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interviewLe Monde· 14 octobre 2025 3 min

Ce qu’il faut retenir du discours de politique générale de Sébastien Lecornu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Sébastien Lecornu

Est-ce que le gouvernement est prêt à un nouveau débat sur l'avenir de notre système de retraite ? La réponse est oui. C'est pourquoi je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle. Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028. En complément, la durée d'assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu'à janvier 2028. Mais je le dis ici très directement, suspendre pour suspendre n'a aucun sens. Cette suspension doit installer la confiance nécessaire pour bâtir de nouvelles solutions.

La suspension pour faire mieux est la solution si chaque acteur s'est en tiré quelque chose. Le gouvernement présente le budget qu'il estime souhaitable. Le Parlement l'examine, le discute, le modifie. C'est sa liberté. Et 149.3, sans majorité absolue, le Parlement aura le dernier mot. C'est sa responsabilité. Et nous devons lui faire confiance. Nous ne devons pas en avoir peur. A vous de saisir ce pouvoir qui est une chance, un bel exercice de responsabilité, pour montrer à toutes celles et à tous ceux qui en doutent que la démocratie représentative n'est pas morte et que l'Assemblée nationale et le Sénat restent l'endroit du pouvoir de décision, du pouvoir d'agir.

Il y a par ailleurs d'impôts pour les petites et moyennes entreprises. Il y aura des hausses d'impôts ciblées et exceptionnelles pour certaines très grandes entreprises. Baisse d'impôts d'un côté, hausse de l'autre. Pour mieux répartir les efforts au sein des contribuables, nous demanderons à créer une contribution exceptionnelle des grandes fortunes que nous proposons d'affecter au financement des investissements du futur qui touche à notre souveraineté pour les infrastructures, la transition écologique ou la défense.

Si nous mettons fin, mesdames et messieurs les parlementaires, à cette crise, les seuls qui se réjouiraient d'une crise, d'une panne budgétaire en France, ce ne sont pas les Amis de la France. L'urgence est de redonner son sens à la politique, de redonner confiance en la politique, de respecter les engagements de chacun, y compris ceux des oppositions. La vraie démocratie permet à celles et ceux qui ne sont pas d'accord de travailler ensemble. Osons, il suffit de faire un pas, c'est comme cela que l'on avance pour la France et pour les Français. Je vous remercie.