Face à Face : Geoffroy Roux de Bézieux - 31/03
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25RelanceÉludée
Vous étiez où pendant la réforme des retraites ?
- 0:41RelanceRéponse directe
On se souvient moins que vous étiez pour cette réforme impopulaire.
- 1:30FerméeRéponse directe
Cet accord a été signé par tous les syndicats ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Vous espériez pouvoir les faire signer ?
- 1:58FerméeRéponse partielle
Où en est la retranscription de l'accord dans la loi ?
- 2:05RelanceRéponse directe
Il n'y avait pas urgence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueFait
« On était dans nos entreprises. Il y a beaucoup de négociations en ce moment sur les salaires. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Parce qu'on parle beaucoup de retraite. Mais ce qui intéresse nos salariés, c'est les salaires. »
- 0:46Invité politiqueFait
« On est toujours pour cette réforme impopulaire. Elle est difficile, elle est impopulaire, elle est douloureuse. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Tous les autres pays l'ont fait. Elle est votée. Et pour nous, il est temps de passer à autre chose. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Entre parenthèses, pendant cette période où vous me dites qu'on n'était pas là, on a négocié avec les mêmes syndicats de salariés un accord partage de la valeur. »
- 1:11Invité politiqueFait
« qui est un accord important, qui permet au fond d'étendre pour les salariés des PME, des moins de 50 salariés, un système au choix de l'entreprise de partage de la valeur. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Donc soit participation, soit intéressement, soit prime, ce qu'il appelle la prime Macron, prime partage de la valeur. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Non, mais parce que le Parlement est un poil occupé par d'autres débats, mais est-ce qu'on attend ? »
- 2:12Invité politiqueFait
« Alors d'abord, vous avez souligné, il faut qu'il soit retransmis intégralement. »
- 2:22Invité politiqueFait
« Oui, en tout cas, on a confiance dans la parole du gouvernement. »
- 2:44Invité politiqueFait
« sans bruit, sans fureur, sans éclat de voix, quatre syndicats et trois organisations patronales arrivent à se mettre d'accord sur un sujet compliqué »
- 5:13Invité politiqueChiffre
« La réalité, c'est 6%. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Pour les gens qui sont en dessous de 2 000 euros, c'est beaucoup plus, parce que la part de l'alimentation, la part du logement, la part du transport est plus élevée. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Vous n'avez pas entendu beaucoup parler de grève dans le privé pour les salaires. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Elles ont fait le job. »
- 5:59Invité politiqueFait
« ce qui me remonte, moi, que ce soit dans tous les secteurs, toutes les tailles d'entreprises, c'est des augmentations qui, peu ou prou, souvent avec la combinaison salaire et prime, essayent de compenser. »
- 6:22Invité politiqueFait
« Le sujet des branches sous le SMIC, c'est souvent des petites branches qui n'ont pas de capacité à négocier, mais de toute façon, les gens sont au-dessus du SMIC. »
- 7:00Invité politiqueFait
« À la fois de la croissance... Bien sûr, on résiste, et on résiste plutôt mieux que les autres pays européens, à l'exception, alors je signale quand même, un problème de logement. »
- 7:05Invité politiqueFait
« La construction neuve, donc le logement neuf, est en train de ralentir à toute vitesse. L'année 23 va pas être bonne, mais l'année 24 va être catastrophe. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Et puis, il y a cette colère qu'on voit quand même à travers les manifestations qui vont au-delà des retraites. Je pense qu'on n'a pas complètement traité le sujet du gilet jaune, des gilets jaunes, pardon, de la désinstitution du pays, des villes moyennes qui souffrent. »
- 9:22Invité politiqueFait
« Oui, il faut raisonner de deux manières. À court terme, il y aura sûrement un ralentissement de la baisse parce que si la croissance ralentit, il n'y a pas de mystère. C'est la croissance qui tire, la baisse du chômage. »
- 9:35Invité politiqueFait
« En 2030, le nombre de gens qui arrivent sur le marché du travail va passer en dessous de celui du nombre de gens qui partent. »
- 10:04Invité politiqueFait
« partout en Europe, on va avoir un problème de main-d'oeuvre, des problèmes de recrutement. »
- 11:34Invité politiqueFait
« Sauf le patronat espagnol. »
- 11:39Invité politiqueFait
« D'abord, 68 ans, c'est un effort bien plus fort. 67, 67. »
- 11:56Invité politiqueFait
« La deuxième chose, c'est surtout que le taux d'imposition des entreprises espagnoles est beaucoup plus bas. »
- 12:10Invité politiqueFait
« Nous, on est au taquet des prélèvements, d'ailleurs pour les salariés, pour les citoyens comme pour les entreprises. »
- 13:38Invité politiqueFait
« Le rachat d'actions, tout le monde l'a découvert avec l'intervention du président. Ça existe depuis très longtemps. »
- 13:51Invité politiqueFait
« C'est une alternative aux dividendes. »
- 14:36Invité politiqueFait
« Puisque dans l'accord dont je parlais tout à l'heure, l'accord sur le partage de la valeur, il y a un volet pour les PME, ou les moins de 50, avec un dispositif obligatoire en cas de profit dans les PME. »
- 15:25Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr. Un monde d'inflation, c'est un monde presque dangereux. »
- 16:32Invité politiqueChiffre
« Qu'est-ce qui s'est passé sur la sobriété énergétique ? Vous l'avez vu, les entreprises ont baissé de 15% leur consommation. »
- 16:40Invité politiqueChiffre
« Et les particuliers de 10%. »
- 16:45Invité politiqueChiffre
« Je vous donne le chiffre des dix dernières années, moins 30% consommation d'eau. »
- 19:01Invité politiqueFait
« On est allé trop vite pour prendre une décision où on n'a pas écouté les ingénieurs parce que c'était une décision symbolique, idéologique, un peu comme les zones à faim et vision. Vous voyez ce que c'est ? Les ZFE. »
- 19:44Invité politiqueFait
« Les ZFE, c'est l'exemple. On est allé trop vite. »
- 19:56Invité politiqueFait
« Mais les industriels français, c'est l'antiste Renault, eux sont partis. Donc, ils vont vers l'électrique. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur39 %
≈ 7,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Geoffroy Routte-Bézieux. Bonjour. Merci d'être venu dans ce studio ce matin. Vous êtes le président du MEDEF. On n'a jamais autant vu les syndicats, entendu les syndicats, parlé des syndicats que ces deux derniers mois. Enfin, je dis les syndicats, pas tous les syndicats. Parce que vous, c'est le syndicat des entreprises, c'est le syndicat des patrons. Vous étiez où ?
On était dans nos entreprises. Il y a beaucoup de négociations en ce moment sur les salaires. Parce qu'on parle beaucoup de retraite. Mais ce qui intéresse nos salariés, c'est les salaires. Et puis, il y a eu le temps du Parlement, vu le mystérie du débat.
Peut-être qu'on vous entende pas trop, qu'on se souvienne moins que vous étiez pour cette réforme impopulaire.
On est toujours pour cette réforme impopulaire. Elle est difficile, elle est impopulaire, elle est douloureuse. Tous les autres pays l'ont fait. Elle est votée. Et pour nous, il est temps de passer à autre chose. C'est de trouver d'autres thèmes de négociations. Peut-être de changer de méthode. de trouver une autre méthode, de plus faire confiance aux partenaires sociaux.
Entre parenthèses, pendant cette période où vous me dites qu'on n'était pas là, on a négocié avec les mêmes syndicats de salariés un accord partage de la valeur, qui est un accord important, qui permet au fond d'étendre pour les salariés des PME, des moins de 50 salariés, un système au choix de l'entreprise de partage de la valeur. Donc soit participation, soit intéressement, soit prime, ce qu'il appelle la prime Macron, prime partage de la valeur. Donc on a fait notre job de syndicat patronal.
Et ça, ça a été signé par tous les syndicats qui, dans le même temps, sont cette inter-syndicale contre la réforme ?
Pas la CGT, mais les quatre autres syndicats.
Vous espériez pouvoir les faire signer ?
Écoutez, nous, quatre syndicats sur cinq, je pense que c'est, j'allais dire, le score traditionnel. Il est assez rare que la CGT signe des accords nationaux.
Mais puisque vous parlez de cet accord-là, je me souviens qu'à ce micro-ci, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, s'est engagé à retranscrire cet accord dans la loi. On en est où ? Il n'y a rien qui se soit passé, il me semble, depuis ici ?
Non, mais parce que le Parlement est un poil occupé par d'autres débats, mais est-ce qu'on attend ?
Mais il n'y avait pas urgence ? Vous n'estimiez pas que...
Urgence, je ne sais pas... Urgence pour les salariés ? Non, non, mais bien sûr. Non, non, mais on a demandé, nous, qu'il soit... Alors d'abord, vous avez souligné, il faut qu'il soit retransmis intégralement.
Et ça, vous tenez à ce que vraiment...
Oui, parce que c'est un accord.
Vous avez confiance dans le gouvernement là-dessus ?
Est-ce qu'on a confiance ? Oui, en tout cas, on a confiance dans la parole du gouvernement.
Je vois votre regard un peu... Bon, oui, enfin, on espère, quoi.
Écoutez, il y a le Parlement aussi, hein. T'es allé voir les groupes parlementaires. En tout cas, ce que nous ont dit certains, on n'a pas tous rencontré les présidents de groupe, c'est, oui, c'est dans ce pays où il y a quand même beaucoup de conflits de démocratie. On a vu le spectacle du Parlement, le fait que, sans bruit, sans fureur, sans éclat de voix, quatre syndicats et trois organisations patronales arrivent à se mettre d'accord sur un sujet compliqué sous lesquelles les positions étaient très éloignées au départ, puisque ça consiste, en fait, à donner, évidemment, plus d'argent aux salariés quand il y a profit.
Quand on y arrive, je pense que c'est bien que la démocratie parlementaire reconnaisse le travail de la démocratie sociale. C'est un modèle à suivre.
C'est un modèle à suivre, et je vois, évidemment, que vous souriez en le disant, parce que, précisément, s'il y a bien un mot que vous venez de prononcer, c'est le mot de méthode, et vous venez de dire qu'il faudra peut-être changer de méthode. Au fond, j'imagine que vous visez aussi la question du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux. On ne peut pas dire que le dialogue a été très fécond ces dernières semaines. Il est censé reprendre, puisque mercredi, les syndicats ont rendez-vous avec Elisabeth Borne. Est-ce que vous y serez ?
Oui, a priori, avec les autres organisations patronales. Je ne sais pas si on passera avant ou après, mais on ira mercredi.
Vous nous dites ce matin, Geoffroy Roux-de-Bézieux, que vous irez, vous aussi, à Matignon mercredi.
C'est assez normal, parce que, quels que soient les sujets abordés, qu'on parle de retraite ou qu'on parle de travail, les employeurs ont un avis sur la question.
Et vous en dites, vous, si vous pourriez parler de retraite ?
Nous, on ne parle de tout. Il n'y a aucune raison qu'on ne parle pas de retraite. On y va pour faire le point. Moi, j'ai beaucoup parlé de méthode, parce qu'encore une fois, cet accord partage de la valeur, je pense qu'il peut être pris comme exemple. C'est-à-dire que le gouvernement, avant de légiférer, c'est ce qui se fait au niveau européen, d'ailleurs. C'est ce qui se fait beaucoup en Allemagne. Pose la question aux partenaires sociaux. On passe quelques semaines à discuter de savoir si on veut ou si on ne veut pas négocier. Mais si on négocie, il faut qu'on ait l'assurance et la garantie, la parole, que l'accord, si accord il y a, sera retransmis intégralement.
Quand vous dites, on va parler, et on peut même se dire qu'au fond, le gouvernement aurait mieux fait de vous écouter en voyant qu'il y avait des méthodes qui fonctionnaient, en tout cas quand vous vous mettiez autour de la table, est-ce qu'entre vous, vous vous parlez aussi, c'est-à-dire, je pense, là on vient d'évoquer la question du dialogue entre les organisations syndicales et le gouvernement, mais est-ce que vous, vous parlez à Laurent Berger, à Philippe Martinez, est-ce que vous vous êtes vu pendant toute cette période ?
Oui, le fil n'a jamais été coupé, on s'est encore vu cette semaine.
Avec qui ? Avec Laurent Berger ?
Avec Laurent Berger et avec d'autres, oui. Ça veut dire qu'on est d'accord sur tout, loin de là, parce qu'on a forcément, et d'ailleurs, une entreprise, il y a forcément des conflits, ou en tout cas des intérêts divergents entre les actionnaires, les clients, qu'il ne faut jamais oublier, et les salariés. Mais que ça soit dans les entreprises ou au niveau national, le fil n'est pas rompu. Je reviens juste deux minutes sur l'éducation salariale. On est dans un monde d'inflation qu'on n'a pas connu depuis 40 ans.
On aura d'ailleurs les chiffres d'ici quelques minutes, je les donnerai évidemment en direct sur RMC, BFM TV.
La réalité, c'est 6%. Pour les gens qui sont en dessous de 2 000 euros, c'est beaucoup plus, parce que la part de l'alimentation, la part du logement, la part du transport est plus élevée. Or, aujourd'hui, tout n'est pas terminé, mais ce qui remonte des entreprises, c'est des négociations qui sont plutôt bien passées. Vous n'avez pas entendu beaucoup parler de grève dans le privé pour les salaires. Comme toujours, d'ailleurs, c'est presque normal.
Ce que vous voulez dire, c'est qu'il y a eu beaucoup d'évolutions qui ont été faites. Quand on se souvient, il y a 6 mois, ou même d'Elisabeth Borne, du temps où elle était ministre du Travail, qui disait, j'attends des entreprises qu'elles fassent un effort sur les salaires, aujourd'hui, cet effort a été consenti.
Elles ont fait le job. Je vais vous donner un chiffre, parce qu'on n'a pas de moyenne consolidée, mais ce qui me remonte, moi, que ce soit dans tous les secteurs, toutes les tailles d'entreprises, c'est des augmentations qui, peu ou prou, souvent avec la combinaison salaire et prime, essayent de compenser.
Mais vous avez entendu Emmanuel Macron, la semaine dernière, qui disait qu'il y avait encore beaucoup de branches dans lesquelles on commençait sous le SMIC. Vous n'êtes pas senti un peu visé ? Enfin, je veux dire, vous, les patrons ?
Pardon. Le sujet des branches sous le SMIC, c'est souvent des petites branches qui n'ont pas de capacité à négocier, mais de toute façon, les gens sont au-dessus du SMIC. Là, on laisse entendre...
Oui, mais pas sur leur salaire fixe.
Non, non, non, si, si, parce qu'on ne pouvait pas payer les gens en dessous du SMIC. Donc, simplement, la négociation n'a pas eu lieu. C'est souvent des petites branches, c'est des branches à 5, 10, 15 000 salariés où le délai social n'est pas existant. Dans toutes les grandes branches, ça n'existe pas.
Pour vous, il y a une sortie de crise en vue. Est-ce que vous parleriez aujourd'hui d'une forme de crise sociale malgré tout ?
Oui, en fait, il y a une colère. Ce que je vois dans... Moi, je me balade beaucoup dans les entreprises. Ce que je vois, c'est des entreprises qui fonctionnent, une économie qui tient plutôt bien, à l'exception de...
Les chiffres ne sont pas si mauvais ?
Non, les chiffres ne sont pas si mauvais. À la fois de la croissance... Bien sûr, on résiste, et on résiste plutôt mieux que les autres pays européens, à l'exception, alors je signale quand même, un problème de logement. On va au-devant, c'est une bombe à retardement. La construction neuve, donc le logement neuf, est en train de ralentir à toute vitesse. L'année 23 va pas être bonne, mais l'année 24 va être catastrophe. Qu'est-ce que c'est ? Il n'y a pas une construire à délivrer, etc. Et ça, c'est un problème qui va très au-delà des entreprises de construction. C'est un problème pour les salariés.
Le fameux adage, quand le bâtiment va tout va, là, si le bâtiment ne va pas...
Oui, mais ça va au-delà de ça. C'est pour les Français. S'ils n'arrivent pas à se loger, on a un problème de citoyens. Donc, si je mets ça de côté, l'économie...
Qui est une vraie alerte que vous dites ce matin.
Oui, oui, que je l'ai en ce matin. Si on met ça de côté, l'économie résiste. Les gens sont inquiets pour leur pouvoir d'achat. Ils sont inquiets pour l'avenir, bien sûr. Et puis, il y a cette colère qu'on voit quand même à travers les manifestations qui vont au-delà des retraites. Je pense qu'on n'a pas complètement traité le sujet du gilet jaune, des gilets jaunes, pardon, de la désinstitution du pays, des villes moyennes qui souffrent. C'est ces sujets-là qui font vraiment travailler dans les mois qui viennent.
Si on dit encore un mot des grèves, parce que certes, une partie des grèves sont terminées, mais beaucoup d'autres continuent, y compris dans la question de la raffinerie. Vous avez sans doute entendu ce matin que la ville de Paris, par exemple, avait décidé d'étaler la douloureuse, c'est-à-dire les jours de grève non travaillés, non payés donc, mais de les étaler sur plusieurs fiches de paye pour que ce soit moins douloureux pour ceux qui ont fait grève, notamment dans la question du ramassage des ordures. Est-ce que le patronat, aujourd'hui, se retrouve confronté à ce genre de questions ?
Est-ce que quand vous faites une négociation avec les ouvriers en grève pour reprendre le travail, certains d'entre vous acceptent de payer les jours de grève ou de les étaler ?
L'essentiel des grévistes n'est pas dans le secteur privé.
Mais il y en a eu un peu, quand même. Ou est-ce que ça, c'était un peu gonflé par un Laurent Berger qui voulait dire que le privé, c'était aussi bien grève ?
En tout cas, moi, ce qui m'a remonté, c'est très peu de grèves. Très peu de grèves. Très peu de grèves dans le privé. Et il n'y a pas eu ce type de discussion.
Pas eu ce type de discussion, aussi parce que, vous le disiez, les accords sur le salaire, cet accord sur le partage de la richesse a été un bon accord, de votre point de vue, et de celui de 4 organisations sur 5. Le fait qu'aujourd'hui, le chômage baisse, est-ce que vous imaginez, est-ce que vous voyez avec vos chiffres et avec ce qui vous remonte, que le chômage va continuer à baisser ?
Oui, il faut raisonner de deux manières. À court terme, il y aura sûrement un ralentissement de la baisse parce que si la croissance ralentit, il n'y a pas de mystère. C'est la croissance qui tire, la baisse du chômage. Si on se projette sur plusieurs années, la démographie, elle est très claire. En 2030, le nombre de gens qui arrivent sur le marché du travail va passer en dessous de celui du nombre de gens qui partent. C'est-à-dire que la population active disponible va arrêter de croître.
C'est cette fameuse année, d'ailleurs, qui est l'année de référence pour la réforme des retraites avec la question de l'équilibre entre retraités et actifs.
Les deux sont un peu liés. Évidemment, dans un système par répartition, c'est les actifs qui payent pour les retraités. Donc oui, à long terme, partout en Europe, on va avoir un problème de main-d'oeuvre, des problèmes de recrutement. Donc ça veut dire un problème de main-d'oeuvre
pour les entreprises, mais ça veut dire un chômage qui baisse aussi de l'autre côté.
Un chômage qui baisse, ça veut dire un rapport de force employés-ampleurs qui s'inverse très clairement et qui a commencé. Vous savez, il y a des métiers comme chauffeurs routiers où les patrons, il y a presque un, j'exagère un tout petit peu, mais un mercato des chauffeurs routiers. Parce que c'est un métier...
Comment faire pour les retenir ?
Oui, pour les retenir, pour les recruter, etc. Enfin, c'est pas du mal parce qu'ils étaient quand même payés pas suffisamment. C'est ce que je dis, le rapport de force entre les employeurs et les employés va s'inverser et donc oui, sur la longue durée, le chômage baissera.
Donc ce que vous dites, c'est que sur la longue durée, le chômage baisse et les salaires augmentent.
Forcément, forcément. Ça pose aussi la question de l'immigration économique de long terme. C'est un problème que toute l'Europe va avoir. L'Europe vieillit, la démographie est en baisse, il n'y a pas de mystère. Alors là, on raisonne à six mois, un an, on regarde la conjoncture et si on lève un tout petit peu la tête, le problème, il est clair.
Alors puisque vous parlez de la démographie et des autres pays européens, disons un mot de ce qui s'est passé en Espagne. En Espagne, hier, le gouvernement de gauche a fait adopter la retraite à 67 ans avec une contribution particulière des hauts revenus. En réalité, la retraite à 67 ans, c'était déjà actée mais ils ne sont pas revenus dessus. Mais il y a une chose qu'ils ont mise dans la bataille, c'est aussi la question de la contribution des hauts revenus et de la contribution des entreprises. Et du coup, tout le monde applaudit, tout le monde est d'accord, c'est passé comme une lettre à la poste.
Sauf le patronat espagnol.
Mais finalement, est-ce que vous ne vous dites pas qu'on aurait dû faire la même chose ici ?
Non, pour une raison très simple. D'abord, 68 ans, c'est un effort bien plus fort. 67, 67. 67, pardon.
68, c'était l'Angleterre mais justement, ils ont renoncé. Dans le même temps, hier, les Anglais ont renoncé
à aller jusqu'à 68 ans. 67 ans, ça n'est pas 64. L'effort demandé aux salariés espagnols bien plus fort. La deuxième chose, c'est surtout que le taux d'imposition des entreprises espagnoles est beaucoup plus bas. Si on avait un taux de prélèvement obligatoire qui était dans la moyenne européenne, bien sûr, on pourrait...
Ce que vous voulez dire, c'est qu'ils en avaient encore sous le pied.
Oui, exactement. C'est ça la réalité. Nous, on est au taquet des prélèvements, d'ailleurs pour les salariés, pour les citoyens comme pour les entreprises. Malheureusement, ce côté-là de l'effort, il est déjà fait.
Ce côté-là de l'effort, il est déjà fait, sauf que vous oubliez de dire quand même une chose, c'est 67 ans, certes, mais ce n'est pas du tout les mêmes annuités. On n'est pas à 43 ans en Espagne. On peut partir dès 37 ans et demi au départ en 18 ans.
Mais c'est très injuste. Pardon, le système français est beaucoup plus juste parce que les annuités, ce n'est pas moi qui l'ai, d'ailleurs c'est Laurent Berger, ça pénalise entre guillemets ou ça pousse les gens à travailler qui ont démarré tard. Alors que l'âge, ça touche tout le monde et donc si vous avez 38 annuités en Espagne mais que vous avez démarré à 18 ans, vous ne pouvez pas partir puisqu'il faut atteindre 67 ans. Donc je pense que le système français et la réforme qui est proposée est beaucoup plus juste pour les gens qu'on est marqués.
Mais est-ce que le fait de faire comme ils l'ont fait en Espagne, participer les hauts revenus n'aurait pas été quelque chose qui aurait été plus acceptable et qui aurait permis par exemple à la CFDT de se rallier aux...
Je ne pense pas que c'est changé que ce soit. Il y a un blocage syndical, encore une fois, moi ce n'est pas ma position mais je la respecte autour des 64 ans. Ce que demandent aujourd'hui les gens qui sont dans la rue, c'est l'arrêt complet de la réforme. Ce n'est pas une taxe donc ça n'aurait rien changé et on est déjà très taxé.
Emmanuel Macron, il parle du cynisme des grandes entreprises. Je le cite puisque c'était la semaine dernière lors de son intervention. Du cynisme des grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu'elles en arrivent à des profits tellement exceptionnels qu'elles en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions.
Alors, le rachat d'actions, tout le monde l'a découvert avec l'intervention du président. Ça existe depuis très longtemps. Bon, enfin lui,
il ne l'a pas découvert
donc s'il le pointe... Tout le monde se gère. Les gens qui ont quitté le président de la République l'ont découvert. Pourquoi ? C'est une autre modalité de rémunérer les actionnaires. C'est une alternative aux dividendes. Après, si on veut...
Ce n'est pas du cynisme pour vous ? Non ! Quand il dit que c'est du cynisme, vous n'êtes pas d'accord ? Non, non, non.
Parce que c'est une rémunération de l'actionnaire. Après, toute la discussion, c'est est-ce que les actionnaires sont trop rémunérés ? C'est ce qu'a l'air de dire le président de la République ou pas ? Et donc, quand on regarde la somme dividende plus rachat d'actions en pourcentage des profits, ça n'a pas bougé.
Est-ce que...
Donc, après, s'il veut... Pardon, je finis juste. S'il veut mettre une taxe en place, il n'y a pas de problème. Ce que je comprends, ce n'est pas ça qu'il demande, c'est le fait qu'il veut que s'il y a profit exceptionnel et donc rachat d'actions, il y ait un versement exceptionnel de participation et d'intéressement pour les salariés. C'est à peu près ce qui a été dit. Mais c'est exactement ce qu'on a mis dans l'accord. Puisque dans l'accord dont je parlais tout à l'heure, l'accord sur le partage de la valeur, il y a un volet pour les PME, ou les moins de 50, avec un dispositif obligatoire en cas de profit dans les PME.
Et côté grandes entreprises, il y a un paragraphe, enfin un article de l'accord, pardon, qui dit qu'en cas de profit exceptionnel, il y a l'obligation de renégocier avec les syndicats un dispositif supplémentaire de participation et d'intéressement. Voilà, donc je pense qu'on a déjà répondu en quelque sorte à cette demande.
Geoffroy Roude-Béziot, on l'apprend à l'instant, les chiffres de l'inflation viennent de tomber. Une inflation qui globalement ralentit. 5,6% d'inflation en mars contre 6,3% en février. En revanche, elle augmente dans l'alimentation. Une inflation alimentaire qui passe à 15,8%. D'abord sur le chiffre global. Le fait que l'inflation ralentisse, ça vous paraît plutôt une bonne nouvelle ?
Oui, bien sûr. Un monde d'inflation, c'est un monde presque dangereux. On ne l'a pas connu. Enfin, notre génération, on ne l'a pas connu. Moi, je suis très, très prudent parce que les augmentations de salaire dont je parlais tout à l'heure peuvent aussi nourrir l'inflation des mois prochains. Donc, ce n'est pas un ralentissement en février ou en mars qui peut... Puis, vous l'avez souligné.
L'inflation alimentaire, ça, c'est très, très douloureux pour les ménages.
Bien sûr, ça touche les gens. Quand on est en dessous de 2 000 euros, ce qui est quand même l'essentiel des salaires français et des entreprises privées, l'inflation alimentaire, le transport, la voiture, parce que 78% de nos salaires prennent la voiture. C'est pour ça, une fois encore, que je dis que les entreprises ont fait le job parce qu'elles ont augmenté les salaires ou elles ont versé les primes qui, d'une manière ou d'une autre, essayent de compenser cette inflation. En tout cas, celles qu'ils pouvaient et qui avaient les marges pour le faire.
Jorah Roude-Bézieux, on a parlé de sobriété énergétique. On va désormais parler de sobriété de l'eau. Emmanuel Macron, qui a donc hier annoncé un plan d'économie de l'eau avec en particulier, évidemment, une demande de sobriété pour le secteur de l'industrie et pour les entreprises. Est-ce que là aussi, elles feront le job ? Elles l'ont déjà fait. Je vais donner un chiffre. J'ai l'impression qu'à chaque fois, vous me répondez tous, mais pas seulement vous, mais je veux dire, sur le plan de la sobriété énergétique, on a pris les devants,
tout va bien. Qu'est-ce qui s'est passé sur la sobriété énergétique ? Vous l'avez vu, les entreprises ont baissé de 15% leur consommation. Et les particuliers de 10%. Je vous donne le chiffre des dix dernières années, moins 30% consommation d'eau. Et ce n'est pas d'ailleurs parce que les entreprises sont vertueuses, c'est aussi une question d'économie. Donc, elles n'ont pas entendu le président Macron pour mettre en place des plans de sobriété. Elles vont continuer. Il y a deux, à mon avis, deux points qu'il faut retenir. Il y en a un sur les fuites d'eau dans les canalisations. Ça, c'est absolument majeur. C'est 20% de fuites d'eau en moyenne.
Donc là, il y a évidemment des enseignements à faire. Et côté entreprise, c'est l'utilisation des eaux usées. On est à 1% de recyclage. Il y a beaucoup de pays d'Europe qui font beaucoup, beaucoup mieux que nous. Moi, j'ai vu, j'ai vu une usine agroalimentaire il y a six mois qui avait déjà mis ça en place. Ils ont économisé 70% de leur consommation d'eau. Donc oui, on va le faire. C'est notre intérêt. C'est l'intérêt de la planète. Donc, il n'y a pas... Ce n'est même pas une discussion.
Est-ce que Philippe Martinez va vous manquer, Geoffroy Roux-Dézieux ?
Pour discuter foot et vélo, oui. Pour le reste, on ne choisit pas ses interlocuteurs. Donc, on verra bien comment la fumée blanche sort du congrès de Clermont-Ferrand.
Ça n'a pas l'air de sortir tout à fait tout de suite. La fumée blanche, visiblement, la nuit a été très très longue au congrès de la CGT. C'est toujours aussi impitoyable, ce monde, parce que vous allez tous arriver dans une zone de turbulence, puisque là, c'était cette nuit et c'est d'ici ce soir au maximum qu'il faudra un successeur à Philippe Martinez. Mais il y a une succession chez vous, à la CFDT ?
Nous, je ne sais pas si ça sera impitoyable. On a un processus qui est très cadré. Il y a des candidats qui se sont déclarés. Une élection qui aura lieu en lundi.
C'est plus démocratique chez vous ? Parce que, honnêtement, du côté de la CGT, ça peut l'être hyper démocratique.
Écoutez, je ne vais pas faire de jugement de valeur sur la CGT. Chacun jugera comment l'élection au BDF se passe. Je suis le garant que ça soit démocratique. En tout cas, c'est plus manifestement un peu plus calme, en tout cas moins turbulent. L'élection au BDF, c'est beaucoup une affaire d'incarnation.
Je voudrais aussi vous interroger sur la fin des moteurs thermiques parce que, finalement, on n'arrive plus très bien à savoir. Et ceux qui nous écoutent, pour nombre d'entre eux, se disent est-ce que je change de voiture ? Est-ce que j'attends pour changer de voiture ? Est-ce que je garde ma vieille voiture ? Que faire ? Est-ce que, du côté des industriels, du côté des entreprises qui travaillent dans le monde de l'automobile, le fait qu'on nous ait d'abord dit qu'en 2035, c'était la fin des moteurs thermiques et puis que, depuis, l'Allemagne ait eu l'air de revenir là-dessus, on en est où ? Et quelle incertitude pour un secteur qui est très important pour la France.
Je vous résume. Très bien le point. Et si j'étais acheteur d'automobiles, je me poserais beaucoup de questions. On est allé trop vite pour prendre une décision où on n'a pas écouté les ingénieurs parce que c'était une décision symbolique, idéologique, un peu comme les zones à faim et vision. Vous voyez ce que c'est ? Les ZFE. Les ZFE.
Qui, là aussi, finalement, on n'est pas du tout sûr que ça va s'imposer.
Bien sûr. Et donc, encore une fois, nous, on comprend où on veut aller. On est prêt vers la décarbonation de l'économie. Bien sûr. Tout le monde est d'accord là-dessus. Il n'y a plus de débat. Il n'y a plus de débat dans le patronat. Il n'y a plus de débat. Je crois qu'il y a un consensus. Simplement, à chaque fois, on est face à des problèmes techniques comme sur le nucléaire. Il faut écouter les ingénieurs, il faut écouter les scientifiques, de ne pas faire d'idéologie, voir ce qui est réellement possible de faire dans un temps donné. Les ZFE, c'est l'exemple. On est allé trop vite. Les gens ne pourront pas changer leur voiture, notamment les artisans, en temps et en heure.
Il faut même les salariés, d'ailleurs, pour aller bosser dans son entrevier. Et là, sur le thermique, on est parti trop vite. Mais les industriels français, c'est l'antiste Renault, eux sont partis. Donc, ils vont vers l'électrique. Et donc, il n'y aura pas de retour en arrière. C'est trop tard pour changer.
Et ça a été une source de grande incertitude Geoffroy Roux-de-Bézieux, merci à vous d'être venu à ce micro ce matin. Vous êtes le président du MEDEF. On a bien compris que mercredi, vous seriez vous aussi à Matignon. Et qu'entre-temps, le film n'a jamais été rompu entre vous et notamment la CFDT, puisque vous le disiez, vous avez toujours continué à parler, y compris ces derniers jours avec Laurent Berger. Merci à vous. Il est 8h53 sur RMC.