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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 15 mai 2018 8 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Serge Papin (Système U) : "J’ai essayé de substituer le consommer mieux au consommer plus"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous l'avez fait finalement ?

  • 1:25RelanceRéponse partielle

    Pourquoi voulez-vous imiter Carrefour ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Avec Carrefour et Cora, ce sera 35% de part de marché. Donc vous pèserez lourd.

  • 2:19RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est le même modèle que vous, franchement ?

  • 2:47ComplaisanteRéponse directe

    Vous allez respecter les producteurs.

  • 3:07RelanceRéponse directe

    Allez-vous obliger vos fournisseurs à baisser encore leurs prix ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13InvitéFait
    « de nous engager dans les filières agroalimentaires plus respectueuses »
  • 1:16InvitéFait
    « faire en sorte que le consommer mieux se substitue au consommer plus »
  • 1:40InvitéFait
    « System U, même si on s'est bien développé, a besoin d'un allié »
  • 1:44InvitéChiffre
    « nous pesons deux fois moins que nos grands compétiteurs »
  • 3:21InvitéFait
    « Non, non. Ce que l'on veut, c'est qu'il y ait une répartition meilleure de la valeur »
  • 3:28InvitéFait
    « On veut qu'ils soient mieux rémunérés »
  • 5:04InvitéFait
    « Systemu progresse en part de marché »
  • 5:06InvitéFait
    « Systemu progresse en taille de clientèle »
  • 6:39InvitéFait
    « Nous sommes des acteurs locaux »
  • 6:47InvitéFait
    « On n'est pas des prédateurs, on ne veut pas la peau de tout le monde »
  • 7:41InvitéFait
    « La politique, l'intérêt général m'intéresse »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur21 %

7,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

L'interview écho Jean-Lémarie avec une figure de la grande distribution. Bonsoir Serge Papin, PDG de Système U. Demain Serge Papin, vous changez de vie, vous ne serez plus le patron des magasins U. Après 12 ans à la tête du groupe, vous avez décidé d'arrêter. Quand vous êtes arrivé, vous rêviez d'un modèle différent, vous vouliez faire de Système U un distributeur pas comme les autres. Vous êtes venu souvent nous en parler ici. Est-ce que vous l'avez fait finalement ?

0:37
Invité

D'abord, ça fera 43 ans que je serai chez U. Je suis rentré, j'avais 20 ans, avec Jean-Claude Jeunet. J'ai essayé, j'ai essayé, comme je disais souvent, quand on veut détourner un avion, il faut être dedans. Moi, j'étais dedans, j'ai essayé de conjuguer pas à pas mes convictions personnelles par rapport à la dimension sociétale que j'ai souhaité donner à cette enseigne, du mieux que j'ai pu, en essayant notamment de nous engager dans l'économie locale, de nous engager dans les filières agroalimentaires plus respectueuses, et puis aussi dans l'alimentation saine, faire en sorte que le consommer mieux se substitue au consommer plus.

Donc j'y suis pas peut-être parfaitement arrivé, mais c'est toujours ce qui m'a animé.

1:25
Présentateur

Et en même temps, la réalité économique, c'est que vous venez de vous allier à un géant mondial, le groupe Carrefour. Vous allez mutualiser vos achats. Pourquoi voulez-vous imiter Carrefour ?

1:36
Invité

Alors, on ne veut pas forcément imiter Carrefour. D'abord, c'est une alliance à l'achat. Il faut savoir que System U, même si on s'est bien développé, a besoin d'un allié. Quand on est dans les négociations internationales avec les grands groupes, nous pesons deux fois moins que nos grands compétiteurs.

1:52
Présentateur

Aujourd'hui, 11% de part de marché à peu près. Avec Carrefour et Cora, ce sera 35%. Donc vous pèserez lourd.

1:58
Invité

Là, pour le coup, on pèsera lourd au niveau des achats avec les grands groupes. Ce qui nous a réunis avec Carrefour, d'abord, moi j'ai confiance en Alexandre Bompard. Ce jeune dirigeant qui, au passage, est de la même génération que mon successeur. Donc, il s'entende bien et ça compte.

2:19
Présentateur

Est-ce que c'est le même modèle que vous, franchement ?

2:21
Invité

Le modèle U, le modèle Carrefour. Non, mais pour l'achat, on sera concurrent sur le terrain. Bien sûr, nous, nous sommes des commerçants indépendants. Carrefour est un groupe coté. Ce n'est pas du tout le même modèle. Ça n'exclut pas qu'on ne puisse pas partager des valeurs communes. Et je vais vous dire quand même une valeur qui nous réunit. C'est la posture et la position que nous avons sur les filières agricoles. Et vous verrez, vous allez être surpris parce que...

2:47
Présentateur

Vous allez respecter les producteurs.

2:49
Invité

On va s'engager pour les producteurs. Et vous verrez qu'il y aura des annonces qui seront faites d'ici l'été pour faire voir qu'à l'issue des états généraux de l'alimentation, eh bien que Carrefour et EU, ensemble, dans ce domaine-là, nous l'avons dit, nous allons nous engager en toute responsabilité.

3:07
Présentateur

Allez-vous obliger vos fournisseurs à baisser encore leurs prix ? Ils s'en inquiètent déjà.

3:13
Invité

Non, non. Ce que l'on veut, c'est qu'il y ait une répartition meilleure de la valeur.

3:17
Présentateur

Oui, vous le dites autrement. Le but, c'est de les obliger à baisser leurs prix.

3:21
Invité

En tous les cas, ce que l'on veut, c'est relever les prix des producteurs agricoles, des agriculteurs. On veut qu'ils soient mieux rémunérés. Moi, je me suis engagé personnellement. Vous parliez tout à l'heure. Avez-vous réussi par rapport à vos convictions personnelles ? J'étais heureux, au moins, ça, de le porter au niveau de la présidence de l'atelier 5 des états généraux, où on avait une mission qui était de mieux rémunérer les agriculteurs. On n'y est pas complètement arrivé. Je rappelle que la loi va être en discussion, là, à partir de la semaine prochaine. Eh bien, j'espère qu'au moins, on va faire bouger les lignes de ce côté-là.

3:55
Présentateur

Mais cette guerre des prix continue. Est-ce que les consommateurs, avec cette alliance, au bout du compte, dans vos magasins, vont payer les produits moins chers ?

4:02
Invité

Ils ne vont pas. C'est-à-dire... C'est le but ou pas ? Non. Le but, c'est que nous mettions en place ce qu'on appelle des prix responsables. Ça ne veut pas dire des prix moins chers, des prix responsables. Il faut inviter nos concitoyens à manger mieux, pas forcément manger plus, s'y retrouver sur le plan du budget. Je vais vous prendre un exemple. On paie plus cher aujourd'hui la viande aux éleveurs... Eu, aux éleveurs français. Nous la payons, la viande en carcasse, 4,50 euros. Elle était payée 3,50 euros il y a quelque temps. Nous nous sommes engagés pour contribuer à sauver la filière bovine française. Comment ça se traduit dans l'assiette du consommateur sur un steak de 150 grammes ?

4 centimes d'euros de plus. Alors, non, ce n'est pas moins cher. Je ne pense pas que ça soit rédhibitoire. Je préfère encourager mes concitoyens à manger un tout petit peu moins de viande, de la bonne viande, et qu'elle soit payée à son juste prix.

4:55
Présentateur

Avec cette concurrence très forte, est-ce que vous pouvez réellement, et sur la durée, proposer les deux, la qualité et les prix bas ? Réellement, réellement.

5:02
Invité

Écoutez, Jean-Lémarie, on le fait. Systemu progresse en part de marché. Systemu progresse en taille de clientèle. Ça veut bien dire, on ne fait pas du prix à tout prix, une guerre imbécile qui se traduirait par des champs de ruines. On a des responsabilités. Bien sûr que je ne prône pas des augmentations de prix. Je n'ignore pas que le pouvoir d'achat est ce qu'il est. Mais il faut qu'on change la donne. On ne va pas faire, comment dirais-je, mourir l'agriculture. Sur l'hôtel de la guerre des prix, ça ressemblerait à quoi ?

5:33
Présentateur

La qualité, c'est aussi la composition des produits. D'après Le Monde, vous allez bientôt lancer une application mobile. Est-ce que c'est vrai ?

5:40
Invité

C'est en route, bien sûr. C'est en route, le communiqué va partir. Vous nous annoncez ce soir une application, qu'est-ce que c'est ? C'est une application, c'est pour dire quelle est la composition en toute transparence qui sont dans les produits, les ingrédients. C'est en droite ligne de ce qu'on a fait sur ce qu'on appelle les substances controversées. On veut faire un comparateur intelligent qui...

6:02
Présentateur

Dans les rayons, on pourra regarder étiquette par étiquette.

6:04
Invité

On pourra regarder étiquette par étiquette. Ça dira ce qu'il y a dedans et ça dira si le produit est d'une composition qui est respectueuse de la santé principalement.

6:14
Présentateur

Vous vous êtes souvent opposé à une autre figure de la distribution, Michel-Edouard Leclerc. Avec le recul, qu'est-ce qui vous distingue finalement ?

6:21
Invité

Qu'est-ce qui distingue ?

6:24
Présentateur

On a souvent dit Leclerc, Papin, Hu, Leclerc...

6:27
Invité

Je ne suis pas pour la loi du plus fort.

6:30
Présentateur

Par exemple, vous venez de vous allier avec un très fort.

6:32
Invité

Oui, mais vis-à-vis de très fort, parce que c'est des grands groupes. Moi, je représente un groupement de commerçants qui sont plutôt dans l'équilibre. Nous sommes des acteurs locaux. On a des petits magasins, des moyens, des un peu plus grands. On est des gens qui avons toujours respecté les autres. On n'est pas des prédateurs, on ne veut pas la peau de tout le monde. On n'est pas boulimique. Je ne revendique pas la peau des pharmaciens. Je ne revendique pas que les groupes capitalistes soient des voleurs. Je suis pour une espèce d'équilibre et je suis pour une réconciliation, en particulier dans les filières. Donc, je m'oppose de ce point de vue-là à lui.

7:15
Présentateur

Votre successeur, Dominique Schellcher, sera nommé officiellement demain. Et vous, d'un mot, Serge Papin, qu'allez-vous faire ?

7:22
Invité

Écoutez, d'abord, je suis fier de transmettre à une génération qui est prête. Et moi, je vais peut-être prendre le temps d'accompagner des amis, des entreprises. La politique, non ? La politique, l'intérêt général m'intéresse. Mais voilà, il faudrait que ça soit raccord, peut-être avec une thématique qui m'est chère. Par exemple, l'alimentation.

7:48
Présentateur

Serge Papin, le PDG de Système U, invité ce soir de l'interview éco. Merci à vous.

7:53
Invité

Merci, Jean et Marie.

7:54
Présentateur

Et c'était avec vous, Jean, pour cette interview éco.