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interviewC dans l'air· 13 décembre 2024 9 min

Matignon : des urgences... et un Premier ministre ce soir ? Reportage C dans l'air

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il assure que la nomination aura lieu ce soir, alors que la lassitude s'installe dans le pays. - Tout sourire, E.Macron en Pologne, loin, très loin du chaos de la politique intérieure. - E.Macron: Permettez-moi de vous souhaiter un bon anniversaire.

Cela fait un an jour pour jour que vous êtes à ces responsabilités, avec un agenda volontariste que l'on voit dans le pays et en Europe. - Mais le président va vite revenir aux affaires françaises. Il écourte sa visite en Pologne.

Le suspense pour Matignon devrait prendre fin ce soir. Enfin, normalement...

En attendant, ce sont toujours les mêmes noms qui continuent de circuler. Peut-être une surprise du chef...

Le temps s'étire, l'opposition se décourage. - M.Tondelier: Les Français attendent autre chose.

Ils veulent de l'enthousiasme, de l'élan...

Un truc qui leur dise que ça va changer. Vous me citez des noms qui sont dans le paysage depuis des années. On les a vus, revus et corrigés.

Ca n'a pas marché. Ca ne va pas. C'est le passé.

Comment voulez-vous qu'un camp qui a perdu l'élection législative garde le poste de Matignon pour mener la même politique? - J.-P.Tanguy: C'est toujours la même méthode, avec E.Macron.

Il reçoit les oppositions qui lui plaisent. Il change d'avis sur ceux qui peuvent être reçus... - Le président veut construire un socle élargi pour tenter de dégager une majorité à l'Assemblée nationale.

Le PS, malgré les critiques de certains membres du Nouveau Front populaire, veut se montrer constructif. - O.Faure: On ne peut pas passer sa vie à dire non.

Parfois, il faut avancer. Quand on a un pays bloqué, c'est d'abord une crise politique. Puis c'est une crise économique.

Nous devons accepter les compromis, les concessions réciproques. - Avancer, c'est le message aussi des agriculteurs, lassés de voir leurs demandes sans réponse à cause de la censure et d'un budget 2025 improbable. ...intenable.

Pour maintenir la pression, ils laissent planer la menace de nouvelles actions. - Les fêtes de fin d'année, c'est le moment où les Français vont consommer nos produits dont on est fiers. Là, on ne sait pas où on va.

On ne peut pas attendre. Il est possible qu'on se remette en action rapidement. - Qui aura la lourde tâche d'apaiser la colère, de rassembler les Français, d'imaginer la suite?

L'année 2024 aura vu une dissolution, une censure et déjà 3 chefs de gouvernement, bientôt un 4e, que les Français souhaitent désormais, selon un récent sondage, issu de la société civile. - C.Roux: Question. - M.Lazar: C'est le dilemme du macronisme depuis le début.

Depuis 2017, il y a eu une évolution vers la droite. On dit qu'il y aurait une tendance à envoyer le balancier vers la gauche. Ca démontre l'inconsistance du macronisme.

Quand on écrira l'histoire de Macron et du macronisme, on parlera beaucoup d'E.Macron. Ce sera compliqué de définir ce qu'a été le macronisme. - C.Roux: D.Seux, on a vu les cheminots, ce mouvement social aujourd'hui, qui conteste le démantèlement du fret ferroviaire.

Des fonctionnaires qui demandent un budget à la hauteur de leurs besoins. On a vu les agriculteurs qui disent: "Basta, on est sur le point d'y retourner." Ces signaux, qui sont encore des signaux faibles, sont de nature à accélérer le discours politique? - D.Seux: Je ne mettrais pas sur le même plan les 2 mouvements.

Sur la SNCF, c'est vraiment un mouvement qui prétextait le fret, mais qui, en réalité, avait un objectif: obtenir des hausses de salaires pour 2025. En réalité, elles ont été obtenues. La quasi-totalité des syndicats de la SNCF sont sortis du mouvement.

Sur les enseignants, c'est autre chose. Il n'y a plus de réponse gouvernementale possible. Il va falloir nommer un Premier ministre.

Ce soir? Dans la nuit? Il faudra nommer un gouvernement.

Ca va prendre un certain temps. Et ce, surtout si le balancier repart dans l'autre sens. Ce sera un nouveau personnel.

Qui répond aux Français? Qui répond aux agriculteurs? Ca donne l'impression, nous n'en avons pas l'habitude en France, qui est un pays vertical, qu'il n'y a plus d'interlocuteur.

Les dépenses publiques représentent 57 % des dépenses intérieures brutes. Tout est innervé et un peu énervé en France. Il y a une sorte de trou.

Habitués depuis 1958 à avoir un pouvoir très présent, nous sommes tous saisis de vertige. - C.Roux: Je fais la suite de votre calendrier.

Renommer un nouveau gouvernement, peut-être certains ministres qui veulent rester. B.Retailleau a dit qu'il était prêt à rester.

Avec un gouvernement de gauche, C.Delga disait que ce n'était pas possible. Comment va-t-on faire avec la loi spéciale?

Il y a un calendrier assez serré. Ce qu'on va mettre dans la loi spéciale, on n'est pas d'accord dessus. - M.Siraud: On explore des continents politiques et constitutionnels qu'on ne connaissait pas du tout.

On va peut-être se retrouver avec une situation d'un texte, le PLS, projet de loi spéciale, pour lever l'impôt. C'est à l'ordre du jour de l'Assemblée lundi. Potentiellement, un nouveau Premier ministre, mais un gouvernement démissionnaire.

C'est possible. C'est baroque. Le décalage entre les urgences, dont vous avez parlé...

A la fois aussi tous les défis auxquels on doit répondre, technologiques, climatiques, les dangers géopolitiques...

Avoir des préoccupations triviales, lever l'impôt...

On perd du temps. C'est la vacance du pouvoir. C'est une spirale infernale.

On voit que l'instabilité politique nourrit la mauvaise santé économique. Tout ça risque de nous mettre dans le mur. - C.Roux: Avec l'idée que, de semaine en semaine, on n'a pas l'impression de voir des portes s'entrouvrir.

A gauche, O.Faure donne le sentiment de prendre ses distances avec LFI. On se dit qu'il y aurait la velléité du PS de se rapprocher d'un bloc central, participer à une force commune.

C'est ce qui se joue? Il paraît qu'il ne faut plus dire "bouger". Ca peut donner le sentiment qu'on avance? - B.Boucher: En réalité, c'est très politique.

L'intervention d'O.Faure a pour but, après la censure, de se racheter face à cette radicalité qui s'est exprimée. Le PS a une importance énorme, de montrer qu'il peut rester un parti de gouvernement aujourd'hui, qu'il peut être respectable, qu'il est capable de nouer des compromis dans la situation où est le pays.

Qu'il se hisse à la hauteur de cette situation. C'est un enjeu très important pour lui. Montrer à ses électeurs que c'est un parti sérieux, qu'il peut encore occuper des postes à responsabilité.

En réalité, l'idée, c'est aussi qu'il y ait un congrès du PS en 2025. Pour O.Faure, montrer qu'il est d'accord