Amélie de Montchalin, affaire Epstein... L'interview d'Éric Coquerel (LFI) en intégralité
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
C'est Éric Coquerel, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui est également député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis. Je vous laisse le temps de vous asseoir. Monsieur Coquerel, soyez le bienvenu sur ce plateau.
Bonsoir à vous. Bonsoir. Une plainte a donc été déposée aujourd'hui en France pour viol contre un homme qui a peut-être servi de rabatteur à Jeffrey Epstein.
Une association d'aide aux victimes dont la représentante était sur ce plateau demande à la justice d'ouvrir une enquête sur les agissements éventuels pédocriminels d'Epstein en France. Est-ce que vous soutenez cette démarche ? Oui, ça me semble naturel, bien sûr.
Bien sûr, il faut savoir, il faut que tous les moyens soient utilisés pour faire le clair sur les ramifications en France des réseaux Epstein. Et aussi, et c'était le sens de la commission d'enquête qu'on demandait, sur les questions d'ingérence financière, c'est-à-dire de pression financière, dont on voit que ce n'était pas un détail dans la galaxie Epstein et qui nous semblent des essais, monsieur. On va revenir sur ce volet dans quelques instants, si vous voulez bien.
Mais Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée, vous a répondu aujourd'hui sur cette commission d'enquête parlementaire. Elle dit qu'il faut la justice, toute la justice, mais rien que la justice, puisque au nom de la séparation des pouvoirs, il ne peut pas y avoir une enquête d'un côté et une commission d'enquête parlementaire de l'autre. Est-ce que vous entendez ce qu'elle dit ?
Mais ce qu'elle dit est faux. La constitution de 1958 est très claire là-dessus. Dès 1958, il est tout à fait possible d'ouvrir une commission d'enquête au moment où il y a des enquêtes judiciaires.
Surtout que là, en réalité, la question, c'est que ce n'est pas sur l'ensemble des révélations possibles sur l'affaire Epstein qu'ont lieu pour l'instant les ouvertures judiciaires, notamment celle du PNF sur la question de Jacques Lang. Là, il y a celle que vous appuyez. On voit bien qu'il y a d'autres questions qui sont en jeu.
Ce qu'a dit Yael Brandpuvé n'est pas exact. Ce qui se passe, normalement, c'est que quand vous avez une commission d'enquête, en réalité, la commission d'enquête, une fois qu'elle est nommée, se tourne vers le gouvernement et demande que le gouvernement lui adresse le nombre d'enquêtes qui, sur certains sujets, feront en sorte qu'elle ne pourra pas auditionner. Je vous posais la question.
Il ne peut être créé, ça s'est écrit sur le site de l'Assemblée nationale, de commissions d'enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que des poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission s'arrêtera dès l'ouverture de l'information judiciaire. Mais vous avez vu vous-même ce que ça a été possible sur l'affaire Benalla, même si Mme Brode-Pivet a enterré l'affaire Benalla.
Donc ce que vous dites, enfin, ce n'est pas ce qu'il vous dit. J'ai cité. Oui, mais ce que vous dites n'est pas exact.
C'est-à-dire qu'à partir du moment où là, on n'a pas une enquête judiciaire sur l'ensemble de ces données, et vous l'avez dit vous-même, c'est un travail titanesque, la chose peut être ouverte. Et encore une fois, ce qui se passe après, et qui confirme ce que vous êtes en train d'écrire, c'est que là, on s'adresse au gouvernement qui dit, voilà, sur tel ou tel aspect, ce n'est pas possible, on ne peut pas auditionner. Et du coup, il y a certaines parties qui sont exclues, mais pas toutes les parties.
Donc ça ne vaut pas exclusion d'une commission d'enquête. La semaine dernière, lors d'un meeting, Jean-Luc Mélenchon a fait référence à des échanges de mails qui impliqueraient Emmanuel Macron. Je vous propose que vous avez l'air de sourciller quand je dis ça, qu'on réécoute les propos de Jean-Luc Mélenchon et qu'on en parle dans un instant.
Pourquoi le chef de l'État écrit-il à ces gens pour leur demander des idées disruptives ? Vous vous imaginez que j'ai écrit, moi, à quelqu'un qui, lui, moralement, ne pose aucun problème, dans tel ou tel pays, un camarade ? Donne-moi des idées disruptives, commandanté.
Pourquoi le chef de l'État écrit-il à ces gens-là ? À quoi est-ce qu'il fait référence ? Il fait référence à quelque chose qui a depuis été révélé par plusieurs de vos confrères qui ont commencé à enquêter justement sur, par exemple, les mails avec, notamment via Jacques Lang, qui avait manifestement une espèce de don contre don.
Il y avait l'idée d'organiser une réunion à l'Élysée qui n'a pas eu lieu. Et dans, s'il m'a compris, dans les échanges de semaine, moi, j'ai lu la presse de ce que là, il y a eu cette réflexion du chef de l'État. Alors, est-ce que ça, est-ce que pour autant...
Il n'y a pas eu de message d'Emmanuel Macron à Jeffrey Epstein, on est d'accord ? Non. Il y aurait eu, d'après les enquêtes de près de vos confrères, il y aurait eu cette réflexion du chef de l'État, ce qui nécessite très certainement d'aller plus loin.
Alors, à ma connaissance, de tout ce que j'ai pu lire, peut-être moins que vous, Eric Ocrel, mais vous me direz si on s'est trompé, mais on a évidemment vérifié cet aspect-là. L'accusation n'est pas mince. Pourquoi le chef de l'État...
Non, il n'y a pas d'accusation. Je reviens simplement. Il y a effectivement le nom d'Emmanuel Macron qui revient 200 fois dans ses fichiers, pour être très précis.
Et il y a effectivement un échange de mails qui date de 2018. L'objet du mail s'intitule Macron. Et la personne qui écrit est une personne dont le nom a été effacé.
Caviardé. Donc on ne sait absolument pas qui écrit. Je pense comme ça, s'il y a une commission d'enquête où ça permettra de clarifier, à partir du moment où, de manière très claire, M.
Epstein souhaitait rencontrer, par exemple, M. Macron, comme il a souhaité rencontrer d'ailleurs d'autres dirigeants. Comme il l'a fait d'ailleurs.
Il y a certains qui l'ont fait. Je lis ce qu'écrit cette personne qui n'est pas identifiée dans un mail qui s'appelle Macron. Il nous demande à chacun de lui présenter des idées intéressantes et disruptives au sujet d'un peu tout, institutions, politiques, sciences.
C'est un mail de 2018, au moment où Emmanuel Macron est déjà réalisé. Vous l'avez vu précisément, je ne l'ai pas. Il veut diriger l'Europe, peut-être le monde.
Nous avons environ une semaine. Peut-on discuter par SMS ou appel ce week-end ? Epstein répond.
Ok, on ne peut pas dire aujourd'hui, pendant un meeting, qu'Emmanuel Macron a échangé avec Jeffrey Epstein. Écoutez, vous regarderez, ce que je constate, c'est qu'à un moment donné, il y a bien eu l'idée d'un échange. Donc justement, tout ça permettra de faire le net.
Tout comme d'ailleurs, ce que je remarque, c'est que par rapport aux premières réactions que nous avons pu avoir depuis, la presse s'est intéressée. Et c'est bien. Avec des nombreuses enquêtes, notamment dans Le Monde, dans Libération, dans l'Ibée, dans Mediapart, dans le Figaro.
Dans Frustration, dans Mediapart, voilà. Donc au moins, les choses commencent à être dites. Et il me semble, encore une fois, je reviens sur ce qui me semble quelque chose qui est un peu la terra incognita sur l'affaire Epstein, c'est-à-dire sur toutes les pressions financières qui ont pu être exercées.
Au moment où, vous le savez par exemple, Donald Trump, dans son rapport de stratégie nationale, estime qu'il peut y avoir une ingérence des États-Unis, notamment favoriser les partis patriotes, je trouve que c'est un des aspects qui mériterait une question. On va en parler dans une poignée de secondes de cet aspect-là de la commission d'enquête que vous réclamez. Mais quand l'un de vos députés dit aujourd'hui, la Macronie, j'essaie de reprendre son tweet exactement, la Macronie a-t-elle des choses à cacher ?
Vous estimez aujourd'hui qu'Emmanuel Macron, les gens qui l'entouent...
Je ne sais pas à quel député, excusez-moi. Adrien Clouet. À quel moment, dans quel contexte ?
C'est un tweet. Comme théoriquement, je croyais qu'on allait parler notamment de Mme Montchalin, je n'ai pas révisé...
On va parler d'Amélie Montchalin après, vous voyez bien...
Je ne sais pas dans quel tweet, donc je ne vais pas vous répondre sur quelque chose qui est sorti sur le contexte. La Macronie, à votre connaissance, n'a rien à cacher ? Mais je n'en sais rien, je ne vais pas vous répondre si la Macronie ou pas a quelque chose à cacher.
Ce que je sais, c'est que M. Epstein avait manifestement un travail, on va dire d'entrisme, par rapport justement à tous les pouvoirs de ce monde, ça l'a montré, notamment pour influencer en termes financiers et son business, et qu'à partir de là, comme M. Macron, ce que vous appelez la Macronie, gouverne depuis 2017, on peut être amené à au loin pour leur clarifier tout.
C'est le terme pris par votre député. Raphaël Grabli nous rejoint, Éric Coquerel, pour évoquer ce qu'a dit Mathilde Panot, la chef de file des Insoumis aujourd'hui, qui a évoqué des preuves de financement du Rassemblement national dans ses fichiers. On l'écoute tout d'abord.
Je cite certains des messages qu'a reçus Epstein sur son mail. « Je viens d'appeler mes gars au Front National. Je crois avoir trouvé un moyen pour leur financement.
On devrait partir sur un prêt à taux zéro. » Un autre mail évoque une proposition de prêt de 4,7 millions de dollars, sans confirmation de son acceptation. Et encore d'autres mails qui racontent en 2018 une rencontre notamment entre Steve Bannon et Louis Alliot.
Et je trouve extrêmement surprenant que ce volet n'apparaisse nulle part dans les différents médias. Et c'est pourquoi nous continuons d'affirmer qu'il faut une commission d'enquête. – Raphaël, est-ce qu'il est question du financement du FN ou du RN dans les fichiers Epstein ? – Oui, notamment effectivement par un homme qui vient d'être cité par Mathilde Panot, Steve Bannon, l'ex-bras droit de Donald Trump, proche du RN et soutien public de Marine Le Pen, qui a effectivement rencontré Louis Alliot en 2018.
C'est dans les fichiers Epstein, mais ça a été aussi révélé. D'ailleurs, c'était filmé et diffusé par France 2 sur cette question plus précise du financement. En fait, dans les mails, on est en avril 2019, juste avant les élections européennes.
Le RN a besoin d'argent. Steve Bannon écrit à Jeffrey Epstein, « Je viens d'avoir un appel avec méga du FN, je pense que j'ai marqué un joli coup sur leur financement. Cela peut se faire avec zéro prêt. » Alors c'est vrai que certains, dont Mathilde Panot, et certains de nos confrères, c'est vrai, ont compris un prêt à taux zéro.
J'ai interrogé des traducteurs en anglais qui me disent que c'est plutôt zéro prêt au sens, sans aucun prêt. – Steve Bannon parle bien d'un financement. – Oui, et en fait, c'est la suite des échanges.
Je cite à nouveau Steve Bannon qui écrit à Jeffrey Epstein, « J'ai proposé au Rassemblement national de s'adresser à ses propres adhérents pour les 4,7 millions de dollars pour les élections européennes. Il parle d'un emprunt patriotique que le RN a lancé auprès de ses adhérents. Ce n'est ni Bannon ni Epstein qui financent.
La question, c'est effectivement, est-ce que Bannon souffle vraiment l'idée ? Ce n'est pas forcément évident pour une raison simple. C'est que déjà, le RN, ce type de prêt, ils y avaient déjà eu recours pour les législatives en 2017.
Et puis en 2019, le RN n'est pas le seul à penser à ce type d'emprunt. Il y a un autre parti qui lance un emprunt populaire, exactement sur le même modèle le 31 mars. Peut-être que vous vous en souvenez, M.
Coquerel. – Oui, quel rapport ? – C'était… – Quel rapport avec Steve Bannon et avec… – Parce qu'on parle de financement, donc voilà. – C'est un emprunt populaire, vous voyez ce que c'est ? – Oui, mais c'est exactement l'idée qui avait été reprise par le Rappelement national. – Mais oui, il y a un lien entre Steve Bannon qui parle de ça vis-à-vis du RN… – Non, je ne dis pas que Steve Bannon parle de LFI. – Je suppose que l'autre partie, c'est LFI. – Oui, c'est ça. – Donc vous arrivez à faire un lien parallèle. – Non, pas du tout.
Non, non, absolument pas. – C'est très fort. – Je dis que Steve Bannon prétend donner cette idée. – Oui, d'accord.
Donc vous, on fait un emprunt populaire auprès des militants, mais c'est peut-être pas Steve Bannon qui donne cette idée dans la mesure où le RN avait déjà l'enfer. – Je vais vous dire une chose. D'abord, je suis très content parce qu'il se trouve que Mathilde Bannon parle de cet aspect et du coup, ça vous amène à en parler. – On en avait déjà parlé. – Au-delà de votre comparaison qui, à mon avis, est vraiment déraisonnable.
Mais je souligne autre chose, c'est que c'est en lien avec ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire que Donald Trump, dans un document de stratégie nationale, parle très clairement d'aider les partis patriotes – entendez, partis d'extrême droite dans sa nature – pour les prochaines élections, parce qu'il considère que si ceux-ci gouvernent l'Europe, quelque part, ça va aller dans le sens de sa politique sur l'idéologie. – Vous avez tout à fait raison. – Et que donc, à partir de là, vous citez le nom de Steve Bannon qui a été l'idéologue de Trump et qui était un peu sombre armé.
Je trouve que du coup, ça mérite effectivement, à partir du moment où c'est aussi ouvertement affirmé, ça mérite effectivement de creuser le sujet. – Et on a compris que c'est l'un des points que vous souhaitez soumettre à cette commission – Entre autres, oui, entre autres, mais il y en a peut-être plein d'autres. – Et d'ailleurs, on demande qu'elle soit transpartisane. – Je pense qu'elle ne vise pas spécifiquement un parti. – Amélie de Montchalin, Éric Coquerel, Emmanuel Macron l'a choisi, elle est ministre du Budget pour diriger la Cour des comptes après le départ de Pierre Moscovici.
Décision qui provoque votre colère depuis hier. Vous estimez qu'elle n'est pas compétente pour ce poste ? – Non, non, c'est pas ce que j'écris.
C'est pas que je suis en colère, c'est que je trouve ça totalement inconsidéré. C'est pas qu'elle n'est pas compétente. C'est pas elle que je remets en question en termes de compétence. – Alors c'est quoi ? – Même si par ailleurs, elle ne fait pas partie du corps des magistrats financiers et habituellement, la plupart des présidents de la Cour des comptes en font partie.
Tout simplement, c'est qu'elle va être jugée partie. C'est-à-dire que la Cour des comptes, dans ses textes, et y compris dans les textes de chartes d'idéautologie des institutions financières, prévoit qu'elle doit être totalement indépendante, totalement impartiale, totalement dégagée de tout conflit d'intérêts. Et donc, son président, encore plus, ou sa présidente, Amélie Monchalin… – Elle pourrait pas examiner des mesures qui, par exemple, auraient été décidées dans le budget ? – Ça va être compliqué, par exemple. – C'est un exemple.
Elle est présidente du Haut Conseil des Finances Publiques, en tant que prenant la Cour des comptes. Elle va arriver à l'Assemblée nationale, en septembre prochain, en donnant un avis sur le budget qu'elle s'enorgueillit de commencer déjà à préparer maintenant. Donc, vous voyez bien que la proximité et son rôle dans les budgets publics, dans les comptes publics, fait qu'elle va se retrouver inévitablement jugée partie. – Vous ne pensez pas qu'elle peut se déporter de certains sujets ?
Si, par exemple, il s'agit de faire un rapport sur le musée du Louvre, le musée du Louvre, elle peut le faire. – Ça va être très compliqué de se déporter du cœur du sujet des comptes, qui sont les budgets de la nation. – Donc, vous demandez à Mme Lacroix de revenir sur ce choix. – Oui, oui, je pense qu'il faut qu'il revienne.
Je pense que c'est une décision, ou peut-être à elle de le refuser. Ça peut être aussi le cas, parce que c'est une décision où on voit bien qu'elle peut le juger partie. Il y a, par exemple, je prends un article 15 de la Charte de déontologie des juridictions financières, qui dit que, par exemple, dans les trois années précédentes, le président doit s'abstenir d'investigation délibérée concernant un organisme dans lequel il a eu des rôles, les trois années précédentes, et ils n'interveniront d'aucune manière sur un organisme ou un service où ils ont exercé des responsabilités au cours des trois dernières années.
Vous voyez, rien que ça, c'est quelque chose… – Ça, c'est dans les statuts de la Cour des comptes ? – Ça, c'est la Charte de déontologie de toutes les juridictions financières. – Ça veut dire quoi ? – Emmanuel Macron n'a pas lu… – Je pense que peut-être que presser de trouver quelqu'un, et peut-être aussi presser, de cadenasser quelque part toutes les institutions indépendantes avant qu'il ne parte, il ne s'est pas rendu compte, ou peut-être s'en est rendu compte, mais qu'il se dit que finalement ça va passer comme tout ce qu'il tente, de que Amine Monchard n'est pas la personne adéquate, je n'ai pas la personne, et sa fonction n'est pas… – Votre critique n'est pas sur la personne, et que vous ne dites pas comme certains, c'est la République des copains, les macronistes qui se casent de vous, c'est l'aspect conflit d'impérés qui vous embête. – Je parle en tant que président de la Commission des finances, donc je fais attention.
En tant que président de la Commission des finances… – Vous avez entendu, on n'a plus ce matin. – Malheureusement, d'ailleurs c'est peut-être quelque chose qu'il faut rectifier, c'est la seule présidente d'une institution financière sur laquelle nous n'avons pas à donner un avis. C'est dommage, parce qu'on aurait donné un avis, sinon il faut le changer.
Mais vous voyez bien que là, si je vous mets les éléments liés à la question de l'indépendance, l'impartialité, les conflits d'intérêts, et puis le juge est parti, elle ne coche aucune case. Donc voilà, il faut revenir en arrière. – Si Amélie de Monchardin était choisie malgré tout, elle pourrait, sa nomination serait irrévocable, c'est le terme, jusqu'à ses 68 ans, elle en a 40 aujourd'hui, ça veut dire qu'elle pourrait rester présidente de la Cour des comptes pendant 28 ans, est-ce qu'il faut revenir sur cette… – Certainement, oui, parce qu'alors là du coup… – Qu'on découvre aujourd'hui, d'habitude, on nomme plutôt des hommes, et uniquement des hommes, pour plutôt ton 60 ans. – Ça c'est un vrai problème, mais pourquoi votre avis… – Oui, c'est vrai, quand il y a une femme, vous n'en voulez pas ? – Bon, écoutez, là c'est pas ça… – C'était pour vous chercher. – On revient sur l'irrévocable. – On revient à des questions un peu servies, s'il vous plaît. – Irrévocable, 28 ans de mandat. – Non, mais justement, là ce qui se passe, pourquoi ça se passe comme ça ?
C'est qu'en général, celui qui devenait président, et vous avez raison malheureusement, trop souvent des hommes, c'était des Séguin, c'était des Jox, des Moscovici, en tout cas ils étaient en fin de carrière politique. Et donc on pouvait penser qu'ils étaient du coup, même s'ils avaient eu des rôles, ils étaient dégagés, ils étaient suffisamment indépendants du pouvoir politique du moment pour être président. Et donc c'était une fin de carrière.
Comme c'était une fin de carrière et que la butée c'est 68 ans, le plus jeune c'est Didier Migaud, 58 ans, bon ça fait 9 ans. Bon, là on se retrouve dans une situation totalement nouvelle. Alors, à mon avis, c'est ce qui aurait dû permettre qu'elle ne soit pas nommée, et là effectivement ça pose la question.
Moi je pense qu'il va falloir revenir, par exemple, à 10 ans maximum. Depuis Nicolas Sarkozy, tous les présidents, puisqu'il y avait des hommes de la Cour des comptes, étaient choisis dans l'opposition. Non, pas forcément.
Ah bah Didier Migaud, Pierre Moscovici, Philippe Séguin, vous avez fait dans le désordre. Est-ce que le poste vous intéresse ? Ah non, je suis trop âgé.
C'est-à-dire ? Parce que j'ai 67 ans et que dans un an...
Vous ne voulez pas le faire qu'un an. Mais je vais vous dire, le poste qui m'intéresse beaucoup plus, c'est à Bercy, une fois qu'on gouvernera avec Jean-Luc Mélenchon. L'année prochaine.
Bon, donc vous n'êtes pas candidat au poste. Et du coup, je ne serai pas à la Cour des comptes. Et du coup, vous ne serez pas à la Cour des comptes.
Un tout petit mot, puisqu'il nous reste une petite minute. Je sais que vous adorez parler du budget, mais le budget s'est fini. Il a été adopté via le 49.3, je ne refais pas tout le film.
Aujourd'hui, Sébastien Lecornu dit, il faut parler d'autre chose, agriculture, budget des armées, énergie. Est-ce que vous considérez comme lui que la bataille est terminée et qu'il faut passer à autre chose, et qu'il peut rester désormais, là où il est ? Il va rester ?
À part qu'on a quand même quelques recours au Conseil constitutionnel. Vous pensez qu'il va rester à Matignon ? Oui, je pense qu'il va rester, mais c'est intéressant ce que vous dites, parce qu'il va embrayer sur un sujet très important.
C'est la programmation pluriannuelle de l'énergie. Absolument fondamentale. Et on aura l'occasion d'en parler, parce que c'est très important.
Et il le fait par décret. Il le fait par décret, pas par loi. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il est minoritaire, c'est par décret ou par 49.3.
Pour celui qui nous a reproché de ne pas respecter les institutions et le Parlement, je dois dire que l'exercice continue à être compliqué. Mais je note que vous considérez désormais qu'il peut, il va rester à Matignon. Je pense qu'il me demandait, on analyse.
C'est clair que le texte qu'il était obligé de soumettre, c'était le budget. Il a réussi à le faire grâce aux socialistes. Il a réussi à le faire adopté par non-censure.
Mais je constate qu'il n'est pas au-delà de l'exécuté et qu'il ne va pas pouvoir passer tout par décret sur des textes sur lesquels il n'aura pas de majorité. Et c'est un texte dont dépend beaucoup de choses pour l'avenir des Français. On aura l'occasion d'en reparler.
Ça va occuper l'actualité dans les prochains jours. Merci beaucoup, Éric Coquerel, d'être venu ce soir sur le plateau de 60 Minutes. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Merci.
Éric Coquerel