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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 3 novembre 2025 23 min

Négociations sur le budget : "Nous sommes sur une voie de passage étroite, mais elle existe", assure Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, la grande matinale. Et avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le premier secrétaire du Parti Socialiste. Dialoguez avec lui, on attend vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Olivier Faure, bonjour. Bonjour à vous, bonjour à tous. Et bienvenue sur France Inter, dans un moment de grande confusion politique où il est difficile de suivre la cohérence de ce qui est débattu et voté à l'Assemblée Nationale sur la fiscalité ou les économies. Vit-on un véritable moment parlementaire ou va-t-on vers une censure du gouvernement, on vous le demandera.

Mais on parlera aussi du Rassemblement National, gagnant à l'Assemblée sur l'accord de 1968 entre la France et l'Algérie, ultra favori des sondages pour 2027. Mais d'abord Olivier Faure, les débats vont reprendre aujourd'hui sur le budget de l'État avant celui de la sécurité sociale demain. Y a-t-il pour vous encore un chemin pour que ce budget soit adopté avant la fin de l'année ?

1:14
Invité

Oui. Oui, en fait, moi ce que je cherche depuis le début, c'est assez simple, c'est à faire en sorte que la copie qui était celle de François Bayrou et qui a été largement reprise par le gouvernement actuel, soit effacée au profit d'une copie qui soit plus juste et qui permette aux Françaises et aux Français des classes populaires, de la classe moyenne, d'être épargnée, ce qui n'est encore pas le cas. Et donc, ce que nous cherchons dans la première partie de la loi de finances, c'est à trouver des recettes qui se substitueront aux économies qui sont demandées à des gens qui ont déjà tant de mal à finir leur fin de mois.

Et donc, nous sommes sur une voie de passage étroite, mais je pense qu'elle existe. Ça supposera la vigilance des parlementaires.

2:03
Olivier Faure

Pardon, Olivier Faure, mais je ne sais pas si on vit exactement dans la même dimension. Vous dites qu'il y a un chemin. On lit Boris Vallaud qui, ce week-end dans la presse, dit en l'état, on voterait contre le budget. Vous continuez à considérer que le compte n'y est pas. Quel est ce chemin ? Si chemin, il y a pour qu'à la fin de l'année, il y ait un budget, ce qui, pardon d'enfoncer une porte ouverte, nécessite une majorité pour voter ce budget ?

2:25
Invité

Ce n'est pas parce que, pour l'instant, nous ne sommes pas satisfaits qu'il n'y a pas un chemin. Je viens de parler d'une exigence. Et cette exigence, c'est de respecter les Françaises et les Français, de respecter ce qu'ils nous demandent et de faire en sorte que toutes ces horreurs qui sont contenues encore dans le projet de budget et dans le projet de financement de la sécurité sociale disparaissent. Et pour l'instant, nous n'y sommes pas encore.

Mais je vois que c'est possible, je crois que c'est possible et je vois que nous avons déjà obtenu une série de recettes qui permettent à la fois de compenser une partie de ces horreurs et puis je sais aussi qu'il y a une trajectoire de déficit qui peut être corrigée et donc faire en sorte que nous n'ayons pas à suivre tout cela.

3:11
Olivier Faure

Mais justement, Olivier Faure, vous dites qu'on a obtenu un certain nombre d'éléments. Sur les impôts, vous avez effectivement obtenu à travers le vote que la fiscalité des plus aisés progresse. Sébastien Lecornu a annoncé renoncer au gel des pensions et des allocations. En fait, aucune concession ne vous suffit. C'est-à-dire que le gouvernement fait un certain nombre, accède à un certain nombre de vos demandes. Il y a des évolutions et à chaque fois, vous en rajoutez des supplémentaires. Quand on interroge Boris Vallaud sur le gel des pensions sur lequel le gouvernement recule, sur le gel des allocations, il dit simplement qu'il prend acte et il dit son écœurement.

Qu'est-ce qui vous suffirait pour enfin dire que la copie vous convient et voter ce budget ?

3:54
Invité

Mais nous ne sommes pas à la recherche d'un budget qui serait un budget socialiste. Ce sera un budget qui ne sera ni socialiste ni celui de Sébastien Lecornu. Je crois que là-dessus, chacun doit être clair. Il n'y a pas de possibilité parce que nous n'avons pas de majorité absolue. Ils n'ont pas de majorité absolue, ce qui suppose forcément d'être dans une forme de budget d'attente. Et nous verrons en 2027 qu'il emporte à l'élection présidentielle. Et à ce moment-là, il y aura peut-être une majorité qui se dégagera et qui permettra d'aller plus loin. Moi, c'est ce que je souhaite en tout cas pour la gauche. Mais pour l'instant, nous savons très bien que personne ne peut s'imposer à l'autre.

Et nous n'avons pas. Enfin là, vous dites, vous avez des exigences et vous êtes en avis toujours davantage. Non, nous avons toujours les mêmes exigences depuis le démarrage. Et si vous n'obtenez pas gain de cause, ça veut dire... C'est quoi de morant ? Je finis ma phrase simplement pour dire que nous allons, depuis le départ, nous nous battons pour que cette copie soit révisée. Il y a un projet qui est le projet initial de François Béroux avec cette fameuse année blanche qui serait une année noire pour les Français, qui est encore dans la copie gouvernementale. Nous sommes en train de la défaire progressivement.

Alors, c'est plus compliqué parce qu'il n'y a pas de moment où on comprend, on a le tableau d'ensemble. Et c'est peut-être ce que le Premier ministre devrait expliquer aujourd'hui. C'est venir devant les parlementaires et dire, voilà, quelle est la copie finale à laquelle je pense par rapport à laquelle chacun pourrait se positionner, la droite comme la gauche, et dire ce qu'il en est pour que chacun comprenne où nous allons. C'est le problème de la vision aujourd'hui, mais ce que je crois, c'est qu'il y a une possibilité d'avancer.

5:32
Présentateur

Et si vous n'obtenez pas gain de cause, Olivier Faure, ça veut dire que vous pourriez décider de censurer quand ? Dès cette semaine, par exemple ?

5:42
Invité

Eh bien, si nous n'obtenions pas gain de cause, nous commencerions d'abord par voter contre ce projet de budget. Et si nous votons contre, ce budget ne passera pas, puisqu'il faut l'abstention des socialistes, des écologistes et des communistes pour qu'il passe. Donc, l'histoire n'est pas terminée, mais c'est au gouvernement de prendre conscience, et à sa majorité très relative, de prendre conscience du fait qu'ils ne peuvent pas s'imposer comme les années précédentes, en considérant qu'en dépit de tous les votes qui ont eu lieu, ils peuvent imposer un projet à leur main.

6:14
Olivier Faure

Pardonnez-moi, je pense aux auditeurs qui nous écoutent ce matin et qui ont, excusez-moi, du mal à comprendre ce que vous dites. Là, on vous, avec Nicolas Demorand depuis le début de cet entretien, on met en avant un certain nombre de choses que vous avez réussi à obtenir. Vous dites, ça ne suffit pas, sans qu'on comprenne précisément ce que vous demandez en plus. De la même manière, il y a huit jours, vous disiez la chose suivante. À la fin de cette semaine, nous saurons si nous allons à la dissolution au pas, et vous disiez que si la taxe Zuckman ou sa version modifiée était rejetée, ce serait un casus belli. La taxe Zuckman ainsi que sa version light ont été rejetées.

Donc, en réalité, si on suit la logique qui était la vôtre il y a huit jours, ce matin, vous devriez être en face de nous en disant, ben oui, il y aura censure et donc on ira aux élections.

6:52
Invité

Non, j'ai toujours dit, et vous pouvez reprendre mes déclarations précédentes, vous pouvez les tronquer, Je ne crois pas les tronquer, vous avez cité une partie de ce que j'ai dit, j'ai toujours dit que moi, je cherchais des recettes qui permettaient de compenser toutes les erreurs contenues dans le projet de loi de finances et de financement.

Alors, si vous voulez savoir de quoi il s'agit, il s'agit par exemple des franchises médicales, il s'agit du gel des pensions, et là, j'ai entendu le Premier ministre nous donner des satisfactions sur le gel des pensions et sur le gel des prestations sociales, et pour l'instant, on a les minima sociaux, on n'a pas encore les allocations familiales, les allocations logements, etc.

7:27
Olivier Faure

Donc, qu'est-ce que vous demandez de plus ce matin, Olivier Faure, pour obtenir cette satisfaction ?

7:31
Invité

Rien de plus que ce que j'ai demandé la semaine passée, je demande qu'on respecte les Français, je demande que les Français modestes n'aient pas à payer l'impôt que les plus riches ne veulent pas payer. C'est aussi simple que ça, et c'est la raison pour laquelle je me suis battu pour la taxe Zuckman, version light, comme vous le dites, ou version complète, parce que je pense qu'il n'est pas normal que les grandes entreprises, que les grandes fortunes ne payent pas. Et ce débat-là, il n'est pas totalement achevé. Je pense par exemple que si nous n'arrivons pas... Pourquoi il n'est pas achevé ? Pourquoi il n'est pas achevé ?

Parce que tout simplement, aujourd'hui, vous avez des gens qui gagnent au tirage et au grattage, et je souhaite que nous puissions, par exemple, vous avez des gens qui disent on ne veut pas de fiscalité supplémentaire. Très bien, vous n'en voulez pas davantage, mais est-ce que vous voulez toujours les aides de l'État, qui sont d'abord les aides des contribuables ? Eh bien, je souhaite qu'on mette sur la table le débat sur ces fameuses aides aux entreprises. Et si ça n'est pas fait, il se passera quoi ?

8:26
Présentateur

Si ça n'est pas fait, il se passera quoi ?

8:28
Invité

Je ne suis pas là pour lancer des menaces, je suis là pour dire qu'il faut de la justice. Et que si nous n'arrivons pas à un budget de justice, nous ne pourrons pas le voter, nous ne pourrons même pas nous abstenir dessus. C'est aussi simple que ça. Vous ne pourrez pas faire en sorte que les convictions que nous portons soient abolies par la nécessité de faire les efforts que demanderait le gouvernement qui porterait sur la classe moyenne et sur les classes populaires.

8:51
Présentateur

Que répondez-vous à Jean-Luc Mélenchon qui dit hier, les socialistes ont changé d'alliance. Maintenant, c'est avec le centre-gauche et Gabriel Attal.

9:00
Invité

Je ne sais pas de quoi il parle. Et de toute façon, ce qu'il dit, pour moi, assez peu d'intérêt. Parce que ce n'est pas en multipliant les fake news, et chacun sait ici, qu'il n'y a aucun accord, autrement on l'aurait déjà aperçu, entre le gouvernement et les socialistes. Moi, je souhaite qu'il y ait un débat sur un débat le plus clair possible, qui permette de faire apparaître à la fois une droite, qui est ce qu'elle est, et une gauche qui revendique le pouvoir. Et puis, dans un moment où personne n'a de majorité absolue, eh bien, qui cherche, à certains moments, des compromis, des points de passage.

Et Jean-Luc Mélenchon, qui nous parle, tout simplement, d'accord avec la droite, devrait lui-même s'interroger sur les votes de ses propres amis. Quand je vois qu'en commission, ce sont, en fait, les gens de droite, avec LFI, qui ont voté contre la suspension de la réforme des retraites, quand je vois que sur le dégel du barème de l'impôt sur le revenu, sur les plus hauts revenus, c'est un amendement Wauquiez qui est voté par LFI, écoutez, j'ai de quoi m'inquiéter, et Jean-Luc Mélenchon ferait bien d'abord de regarder d'abord dans sa propre famille, avant de regarder chez les autres.

10:05
Olivier Faure

Alors, Olivier Faure, pour continuer d'essayer de comprendre ce que sont les positions des socialistes dans ce débat budgétaire, je voudrais qu'on s'arrête un instant sur cet impôt sur la fortune dite improductive que vous avez voté vendredi, dont vous dites qu'il est équivalent de l'ex-ISF. Alors, on a regardé avec Nicolas dans le détail comment fonctionnait cet impôt. Un taux unique à 1% plutôt qu'un barème progressif, un abattement d'un million d'euros sur la résidence principale, alors qu'avant, c'était 30%. Ça n'a rien à voir, Olivier Faure, avec l'ISF. En fait, c'est un impôt qui va permettre aux très très riches de payer moins que ce qu'ils paient aujourd'hui.

Vous allez avoir du mal à nous expliquer que c'est une réussite et que c'est en cohésion avec le combat que vous menez, non ? D'abord, vous savez bien que c'est faux,

10:48
Invité

puisque le rendement de cette ISF est supérieur à ce qu'est l'IFI aujourd'hui. Donc, ça n'est pas exactement l'ISF tel que nous l'avons connu. Et je vous explique pourquoi... Pardon, Olivier Faure, il est supérieur parce qu'on a rajouté des éléments dans l'assiette.

11:03
Olivier Faure

La réalité, c'est que là où l'ISF va jusqu'à 1,5%, là, c'est un taux unique de 1% sur le patrimoine. Ça veut donc dire que si on a un patrimoine de 100 millions d'euros, on paye moins qu'on payait avant.

11:17
Invité

Si vous voulez bien me laisser finir, nous sommes dans un moment parlementaire, avec donc des amendements qui sont déposés par les uns et par les autres. Cet amendement, c'est-à-dire qu'à départ, un amendement qui n'est pas un amendement socialiste, c'est un amendement du modem, qui donc cherchait effectivement à alléger l'impôt sur l'immobilier et au contraire à faire en sorte que d'autres éléments, cette fois-ci dans le domaine mobilier, notamment Assurance Vie, rentrent dans ce que vous appelez l'assiette. Donc, cet impôt, ce nouvel impôt, va rapporter un peu plus que ce que rapporte le seul IFI qui était la trace qui restait de l'ISF.

Tout en faisant, pardon Olivier Faure, je finis pour vous dire que ce qui se passe, si vous étiez vraiment parlementaire, vous comprendriez ce qui se passe. C'est-à-dire qu'il y a une règle qui s'appelle la règle de l'entonnoir. Si en première lecture, vous ne votez pas une base qui est là, en l'occurrence, cette base imparfaite, mais qui existe, vous ne pouvez pas y revenir en seconde lecture. Et donc, ça veut dire que nous n'aurions rien pu modifier et que nous aurions été tout simplement gros gens comme devant. Et donc, il fallait voter en première lecture une base qui est appelée à être modifiée. qui est appelée à être modifiée, en deuxième lecture. C'est la seule façon de procéder.

Si on ne l'avait pas fait, on ne pouvait pas rétablir d'ISF ni modeste, ni super, machin, etc. En deuxième lecture.

12:39
Présentateur

La parole aux auditeurs de France Inter. Bonjour Philippe.

12:44
Invité

Oui, bonjour. Voilà, j'ai une question pour M. Faure. Je ne vous entends jamais, vous, les socialistes, parler de la santé des entreprises françaises. Elles servent quand même pas mal de vaches à lait parce qu'on mange tous grâce aux entreprises, même les fonctionnaires. C'est elles qui alimentent tout. Mais en ce moment, ça ne va pas bien. Et ce n'est absolument pas le problème. On n'a pas de soucis de ce côté-là. On se dirige vers une catastrophe. Mais il n'y a aucun souci. On y va.

13:20
Présentateur

Vous travaillez en entreprise, vous êtes patron d'entreprise, Philippe, dites-nous.

13:25
Invité

Non, non, je suis en retraite.

13:28
Présentateur

Et vous redoutez une catastrophe économique ?

13:33
Invité

Ah ben, ça se profile. Par rapport à nos principaux concurrents, on n'investit pas dans la recherche. Ça, c'est un truc endémique en France. On ne veut pas mettre ce qu'il faut. On met 20 milliards tous les ans pour les 35 heures. Depuis l'application, ça fait 500 milliards. Si on avait mis 500 milliards dans la recherche, je ne vous dis pas où on serait. Mais ça, c'est encore un autre sujet. Mais pour les entreprises, qu'elles soient petites, qu'elles soient grosses, quand il y a une boîte qui ferme, si c'est Michelin, on crie au haro, on ne cherche absolument pas pourquoi ils ferment. Bien compris, Philippe.

C'est bien plus rentable en Allemagne qu'en France, mais ça, ce n'est pas le problème.

14:28
Présentateur

Merci, Philippe, pour cette intervention qui partait du constat suivant. Je n'entends jamais le PS parler des problèmes des entreprises françaises et de l'industrie française. Olivier Faure.

14:43
Invité

Bonjour, Philippe. D'abord, c'est faux. Et si vous regardez ce qu'a été le contre-projet que les socialistes ont produit au mois d'août, il ne visait pas les entreprises, mais il visait les hauts patrimoines et les grandes fortunes, ce qui est quand même très différent. Vous avez là des socialistes qui ont toujours eu le sens de l'entreprise et qui n'ont pas pour objectif d'aller se polier ou d'aller faire en sorte que les entreprises soient étouffées. Mais reconnaissez aussi que nous sommes dans un pays où nous vivons un certain paradoxe. Vous avez des entreprises qui se portent très très bien et qui sont très aidées par l'État.

Je prends quelques exemples qui sont issus des travaux de la Commission du Sénat.

15:24
Olivier Faure

Et là encore, sans me faire le porte-parole de Philippe, vous dites qu'il n'y a aucun problème entre les socialistes et les entreprises. Quand vous votez 2 milliards d'euros supplémentaires de surtaxes exceptionnels sur l'impôt sur les sociétés, quand vous votez un amendement qui prévoit 26 milliards d'euros sur les multinationales, à un moment donné, ça a un impact sur le climat économique. Donc, vous pouvez expliquer qu'il n'y a pas de sujet entre les socialistes et le monde de l'entreprise. La question de Philippe, elle ne vient pas de nulle part.

15:51
Invité

Écoutez, vous êtes trop informés pour savoir que cette surtaxe IS, cette surtaxe sur les grandes entreprises, elle touche les 400 plus grandes entreprises de France exclusivement. Qui créent de l'emploi. Qui créent de l'emploi, bien sûr, mais enfin, ce ne sont pas elles qui créent le plus d'emplois. Et ce ne sont pas elles qui sont les moins aidées non plus. Donc, en fait, on a 2 milliards de plus qui ont été votés dans le cadre de la discussion budgétaire, mais c'est 2 milliards de moins que l'an passé. Donc, il faut arrêter et faire comme si on les étranglait. On n'étrangle personne.

Et donc, si vous voulez qu'on prenne des chiffres, je prends le rapport de Fabien Guay au Sénat avec des auditions qui ont été conduites et où on apprend, par exemple, qu'une entreprise comme ST Microélectronique, en 2023, elle reçoit 487 millions d'euros d'aides. Elle verse 220 millions de dividendes et elle ne paye que 100 000 euros d'impôts. Écoutez, franchement, je crois que dans ces conditions-là, il faut arrêter de considérer que nous sommes en train de tuer le monde de l'entreprise.

16:49
Présentateur

Bon, Philippe a eu sa réponse. Philippe a eu sa réponse. Martine, bonjour. Bonjour. On vous écoute. Soyez la bienvenue. Bonjour, messieurs. Merci de passer mon message. Il va être assez bref. J'ai envie de dire à M. Fort, soyez constructifs. N'allez surtout pas à la censure. N'ouvrez pas la porte au RN. Quel qu'en soit le prix même de ne pas faire la censure. Le RN est devant la porte. Il ne faut surtout pas qu'il rentre. Merci Martine pour cette question. Très claire, effectivement. Que répondez-vous, Olivier Fort ?

17:20
Invité

Martine, je partage l'objectif avec vous. Moi, je ne suis pas là. Je ne suis pas de ceux qui crient dissolution, censure, démission tous les matins. Je souhaite que nous puissions trouver un budget qui permette aux Français de vivre mieux parce que je crois aussi que si nous acceptions n'importe quel budget, ce serait aussi un cadeau fait au RN qui se repaie de toutes les erreurs commises depuis 8 ans par le gouvernement.

17:48
Olivier Faure

Donc, juste Olivier Fort, là encore, pour bien comprendre ce que vous dites ce matin, alors que Roland Lescure, le ministre de l'économie, dit qu'on a lâché un certain nombre de choses, qu'Amélie de Montchalin, la ministre du Budget, dit que ce n'est pas un budget Frankenstein, il ressemble à quelque chose. Là, dans les jours qui viennent, qu'est-ce que vous attendez de la part du Premier ministre du gouvernement ? Qu'est-ce que vous leur demandez pour pouvoir revenir peut-être à ce micro dans quelques jours et dire, là c'est bon, il y a de quoi voter une copie budgétaire ?

18:12
Invité

Je me répète, mais moi ce que je souhaite maintenant, c'est qu'on ait une vision d'ensemble sur ce à quoi peut ressembler le budget de l'État et le budget de la Sécu à l'issue de nos travaux. Et que chacun puisse se positionner par rapport à ce que peut être la vision développée par le gouvernement, même si le gouvernement n'est pas seul la main, puisque chacun l'a compris, aujourd'hui c'est le Parlement qui est souverain. Et donc, nous avons besoin là, simplement, de remettre de l'ordre dans nos pensées respectives, que chacun comprenne, vous avez parlé des 26 milliards, vous savez très bien que ces 26 milliards, s'ils existaient, la question budgétaire ne se poserait même plus.

Je parle des 26 milliards qui ont été votés, amendement qui est amendement d'appel, que nous avons nous-mêmes déposé à de multiples reprises depuis longtemps, mais qui n'est pas opérationnel. Et donc, qui permet simplement de dire qu'il y a un sujet multinational.

19:00
Olivier Faure

Vous avez voté un amendement qui ne pourra pas rentrer en vigueur ?

19:03
Invité

On sait tous très bien que, et d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle, si cet amendement avait été adopté et qu'il avait une réalité, personne aujourd'hui ne réclamerait quoi que ce soit. De la gauche radicale jusqu'au RN, personne n'aurait plus rien à demander, parce que nous aurions largement de quoi faire.

19:20
Présentateur

Sur le RN qui était le cœur de la question de Martine, notre auditrice, le RN apparaît en tout cas largement favori en vue de 2027, sondage publié par nos confrères de la Tribune dimanche hier, Jordan Bardella et Marine Le Pen testés à plus de 32% au premier tour. Quel commentaire ça évoque, suscite chez vous ? C'est aussi le résultat du spectacle politique offert aux Français depuis la rentrée ?

19:54
Invité

Le spectacle dont vous parlez, le RN, en est largement responsable. Et donc, ce serait... Mais c'est vrai que je vois qu'aujourd'hui, tout glisse sur les plumes du canard d'extrême droite. Et ce que j'aimerais, c'est que le débat que nous avons actuellement à l'Assemblée permette aussi de lever un certain nombre de fantasmes ou d'illusions entretenues par l'extrême droite. si les classes populaires aujourd'hui, si celles et ceux qui vivent si mal parce que leurs salaires ne sont pas assez importants, parce qu'ils sont aujourd'hui avec le sentiment permanent de ne jamais réussir à pouvoir offrir un avenir à leurs enfants.

Si ces gens-là pensent que le RN peut leur venir en aide, qu'ils regardent les votes du RN. Ce n'est pas le RN qui cherche...

20:42
Olivier Faure

Le RN avec qui vous avez voté, notamment pour mettre en place cet impôt sur la fortune improductive. Donc en fait, les votes du RN, vous n'en voulez pas quand ça ne vous arrange pas, mais quand ça vous arrange, vous les prenez.

20:51
Invité

Mais attendez, là vous êtes quand même fort de café. Le RN existe à l'Assemblée et le RN vote sur chaque amendement, sur chaque article. Et donc parfois, il vote avec nous, parfois il vote contre nous et on est dans une situation où tout le monde à un moment ou à un autre est appelé à bénéficier des votes du RN ou à se retrouver avec les votes du RN face à lui. Ça, on n'y peut rien. Ce n'est pas ça que je vous dis, c'est que je vous dis quelles sont les positions qu'ils défendent à l'Assemblée. Est-ce qu'ils défendent les milliardaires ou est-ce qu'ils défendent les classes populaires ?

Eh bien, si vous voulez vous pencher un peu sur la question, vous vous apercevrez qu'ils ne défendent jamais les classes populaires. Ils sont toujours là pour défendre les milliardaires.

21:26
Olivier Faure

Encore un mot, Olivier Faure, sur ce sondage dont parlait Nicolas, puisqu'il s'avère que vous êtes testé, Olivier Faure, au premier tour à 5,5%. Là où Raphaël Glucksmann fait plus du double, autour de 12%. Bon, vous le prenez comme le constat que le candidat naturel, c'est lui et que vous êtes très très loin de Raphaël Glucksmann. Mais je ne sais pas

21:44
Invité

pourquoi je suis testé parce que je n'ai jamais dit que j'étais candidat à l'élection présidentielle. Ah bon ?

21:47
Olivier Faure

Ça ne vous intéresse pas à l'élection présidentielle ?

21:49
Invité

Je n'ai jamais dit que j'étais candidat à l'élection présidentielle et ce que je sais aussi,

21:53
Locuteur

c'est que...

21:54
Invité

Benjamin Diomel, on n'est pas là pour faire des déclarations sur une présidentielle quelque chose dans un an et demi. On n'est pas là pour prendre non plus

21:58
Olivier Faure

les auditeurs pour ceux qu'ils ne sont pas. C'est-à-dire qu'expliquer qu'on n'avait pas d'ambition pour 2027...

22:02
Invité

Tout le monde aujourd'hui doit se poser la question de savoir quel est celui ou celle qui sera en mesure de battre l'extrême droite au deuxième taux de l'élection présidentielle. Cette question-là, je me la pose. Si demain, il y avait une possibilité pour X ou Y de l'être, eh bien, il faudrait le soutenir quel qu'il soit parce que la question est trop importante. C'est le mieux placé aujourd'hui. Mais aujourd'hui, c'est le mieux placé. Je vous dis que simplement, il faut se poser une question simple, plutôt une réflexion simple, c'est que les sondages un an et demi avant l'élection présidentielle, ils n'ont jamais prédit quoi que ce soit.

Et donc, pour l'instant, il faut être dans le combat, faire en sorte que nous puissions avoir à la fin de l'année un budget pour les Françaises et les Français, mais un budget qui soit un budget de justice sociale et ensuite, nous verrons ce qu'est la meilleure façon d'avancer. Et ce que vous n'avez pas dit, c'est que dans le sondage, aucun... Enfin, on aurait pu aussi se poser la question de savoir s'il y avait à un moment une primaire de la gauche et des écologistes, s'il y avait un candidat commun, qu'est-ce qu'il ferait ? Quel score il parviendrait à obtenir ?

Et est-ce qu'il pourrait être d'aventure au deuxième tour et peut-être même battre l'extrême droite parce que c'est ça l'objectif, c'est le seul objectif qui doit nous lier les uns et les autres jusqu'en 2027.

23:09
Présentateur

Merci, M. le Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Merci, Olivier Faure, d'avoir été ce matin au micro d'Inter. M. le Premier Secrétaire

Négociations sur le budget : "Nous sommes sur une voie de passage étroite, mais elle existe", assure Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote