Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationSud Radio (sur YouTube)· 3 août 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSécurité

Ceuta : « Le Maroc a laissé faire »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Patrick Martin JeunierFait
    « il y a eu une mauvaise interprétation et le premier ministre espagnol l'a dit d'un arrêt de la Cour suprême espagnole qui est l'équivalent de notre conseil d'État qui a rendu une décision très importante au terme de laquelle les migrants, les Marocains qui arrivaient par la mer ne pouvaient faire l'objet de refoulement. »
  • 7:00Patrick Martin JeunierFait
    « le Premier ministre espagnol l'a souligné. Encore une fois, le Maroc n'avait pas intérêt à intensifier cette crise. »
  • 9:00Patrick Martin JeunierFait
    « Madame Méloni tente d'instrumentaliser cette crise migratoire, on va dire parce que un État tout seul tel que l'Italie mais il y en a d'autres, la Finlande, on demande l'exclusion de l'Espagne de l'Espace Schengen. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Jacques Tardos, il est 7h34 et C Sud Radio vous explique. On est avec bon Patrick Martin Jeunier, spécialiste des relations internationales. Bonjour Patrick Martin Genier.

Bonjour. Soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio. Alors c'était dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

Est-ce que avec le recul on comprend un peu mieux quel a été l'élément déclencheur qui a permis cet afflux massif dans un premier temps ? Oui, il y a plusieurs causes possibles envisageables. En réalité, vous savez, on a parlé d'une invasion migratoire, d'une crise migratoire.

En réalité, c'était manifestement une attaque hybride qui a été causée par différentes choses. En premier lieu, il y a eu les réseaux sociaux qui ont joué un rôle très très important. Pourquoi ? parce que il y a eu une mauvaise interprétation et le premier ministre espagnol l'a dit d'un arrêt de la Cour suprême espagnole qui est l'équivalent de notre conseil d'État qui a rendu une décision très importante au terme de laquelle les migrants, les Marocains qui arrivaient par la mer ne pouvaient faire l'objet de refoulement. dans le pays d'origine ce qui fait que cette décision ayant été exploité ayant été exploité notamment par les réseaux sociaux et bien énormément des milliers de jeunes ont reçu des messages selon lesquels les frontières désormais entre le Maroc et Seouta étaient ouvertes ce qui a précipité le départ de milliers de milliers de jeunes marocains.

Donc c'est effectivement une mauvaise interprétation mais aussi peut-être des messages TikTok, des messages sur les réseaux sociaux mal intentionnés vis-à-vis de l'Espagne qui ont précipité cette crise humanitaire sans précédent. Oui. Alors on a bien compris mais on s'interroge quand même parce que 60000 personnes, c'est pas rien.

C'est c'est un afflux massif et on se dit que les autorités marocaines dans un pays comme le Maroc n'ont pas pu ne pas voir et ne pas comprendre ce qui se tramait d'une certaine façon. J'ai envie de vous poser la question de savoir si le Maroc n'a pas laissé faire cet afflu. Alors, est-ce qu'il a laissé faire délibérément ?

En tout cas, manifestement, oui. Il y a eu une carence des autorités marocaines, notamment au niveau des frontières, au niveau de la police. Elle a laissé faire et d'ailleurs le silence pendant plusieurs jours des autorités marocaines, du gouvernement marocain est assez étrange.

Il n'a réagi que ce matin, hier également, en disant qu'il n'avait pas vu effectivement ce qui s'était passé. Euh il y a eu euh un laisser faire en quelque sorte hein des autorités douanières euh marocaines euh qui ont laissé l'exploitation euh de cet arrêt de la Cour suprême, qui ont laissé les gangs criminels en quelque sorte qui font passer, vous savez, les migrants dans les frontières pour tenter éventuellement de les faire passer dans l'Espagne dite continentale en traversant la Méditerranée. Oui, on peut dire que les autorités marocaines et bien n'ont pas été, on va dire vigilantes vis-à-vis de ce qui se passait.

Elles ont tardé à réagir. Il y a eu une véritable carence en laissant faire ce mouvement migratoire alors que elles avaient manifestement reçu le message, elle n'aurait pas dû laisser passer ces jeunes. Tant les autorités marocaines qu'espagnoles malheureusement n'ont pas été à la hauteur de la situation.

Oui. Patrick Martin Jeenier, spécialiste des relations internationales, vous nous aidez à mieux comprendre la crise de deouta. Est-ce que vous pensez que le Maroc a voulu d'une certaine façon déstabiliser l'Espagne, l'Europe, envoyer un message d'une certaine façon faire aussi de la politique ?

Bah, vous savez, les relations internationales, c'est souvent de la politique et même de la politique, une poursuite de la politique intérieure. Donc, je ne sais pas si le Maroc a voulu punir l'Espagne, ce n'était pas dans son intérêt parce que c'est vrai qu'il y a des divergences diplomatiques, politiques entre l'Espagne et le Maroc depuis de longues années, notamment sur le Sara occidental. Euh le Maroc n'avait pas accepté, avait mal toléré le fait que le dirigeant euh du Polissario, donc du Sara occidental était venu se faire soigner à Madrid lors de la crise du Covid.

Le Maroc n'avait pas du tout euh apprécié non plus la visite du Premier ministre Pedro Sanchez à Alger récemment. Euh mais donc effectivement, il y a des motifs euh de colère, des motifs de différence, de divergence entre ces deux pays. Mais le Maroc tout de même n'avait pas un intérêt politique à poursuivre cette crise dans la mesure où bien évidemment que le il y a une sorte de dégelle entre le Maroc et l'Espagne.

Le dialogue a été rétabli. Ce n'est pas non plus dans l'intérêt du Maroc de multiplier les conflits avec l'Union européenne, notamment la France. Donc oui, il y a eu euh des divergences mais je ne crois pas que l'Europe est que le Maroc a voulu volontairement intensifier cette crise, mais d'une certaine façon effectivement elle a fait preuve d'une certaine carence.

Alors l'Espagne soutient que les 60000 migrants sont retournés chez eux. Est-ce que vous y croyez ? On a malheureusement dû dénombrer, je crois, autour de 70 personnes qui ont perdu la vie lors de ce de cette traversée.

Euh et peut-être que le chiffre malheureusement va s'aggraver. alourdir encore dans les heures qui viennent à mesure que les secours récupèrent des des corps dans la Méditerranée. Est-ce que vous croyez au à ce chiffre des 60000 migrants qui sont tous retournés chez eux ?

Pour le moment, on a un peu l'impression que quand même le Premier ministre espagnol tente de rassurer tout le monde mais ne ne n'a pas forcément la totale maîtrise de la situation. Oui. Non, il a pas la main surtout.

Il y a d'abord, il faut souligner, une excellente coopération entre le Maroc et l'Espagne. Le premier ministre espagnol l'a souligné. Encore une fois, le Maroc n'avait pas intérêt à intensifier cette crise.

Oui, beaucoup de jeunes migrants de dizaines de milliers sont repartis, mais comme vous savez, il y a des demandes de migration économique. C'est l'essentiel de ces migrants qui sont arrivés. le chômage, l'absence de perspective, de mauvais salaire, mais euh on ne peut pas renvoyer totalement tous ces jeunes, notamment euh parce que d'abord il y a eu cet arrêt de la Cour suprême qui dit que si des jeunes demandent l'asile, il faut étudier l'asile.

Donc, il y a probablement des jeunes dans ce lot qui vont solliciter l'asile pour quelque raison que ce soit auprès des autorités espagnoles. Donc si l'essentiel des migrants sont repartis, mais il y a aussi des jeunes mineurs non accompagnés qu' veut que ve en faire les autorité espagnol ? Et bien si des demandes d'asile sont déposées, l'Espagne sera dans l'obligation de d'étudier ces demande d'asile.

Et donc manifestement tous ces migrants ne sont pas repartis au Maroc. Dernière question très courte. Patrick Martin Jeunier, spécialiste des relations internationales sur la crise de seous de Seouta.

Que pensez-vous de la réaction de Georgia Méloni qui a suspendu l'accord de Schengen pour un mois provisoirement en rétablissement les contrôles aléatoires pour des ressortissants provenant d'Espagne ? exagéré ou bien c'est dans la dans dans la ligne de ce que de de la pensée de Georgia Méloni et rien ne vous étonne. Non, rien ne m'étonne.

Madame Méloni tente d'instrumentaliser cette crise migratoire, on va dire parce que un État tout seul tel que l'Italie mais il y en a d'autres, la Finlande, on demande l'exclusion de l'Espagne de l'Espace Schengen. Exclure un pays de l'espace Schengen alors que c'est un traité n'est pas possible. Et puis on sait que madame Mélonie tente de se concilier les bonnes grâces de l'administration Trump du Divens.

Également le vice-président qui n'a de cesse de dénoncer les vagues migratoires en Europe. Ce qu'il est en revanche possible de faire c'est de renforcer le contrôle aux frontières. Elle l'a annoncé.

À défaut de suspendre un pays, elle peut renforcer les contrôles aux frontières. De la même façon d'ailleurs euh que la France a décidé de renforcer ce contrôle aux frontières espagnoles mais également italiennes car vous savez la migration illégale passe également euh au niveau de la frontière italienne à Menton et Vintimi. Merci infiniment Patrick Martin Genier de nous avoir éclairé ce matin sur cette crise de Seouta dont on reparlera évidemment beaucoup dans la semaine.

Ceuta : « Le Maroc a laissé faire » — Patrick Martin · Pourquijevote