L'invité de Bourdin Direct : Valérie Pécresse - 18/05
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8h34, Valérie Pécresse est avec nous, bonjour. Merci d'être notre invité, président de la région Île-de-France. Alors, le déconfinement a commencé depuis 8 jours maintenant, une semaine, et j'entends déjà, ça et là, le débat. Certains disent ça ne va pas assez vite, d'autres disent ça va trop vite. Quel est votre sentiment ? Ça va trop vite ou pas assez vite ?
Je crois qu'on est dans une progression et qu'il faut l'accompagner, mais il faut l'accompagner avec beaucoup de vigilance. L'Île-de-France, vous le savez, a failli ne pas être déconfiné. Donc on avance avec encore beaucoup de prudence. On est sous contrôle permanent. Je vous prends un seul exemple, les transports. Les transports sont déconfinés depuis 8 jours. Ça s'est globalement bien passé, mais ça s'est bien passé pourquoi ? Pour plein de raisons. D'abord parce qu'on a demandé à tous les Franciliens de rester au maximum en télétravail. Et il faut qu'ils continuent jusqu'au 2 juin à rester au maximum au télétravail.
On a demandé aux entreprises de lisser les heures de pointe, c'est-à-dire de faire arriver leurs salariés entre 6h30 et 10h30. D'ailleurs, elles pourraient le faire encore plus. On a une charte de dialogue social qui le prévoit. Elles devraient le faire encore plus. Et puis, on a réussi globalement, pas trop mal. Pourquoi ? Parce qu'on regarde jour après jour ce qui se passe dans les transports. Et on adapte jour après jour ce qui se passe. Donc vous voyez que tout cela se fait sous haute surveillance.
Voilà, je vais revenir sur la collaboration entre les régions et l'État. On s'est aperçu de l'importance des régions, du rôle des régions, pas que des régions d'ailleurs, des départements ou des municipalités. Mais est-ce que ce déconfinement se fait sur un bon rythme ? Valérie Pécresse, vous trouvez ?
Pour moi, parler de rythme national, ça n'a pas de sens. N'a pas de sens. Vous venez de le dire. Oui. Quel est le rapport entre une région, vous avez un nom, Grande Aquitaine, dont on pense que 1,5% de la population a été touchée, ou l'Île-de-France, où près de 15% de la population a été touchée ? Ça n'est pas la même chose. Et donc, je pense que le rythme du déconfinement ne doit pas être le même selon les territoires. On doit pouvoir s'autoriser un petit peu plus de vitesse, puisque vous parlez de vitesse, dans des régions qui sont beaucoup moins touchées. Tout ça, évidemment, en veillant à ne pas faire repartir l'épidémie.
Alors, je vais être très concret. Est-ce qu'il faut ouvrir tous les parcs et jardins à Paris et en Île-de-France ? Oui ou non ? C'est ce que demande la maire de Paris. Anne Hidalgo, quelle est votre position ?
Moi, j'y suis favorable à condition qu'il y ait plus de contrôles. Parce que, vous le savez, l'Île-de-France, est réouverte, c'est 39 forêts. Donc, on a 39 forêts en Île-de-France qui sont réouvertes. Je pense que dans une région comme la nôtre, notamment à Paris, où tout le monde est confiné dans de petits espaces, le fait de ne pas réouvrir les parcs et jardins, ça peut avoir un effet pervers, celui qu'on a vu ces derniers week-ends, de gens qui sont entassés sur des quais du canal Saint-Martin, etc. Donc, oui, je pense qu'il faut les réouvrir, mais avec beaucoup de contrôles, pour vérifier qu'il n'y a pas d'attroupement et que les règles de distanciation sociale sont bien...
Ouvrir les bases de loisirs, les piscines, les terrains de sport ?
Alors, les piscines, c'est un petit peu plus compliqué, les terrains de sport aussi, parce que c'est des sports collectifs. On se touche dans les sports collectifs. C'est un certain nombre de sports collectifs. Le rugby, je pense que vous devez être un amateur. Oui, j'adore ça. Donc, il y a des sports où on se touche. Donc, là, c'est vraiment aux autorités sanitaires de nous donner les clés. Mais, en revanche, les parcs pour la promenade, pour la respiration, pour aérer la ville, bien sûr.
Bien. Et les bases de loisirs ?
Les bases de loisirs, je le crois aussi, parce que c'est le jardin de ceux qui n'en ont pas. Après, les piscines, c'est un autre problème.
Bien. Les cafés, bars, restaurants, fin mai, début juin, vous demandez cette ouverture ?
Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on travaille, et je sais que le gouvernement le fait, avec la Fédération des Cafés-Restaurants, sur un protocole qui soit un protocole crédible. Parce que le problème des restaurants, et vous le savez, c'est est-ce qu'ils peuvent survivre en n'ayant qu'une seule table sur deux qui est occupée ? Est-ce qu'ils ont un modèle économique ? Et donc, moi, je suis très inquiète pour le secteur des cafés-restaurants. J'ai d'ailleurs appelé solennellement le secteur des assurances, parce que vous savez qu'un certain nombre de cafés-restaurants ont pris des assurances de perte d'expagation, et qu'il y a un certain nombre d'assurances qui refusent... De compagnie, oui.
De compagnie, qui refusent de payer ces pertes d'exploitation. Il y en a un certain nombre d'autres qui, comme le crédit mutuel, la société générale, le crédit agricole, ont dit, c'est notre devoir moral de compenser ces pertes d'exploitation. Les mutualistes, les assureurs mutualistes. Exactement. Et ils ont fait un fonds de solidarité. Moi, je dis, j'appelle tout le secteur des assurances à vraiment prendre en compte ce devoir moral. Vous les avez appelés ? Ce devoir moral. Je leur ai écrit.
Vous leur avez écrit. Bien, Valérie Pécresse, les élèves de collège 6e, 5e retrouvent les classes en zone verte. Je dis bien en zone verte. Est-ce que vous souhaitez que les collèges et lycées rouvrent rapidement en zone rouge en Ile-de-France ?
Si c'est possible, sanitairement, si c'est possible sanitairement, je pense que pédagogiquement, ce serait utile. Je le pense, parce que je pense qu'avoir au moins un mois encore de reprise de contact avec les professeurs, la classe, pouvoir avoir peut-être aussi quelques notes supplémentaires. quelques notes supplémentaires pour ceux qui ont eu un mauvais premier trimestre et qui se retrouvent, je pense aux élèves de première, de terminale, qui se retrouvent avec un contrôle continu qui n'est pas bon. Vous savez que les notes de confinement n'ont pas été prises en compte. Donc, vous avez des élèves qui ont fait un mauvais premier trimestre mais qui ont travaillé pendant le confinement.
Donc, il faut qu'on puisse essayer, je pense, de réouvrir si c'est possible. Et d'ailleurs, la région s'y prépare. On est en train de nettoyer et de remettre en place, de désinfecter tous les lycées de l'Ile-de-France. On sera prêt à réouvrir en juin si les autorités sanitaires nous autorisent.
Vous souhaitez cette réouverture ?
Je pense que pédagogiquement, pour les élèves, ce serait bon de réavoir un contact avec la classe avant la fin de l'année. Mais comment faire pour les cantines ? Et notamment pour les décrocheurs, mais pas que.
Mais pas que. Et pour les cantines, comment faire ?
Alors, pour les cantines, à ce stade, nous ne prévoyons pas la réouverture, nous prévoyons des paniers repas qui pourraient être distribués aux élèves.
Vous pourriez, la région pourrait distribuer des paniers repas ?
Absolument, absolument. C'est ce qu'on est en train de préparer.
C'est ce que vous êtes en train de préparer ?
Parce que sinon, c'est très compliqué de réouvrir des cantines, vraiment.
Bien sûr. Les transports, on en parlait tout à l'heure. L'AIRATP, fin mai, 100% de son offre ? Valérie Pécresse ?
En tout cas, c'est l'objectif. L'objectif, c'est que d'ici le 2 juin, qui est la période que l'État nous a donnée, on soit vraiment à 100%. On va même essayer d'anticiper au maximum pour avoir plus d'offres. Mais là encore, M. Bourdin, je vous le dis tout de suite, 100% de l'offre, ça veut dire 25% des passagers. Ça veut dire que dans un RER où on met 700, on met, pardon, un RERA où on met 2500 personnes tous les jours, on ne pourra en mettre que 700. Dans un métro où on met 700 personnes tous les jours, on ne pourra en mettre que 200. Donc, si on veut respecter cette décision de distanciation physique, on est obligé d'avoir qu'un tiers des personnes dans les trains.
Ça nécessite un filtrage qui doit se poursuivre. J'ai écrit à M. Castaner, ça s'est bien passé la première semaine. Policiers et gendarmes ? Oui, ça s'est bien passé la première semaine parce qu'il y avait ce filtrage. Si ce filtrage, si les policiers ne sont pas là pour prêter main forte, vous le savez, les transports, c'est un grand goulet d'étranglement et on aura des effets de foule que nous ne voulons pas avoir. Alors peut-être, et c'est ce que je souhaite, l'épidémie va suffisamment régresser pour que le 2 juin, on puisse alléger ses obligations.
Parce que vous savez qu'on est l'un des seuls pays d'Europe à imposer la distanciation sociale dans les transports en commun pour rassurer la population et éviter la propagation du virus. Donc on est l'un des plus stricts
au monde. L'un des plus stricts au monde, c'est vrai. Vous demandez donc une prolongation du renfort des policiers et gendarmes.
Absolument. Prolongation du télétravail au maximum jusqu'au 2 juin et au-delà et lissage des heures de pointe pour les entreprises. Vraiment, j'y insiste parce que ça peut, à l'avenir, le télétravail et le lissage des heures de pointe résoudre nos problèmes écologiques. Ça peut résoudre le problème des embouteillages en Ile-de-France.
Si au lieu d'arriver tous, de reprendre nos mauvaises habitudes après le confinement, de réarriver tous entre 8h et 9h, on arrivait tous entre 6h30 et 10h30, pas tous à 6h30 tous les jours, pas tous à 10h30 tous les jours, mais qu'on espacait nos arrivées sur une tranche horaire large, on n'aurait plus d'embouteillage en Ile-de-France et on n'aurait plus ces transports congestionnés une heure par jour. Parce que c'est ça la vérité. Et les franciliens sont en train de découvrir qu'on peut prendre des transports en commun sans être serrés les uns contre les autres.
Le dépistage, 5 millions de tests sérologiques à disposition des associations, des entreprises et des collectivités en Ile-de-France. C'est bien ce que vous annoncez. des tests sérologiques, pardon, mais qui ne sont pas très fiables, Valérie Pécresse, pour l'instant.
Si, les tests sérologiques que nous allons mettre à disposition pour les soignants et pour ceux qui souhaitent en acheter et en disposer, les personnes fragiles notamment en matière de santé, ces tests sérologiques, c'est une brique supplémentaire dans la politique de déconfinement. C'est quoi cette brique ? C'est de permettre de savoir si vous avez eu le virus ou pas. Les tests sont très fiables. Ils ont été testés par l'Institut Pasteur.
Ces tests ne permettent pas de savoir si une personne est immunisée ou pas.
Alors, ils permettent de savoir si on a eu le virus et il semble, je le dis avec beaucoup de prudence, il semble que le fait d'avoir eu le virus donne une forme d'immunité, une forme d'immunité. À ce stade, on ne s'en sait pas plus. On n'en sait pas plus. On n'en sait pas plus. On ne sait pas si cette forme d'immunité est durable ou pas. Mais vous savez, on est en train de chercher, on est en train de chercher et donc on va se trouver. Petit à petit, ces tests qui sont importants notamment pour les personnels soignants. Les personnels soignants qui sont beaucoup au contact du virus voudraient savoir si elles ont eu le virus ou si elles ne l'ont pas eu.
Et de cette réponse dépend aussi la stratégie de l'hôpital, la stratégie de mettre en avant telle personne ou telle autre. Pareil pour les personnes qui sont en grand risque de santé. Si vous êtes diabétique, si vous êtes en surpoids, si vous êtes immunodéprimé, si vous avez des gros risques, savoir que vous avez eu le virus ou savoir que vous ne l'avez pas, ça peut vous conduire à vous protéger davantage ou à ne moins vous protéger ou en tout cas à reprendre une vie plus normale. Donc cette information, les Français souhaitent l'avoir et c'est l'État qui va définir comment cette information peut leur être donnée. Aujourd'hui, il y a un décret qui va paraître.
Mais moi, ce que je voulais, c'est qu'on ne soit pas dans cette politique de testing, qu'on ne soit pas en retard et qu'on soit prêt. Donc on sera prêt et il y aura 5 millions de tests à l'achat sur la plateforme de la région pour tous les professionnels de santé qu'ils voudront entre 8 et 9 euros le test. Ils doivent être faits en présence d'un professionnel de santé. L'État va dire comment ça va se passer et nous, nous en donnerons 150 000 aux soignants d'Île-de-France en signe de reconnaissance. C'est parce qu'ils ont envie d'avoir cette information.
Vous savez, moi je me déplace dans tous les hôpitaux d'Île-de-France et les soignants veulent savoir s'ils ont eu la maladie ou s'ils l'ont payé.
Bien, Valérie Pécresse, puisque vous parlez des soignants, parlons-en. Les soignants qui demandent des hausses de salaire et notamment infirmiers et infirmières qui demandent 300 euros pour revenir à la moyenne européenne. Est-ce que le gouvernement doit répondre à cette demande ?
Plus largement, il faut un vrai plan de relance qui passe par la réforme de la santé. Oui, oui à la revalorisation des salaires.
300 euros, vous dites oui.
Oui à la revalorisation des salaires des personnels de santé, toutes catégories confondues, mais aussi oui à une réorganisation profonde de notre système parce que ce qu'on a vu Jean-Jacques Bourdin, c'est en fait qu'il faut fonder notre système de santé sur la coopération, qu'il faut arrêter que chacun soit dans son couloir, qu'il faut arrêter que les urgences hospitalières accueillent toutes les personnes qui devraient être traitées par la médecine de ville, qu'il faut repositionner notre hôpital sur les vraies urgences, qu'il faut aussi débureaucratiser tout ce système, essayer de faire mieux aussi en mutualisation.
Revoir le carcan des 35 heures à l'hôpital ?
Non, revoir plutôt le carcan des normes publiques, je le dirais comme ça, parce qu'aujourd'hui, l'hôpital public, il a toute une série de procédures, d'appels d'offres, de règles administratives qu'il doit respecter, et on s'aperçoit que des structures qui sont plus souples, structures associatives, par exemple, sans but lucratif, fonctionnent en coûtant beaucoup moins cher, et c'est le coût de la norme. Vraiment, ce que je ressens, c'est que cette crise a montré l'échec du modèle bureaucratique français.
On a trop de normes, on a trop de règles à respecter, ça nous empêche d'avancer, ça nous empêche d'agir, et on l'a vu, pourquoi les régions ont été plus agiles que l'État pour se procurer des masques, pourquoi elles ont été plus agiles que l'État dans les aides économiques de proximité, dans l'accueil des sans-abri, mais parce qu'on n'a pas de normes, on a beaucoup moins de normes à respecter, et puis on s'en est affranchis. Et on s'en est affranchis.
Comme en Allemagne, d'ailleurs.
Absolument.
Bien, la médaille de l'engagement, vous trouvez que c'est une bonne idée, ça ou pas ?
Écoutez, moi je pense qu'effectivement, c'est symbolique, mais le symbolique, ça a du poids et de la puissance. Moi, je suis favorable. Vous y êtes favorable. Je suis favorable, mais évidemment, ce n'est pas pour solde de tout compte, et ça ne nous exonère pas de réformer complètement notre système de santé.
Bien, la relance économique, taxer les plus riches, rétablir l'ISF ?
Ce que je crois, c'est que si on commence par partir sur le concours lépine des hausses d'impôts, il n'y a qu'une seule chose qui va se passer, c'est qu'on va complètement casser la relance. Donc, zéro hausse d'impôts, pour moi, c'est une ligne rouge. Ni ESF, ni... Mais en revanche, là où vous avez, je pense, raison, c'est qu'il va falloir qu'on fasse tous des gestes de solidarité. Parce que la vérité, c'est que la crise sociale, elle est devant nous. La crise sanitaire, j'espère qu'elle est derrière, avec beaucoup de vigilance. En tout cas, on l'a prise à bras le corps, mais la crise sociale, la crise économique, elle est devant nous.
Et donc, ça veut dire qu'il va y avoir une montée de la précarité. Et donc, ça veut dire qu'il va falloir faire des gestes de solidarité. Tous, là où nous sommes et avec les moyens que nous avons.
Mais alors, gestes de solidarité, c'est quoi ? Certains demandent aux salariés de travailler un petit peu plus. Non, pour moi, c'est un geste de solidarité ou pas. Non, pour moi, attendez, ce n'est pas provocateur. Vous êtes provocateur. C'est volontairement qui demande ça.
Volontairement provocateur. Le vrai sujet, ça va être de remettre dans l'emploi tous ceux qui aujourd'hui en sont privés, en sont éloignés et faire redémarrer toutes les entreprises qui ne peuvent pas redémarrer. C'est ça la priorité et ce n'est pas faire de la provocation sur le temps de travail.
C'est de la provocation sur le temps de travail ?
Aujourd'hui, ça ne peut être vécu que comme ça par des millions de chômeurs qui ne demandent qu'à retravailler. C'est ça la situation aujourd'hui. Et d'ailleurs, si on fait un plan de relance et il doit être très puissant, je pense que l'emploi doit être le cœur et la baisse des cotisations et des charges sur l'emploi doit être au cœur. Il faut baisser les charges patronales. Il faut aussi... Moi, j'ai très peur, M. Bourdin. J'ai très peur des jeunes. J'ai très peur... Enfin, pas des jeunes, pour les jeunes. J'ai très peur pour les jeunes. J'ai très peur d'une génération sacrifiée, de jeunes qui vont avoir leur diplôme, leur CAP, leur bac, leur diplôme.
Là, leur qualification, en juin, et que personne ne va recruter. C'est pour ça que j'ai demandé à l'État de faire un plan zéro charge sociale pour l'embauche des jeunes pendant deux ans, pour éviter qu'on ait cette génération sacrifiée. Pas de charge sociale pour l'embauche d'un jeune
pendant deux ans.
Absolument. Mais vous savez, je vous parlais de solidarité. Je vais vous donner un exemple de geste de solidarité que je trouve très parlant. À la région, les directeurs de la région se sont réunis et ont dit nous allons donner des jours de RTT aux associations caritatives pour lutter contre la pauvreté. Ça veut dire quoi ? Ils disent on a des RTT, on ne va pas les prendre, on les donne, la région s'engage à les transformer en argent, puisqu'un jour de RTT, ça vaut de l'argent, de les transformer en argent et cet argent on le donnera aux associations caritatives.
Même dans la fonction publique où on n'a pas des salaires mirobolants, il y a des gestes de solidarité qu'on peut faire, des dons qu'on peut faire, on peut donner ces RTT. Et donc vous voyez, quand on est chef d'entreprise, quand on a des hauts salaires, en revanche, les gestes de solidarité peuvent être en espèce.
Et permettre aux salariés de donner des RTT au personnel soignant. Mais permettre aussi aux dirigeants de réduire leurs rémunérations.
Moi je pense que les dirigeants devraient aussi réfléchir à réduire leurs rémunérations.
Quels dirigeants ? Lesquels ?
Les dirigeants, ceux qui pensent qu'ils touchent des salaires très élevés et que dans cette période il y a des gestes de solidarité à faire.
Vous allez diminuer votre rémunération puisque vous êtes dirigeante ?
Oh, écoutez, c'est des choses qui peuvent s'envisager aujourd'hui.
Vous pourriez aujourd'hui décider de dire je vais baisser un temps ma rémunération pendant je ne sais pas
trois mois ? En tout cas, moi ce que je pense c'est qu'aujourd'hui nous allons tous être appelés à faire des dons. Et donc ces dons, il faut qu'on réfléchisse comment on va les faire. Soit ce seront des dons à des associations caritatives, soit ce seront des réductions de salaires. Je pense qu'il va falloir qu'on se mette tous dans cette logique de lutter contre la précarité. Mais qui doit réduire ce salaire ?
Tous les élus, tous les directeurs d'administration, je ne sais pas.
Monsieur Bourdin, vous savez, la France a montré des trésors de solidarité dans cette période et il va falloir continuer. Je vais vous donner d'autres exemples. Allez-y. Aujourd'hui, nous lançons un grand plan de lutte contre la précarité. Qu'est-ce qu'on a fait ? Eh bien, on a décidé qu'on allait acheter tous les surplus alimentaires de nos agriculteurs, tous, jusqu'à la fin de l'année. Et que tous ces surplus alimentaires, on allait les donner. On va les distribuer dans les lycées d'Île-de-France.
C'est-à-dire que la région va acheter tous les surplus des agriculteurs de la région. Absolument.
Et on a commencé. Et on va les distribuer. Et on a commencé. On a déjà fait des distributions dans une dizaine de villes populaires parce qu'aujourd'hui, malheureusement, vous le savez, il y a des personnes qui n'ont pas eu de revenus depuis deux mois et qui peinent à trouver à manger. C'est ça la situation de la France. Mais de la même façon, Emmaüs a crié au secours et la région va donner 250 000 euros dans le cadre de la souscription des communautés Emmaüs qui n'ont pas pu travailler pendant le confinement. Pour les familles les plus modestes, les familles des lycéens les plus modestes, nous allons donner une aide pour 109 000 familles pour remplacer les cantines.
Parce que vous savez que la cantine, ça permettait aux familles en réalité d'avoir un repas équilibré très subventionné par la collectivité. Le fait de ne pas avoir eu de cantine pendant deux mois, c'est des coûts pour les familles qu'on a évalués à peu près 60 euros. Donc on va donner cette aide de 60 euros à 109 000 familles pour leur permettre de retrouver le pouvoir d'achat qu'elles avaient pendant le confinement. Donc vous voyez, toute cette question de la lutte contre la précarité va être au cœur à mon sens des politiques.
Je pense aussi à la précarité étudiante, je pense à la précarité de tous ces jeunes qui aujourd'hui ont été confinés, n'ont plus de petit boulot pour travailler, pour améliorer leur fin de mois. Donc sur tous ces sujets-là, la région sera présente.
Dernière question à les municipales. Est-ce que le second tour doit avoir lieu en juin ?
Je crois que les municipales doivent avoir lieu le plus tôt possible, dès que sanitairement... Vous demandez, parce que vous avez vu,
beaucoup de maires demandent le 28 juin, demandent à ce que ce second tour ait lieu le 28 juin.
Ce n'est pas dans mon pouvoir de fixer la date, mais là où je les rejoins totalement, c'est qu'il faut avoir des maires rapidement. Pourquoi ? Parce que le plan de relance passera par les maires, passera par la commande publique, passera par les permis de construire, passera par le redémarrage d'un certain nombre de travaux qui vont donner de l'emploi. Donc il nous faut des maires en place légitimes qui peuvent faire des travaux. Vous savez qu'un maire en campagne ne lance jamais de travaux dans sa ville. Donc il faut des maires élus rapidement, dès que c'est possible.
Merci Valérie Pécresse d'être venue nous voir ce matin.
Valérie Pécresse