Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 28 octobre 2025 12 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & famille

Brigitte Macron : le procès de la rumeur

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir. Bienvenue. Ils sont 10 prévenus âgés de 41 à 65 ans...

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Elle traverse cette salle assez grande, très sobre...

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Comment les prévenus réagissent à ce témoignage?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quel est le profil de ces 10 personnes qui font face à la justice?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Ils ne regrettent pas. Pour certains, ils ne comprennent pas pourquoi ils sont là.

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous avez signé une enquête sur la naissance de cette rumeur.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00L.CherelFait
    « Ils estiment que cette information sur la transidentité supposée de B.Macron est une information d'intérêt général. »
  • 8:00L.CherelFait
    « Elle va trouver des photos détournées, regarder des photos du premier mariage de B.Macron. »
  • 10:00L.CherelFait
    « Ils envoient un communiqué à l'organisation de D.Trump. Quelques mois plus tard, ils sont contactés par C.Owens. »
  • 12:00L.CherelFait
    « Aux Etats-Unis, les procès en diffamation sont un peu plus difficiles qu'en France. »
  • 16:00L.CherelChiffre
    « Jusqu'à 2 ans de prison. »
  • 18:00L.CherelFait
    « Je ne pense pas du tout. C'est comme quand on parle des antivax ou des complotistes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

A demain. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Ils sont 10 prévenus âgés de 41 à 65 ans. Ils sont élu, galeriste, enseignant, informaticien... 8 hommes et 2 femmes comparaissent face à la justice pour cyberharcèlement sexiste à l'encontre de B.Macron.

On en parle avec L.Cherel, journaliste à la cellule investigation de Radio France. Vous êtes l'auteure d'une enquête sur la fausse information.

Vous venez de quitter le tribunal correctionnel de Paris. C'était sans doute l'un des moments les plus forts et attendus de ce procès. B.Macron ne s'est pas présentée à l'audience, mais sa fille T.Auzière a témoigné à la demande de sa mère. - L.Cherel: Il faut situer le contexte.

On est dans une très grande salle de 200 personnes. A gauche, il y a la moitié de la salle qui est constituée des soutiens des prévenus: des "gilets jaunes", des gens comme ça...

Ils les ont applaudis quand ils sont arrivés. Elle traverse cette salle assez grande, très sobre, en tailleur sombre. Elle a des mots très simples et une émotion dans la voix.

Elle nous explique le calvaire que vit sa mère depuis que la rumeur a été lancée. Elle la situe entre 2021 et 2022. Elle décrit des choses assez terribles.

Elle explique que dans son quotidien, sa maman, quand elle est en famille ou quoi, ne sait plus comment s'habiller et se comporter. - C.Roux: Elle sait que son image peut être détournée. - L.Cherel: C'est sa hantise d'avoir des photos comme celle où elle était en maillot de bain sur un voilier.

Sa photo a été détournée. Elle a été présentée avec un renflement au niveau du sexe. Elle est toujours sur le qui-vive, nous a expliqué sa fille.

Après, elle explique qu'elle ne peut plus faire abstraction de cette réalité parce qu'il n'y a pas, dit-elle, un jour ou une semaine sans que quelqu'un de son entourage, même de façon bienveillante, lui dise: "J'ai lu tel message sur Twitter..." Ca devient une obsession qui l'habite.

Ca la désincarne de son essence, c'est-à-dire son identité, sa sexualité. Elle parle même de sa probité. Ca finit par l'atteindre. - C.Roux: Elle parle de dégradation des conditions de santé de sa mère. - L.Cherel: Elle a constaté ça depuis 2021-2022.

Au départ, elle pensait que ça passerait, mais ça empire en même temps que la rumeur grossit. Elle ne sait plus trop comment faire. Elle a terminé sur quelque chose qui lui tient peut-être le plus à coeur: l'anxiété pour sa mère sur les répercussions sur les petits-enfants.

Ils sont en primaire et au collège. Les copains disent: "Ta grand-mère est un homme." - C.Roux: Comment les prévenus réagissent à ce témoignage?

Il y a des ricanements? - L.Cherel: Les prévenus, non, mais dans la salle, oui.

Juste à côté de moi, il y avait des ricanements, des gens qui pouffaient. - C.Roux: Quel est le profil de ces 10 personnes qui font face à la justice depuis hier? - L.Cherel: Ils n'étaient que 7. 3 n'ont pas pu être là.

Il y avait 1 femme et 6 hommes. C'est des gens apparemment très insérés dans la société... - C.Roux: Les 10 sont jugés. - L.Cherel: Mais 3 étaient absents.

Quand vous les voyez, c'est des hommes avec des cheveux poivre et sel, un petit col roulé, la parka...

C'est pas... - C.Roux: Ils sont insérés socialement.

Ca vous a surprise? - L.Cherel: Vous avez un informaticien, un élu, un prof de sport, une médium...

Ils sont apparemment comme des personnes lambdas. - C.Roux: Ce qui est très surprenant, c'est qu'ils ne regrettent pas.

Pour certains, ils ne comprennent pas pourquoi ils sont là. Jérôme dit qu'il existerait 6 millions de publications sur la compagne du chef de l'Etat. Il est poursuivi pour avoir diffusé des tweets "sarcastique".

Ils ont formulé des regrets sur le fait d'avoir véhiculé ces fausses informations? - L.Cherel: Déjà, leur présence devant ce tribunal, ils ne la comprennent pas.

Ils la critiquent. Il parle même de "démocrature", c'est-à-dire démocratie-dictature. Ils estiment que non seulement ils n'ont jamais voulu harceler B.Macron, parce que le harcèlement, c'est vouloir nuire...

Ils estiment que cette information sur la transidentité supposée de B.Macron est une information d'intérêt général. C'est la femme du président de la République et la France est humiliée.

Selon eux, les médias traditionnels étouffent ce scandale. - C.Roux: Ils sont convaincus de cette vérité.

On leur dit fake news, manipulation, rumeurs... - L.Cherel: Ca les renforce dans le fait qu'il y a un complot pour cacher ce scandale d'Etat.

La 2e ligne de défense, c'est qu'ils disent: "C'est une blague, c'est potache, c'est l'esprit Charlie." Ils disent que c'est de l'impertinence. "Est-ce qu'il faut un permis pour faire de l'humour en France?" - C.Roux: Bertrand S, galeriste, avec plus de 100 000 abonnés sur X...

Il a dénoncé un procès de la liberté de pensée face à l'Etat profond. Aurélien Poirson-Atlan a donné une conférence de presse improvisée. Il parle de harcèlement inversé. - L.Cherel: Ils disent qu'ils ont été mis en garde à vue et qu'ils ont mangé par terre comme des chiens... "Où va la France?" Le procès a commencé par quelques exemples de messages insultants.

Attention aux oreilles chastes, mais il faut dire les mots. "Dégénérée", pédosatanique"," travelo". Vous avez des chansons sur "la bite à Brigitte".

Il y a une vingtaine de pages consacrées à ces insultes qui ont circulé sur les réseaux. - C.Roux: Vous avez signé une enquête sur la naissance de cette rumeur.

Vous avez rencontré celui qui a fait en sorte que cette rumeur soit reprise aux Etats-Unis par une influenceuse très connue, C.Owens, qui fait partie de la galaxie Trump et qui en a fait un combat personnel. Il y a une procédure lancée par les Macron contre C.Owens.

Comment tout ça est né? - L.Cherel: C'est né d'une ancienne "gilets jaunes", qui a enquêté pendant 3 ans, jusqu'en 2021.

Elle est persuadée, dès qu'E.Macron est élu, que B.Macron est née homme.

Elle va trouver des photos détournées, regarder des photos du premier mariage de B.Macron. Elle fait faire des analyses et elle estime qu'il y a des trucages, que ce n'est pas B.Macron et son premier mari sur les photos.

Elle envoie un dossier aux médias traditionnels, qui ne reprennent pas l'info. Xavier Poussard reprend cette information, la développe, la creuse et il commence à feuilletonner sur cette information... - C.Roux: Qui n'en est pas une. - L.Cherel: Une pseudo-information.

Ensuite, il rencontre le fameux Zoé Sagan. Ils se disent qu'il faut que les réseaux Trump reprennent cette information. Ils envoient un communiqué à l'organisation de D.Trump.

Quelques mois plus tard, ils sont contactés par C.Owens, podcasteuse de 36 ans, qui a 2 millions d'abonnés. Avec lui, elle va faire des vidéos.

Elle l'invite chez elle. Ensemble, ils écrivent un livre. Ils ont le sens du marketing.

En 2025, ils sortent en même temps le livre et une série de vidéos pour elle. Elle est très croyante. Elle a un crucifix derrière elle.

C'est une série de vidéos sur le scandale d'Etat. Elle dit que c'est le plus grand scandale politique de l'humanité. - C.Roux: B.Macron doit prouver à la justice américaine qu'elle est une femme? - L.Cherel: Elle a poursuivi C.Owens.

Il va falloir qu'elle prouve qu'elle est une femme. Aux Etats-Unis, les procès en diffamation sont un peu plus difficiles qu'en France. Il y a l'amendement de la Constitution qui garantit la liberté d'expression, Mais avec un sens beaucoup plus large qu'en France.

C'est pas gagné. - C.Roux: Un des prévenus disait: "Quelques photos d'elle enceinte, quelques photos d'enfance et l'affaire serait terminée." - L.Cherel: Une magistrate courageuse a répondu: "Vous attendiez quoi?

Qu'elle vienne se mettre nue devant les caméras et qu'elle montre son sexe?" Il y a eu un silence. - C.Roux: C'est ce qu'ils attendent, pour certains? - L.Cherel: Pour certains.

De toute façon, une photo sortirait et elle serait immédiatement suspectée d'être une fausse photo. - C.Roux: Que risquent les prévenus? - L.Cherel: Jusqu'à 2 ans de prison. - C.Roux: La procédure est toujours en cours.

C.Owens a reposté une information selon laquelle le couple présidentiel a découvert une feuille d'impôt au nom de Jean-Michel. - L.Cherel: Au centre d'impôt, il y a eu une feuille d'impôt qui était nommée "Jean-Michel Trogneux", qui est le frère de B.Macron.

Ensuite, c'est les impôts qui se sont trompés...

De toute façon, le moindre détail sert à alimenter cette rumeur. - C.Roux: On est au début ou à la fin de cette histoire?

Que peut changer ce procès? Il peut couper court, au moins en France, à cette fausse information? - L.Cherel: Je ne pense pas du tout.

C'est comme quand on parle des antivax ou des complotistes. Ca renforce leur camp. Pour eux, la justice et les médias, c'est des élites corrompues.

Je ne pense pas que ça va mettre fin à cette rumeur. - C.Roux: Merci.

On peut retrouver votre enquête sur la plateforme de Radio France. Dans un instant, nous poursuivons cette émission.