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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 3 février 2015 5 minComplaisantActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Christophe Robert

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est un bon résumé de la situation ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Pourquoi n'arrive-t-on pas à construire assez de logements ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Vous pointez du doigt ce verrou idéologique qui freine la régulation des marchés immobiliers ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Dispositif Pinel, qu'est-ce que vous pensez de ce genre de mesures ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:28InvitéChiffre
    « L'objectif du gouvernement, c'est 500 000 logements par an pendant le quinquennat. On est à moins de 300 000 cette année. Donc c'est un échec. »
  • 1:42InvitéFait
    « La question de la politique foncière, qui est insuffisante, insuffisamment anticipée, constituée des réserves foncières pour pouvoir libérer des terrains en fonction des besoins. »
  • 2:10InvitéChiffre
    « Je rappelle qu'on avait annoncé un doublement des subventions pour le logement social au début du quinquennat. Et en fait, cette année, on a encore baissé dans le projet de loi de finances 2015. »
  • 4:02InvitéFait
    « Le dispositif Pinel, non seulement il ne dispose pas de bonnes contreparties sociales en termes de plafond de loyer, ou en termes de niveau de ressources pour y rentrer. »
  • 4:24InvitéChiffre
    « Quand les prix ont doublé en dix ans, si vous avez dix appartements, eh bien, vous vous êtes fait une belle culbute. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur16 %
  • Présentateur 29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Votre invité ce matin, Yves Decan, c'est Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, à l'occasion de la présentation aujourd'hui du 20ème rapport annuel sur le mal-logement. Bonjour. Bonjour Christophe Robert. Bonjour. Le constat est toujours aussi sombre, les exclus du logement toujours plus nombreux, de plus en plus de familles avec enfants, de jeunes, des situations plus graves qui restent sans réponse, on va éviter les chiffres. En résumé, des hébergements d'urgence et un accès aux logements sociaux qui restent très insuffisants. Est-ce que c'est un bon résumé de la situation ?

0:32
Invité

Oui, c'est un bon résumé, à ceci près qu'on peut ajouter les conséquences que ça provoque pour les personnes. C'est-à-dire qu'en gros, on a des filets de sécurité, des dispositifs d'aide sociale dans le domaine du logement qui ont été conçus au début des années 90, dans la foulée du RMI, où on essayait d'aider de récupérer les personnes en forte désinsertion sociale. La situation a complètement changé. On a une précarisation de la précarité, phénomène des travailleurs pauvres qui a émergé, plus de 5 millions de demandeurs d'emploi, des bénéficiaires de minima sociaux qui ne cessent de croître.

Et d'un autre côté, on a eu des coûts du logement qui ont continué à exploser pendant une quinzaine d'années. Alors du coup, les dispositifs sont au taquet et on hiérarchise les ultra-prioritaires parmi les prioritaires et on gère la pénurie, mais ça crée des catastrophes sociales.

1:15
Présentateur

Alors il y a deux problèmes que vous identifiez, effectivement, le manque de logement et le coût du logement. On va y venir, mais pourquoi n'arrive-t-on pas à construire assez de logements ?

1:24
Invité

C'est une question importante. Je pense qu'une des raisons... Vous savez, l'objectif du gouvernement, c'est 500 000 logements par an pendant le quinquennat. On est à moins de 300 000 cette année. Donc c'est un échec. Plusieurs raisons. La question de la politique foncière, qui est insuffisante, insuffisamment anticipée, constituée des réserves foncières pour pouvoir libérer des terrains en fonction des besoins. Un certain nombre de freins liés à la construction de logements sociaux, de la part de communes, qui ne souhaitent pas participer à l'effort de solidarité, considérant que c'est aux autres de s'occuper d'accueillir les populations modestes. Exactement.

Donc je crois qu'on est à la fois sur une politique foncière à développer, une politique de solidarité à mettre en avant, et puis aussi des aides publiques dans la construction de logements sociaux. Je rappelle qu'on avait annoncé un doublement des subventions pour le logement social au début du quinquennat. Et en fait, cette année, on a encore baissé dans le projet de loi de finances 2015. Donc il faut quand même s'interroger.

2:19
Présentateur

Et vous pointez du doigt ce verrou idéologique, un verrou parmi d'autres, qui freine, dites-vous, la régulation des marchés immobiliers au nom de l'auto-régulation des acteurs privés. C'est le fameux débat sur la loi Allure, la loi Duflo, dont vous regrettez l'abandon, en tout cas pour ce qui concerne l'encadrement des loyers.

2:37
Invité

Oui, qu'est-ce qui s'est passé en 2012 ? Nous, la Fondation Abbé Pierre, ce n'était pas une posture idéologique, c'est à force de voir ce décalage entre les ressources des ménages et les prix des loyers, on s'est dit, il y a un moment où il faut arrêter la folie, il faut arrêter ces loyers extrêmement hauts, et donc il faut les encadrer, au moins baisser un peu les plus chers. Rappelons, je vous interromps, que le prix des bureaux baisse, c'est quand même extraordinaire, alors que le prix des logements grimpe. Oui, parce qu'il y a une demande forte sur le logement, ce qui est moins le cas après avoir construit beaucoup de bureaux.

Donc, loi Allure, gros travail pour savoir comment encadrer, sans que ça vienne administrer tout le marché de l'immobilier. Gros travail, 30 agglomérations qui sont concernées par la nécessité de mettre en place des observatoires des loyers, et ensuite un encadrement pour faire baisser les loyers les plus chers, ce n'est pas bloquer tous les loyers. Et puis, remaniement ministériel, fin août, Manuel Valls annonce, le Premier ministre, écoutez, en fait, on va expérimenter à Paris, peut-être qu'on pourra généraliser. C'est un renoncement, c'est un processus qu'il faut créer, qui va se développer sur une dizaine d'années, une vingtaine d'années. Or, là, le gouvernement a choisi de reculer.

Le gouvernement des loyers faisait reculer la construction, l'investissement. Eh bien oui, mais la construction, elle avait baissé bien avant, et ça fait des années qu'on souffre d'une insuffisance de construction.

3:45
Présentateur

Une des dernières mesures adoptées, c'est cet avantage fiscal pour les parents qui louent, par exemple, à leurs enfants. Dispositif Pinel, qu'est-ce que vous pensez de ce genre de mesures, par exemple ?

3:54
Invité

Écoutez, que l'aide publique aide à la construction quand on manque autant de logements que connaît notre pays aujourd'hui, on peut s'interroger. Mais la question, c'est les contreparties sociales. Or, là, le dispositif Pinel, non seulement il ne dispose pas de bonnes contreparties sociales en termes de plafond de loyer, ou en termes de niveau de ressources pour y rentrer, et en plus, vous pouvez loger votre fils ou votre fille.

C'est profondément inégalitaire, alors que les inégalités qui se creusent dans notre pays sont essentiellement liées à la question immobilière, parce que quand les prix ont doublé en dix ans, si vous avez dix appartements, eh bien, vous vous êtes fait une belle culbute. On est en situation d'apartheid en matière de logement, Christophe Robert, vous utiliseriez ce mot ? Je vais éviter des mots de ce type, mais par contre, c'est vrai qu'il y a véritablement une fracture territoriale très forte. Pourquoi ?

Parce qu'en réalité, il y a un certain nombre de quartiers populaires qui se sont spécialisés dans l'accueil des populations modestes, tout simplement parce que c'est là que l'offre de logement est la moins chère. Donc les gens qui cherchent un logement, eh bien, ils sont aiguillés de fil en aiguille vers toujours les mêmes quartiers. Et ça, on ne va pas tenir longtemps.

Mais l'enjeu, ce n'est pas de fermer la porte aux catégories modestes dans ces quartiers, cette fameuse gestion de peuplement, c'est au contraire de produire massivement du logement social, du logement privé à vocation sociale, partout où il en manque, pour répartir la réponse aux besoins en logement des populations modestes.

5:12
Présentateur

Merci Christophe Robert. Le 20e rapport annuel sur le mal-logement sera présenté ce matin dès 9h au parc des expositions de la Porte de Versailles dans le 15e arrondissement de Paris. C'est parti.