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speechyoutube.com· 15 juin 2025 69 min

🌹Discours d'Olivier Faure, Premier secrétaire du PS - 81e Congrès du Parti socialiste

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Je vous demande d'accueillir le premier secrétaire Olivier Faure. Chaque amarrade, cela faisait près d'un siècle que nous n'y étions pas revenus. La dernière fois c'était en 1929 et le Congrès se tenait alors, neuf ans après la rupture du Congrès de Tours, dans un moment de profonde division de la gauche. La gauche radicale d'alors, le Parti communiste, je dis ça pour Igor et Pierre qui n'étaient pas nés, mais pratiquaient la stratégie dite classe contre classe, dictée par le Kremlin. Les socialistes étaient qualifiés de socio-fascistes, accusés de dévoyer les combats du monde ouvrier que seul le Parti de 1917 pouvait incarner. Notre Parti gérait déjà de nombreuses municipalités.

Il s'interrogeait, lui, sur le fait de savoir s'il devait privilégier la confrontation avec le Parti communiste ou approfondir l'investissement républicain en lien avec les radicaux ou s'ouvrir à une alliance avec les classes moyennes. Au sein de l'exécutif, Aristide Briand venait de former son gouvernement, mêlant ministre de gauche, ministre de droite et du centre. En Allemagne, en Italie, la menace fasciste pointait déjà. Cinq ans plus tard, les ligues fascistes en France marchaient sur l'Assemblée et la gauche des Unis prie le parti de se rassembler dans un front populaire. Je m'arrête là. Vous pourriez croire que je cherche à établir des parallèles avec la situation présente.

Merci, chers camarades, d'être là. Merci aux socialistes de Meurthe et Moselle de nous avoir si bien reçus pour ce 81e Congrès. Merci aux amis inestimables que sont Mathieu Klein, premier maire socialiste de Nancy depuis la Libération. Merci à nos trois députés. Estelle Mercier, Stéphane Abelot, Dominique Pottier, notre sénateur Olivier Jacquin. Je veux évidemment saluer, avec tous les honneurs dus à son rang, votre première secrétaire fédérale, Marie-Josée Hamas, et à travers elle, et à travers elle, tous les militants de la Fédération de Meurthe et Moselle qui ont préparé ce Congrès avec l'ambition de nous accueillir dans les meilleures conditions.

J'ai aussi une pensée particulière pour ce militant, cet élu exceptionnel que fut Michel Dinet, mort accidentellement voici plus de 10 ans, et qui, je le sais, fut pour toutes et tous ici, et même bien au-delà de vos frontières Meurthe et Moselle, je ne sais pas si on dit comme ça, Moselle Anne, un inspirateur, un modèle, une référence, une amitié. Merci aussi aux services d'ordre, merci, merci à Luc, qui, je le rappelle, dirige un service entièrement bénévole et qui assure le bon déroulement de toutes nos manifestations.

Merci aux jeunes socialistes, ils sont là, qui ont tenu, vous ne vous rendez pas compte, que vous venez de donner un air de jeunesse à l'un de vos anciens présidents, Benjamin Lucas. Vous avez tenu, il y a quelques jours, votre Congrès, ici même, à Nancy, et je veux saluer, évidemment, votre nouveau président, Rémi Boussmar, qui succède à Emma Rafovitch, qui s'est envolé, elle, vers le Parlement européen. Merci 85 représentants de nos partis frères venus de tous les continents et avec lesquels nous devons plus que jamais coopérer pour faire face à la nationale réactionnaire.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui, dans ce premier rang, issus de nos partenaires politiques, de sociétés civiles aussi, sont venus ce matin nous dire leur amitié et leur volonté de prolonger le combat avec nous. Merci à vous toutes et tous. Et c'est vrai aussi qu'en vous regardant, je me disais, je me souvenais de ce grand parti dans lequel il y avait de Marie-Noëlle Lindemann jusqu'à Alexis Corbière, Raquel Garrido, Sophie Taillé-Pollian. Je rêve, peut-être qu'un jour, nous puissions nous retrouver à nouveau dans une grande fédération de toute la gauche qui permettrait d'avancer vers d'autres horizons.

Je sais que les retours pourront en parler, mais je vous le dis, on a le droit de rêver et on a le droit d'avancer. Et dans cette fédération, nous inclurons Seyel Châtelain et les écologistes. Et nous travaillerons.

15:07
Olivier Faure

Et nous travaillerons, bien sûr,

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Présentateur

avec celles et ceux qui, nombreux dans cette galaxie sociale, sont prêts à changer le monde avec nous. Mais j'y reviendrai. Nancy, Nancy, ville de culture, avec ses festivals dédiés au théâtre et aux livres. Comment faire moins au pays de Goncourt ? Nancy, capitale de l'art nouveau, dont vous fêtez cette année le centenaire de l'exposition internationale pour y célébrer l'imagination, le mouvement. Quel meilleur endroit, donc, y avait-il pour tenir ce congrès qui doit être, pour notre parti, le moment d'un nouveau départ ? Je sais bien que certains d'entre... que certains au-delà de nous, pardon, vous parlent de nous comme d'un parti moribond.

Cela fait si longtemps, en réalité, qu'ils en rêvent. Il y a trois mois, les mêmes, oui, les mêmes, nous décrivaient, au contraire, comme renaissants. En réalité, ils ne nous aiment et ne nous trouvent de vertu que lorsque nous ne censurons pas le gouvernement. Mais, je le dis, au risque de les décevoir, notre vocation n'est pas de servir d'assurance-vie au macronisme finissant. Je pense à cette profession de foi de 1877, d'Adolphe Thiers, le massacreur des communards. Que disait-il ? On ne parle plus du socialisme et on fait bien. On s'est débarrassé du socialisme. Cent fois, oui, cent fois, nos adversaires nous ont espéré en cendres.

Mais, je vous le dis, cent fois encore, nous leur prouverons que nous n'avons rien perdu de notre flamme. Et, grâce à votre ferveur, nous dirons ensemble à l'extrême droite c'est François Mitterrand, si joli d'Iber, Jean Moulin, Messac, Manoukian, qui, au nom des nationales de la résistance, des sociales, laïcs, antiracistes, solidaires, avec la résignation incompatible avec l'extrême droite. Mes chers camarades aux nationaux populistes, les forces néolibérales, celles qu'Emmanuel Macron a réunies en 2017, ne sont plus capables de s'opposer. Elles ont, en réalité, déjà capitulé, comme en témoignent les discours du gouvernement Beyrou-Rotaillot. Comme vous, je les écoute.

Je les écoute et je me demande ce qu'ils pourront encore inventer dans cette surenchère folle avec l'extrême droite. Que diront-ils encore, que proposeront-ils encore quand ils auront rétabli le bagne à Cayenne, renvoyé les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon, coupé les allocations familiales aux fratries qui comptent un enfant délinquant, interdit les foulards dans l'espace public, transformé les magistrats en distributeurs automatiques de peine, réécrit une nouvelle loi immigration ou supprimer le droit du sol.

Ils pavent le chemin du pouvoir pour l'extrême droite et tant qu'ils le conservent, c'est malheureusement pour effectuer le travail à sa place tout en continuant de détricoter le modèle social français. Je ne m'en réjouis pas. Cette érosion du libéralisme économique, cette décrédibilisation de ses propres chefs risque d'entraîner avec elle celle du libéralisme politique au fondement de nos démocraties. En Hongrie, en Italie, aux Etats-Unis, en Argentine, la droite traditionnelle a déjà basculé.

Et partout en Europe, la menace de l'extrême droite est là, concrète en Pologne, active en Roumanie, mais aussi en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Slovaquie, en Autriche, aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et la France n'échappe pas à cette marée. Et si je devais dresser la liste de tous les Etats de notre vieux continent, si je voulais être complet, je citerais quasiment tous les pays européens. Les nationalistes réussissent même ce paradoxe d'appartenir à une internationale. Une internationale qui ne vise pas à donner des règles au monde, non, qui vise au contraire à défaire tout ce que nous avons patiemment construit depuis la Seconde Guerre mondiale.

Cette internationale réactionnaire constitue une menace existentielle pour tout ce en quoi nous croyons. Et voilà qu'apparaît une nouvelle alliance, celle de l'extrême argent avec l'extrême droite qui vient renforcer le risque. L'épuisement du capitalisme néolibéral, du libre-échange généralisé, accentué par la compétition sauvage que se livrent les sociétés transnationales pour les matières premières, les plus rares, radicalisent ces logiques de prédation. Les quelques milliers de sociétés transnationales et leurs actionnaires s'exaspèrent chaque fois que nous mettons nous des obstacles à leur mise en coupe réglée de la planète.

Ils ont besoin de faire tomber les résistances, celles de l'état de droit, des contre-pouvoirs de la société civile, des organisations et du droit international. Ce mouvement favorise la renaissance d'un capitalisme national et pour les pays les plus puissants, le retour d'un impérialisme exacerbant les rivalités. Il résulte du triomphe de la loi du plus fort, une extension dramatique du nombre de conflits armés dans le monde. Ces impérialismes nient les principes élémentaires des conventions qui régissent la guerre, l'aide humanitaire, le débat public. Des conflits négligés, voire oubliés, se déroulent loin des caméras, loin de nos yeux, avec cette même logique de prédation.

Au Soudan, en République démocratique du Congo, à Haïti, en Birmanie, en Chine contre les Ouïghours, partout, les démocraties vacillent devant la guerre hybride menée contre elles. La tentation du pouvoir autoritaire de dirigeants pourtant élus démocratiquement est présente aux Etats-Unis, en Turquie et ailleurs. Tous se retrouvent sur un point, faire tomber les principes et les règles issus de la victoire sur le nazisme pour pouvoir donner libre recours à leur puissance économique relayée éventuellement si nécessaire par leur puissance militaire.

Et désormais, je ne sais pas s'il faut les applaudir, mais désormais, seule la coalition, des forces acquises aux valeurs universelles, à la paix, la démocratie, la justice sociale et écologique constituent le rempart opposable à cette brutalisation du monde. Là se trouve notre responsabilité. Et je sais que c'est ce que nous partageons avec l'ensemble d'entre vous. Avec Nicolas, avec Boris, avec Hélène, avec Johanna, avec Sébastien, avec Pierre, avec Nora, avec toutes celles et ceux qui ont débattu dans ce congrès. Ce congrès n'aurait servi à rien si nous ne nous hissions pas à ce niveau, au niveau de ce défi.

Les querelles picocollines apparaissent encore plus dérisoires lorsque l'heure est à la guerre la vraie. Alors, alors que devons-nous faire ? Résister ? Sans aucun doute. Mais nous ne pouvons nous limiter à nous opposer. Ce n'est pas une digue que nous devons construire. Elle finirait par être submergée. Ce que nous devons, c'est donner un autre cours au fleuve. Qui sommes-nous ? Nous sommes les continuateurs d'une volonté, celle de la justice appliquée aux relations sociales. Cette idée a pris au fil du temps plusieurs formes. D'abord, celle d'une confrontation lorsque le capitalisme ne voulait rien céder en maintenant au plus bas la condition ouvrière.

Puis, celle du compromis lorsque les leçons des guerres ayant été tirées et face à la menace de la contagion soviétique, le capital concéda un progrès régulier du pouvoir d'achat et l'invention d'une protection sociale universelle. Cette période a coïncidé avec un moment particulier aussi de l'histoire économique européenne, celui de la reconstruction et d'une prospérité sans précédent, prospérité où les conséquences pour la planète n'étaient pas évaluées ni prises en considération. La sociale démocratie de l'après-guerre, je le dis, n'est plus en mesure de répondre aux défis du présent.

Le modèle plein d'emplois à l'abri de frontières douanières, croissance forte qui finance un état social protecteur tout en ne s'imposant aucune limite écologique n'est plus possible. Cette époque-là est terminée. L'alternative que nous devons poser, c'est celle du socialisme écologique, la volonté de changer notre organisation économique et sociale pour trouver les réponses aux trois crises que nous affrontons, celles de la citoyenneté, celles de l'égalité, celles du climat, qui ne pourront trouver de solution que solidairement. Nous ne pourrons plus traiter la question sociale indépendamment de la question écologique.

à l'exploitation du travail, c'est ajouter celle de la planète et la défense de l'un passe désormais par la défense de l'autre. Je sais, je sais que pour nombre de nos concitoyens, la démonstration reste encore à faire que s'attaquer aux problèmes de la fin du monde n'accroîtra pas les problèmes de fin de mois et peut même contribuer à les résoudre. Alors comment y parviendrons-nous ? En revenant à la source de notre engagement, la transformation du système économique et social, nous ne servirons à rien si nous ne reprenons pas la critique de la logique d'accumulation sur laquelle le capitalisme s'est fondé.

Nous savons que cet effort ne sera possible et efficace que s'y sont remis en cause les déterminants du réchauffement, à savoir un mode de production et de consommation qui encourage le gaspillage plutôt que de répondre aux véritables besoins sociaux. Aussi, nous devons d'un même mouvement nous attaquer aux inégalités sociales et aux inégalités écologiques devant l'exposition au risque du réchauffement, inégalités dans l'accès à la sécurité alimentaire, à l'eau, à un habitat de qualité, comme l'a rappelé tout à l'heure Christophe. L'écologie n'est ni le prolongement ni le dépassement du socialisme. Elle est en fait, elle en fait partie intégrante.

L'écologie renvoie à la vision initiale du socialisme, à notre conception de l'homme qui fait de l'individu un être social, autonome, mais constitué des relations qu'il entretient avec le monde dans lequel il vit. Vers quelle société voulons-nous aller ? Voilà ce à quoi maintenant il nous faut nous attauler pour nous réinventer et ouvrir de nouveaux chemins. Boris, et je l'en remercie, a posé dans ce congrès le concept de démarchandisation. Jo, Thierry Colombel et d'autres y sont revenus hier. Cette idée reprend utilement la distinction posée par Lionel Jospin avant-hier quand il évoquait la différence entre société et économie de marché.

L'objet est de retirer au marché des activités, des services dont l'accès doit être garanti à tous. cette ambition je la partage, nous la partageons et elle doit pleinement maintenant inspirer nos travaux à venir sur le projet. Cet objectif s'inscrit dans un récit plus large intégrant toutes les dimensions du combat à mener, celui de la réhumanisation de nos sociétés. Il est urgent de réhumaniser une société, un pays où le marché est devenu le véritable souverain et où les êtres humains ne sont plus que ses rouages appelés à le servir et à intervenir tantôt comme producteur, tantôt comme consommateur. La déshumanisation est partout à l'œuvre.

C'est ce médecin qui bat sur sa consultation faute de temps, c'est les pattes surchargées où les résidents subissent des soins à la chaîne, c'est une justice expéditive où vous n'êtes plus qu'un dossier, c'est une police sous le culte du chiffre qui n'a plus le temps, des interventions préventives, des résolutions pacifiques comme seule peut l'assumer une police de proximité. La réhumanisation, c'est l'inverse, c'est redonner leur valeur au bien commun, à nos services publics. La réhumanisation passe aussi par le féminisme, parce qu'une moitié de l'humanité ne peut subir plus longtemps le patriarcat.

Elle passe par l'antiracisme, parce qu'il n'existe aucune hiérarchie possible entre les êtres humains, par le contrôle démocratique des technologies, parce que nous ne voulons pas être des esclaves des algorithmes. Merci Arthur pour le travail que tu mènes actuellement au Parlement sur ce sujet. Par l'écologie, parce que la nature peut vivre sans humains, mais l'inverse n'est pas vrai. Et la réhumanisation, j'ajoute l'objectif de réconciliation autour de la promesse républicaine. Réconciliation des territoires, des histoires, des trajectoires, des mémoires.

Il est urgent de resserrer les liens entre les membres d'une nation qui s'éloignent les uns des autres, de faire reculer les solitudes qui abîment la santé mentale, les vulnérabilités sociales, et au bout, faire baisser la violence face à la fracturation entretenue à dessein par certains. La méthode, c'est la coopération. Contre la société de compétition, de la concurrence sauvage qui abîme le travail, mène au déchirement social et à la crise climatique, avançons ensemble vers une société de coopération.

Martine Aubry avait posé lorsqu'elle était première secrétaire la notion de care, l'attention portée aux autres, à laquelle nous devons maintenant ajouter l'attention portée à notre environnement. Le projet d'une société qui pense l'humain en relation avec ce qui le fait vivre dans un esprit de respect et de justice, ce qui inclut bien sûr, la planète et tout le vivant. La droite, elle, entend gouverner par la peur, mais ce n'est pas la peur qui soude une nation, c'est la confiance. Et ce qui nourrit la confiance, c'est la coopération de tous à la réalisation d'un projet commun. Voilà ce qui est au fondement de la philosophie socialiste.

Voilà ce qui a animé les auteurs du programme des jours heureux. Jean Moulin et les siens ne se limitèrent pas à résister à l'occupant nazi. Ils définirent dans l'obscurité de la clandestinité un projet remettant l'humain au cœur de tout alors qu'ils faisaient face, eux, à la négation même de l'humanité. Nous leur devons notre système de retraite qui est désormais au cœur de notre contrat social. Nous avons depuis les retraités les moins pauvres d'Europe et vraisemblablement du monde. Est-ce un crime ? On nous dit, j'entends, que nous y consacrons horreur 14 points de PIB et que c'est plus que nos voisins.

Et alors, quand nous produisons 100 euros de richesse, nous en prélevons 14 pour nos parents, pour nos grands-parents âgés. Vous trouvez, vous, que c'est trop ? Il suffirait de prélever 5 petits pourcents sur les niches fiscales ou 10% sur les niches sociales pour financer le surcoût lié au retour à 102 ans ou de ne plus licencier par brasser les sexagénaires ou de réaliser enfin l'égalité salariale entre les femmes et les hommes pour là encore parvenir à nos fins. Mais, mais il paraîtrait que le MEDEF ne veut rien savoir. Il m'avait échappé, ça peut arriver, peut-être à vous aussi, qu'en juillet dernier, c'était le MEDEF qui avait remporté l'élection.

Et désormais, quand Patrick Martin tousse, c'est tout le gouvernement qui a le Covid. Rien n'a changé en réalité depuis Léon Blum et les congés payés. Rien n'est jamais possible. Eh bien, ce matin, nous sommes là, debout, pour dire que ça suffit. Les profits du CAC 40 battent chaque année de nouveaux records. mais le gouvernement ne pourrait rien demander aux grandes entreprises. Alors, je le dis, ça suffit la richesse assolante des uns face au dénuement des autres. Ça suffit de nous dire que la taxe Zuckman est une spoliation quand il s'agit de prélever 2 petits pourcents sur des fortunes de plus de 100 millions qui ont des rendements annuels de 7%.

Ça suffit de dire que la rente doit être moins imposée que le travail. Ça suffit de nous revendre sans fin une théorie du ruissellement qui n'est de traduction nulle part. Ça suffit de nous couper toujours dans le service public, dans l'accès aux soins, à l'assurance chômage. Le gouvernement n'a pas de majorité absolue. Il doit rechercher des compromis. Il doit rechercher des compromis. Et s'il ne les cherche pas, et s'il n'a pas cette décence, nous, le censurerons. On essaie de choisir en politique intérieure comme extérieure. Il comprend aujourd'hui la position d'Emmanuel Macron dans le conflit proche-oriental. Les jours face, il est un soutien inconditionnel du gouvernement Netanyahou.

Les jours pile, il s'engage à reconnaître un État palestinien. Et voilà que la pièce pivote à nous où nous appelons à la désescalade nécessaire entre Israël et Iran parce que nous traversons un moment de grande... Cette conférence est une faute tant la perspective de reconnaissance de l'État de Palestine est la seule... notre camarade Pedro Sanchez. Et je vois là un homme d'État qui a pris ses responsabilités avec la reconnaissance de l'État palestinien, un embargo sur les armes et un discours clair sur la fin de la... Cisjandanie, sur la suspension de la croix d'association entre l'Union européenne et Israël.

Pedro, de notre international socialiste, il est aussi aujourd'hui l'honneur de l'Europe. démocratie dont nous défendons le droit à l'existence dans des frontières sûres et reconnues. Nous n'avons jamais manqué à ce pays né au lendemain de la tragédie de la Shoah. Mais je ne peux comme aucun d'entre nous ici rester silencieux face à la destruction méthodique d'un territoire Gaza, au massacre de sa population, à la famine organisée, à la volonté affichée par le gouvernement des Agnaous d'expulser tout un peuple de sa terre. Aucun d'entre nous ne peut se taire lorsque ce gouvernement ne cherche aucune autre issue à cette guerre que la guerre elle-même.

quand la guerre n'est pas le moyen mais le but au mépris du droit humanitaire, des conventions internationales ou des résolutions du Conseil de sécurité. J'ai, après, et sans doute avant beaucoup d'autres, choisi de parler de génocide. Je connais le sens et le poids des mots. C'est pourquoi j'ai longuement hésité à l'employer parce que, comme disait Camus, mal nommé les choses, c'est ajouter au malheur du monde. Mais aujourd'hui, ce serait ajouter au malheur du monde que de se résoudre à attendre comme l'a suggéré le président que les historiens qualifient la tragédie en cours.

La Convention de 48 que nous avons signée a pour vocation la prévention des génocides par leur constatation lorsqu'il est déjà trop tard. Alors même que l'intention génocidaire est revendiquée par plusieurs ministres de ce gouvernement. Ce constat horrifié ne vaut évidemment pas approbation de l'action du Hamas. C'est pourquoi nous n'avons pas bégayé le 7 octobre en hésitant sur la nature terroriste de ses actes.

Et c'est ce qui nous distingue de la gauche radicale qui n'a pas su les qualifier comme elle n'avait pas non plus voulu prendre sa distance avec la Russie de Poutine quand notamment en Syrie elle participa aux côtés de Bachar et l'Assad au massacre des réfugiés palestiniens dans le camp de Yarmouk en 2018 prétextant là aussi la nécessaire éradication des terroristes de l'organisation État islamique. Notre honneur est de ne pas avoir l'indignation à géométrie variable de défendre le droit international de Saporizhia à Gaza d'Ukraine en Syrie de garder les yeux ouverts toujours partout.

Cela nous distingue tant d'autres à droite mais aussi sur notre gauche notre gauche je sens bien que cela manquerait ce matin si je n'évoquais pas la France insoumise j'ai eu le sentiment que vous vouliez en fait organiser ce congrès que la France insoumise ne convoque pas elle-même nous sommes ici au Parti Socialiste déposé je veux y répondre j'assume tous les désaccords avec son principal inspirateur j'ai d'ailleurs plus que d'autres subi ces sarcasmes et ces attaques mais je confesse très laïquement je m'attends de vous aucune absolution je confesse que je ne m'interroge pas chaque matin sur ce que dit pense tweet Jean-Luc Mélenchon alors que l'extrême droite est aux portes du pouvoir j'entends que parfois certains ont la tentation de faire de ce congrès un référendum pour ou contre LFI je leur dis simplement que tant qu'ils auront pour unique obsession LFI ils ne feront que témoigner de la domination psychologique que la gauche radicale exerce sur eux grand un grand parti socialiste ne s'abaisse pas à la polémique permanente avec la gauche il prend le leadership face à la droite face à l'extrême droite moi je veux un grand parti socialiste qui parle à toute la gauche à tous ses électeurs sans opérer de tri parce que ce n'est pas en divisant que l'on fédère un pays nous n'aurons pas d'accord national avec la France insoumise aux prochaines élections municipales et nous aurons une candidature à l'élection présidentielle dans un périmètre que j'ai défini comme allant de Ruffin à Glucksmann de Autain à Tondelier des socialistes aux écologistes ou aux communistes et pour être totalement transparent avec vous de Ruffin à Glucksmann ça ne veut pas dire de Glucksmann arrête sa mène réclamé de Jaurès et siégé au Conseil des ministres avec Bruno Rutaillot je dis aussi à la tribune de ce congrès je ne répondrai pas aux injonctions de la droite et de l'extrême droite qui rêvent de blanchir leur convergence coupable en diabolisant la gauche radicale si nous n'avions pas réalisé le nouveau Front Populaire c'est aujourd'hui Bardella qui serait à Matignon je n'ai renoncé au rassemblement de toute la gauche et le 7 juillet nous étions tous ensemble sur l'estrade de la belle guilloise pour fêter la victoire et je sais au fond de moi je sais que jamais aucun d'entre nous n'acceptera de placer sur un plan d'égalité la gauche radicale et l'extrême droite je sais l'extrême droite se présentait tenant à son avènement je crois à notre unité notre unité cette en vérité exprimée sans discontinuer depuis le congrès de Marseille nous n'avons pas tout parfaitement réussi mais nous n'avons pas totalement échoué non plus aux européennes nous nous sommes redevenus la première force à gauche mais pour tempérer nos ardeurs 13,8 ça fait bien un premier tour ça fait jamais un second nous sommes aux législatives parvenus à doubler notre groupe parlementaire et à donner à Boris la puissance d'un groupe qui compte au parlement en étant redevenu un groupe charnière face au gouvernement nous avons pris nos responsabilités d'abord en le censurant puis en acceptant de rechercher des compromis en évitant le pire aux français et en accordant un sursis probatoire à François Béroud nous avons accueilli plusieurs milliers de nouveaux adhérents remis sur pied la fédération des élus socialistes et républicains grâce au travail conjoint Geoffroy d'Hélène Geoffroy et de Benoît arrivé qui doit être quelque part aussi et que je remercie et j'entends que désormais nous réalisions notre unité sur le projet avec Boris j'ai compris nos différences j'ai aussi compris qu'il était possible de trouver un chemin dans le cadre d'un pacte de gouvernance au service de l'intérêt général de notre parti dans ce congrès j'ai entendu tout à la fois un désir de consolidation de ce que nous avons bâti et de changement dans nos pratiques militantes tant au plan national que dans les relations avec les fédérations qui doivent être plus étroites et plus régulières je souhaite que les outils posés par le TOB dans ce congrès l'académie Léon Blum le nouveau populaire soit demain les outils que tous les socialistes disposeront pour dynamiser notre parti je suis convaincu cher Boris qu'une base existe pour qu'une nouvelle direction s'installe d'ici au Conseil national du 1er juillet dans le respect de ce que chacun porte je le dis aussi pour nos camarades du TOC nous avons eu des débats parfois rugueux mais je le dis j'ai le plus profond respect pour chacun et chacun d'entre vous je sais ce que nous avons porté ensemble depuis tant d'années nous pouvons avoir des désaccords ça ne fera jamais de moi l'un de ceux qui vous dénie la possibilité d'appartenir à la gauche qui considère que vous êtes déjà de ceux qui pourraient franchir le Rubicon je sais que vous avez fait ce choix historique de rester dans ce parti et que nos divergences n'épuisent pas la nécessaire fraternité que nous devons nous rendre les uns aux autres et je vous le dis la porte de la direction est ouverte je n'y fixe qu'une seule condition et vous pouvez la comprendre de respecter le fait majoritaire et de respecter la ligne stratégique qui a été adoptée par ce congrès et quelle que soit la décision que vous prendrez d'ici au 1er juillet au delà de la composition de la prochaine direction je viens de le dire et je le répète la porte restera ouverte à toutes celles et ceux qui sont disposés à s'inscrire dans notre orientation stratégique commune et même et même si vous n'y participez pas j'entends que dès demain nous nous mettions au travail ensemble sur le projet les premières auditions sont déjà programmées tous les militants qui souhaiteront y participer apporter leur expérience leur expertise leur témoignage pourront le faire comme sur notre convention comme pour notre convention sur le programme européen toutes les sensibilités y seront associées qu'elles participent ou non à la direction nous écouterons tous les grands réseaux de cette société civile organisée celle qui s'est exprimée ce matin et je remercie Christophe et Nathalie pour leur présence car la gauche ne se résume pas à ses seuls militants et organisations politiques la gauche est une grande famille de cœur et de pensée et je le dis aussi d'action nous ne sommes pas les seuls à agir nous ne transformerons pas la société sans partager nos expériences nous ne resterons pas nous-mêmes sans accepter le regard de ceux qui nous font confiance pour bousculer l'ordre établi et c'est la raison pour laquelle nous devrons continuer à travailler avant pendant et après la victoire avec celles et ceux qui forment ces corps intermédiaires le monde syndical associatif les ONG le monde intellectuel toutes celles et ceux qui font aussi la force de la gauche en août un rapport d'étape sera présenté lors de notre campus de Blois il sera adressé à l'ensemble de nos militants pour que s'organise le débat dans nos sections à la fin de l'année nous adopterons notre projet c'est sur ces bases nous entrerons alors 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de vote sont en passe d'être levés alors avançons ouvrons nos portes et nos fenêtres bousculons nos habitudes permettons à des femmes et à des hommes qui souhaitent s'engager sur des causes de le faire à travers des sections nationales thématiques organisons le parcours des nouveaux militants que nous accueillons souvent trop mal mais qui repartent après une expérience décevante mes chers camarades je conclue en vous disant que je vous regarde je vois votre énergie votre envie d'en découdre alors je l'affirme haut et fort nous serons prêts oui je le dis nous serons prêts nous serons prêts à défier les forces de l'argent associées aux forces de la réaction ces forces qui partout à travers le monde voudraient nous imposer une contre-révolution nationaliste et conservatrice à travers les âges l'humanité a traversé bien des tempêtes elle a vu s'effondrer des empires et renaître des âmes chaque nuit apparemment sans fin a finalement laissé place à l'aube d'une nouvelle ère nous renverserons ensemble la table cette table à laquelle nous n'avons pas été conviés celle à laquelle sont attablées depuis tant d'années une poignée de milliardaires toujours plus riches toujours plus arrogants une table de laquelle ils dévorent nos vies avec cette mort de caractéristiques de ceux qui ont tout et qui expliquent à ceux qui n'ont rien comment je serrais la ceinture nous affronterons ensemble le mur des colibés quand on nous abreuve jusqu'à la lit ceux qui veulent rompre avec les habitudes les traditions et les privilèges nous servirons ce seul but unique impérieux changer la vie des gens des modestes des ordinaires nous réhumaniserons ce pays pour rendre leur dignité aux oubliés aux épuisés aux humiliés nous démarchandiserons pour sortir nos biens communs de l'étreinte étouffante du marché nous réconcilierons pour en finir avec ces fractures qui divisent notre pays nous ferons vivre la lise républicaine la droite en a retenu que le premier élément qu'elle a interprété comme la liberté du renard dans le poulailler nous ferons vivre nous la fraternité cette étoffe qui relie la liberté à l'égalité cette voile qui claque au vent et nous fait avancer ensemble sans nous demander d'où nous venons mais où nous allons ensemble nous honorerons la promesse des lumières qui a donné les droits de l'homme au monde nous ferons triompher la force du droit face à ceux qui pensent que la force leur donne tous les droits oui Simone de Beauvoir a raison c'est la fatalité qui triomphe lorsqu'on croit en elle mais il n'y a de fatalité que pour ceux qui renoncent pour les autres il y a toujours eu un chemin ce chemin je le sais et donc j'étais mien à ces mots de Mécésaire quand on lui demandait le secret de la vie il répondait ce que je suis tout ce que je crois la bataille de 2027 le marchand d'apocalypse que nous faisons c'est la fin de la vie de la vie c'est la fin de la vie