Le nouveau projet de Gabriel Attal qui peut entraîner une grève massive
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est une annonce prononcée par le Premier ministre Gabriel Attal qui a mis le feu aux poudres. Les règles de l'assurance chômage pourraient changer dans les prochains mois. Mais alors, de quoi parle-t-on exactement ? Pourquoi cela fait-il autant débat et autant réagir ? Et pourquoi est-ce que cela pourrait aussi entraîner des mobilisations importantes dans les prochaines semaines ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. On est parti ensemble pour une nouvelle plongée dans l'actualité en une dizaine de minutes. Alors on va revenir déjà au contexte et à la base. Je vous en parlais déjà mardi, le déficit public de la France a atteint 5,5% du PIB en 2023 selon l'INSEE.
Alors que le gouvernement prévoyait 4,9% du PIB. Le PIB correspondant donc à toutes les richesses d'un pays produite en un an. Donc ce que ça veut dire quand on parle de déficit ici, c'est que l'État dépense plus qu'il ne reçoit d'argent. C'est le cas en soi depuis des années et la France est loin d'être le seul pays concerné. Mais là c'est donc un déficit qui est plus important que ce qui était prévu initialement. Mardi, là aussi je vous le disais, il y avait trois grandes options pour faire face à ce déficit. La première option c'est de réduire les dépenses de l'État pour réduire donc ce qui sort et essayer donc de parvenir à un équilibre.
Deuxième solution potentielle, celle d'augmenter les recettes de l'État et notamment les recettes fiscales, donc via les impôts. Et enfin, troisième option, c'est l'idée d'avoir une politique de relance en menant des investissements qui sur le long terme peuvent avoir un impact. On avait vu tout ça cette semaine. Pour que le contexte soit très clair, il faut savoir que les États membres de l'Union Européenne, ils sont officiellement tenus de maintenir leur déficit public en dessous des 3% de leur PIB. Même si en réalité, eh bien ce n'est pas respecté par tous les États, y compris donc par la France qui ne le respecte pas aujourd'hui.
Et il y a des circonstances exceptionnelles qui permettent de dépasser ce seuil. On ne va pas rentrer là-dessus aujourd'hui. Alors, Gabriel Attal était donc attendu pour évoquer les pistes du gouvernement visant à faire face à ce déficit public. Il a donc pris la parole dans le JT de TF1. Alors, pour faire face à ce déficit, l'option choisie par le gouvernement, visiblement, c'est surtout la réduction des dépenses de l'État. Et Gabriel Attal souhaite donc notamment réformer l'assurance chômage. Alors, à quoi ça pourrait ressembler et pourquoi est-ce que ça fait tant débat ? Pour le moment, en fait, il faut savoir que les contours de la réforme ne sont pas tranchés.
Mais tout de même, il y a plusieurs paramètres de l'assurance chômage qui pourraient être modifiés. Et ça, en l'occurrence, ça a déjà été annoncé. Et globalement, ce qui semble porter par le gouvernement, c'est un durcissement des conditions d'accès aux allocations chômage. Ces allocations donc que l'on reçoit quand on ne travaille pas et que l'on est en recherche d'emploi. Alors, premier paramètre, premier changement potentiel qui fait beaucoup débat, c'est la question de la durée de l'indemnisation qui pourrait être encore réduite. Concrètement, donc, la durée de l'indemnisation, c'est la période pendant laquelle on peut toucher des allocations chômage si on est demandeur d'emploi.
En février 2023, elle était déjà passée de 24 mois à 18 mois pour la grande majorité des situations. Et donc, là, elle pourrait être encore davantage réduite. Réduite de quel ordre, on ne sait pas encore, même si Gabriel Attal a dit ne pas vouloir que ça aille en dessous de 12 mois. Première solution évoquée donc par le gouvernement, une réduction de cette durée d'indemnisation et de versement des allocations chômage. Deuxième piste évoquée, c'est la modification du temps minimal qu'il faut avoir travaillé pour bénéficier du chômage. À l'heure actuelle, je vous la fais courte, mais il faut avoir travaillé 6 mois sur les deux dernières années pour pouvoir bénéficier du chômage.
On ne sait pas encore de quelle manière précisément ça pourrait être modifié, mais c'est un deuxième élément qui est évoqué par le gouvernement. Enfin, troisième piste qui est évoquée par le gouvernement, l'idée de modifier le niveau d'indemnisation. Donc là, concrètement, c'est combien vous touchez quand vous êtes au chômage et en recherche d'emploi. Et notamment en revoyant ce que l'on appelle les paramètres de dégressivité. Là aussi, pour expliquer simplement, les personnes aujourd'hui qui perçoivent les plus hauts salaires et qui bénéficient de l'assurance chômage voient le montant de leurs allocations chômage diminuer de 30% à partir du septième mois de chômage.
L'idée serait donc de modifier ces paramètres-là pour avoir une réduction de ces allocations plus rapidement, probablement. Il y a à noter là-dessus que Gabriel Attal a déclaré que cette piste n'était pas sa préférée, mais que rien n'avait donc été décidé pour le moment. Alors, en voulant réformer l'assurance chômage, l'objectif porté par le gouvernement, il est double. Premier objectif, faire des économies, puisque forcément, s'il y a moins de versements d'allocations, et vous l'avez vu, quelle que soit la forme d'ailleurs de ces modifications, eh bien, c'est potentiellement moins d'argent qui sort.
Et puis, deuxième chose, l'objectif potentiel serait d'inciter davantage les personnes en recherche d'emploi à retrouver plus rapidement un emploi, ce qui réduirait donc potentiellement la période pendant laquelle ils dépendent de l'assurance chômage. Et à noter qu'Emmanuel Macron s'est donné pour objectif d'atteindre le plein emploi en 2027. Au dernier trimestre 2023, ce taux de chômage, il était de 7,5% de la population active. Après, vous le savez, sur les méthodes de calcul de ce taux de chômage, il y a différentes méthodes de calcul. Je vous mets des liens, comme d'habitude, en description pour en savoir plus.
Alors, je le disais, depuis son annonce cette semaine, ce projet, il fait vivement débat. Déjà parce que, eh bien, dans la situation actuelle et aujourd'hui, l'assurance chômage, elle est excédentaire. Pour dire les choses simplement, les recettes perçues par ce système, à travers les cotisations des salariés, par exemple, dépassent les dépenses qui sont engagées pour verser des allocations aux demandeurs d'emploi. Il y a donc plus d'argent qui entre dans le système que d'argent qui en sort pour payer, donc, eh bien, ces allocations.
Et donc, par exemple, pour le chef de file des députés du parti de droite, les Républicains, Olivier Marlex, s'il y a des économies à faire, parce que, je l'ai dit, c'est l'une des solutions portées par certains pour réduire ce déficit, eh bien, ce n'est pas, eh bien, auprès de l'assurance chômage qu'il faut viser en priorité. Par ailleurs, autre élément que l'on peut noter, derrière l'idée qui consiste à dire que réduire les allocations chômage reviendrait à augmenter le nombre d'emplois en incitant les personnes à retrouver un emploi plus rapidement. Cela sous-entend que, pour certains, il est préférable de rester au chômage dans la situation actuelle plutôt que de travailler.
Pourtant, eh bien, un certain nombre d'économistes émettent des réserves importantes sur une telle idée. Par exemple, d'après Yannick Lorty, qui est professeur d'économie cité par le journal Le Monde dans un article que je vous mets en description, il a pu arriver dans le passé que des personnes sans emploi, je cite, « touchent des prestations dont le montant était temporairement supérieur à ce qu'elles auraient perçu si elles avaient repris un poste ». Mais selon lui, eh bien, ce ne serait plus le cas aujourd'hui.
D'ailleurs, fin 2019, France Stratégie, qui est un organisme public chargé notamment de conseiller le gouvernement en matière de politique économique, assurait que l'emploi, je cite, « paie significativement plus qu'une situation d'inactivité, même pour de très faibles niveaux de rémunération ». Autrement dit donc, pour un certain nombre d'économistes, durcir l'accès au chômage pourrait avoir des conséquences sociales en affectant les personnes les plus vulnérables, mais sans forcément donc entraîner un retour à l'emploi plus tôt.
Et puis, il est aussi utile de rappeler et de souligner que parmi les personnes qui touchent l'assurance chômage et qui sont en recherche active de l'emploi, eh bien, la moitié d'entre elles travaillent déjà tous les mois, selon Patricia Ferrand, qui est la vice-présidente de l'UNEDIC, qui est l'organisme qui gère l'assurance chômage, elle aussi interrogée par le journal Le Monde. Pour elle, donc, dire que les chômeurs ne travaillent pas ou ne cherchent pas à travailler revient donc à une forme de stigmatisation. Et cet élément, de façon assez large, c'est l'une des critiques qui revient le plus chez les principaux opposants politiques au gouvernement.
Ce risque donc que ça pénalise les plus pauvres tout en rejetant la faute sur les demandeurs d'emploi. Par exemple, à gauche, Manon Aubry, qui est la numéro 1 de la liste de la France insoumise pour les élections européennes, a dénoncé une réforme, je cite, qui fait la poche des chômeurs plutôt que des profiteurs. Autre déclaration, la patronne des députés du Rassemblement National, Marine Le Pen, a quant à elle dénoncé, je cite, une escroquerie qui n'a qu'un seul but, faire les poches des Français pour renflouer les comptes de l'État qui sont en déficit à cause de l'impéritie du gouvernement.
Du côté des syndicats, la CGT a estimé que cette réforme revient encore à taper sur les précaires ou les chômeurs. Alors, quelles autres solutions pourraient être mises en place ? Là aussi, ça revient à ce qu'on disait en début de semaine. L'une des solutions qui est portée par un certain nombre de politiques, c'est l'idée d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes. Et plus précisément, une idée qui circule beaucoup depuis de nombreux mois à gauche, mais désormais de façon plus large, c'est l'idée d'une taxation des super profits. Autrement dit donc, des profits records qui sont réalisés par certaines multinationales.
Là-dessus, il faut savoir que le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, affirme que ce n'est pas une option, il y est opposé depuis longtemps. Mais Gabriel Attal s'est montré relativement ouvert à l'idée. De la même façon, la présidente de l'Assemblée Nationale et du camp d'Emmanuel Macron, Yael Brown-Pivet, c'est elle aussi dite potentiellement favorable à une telle mesure. On voit donc que c'est une idée qui commence à évoluer. Et on verra donc à quoi ressemble le débat dans les prochains mois. Au passage, ce qu'on peut noter, c'est que c'est un sujet qui risque de beaucoup faire parler cette année. Or, c'est une année assez particulière.
Il y a notamment les Jeux Olympiques de Paris cet été. C'est ce qui fait que, selon certains, le gouvernement pourrait surtout se pencher sur ce sujet et avancer après les Jeux Olympiques de Paris pour éviter donc tout risque de grève ou de mobilisation pendant cette période. On verra donc ce qu'il en est. En tout cas, il y avait d'autres annonces à l'occasion de cette interview. Donc, je vous mets des liens en description pour en savoir plus sur ce qui a été dit lors de cette interview de Gabriel Attal hier soir. N'hésitez pas en tout cas à me dire si ces sujets nationaux vous intéressent. On a fait pas mal de sujets liés à l'économie ces derniers jours.
Ça me paraît important, au-delà des sujets internationaux, évidemment, qu'on continue à couvrir du reste de l'actualité. Je suis toujours preneur de vos retours, que ce soit dans les commentaires ou en podcast, notamment via l'outil sur Spotify qui permet de faire directement vos retours. Je vous laisse avec Samy pour les actualités en bref et je reviens juste après.
Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Deux nouvelles enquêtes ont été ouvertes ce mercredi sur le sujet des cyberattaques qui ont visé des établissements scolaires ces derniers jours en France. En fait, cela fait maintenant plus d'une semaine que des centaines de collèges et de lycées reçoivent des menaces à caractère terroriste. Une vidéo de décapitation a par exemple été envoyée à des milliers de lycéens. Ces messages sont partagés aux jeunes et à leurs parents à travers les espaces numériques de travail qui ont donc été bloqués par de nombreux établissements.
D'ailleurs, sur le même sujet, deux frères de 17 et 19 ans soupçonnés d'être à l'origine des menaces d'attentat contre des lycéens ont été arrêtés ce jeudi dans les Hauts-de-Seine à côté de Paris. L'un a été placé en garde à vue et l'autre a été mis hors de cause. On vous tiendra au courant. Deuxième actu, au moins un milliard de repas a été gaspillé chaque jour dans le monde en 2022 selon des nouvelles estimations de l'ONU publiées ce mercredi. L'organisme dénonce une tragédie mondiale. Pour vous donner une idée, un tel gaspillage sur un an représenterait plus de 924 milliards d'euros jetés à la poubelle selon des estimations. Ça correspond à 132 euros par personne et par an.
Concrètement, 60% du gaspillage alimentaire viendrait des foyers contre 28% pour les services de restauration comme les cantines ou encore les restaurants. Il faut savoir que ce gaspillage qui représente quasiment un cinquième de la nourriture disponible est aussi responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde qui sont responsables du réchauffement climatique. Concrètement, si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième émetteur de gaz à effet de serre derrière les Etats-Unis et la Chine, explique Richard Swanel qui a participé à l'écriture du rapport.
Troisième actu, en Corse, le texte qui prévoit d'inscrire un statut d'autonomie de la Corse au sein de la République dans la Constitution, donc la loi suprême du pays, a été approuvée ce mercredi par l'Assemblée de Lille. Il faut savoir que la Corse n'est déjà plus qualifiée de collectivité territoriale mais de collectivité de Corse, ce qui lui permet déjà d'avoir des spécificités institutionnelles comme sa propre assemblée donc. Mais le but de ce texte serait de mettre encore plus en avant les intérêts et la singularité de la Corse comme sa singularité culturelle ou linguistique. Le texte doit désormais passer l'étape du Parlement national On vous tiendra au courant.
Quatrième actu, la proposition de loi Bien Vieillir qui a pour but d'améliorer les conditions de vie des personnes âgées a été adoptée par le Parlement ce mercredi. Parmi les mesures, on retrouve notamment la garantie d'un droit de visite dans les hôpitaux et les EHPAD, donc les établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes. Le but, c'est que le fait de rendre visite à un proche quotidiennement dans un établissement de santé devienne un droit absolu, ce qui n'avait pas été le cas pendant la crise du Covid. Les résidents des EHPAD pourront aussi désormais amener avec eux leur animal de compagnie s'ils sont en capacité de pouvoir s'en occuper eux-mêmes.
Cinquième actu, en Thaïlande, les députés ont voté pour la légalisation de l'union entre deux personnes de même sexe ce mercredi. Cette nouvelle loi doit aussi permettre aux couples du même sexe d'obtenir des nouveaux droits en matière d'adoption et d'héritage et les références aux hommes, aux femmes, aux maris et aux épouses devraient aussi être remplacées par des termes non jurés dans la loi sur le mariage. Le texte doit désormais passer devant le Sénat avant sa promulgation définitive par le roi de la Thaïlande. Et on finit avec cette actu, 92,9 millions d'euros ont été récoltés à l'occasion de l'édition 2023 du Téléthon, selon le bilan définitif de l'association.
C'est plus de 2 millions d'euros que l'an dernier et le meilleur résultat depuis 2015. Ces dons vont permettre de financer la recherche et le développement de nouvelles thérapies pour lutter contre les maladies génétiques rares. Donc 95% restent aujourd'hui encore sans traitement voire même sans diagnostic. Le record de donation avait été atteint en 2006 avec plus de 106 millions d'euros récoltés pour l'association.
Merci beaucoup Samy pour ces actualités en bref. Si jamais vous voulez suivre ce même format en version podcast, vous tapez Hugo Décrypte sur Spotify, Apple Podcasts, bref, toutes les plateformes. Je le dis à chaque fois, vous le savez. Abonnez-vous juste pour être sûr de pouvoir suivre ce format en podcast et aussi que les épisodes puissent se charger directement. Prenez soin de vous, prenez soin de nos proches et puis on se dit à demain.
Gabriel Attal