"Les fruits et légumes ont augmenté de 10% cette année"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Peut-on encore bien manger en France face à l'augmentation du prix des légumes et des fruits et des ? On en parle avec nos deux invités, Nadia Ziane qui est directrice consommation à la Fédération nationale Familles rurales. Bonjour Nadia.
Bonjour. Et Bruno Vilain qui est président UDC Rougeline et coprésident de Légumes de France, sachant que Rougeline est une c'est une on va je sais pas comment on pourrait dire une pas une coopérative mais c'est une spécialisée tomates. Oui, bonjour tout à fait oui, une union de coopératives.
Voilà, union de coopératives. Excusez-nous, émission un peu spéciale, vous l'avez entendu sur Sud Radio hein, on est on est à fond en train d'aider et en train de parler de cette réalité des incendies. On va faire ce point avec vous sur ce qui se passe suite aux aux augmentations du prix des fruits et des légumes.
On annonce plus 30 % d'ailleurs, Nadia, vous avez avec les Familles rurales fait une étude que l'on peut retrouver sur votre site. Oui, absolument. En fait, on on on regarde le prix des produits et des fruits et légumes en particulier au mois de juin pour savoir si cette recommandation de santé publique que tout le monde a en tête, manger au moins cinq fruits et légumes par jour et par personne, est économiquement accessible.
Alors, cette année, ce dont on se rend compte, c'est que le les fruits et les légumes hein sont des des produits très climato-sensibles. Donc, il y a une partie de l'augmentation qui s'explique, mais les légumes ont quand même augmenté de 10 % en conventionnel et de 7 % en bio. Donc, ça nous inquiète forcément puisque plus les prix augmentent et plus ça impacte les les budgets les plus modestes pour accéder à ces produits dont chacun a besoin, j'insiste sur ce point, pour être en bonne santé.
Comment est-ce que l'on peut expliquer au tout le moins Bruno Vilain, vous qui êtes président de Rougeline et coprésident de Légumes de France, comment on explique cette augmentation de pratiquement 30 ? Alors, déjà ça ça mérite évidemment un petit peu de pédagogie. Juste quand même parce que au vu des événements, permettez-moi juste avoir une pensée quand même pour les gens sinistrés là de des incendies et tout ce qui lutte contre les incendies, parce que c'est terrible, y compris pour les agriculteurs.
Oh là là, oui. Au niveau au niveau de de la formation des prix des fruits et légumes, en fait, les prix sont formés selon l'offre et la demande. Et la consommation forcément détermine euh le les évolutions du prix.
Cette année, les légumes ont été impactés par des aléas climatiques cet hiver par énormément d'inondations et cet été par les canicules. Ce qui a affecté en fait les niveaux de production, certains producteurs ont perdu 50 % de leur production à cause de la canicule. Ce qui crée une sorte de raréfaction de l'offre et à côté, on a une climatologie qui pousse à la consommation de produits de saison, les tomates, les concombres, les melons, pastèques et cetera, qui crée une demande plus forte liée à la météo, ce qui génère en fait des augmentations et des évolutions de prix ben liées à ce structuration du marché.
Hmm. Donc ça, c'est l'avis des producteurs de fruits et légumes, l'offre et la demande au quotidien. Pour vous donner quelques exemples, sur le mois de juin, moi producteur de tomates, mon prix a varié de 90 centimes au plus bas à 2,10 au plus haut dans le mois.
Waouh, mais mais c'est ? Et mais mais ? Mais ?
Mais parce que quand on a des semaines où on a énormément de demandes de nos clients et qu'on a pas de volume, ça crée une augmentation des prix. Et à contrario, quand l'offre augmente et la demande diminue, les prix baissent. Donc comparer des prix d'une année sur l'autre d'un mois de juin et un mois de juin, si les conditions de marché ont évolué, ben c'est pas représentatif de la réalité des prix aux producteurs.
Pour autant, juste les augmentations de prix des producteurs en coût de production, elles sont réelles puisqu'avec l'inflation que nous avons eu, c'est 16,5 % d'augmentation des prix de main d'œuvre depuis 4 ans, la main d'œuvre représentant 40 % de mon coût de production moyenne. Les engrais cette année avec les blocages au détroit d'Ormuz ont doublé. Les prix des emballages ont augmenté, donc les producteurs Le ?
Subi. Et les carburants évidemment, des augmentations significatives de coût de production. Alors, je vais je vais je vais redonner la parole aussi à Nadia Ziane.
M'excusez-moi, mais vous savez qu'on a malheureusement cette actualité qui qui qui est prioritaire aussi par rapport aux incendies, donc on va pas pouvoir faire très long sur ce sujet. On aura l'occasion d'en reparler hein sur Sud Radio, vous inquiétez pas. Nadia Ziane, le problème, c'est que quand on a nous consommateurs le choix entre un légume importé moins cher mais de moindre qualité qui a le droit d'utiliser des pesticides qu'on n'a pas le droit d'utiliser en France et cetera et un légume français beaucoup plus cher, comment on fait ?
C'est-à-dire qu'on va aller évidemment sur ce qu'il y a de moins cher Nadia Ziane. Alors, le débat il est pas forcément ici hein parce que d'abord on va casser une idée reçue, les les fruits et les légumes français coûtent pas beaucoup plus cher que les fruits et légumes étrangers. En réalité, quand vous consommez des produits de saison, vous pouvez tout à fait accéder à des produits français à des prix Je vais vous embêter 2 secondes, mais j'ai j'ai acheté des tomates de Provence parce que moi je privilégie la France 8,99 sur le marché, 8,99 le kilo.
Le petit Carrefour qui était à côté, ils avaient des tomates à 4,50 made in Spain. Parce que les les tomates ont été particulièrement impactées par les par les conditions météo qu'on a eu hein, sachant qu'effectivement ces conditions météo, elles ont été aussi vérifiées chez nos voisins espagnols et portugais. Mais si vous voulez, si vous isolez chaque fruit et légume, je rejoins tout à fait ce qui a été dit juste avant.
Il y a un certain nombre d'éléments qui justifient ces augmentations. Ce qui nous pose problème, c'est pas tant que les producteurs se rémunéreraient trop cher ou mentiraient sur combien ça coûte de produire. C'est pas ça du tout.
En réalité, vous avez deux perdants dans cette chaîne, ce sont les producteurs et les consommateurs. Et je vous explique pourquoi. Monsieur a tout à fait raison de dire "Sur un an, il y a un certain nombre de choses qu'on peut expliquer." Là, l'augmentation du prix de la tomate s'explique par les conditions climato climato logiques.
Donc, c'est pas le sujet. Il faut Pardon, climatiques. Ce qu'il faut regarder, c'est sur le long terme.
Sur les 10 dernières années, quand on a une inflation générale à 20 % une inflation des prix de l'alimentaire à 33 % et une inflation des prix du prix des fruits et légumes à 60 % c'est là que ça interroge. Parce que on n'a pas des des météos qui expliquent que les prix augmentent tous les ans. Ça ça ça c'est ça c'est pas vrai de le dire.
Et donc, on s'intéresse à Donc, si c'est pas que la météo, si c'est pas que les conditions liées aux intrants et cetera, qu'est-ce qui explique que ces prix augmentent de manière si significative sur cette longue période de 10 ? Et là, et on est aidé heureusement par un rapport du Sénat qui vient d'être rendu sur les marges. On a un vrai sujet autour de la manière dont la grande distribution construit ses marges.
Et dans les quelques chiffres officiels dont on dispose, ce qu'on sait, et ça c'est une tendance longue ces 10 dernières années, c'est qu'elle construit de la marge sur le rayon des fruits et légumes et qu'elle perd de l'argent sur d'autres rayons. Je vais vous donner un chiffre qui qui qui qui parle de lui-même. Euh, on sait que le le rayon des fruits et légumes a produit 200 millions d'euros de bénéfices après impôts à la grande distribution quand le rayon de la viennoiserie pâtisserie a produit des pertes de 65 millions.
Donc, très concrètement, c'est un choix aussi de la grande distribution de marger sur ses produits au détriment tant des producteurs que des consommateurs et de faire de la perte sur d'autres. Et c'est cette logique-là qu'il faut changer. Je j'aurais tendance à vous dire producteur consommateur même combat sur ce sujet.
Et ben je pense effectivement et malheureusement on va devoir en rester là que votre invité Bruno Villa qui est fait partie de Rouge laine entre autres qui est maraîcher cerise producteur de tomates dans les Pyrénées-Orientales également ne peut être que sans doute d'accord avec ce que vous dites. Je suis désolé, on va devoir en rester là sur ce sujet. Je vais conclure avec cette question évidemment que l'on vous posait aussi hein sur la page YouTube de Sud Radio fruits et légumes face à la hausse des prix peut-on encore bien manger en ?
Je rappelle que vous êtes 82 % à dire non et vous êtes nombreux aussi à réagir sur la page Facebook de Sud Radio. On va effectivement continuer à parler dans quelques instants de ces incendies en France et particulièrement celui de la Gironde bien sûr mais juste avant il y aura le retour de l'information. Sud Radio Parlons-vrai.
Adel Ziane