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interviewRMC — Face à Face· 16 janvier 2023 21 min

Face à Face : Bruno Le Maire - 16/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC BFM TV, bonjour Bruno Le Maire.

0:15
Bruno Le Maire

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:16
Présentateur

Merci de venir répondre à mes questions ici, vous êtes le ministre de l'économie, vous êtes le numéro 2 du gouvernement, le ministre le plus populaire du gouvernement d'ailleurs. On va y revenir, on va parler retraite bien sûr, mais je voudrais qu'on commence par le coût de la vie et le pouvoir d'achat. Dans quelques minutes, à 9h, on pourra se connecter sur le site des impôts pour recevoir ou savoir si on est éligible aux indemnités carburant pour les travailleurs les plus modestes, 100 euros. Est-ce que ça va marcher le site cette fois-ci ?

0:46
Bruno Le Maire

Nous avons fait toutes les vérifications avec Gabriel Attal, donc ça devrait marcher, on fait tout le nécessaire pour que ça marche. Et c'est un vrai soutien à toutes les personnes qui sont obligées de prendre leur voiture pour aller travailler. Vous habitez à 20-30 kilomètres de votre lieu de travail, ça coûte cher, il faut faire le plein. Là, vous pouvez toucher dès aujourd'hui 100 euros, qui revient à une remise d'à peu près 10 centimes d'euros par litre. Et ça va concerner 16 millions de personnes. Donc c'est un effort important à destination de tous ceux qui travaillent.

1:16
Présentateur

Et qui pourront d'ailleurs être, si tout ça fonctionne, si le système fonctionne, qui pourront être touchés.

1:21
Bruno Le Maire

Oui, il va fonctionner, c'est notre responsabilité.

1:23
Présentateur

Vous nous avez dit la même chose pour le site des boulangers qui a sauté quand même, le jour J.

1:27
Bruno Le Maire

Le site des boulangers n'a pas sauté. Ce qui a sauté, c'est très précisément le portail unique pour les entreprises qui étaient victimes d'une cyberattaque. Mais en revanche, toutes les aides pour les boulangers, toutes les aides pour les TPE sont disponibles sur le guichet. Ils peuvent les toucher, ça fonctionne très bien.

1:43
Présentateur

On va revenir sur ces aides-là et sur cette attaque, d'ailleurs, contre laquelle je crois que vous avez porté plainte. Mais quand même, juste un mot encore sur cette indemnité carburant pour bien comprendre. C'est 100 euros, c'est en une fois et ça sera versé pour certains dès le mois de janvier.

1:58
Bruno Le Maire

Exactement, pendant quelques jours, c'est 100 euros et c'est par véhicule. C'est ça qui est le plus important. Si vous êtes un couple avec deux enfants, que vous touchez un peu moins de 3 900 euros, vous êtes éligible à cette aide et vous pouvez la réclamer. Si vous avez deux véhicules, parce que les deux travaillent, vous avez droit à deux aides.

2:15
Présentateur

La question que je vous posais sur le portail des boulangers, elle n'est pas du tout anodine. Parce que visiblement, le président lui-même avait exprimé son ras-le-bol. Ras-le-bol de ses numéros verts, ras-le-bol de ses parcours du combattant pour obtenir les aides. Je serais quand même qu'on écoute sa colère, c'était il y a un peu plus d'une semaine.

2:33
Bruno Le Maire

On m'avait donné un numéro vert, mais il se trouve que j'ai eu un bon réflexe. J'ai testé le numéro vert qu'on m'a donné avant, ça ne marche pas. Et moi j'en ai ras-le-bol des numéros verts dans tous les sens. Quand on travaille du matin au soir, on a besoin d'être accompagné et de ne pas passer deux heures à attendre au bout du fil ou à passer une heure et demie à chercher sur un site. Beaucoup de nos artisans, de nos TPE, ont autre chose à faire qu'aller chercher dans des sites internet des circulaires absolument illisibles ou des tablons incompréhensibles. J'ai fait l'exercice, comme je me suis dit, un boucher ou un boulanger va le faire. C'est impossible.

3:03
Présentateur

Alors il s'est mis tous les boulangers dans la poche ce jour-là, en tout cas qui l'ont bien applaudi. C'est sur votre dos quand même.

3:10
Bruno Le Maire

Non, je ne crois pas que ce soit sur le dos de qui que ce soit. Je pense que le président de la République a raison. Nous sommes au service des Français. Donc nous sommes là pour leur rendre service, pour que ça fonctionne.

3:19
Présentateur

Vous ne vous êtes pas incentivisé par ces sarcas du président ?

3:23
Bruno Le Maire

Je pense qu'en politique, il faut savoir mettre son négo, ses susceptibilités de côté, en se disant tous les jours, en tout cas c'est mon état d'esprit, c'est difficile pour des millions de nos compatriotes. Donc ma pomme, ça ne compte pas beaucoup. Ce qui compte, c'est que ça est mieux pour nos compatriotes. Et si effectivement un site ne fonctionne pas, il faut le corriger. Si les aides sont trop compliquées, il faut le corriger. Et le président de la République a parfaitement raison.

3:44
Locuteur non identifié

Ce qui est plus correct, qui vous le dise, j'imagine que vous vous appelez, que vous voyez, plutôt que de vous faire un peu la risée de votre système.

3:52
Bruno Le Maire

Beaucoup de sincérité, Apolline de Malherbe. Savoir si c'est bien pour l'un ou pour l'autre, s'il y a eu une difficulté entre un tel et un tel, n'intéresse absolument pas nos compatriotes. Il y a un président de la République, il décide, et je suis dans mes fonctions de ministre de l'économie et des finances, là pour que ça marche, pour qu'on protège nos compatriotes, pour que l'économie française aille mieux. Tout le reste, je vais vous dire...

4:16
Présentateur

Ça n'a rien à voir avec le fait que vous soyez le ministre le plus populaire du gouvernement ?

4:19
Bruno Le Maire

Mais je pense que ça n'a absolument rien à voir, et vraiment, très sincèrement, j'en ai absolument rien à faire. Ça n'est pas mon sujet. Mon sujet, c'est qu'effectivement, les aides fonctionnent. Un boulanger, le président de la République, une fois encore, a raison de le rappeler, il arrive à 4h du matin, il s'occupe de son pain, il fait démarrer son four, il a autre chose à faire que de regarder une facture d'électricité qui est extraordinairement complexe et on doit lui simplifier la vie.

Et au bout du compte, on lui a simplifié la vie, puisque après des heures de négociations avec les producteurs d'énergie, nous avons eu l'engagement que pour toutes les très petites entreprises de France, il y aura un prix moyen de 280 euros le mégawatt-heure sur l'année. Et pour moi, il n'y a que ce résultat qui compte. Les affaires de personnes, de susceptibilité, de susceptibilité personnelle, surtout dans ces périodes où c'est tellement difficile pour nos compatriotes, elles sont tout simplement indignes et elles n'ont pas leur place dans le débat politique.

5:15
Présentateur

Bruno Le Maire, il y a les boulangers, puis il y a les bouchers, les bouchers qui manifestent aujourd'hui, notamment dans la région de Bordeaux. Les boulangers d'ailleurs maintiennent aussi leur appel à manifester le 23. Est-ce que ça veut dire qu'ils estiment que les aides ne sont pas suffisantes ou peut-être pas suffisamment lisibles ?

5:29
Bruno Le Maire

Je pense qu'aujourd'hui, ces aides ne sont pas suffisamment lisibles pour une raison qui est très simple, c'est que les factures ne sont pas encore arrivées. Les factures de janvier vont arriver...

5:38
Locuteur non identifié

Vous en avez une s'angoisse à l'avance ? Oui, bien sûr, mais c'est normal. Et je veux simplement les rassurer.

5:44
Bruno Le Maire

Mais pas simplement les boulangers, pas simplement les bouchers, mais toutes les TPE. Les 2 millions, plus de 2 millions de très petites entreprises, moins de 10 salariés, qui aujourd'hui s'inquiètent, qui voient leur facture, je veux les rassurer. La facture qu'ils auront à partir de la mi-février fera figurer le prix moyen. Vous ne paierez pas plus de 280 euros le mégawatt-heure, alors que vous auriez pu avoir à payer 500, 600. Certains avaient négocié jusqu'à 1000 euros le mégawatt-heure. Vous avez un prix garanti. Si vous avez encore une difficulté, vous pouvez aller sur le guichet de impôts.gouv.fr demander une aide supplémentaire.

Vous avez droit à un amortisseur qui va réduire l'augmentation de prix de 20%. Et si jamais vous avez encore des difficultés, les reports de charges sociales et fiscales sont possibles. Mais il y aura dans chaque département un conseiller qui sera à disposition de chaque patron de très petite entreprise. Et je veux que chacun entende bien que nous sommes à leur disposition.

Et que s'il y a encore des difficultés ici ou là, parce que même avec le meilleur système du monde, il peut toujours y avoir un cas particulier d'une entreprise, une très petite entreprise qui vient d'ouvrir, ou qui a oublié de payer ses factures, ou qui s'est retrouvé dans une situation singulière, elle va à la préfecture consulter le conseiller qui lui apportera les précisions nécessaires et les aides nécessaires.

6:55
Présentateur

Les aides, il y en a un qui trouve qu'il y en a trop, c'est Édouard Philippe, qui s'exprime dans le journal Le Point. J'ai regardé la liste des chèques, dit-il, donc votre ancien Premier ministre. C'est effrayant. Il va falloir arrêter d'en faire. Il précise même le quoi qu'il en coûte. Il était nécessaire pendant le confinement, mais il n'est pas durable. Et il va jusqu'à dire que c'est une manière d'acheter la paix sociale. En faisant des chèques, c'est peu efficace à court terme et c'est dangereux à long terme. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

7:22
Bruno Le Maire

Je veux le rassurer. De quoi qu'il en coûte, il est terminé. Il est terminé. Je pense que l'exemple que j'ai donné, qu'indemnité carburant, est le meilleur exemple qu'on puisse donner. Dans l'année 2022, vous aviez une remise qui était de 30 centimes d'euros pour tout le monde par litre de carburant. Nous avons basculé sur un système qui est beaucoup plus ciblé, qui ne concerne que ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. On pourrait dire la même chose des aides aux entreprises. Pourquoi est-ce qu'effectivement, il y a parfois des tiraillements, des inquiétudes ?

C'est parce que j'ai refusé qu'on fasse une aide générale sur toutes les entreprises d'un montant qui aurait été exorbitant parce que ça aurait été mauvais pour les finances publiques. Et que nous avons fait le choix, avec le président de la République et la Première ministre, de cibler les aides sur les entreprises qui sont les plus en difficulté. Donc je rassure Edouard Philippe, nous sommes sortis du quoi qu'il en coûte. Il a parfaitement raison de rappeler que l'équilibre des finances publiques, que je suis profondément attaché et que nous rétablirons dans les années qui viennent, est essentiel pour la nation.

8:18
Présentateur

Et quand il dit que c'est peu efficace à court terme et dangereux à long terme, que c'est une manière d'acheter la paix sociale ?

8:24
Bruno Le Maire

Personne ne souhaite acheter la paix sociale. Et je vous redis mon état d'esprit dans ce début d'année. Le service de nos compatriotes, les querelles politiciennes, les attaques personnelles ou autres, me laissent de marbre.

8:38
Présentateur

C'est un peu ça ce qu'il fait là, Edouard Philippe.

8:40
Bruno Le Maire

Mais tout cela me laisse de marbre. Je suis responsable de l'économie française et que ça aille mieux pour tous nos compatriotes, qu'ils soient salariés, qu'ils soient entrepreneurs, qu'ils soient au chômage, en recherche d'emploi, qu'ils soient jeunes et qu'ils démarrent dans la vie. Ma responsabilité, c'est de faire en sorte que l'économie française tourne, crée des emplois et de la prospérité pour tout le monde.

8:59
Présentateur

Bruno Le Maire, le coût de la vie, c'est aussi le panier, le panier de la ménagère, le panier de toutes les familles, le caddie, comme on l'appelle. Eh bien, le journal Le Parisien révèle ce matin que vous seriez en train, à Bercy, de travailler sur un panier anti-inflation, 20 produits de première nécessité, au prix le plus bas possible. Alors là, pour le coup, ce ne serait pas un chèque, ce serait une sorte de négociation où vous mettriez un peu quand même le couteau sous la tempe des grands distributeurs, de la grande distribution, en leur demandant à eux de faire un effort pour casser ces prix.

9:30
Bruno Le Maire

C'est vrai ? L'idée globale, oui, l'idée globale, c'est la même que sur le soutien aux très petites entreprises, avec les énergéticiens. C'est que tout le monde contribue à la lutte contre l'inflation. L'État ne peut pas tout payer. L'État est là pour garantir sa protection, mais il ne peut pas tout payer. Donc, il faut partager le fardeau. C'est ce qu'on a fait sur les prix de l'énergie. On a dit 280 euros pour toutes les très petites entreprises. L'État va en payer une partie. Les fournisseurs d'énergie, je veux le dire très clairement, en paieront aussi une partie.

9:59
Présentateur

Ils ne sont pas d'accord. J'ouvre une petite parenthèse. Je vous évoquais les fournisseurs d'énergie. Je recevais notamment une représentante de ces fournisseurs indépendants d'énergie vendredi sur RMC, qui disait, mais ce n'est pas à nous de porter le chapeau. En gros, elle se trouvait prise en sandwich

10:14
Bruno Le Maire

entre les particuliers

10:17
Présentateur

et les producteurs d'énergie. Donc, ceux qui sont les fournisseurs entre les deux, ils disent, dans ces cas-là, c'est nous qui allons mettre la clé sous la porte.

10:24
Bruno Le Maire

L'équité, c'est que tout le monde porte une part du fardeau de l'inflation. L'État, le consommateur, il en paie déjà une partie puisque les prix augmentent, et les entreprises. Donc, on fera en sorte, évidemment, que les plus petits...

10:36
Présentateur

Mais les fournisseurs, ils disaient, nous ne sommes pas des profiteurs de guerre.

10:38
Bruno Le Maire

C'est pour cela que nous regardons attentivement la situation des plus petits producteurs d'énergie, plus petits fournisseurs d'énergie. Mais je vous confirme...

10:45
Présentateur

Vous distinguez Total, Énergie...

10:46
Bruno Le Maire

Je vous confirme, ce matin, bien sûr, c'est pas la même chose d'être en Total Énergie ou EDF ou d'être un tout petit fournisseur d'énergie. On est lucides et nous saurons faire la différence entre les uns et les autres. Mais tout le monde prendra sa part. C'est une question de justice, une question d'équité et une question d'efficacité. Et c'est la même chose pour les prix alimentaires.

11:03
Présentateur

Non, mais vous nous confirmez, ce matin, Bruno Le Maire, que oui, on pourra bien renégocier quand on est un particulier, quand on est une entreprise qui a des difficultés à payer. On pourra renégocier son contrat d'électricité. On pourra voir même...

11:16
Bruno Le Maire

Ce que je vous confirme, ce matin, c'est des choses, je pense, très simples et très claires. Il y aura un prix moyen pour toutes les très petites entreprises à 280 euros le mégawatt-heure sur l'année 2023. Deux, les fournisseurs prendront leur part du coût que cela représente. Et trois, pour les petites et moyennes entreprises, nous avons aujourd'hui tous les dispositifs, le guichet, l'amortisseur, le report de charge, la possibilité de renégocier son prêt garanti si on est vraiment en grande difficulté.

Et s'il reste les PME qui sont vraiment en difficulté, qui ont négocié des contrats, des tarifs qui sont totalement prohibitifs, exorbitants, et qui pourraient les mettre dans une vraie difficulté économique, nous traiterons au cas par cas la situation de ces PME.

11:57
Présentateur

Le panier, donc ? Je reviens au panier.

11:59
Bruno Le Maire

Oui, c'est la même logique, c'est de dire aux distributeurs, mais dans le fond, est-ce qu'on ne pourrait pas tous faire un effort ? Regardez 20 produits de première nécessité, des produits d'hygiène, des produits alimentaires, sur lesquels vous vous engageriez à avoir le prix le plus bas possible, de façon à ce que tous, ensemble, nous amortissions le choc inflationniste. Le choc inflationniste, aujourd'hui, il touche beaucoup les produits alimentaires. C'est dur pour les familles, c'est dur pour les ménages. Pourquoi est-ce qu'il y en a encore pour quelques mois ? Pendant ces quelques mois, regardons si on ne peut pas voir ce panier qu'a proposé Olivier Taigua.

12:28
Présentateur

Sur ces 20 produits, est-ce que vous ne pourriez pas supprimer la taxe ? Tout simplement, vous supprimeriez la TVA. Ça serait aussi une partie du chemin, non ?

12:35
Bruno Le Maire

J'ai entendu l'idée de supprimer la TVA.

12:37
Présentateur

Sur 100 produits.

12:38
Bruno Le Maire

Je ne suis pas certain, un, que les quelques centimes de différence fassent vraiment la différence pour les ménages.

12:44
Présentateur

Ça s'allie au fait que la grande distribution elle-même fait baisser le prix ? La seule chose qui compte

12:48
Bruno Le Maire

pour moi, c'est le consommateur, c'est le ménage. Je pense l'avoir dit depuis le début de l'émission, c'est l'avis de nos compatriotes. Qu'est-ce qui me garantit que si je baisse la TVA, ça n'ira pas dans la poche des distributeurs ?

12:57
Présentateur

Donc, moi, je suis sûr. D'abord, eux, ils font un effort.

13:00
Bruno Le Maire

Ce que je constate, c'est qu'on a fait dans le passé depuis des années et des années des baisses de TVA et que la plupart du temps, les Français n'en ont pas vu la couleur. Ils n'ont pas vu le tarif moins cher, le produit moins cher. La TVA est allée dans la poche de l'intermédiaire.

13:13
Locuteur non identifié

Vous estimez que ça a été assez peu effectif. On ne peut pas ouvrir

13:15
Bruno Le Maire

le sujet de la restauration, mais je peux vous garantir qu'à chaque fois qu'on baisse un taux de TVA, le risque que ça finisse dans la poche du distributeur et pas dans la poche du consommateur, il est très élevé. Donc, moi, je préfère un engagement formel comme le propose de Olivier Grégoire sur un panier de produits où les distributeurs s'engageraient à avoir les prix les plus bas possibles parce que ça, ça va directement dans la poche du consommateur.

13:35
Présentateur

Ce n'est pas le bon moment parce que quand vous écoutez les distributeurs aujourd'hui, la grande distribution, ils sont vent debout contre vous parce qu'il y a cette proposition de loi qui émane de la majorité qui, soi-disant, voudrait assurer l'acheminement des grands produits mais qui se retourne puisqu'ils vous appellent les pompiers pyromanes. Ça, c'est le patron de Lidl qui le disait sur RMC. Des pompiers pyromanes, le gouvernement, puisqu'on va leur demander en gros, quand ils négocient avec les industriels, avec Coca-Cola, avec Mars, s'ils n'acceptent pas les prix, c'est l'industriel qui, in fine, aura raison.

C'est quand même très paradoxal de demander de baisser les prix et de l'autre côté de leur dire si Coca monte ses prix, vous serez obligés d'accepter.

14:17
Bruno Le Maire

Quel est là encore notre objectif ? Celui qu'on a réussi à obtenir avec la loi EGalim. C'est trouver le bon équilibre entre les intérêts du distributeur, du producteur agricole dans le cadre de la loi EGalim et du consommateur. Il faut que tout le monde en ait pour son argent. Il faut que le producteur qui est fermier, qui fait du lait... Mais là, ce n'est pas les producteurs, c'est les industriels. C'est juste pour expliquer quelle est la cohérence d'autres actions politiques. Avec la loi EGalim, on a réussi à trouver une juste distribution de la valeur. Ce que vous avez en train de me dire

14:45
Présentateur

sur cette proposition de loi... Là, je pense que l'équilibre n'est pas encore trouvé.

14:49
Bruno Le Maire

Je ne dis pas ça. Je dis que l'intention du député des Crozailles est bonne, que l'équilibre n'est pas encore trouvé et que quand l'équilibre n'est pas encore trouvé, là, en l'espèce, c'est entre l'industrie et l'agroalimentaire, le consommateur et le distributeur, quand l'équilibre n'est pas encore travaillé, trouvé, il faut continuer à travailler.

15:05
Présentateur

Donc, en l'État, vous ne soutenez pas cette proposition-là ?

15:07
Bruno Le Maire

En l'État, je pense que cette proposition de loi qui part d'une bonne intention doit être retravaillée, qu'on a encore un peu de temps pour la retravailler.

15:13
Présentateur

Les retraites, Bruno Le Maire, vers un jeudi noir, les syndicats qui disent attendre au moins un million de personnes, voire même un million et demi dans la rue, des grèves dans tous les secteurs. Est-ce que c'est à peu près comme ça que vous voyez la journée de jeudi ?

15:25
Bruno Le Maire

Je ne vais pas dire que la journée de jeudi n'a pas d'importance à la liberté de manifester. Les syndicats appellent à la grève, c'est leur droit. Je voudrais juste qu'on comprenne pourquoi est-ce qu'avec le président de la République, la première ministre, nous nous engageons dans une réforme des retraites. Ce n'est jamais sympathique une réforme des retraites. Ce serait beaucoup plus facile pour nous de dire aux gens que ce n'est pas la peine de faire de réforme des retraites, ce n'est pas la peine de travailler plus longtemps, ce n'est pas la peine que collectivement nous travaillons tous plus.

Mais au bout du compte, qu'est-ce que ça donnerait comme nation française dans 10 ans ou dans 20 ans ? Une nation appauvrie et déficitaire. L'appauvrissement et les déficits ne sont pas un avenir souhaitable pour la France. Et c'est ça le véritable enjeu. Est-ce que nous tenons à la solidarité entre les générations ? Oui ou non ? Si on y tient, ce qui est mon cas, on doit garantir l'équilibre du régime des retraites, son équilibre financier. Et je voudrais dire à quel point je suis révolté d'entendre parfois les arguments des uns et des autres qui vous disent c'est pas grave. Quand on me dit c'est pas grave que le régime des retraites soit déficitaire.

Mais si c'est grave parce qu'à un moment donné vous ne pouvez plus payer ou alors les taux d'intérêt augmentent et vous payez la facture trois fois ce que vous devriez la payer. Certains me disent il n'y a pas de déficit. Mais si, dès l'année prochaine il y a un déficit et à horizon 2030 le déficit...

16:43
Présentateur

Vous avez François Bayrou qui dit il y a une autre manière de faire c'est de demander aux entreprises de participer.

16:48
Bruno Le Maire

Mais je vais venir à la proposition de François Bayrou je veux juste que chacun comprenne qu'avoir un régime des retraites qui est déficitaire de plus de 10 milliards d'euros c'est grave. Avoir des déficits qui s'amusent cumulent c'est grave. Et qu'on ne peut pas payer la solidarité à crédit. À un moment donné les choses se retournent contre vous. Et le choix que la nation française a à faire devant elle c'est est-ce qu'elle croit encore à la solidarité entre les générations et bien dans ce cas-là on rétablit l'équilibre ce que fait notre loi en 2030 ou est-ce que dans le fond on fait la politique de l'autruche et on se résigne au chacun pour soi.

Parce que ce à quoi mène ce que propose ceux qui la main sur le cœur vous disent c'est pas grave les déficits c'est pas grave et tout va bien ce à quoi ça mène directement c'est l'égoïsme le chacun pour soi le débrouillez-vous tout seul qui sera dur pour les plus pauvres pour les moins qualifiés pour les plus modestes parce que eux s'en sortiront pas donc oui j'accuse tous ceux qui ne se soucient pas des déficits du régime des retraites qui ne veulent pas engager de réforme des retraites quelle qu'elle soit dans le fond de faire le jeu des plus favorisés d'autres pays au détriment des plus faibles et des plus modestes.

17:56
Présentateur

répondez aux élus de la France Insoumise notamment qui soutiennent les mouvements syndicaux et qui disent que vous allez réduire l'espérance de vie en bonne santé et ils pointent les doigts le fait que il y a déjà un certain nombre de travailleurs modestes qui n'atteignent tout simplement pas l'âge de la retraite.

18:13
Bruno Le Maire

Oui mais vous pouvez être encore plus précise Apolline de Malherbe certains sont allés expliquer que les travailleurs les plus modestes de toute façon étaient un quart à mourir avant 64 ans. On n'a pas le droit de jouer comme ça avec les peurs des français d'avancer des mensonges pareil oui c'est faux c'était parfaitement démontré par un de vos confrères Patrick Cohen

18:32
Locuteur non identifié

c'est faux

18:33
Bruno Le Maire

mais au delà du fait que ce mensonge

18:36
Locuteur non identifié

je vois la colère dans votre regard

18:39
Bruno Le Maire

le débat démocratique c'est pas le mensonge contre la vérité le débat démocratique c'est conviction contre conviction vérité contre vérité chiffre contre chiffre on n'a pas le droit de jouer avec les peurs des français on n'a pas le droit de dire que les déficits sont totalement sans importance et on n'a pas le droit de laisser entendre que sans réformer le régime des retraites on fait autre chose que de favoriser le chacun

19:02
Présentateur

Deux fois encore Bruno Le Maire un si jamais ça bloque est-ce que vous débloquerez sans état d'âme Aurore Berger la présidente du groupe macroniste à l'Assemblée dit bon il y a le droit de grève bien sûr mais ça n'est pas un droit de blocage et elle précise que s'il le faut ils permettront aux français de ne pas entraver de pouvoir continuer à aller travailler est-ce que ça veut dire que vous êtes prêts à débloquer s'il le faut on parle déjà de blocage des établissements par les lycéens on parle de blocage des raffineries est-ce que vous prendrez votre part et vous irez débloquer ?

19:35
Bruno Le Maire

Là encore qu'est-ce que nous voulons comme pays qu'est-ce que nous voulons comme France la grève le droit de grève bien entendu c'est un droit constitutionnel le droit de manifester bien entendu c'est un droit constitutionnel exprimer ses idées bien entendu mais bloquer non empêcher ceux qui veulent aller travailler de travailler non et nous ferons respecter cette règle simple que la démocratie c'est la libre expression ça n'est pas le désordre ça n'est pas le blocage

20:02
Présentateur

Un dernier point parce que je l'ai évoqué François Bayrou qui dit que c'est moralement pas acceptable de faire tout peser sur les salariés et qui dit qu'il faudrait mettre à contribution les entreprises est-ce une option ?

20:12
Bruno Le Maire

Mettre à contribution les entreprises elles sont déjà très à contribution à un entrepreneur du bâtiment et des travaux publics je sais que François Bayrou est très attaché au TPE et au PME il a raison quand il paye un de ses salariés 2000 euros il va sortir 3300 euros de sa poche 1300 euros augmenter les cotisations des entreprises c'est courir le risque du chômage augmenter les cotisations des salariés c'est baisser les salaires nets des salariés donc en tout état de cause l'augmentation des cotisations ne paraît pas la bonne option

20:40
Présentateur

Bruno Le Maire ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et du numérique était donc sur AMC et BFM TV merci à vous merci à vous