Intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale (4 juin 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:16Invité politiqueChiffre
« Selon le journal Les Echos, qui n'est pas, je crois, un journal révolutionnaire, les frais de tenue des comptes et d'intervention ont bondi de 1000% en dix ans. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Nous avons les frais bancaires les plus élevés d'Europe. »
- 4:35Invité politiquePromesse
« La seule vraie mesure qui permettrait d'assainir le secteur financier français serait la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires »
- 4:56Invité politiqueFait
« En 2007 et 2008, pendant la crise de 2008-2009, la France a aidé les banques sans prendre de participation et a perdu des milliards d'euros quand ensuite les banques ont remboursé les prêts. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan94 %
- ?6 %
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Merci
Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, Monsieur le Rapporteur. Enfin, le scandale des frais bancaires, véritable raquette organisée des banques contre les Français,
va
faire l'objet d'un vrai débat. Et je voudrais remercier le rapporteur Alexis Corbière,
qui
a permis de faire aboutir ce projet attendu de millions de Français, et qui devrait faire l'objet d'un consensus entre nous.
Cela
fait d'ailleurs plusieurs années que je propose l'encadrement strict
des
frais bancaires à travers des articles dans différentes propositions de loi que j'avais déposées, notamment pendant la crise des Gilets jaunes. Une fois n'est pas coutume, donc je voterai à 100% la proposition de la France insoumise. Je la voterai pour trois raisons.
Pour
trois raisons.
La
première, car la position des banques s'apparente à un abus de position dominante.
C
'est un véritable drame humain pour des millions de nos concitoyens, et vous l'avez déjà dit, je ne vais pas insister, mais une spirale abominable qui a un coût social, psychologique, de santé terrible dans notre pays.
C
'est aussi un drame, et on ne le dit pas assez, pour tous les petits entrepreneurs qui sont raquettés en permanence par le système bancaire aujourd'hui, et qui sont obligés de mettre la clé sous la porte.
Selon
le journal Les Echos, qui n'est pas, je crois, un journal révolutionnaire, les frais de tenue des comptes et d'intervention ont bondi de 1000% en dix ans.
L
'autorité de la concurrence a prononcé des sanctions pour entente. Nous avons les frais bancaires les plus élevés d'Europe.
Alors,
il est temps de voter cette loi.
Il
est temps, et c'est la deuxième raison pour laquelle je la voterai, d'en finir avec ces fameux codes de bonne conduite, qui ne sont qu'un prétexte pour céder à des lobbies et faire de la communication bas de gamme. Monsieur le ministre, vous êtes une tartufferie incroyable.
Vous
nous avez expliqué, mais oui, parce que ça dure depuis des années, vous nous avez expliqué que nous avions une bonne méthode.
Mais
vous avez reconnu vous-même, vous avez reconnu vous-même, que vous alliez
recommencer. S'il vous plaît, chers
collègues. Et vous allez recommencer avec le secret de Bercy, une usine à gaz. Une usine à gaz avec des critères, bien évidemment très compliqués à appliquer, bien évidemment qui demandera encore plus de fonctionnaires pour surveiller. Rien ne sera surveillé, vous ferez confiance à vos amis banquiers. Et puis à la fin, vous nous direz, dans deux ans, ah oui, ça n
'a
peut-être pas suffisamment marché, on va réinventer un nouveau code de bonne conduite. Et pendant ce temps-là, ce sont des familles qui n'en peuvent plus. Et ce sont des milliards qui passent de la main des plus pauvres aux plus riches de notre pays. Bien évidemment, je ne m'attendais pas à ce que vous approuviez cette proposition, mais quand même, osez, osez dire, osez dire que la proposition va favoriser les ménages aisés, alors que vous savez très bien que depuis dix ans, et c'était aussi un des articles d'un journal financier, les banques ont segmenté les clientèles,
et
que plus ils font des gestes commerciaux pour éviter que la clientèle aisée parte ailleurs, plus ils vont pressurer ceux qui ne peuvent rien faire d'autre que de rester dans la banque, parce que sinon, ils ne peuvent plus vivre.
Vous
savez aussi, vous savez aussi très bien que l'argument des 360 000 emplois n
'est
pas solide, car les premières victimes aussi de ce système, ce sont les employés de banque, qui n'en peuvent plus
de
ce qu'on leur demande de faire. Et de surcroît, si l'on suit votre raisonnement par l'absurde, cela voudrait dire que pour sauver des emplois, on doit mener une politique socialement inacceptable ?
Cela
veut dire que tout est permis
? Tout
est permis, mais pas, en revanche, le contrôle par votre part des activités spéculatives de certaines banques que vous avez laissées faire,
pas
les salaires exorbitants que vous aviez promis aussi de réglementer par des codes de bonne conduite. Donnez les salaires des plus hauts banquiers français, donnez-les, pas par les pantouflages des hauts fonctionnaires de Bercy, qui sont l'un à la Bank of America, l'autre à telle autre banque, et qui, bien évidemment, relaient les prises de position des banques, notamment dans les privatisations de
l
'aéroport de Paris, dont vous êtes le complice. Alors,
tout
cela devient fatigant. Et je voterai cette loi parce que les Français n'en peuvent plus de cette fausse bonne conscience, de cette partialité permanente, de cette impuissance publique dont vous êtes responsable. L'État s'est couché depuis des années face à un secteur bancaire
qui, si
en plus il avait financé l'économie, aurait pu, à la rigueur, mais qui, en plus, a refusé de financer nos PME, qui a préféré jouer l'argent sur les marchés financiers. Voilà pourquoi la seule vraie mesure qui permettrait d'assainir le secteur financier français serait la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires pour que l'épargne des Français, si abondante, nous avons un des plus forts taux d'épargne, puisse aider à la relocalisation auprès à l'implantation de nos entreprises. En 2007 et 2008, pendant la crise de 2008-2009,
la
France a aidé les banques sans prendre de participation et a perdu des milliards d'euros quand ensuite les banques ont remboursé les prêts. Alors, il est temps d'en finir avec ce système insupportable qui dégoûte les Français. Je regrette que votre gouvernement n
'ait
pas conscience de la colère qui monte face à votre partialité. Vous défendez une oligarchie bancaire et financière au détriment de l'emploi, au détriment de la justice sociale. Et voilà pourquoi je voterai ce texte à 100%.
Merci,
monsieur le député.
Nicolas Dupont-Aignan