Anne Souyris : "C'est maintenant qu'il faut faire un effort important pour infléchir la courbe"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse partielle
Le Premier ministre voulait que le masque soit obligatoire partout dans Paris. Vous aussi, finalement, ou c'est lui qui l'impose ?
- 1:15RelanceRéponse directe
La situation sanitaire s'est-elle à ce point dégradée dans Paris pour qu'on ait besoin de prendre une telle mesure ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Est-ce que pour le moment, le taux de contamination grimpe ? Dans les hôpitaux, il y a quoi ?
- 4:17FerméeRéponse directe
Si on a le droit de faire des pique-niques dans un parc et d'enlever son masque pour manger un sandwich dans la rue, on peut ça ou pas ?
- 4:39FerméeRéponse directe
Est-ce que j'ai le droit de fumer une cigarette dans la rue ?
- 4:46FerméeRéponse directe
Est-ce que j'ai le droit d'enlever mon masque à vélo, en trottinette, en scooter ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueChiffre
« Actuellement, on est à 94 sur 100 000 en termes de taux d'incidence. »
- 1:28Invité politiqueChiffre
« Ce qui fait que c'est pratiquement les trois fois ce qu'il y a pour la France entière. »
- 2:01Invité politiqueFait
« puisque ce sont plus les 20-40 ans. »
- 2:20Invité politiquePromesse
« C'est maintenant qu'il faut faire un effort fort, important et qui permette vraiment d'infléchir la courbe. »
- 2:43Invité politiqueChiffre
« On est actuellement à 15% d'hospitalisation en termes de contenu. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« Des clusters à Paris qui sont quand même au nombre de 35, ce qui, encore une fois, est très important. »
Temps de parole
- Anne Souyris82 %
- Présentateur18 %
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Fini le découpage de Paris en zone avec masque et en zone sans masque, il faudra l'avoir partout, tout le temps désormais. Même chose pour les trois départements de la Petite-Couronne, Seine-Saint-Denis, Haute-Seine et Val-de-Marne. Bonjour Anne Suiris. Bonjour. Vous êtes adjointe à la maire de Paris, chargée notamment de la santé publique. Le Premier ministre voulait que le masque soit obligatoire partout dans Paris. Vous aussi, finalement, ou c'est lui qui l'impose ?
Écoutez, l'important, c'est qu'on arrive vraiment à le mettre de manière circonstanciée. C'est vrai que nous avions découpé, nous, en zone dense. L'important, c'est effectivement de mettre le masque en zone dense. La réalité, c'est qu'on avait du mal à comprendre souvent où ça s'arrêtait, où ça commençait. Peut-être que c'est une simplification. Vous savez, nous, on avait annoncé dès le départ que ce serait évolutif. On verra si ça marche mieux. Après tout, on peut aussi réagir autrement si les Parisiens ne le font pas. L'important, c'est vraiment de s'approprier ce masque et de faire en sorte que, dans les zones où on ne peut pas être à moins d'un mètre, les gens soient vraiment masqués.
Donc, peut-être que la solution, c'est celle qui a été prise hier. On prend le pari, en tout cas. C'est-à-dire, on le met partout, par souci de simplicité et de compréhension par tous.
Mais ça veut dire que la situation sanitaire s'est à ce point dégradée dans Paris pour qu'on ait besoin de prendre une telle mesure ?
Bien sûr. Vous savez, on n'est pas loin. Actuellement, on est à 94 sur 100 000 en termes de taux d'incidence. Ce qui fait que c'est pratiquement les trois fois ce qu'il y a pour la France entière. C'est aussi beaucoup plus important que ce qu'on pouvait voir juste avant le confinement la dernière fois. Alors, évidemment, il n'y a plus de tests. C'est aussi parce qu'on se teste plus. Donc, ce n'est pas tout à fait. Bien sûr, bien sûr. Mais en revanche, quand même, même en regardant et en comparant et en prorata des tests, on voit que le taux de contamination est plus important. Alors, il y a une autre...
Heureusement, on a d'autres variantes qui sont que la population qui est plus touchée est moins fragile puisque ce sont plus les 20-40 ans. Mais en revanche, comme on voit ce taux de contamination monter chaque jour de manière importante, à Paris en particulier, vraiment importante, eh bien, si les jeunes sont particulièrement contaminés, ils contamineront aussi les plus âgés, les plus fragiles. Donc, c'est maintenant qu'il faut faire un effort fort, important et qui permette vraiment d'infléchir la courbe.
Est-ce que pour le moment, le taux de contamination grimpe ? Mais dans les hôpitaux, il y a quoi ? Il y a plus d'admissions, plus de cas en réanimation, beaucoup plus ? Ou là, ça ne bouge pas pour le moment ?
Écoutez, les taux d'hospitalisation, ils ne montent pas très vite, vous avez raison, depuis le mois de juillet, mais ils montent sans cesse. On est actuellement à 15% d'hospitalisation en termes de contenu. Mais en revanche, l'important, c'est la courbe, c'est-à-dire que ça ne s'arrête pas. On n'a pas vu à un moment s'arrêter ou la courbe infléchir d'hospitalisation. Donc, on n'a pas d'inquiétude sur la gestion de l'hospitalisation. Il va falloir qu'on a quand même fait tout à fait différemment qu'avant le confinement, puisque maintenant, les généralistes sont sur le pont pour vraiment répondre et pour éviter les hospitalisations.
Ce qui fait que je pense qu'on gère autrement et qu'on permet aussi moins d'hospitalisation. Néanmoins, ça n'empêche pas d'être vigilant parce que les gens fragiles restent fragiles. C'est vrai qu'ils se protègent plus aussi. Eux mettent plus le masque, ils restent plus chez eux. Il y a aussi, en termes de droit du travail, le fait de pouvoir rester chez soi pour l'instant, tant que quand on est reconnu comme fragile. Donc, on a mis en place un certain nombre de critères qui permettent de faire autrement que l'hospitalisation et qui, quand même, font barrière à ces hospitalisations de manière positive.
Mais il n'empêche que nous avons quand même, par exemple, un nombre de petits clusters dans les EHPAD qui augmentent. Des clusters à Paris qui sont quand même au nombre de 35, ce qui, encore une fois, est très important.
Donc, il faut être vigilant. D'où cette mesure du masque, désormais obligatoire partout. À propos de ça, j'ai plusieurs exemples, plusieurs cas concrets à vous soumettre. Et j'aimerais avoir votre réponse. Si on a le droit, par exemple, de faire des pique-niques dans un parc et d'enlever son masque et de manger un sandwich dans la rue, on peut ça ou pas ?
Alors, manger un sandwich dans la rue, non. Faire un pique-nique dans un parc, à partir du moment où on est assis et qu'on mange son pique-nique, oui, à condition de remettre immédiatement dès qu'on se relève son masque.
Est-ce que j'ai le droit de fumer une cigarette dans la rue ?
Ah non, vous devez garder votre masque.
Est-ce que j'ai le droit d'enlever mon masque à vélo, en trottinette, en scooter ?
C'est un quiz, votre histoire. Non, mais c'est des exemples très concrets parce que c'est exactement les questions qu'on se pose. Bien sûr. Écoutez, pour l'instant, effectivement, le préfet a élargi aux trottinettes et au vélo, à tous les deux roues, l'obligation du masque.
Je dois dire que c'est une situation sur laquelle nous allons rediscuter avec le préfet parce que la question du vélo, ça ne se pose pas pour la trottinette et la moto, mais du vélo et du jogging, qui sont des questions à la fois de sport à l'air libre et puis pour le vélo de déplacement alternatif au métro ou à la voiture, ça se pose quand même un petit peu différemment que le reste puisqu'on peut quand même se dire que le vélo, eh bien, il vaut mieux faire du vélo que d'être dans le métro que d'un certain nombre de personnes. Alors, ce n'est pas vrai pour tout le monde. Par exemple, les personnes jeunes qui mettent un masque en vélo, ça n'a aucune incidence, ça ne comporte aucun danger.
Mais quelqu'un d'asthmatique, quelqu'un d'âgé, quelqu'un qui a des problèmes cardiaques avec un masque en vélo, ça peut poser des problèmes. D'où le fait de se dire que peut-être, ça n'est pas la solution qu'ils se retrouvent dans le métro non plus. Donc, vous allez en rediscuter ? On va essayer de voir absolument.
D'accord. La fermeture des bars, des restaurants, des petites épiceries quartier à 23h comme à Marseille, est-ce que vous pensez que Paris va devoir y passer aussi ?
Écoutez, nous faisons tout pour que ça ne se passe pas. Nous avons mis en place un certain nombre de mesures, en particulier beaucoup travaillé avec les cafés, les restaurants. Ils ont signé il n'y a pas longtemps une charte d'engagement, mais ils s'étaient déjà engagés de toute façon dès le déconfinement à ce que vraiment les mesures barrières soient respectées dans leurs officines, que nous avons permis que les terrasses soient toujours ouvertes après le 31 août de manière à ce qu'on puisse garder des espaces extérieurs avec de la distance entre les tables.
Et puis, nous leur avons demandé également, tout ça pour essayer d'éviter le reconfinement, qu'ils puissent y avoir un registre dans leurs cafés et leurs restaurants qui permettent d'indiquer les noms et les coordonnées des personnes qui sont là, de manière volontaire, pour qu'ils puissent, si jamais quelqu'un a été contaminé au moment où ils sont là, être appelés par les autorités sanitaires pour s'ils le veulent, s'ils le souhaitent et pour pouvoir se protéger. Donc vous voyez, en fait, la contractualisation, la prévention est au centre de notre action plus que la fermeture administrative, le couvre-feu.
Anne Souiris, il nous reste 30 secondes, une question sur le Tour de France qui va s'élancer demain. Dans trois semaines, les coureurs arriveront sur les Champs-Elysées. Comment ça va se passer ? Est-ce qu'on aura le droit de venir voir le peloton ?
Écoutez, en tout cas, vous avez vu comme moi que les 5000 personnes maximum ne seront plus dépassées, que même en dessous, le préfet aura la possibilité de revoir la situation. Moi, je pense à un titre personnel, parce que rien n'est pris absolument qu'il faudrait en tout cas se méfier de cette situation et éviter les rassemblements dans la rue dans les mois qui viennent.
Merci beaucoup, Anne Souiris, adjointe à la mairie de Paris, chargée de la santé publique. Vous étiez notre invitée ce matin.
Anne Souyris