Christophe Béchu : "décalage insupportable" entre la posture de certains pays et la crise climatique
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Ce mois de juillet sera le plus chaud jamais enregistré sur Terre, selon l'ONU.
- 0:20RelanceRéponse directe
Vous revenez d'Inde où s'est tenu le sommet du G20 des ministres de l'Environnement. Rien, pas d'accord sur le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre. D'ici 2025, c'est désespérant non ?
- 1:27FerméeRéponse directe
De quel pays parle-t-on ? Russie, Chine, Arabie Saoudite ?
- 2:23RelanceRéponse directe
Mais pendant ce temps-là, la planète se réchauffe à grande vitesse.
- 2:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous parleriez de retour en arrière ?
- 3:09RelanceRéponse directe
Quand ces pays producteurs de pétrole et de gaz vous disent : tant qu'il y aura de la demande, il continuera à y avoir de la production. Qu'est-ce que vous répondez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07PrésentateurFait
« Ce mois de juillet sera le plus chaud jamais enregistré sur Terre, estime l'ONU. »
- 0:13PrésentateurFait
« Son secrétaire général Antonio Gutiérrez dit que notre planète est entrée désormais dans l'ère de l'ébullition. »
- 0:24PrésentateurFait
« des 20 pays les plus industrialisés de la planète et rien, pas d'accord sur le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre. »
- 1:02Invité politiqueFait
« refusant de parler ouvertement de charbon, refusant de parler ouvertement de la fin d'énergie fossile, refusant de parler de pic d'émissions »
- 2:26PrésentateurFait
« Les Chinois et les Saoudiens auraient même, selon le journal Financial Times, expliqué que le G20 n'était plus le bon cadre pour parler de réchauffement climatique. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« on a 62% des nappes de ce pays qui sont en dessous des normales de saison et on en a 20% qui sont très basses. »
- 6:29Invité politiqueChiffre
« Un peu moins de 30 000 habitants quand on les additionne. »
- 8:36Invité politiqueChiffre
« 30 milliards, c'est le nombre de tickets qu'on imprime. Et 90%, c'est le nombre de tickets qui sont imprégnés par du bisphénol, qui est un perturbateur endocrinien. »
- 9:48PrésentateurFait
« Ils protestent contre la nomination d'un proche d'Éric Zemmour à la tête de la rédaction. Geoffroy Lejeune qui prend ses fonctions aujourd'hui. »
- 10:19Invité politiqueChiffre
« c'est assez rare de tenir 40 jours et d'avoir des taux grévistes qui se maintiennent entre 95 et 100%. »
Temps de parole
- Christophe Béchu72 %
- Présentateur27 %
≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Christophe Béchut, ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Merci d'être avec nous ce matin. Christophe Béchut, ce mois de juillet sera le plus chaud jamais enregistré sur Terre, estime l'ONU. Son secrétaire général Antonio Gutiérrez dit que notre planète est entrée désormais dans l'ère de l'ébullition. Vous revenez d'Inde où s'est tenu la semaine dernière le sommet du G20 des ministres de l'Environnement, des 20 pays les plus industrialisés de la planète et rien, pas d'accord sur le plafonnement des émissions de gaz à effet de serre. D'ici 2025, malgré les alertes, c'est désespérant non ?
A certains égards ça l'est et je peux vous assurer que franchement, le sentiment d'amertume, presque d'écœurement, devant l'impossibilité de se mettre d'accord à 20 pays, dans un contexte diplomatique, quand on voyait ce qui se passait à l'extérieur, dans le monde réel, vous l'avez dit, les records de température, la chaleur des océans qui est en train d'être documentée, les méga-feux au Canada, et un blocage de la part de certains pays, refusant de parler ouvertement de charbon, refusant de parler ouvertement de la fin d'énergie fossile, refusant de parler de pic d'émissions, et s'abritant, ou derrière des arguments de mauvaise foi, ici c'est pas la COP et donc on n'est pas là pour prendre des engagements nouveaux, ou derrière des prétextes pour diluer, pour retarder, pour rajouter une virgule, avec un décalage insupportable, et avec l'actualité, et avec ce que disent les scientifiques du GIEC, mais pas seulement.
De quel pays parle-t-on ? Russie, Chine, Arabie Saoudite ?
Exactement. Le tiercé peut se faire dans plusieurs ordres, mais à la fin c'est bien ça. Avec des refus, ou parce que ces pays sont eux-mêmes fortement producteurs, ou parce qu'ils sont dans des stratégies de désalignement d'un point de vue géopolitique, qui consiste à essayer d'éviter qu'on ait des consensus internationaux, mais vraiment, je peux vous dire que pour les autres pays qui étaient là, y compris d'ailleurs pour l'Inde, qui a plutôt été aidante en faisant en sorte de prendre des engagements, il y a un sentiment de décalage par rapport à la réalité, d'impossibilité à expliquer ce qui peut se passer dans une enceinte de ce type.
Il y a une seule bonne nouvelle, si vous permettez Jérôme Calais, parce que quand même, et la bonne nouvelle c'est que sur la partie biodiversité, lutte contre la pollution plastique, là, on a des conclusions inédites avec une prise de conscience de la nécessité de se mobiliser qui n'existait pas.
Mais pendant ce temps-là, la planète se réchauffe et est à grande vitesse. Les Chinois et les Saoudiens auraient même, selon le journal Financial Times, expliqué que le G20 n'était plus le bon cadre pour parler de réchauffement climatique. Un autre participant décrit des tactiques de destruction du débat jamais vues. Est-ce que vous parleriez de retour en arrière ?
Ce qui est très juste, c'est qu'on a eu droit à, ici, ce n'est pas la COP. Et on sent que pour une partie de ces pays, l'enjeu, ce n'était pas seulement de ne pas arriver à un accord, c'était qu'il n'y ait plus de COP, c'était qu'il n'y ait plus de G20 consacré aux questions climatiques. Comme si c'était une manière de dire que finalement, le climat, ça commence à bien faire et que si on a déjà une réunion par an, c'est largement suffisant. Alors que c'est le défi auquel on est tous confrontés et qui emporte tous les autres, économique, démographique, social. Et donc, on ne peut pas juste détourner le regard quand ça arrange certains.
Quand ces pays producteurs de pétrole et de gaz vous disent, tant qu'il y aura de la demande, il continuera à y avoir de la production. Qu'est-ce que vous répondez ? On l'achète, nous, ce gaz et ce pétrole ?
Mais, vous savez, c'est exactement l'histoire de l'offre et de la poule. C'est-à-dire qu'à un moment, regardez le débat qu'on a sur la fin des voitures thermiques. Avec des gens qui vous disent, on prend des risques pour notre industrie, vous vous rendez compte, on va faire en sorte de...
Si à un moment, on ne décide pas de sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, on ira toujours trouver des justifications pour aller faire des nouveaux forages, pour aller continuer à extraire une partie de ce pétrole ou de ce gaz, alors que nous savons que c'est la première cause de réchauffement et que ce réchauffement est en train de produire un dérèglement généralisé de tout ce qui fait la vie sur Terre.
On peut tenir ce discours quand on a une compagnie française, Total Energy, qui précisément va faire des nouveaux forages ?
Je dirais que non seulement on peut, mais qu'on doit le faire. Mais c'est contradictoire. Mais on parle de transition. Ce que je suis en train d'expliquer, c'est que précisément, si on veut sortir de cette dépendance, il faut qu'on assume des décisions qui consistent à sortir de la voiture thermique, à assumer un calendrier qui nous permet de diminuer la part de chauffage gaz. Ça ne va pas se faire en claquant des doigts.
Mais est-ce que vous pouvez dire aux Saoudiens d'arrêter de faire des nouveaux forages quand nous-mêmes, on a une compagnie nationale qui va en faire de nouveau ?
Votre compagnie nationale dont vous parlez, vous savez qu'elle fait une part absolument faible désormais de son chiffre d'affaires en France et qu'elle est devenue mondiale. Et que le fameux projet dont vous parlez, il se fait à la demande des autorités locales dans un contexte malheureusement plus complexe.
En Ouganda, en Afrique.
Il n'y a plus aucun financement. Il n'y a plus aucune assurance. Il n'y a plus aucun crédit de quelque sorte que ce soit qui nous conduit aujourd'hui à soutenir de l'exploration fossile, quel que soit l'endroit dans le monde. Mais la cohérence, elle est d'abord chez nous d'accentuer notre propre baisse et de faire en sorte d'assumer la sortie des énergies fossiles. C'est à ce prix qu'on pourra ensuite faire en sorte...
Donc c'est chacun chez soi, chacun ses responsabilités nationales.
Non, on a besoin d'engagements internationaux, mais on ne peut pas s'abriter derrière les engagements internationaux pour ne pas faire d'efforts chez soi. Ou pire, dire, tant que les autres ne font pas d'efforts, je ne commence pas à en faire.
Chez nous, Christophe Béchut, l'actualité, c'est la sécheresse qui touche de nombreuses régions. Vous étiez hier dans le département de l'Hérault. Est-ce que le mois de juillet, plus vieux qu'on a vécu sur une partie du pays, change la donne ou est-ce qu'on en est de l'état des nappes ?
Ce n'est malheureusement pas parce qu'il pleut qu'on n'a pas de problème de sécheresse, de la même manière que ce n'est pas parce que les températures sont plus basses que les normales pendant quelques jours qu'il n'y a pas de dérèglement climatique. Et c'est plus compliqué à expliquer. J'ai bien conscience aujourd'hui, avec la météo sur toute une partie de la France, que ce n'est pas simple. Mais on a 62% des nappes de ce pays qui sont en dessous des normales de saison et on en a 20% qui sont très basses.
Avec, en particulier, sur le pourtour méditerranéen, du côté de la vallée du Rhône et du Saône, une sécheresse l'été dernier qui nous a laissé des nappes vides et pas suffisamment de pluie pendant ce qu'on appelle la période de recharge. Les pluies d'été, les pluies de juin, c'est bien parce que ça permet de recharger un tout petit peu les milieux, mais il y en a beaucoup qui est absorbé par la végétation parce qu'elle a soif et il y en a beaucoup qui part en évapotranspiration. Donc ce sont des pluies qui sont moins utiles que celles qu'on a pendant l'automne et pendant l'hiver. Donc on a besoin d'être attentif.
On a en ce moment dépassé le cap des 100 communes privées d'eau potable sur une partie de ce pourtour méditerranéen.
Ça fait combien d'habitants ?
Un peu moins de 30 000 habitants quand on les additionne.
30 000 Français qui avaient de l'eau potable il y a quelques mois et qui ne l'ont plus aujourd'hui ?
Ou des gens qui avaient déjà des problèmes l'été dernier, ou certains, je pense par exemple dans les Roses, c'est pour ça que j'y étais hier, qui n'avaient pas de problème l'année dernière, mais qui en ont cette année. Parce que précisément, faute de pluie, on s'est retrouvé avec des forages qui sont passés à sec et avec des travaux d'interconnexion qui sont à conduire mais qui ne l'ont pas été.
C'est un chiffre qui risque de grossir dans les semaines qui viennent ?
On est évidemment très vigilants, ce chiffre avait dépassé les 700 l'été dernier dans le contexte que nous connaissons. Ce sont 500 travaux de sécurisation, d'interconnexion de réseau que le gouvernement a lancés en septembre dernier après l'été record qu'on a vécu. Donc je pense qu'on sera à un niveau moins élevé, mais on aura certainement à nouveau beaucoup de communes concernées par des coupures ponctuelles ou temporaires comme c'est le cas.
On parle de l'eau, Christophe Béchut, il y a en ce moment près de Bordeaux un projet de surf park. Donc ce serait le premier en France, 20 000 m3 d'eau pour surfer sur une vague artificielle. La ville de Canéjean a accordé le permis de construire, mais plusieurs associations ont déposé hier un recours. Elles mettent en cause la consommation excessive d'eau. Qu'est-ce que vous pensez de ce projet ?
J'en ai pris connaissance hier, précisément, puisqu'il y a eu un peu d'actualité médiatique sur tout ça. C'est un projet qui à ce stade n'a pas reçu un aval de l'État, vous l'avez dit. Il a été validé par une municipalité sur le plan local, avec des promoteurs qui disent que ça n'est que de l'eau de pluie et des opposants qui disent en substance que quand même, faire à 50 km du large. Un projet qui pourrait, si j'ai bien compris, brasser jusqu'à l'équivalent d'une centaine de piscines olympiques par an, que ce soit d'un point de vue énergétique ou d'un point de vue haut, ça interroge. Le ministère va évidemment regarder le sujet. Ça ne vous paraît pas pertinent ?
La minute, c'est compliqué sur la base. 24 heures, si vous voulez, de recul et de deux articles lus dans la presse, de vous donner un avis définitif.
Mais des interrogations de votre côté, si je comprends bien ?
Les articles de presse soulèvent des interrogations qui me semblent légitimes de la part du ministère de la Transition écologique, en tout cas du ministre que je suis.
L'actualité de ce 1er août, c'est aussi la fin du ticket de caisse obligatoire aujourd'hui. Désormais, les tickets de caisse ne sont plus distribués automatiquement. Il faut les demander, tout cela pour lutter contre le gaspillage. Est-ce que vous encouragez les Français à ne plus demander ces tickets de caisse ?
C'est effectivement la fin du ticket de caisse. Et juste quand même, pour vous donner deux chiffres. 30 milliards, c'est le nombre de tickets qu'on imprime. Et 90%, c'est le nombre de tickets qui sont imprégnés par du bisphénol, qui est un perturbateur endocrinien. Donc, c'est à la fois un geste écologique de bon sens, même si, dans un certain nombre de cas, en particulier pour avoir une garantie, pour pouvoir avoir un justificatif, on peut toujours continuer à le demander. Mais le geste écologique, c'est évidemment de ne pas le demander. Et cela permet d'économiser des milliards de facturettes qui sont autant de consommation d'eau et d'énergie.
Comment on vérifie qu'il n'y a pas d'erreur dans l'addition ? Ce qui est quand même très régulièrement le cas. Et c'est douloureux pour les Français, y compris en cette période d'inflation.
C'est la raison pour laquelle on a repoussé cette date. Et je le redis, celui qui veut garder son ticket de caisse, il peut le demander. Et ce qui est aujourd'hui nouveau, c'est qu'il n'y a plus l'obligation pour le commerçant de l'imprimer. Donc, cela avait déjà été devancé dans un certain nombre de commerces. Si vous souhaitez vérifier, cela peut se faire sur le terminal numérique, quand vous êtes dans un restaurant avant que cela se termine, ou vous pouvez simplement demander à ce qu'on vous imprime le ticket. Mais si on a déjà la moitié des gens qui arrêtent de le demander, c'est 15 milliards de tickets que nous économiserons.
Christophe Béchul m'est arrivé de vous lire dans le journal du dimanche. Ces journalistes sont en grève depuis 40 jours maintenant. Ils protestent contre la nomination d'un proche d'Éric Zemmour à la tête de la rédaction. Geoffroy Lejeune qui prend ses fonctions aujourd'hui. Est-ce que vous les soutenez ?
J'ai eu l'occasion d'être directement interpellé. Et de dire que je considère que la position d'un membre du gouvernement ne peut pas être de s'exprimer dans un conflit de nature éditoriale ou de ligne. Je comprends leurs émotions. Je suis frappé, je pense, comme beaucoup de Français, et pas seulement comme des journalistes, par la constance de leur opposition à cette arrivée. Parce que c'est assez rare de tenir 40 jours et d'avoir des taux grévistes qui se maintiennent entre 95 et 100%. Pour autant, au nom de la séparation des pouvoirs, le gouvernement ne peut pas nommer ou décider qui va prendre la tête de tel ou tel journal. Ce serait particulièrement choquant.
Vous pourriez répondre à une interview du JDD dans les prochaines semaines, dirigée par Geoffroy Lejeune ?
Écoutez, j'adore faire de la politique fiction. Je veux dire que le début du mois d'août se prête sans doute aussi à ce genre d'exercice estival. Mais je répondrai à cette question le jour où elle me sera posée.
Merci à vous, Christophe Béchut, invité de France Inter ce matin, ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Très bonne journée à vous. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Christophe Béchu