L'Intégrale du jeudi 11 décembre 2025
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 28 %Défensif 33 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:03OuverteRéponse directe
Le Sénat ne réexaminera pas le budget de la Sécurité sociale, est-ce que vous regrettez que les députés l'aient voté ?
- 9:16RelanceRéponse partielle
Trop élevé, ce budget de la Sécurité sociale ?
- 9:40OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau a demandé au LR de ne pas voter ce budget, pourtant 18 l'ont fait. Est-ce qu'il a perdu en crédibilité ?
- 10:17OuverteRéponse partielle
Le budget actuellement examiné par les sénateurs, c'est la méthode couée ou ça vous paraît possible ?
- 12:57OuverteRéponse directe
Ces dépenses de défense sont-elles justifiables selon vous ?
- 14:14OuverteRéponse directe
Est-ce que vous appelez vos collègues LR à voter ce budget de la défense ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:32InvitéFait
« Sébastien Lecornu juge encore possible de doter la France d'un budget d'ici le 31 décembre. »
- 3:52InvitéFait
« Notre objectif, l'objectif de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre, c'est possible, c'est ce que nous souhaitons. »
- 4:53InvitéFait
« Emmanuel Macron, favorable à l'interdiction des réseaux sociaux avant 15-16 ans. »
- 8:22InvitéFait
« Il y a des mesures dans ce PLFSS qui sont absolument orthogonales avec ce que l'on pense, notamment sur la réforme des retraites. »
- 9:02InvitéChiffre
« Sans vote du budget de la Sécurité sociale, le risque de dérapage budgétaire a été énorme, puisqu'on aurait pu avoisiner les 30 milliards de déficit. »
- 12:03InvitéChiffre
« Ce texte prévoit d'augmenter le budget aux armées de 6,7 milliards d'euros supplémentaires pour atteindre 57,1 milliards d'euros l'année prochaine. »
- 12:20PrésentateurFait
« Le recours à des stratégies hybrides par des puissances adverses s'accélère et menace de fragiliser durablement l'Europe, la France en tête. »
- 18:40InvitéFait
« On a mis 16 milliards d'euros sur l'acquisition de munitions en 2023. Où sont-ils ? Je ne sais pas. »
- 19:43InvitéFait
« On a mis 5 milliards d'euros sur les drones. Où sont-ils ? Je ne sais pas non plus. »
- 36:16PrésentateurChiffre
« grâce à l'accord de Paris la pente sera 2 degrés et demi »
- 36:30PrésentateurFait
« il ne faut pas aller au-delà de 1 degré et demi »
- 40:26PrésentateurChiffre
« on est passé de 4 degrés à 2 degrés et demi »
- 47:58PrésentateurChiffre
« le projet de loi de financement de la sécurité sociale 149.3 »
- 55:46PrésentateurChiffre
« il pompe 195 000 m3 d'eau pour irriguer ses cultures »
- 56:25PrésentateurChiffre
« On nous annonce des diminutions de 90% des volumes que l'on a actuellement »
- 59:50PrésentateurChiffre
« les ventes de logements anciens ont augmenté de 11% cette année »
- 1:00:03PrésentateurChiffre
« 2570 euros le mètre carré, c'est 2% de plus que l'an dernier, 34% de plus sur 10 ans »
- 1:04:35PrésentateurFait
« une maman lorientèse qui a perdu son fils de 15 ans qui s'est suicidé à la suite de cyber harcèlement »
- 1:05:49PrésentateurFait
« il a confirmé interdire l'accès aux téléphones portables dans les lycées »
- 1:05:50InvitéFait
« il a confirmé interdire l'accès aux téléphones portables dans les lycées »
- 1:07:18InvitéFait
« ce budget baptisé PLFSS revient au Sénat ce vendredi en séance »
- 1:07:27InvitéFait
« les sénateurs à majorité de droite et du centre vont le rejeter d'emblée »
- 1:07:58InvitéFait
« L'objectif de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre c'est possible »
- 1:08:33InvitéFait
« le gouvernement prévient que malgré les appels du pied il n'utilisera pas le 49-3 »
- 1:11:23InvitéFait
« ils ont eu la suspension des retraites de la réforme des retraites »
- 1:14:06InvitéFait
« ce qui m'a particulièrement irrité c'est le vote des socialistes »
- 1:14:25InvitéFait
« moi j'avais dit que c'était le musée des horreurs sociales »
- 1:20:15InvitéFait
« c'est un déni de justice c'est une accumulation de contre-vérité »
- 1:20:32InvitéFait
« il a eu deux bracelets électroniques Nicolas Sarkozy »
- 1:20:45InvitéFait
« il insulte les victimes du décès d'UTA en expliquant qu'elles n'ont jamais compris qu'il parlait avec Kadhafi »
- 1:22:56InvitéFait
« madame Le Pen ou monsieur Bardella qui sera le candidat unique »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité18 %
- Invité 28 %
- Invité 34 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour tous, très heureuses de vous retrouver en ce jeudi 11 décembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Après le vote du budget et de la sécurité sociale, Sébastien Lecornu fera-t-il coup double en faisant passer le budget actuellement examiné au Sénat. L'équation s'annonce plus compliquée à résoudre. Les débats pourraient se prolonger en janvier, et annonce le gouvernement qui refuse d'utiliser le 49.3. Analyse dans une heure avec nos éditorialistes, Michael Darmon et Bérangère Bonte.
Équite du budget de nos armées en cas d'enlisement des débats budgétaires pourra-t-il être augmenté comme prévu ? On va en parler avec le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Cédric Perrin, qui est notre invité dans quelques instants. Il y a dix ans était signé l'accord de Paris sur le climat. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? L'écologie est-elle remise en cause, et notamment par la présidence Trump ? Dans une demi-heure, nous recevons l'artisan de cet accord, l'ancien Premier ministre, Laurent Fabius.
Et puis à la une de nos régions, je vous emmène dans la Vienne, où une étude propose de réduire de 90% les prélèvements d'eau pour l'agriculture, et les agriculteurs montent au créneau. Reportage dans 50 minutes. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Marion Delpêche. Bonjour Rianne. Et à la une de ce jeudi 11 décembre, à 30 secondes près, les cambrioleurs du Louvre auraient pu être arrêtés.
Oui, c'est ce que révèle l'enquête administrative du Sénat sur les failles de sécurité de la galerie Apollon. Une seule caméra en extérieur, aucun visionnage des vidéosurveillances, des vulnérabilités à tous les niveaux. Le rapport de l'inspection générale des affaires culturelles est accablant. Les précisions d'Aurélien Romano. Il a manqué 30 secondes pour empêcher le vol des bijoux du Louvre. C'est la conclusion choc du rapport de l'enquête administrative présentée hier au sénateur. Pour ces 30 précieuses secondes, il aurait suffi le signalement un peu plus rapide par les agents du PC s'ils avaient pu voir la caméra plus tôt.
Un temps de résistance à l'effraction de la fenêtre supérieure à celui qui a été constaté. Une information aussi, et ça c'est important, plus précise, donnée aux agents de Securitas et à la police sur la localisation de l'effraction. Ces 30 secondes auraient pu facilement être obtenues si les défaillances sécuritaires du musée avaient été comblées. Des défaillances accumulées depuis longtemps et pointées par différents rapports, pêle-mêle, la vétusté du système de vidéosurveillance, le manque de formation sécurité des agents et l'absence de coordination entre l'ancienne direction et l'actuelle en 2021.
Il y a des décisions qui n'ont pas été prises, alors même que l'audit Van Cleef & Arpel, qui a été réalisé en 2009, qui portait sur la galerie d'Apollon, cette audite avait montré clairement les faiblesses du point de vue de la fenêtre,
de l'accès qu'est Mitterrand, et avait fait des préconisations précises de pose d'une caméra en face de la fenêtre, de renforcement des vitres de la fenêtre, de barrières à ultrasons au niveau de la fenêtre. Aucune de ces mesures n'a été appliquée.
Le Sénat veut maintenant auditionner l'ancien directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, et ré-auditionner l'actuelle présidente, Laurence Descartes, suite à ces nouvelles révélations. Sébastien Lecornu croit toujours à un budget d'ici le 31 décembre. Oui, le Premier ministre juge possible de doter la France d'un budget d'ici là. Après l'adoption de justesse à l'Assemblée nationale du projet de loi de financement de la sécurité sociale, la porte-parole du gouvernement tend la main à la droite sénatoriale. Le Premier ministre a eu l'occasion de le redire lors de ce Conseil des ministres.
Notre objectif, l'objectif de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre, c'est possible, c'est ce que nous souhaitons. Mais la balle est aujourd'hui dans le camp du Parlement et significativement de la droite sénatoriale, qui occupe, comme vous le savez, une grande place dans la commission X paritaire. Ça repose donc sur les deux chambres et je suis convaincue, comme ce fut le cas hier pour les députés, que les sénateurs seront aussi force de compromis. Ils ont une part des clés dans notre capacité à avoir un budget avant Noël. Le Sénat a approuvé une prime de 500 euros pour les maires. Oui, 554 euros, plus exactement.
Oriane, une prime versée aux édiles, au titre des missions qui les remplissent en tant qu'agent de l'État. Le Premier ministre s'y était engagé devant le Congrès des maires, mais plusieurs élus dénoncent une mesure symbolique, voire humiliante, loin de répondre à leurs attentes de reconnaissance et de moyens concrets. Je rajoute que le Sénat a par ailleurs adopté le budget des collectivités locales en diminuant l'effort qui leur était demandé. Emmanuel Macron, favorable à l'interdiction des réseaux sociaux avant 15-16 ans.
Oui, lors d'un débat à Saint-Malo, le chef de l'État a confirmé que la France allait s'inspirer de l'Australie, qui vient d'interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans. Une proposition de loi devrait être déposée en début d'année à l'Assemblée nationale. C'est aujourd'hui que la justice tranche sur le chantier de la 69. Oui, une audience décisive concernant le sort du chantier de l'autoroute qui doit relier Castres à Toulouse. Les associations sont sur le pied de guerre.
Mardi, la rapporteure publique s'est prononcée en faveur de la poursuite du chantier, recommandant à la Cour administrative d'appel d'annuler la décision du tribunal administratif de Toulouse, prise en février, qui avait ordonné l'arrêt des travaux. Et puis, la prix Nobel de l'AP a fait sa première apparition publique depuis 11 mois. Oui, Maria Corina Machado, arrivée trop tard dans la capitale norvégienne pour assister à la cérémonie de remise de son prix Nobel de l'AP mercredi, n'avait pas été vue en public depuis le 9 janvier. Elle est finalement apparue au balcon du Grand Hôtel d'Oslo.
L'opposante au président vénézuélien Nicolas Maduro doit donner une conférence de presse ce matin dans la capitale norvégienne.
Merci Marion, à tout de suite. Bonjour Cédric Perrin, merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur à l'air du territoire de Belfort. Vous présidez la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées ici au Sénat. On va évidemment longuement revenir sur les questions de défense. Il y a l'examen du budget aujourd'hui au Sénat, puis ce débat hier à l'Assemblée sur lequel on va revenir. Mais d'abord, comme tous les jours, on commence par la une de la presse régionale. Trois titres qu'on a sélectionnés. D'abord, la une de l'Est républicain à Belfort. Chez vous, les agriculteurs ne désarment pas.
Près de 300 éleveurs se sont retrouvés à Besançon pour protester contre l'abattage systématique des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire bovine. La deuxième une, c'est celle de la Voix du Nord. Insultes menacent ces maires qui quittent les réseaux sociaux alors que se profile la campagne pour les municipales. Des maires qui se représentent disent leur ras-le-bol de la violence sur les réseaux et préfèrent s'en passer. Et puis dernière une, celle du Télégramme sur la voiture électrique. Un nouveau virage, les constructeurs européens qui misent sur la citadine à prix abordable. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Écoutez, toutes sont très intéressantes. Mais compte tenu du fait que j'habite à 10 kilomètres de Sochaux, je choisirais la voiture électrique.
Et l'inquiétude des constructeurs automobiles ?
Les constructeurs et l'inquiétude des salariés de l'automobile qui, je le rappelle, dans ma région, sur un bassin de population de 250 000-300 000 habitants, étaient plus de 40 000 chez Peugeot en 1980-85, qui se retrouvent aujourd'hui à 7 000 ou 8 000 grand maximum. Et donc il y a évidemment une grande inquiétude parce que c'est un bassin de population qui s'est construit autour de l'automobile notamment, et qui aujourd'hui est en grande souffrance et avec des perspectives qui ne sont pas très réjouissantes.
– Malgré ces constructions de voitures électriques, vous pensez qu'ils ne peuvent pas en tirer profit ? Qu'au contraire, ça risque de nuire à l'emploi ?
– On sait très bien que la construction de véhicules électriques va engendrer une perte considérable de salariés parce qu'il y a moins de technicité, moins de travaux d'assemblage nécessaires. Et donc c'est une grande inquiétude parce qu'évidemment, ce sont des emplois et l'automobile en France, c'est près de 500 000 emplois. Ce n'est pas rien.
– On va parler du budget. Les députés qui ont donc approuvé le budget de la Sécurité sociale, le Sénat ne le réexaminera pas, vous nous le confirmez, il sera renvoyé directement à l'Assemblée. Est-ce que vous regrettez que les députés aient voté ce budget de la Sécurité sociale, fustigé par le président de votre parti, Bruno Retailleau ?
– Écoutez, il y a des mesures dans ce PLFSS qui sont absolument orthogonales avec ce que l'on pense, notamment sur la réforme des retraites. Je pense que ce sont des mesures qui sont assez pénalisantes pour les générations futures. Ça ne fait qu'augmenter le déficit de la Sécurité sociale pour une génération, celle de 1964, qui doit être très heureuse et très très bien. Mais ça ne règle évidemment pas le problème de la réforme des retraites, ça ne règle pas le problème du déficit de la Sécurité sociale, qui, je le rappelle, en sortant du Sénat, était à 17 milliards, qui passe à 24 milliards à peu près à l'Assemblée nationale.
Il est vrai aussi que sans vote du budget de la Sécurité sociale, le risque de dérapage budgétaire a été énorme, puisqu'on aurait pu avoisiner les 30 milliards de déficit. Mais il n'empêche qu'aujourd'hui, ce PLFSS a été voté, mais à quel prix ?
– Trop élevé ?
– Trop élevé parce que…
– Parce qu'il y avait le choix, vous disiez, sans budget de la Sécurité sociale, c'était 30 milliards de déficit.
Trop élevé parce qu'une grande partie des mesures aujourd'hui ont été négociées par les socialistes, qui ne voient que par l'augmentation des impôts et l'augmentation du déficit, qui ne les dérangent pas. Moi, ça me dérange beaucoup parce que je pense que nous rêvons la capacité des générations futures, en tout cas, à avoir un service aussi bon que celui que nous avons pu avoir par le passé.
– Bruno Retailleau qui a demandé au LR de ne pas voter ce budget, pourtant ils sont 18 à l'avoir fait. Est-ce qu'il a perdu en crédibilité, en autorité sur le parti ?
– Écoutez, non, je ne pense pas que ce soit un problème de crédibilité ou d'autorité. On est dans une situation où les députés sont inquiets, n'ont pas nécessairement envie de retourner devant leurs électeurs pour le moment et où, en responsabilité, certains considèrent que le vote du budget, de la Sécurité sociale, était une nécessité pour éviter justement ce dérapage budgétaire. Je ne suis pas certain qu'il l'ait fait par idéologie.
– On va parler du budget de la Défense dans quelques instants, mais d'abord, vous l'avez entendu dans le journal, Sébastien Lecornu juge encore possible de doter la France d'un budget d'ici le 31 décembre. Le budget qui est actuellement examiné par les sénateurs, c'est quoi ? C'est la méthode couée ou ça vous paraît possible, vous aussi ?
– Écoutez, on verra. Je crois qu'il y a peu de gens aujourd'hui, voire pas du tout, qui sont en capacité de dire ce qui se passera réellement. On a vu que le budget de la Sécurité sociale était passé à une très courte tête. Nous verrons quelles seront les réactions des différents partis aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Sur le budget de la Sécurité sociale, il y avait évidemment cette espèce de mantra qui était la réforme des retraites, la suspension de la réforme des retraites pour le Parti socialiste, qui en réalité n'est pas une suspension de la réforme des retraites puisque ça ne concerne qu'une génération, qu'une cohorte.
Honnêtement, je ne peux pas dire aujourd'hui ce qui se passera puisque je ne suis pas dans la tête des députés. Et aujourd'hui, il y a beaucoup de considérations autres que celles uniquement de l'acceptation d'un budget, même s'il n'est pas complètement en phase avec ce qu'il pense, pour être une des solutions pour avancer dans ce pays en toute responsabilité.
– Et budget que vous continuez à examiner ici au Sénat. Et aujourd'hui, vous allez vous pencher entre autres sur le budget de la Défense, en augmentation ce budget de la Défense. Il n'a pas pu être étudié par les députés. Alors pour y voir clair sur les positions de chacun, Sébastien Lecornu a voulu la tenue d'un débat sur ces questions de défense. C'était hier à l'Assemblée. Marion, vous l'avez suivi. Et on va d'abord parler du vote qu'ont voté les députés sur cette stratégie de Défense nationale.
– Eh bien, dans le détail, 411 voix pour, 88 contre. Les députés ont en fait validé le principe d'une augmentation, vous l'avez dit, du budget de la Défense en 2026. Il s'agit, vous l'avez dit également, d'une démarche inédite, demandée par le Premier ministre. Et cela, on le rappelle, en marge de l'examen du budget actuellement débattu au Sénat. Alors concrètement, ce texte prévoit d'augmenter le budget aux armées de 6,7 milliards d'euros supplémentaires pour atteindre 57,1 milliards d'euros l'année prochaine. Pour justifier cette augmentation, Sébastien Lecornu dresse un constat devant les parlementaires. Écoutez-le.
– Le recours à des stratégies hybrides par des puissances adverses s'accélère et menace de fragiliser durablement l'Europe, la France en tête jusque dans ses outre-mer et plus généralement toutes les démocraties du monde. Ces menaces hybrides visent à nous déstabiliser en touchant nos intérêts ou nos valeurs. Ces menaces contournent parfois notre dissuasion nucléaire. Elles font poindre un risque que les guerres d'avant ne permettaient pas de saisir complètement, c'est-à-dire, en somme, d'être défait sans même avoir été envahi.
– Monsieur le sénateur, dans un budget d'austérité, cette enveloppe augmente. C'est l'un des rares ministères à avoir un budget en augmentation. Qu'est-ce que ça envoie comme signal aux Français ? Est-ce que ces dépenses, elles sont justifiables selon vous ? – Elles sont parfaitement justifiables. Elles sont en augmentation significative. Celle de Général De Gaulle disait, la sécurité ne s'hérite pas, elle se construit, elle s'organise, elle se prépare. Et en 1939, nous n'étions ni prêts ni unis.
Je crois qu'il faut avoir conscience aujourd'hui du basculement géopolitique auquel nous sommes en train d'assister, avec notamment encore ce week-end, la revue stratégique de sécurité des États-Unis. J'allais dire une trahison diplomatique quasiment, et un basculement qui fait qu'on a une espèce d'alliance qui risque de se créer entre les États-Unis, la Russie et la Chine et en oubliant évidemment l'Europe ou en voulant sa destruction quasiment. Et donc on a besoin de retrouver une autonomie stratégique, une souveraineté, une indépendance. La France évidemment est mieux lotie, j'allais dire, que les autres pays européens parce que nous avons la dissuasion.
Mais cette dissuasion ne nous empêche pas évidemment de nous réarmer pour avoir une masse suffisante, non pas pour aller faire la guerre, mais pour être suffisamment dissuasif pour éviter que la guerre ne nous soit imposée.
Sauf que pour que ce budget de la défense augmente, il faut que le budget soit voté. Est-ce que du coup vous appelez vos collègues, notamment des Républicains, à voter ce budget ?
Moi je pense qu'aujourd'hui il y a deux budgets qui sont en augmentation dans le budget de la nation, qui est proposé aux parlementaires. C'est le budget de la défense et la dette de la France. Je rappelle que la dette de la France va déposer très largement le budget de la défense puisqu'on pourrait avoisiner les 70 milliards d'euros, alors que vous venez de l'expliquer, le budget de la défense s'il est voté en l'état avec les augmentations prévues, il avoisnera les 57,1 milliards d'euros.
C'est une nécessité absolue parce qu'on a besoin de se réarmer, parce que d'abord la loi de programmation militaire de 2023 envisageait déjà une marche budgétaire de 3,2 milliards et que la nouvelle annonce qui a été faite par le Président de la République visant à justement augmenter ce budget pour avoisiner en 2030 les 90 ou 100 milliards donnent une augmentation de 3,5 milliards supplémentaires, donc une surmarge budgétaire.
Ce sont des nécessités parce que nous avons besoin de matériel, parce que nous avons besoin de réarmements capacitaires, parce que nous avons besoin de moderniser un certain nombre de nos matériels, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de troisième génération, le moteur du Rafale qu'on appelle le moteur T-Rex avec une poussée plus importante pour emporter des missiles de plus grande taille, le feu dans la profondeur terrestre, etc. Ce sont évidemment des aspects capacitaires qui nécessitent des investissements, qui nécessitent de l'argent.
Et puis le Sénat a dénoncé en son temps, en 2023, le fait que la loi de programmation militaire de 2023 était sous-dotée, en tout cas sous-alimentée, à 400 milliards plus 13 milliards. Nous on considérait que le minimum était à 430 milliards. Nous n'avons pas été entendus. Or aujourd'hui, on a quand même un peu la conviction que cette surmarche budgétaire a pour vocation aussi de sanctuariser cette loi de programmation militaire qui était sous-financée. Donc le besoin est existant et l'absence de vote du budget serait absolument catastrophique pour nos armées et il serait catastrophique pour la défense et la sécurité des Français. Je pense que le chef d'État-major a eu l'occasion de le dire.
Il a besoin de ce budget. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il est impératif que nous arrivions à trouver une solution pour que ce budget soit voté et que l'augmentation prévue pour le budget des armées de 6,7 milliards soit mise en œuvre. Mais je voudrais rappeler quand même que sur 1 000 euros d'impôts qu'on paye, il y a à peu près 560 euros qui sont consacrés à la couverture sociale, retraite, couverture maladie, santé, 30 euros, 31 euros très exactement en 2023 consacrés à la défense, 25 à la sécurité intérieure, 5 à la justice, 88 à l'éducation. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la part du budget consacré à la défense est extrêmement faible.
Et ça veut dire que le régalier à justice, sécurité, défense, ça représente 60 euros sur 1 000 euros d'impôts. Donc je crois qu'il faut aussi relativiser les choses. Certes, ça représente une augmentation importante eu égard aux autres budgets, mais ça n'est pas non plus une augmentation, comment j'allais dire, trop conséquente. Et l'argent n'est pas la seule réponse, Marion, c'est ce qu'a dit hier le Premier ministre. Oui, le Premier ministre a décliné plusieurs chantiers prioritaires, à commencer par la reconstitution des stocks de munitions pour les missiles, les obus et les petits calibres.
Objectif, continuer à relocaliser les lignes de production pour produire plus vite, en plus grande quantité. coûte cette commande 1,5 milliard d'euros. Et à cela s'ajoute la production massive de drones, des technologies qui peuvent devenir obsolètes en quelques mois. Écoutez le Premier ministre.
L'enjeu est donc double. D'abord d'être en capacité de produire des drones qui sont à jour technologiquement, et d'autre part de les produire en masse pour saturer le ciel et permettre la pénétration d'une ligne ennemie par certains drones ou des missiles plus complexes. En 2026, les crédits de la mission défense prévoiront le lancement d'une filière industrielle de production de drones pour 150 millions d'euros. Je veux remercier les industriels français qui ont pris le risque de relever ce défi en lien notamment avec nos amis ukrainiens.
Monsieur le sénateur, est-ce que la France est en retard sur cette production de drones ? Bien sûr, considérablement. Et je crois qu'il n'y a pas de meilleur endroit que le Sénat pour parler de ce sujet, puisque ça fait depuis 2017 un premier rapport, ensuite en 2021 un nouveau rapport, et nous ferons en 2026 un autre rapport sur l'état de la menace en matière de drones, en matière de lutte anti-drone, en matière d'intelligence artificielle. Et je voudrais dire que moi je partage les propos de Sébastien Lecornu parce que nous avons un retard considérable aujourd'hui sur la fabrication de munitions.
Quand on sait qu'en 2023, on fabriquait 20 000 au but de 155 par an, quand les Ukrainiens ou les Russes en utilisaient presque 30 000 par jour, aujourd'hui on est monté à peu près à 90 000 au but de 155 de production par an. Donc au fait, on a progressé. Mais sur beaucoup de sujets, ça fait bientôt 3 ans qu'on nous rabat les oreilles en permanence avec l'économie de guerre d'Emmanuel Macron. Or, qu'est-ce qu'on a fait pour mettre en place l'économie de guerre ? Rien. Et on le voit bien aujourd'hui, puisque les mesures sont prises maintenant. Ça fait 3 ans, 4 ans bientôt que la guerre en Ukraine a débuté.
Et pourtant, aucune mesure n'a vraiment été prise pour augmenter la production, pour aller plus vite, pour que le process soit amélioré. Les industriels, pour certains d'entre eux, ont fait des efforts à titre personnel. KNDS a fait un effort de 300 millions d'euros pour mettre en place une usine de production d'au but de 155 pour améliorer la production. Mais la réalité, c'est qu'en fait, l'économie de guerre n'a jamais existé dans ce pays. Ça fait des années que nous le dénonçons à la Commission, que j'en parle. Et je suis très heureux qu'aujourd'hui, enfin, on prenne la décision d'améliorer la situation. Mais on a mis 16 milliards d'euros sur l'acquisition de munitions en 2023.
Où sont-ils ? Je ne sais pas. On a mis 5 milliards d'euros sur les drones. Où sont-ils ? Je ne sais pas non plus. Donc aujourd'hui, effectivement, on prend des décisions pour acquérir du matériel, pour acquérir des munitions, pour acquérir des drones. Mais on a évidemment un retard très important en la matière. Mais un retard qui s'explique aussi par le fait que nous ne sommes pas en guerre. Et comme nous ne sommes pas en guerre, nous n'avons pas une consommation aussi importante de drones, par exemple, que ne l'ont les Ukrainiens qui ont utilisé 1,3 million de drones en 2024 et qui, forcément, sont contraints par une innovation permanente et par une production permanente.
Donc ils vont innover, ils vont produire. Et c'est la théorie du bouclier et du glaive. Le bouclier essaie d'être toujours plus fort pour se défendre contre un glaive qui progresse. Donc oui, il y a des efforts de fait. Mais je veux rappeler ici, solennellement, que le Sénat dénonce depuis des années le fait que l'économie de guerre n'existe pas en France malgré ce que peut dire le président de la République. Vous parlez de ces décisions. Pardon, parce que Sébastien Lecornu, il a également lancé une alerte hier. Oui, tout à fait. Mais cette alerte, un instant... Sur la dépendance.
C'est sur la dépendance de l'Union Européenne vis-à-vis des États-Unis. On va juste l'écouter, le Premier ministre. Et puis, M. Perrin, vous allez répondre. Ce n'est pas ainsi que le construit l'autonomie stratégique nécessaire en la matière. C'est pourquoi la France se bat pour obtenir le respect d'une règle simple et de bon sens. L'argent européen et donc du contribuable français doit servir les intérêts européens et donc les industries européennes. C'est ce qu'on appelle la préférence européenne. Et M. Perrin, du coup, qu'est-ce que vous répondez à ça ? Est-ce qu'on est trop dépendant aujourd'hui des États-Unis ?
Bien sûr qu'on est trop dépendant des États-Unis. Pas forcément la France parce que nous savons que c'est la dépendance stratégique. Nous avons une industrie de la défense particulièrement développée. Nous avons la dissuasion nucléaire. Mais l'ensemble des pays européens évidemment aujourd'hui dépendent considérablement de matériel américain. à plus de 70%. Et donc, c'est un véritable problème. C'est un véritable problème parce que ces pays européens attendent des États-Unis une garantie de sécurité.
Or, on voit bien aujourd'hui avec la revue stratégique de sécurité des États-Unis que cette garantie de sécurité n'est absolument plus garantie puisqu'il y a eu un basculement idéologique, un basculement diplomatique des États-Unis qui considèrent aujourd'hui que son intérêt est de s'assurer qu'à l'intérieur de son pays, les choses progressent plutôt que d'être le gendarme du monde.
Donc, ces pays qui se sont mis dans la main des États-Unis aujourd'hui sont extrêmement dépendants des États-Unis et nous ne pourrons, je pense, arriver à une indépendance ou en tout cas à une recherche de plus d'indépendance en Europe que si les pays européens sont capables d'assurer eux-mêmes des garanties de sécurité à l'ensemble des pays européens. Parce qu'il est bien évident que quand vous êtes dépendant des États-Unis, si vous devez choisir entre l'achat de matériel en France ou aux États-Unis, vous faites plutôt le choix des États-Unis parce que vous pensez qu'ils vont vous assurer votre sécurité.
Si ce n'est plus le cas, il faut que les Européens puissent assurer cette sécurité et donc il faut qu'il y ait une union. Aujourd'hui, je pense que Poutine est parfaitement conscient du fait que 440 millions d'Européens sont beaucoup plus forts que 140 millions de Russes, que matériellement, humainement parlant, nous avons une force bien supérieure à lui mais que cette force ne sera supérieure que si elle est unie. Et donc le défi, en tout cas des pays européens, c'est d'arriver à créer cette union de l'ensemble des pays européens.
Mais quand on voit les propos d'Igay Mettel hier en Allemagne qui refusent de travailler avec Dassault pour des raisons obscures, il y a quand même un certain nombre de questions à se poser sur la capacité qu'on a à travailler ensemble.
Et pour renforcer l'armée, notamment face à la menace russe, Emmanuel Macron a annoncé un service national volontaire. Alors qu'en pensent les élus qui pourraient accueillir les jeunes de ce service national ? On va aller à Manosque. Bonjour Camille Galtier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire à divers droites de Manosque. Est-ce que vous, vous portez candidat justement pour accueillir les jeunes de ce service national volontaire ? Bonjour, bonjour à M. le sénateur. Bonjour. Oui, on se porte candidat parce que si la représentation nationale décide de développer ce service volontaire, il va bien falloir avoir des territoires qui accueillent ces jeunes.
Est-ce que ce sera à l'année ? Est-ce que ce sera durant la saisonnalité et les vacances estivales ? Ça, ça sera évidemment au Parlement de le décider. Mais il faudra des territoires qui accueillent avec des infrastructures et avec des logements disponibles pour accueillir ces jeunes. M. Perrin, c'est une bonne idée ce service national et vous entendez le message du maire. D'abord, c'est une bonne idée
parce que Manosque est une belle ville et qu'ils ont un bon maire. Donc, je suis très heureux que ce jeune maire soit parfaitement enclin à les accueillir. La vérité aujourd'hui, c'est qu'on ne sait pas comment tout ça sera financé. C'est-à-dire que tout ce qui participe à l'amélioration de l'esprit de défense, à la résilience nationale, aux sentiments patriotiques sont des bonnes choses.
En tout cas, moi, j'y suis extrêmement favorable et je pense que nous avons besoin aujourd'hui d'améliorer évidemment la capacité d'augmenter notre réserve et que tous ces jeunes qui pourraient s'engager à terme à autour de 50 000 par an participeront pour un certain nombre d'entre eux à la réserve opérationnelle après et donc viendront renforcer les rangs de nos réservistes sur le territoire national en apportant des compétences et des savoir-faire qui seront importants pour la défense et en venant chercher aussi des compétences dans la défense qui sont très facilement vendables si je puis dire sur le marché de l'emploi ensuite. Donc, ça, c'est une bonne chose et j'y suis très favorable.
La difficulté, c'est qu'une fois de plus Emmanuel Macron annonce des choses mais il ne sait pas comment il les finance. C'est-à-dire que le service national volontaire tel qu'il est mis en place aujourd'hui pourrait coûter on pense aujourd'hui environ 2,4 milliards. Alors, il y a une partie 1,4 milliard qui serait de l'infrastructure parce qu'évidemment il faut reconstruire les infrastructures que nous avons perdues pour accueillir comme le disait M. le maire à l'instant les jeunes qui pourraient être engagés dans ce service mais ça a un coût. Ce coût aujourd'hui qui va le supporter ? Est-ce que c'est sur le budget des armées ?
Ce qui n'est pas acceptable évidemment parce que nous nous battons pour gagner un peu de budget pour pouvoir faire des acquisitions capacitaires et non pas pour dépenser de l'argent pour accueillir des jeunes et donc il faut voir comment tout sera financé mais une fois de plus Emmanuel Macron fait des annonces et ensuite le Parlement c'est débrouillez-vous pour le financer.
Je voudrais juste rappeler une nouvelle chose parce que nous sommes ici sur Public Sénat que c'est le Parlement qui vote le budget et pas Emmanuel Macron et que le Parlement il va le voter en tout cas le Sénat il va le voter ce matin le budget et que dans le budget que nous allons voter dans l'augmentation des 6,7 milliards d'euros il n'est pas du tout inclus le service militaire volontaire auquel je voudrais rappeler aucun parlementaire n'a été associé puisque cette annonce est tombée du ciel par le Président de la République dans son annonce qu'il a faite à Vars la semaine dernière.
Nous n'avons pas été associés alors que nous allons devoir trouver des financements ce qui est quand même un peu cavalier mais habituel.
Le financement c'est aussi quelque chose qui vous inquiète Monsieur le maire est-ce que vous votre ville elle serait prête en termes d'infrastructure ?
On pourrait être prêt en termes d'infrastructure avec évidemment des aménagements le sénateur l'a rappelé mais vous savez chez nous on a déjà la préparation militaire marine et quand je vois les bienfaits que cela apporte aux jeunes qui sont engagés dans cette préparation militaire marine on peut se dire que la cohésion nationale est bénéfique à tout un pan de la jeunesse qui aujourd'hui on peut se le dire est parfois un peu égaré quand on voit le sujet sur la question des réseaux sociaux de l'interdiction dans cette préparation militaire marine les jeunes déposent leur portable au début du week-end et le retrouvent à la fin du week-end et ils ne s'en portent pas plus mal donc il y a un certain nombre de bienfaits au-delà même de la question de la capacité de l'armée française et de pouvoir garnir ses rangs au moment voulu c'est aussi une question de cohésion nationale et de dire dans quelle direction nous allons Merci Monsieur le maire merci beaucoup d'avoir été avec nous Camille Galtier maire d'Hiver droite de Manosque merci on continue à parler du budget de la défense on le disait Cédric Perrin il augmente dans un contexte de guerre en Ukraine de menaces russes une paix peut-être conclue entre russes et ukrainiens c'est ce qu'on va voir avec vous Jefferson Desport merci Jefferson d'être là journaliste à Sud-Ouest spécialiste des questions de défense et vous voulez interroger Cédric Perrin là-dessus Oui bonjour Bonjour Cédric Perrin une question sur la guerre en Ukraine parce qu'aujourd'hui la coalition des volontaires co-présidée par Londres et Paris se réunit à nouveau Cédric Perrin est-ce que vous estimez qu'elle peut encore peser dans la négociation en cours entre les Etats-Unis et les Ukrainiens et éviter de faire en sorte que ce plan de paix qui est en cours de discussion ne soit trop favorable à la Russie et ne se traduise par une capitulation
diplomatique de l'Ukraine Écoutez on ne peut pas nier aujourd'hui que la situation soit difficile en Ukraine elle est difficile pas uniquement parce que les Russes sont beaucoup plus nombreux ou parce qu'ils sont mieux équipés mais elle est difficile parce que sur le front diplomatique nous essuyons un affront ou une trahison ou un retournement des alliances qui est particulièrement inquiétant puisque la paix que voudrait négocier Donald Trump ou imposer en tout cas Washington à Zelensky sans évidemment la participation des Européens est dangereuse pour la sécurité européenne puisqu'elle donnerait aux Russes la possibilité de se réarmer on voit qu'ils le font d'ores et déjà puisqu'ils fabriquent beaucoup plus d'armes qu'ils n'en utilisent quotidiennement en Ukraine ça a sans doute un certain nombre d'explications elle est contraire au droit international qui consiste évidemment à interdire que des conquêtes territoriales se fassent par la force c'est une évidence aujourd'hui les Etats-Unis c'est la recherche de la fin du multilatéralisme pour aller dans le transactionnel permanent et donc dans le règne de la force au détriment du droit donc tout le contraire de ce que les sociétés ont développé après la Deuxième Guerre mondiale et puis c'est également déconnecté des intérêts fondamentaux de l'Ukraine et des Européens puisque ça mettrait évidemment une pression militaire très importante sur les pays d'Europe centrale avec les conséquences que ça pourrait avoir puisqu'aujourd'hui quand le chef d'état-major parle ou en tout cas relate ce qui est écrit dans la revue nationale stratégique page 112 je crois qui consiste à dire que nous pourrions c'est une hypothèse être soumis à un test majeur à l'est de l'Europe dans les 3 à 5 ans c'est parce que en fait le réarmement de la Russie pourrait lui permettre je dis bien pourrait lui permettre de s'occuper des pays baltes de la Géorgie de la Moldavie ou d'autres pays avec lesquels nous avons je le rappelle et les papiers c'est pas un simple papier un accord puisqu'elles sont membres pour certains de l'OTAN pour d'autres de l'Union Européenne donc un accord de solidarité donc cet accord il faut qu'il soit négocié et que les Européens y participent et que les Ukrainiens l'acceptent
Et Jefferson il y a une dernière question pour vous
Oui je rebondis sur ce que vous disiez parce que devant c'est devant votre commission de défense et des affaires étrangères du Sénat que le chef d'état-major des armées généralement a évoqué ce possible choc avec la Russie dans les 3 ou 4 ans pour l'Europe
est-ce que cet argument Cédric Perrin devrait alimenter le débat budgétaire qui est en cours à l'Assemblée en tout cas aider au vote de ce budget et permettre la hausse des crédits consacrés aux armées de 6,7 milliards d'euros parce que si le budget n'est pas voté ça handicape le budget 26 mais ça aurait aussi des répercussions sur le budget 27 et on voit que l'échelle temporelle fixée par le chef d'état-major des armées
les propos du chef d'état-major des armées ne sont pas les propos du chef d'état-major ils sont les propos qui sont dans la revue nationale stratégique qu'il reprend qu'avait avant lui repris Thierry Burkhard dans une conférence de presse du 12 je le rappelle du 13 juillet dernier où il alerte sur la situation et donc l'augmentation du budget elle est évidemment liée à ça parce que nous avons besoin d'être suffisamment dissuasifs pour éviter la guerre d'être suffisamment forts pour que nos potentiels compétiteurs considèrent qu'il y aurait trop de risques à nous attaquer ou à nous concurrencer sur différents champs et le Premier ministre a parlé hier et ça a été montré tout à l'heure du champ hybride il est bien évident que cette guerre hybride elle a déjà commencé c'est-à-dire que les attaques cyber les attaques numériques les attaques informationnelles elles sont permanentes et quotidiennes et je voudrais rappeler quand même que c'est une théorie développée par l'ancien chef d'état-major des armées Thierry Burkhard depuis plusieurs années maintenant qui consistait à dire qu'il nous fallait nous battre sérieusement sur ce champ-là informationnel, cyber et numérique pour éviter que nous ne soyons entraînés dans un champ de guerre de haute intensité donc oui évidemment ces propos participent à la nécessité d'augmenter le budget pour être plus performant et pour être surtout plus dissuasif
merci Jefferson merci beaucoup d'avoir été avec nous Jefferson Desport et merci Cédric Perrin et l'examen du budget de la défense est donc aujourd'hui au Sénat merci beaucoup d'avoir été notre invité Marion on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale
oui on parlera de ces élus qui snoblent les réseaux sociaux
et c'est à suivre dans 20 minutes d'abord on accueille Laurent Fabius notre invité et vous bonjour Laurent Fabius merci beaucoup merci d'avoir accepté notre invitation ancien premier ministre ancien président du conseil constitutionnel on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de la Voix du Nord bonjour Julien bonjour Auréane bonjour monsieur Fabius bonjour et Laurent Fabius il y a 10 ans 196 pays étaient donc réunis à Paris pour la COP21 l'issue était signée l'accord de Paris sur le climat premier traité international pour lutter contre le réchauffement climatique vous étiez alors ministre des affaires étrangères vous meniez ces négociations quels souvenirs vous gardez de cette journée que vous avez qualifiée d'historique l'accord de Paris c'est le plus grand accord diplomatique depuis 20 ans à l'initiative de la France et c'est le pilier fondamental de l'action contre le réchauffement climatique donc c'est quelque chose absolument massif le souvenir bon il y a beaucoup de souvenirs mais c'est l'émotion surtout et d'ailleurs ça s'est vu de temps en temps la télévision repasse le moment où vous tapez avec votre marteau je ne suis pas connu pour être un immense expansif mais là j'étais extrêmement ému parce qu'on avait travaillé jour et nuit énormément et ce qui me frappe quand on revoit ces images c'est pas seulement mon émotion c'est l'émotion des ministres qui étaient dans la salle bon les ministres j'emploierai une formule assez trivial c'est pas des poulets de l'année bon et donc il y avait là le monde entier et ils sautaient de joie ils s'embrassaient je vous rappelle mon collègue chinois le ministère qui embrassait toute la rangée pourquoi un parce qu'ils se rendaient compte que c'était historique ça faisait des années des années qu'on essaie de lutter contre le dérèglement climatique on n'y arrivait pas donc c'était le premier accord et deux parce que ils avaient eux beaucoup beaucoup beaucoup travaillé puisqu'à présent c'était impossible tout d'un coup il y avait une fenêtre qui s'ouvrait il y avait un esprit il y a un esprit qui est né de cet accord de Paris dix ans après qu'est-ce qui reste de cet esprit alors souvent on me demande dans des conférences à l'étranger parfois en France pourquoi le succès bon je laisse de côté même si je la salue le brio de la diplomatie française mais je pense qu'il y a trois raisons qui à l'époque ont expliqué le succès d'abord la science les scientifiques ont fait un travail remarquable le GIEC etc et donc on s'appuyait sur des résultats qui n'étaient pas contestés à l'époque de Zio la société dans son ensemble comprenait qu'il fallait agir et puis surtout c'est la réponse à votre question les états à l'époque c'était le multilatéralisme donc on avait réussi à avoir un accord entre les états-unis la Chine la Russie l'Europe etc bon aujourd'hui si vous regardez le climat n'est pas du tout le même bon qu'est-ce que ça a donné deux choses et c'est difficile d'expliquer ces deux choses à la fois mais elles coexistent un bilan formidablement positif alors je ne veux pas accumuler les chiffres mais à l'époque les scientifiques nous disaient la pente jusqu'à la fin du siècle ça va être au minimum plus 4 degrés bon aujourd'hui les mêmes scientifiques disent grâce à l'accord de Paris la pente sera 2 degrés et demi bon entre 4 degrés et 2 degrés et demi il y a une différence énorme en termes de millions de vies épargnées etc bon mais 2 degrés et demi c'est trop parce qu'à l'époque on avait dit il ne faut pas aller au-delà de 1 degré et demi et donc ça veut dire qu'il faut faire des efforts des actions nouvelles à un moment où les 3 éléments que j'ai cités n'existent plus de la même façon la science est contestée en particulier par le président américain et par d'autres dans la société vous avez toute une série de forces politiques qui désormais sont en arrière de la main et puis disons que le secteur pétrolier n'est pas absolument enthousiaste par rapport à ça et puis surtout il n'y a plus de multilatéralisme il est attaqué donc très difficile alors les Etats-Unis sont sortis avec le délicieux président Trump ce qui fait que le paradoxe c'est qu'au moment où il faudrait agir davantage les circonstances sont beaucoup plus compliquées vous le dites la température mondiale elle devrait moins augmenter que prévu mais cependant cette année en 2024 elle a franchi pour la première fois mondialement l'augmentation le seuil de plus 1,5 degré ce qui veut dire qu'on est quand même sur une pente qui est très dangereuse très dangereuse est-ce qu'on est encore en capacité de répondre aux objectifs d'ici la fin du siècle ?
– Alors c'est toute la question on franchira vraiment les 1,5 degrés en 2030 mais c'est trop parce que concrètement ça veut dire des incendies des submersions des famines des migrations etc. donc les conséquences ce sont les conditions de vie de l'humanité qui sont en jeu et donc il faut aller plus loin comment ? – Mais c'est encore possible – Alors plus loin ça veut dire quoi ?
ça veut dire quatre choses premièrement limiter les émissions de ce qu'on appelle les gaz à effet de serre essentiellement le CO2 et le méthane bon ça veut dire donc changer notre mix énergétique peut-être j'y reviendrai deuxiaux ça veut dire préserver nos forêts et nos océans parce que ce sont eux qui absorbent une partie du CO2 troisièmement c'est assez nouveau il va falloir extraire de l'atmosphère des gaz à effet de serre qui s'y trouvent ça coûte cher c'est compliqué et quatrièmement évidemment il faut du financement pour tout ça il faut l'accord international donc compte tenu de l'attitude de la Russie de l'Arabie saoudite du président américain etc.
c'est très compliqué c'est-à-dire que des états comme nous la France doivent pousser que l'Europe doit pousser la Chine il faut trouver un accord avec elle pour qu'elle continue à pousser l'Inde etc. donc c'est très difficile pour répondre à votre question il y a des moyens techniques mais ça demande des moyens financiers et un soutien politique extrêmement fort mais il est encore là ce soutien politique il est encore possible aujourd'hui ?
il est moins puissant qu'il y a quelques années mais si vous voulez je vais prendre une comparaison et ça va probablement vous frapper la Covid la Covid bon en quelques mois on a trouvé des centaines et des centaines de milliards d'euros pour lutter contre la Covid on a trouvé un vaccin bon là le réchauffement climatique à terme si on ne lutte pas contre ça ça va avoir des conséquences beaucoup beaucoup plus graves que la Covid mais justement et on n'arrive pas à trouver ces centaines et centaines de milliards c'est quoi l'explication ? l'explication j'espère ne pas vous choquer en disant ça c'est que bon la Covid pourquoi est-ce que tout le monde a été mobilisé ?
parce qu'elle avait la mort qui était là devant les gens se disaient si on n'agit pas si on ne sort pas le changement climatique ça provoque des millions oui mais à terme et diffusé quand vous voyez les glaciers qui en Norvège fondent vous dites oui enfin beaucoup de gens disent oui mais c'est loin etc alors que je le répète les conséquences pratiques sont énormes tout à l'heure je disais on est passé de 4 degrés à 2 degrés et demi la différence c'est 60 jours de canicule en moins ou en plus ou en moins canicule c'est quand il y a plus de 35 degrés je ne sais pas si vous avez essayé de travailler quand il fait 40 degrés 45 degrés 50 degrés bon mais donc les responsables politiques ont une responsabilité énorme les entreprises aussi etc il faut bien faire comprendre que même si les conséquences sont moins évidentes à court terme que la Covid c'est quand même la question des conditions de vie de l'humanité mais est-ce que ce n'est pas dur à faire admettre dans le débat public est-ce qu'aujourd'hui l'écologie ce n'est pas dur à faire passer et est-ce qu'après les gilets jaunes il peut encore y avoir des gouvernements qui prennent en main cette question de l'écologie prenons cet exemple des gilets jaunes c'est un très bon exemple et merci de l'avoir pris bon l'idée du gouvernement de l'époque n'était pas une idée stupide consistant à dire si on veut diminuer les émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation de la voiture il faut augmenter le coût mais comme il n'y a eu aucun accompagnement social tous les centaines de milliers de gens qui sont obligés de se servir de leur voiture même s'ils sont écologistes ils ont dit vous êtes très gentils mais moi bon et donc l'une des leçons qu'on doit tirer de ce qui s'est passé depuis dix ans je suis bien placé comme le président de cette COP pour le dire c'est qu'il n'y a pas d'action efficace s'il n'y a pas d'accompagnement social c'est vrai pour un pays mais c'est vrai aussi au niveau du monde c'est à dire que nous et l'Europe nous sommes des pays relativement riches malgré tous nos problèmes mais l'Afrique bon l'Afrique il y a dix ans lorsque j'allais les voir les présidents africains ils me disaient monsieur Fabius on va vous aider mais il va falloir nous donner des technologies et des financements aujourd'hui si je revais les voir ils me disent on n'a pas vu ça et donc on a un peu de pétrole on a un peu de gaz on va l'utiliser donc vous voyez le problème j'ajoute un élément je m'étonne que les responsables dans le monde notamment en Europe n'insistent pas dans l'avantage là-dessus il y a un élément nouveau qui est intervenu c'est la guerre russe contre les ukrainiens on a compris enfin j'espère qu'on a compris que si on continue à importer du gaz de la Russie ou demain des Etats-Unis ou du pétrole c'est notre indépendance qui est en jeu si on veut être indépendant et si on veut garantir notre sécurité il faut avoir un mix énergétique différent c'est-à-dire utiliser les énergies nouvelles utiliser le nucléaire parce que si on dépend du gaz ou on dépend du pétrole on n'a pas vraiment de sécurité et donc à tous les arguments qui existaient déjà il y a 10 ans pour agir s'ajoute la nécessité d'assurer notre sécurité et notre indépendance ce qui passe par un changement énergétique je ne sais pas si je suis clair mais c'est extrêmement fort de quelle manière il faut revoir notre mix énergétique pour vous ça veut dire qu'au lieu le conflit ukrainien a commencé en 2022 et c'est seulement la fin 2027 que l'Europe va arrêter d'acheter du gaz aux russes bon si on veut ne pas dépendre du gaz ou du pétrole que ce soit le gaz russe le gaz américain il faut que nos sources d'énergie soient différentes c'est-à-dire l'hydroélectrique c'est-à-dire l'éolien c'est-à-dire évidemment aussi bien sûr le nucléaire sinon nous dépendons des autres j'avais juste une question sur ce sujet là vous avez oeuvré pour que l'accord conclu en 2015 fasse reconnaître la responsabilité humaine dans le changement climatique mardi il y a une nouvelle vous avez peut-être suivi que l'agence américaine de l'environnement avait effacé toute mention justement de cette responsabilité humaine sur son site officiel donc reniant de facto la responsabilité humaine et notamment les combustibles fossiles et le réchauffement qu'est-ce que ça dit de notre monde est-ce que vous n'avez pas une inquiétude face à ce révisionnisme ambiant et particulièrement américain américain l'attitude du président américain a des conséquences extrêmement lourdes pas seulement aux Etats-Unis mais dans le monde entier compte tenu de la puissance américaine donc cette inquiétude à laquelle vous faites allusion je la partage complètement simplement je mets en regard une décision qui jusqu'à présent est passée inaperçue et qui est absolument capitale de la Cour internationale de justice cet été au mois de juillet la Cour internationale de justice qui est la plus grande cour dans le monde a été saisie de la valeur juridique de l'accord de Paris et elle a dit à l'unanimité que les termes de l'accord de Paris n'étaient pas simplement une obligation morale c'était une obligation légale donc tous les Etats du monde sont censés respecter censés c'est tout le problème c'est quelle est la capacité de la Cour internationale pour imposer ces décisions vous avez tout à fait un nom mais ça veut dire que désormais on peut poursuivre un Etat en modification en réparation s'il ne respecte pas les termes précis de l'accord de Paris et je suis d'accord avec vous ayant été président de la juridiction suprême en France je sais bien les limites aussi de l'application des décisions de justice mais ceci pour dire que ces personnes qui sont des gens objectifs ont donné les instruments juridiques alors c'est vrai que c'est pas parce que le président américain lui prend une position qui est contraire à tout ce que nous disent les scientifiques du monde entier qu'on peut dire au président américain on va vous mettre en prison c'est pas comme ça que ça marche mais c'est là où interviennent les peuples c'est là où interviennent les entreprises c'est là où interviennent les collectivités locales là on est au Sénat les collectivités locales régions départements communes agissent maintenant beaucoup en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique et ça c'est quand même plein d'espoir vraiment plein d'espoir est-ce que le fait que le budget de l'écologie soit en baisse que le budget du fond vert soit en baisse ça ça vous inquiète en France vous voulez dire j'évite de parler de la situation française parce que j'ai quitté la politique et j'ai dit l'autre jour sans regret dis-je avec un sourire enfin matinée donc je ne qualifie pas l'action européenne ou l'action de la France simplement pour ne pas me défiler on peut faire des critiques bien sûr c'est insuffisant il peut y avoir des difficultés budgétaires exact tout ça est vrai donc si on compare l'action de l'Europe et de la France par rapport à d'autres pays qui ne font rien il faut quand même être objectif mais quand vous additionnez tout ça parce que vous ne pouvez pas mettre un douanier aux frontières qui empêche les gaz à effet de serre si on n'agit pas pour des raisons altruistes il faut agir par égoïste parce que c'est nous-mêmes qui sommes au bout du fusil si je puis dire je poursuivais sur la question budgétaire puisque vous avez été président de l'Assemblée nationale vous avez été premier ministre vous devez observer avec acuité la situation actuelle avec ce premier ministre Sébastien Lecornu qui a cherché à trouver une majorité sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale 149.3 ce qui était la grande innovation quel regard vous portez est-ce que la méthode Lecornu pour vous elle est la bonne ?
alors ne m'en veuillez pas mais je n'entre pas dans le débat politique interne la seule chose que je dirais c'est que c'est très difficile de gouverner aujourd'hui mais est-ce qu'en tant qu'en tant qu'en tant président de l'Assemblée nationale ce qui s'est passé cette semaine vous vous dites c'est quand même la victoire de la démocratie parlementaire c'est aussi une victoire pour l'Assemblée c'est vrai que l'Assemblée a plus attiré l'attention qu'à d'autres moments bon mais en même temps il faut garder à l'esprit et il n'y a pas plus d'un commentaire que ce dont il s'agit que ce soit le gouvernement que ce soit l'Assemblée enfin tous les acteurs il s'agit de résoudre les problèmes c'est quand même ça qui est l'objectif et j'ai cru comprendre que notre pays avait un assez lourd problème financier mais vous ne dites pas là c'est le retour du Parlement ils réussissent à faire des compromis c'est quand même le vote est quand même assez inédit est-ce que c'est le retour du compromis parlementaire je soulève mon joker mais c'est vrai vous avez eu raison il se trouve que j'ai eu le privilège vraiment à la fois de diriger l'exécutif de présider le législatif et de présider la Cour suprême donc je vois ça avec un peu d'expérience mais mes commentaires je les garde pour moi On a fait une autre question parce que vous avez été également premier ministre de François Mitterrand premier secrétaire du PS et on l'a vu le PS qui a négocié qui a obtenu des victoires qui a fini par voter ce budget est-ce que c'est le retour du PS de gouvernement ?
Là je fais appel à un double joker je ne commande pas les décisions de toutes les manières moi j'ai quitté c'est tout à fait normal j'ai quitté la vie politique active lorsque justement pour prendre la présidence après l'accord de Paris pour prendre les présidences du conseil constitutionnel donc depuis je n'appartiens à aucune formation politique je ne commande pas je lis les journaux j'écoute la télévision vous regrettez aujourd'hui dans la période actuelle de ne plus être dans la vie politique active ? non non pas du tout pas du tout
pas du tout
est-ce que malgré tout l'ancien ? non ce que je regrette et ça ça ne me concerne pas directement c'est que c'est une question compliquée mais l'autre jour je vais dire les choses d'une autre manière l'autre jour je lisais un sondage publié dans la presse on demandait aux français quels étaient les premiers mots qui leur venaient à l'esprit pour qualifier la situation et j'ai été vraiment frappé et malheureux du mot qui venait à l'esprit vous vous rappelez qu'est-ce que c'était ce mot ? non c'était lequel ? la honte alors c'est pas moi qui parle c'est pas un sentiment que vous ressentez vous ?
c'était pas la colère même si la colère était très haute etc donc ça prouve vous savez la responsabilité politique normalement c'est une responsabilité éminente éminente mais là les choses sont telles je dirais pas plus loin que le politique les politiques sont vraiment dévalorisées et ça c'est un grand problème pour un pays parce que selon que les politiques prennent les bonnes décisions ou ne les prennent pas ça a des conséquences sur l'avenir du pays les politiques mais aussi les institutions et en tant qu'ancien président du conseil constitutionnel vous avez pu constater les attaques répétées et croissantes vis-à-vis des juges est-ce que vous craignez cette défiance et cette instrumentalisation d'ailleurs par certains partis de cette haine ?
je vous réponds vraiment oui la justice doit être absolument indépendante bien sûr mais au coeur de la démocratie il y a la séparation des pouvoirs Montesquieu a tout dit là-dessus pouvoir exécutif pouvoir législatif pouvoir judiciaire on parlait de la présidence américaine bon je suis quand même frappé de voir que ce pays qui est une immense puissance vous avez une concentration des pouvoirs entre le président d'une part l'exécutif la technologie les médias l'argent et d'une certaine manière des décisions de la cour suprême quand vous avez tout ça ensemble qui fait bloc est-ce que la séparation des pouvoirs est assurée ça pourrait arriver en France poser la question c'est donner la réponse ça pourrait arriver en France j'espère que non mais vous le craignez mais c'est une crainte en tout cas il faut respecter ce qu'est notre démocratie résoudre contribuer à résoudre les problèmes des français les questions européennes parce que bon nous sommes européens et c'est notre bouclier mais il y a du travail à faire et je dis en même temps ayant l'expérience de tout cela il y a pas mal d'années que c'est très difficile de gouverner c'est sûr j'avais peut-être une dernière question et puis ça bouclera la boucle mais demain ce sera la date anniversaire des 10 ans de l'accord de Paris au final beaucoup d'événements sont prévus dans les pays européens sur cet accord qui pourtant s'est conclu en France en France on a l'impression qu'il y a quand même une certaine discrétion autour de cet événement notamment de l'Elysée ou de Matignon est-ce qu'il y a comment l'expliquer écoutez moi je ne veux pas juger tout cela ce qui est vrai c'est que dans beaucoup de pays pas seulement en Europe mais dans le monde il y a des célébrations des 10 ans de l'accord de Paris parce que je le disais en commençant notre entretien c'est le pilier de l'action contre le réchauffement climatique qui est quand même une menace majeure pour l'humanité donc tout ce qui peut être fait non pas pour faire des choses festives ce n'est pas le sujet mais pour bien faire prendre conscience aux citoyens aux entreprises aux collectivités locales que là est une clé de notre avenir tout ça va dans le bon sens quant à ce qui est fait en France il appartient au responsable de décider ce qu'il veut le faire Merci Laurent Fabius Merci à vous d'avoir été l'invité de cet entretien pour les 10 ans de cet accord de Paris merci d'avoir accepté notre invitation Julien Laune de La Voix du Nord insulte menace ces maires qui quittent les réseaux sociaux c'est à la une de votre journal on en parle dans quelques secondes dans la revue de presse c'est tout de suite la une de nos régions Et c'est l'heure de notre reportage en région dans le bassin de la Vienne la sécheresse inquiète de plus en plus les agriculteurs une étude scientifique déclare drastiquement les volumes d'eau disponibles pour l'irrigation on va regarder ce reportage sur un conflit qui monte entre les besoins de l'agriculture et la gestion des ressources en eau il est signé Fabien Reca Donc là on est sur une de mes parcelles parcelle limon-sablonneuse donc avec très peu de réserve utile très peu de matière organique donc c'est des parcelles où si j'ai pas d'irrigation très clairement je peux rien faire Nicolas Giraud est agriculteur céréalier dans la Vienne sur 176 hectares il cultive du blé du soja du maïs ou encore du colza chaque année il pompe 195 000 m3 d'eau pour irriguer ses cultures On est sur ma station d'irrigation qui est directement dans le lit de la rivière donc la rivière Vienne et même l'été lorsqu'il y a moins de pluie elle a un débit qui est assez suffisant pour pouvoir fournir de l'eau pour quasiment tous les irriguants du bassin de la Vienne Si Nicolas Giraud n'est pas inquiet pour son approvisionnement une étude commandée par la commission locale de l'eau suscite pourtant la colère du monde agricole baptisé HMUC pour hydrologie milieu usage climat ce rapport prévoit de réduire drastiquement les volumes de captation d'eau autorisés pour l'agriculture On nous annonce des diminutions de 90% des volumes que l'on a actuellement sans concerter les agriculteurs et sans prendre en compte leurs impacts sur les exploitations donc ça c'est quelque chose qui est pour nous intolérable puisqu'en fait on nous dit clairement on va vous diminuer vos volumes et débrouillez-vous Nicolas Giraud reproche à l'étude de ne pas prendre en compte l'impact socio-économique de ces nouvelles restrictions comme l'y oblige pourtant la récente loi du plomb sur l'agriculture On ne veut pas être au-dessus des milieux et de l'écologie on veut juste être à la même échelle et on ne veut pas être délaissé et donc c'est pour ça qu'on se bat pour cette loi pour l'application de cette loi Alors ici on se situe au captage d'eau potable de la Varenne donc dans la rigière Leclin qui est un captage de surface Gilles Morisseau est élu local et vice-président de la commission locale de l'eau en première ligne face aux agriculteurs dans le dossier
Nous sommes en période hivernale et là il est rechargé mais son débit en été Leclin à Poitiers un petit peu en aval peut se traverser les pieds presque au sec
En novembre sous la pression la commission locale de l'eau a repoussé de six mois le vote de la fameuse étude son vice-président en défend pourtant l'utilité C'est une étude scientifique c'est-à-dire que la portée de cette étude elle est de calculer d'après les constatations hydro-géologiques quels sont les volumes
prélevables à l'avenir et les seuils à respecter afin que nous ne soyons pas chaque année en gestion conjoncturelle c'est-à-dire en gestion
de crise par rapport aux quantités d'eau disponibles pour les usages Donc voilà l'eau brute qui arrive de nos sources Pour l'élu qui gère aussi la production d'eau potable pour les habitants du Grand Poitiers il y a urgence à agir dans un territoire régulièrement frappé par la sécheresse
La Vienne enfin le bassin du Klein est historiquement en ZRE zone de répartition des eaux c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'eau en quantité suffisante pour l'ensemble des usages Donc les limitations des prélèvements d'eau sont une monnaie courante ici et effectivement trois années sur quatre des mesures de restriction sont prises
Alors qu'il suscite la colère des céréaliers de la Vienne le fameux rapport pose surtout la question du partage de l'eau entre agriculteurs Pour ces défenseurs il faut d'abord irriguer une agriculture nourricière et locale plutôt que les cultures orientées vers l'exportation ce qui implique un changement de modèle agricole Et Marion on va regarder ce qu'il y a à la une de nos quotidiens régionaux et on commence on en parlait il y a quelques instants avec Julien par la Voix du Nord qui nous parle de ces élus qui boutent les réseaux sociaux
Oui Rian alors même que ce profil la campagne pour les municipales certains maires snobs les réseaux sociaux et ils disent leur ras-le-bol dans la Voix du Nord face aux insultes et aux menaces qui prolifèrent en ligne Nicolas Bouche par exemple le maire de Lambersart n'hésite pas à aller comparer ses réseaux sociaux à des poisons pour la démocratie un constat qui est partagé par un maire voisin dont la famille a été directement menacée dans la commune de Zegerskappel le maire préfère lui rester fidèle au bon vieux journal communal au sous-titre Chambreur réseau social rural depuis 1981 Très bon titre L'Union le journal L'Union voit une éclaircie se dessiner pour le marché de l'immobilier ?
Oui le journal se questionne sur la fin de la crise on y apprend que les ventes de logements anciens ont augmenté de 11% cette année une tendance qui se confirme à Reims le plus dur est passé selon le gérant de 4 agences immobilières de la Marne derrière Marseille et Toulon les villes de Dijon et Reims battent de nouveaux records 2570 euros le mètre carré c'est 2% de plus que l'an dernier 34% de plus sur 10 ans le 9 en revanche est à l'arrêt moins de dépôts de permis moins de projets le marché est à tonnes depuis 2 ans regrettent les professionnels du secteur Le courrier Picard se demande pourquoi le Rassemblement national veut rouvrir les maisons closes Oui une proposition de loi du député Jean-Philippe Tanguy vise à les réautoriser pour casser les réseaux de prostitution de rue en Picardie où les derniers établissements ont fermé en 46 l'idée n'emballe pas grand monde selon le courrier Picard le maire d'Amiens estime que le sujet n'est pas la priorité la secrétaire générale de la CFDT Marie-Lise Léon critique elle cette proposition du Rassemblement national qui veut faire je cite des prostituées des salariés et des cotisants comme les autres et le courrier Picard nous informe les maisons closes sont autorisées dans 7 pays européens tolérés en Espagne et dans les pays baltes La Provence qui dit que Marseille est sous haute surveillance pour les fêtes Oui avec à sa une 120 policiers pour les fêtes une sécurité est renforcée jusqu'au 4 janvier dans le centre-ville mais aussi aux abords des principales zones commerciales selon le maire de Marseille Benoît Payan la période est propice au rassemblement les risques sont multipliés alors que le président de la République est attendu mardi prochain dans la cité fosséenne il réitère sa demande davantage de policiers nationaux davantage de magistrats et le retour de la police nationale de proximité Et Marion termine avec cette exposition qui arrive à Lille après New York Shanghai Milan et Londres Oui si je vous parle et je sais que vous adorez d'un million de briques nécessaires pour réaliser 90 œuvres Oriane Les Legos Les Legos et bien oui les Legos enfin les œuvres d'art réalisées en Lego par Nathan Sawaya un ex-avocat d'affaires américain passionné reconverti au début des années 2000 de la jeune fille à la perle de Vermeer au penseur de Rodin en passant par un T-Rex de 6 mètres de long toutes les pièces sont minutieusement assemblées pour un rendu père fidèle par rapport au modèle et ça se passe à Lille jusqu'au 31 janvier nous rappelle Nord et Claire
C'est vous qui m'avez parlé des Legos 3D Ce sont des œuvres d'art C'est ça Là on est dans la véritable œuvre d'art des Legos 3D Sous le tapin de Noël Bonne idée de cadeau de Noël Merci Marion Merci beaucoup On continue avec ce qui fait la lune de la presse régionale et c'est Emmanuel Macron qui poursuit son tour de France à la rencontre des lecteurs de cette presse régionale hier il était avec l'électeur de West France en Bretagne où on retrouve Yves-Marie Robin Bonjour Yves-Marie Merci beaucoup d'être avec nous Bonjour Rien Bonjour à tous Journaliste à West France Yves-Marie Vous étiez donc à Saint-Malo hier après-midi lors de la rencontre entre Emmanuel Macron et vos lecteurs sur le thème des réseaux sociaux Racontez-nous
Effectivement vous l'avez dit c'était la quatrième étape de ce tour de France numérique d'Emmanuel Macron après Toulouse après Arras après Mircourt dans les Vosges donc il est venu en Ile-et-Vilaine et c'était pas c'était un événement puisque la cité corsaire n'avait plus accueilli de président de la République depuis 60 ans depuis le général de Gaulle alors Emmanuel Macron n'a pas lambiné en chemin puisqu'après le conseil des ministres il est arrivé à l'heure du déjeuner en avion Falcon à Dinard il s'est rendu ensuite dans la cité corsaire dans l'intramuros pour déjeuner avec le maire le LR Gilles Durton pour parler un peu des dossiers en cours comme vous le demandez donc ils ont déjeuné de manière assez frugale puisqu'ils ont mangé des crêpes et puis Emmanuel Macron s'est ensuite isolé à la mairie pendant une heure pour une conférence avec le Premier ministre britannique et le chancelier allemand ils avaient au téléphone Donald Trump pendant ce temps-là donc les lecteurs d'Ouest France les 250 lecteurs d'Ouest France qui avaient été invités ont patienté pendant une heure dans un cadre assez sympathique puisque c'était face à la maire le président de la République est arrivé vers 16h et comme à son habitude il a mouillé la chemise un peu comme il avait fait en 2019 lors du grand débat face aux maires pendant deux heures et demie il a répondu à leurs questions aux questions des lecteurs tout a été passé en revue l'anonymat des expressions sur les réseaux sociaux les fausses nouvelles à la fois sanitaires et puis environnementales les menaces de manipulations aussi face aux élections municipales qui s'annoncent mais le témoignage le plus fort je crois a été quand même celui d'une lorientèse d'une maman lorientèse qui a perdu son fils de 15 ans qui s'est suicidé à la suite de cyber harcèlement elle a porté plainte contre les réseaux sociaux mais ce heurte a un mur le président de la république a promis de l'y aider il l'a rencontré en privé à l'issue de son intervention on a aussi parlé forcément de la polémique de la semaine dernière sur la labellisation des médias alors le président de la république a dit qu'il n'avait jamais rien dit de la sorte il a simplement demandé à ce que la profession fasse un peu le ménage en interne entre médias médias fiables et médias pas fiables médias sérieux médias pas sérieux
Un mot juste Yves-Marie rapidement parce qu'il était attendu aussi le président sur la question de l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux vous nous en avez un peu parlé aux enfants de moins de 15-16 ans est-ce qu'il a confirmé tout ça ?
Oui il a confirmé qu'effectivement il veut interdire l'accès des adolescents des 15-16 ans alors il n'a pas donné d'âge précis mais aux réseaux sociaux disant même que voilà s'il conçoit qui a quelques fleurs au milieu de la décharge il ne souhaite pas que les adolescents s'y rendent il veut aussi il a confirmé interdire l'accès aux téléphones portables dans les lycées ce qui a fait réagir quand même quelques jeunes taclant même cette mesure en disant mais monsieur le président vous n'avez pas réussi à interdire les téléphones portables en prison pourquoi les interdire au lycée ?
La discussion de cette proposition de loi est toujours attendue à l'Assemblée nationale le 19 janvier elle est portée par Laure Miller la députée Renaissance de la Marne alors au final pas d'annonce particulière juste des confirmations mais les participants étaient ravis de rencontrer le président de la République la soirée s'est même terminée par une séance de selfies qui iront je l'imagine inonder les réseaux sociaux et pas de question piège non plus il n'a été pas du tout question des propos pléniques de Brigitte Macron sur les associations féministes
Merci beaucoup merci Yves-Marie d'avoir été avec nous la une de Ouest-France alors il y a évidemment Emmanuel Macron mais il y a aussi le feu de la colère agricole qui est prêt à se rallumer à la une de votre journal merci beaucoup Yves-Marie vous parliez des propos de Brigitte Macron on va y revenir dans quelques instants avec nos éditorialistes mais on va commencer par parler budget après l'adoption du budget de la sécurité sociale par les députés la course de haie budgétaire se poursuit pour le Premier ministre va-t-il réussir à faire passer le budget examiné en ce moment au Sénat avant d'en débattre avec nos éditorialistes on regarde les explications de Jérôme Rabier
Après l'adoption du budget de la sécurité sociale à l'Assemblée ce budget baptisé PLFSS revient au Sénat ce vendredi en séance mais alors qu'il pouvait réécrire le texte les sénateurs à majorité de droite et du centre vont le rejeter d'emblée permettant sa validation définitive mardi prochain à l'Assemblée Le Sénat a montré beaucoup de sagesse parce que si on avait réouvert le dossier bien sûr on aurait pu reprendre un certain nombre de mesures qui nous s'enchèrent mais je crois qu'on n'aurait pas tenu les délais et de ce fait on tuait le PLFSS Reste maintenant un autre gros morceau le projet de loi de finances pour 2026 et le gouvernement espère encore arracher un compromis cette fois-ci avec l'ensemble du Parlement L'objectif de doter la France d'un budget d'ici au 31 décembre c'est possible c'est ce que nous souhaitons mais la balle est aujourd'hui dans le camp du Parlement et significativement de la droite sénatoriale qui occupe comme vous le savez une grande place dans la commission mixte paritaire Le Sénat doit voter ce lundi 15 décembre sur ce budget avant que 7 députés et 7 sénateurs se retrouvent en commission mixte paritaire jeudi 19 décembre pour tenter de se mettre d'accord S'ils y parviennent le Sénat et l'Assemblée devront valider ce compromis en séance le 23 décembre et le gouvernement prévient que malgré les appels du pied il n'utilisera pas le 49-3 Le 49-3 n'a pas été utilisé pour le PLFSS il ne sera pas utilisé sur le PLF dans la démarche que je viens de vous donner il faut donner toutes ses chances à cette commission mixte paritaire il faut faire confiance au sénateur dans la capacité à construire des compromis Si la CMP échoue ou en cas de rejet au Sénat ou à l'Assemblée il sera impossible de tenir les délais restera l'option de la loi spéciale utilisée l'an dernier et qui permet de reconduire le budget voté l'année précédente mais qui ne peut être qu'une solution provisoire renvoyant la recherche du compromis au début de l'année prochaine
Et on va en parler avec vous Bonjour Mickaël Darmont Bonjour Merci d'être là et bonjour Béron Germont Merci également d'être avec nous On va revenir sur ce qui s'est passé Alors d'abord peut-être un mot sur l'adoption de ce budget de la sécurité sociale Mickaël et cette victoire de Sébastien Lecornu la victoire de sa méthode aussi est-ce que ça peut être reproduit sur la question du budget de l'État ?
Ah ça sera différent parce que là on est vraiment sur le budget de l'État on est vraiment dans le critère d'appartenance à l'opposition ou à la majorité sur le budget de l'État C'est le résultat vraiment de toutes les autres additions les soustractions les politiques choisies les politiques publiques là vraiment c'est l'appartenance à la majorité ou à l'opposition et là ça sera évidemment différent La sécurité sociale ça peut permettre de créer un territoire de consensus oui cette méthode elle a effectivement on a beaucoup éprouvé ces dernières semaines ici sur ce plateau avec vous et qu'on a douté jusqu'au dernier moment on a pensé même lui-même d'ailleurs on a pensé que ça pouvait tomber d'un côté ou de l'autre quelques mois près je pense qu'elle a été nécessaire pour pouvoir arriver à un accord et peut-être restera-t-elle comme le tout début peut-être d'une mutation de la culture politique française mais qui trouvera une expression bien au-delà de la période d'aujourd'hui mais elle a prouvé qu'il était possible de pouvoir faire parler entre des gens qui n'ont en réalité pas grand-chose en commun voilà il faudra ensuite tirer les leçons de cela le budget ce sera autre chose il ne peut pas forcément faire coup double ça va être compliqué de faire coup double Bérangère ?
Oui d'autant qu'il reste quand même un certain nombre d'inconnus sur le budget et là où les socialistes enfin la bienveillance des socialistes sur le PLFSS sur le projet de financement de la sécurité sociale n'est pas complètement acquis voire pas du tout considérant que ils n'ont pas à ce stade d'obtenue de taxes d'Ukman ou d'équivalent enfin il y a sur le PLFSS ils ont eu la suspension des retraites de la réforme des retraites et ça pour le coup ils peuvent le revendiquer de même d'ailleurs que la droite a pu revendiquer quand même un certain nombre de suppressions de hausses d'impôts etc donc tout le monde en avait un petit peu dans sa besace là j'ai presque envie de dire tout est à faire quoi et donc effectivement Mickaël le disait la question ça va être de savoir dans quelle mesure cette fameuse culture de compromis commence un tout petit peu à avancer dans l'esprit de tout le monde et où tout le monde accepte finalement de ne pas avoir tout ce qu'il demandait Et d'autant qu'elle a laissé des traces à l'intérieur des partis à l'intérieur des camps Mickaël est-ce que ça ça peut jouer pour la suite ?
Oui ça va jouer pour la suite parce qu'il va falloir ensuite qu'une fois de plus les partis se déterminent envoient des messages clairs à leur camp politique à leurs électeurs futurs on a assisté effectivement là déjà à un vote de rupture avec quand même avec celui de la sécurité sociale puisqu'on a quand même vu effectivement on retiendra cette situation très baroque les socialistes sont venus à la rescousse du gouvernement à droite on a même voté certains qui se sont abstenus sur une réforme qu'ils voulaient absolument et qu'ils voyaient partir sous leurs yeux tout ça pour pouvoir continuer à construire un budget bon on est encore dans l'expression de ce chaos politique qui a été qui a été décidé il va falloir maintenant trouver effectivement un chemin je ne sais pas comment ça va se trouver je pense qu'effectivement les partis vont maintenant revenir un peu à leur étiage et c'est peut-être là que le danger on a entendu Marine Le Pen immédiatement attaquer voilà Sébastien Le Cornu en disant qu'il instrumentalisait le débat sur la défense et sur le budget de la défense de manière à pouvoir continuer à faire passer des compromis on a entendu d'ailleurs même le Premier ministre à la tribune continuer à dire voilà pour un peu brosser tout le monde dans le sens du poil et à dire il faut des compromis il a été très lyrique sur la défense la souveraineté l'attaque voilà l'intégrité du pays bon bien sûr il a son idée en tête il veut tenter la même méthode il ne va pas changer de méthode il ne va pas changer de méthode qui gagne pour la première fois mais les circonstances seront différentes et parmi les camps où ça a laissé des traces il y a la gauche notamment et la France insoumise qui continuent de fustiger la décision du PS et des écologistes on va écouter le président de la commission des finances de l'Assemblée Eric Coquerel ce matin
ce qui m'a particulièrement irrité c'est le vote des socialistes ce qui m'a déçu c'est le vote d'une partie des écologistes mais j'allais dire eux je leur fais quelque part un appel ils ont le temps de changer de vote parce que la semaine prochaine on revient le 16 décembre sur ce vote et si les votes d'abstention deviennent des votes contre et bien on fait échec à un projet de loi de finances moi j'avais dit que c'était le musée des horreurs sociales alors il y a eu quelques le gouvernement était obligé de concéder des mesures par rapport à l'Assemblée on va dire aujourd'hui que c'est le cabinet des horreurs sociales
voilà et il lance un appel parce qu'il faut quand même expliquer que là le budget de la sécurité sociale a été voté à l'Assemblée il revient au Sénat qui va le renvoyer illico presto à l'Assemblée il y a un autre vote mardi prochain est-ce que il y a des parlementaires des députés qui peuvent changer d'avis c'est ce que leur demande ce matin Eric Coquerel Eric Coquerel n'a pas renoncé manifestement évidemment que le coup est rude pour les insoumis avec le RN l'autre perdant de cette affaire et ils ont cru sans doute jusqu'au bout qu'ils allaient au moins obtenir suffisamment d'abstention pour essayer de sauver la face donc effectivement la division à gauche entre la droite et la division de la droite et la division de la gauche franchement je ne sais pas quel est le camp le plus abîmé ou le plus secoué je ne sais pas s'il faut dire abîmé parce qu'encore une fois cette recherche de compromis elle est plutôt vertueuse mais en tout cas secouer la gauche et la droite parce que chez LR c'est compliqué est-ce que là ça pourrait rajouter ce que demande Eric Coquerel c'est-à-dire demander à des parlementaires de gauche de changer leur vote ça ne ferait que rajouter de la confusion à la confusion parce que là on a l'impression que pour les français le budget de la sécurité sociale c'est plié oui absolument je ne pense pas qu'il y aura un changement dans les votes effectivement pour pouvoir avancer en revanche là où effectivement tout le monde va se retrouver c'est sur le terrain électoral on verra dans quelle mesure la consigne générale donnée aux candidats et les filles est de faire perdre les socialistes dans les villes et là dans les cas de figure qui se présenteront on ne les connait pas encore mais dans les cas de figure qui se présenteront au soir du premier tour des municipales on va voir le comportement de LFI vis-à-vis des positions socialistes dans des villes importantes et là on comprendra quelle est la stratégie générale s'il y a une décision de représailles à l'égard des socialistes et un mot sur la droite on va parler de Nicolas Sarkozy dans quelques instants Bérangère mais est-ce que Bruno Retailleau est aussi en perdant de cette séquence budgétaire ?
clairement c'est vraiment le pardon le match Vauquille-Retailleau le retour parce qu'effectivement les députés de Laurent Wauquiez ont contribué à sauver la peau de Laurent Wauquiez lui-même et Laurent Wauquiez lui-même voilà c'est ça donc c'est quand même et au Sénat tout le monde a bien compris et un peu je ne sais pas comment qualifier ce geste mais vous voyez il y a eu ce petit moment où Bruno Retailleau ministre a été élu avec un score important à la tête du parti c'est pas si loin c'est avant-hier et là tout est parti déjà tout en est là et si on ajoute Sarkozy ça ne va pas simplifier les choses Lui et Edouard Philippe aussi ou que Bruno Retailleau ?
Non Edouard Philippe aussi d'ailleurs Edouard Philippe a finalement une position on va dire plus modérée au dernier moment parce qu'il a bien compris qu'il pouvait aussi perdre énormément oui je pense qu'avec le recul on peut considérer et se rappeler de cet engouement Retailleau qu'évoquait Bérangère qui est déjà qui semble déjà évaporer comme la volonté quand même de la droite de chercher de trouver quelqu'un qui puisse lui redonner la possibilité de revenir au pouvoir de revenir en responsabilité de reprendre ce rôle de parti de gouvernement qu'elle a tenu depuis tant d'années effectivement et ça fait le lien avec l'ancien président qu'on va évoquer bientôt ça montre aussi la puissance du traumatisme à droite sur le parcours de Nicolas Sarkozy tout le monde s'imagine qu'il n'y a que ce chemin qui permet ensuite d'accéder aux responsabilités c'est à dire de forger un projet de société à partir de l'intérieur ce qui est quand même peu banal mais en tout cas une personne avait réussi à le faire mais parce que tout le monde n'est pas Nicolas Sarkozy en fait c'est ce dont on va être en train de s'apercevoir je ne suis pas suspect de lui faire des compliments on verra dans quelques instants encore mais là vraiment peu de personnes peuvent se targuer d'avoir conçu une campagne en 2007 comme Nicolas Sarkozy l'a conçu et on va en parler de Nicolas Sarkozy sorti donc hier de son livre journal d'un prisonnier et on va le voir sur ces images le succès de la première séance de dédicaces de l'ancien chef de l'État voilà un bain de foule pour Nicolas Sarkozy on pouvait s'attendre à un tel engouement Béronjard ?
engouement il faut la ferveur ne fait pas une élection toutes les dernières tentatives de Nicolas Sarkozy notamment la primaire de la droite l'ont montré cette ferveur là ce sont probablement les mêmes qui étaient devant son domicile le jour où il est parti en prison bon c'est un bloc qui est très fervent maintenant combien de bataillons Nicolas Sarkozy aujourd'hui et surtout c'est très bien fait en com' je pense qu'ils ont très bien organisé ça cette file d'attente interminable ils ont distribué les livres dans la file d'attente de la librairie Lamartine tout est parfait c'est un moment de com' magistral mais ce livre pardon mais c'est un scandale c'est un déni de justice c'est une accumulation de contre-vérité moi je suis très choqué par ce livre parce qu'il réarrange un certain nombre de choses qui ont parfois été jugées il s'offusque de cette incarcération il a eu deux bracelets électroniques Nicolas Sarkozy donc après c'est la prison et on peut parler du fond de l'affaire libyenne on peut parler il insulte les victimes du décès d'UTA en expliquant qu'elles n'ont jamais compris qu'il parlait avec Kadhafi mais c'est pas ils ont toujours dit l'inverse au contraire ils ont toujours dit on comprend qu'il parle au président Kadhafi on comprend pas qu'il se laisse corrompre c'est pas du tout la même chose il y a un certain nombre de contre-vérités comme ça
qui sont très choquantes
si on résume en 20 jours finalement il aurait lu deux biographies et écrit un livre donc on connait son côté hyperactif et hypermésique mais là franchement on est très très étonné ça c'est la première réflexion ensuite quand je vois ces images là qui sont très connues en termes de construction scénographique de communication pour avoir suivi depuis l'origine de sa conquête jusqu'à ensuite une grande partie de son exercice du pouvoir mais essentiellement pendant la campagne toutes ces images là sont construites depuis très très longtemps et c'est ce qu'il veut retrouver en réalité il est prisonnier de son succès il est prisonnier de cette on va dire de cette aura qu'il a aujourd'hui avec il a un socle de peut-être 300-400 000 lecteurs 300-400 000 fans on va dire au sens très large il voudrait être président d'un club de pétanque ils viendraient tous sur lui et il serait élu au premier tour pas de problème avec ses mêmes fidèles mais voilà c'est tout là où effectivement il tente encore de montrer qu'il a une influence à droite c'est avec les propos politiques qu'il a tenus et qui sont d'une autre nature et effectivement laisse entendre vers quoi la droite peut aller on va en parler puisqu'il relance le débat sur l'union des droites il ancre même les républicains peuvent-ils gagner sur le rassemblement national c'est la question relancée par les propos de Nicolas Sarkozy on va voir ce qu'en pense son ancien conseiller Henri Guénaud et le maire de Béziers Robert Ménard il me paraît assez difficile de faire une union des droites avec le rassemblement national parce que ça serait une absorption mais posons-nous la question un seul candidat alors si si on inclut dans cette union des droites le rassemblement national la prochaine élection étant l'élection présidentielle alors c'est madame Le Pen ou monsieur Bardella qui sera le candidat unique parce que si vous faites des primaires on voit bien ce qui va se passer est-ce que monsieur Philippe va aller faire la campagne de madame Le Pen a priori non non ben oui est-ce que monsieur Rotaillot va aller faire la campagne de madame Le Pen d'après ce que j'ai compris non plus bon donc ça n'a pas de sens je pense qu'aujourd'hui et je l'ai dit aux uns et aux autres s'ils ne discutent pas ils vont perdre ils vont perdre est-ce que Jordan Bardella pourrait être le candidat de toute la droite je ne crois pas je ne crois pas que ce soit possible pourquoi parce que je crois qu'aujourd'hui le Rassemblement National ils n'imaginent pas de discuter avec qui que ce soit aujourd'hui mais je pense que le reste de la droite pourrait avoir un candidat commun de toute façon s'ils ne font pas ça ils n'existeront pas pourquoi ils relancent ce débat Michael ?
tu es quand même à l'opposé de ce qu'il disait il y a encore quelques années alors d'abord effectivement il a toujours été adepte de la rupture là il ronde encore plus encore plus fortement avec la tradition chiracienne du cordon sanitaire qu'on appelait à l'époque après personnellement je pense qu'il est très vindicatif à l'égard de sa famille politique qu'il a licencié à la primaire de 2016 il en veut beaucoup à la droite depuis après il est allé soutenir Macron parce qu'il en voulait beaucoup à sa famille politique et maintenant il en veut beaucoup à Emmanuel Macron donc il considère qu'il n'a pas assez aidé pas assez soutenu parce que c'est quand même là aussi que ça se tient et à son stade et à son statut et au niveau où il en est et au stade de sa vie et avec tous les ennuis qu'il a autour de lui je pense qu'au fond il en est là il envoie des messages que décrit parfaitement bien l'écosystème politique tout le monde sait très bien qu'il se venge de sa famille politique et tout le monde sait très bien qu'il est maintenant très vindicatif à l'égard d'Emmanuel Macron donc il balance et il dit de toute façon allez c'est maintenant à Marine Le Pen ou à O.R.N.
ou à Jordan Bardella qu'il a aimé rencontrer parce qu'il aime aussi coacher les gens il aime aussi en permanence se projeter sur des gens qu'il aurait construit qu'il aurait irrigué alors c'est soit Jordan Bardella soit son fils mais il veut continuer à être présent il sait très bien qu'il est en train de se retirer de la scène l'histoire est en train de le retirer de la scène politique mais il veut continuer à être présent et il a les moyens de continuer à occuper la scène on verra dans quelle mesure il réussit vraiment à l'influencer Il sait pertinemment Nicolas Sarkozy que le pire cauchemar l'un des pires cauchemars d'Emmanuel Macron c'est une passiation de pouvoir avec Jordan Bardella en 2027 et je me suis complètement il y a quelque chose d'une vengeance mais qui est quand on lit son livre il y a quand même un certain nombre qui en prennent pour leur grade il y a son camp il y a Macron le passage sur la presse est assez étonnant il convient lui-même qu'il a parfois mélangé un peu les relations professionnelles mais il dit et l'amitié puis après il dit mais finalement ensuite ils ont été tous contre moi donc aujourd'hui et puis alors il commence à lister ça c'est name and shame il liste les éditorialistes qui ont été sympathiques ceux qui ont été il l'a toujours fait dans les avions et tout c'est d'un ridicule absolu vraiment je trouve c'est pas à son niveau c'est quelqu'un qui a quand même occupé les plus hautes fonctions de la république et qui en est là et ça met ça met d'autres personnes en difficulté parce qu'on a beaucoup raconté ces derniers mois ces dernières années comme il recevait Gabriel Attal il recevait Sébastien Lecornu enfin ce sont autant de gens qui sont allés
recueillir une forme de soutien d'adoubement et puis qui se retrouvent là aujourd'hui parce que c'est très récent
je veux dire il voyait encore je parle les deux que j'ai cités il les a encore vus il n'y a pas si longtemps donc ça met quand même tout le monde un peu dans une situation Oui mais pour beaucoup de la nouvelle génération il est plutôt une curiosité politique plutôt qu'un un engagement ou qu'un plutôt que voilà beaucoup vont voir pour un républicain pour un représentant de la droite républicaine ou du socle commun ça devient une fréquentation qui est compliquée en fait elle l'était pour des raisons de justice elle l'est maintenant pour des raisons politiques Et on va terminer par l'histoire du jour rien à voir c'est une histoire de solidarité dans cette période de Noël Alors on connaissait Bafetim Bigomi ce joueur de foot notamment à Saint-Etienne à Lyon à Marseille c'est aussi un homme engagé avec un restaurant le Canopy à Saint-Etienne il s'associe à France Bénévolat pour distribuer 500 repas aux personnes en précarité chaque lundi de décembre jusqu'à Noël quelques 130 repas sont préparés comme pour les clients du restaurant c'est le chef Jérémy Bernard qui les prépare sur son temps libre alors au menu velouté d'épinards parfait filet de lieu et fondant au chocolat et Bafetim Bigomi s'explique l'importance de cette action pour lui ça me rappelle mon enfance à Saint-Etienne les valeurs qu'on m'a inculquées j'ai bénéficié d'aide donc c'est un juste retour des choses et c'est la sixième année qu'il organise cette belle action de solidarité voilà avant Noël Esprit de Noël Esprit de Noël exactement un peu de concorde un peu de solidarité un mot très rapide sur votre podcast épisode 2 qui est en ligne depuis 48 heures justice politique l'impossible entente point d'interrogation et très bonne question merci à tous les deux merci Michael merci Bérangère merci à tous de nous avoir suivis à demain Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat