce que j'exagère, est-ce qu'il y a vraiment sérieusement objet à s'inquiéter ou pas ? Jean-Michel.
Je pense qu'il y a sérieusement objet à s'inquiéter, alors évidemment pour l'entrévolter ou pour le média, ça prendrait des formes différentes, mais dans tous les cas, je suis tout à fait d'accord avec Louise, un média quel qu'il soit, c'est une forme de contre-pouvoir, c'est dans tous les manuels de lycée en EEMC, c'était même considéré comme un pilier de la démocratie, en fait, s'il n'y a pas de contradiction, s'il n'y a pas de journalisme ou de médias pour diffuser des informations, pour apporter des contradictions, la démocratie a disparu.
Donc Darmanin n'étant pas connu pour être la personne la plus démocrate du gouvernement, on comprend qu'il a envie de censurer des médias indépendants. Je reviens par rapport à ce qu'a dit Louise sur la notion d'appel à la haine. C'est une notion qui est à la fois hyper importante et en même temps très dangereuse parce que la définition d'appel à la haine dans la tête du gouvernement, c'est tout appel à la haine, toute contradiction peut être interprétée comme un appel à la haine.
Donc dès qu'on émet un avis opposé, un avis contraire, ça pourrait presque être un appel à la haine, idem pour la violence à partir du moment où on appelle à une manifestation où il pourrait y avoir des débordements, où nous on relaie simplement un appel à manifestation, tout de suite on appelle à la violence, on appelle à casser les vitrines. Il y a des confusions de ce type-là et ils se servent de cette confusion justement pour bloquer toute forme de contradiction et lancer des raids sur Facebook. qu'on en a subi pas mal aussi, souvent en même temps que c'est revoyement disponible en tout cas.
On en a subi aussi et très clairement, il faut dire que la haine, elle est du côté de l'extrême droite en fait. Ce n'est pas parce qu'on apporte une contradiction que notre contradiction elle est nécessairement haineuse par contre. bien sûr. Mais du coup, ma seconde question, c'est là, vu ce que je viens de dire, est-ce qu'il y a vraiment, si c'est vous qui aujourd'hui êtes dissolu ou alors une attaque pour faire disparaître d'une manière différente votre média à vous, est-ce que les autres médias, est-ce que les autres journalistes, est-ce que le champ médiatique français est menacé lui aussi quelque part à terme ?
Il est déjà bien, bien affecté par ne serait-ce que la concentration au sein de quelques milliardaires. Il a déjà été attaqué sur des coups de pression judiciaires. On peut parler de Mediapart ou d'autres médias. Et là, on voit bien que les taux se resserrent et que la pression est de moins en moins cachée. Et c'est juste un nouveau palier dans cette destruction de la liberté de la presse et de la liberté de parole parce que ça ne concerne pas que les journalistes. Et effectivement, on est dans une période très compliquée.
On sait que les réseaux sociaux ont totalement changé la donne et un simple compte Twitter, un simple personne sur Instagram, même si ce n'est pas un média, elle est capable d'avoir une audience. Et c'est souvent des choses un peu provocantes qui vont être le plus vues et partagées. Et c'est sûr que ça va devenir compliqué. Après, il faut aussi se demander ce que c'est notre société qui considère, par exemple, tu parlais que c'était un média d'extrême-gauche. Oui. Je pense que si on définit l'entre-révolter ou cerveau non disponible, les principales, et notamment du côté de Darman ou d'autres, les principales qualificatrices, ça va être antifasciste, anti-homophobie, anti-raciste.
Et en fait, à quel moment... Vous assumez ces termes ? Non, mais c'est surtout qu'à quel moment c'est censé être des termes de gauche ? Enfin, pour moi, on peut dire qui est de gauche, qui est de droite en parlant de la répartition des richesses, de ces questions-là. Mais j'espère et j'ose espérer, et si on n'en est plus là, c'est que c'est vraiment inquiétant que des gens de droite puissent se réclamer de l'antiracisme, de l'anti-homophobie, de l'antisexisme. Et si on en est là, et si ça ne questionne même pas de se dire ces luttes-là, parce que là, Nantes-Révoltais, c'était une manifestation contre le racisme.
Si c'est censé être ça, l'extrême-gauche, ça veut dire que tout le reste du champ politique est acquis. Et en fait, ça ne vient pas de nulle part. C'est que c'est une stratégie, elle est longue, elle est diffuse depuis des années, qui justement enferme ces questions et ces luttes antiracistes dans un espèce... Ce n'est même plus l'extrême-gauche, c'est l'ultra-gauche. Et du coup, ce serait juste ces gens-là qui seraient antiracistes. Et ça questionne au-delà de la question des médias, c'est qu'à un moment donné, il faudrait qu'on se demande si on n'est pas déjà de facto dans une société raciste, si on est déjà dans ces logiques-là. Je ne sais pas si je suis clair, mais...
Si, tout à fait, on comprend tout à fait. Et justement, là, tu viens de préciser qu'à Nantes-Révoltais, la manifestation qui déclenche ça, c'est une manifestation antiraciste. En tant que journaliste, je profite du moment pour préciser ça. J'étais à Nantes il y a quelques mois pour filmer une manifestation et je travaillais sur une manifestation le 31 juillet 2021. Et je profite du moment pour remercier les reporters de Nantes-Révoltais qui ont pu filmer le moment précis où, à l'époque, j'avais pu recevoir une grenade manifestement lancée en tir tendu par la police qui a explosé après m'avoir percuté l'arrière de la tête causant une belle plaie recousue aux urgences.
Alors, c'est grâce, je précise, c'est grâce aux images couplées aux miennes et aux leurs que j'ai pu porter plainte personnellement devant les GPN mais aussi que Libération a pu sortir un article enquête sur le sujet via Check News. Alors, Jean-Michel, peut-être un mot aussi, toi, sur le sens de votre travail, des images des reporters indépendants dans les manifestations d'aujourd'hui ? Notre objectif, c'est de documenter les luttes. Donc, on essaye d'être présent et présente sur les manifestations pour filmer, photographier comme on peut. On est peu nombreux et je rappelle, je n'ai pas encore dit qu'on est bénévole. Donc, forcément, on a aussi...
Ce n'est pas notre métier, donc on n'a pas forcément le temps ni les moyens mais on essaye de faire ce qu'on peut et les luttes auxquelles, les manifestations auxquelles on ne peut pas forcément participer. Il y a beaucoup de monde aussi qui nous aide, qui nous envoie des messages, des récits, des photos. Il y a beaucoup de photographes qui nous envoient leurs photos, parfois anonymement et gratuitement. Parfois, on les crédite. C'est souvent un peu compliqué de documenter tout ça, de compiler toutes les manifestations, toutes les luttes sociales qu'il peut y avoir à Nantes mais aussi ailleurs en France.
mais on essaye de faire ce qu'on peut en documentant les luttes et surtout en diffusant, donnant l'information sur tout ce qui se passe. Je voudrais juste revenir sur la question précédente. Je pense que Nantes Révoltais, la procédure de dissolution ne va pas arriver, je pense, aux médias ou à Mediapart, pas sous cette forme-là en tout cas, mais je pense que la dissolution, la procédure pour Nantes Révoltais, c'est un message qui est envoyé à tous les médias par contre.
Ça concerne absolument tout le monde et j'en profite pour remercier une large partie de médias indépendants qui nous soutiennent depuis avant-hier et qui nous ont envoyé énormément de soutien, qui nous invitent, qui essayent de comprendre et qui partagent aussi notre travail. Je pense qu'une large partie du champ journalistique a bien saisi la mesure de ce qui était en train de se jouer. Ce n'est pas seulement non prévolté, c'est l'ensemble de ce contre-pouvoir, c'est l'ensemble du journalisme qui est attaqué, c'est la liberté de la presse en tant que terre.
Oui, c'est vrai que ce n'est quand même pas de bol en même temps parce que là, dans quelques jours, le 22 janvier, c'est vous, Savonot Dispolibre, qui se voit banni d'Instagram où vous cumulez quand même une importante communauté croissante et trois jours plus tard, le 25, c'est Nantes Révolté qui est menacé d'une dissolution par Darmanin à l'Assemblée. Vous communiquez tous les deux ces derniers jours via vos comptes Twitter, encore ouverts, et sur les réseaux sociaux en général, autour de vos situations respectives. Il y a même une pétition lancée sur Change.org par Nantes Révolté.
Alors, dans le corps de cette pétition, vous, Nantes Révolté, rappelez que votre rôle de média, en fait, de contre-pouvoir, en prenant par exemple l'exemple de Steve Mayacanisso en 2019, dont vous avez largement documenté les détails de la charge policière qu'il a conduite à sa mort dans la Loire. Jean-Michel, quel est le sens de cette pétition ? Rapidement. Alors, cette pétition, très rapidement... Est-ce que ça peut empêcher la dissolution ? Voilà la deuxième question qui arrive après. La pétition, elle sert de tribune, en fait, pour annoncer notre position. C'est que le fait de lancer une procédure de dissolution, elle ne signifie rien d'autre que la fragilité du pouvoir, en fait.
Le pouvoir est fragile, donc il se réfugie, il serre les dents et il va mordre. Il essaye de mordre ce qui lui semble à sa portée et la pétition, on n'est pas très fan de ce type de réaction, mais ça nous permet aussi de montrer qu'on n'est pas tout seul face au gouvernement et là où il pensait attaquer un média local qu'il ne connaissait probablement pas, Gérald Darmalin, ou en tout cas, il ne prêtait pas trop d'attention. Pour lui, on est juste des provinciaux, on est des petits bretons et on s'appelle Nantes-Révoltais, donc c'est facile d'attaquer un média local qui fait chier un petit peu la droite des pays de la Loire.
Et puis finalement, on se retrouve avec énormément de soutien, déjà 20 000 signatures. La pétition, elle sert à montrer ça, qu'on n'est pas tout seul, qu'on est suivi, non seulement localement, mais aussi partout en France, qu'on a des soutiens, y compris de personnes qui ne nous aiment pas toujours, qui ne sont pas toujours d'accord avec nous, mais qui comprennent bien la gravité de ce qui est en train de se passer. Donc voilà, la pétition, elle sert à médiatiser, elle sert de tribune face au pouvoir. Et du coup, seconde dernière question, seconde question, si la dissolution arrive à terme, si ça se produit, quelles conséquences, quelles réactions ?
Ça, c'est une très bonne question, pour le moment, très honnêtement, on n'y croit pas trop. On ne voit pas comment ça pourrait aboutir, et si ça aboutit, alors là, c'est un message qui est envoyé qui est absolument catastrophique. Si dissolution, il y a, notre évolté disparaît, ça ne veut pas dire que ses membres ne seront plus militants, ça ne veut pas dire que peut-être qu'on ira dans d'autres médias plus officiels, peut-être qu'on relancera un nouveau média sous un nouveau format, on n'en sait pas trop. Pour l'instant, on en a peu discuté parce que ça nous paraît quasi impossible que cette dissolution aboutisse.
Heureusement, on a des avocats qui planchent dessus, qui ont été super forts ces derniers jours, qui sont énormément impliqués pour nous aider dans cette procédure-là, mais pour le moment, on ne sait pas, on n'a rien d'officiel, on n'a pas reçu de courrier, on ne sait même pas s'ils savent qui nous sommes. C'est très compliqué d'envisager l'avenir. Bien sûr, c'est compliqué, bien sûr. Du côté de Louise, enfin du côté de Servant Disponible, alors Servant Disponible disparaît d'Instagram, toujours pas de nouvelles pour l'instant, invisibilisé sur Facebook depuis déjà à quelques temps, alors vous cumulez un de mes millions de personnes qui vous suivent.
Quelle est votre stratégie rapidement pour continuer à exister ? À la fois continuer, en fait c'est paradoxal, mais on l'assume, continuer à rester sur les GAFAM parce qu'on sait que pour l'instant que c'est là qu'on peut toucher du public et notamment un public nouveau, plus jeune, et en même temps essayer de développer les réseaux libres en Mastodon, Telegram, même si on est conscient aussi que ce n'est pas la panacée. Mais le deuxième mouvement, c'est de continuer à faire pression du côté de Facebook, du côté d'Instagram pour récupérer à la fois nos comptes, donc là, notre compte Instagram et notre audience Facebook, même si elle ne sera jamais autant qu'il y a deux ans.
Et d'ailleurs, tu parlais que c'était concomitant avec Nantes Revolté sur cette séquence-là, mais il y a deux ans déjà, au moment du G7, trois jours avant le G7, et on a pu voir, puisqu'on a les stats analytiques, on a eu exactement le même jour avec Nantes Revolté, une chute de 90% de l'audience. Et soi-disant... Est-ce que vous êtes dans le pic de Facebook ? Il y a eu des articles de Mediapart, soi-disant, c'était des choses déconnectées, des appels à la haine, des choses comme ça, mais le même jour, à trois jours du G7, avoir ce genre de perte d'audience, sans parler de parano, de complotisme, forcément, on s'interroge. Et du coup, c'est quoi alors le plan B ?
Si Mastodon, tout ça, il faut quand même se le dire, tu dis que ce n'est pas la panacée, mais j'irai plus loin, je dirais que ça ne fonctionne pas. Et en même temps, Facebook, Twitter, tout ça, ça se verrouille. Quel est le plan B ? Il n'y a pas vraiment de plan B, mais je me souviens, il y a deux ans, on a eu une réflexion avec Nantes Revolté, avec d'autres automédia, mais aussi des plus installés, de se dire, est-ce qu'on n'essaierait pas de se rencontrer, d'essayer ? Parce que le problème, c'est que si on dit aux gens d'aller sur Mastodon, qu'ils y vont et qu'il n'y a pas assez de contenu, ils ne resteront pas, ils ne reviendront pas.
Donc de se dire plutôt, nous, pendant deux, trois, quatre mois, on va proposer notre contenu, on va réfléchir à comment avoir. Et à ce moment-là, faire une campagne commune, de dire, si vous voulez suivre une information indépendante, venez sur Mastodon ou sur un autre. Mais on n'en est pas là, on ne sait pas si ça pourra. En tout cas, on pousse et on essaye, nous, d'aller sur ces réseaux-là. On a aussi un site internet comme Nantes Révolté, on a une newsletter, des choses un peu plus, où on n'est pas dépendant d'un réseau. Mais peut-être aussi finalement, parce que l'internet, ça semble se déclencher. Oui, bien sûr.
Après, voilà, quand on parle d'Instagram, par exemple, nous, ça a été une vraie bouffée d'air. C'est-à-dire que Facebook, pour nous, ça a été un peu la séquence gilet jaune, même si on continue à avoir 500 000 abonnés, certains posts qui explosent, même si la plupart sont beaucoup moins vus. Instagram, ça nous a ouvert un public très jeune. On a couvert les blocus lycéens il y a un peu plus d'un an, on leur a donné la parole et on a vu en fait que le public n'était pas le même. Enfin, on avait, je ne sais pas si on va les retrouver, 160 000 abonnés. Il y a vraiment quelque chose de nouveau qui s'est créé. Nous, c'est aussi ça, le cerveau non disponible.
Ce n'est pas 3, 5, 15 personnes qui écrivent. C'est une plateforme sur laquelle on donne à s'exprimer à des personnes et se passer des gens qui sont sur Instagram, même on a un compte TikTok, ça peut paraître idiot, mais c'est aussi se fermer de personnes qui ont 17 ans, 18 ans, 19 ans et qui pourraient avoir des choses intéressantes à nous dire et une vision qui n'est peut-être pas la nôtre de la société de comment la faire changer. Bien sûr, on comprend. Alors, on arrive gentiment à la fin de l'émission, bien sûr, une fin à tout. Alors, nous sommes toujours en direct ce jeudi 27 janvier 2022.
Il est 8h40 maintenant et aujourd'hui, c'est un jour important d'appel à la grève et à la manifestation. Alors, pour Paris, puisque nous y sommes, mais ce n'est pas que Paris, on y reviendra juste après, rendez-vous à 11h à Nation 14h à Bastille pour l'intersyndical et interprofessionnel. J'y serai d'ailleurs avec ma consoeur Lisa Lap. J'imagine que tous les deux, vos médias respectifs, relayaient aussi les appels à manifester à la grève aujourd'hui. Jean-Michel, peut-être qu'un mot là-dessus, rapidement ? Oui, nous on y sera et comme d'habitude, on a relayé l'appel à manifestation. Donc, je ne sais pas, peut-être que Darmanin pourra le mettre dans le dossier aussi.
On appelle à une manifestation à 14h devant la préfecture aux côtés de toute l'intersyndicale en tout cas, on a relayé leur appel comme à chaque fois et on sera aussi en Assemblée Générale ce matin. Nous, c'est l'Assemblée Générale avant la manifestation à l'an. Et on sera aussi à l'Assemblée Générale à 11h ce matin. Et puis, on y vendra des revues contre-attaque à cette manifestation. Je pense qu'on va ramener le stock parce qu'en ce moment, ça part comme des petits pains. Dans deux semaines, il n'y en aura plus. Et on fera un récit de cette journée.
On essaiera de faire un récit en photo de la manifestation, de l'AG et de faire un petit point sur les perspectives d'avenir de ce mouvement social. Et on ne va pas changer nos habitudes de travail pour une petite procédure de dissolution. On va continuer à documenter les luttes et les gens vont continuer à nous soutenir, je l'espère, parce qu'on essaye de faire notre travail bénévolement et de la façon la plus honnête possible. Et j'imagine que c'est la même chose. Vous avez proposé quoi comme contenu durant ces manifestations ? On essaie un peu à l'affût d'éventuels blocus ce matin. Comme j'étais là, je n'ai pas suivi mes collègues s'il y a eu des blocus en région parisienne.
11 heures à Nation, évidemment, parce que pour nous, la prise d'opposition et l'engagement des lycéens est importante. Et on sera probablement, je ne suis pas sûr qu'on couvre en direct, on l'avait fait sur la première grève manif du 17 ou 14, je ne sais plus, janvier. On a fait deux, trois heures de direct dans la manif. Après, on a aussi un regard assez critique sur ce type de manifestation. On l'a exprimé, on l'a dit plein de fois en vidéo, en texte, sur ce qu'on appelle des manifs sono-merguez où à un moment donné, nous, ça ne nous fait pas vibrer. Ça ne veut pas dire qu'on est des amoureux de la révolte et des vitrines pétées.
C'est juste qu'à un moment donné, on parle de rapport de force avec un pouvoir qui est très violent et que dire... Enfin, voilà, un décalage... Les méthodes de lutte, j'imagine que vous les... Non, mais on les encourage. C'est aussi pour ça qu'on dit qu'on n'est pas un média d'extrême-gauche ou de gauche, c'est qu'on est capable de taper ou de dire qu'on estime que l'idée, la direction est bonne mais que les moyens sont peut-être un peu dépassés et que face à une violence d'une pouvoir, à un moment donné, il faut une radicalité, ce qui ne veut pas dire une violence. Bien sûr. Et donc voilà, c'est aussi ça.
Et d'ailleurs, nous, on peut assumer qu'on est un média révolté, d'ailleurs, non-révolté, mais qui aplombe une révolution et ça ne veut pas dire qu'on a de la haine en nous. Au contraire, je pense qu'on a plutôt de l'amour et des choses positives, mais qu'à un moment donné, on a l'impression de vivre dans une société qui est ultra violente socialement et même physiquement et qui crée des choses et qu'on en a marre de rester dans quelque chose de totalement sclérosé, de totalement aseptisé alors qu'on a envie de changer et on sait que le changement, il ne se fera pas de manière douce. Voilà. Surtout aujourd'hui avec un pouvoir qui est aussi violent et d'extrême droite.
Et on précise là dans l'oreillette qu'il y a des blocus lycéens. Alors je le savais ce matin avant la manif de 11h et que déjà, alors il y a Tulip du Média qui est sur place sur Paris et il y a eu du coup à Brassens déjà plusieurs interpellations et des rapports musclés avec les lycéens. Ça fait quelques jours, déjà quelques semaines qu'on voit que la police a des ordres et même parfois un peu de zèle contre des jeunes parfois même pas majeurs d'une grave violence. Tu parles de violence là mais c'est vrai que c'est quelque chose pour une poubelle mal placée il y a une violence disproportionnée.
Il y a 5-10 ans on n'aurait pas vu ce genre de scène sur des blocus lycéens parce que ce n'est pas nouveau des poubelles devant un lycée pour ne pas aller faire cours.
Ce n'est pas la fin du monde et nous on les a interviewés 7-8 lycéens il y a un an sur les blocus de l'époque c'est totalement choqué il ne s'attendait pas à une telle réponse disproportionnée et elle n'est pas neutre elle est voulue c'est qu'il y a quelque chose qui est de casser une énergie une volonté de remettre en cause l'ordre que ce soit l'ordre des professeurs du proviseur de l'état et ça ça passe par une police et la police elle est totalement complice et c'est vrai que notre révolté a souvent été ou nous accuser d'être contre la police ce n'est pas qu'on est contre la police c'est qu'à un moment donné la police a un rôle social et politique et que quand il est l'institution et quand elle est aux mains d'un pouvoir qu'on estime d'être d'extrême droite et ultra violent elle est capable de choses très graves et c'est notre devoir de le dénoncer et ça ne se passe pas d'ailleurs uniquement je précise aussi que chez les lycéens on a aussi les 100 facs à Nanterre mais pas qu'eux qui sont organisés et dès qu'il y a une organisation on le voit ils me l'ont dit d'ailleurs à une interview il y a une répression que ce soit par l'engagement de services d'ordre pour les empêcher de parler à d'autres personnes bref il y a vraiment un empêchement et c'est politique c'est important de le préciser comme tu viens de le faire oui parce que c'est vrai qu'il y a une époque où les rapports sociaux n'étaient pas tout de suite dans un rapport de force physique avec les forces de l'ordre c'est-à-dire que ça arrivait mais il y avait quand même beaucoup de place à la négociation aux échanges là le seul langage qu'on a l'impression qu'il existe c'est celui de la violence de la répression des amendes des gardes à vue c'est devenu normal pour n'importe quelle lutte climatique féministe lycéen sans fac il y a forcément un passage avec un rapport avec la police et en général le rapport il n'est pas amical Merci Louise peut-être un dernier mot avant de rendre l'antenne Jean-Michel Oui là il y a très très clairement un besoin de mise au pas de la part du pouvoir il veut que les choses rentrent dans l'ordre et toute critique de cet ordre établie elle est févèrement réprimée la violence elle n'est pas nouvelle les blocus lycéens ils se sont déjà fait taper dessus pendant très longtemps ce qui est assez nouveau ces dernières années avec le pouvoir de Macron c'est que c'est systématique c'est absolument la moindre petite dose de contestation la moindre poubelle déplacée comme disait Louise fait que la répression va être intense on va réprimer des lycéens et des lycéennes qui déplacent des poubelles comme les pires des casseurs et forcément ça va mettre de l'huile sur le feu c'est aussi pour ça que non-trévolter ça nous paraît un peu débile la procédure de dissolution c'est que croire que les manifestations vont se mettre à être toutes sages et qu'il n'y aura plus de vitrines brisées parce que non-trévolter ne sera plus là pour relayer des appels à Manis ou pour documenter les manifestations enfin Gérald Darmanin il n'a pas compris que les manifestations elles se font contre un ordre établi qu'il représente et quand on parlait de fascisation du pouvoir et de mise au pas il y a quelques années les gens nous disaient qu'on en rajoutait quand même de plus en plus les gens se rendent compte nos lecteurs électrices se rendent compte que non la mise au pas elle est là et elle est extrêmement violente elle est mortifère et elle fait du mal elle fait du mal à l'ensemble de la population et de plus en plus de gens sont touchés et rejoignent les luttes nécessairement et d'où l'importance de soutenir des automédias comme vous pour justement avoir un oeil sur ces réalités qui ont du mal à trouver écho dans les médias classiques et mainstream en tout cas merci à tous les deux d'avoir accepté un grand plaisir pour votre confiance et le fait d'être là ce matin voilà c'est la fin de cette 80ème édition de la Comte Matinale 80 missions déjà en direct c'est énorme quotidiennement du lundi au vendredi c'est un exploit pour un média audiovisuel de gauche indépendant et alternatif tel que le nôtre et si possible et si c'est possible pardon au-delà du dévouement de l'équipe technique autour de nous ici en régie que vous ne voyez pas et des journalistes de la rédaction que je salue aussi c'est grâce à votre soutien à vous derrière l'écran à vous abonner sur Youtube mais aussi aux abonnés sur lemédiatv.fr slash soutien des 5 euros par mois aux sociaux aux donateurs et donatrices c'est vous et uniquement vous qui financez cette énorme et à la fois fragile machine qu'est le média et c'est depuis 4 années déjà merci pour ça le média c'est votre média à l'instar des médias autonomes de Nantes Révolté et de Saint-Volant Disponible c'est notre audience qui est engagée nous porte au effort abonnez-vous bien évidemment et faites un don régulier pour faire perdurer toutes ces voix dissonantes que les puissances dominantes rêvent de voir disparaître quant à moi 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