Mort de Philippe Bouvard : l'hommage de Muriel Robin au micro de Anne-Sophie Lapix
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vous étiez toujours en contact avec lui ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Vous vous souvenez de cette première fois, de votre casting, de votre première rencontre ?
- 4:40OuverteRéponse directe
C'était quoi le cahier des charges, en fait ? Qu'est-ce qu'il vous disait ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y avait une famille d'humour bouvard ? Quelque chose de commun ?
- 8:35OuverteRéponse directe
Justement, comment on sortait du théâtre de Bouvard avec plein de propositions ? C'était vraiment un énorme tremplin ?
- 9:26OuverteRéponse directe
Comment vous qualifieriez Philippe Bouvard ? C'était un parrain de télévision ? C'était quoi ? Un ami, tout simplement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Locuteur non identifiéFait
« Je n'oublie pas ce que les gens m'apportent ou m'ont apporté. »
- 1:00Locuteur non identifiéFait
« Parce que quand il entendait le sketch, il disait « j'achète ». »
- 1:25Locuteur non identifiéFait
« Muriel Robin, qui est la plus drôle de l'émission, donc la plus drôle de la télé, donc la plus drôle de France. »
- 3:14Locuteur non identifiéFait
« On arrivait d'une compagnie de théâtre. On avait joué tout l'été en plein air. »
- 3:22Locuteur non identifiéFait
« On hurlait pour être entendus. »
- 4:06Locuteur non identifiéFait
« C'est dur. Tu vas voir, je vais arriver. Moi, tu vas voir, tu vas me prendre. »
- 4:13Locuteur non identifiéFait
« Et d'ailleurs, la première fois que je passe à la télé, je suis en sous-vêtements. »
- 4:44Locuteur non identifiéFait
« Il ne disait pas grand-chose. Il ne voulait rien. Si ça le faisait rire, il prenait. Et sinon, il ne prenait pas. »
- 6:39Locuteur non identifiéChiffre
« Je ne sais plus si c'était 1300 ou 1700 francs, le sketch. »
- 7:04Locuteur non identifiéFait
« Qu'on puisse, dans 20 ans, quand on le relira, qu'on puisse encore jouer et se dire que ce n'est pas trop mal. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié81 %
- Présentateur19 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
RTL Soir, c'est avec Anne-Sophie Lapix. C'est un bébé bouvard, une immense artiste complète, passée par le théâtre de Bouvard, qui a révélé de nombreux talents, comme les inconnus Mimi Maty, Michel Bernier, Annie Grégorio, ou les chevaliers à Las Palaises. Je suis très heureuse d'accueillir Muriel Robin. Bonsoir Muriel.
Bonsoir Anne-Sophie.
Alors on a appris l'amour de Philippe Bouvard ce matin. Est-ce que vous étiez toujours en contact avec lui ?
Oui, oui, oui. Oui, parce que je suis infidèle. Je n'oublie pas ce que les gens m'apportent ou m'ont apporté. Et Philippe Bouvard, j'ai appris à écrire, en fait, pour lui. La première fois que j'ai écrit, je ne savais même pas que je savais faire. Mais on a essayé avec deux amis, dont Annie Grégorio et une autre amie, Catherine Dupont. Et je me vois toutes les droits assises par terre. Et en écrivant un truc, on lui a présenté et qu'il a acheté. Parce que quand il entendait le sketch, il disait « j'achète ». Bon, ben, il achetait. Et donc, j'ai appris à écrire. Et ce n'est pas rien. Donc ça, je ne peux pas oublier.
Et puis, je n'oublierai jamais aussi que quand on est parti à un moment en tournée en province, on allait faire les sketchs sur scène. Et Philippe était avec nous, nous présentait un parrain. Moi, j'étais assez nouvelle. Il me gardait pour la fin. Et il me présentait en disant « Muriel Robin, qui est la plus drôle de l'émission, donc la plus drôle de la télé, donc la plus drôle de France ». Alors, j'ai réussi à enregistrer ça pour le faire entendre à mes parents, pour leur dire « vous voyez quand même qu'il y a des gens qui pensent du bien de moi ». Et surtout, non, mais plus sérieusement, ça donne confiance. Et puis, on se dit « tiens, je ne me suis pas trompée ».
Parce que pour moi, Philippe Bouvard, c'était très associé à Thierry Le Luron. Ils n'avaient pas démarré ensemble. En fait, il avait un peu lancé, ça s'était passé là. Donc, la reconnaissance de Philippe Bouvard comptait dans mon panier. Donc, l'écriture plus la reconnaissance, je ne peux pas oublier. Donc, je suis restée en comptage. Je l'appelais pour tous ses anniversaires. Et parfois, comme ça, par surprise, pour prendre de ses nouvelles. À chaque fois, je remerciais, on était très heureux. Et puis, aussi, ce n'est pas quelqu'un du tout démonstratif, ni dans les gestes, ni dans les mots, un peu dans les actes. En fait, à sa façon, quand il aimait votre talent, il ne vous lâchait pas.
Et puis, en vieillissant, il a appris quand même un peu à… Voilà, donc j'ai pu lui dire régulièrement merci. J'y tenais, c'était important. Et il a pu me dire qu'il était fier et que j'étais un peu sa plus belle récompense. Et je me suis dit, et j'ai d'ailleurs répondu, vous devez dire ça à chaque artiste qui est passé par le petit théâtre. Je ne vous en veux pas. Vous avez bien raison. Et voilà, quoi. Vous l'aviez vu dans les derniers mois ? Oui, j'ai vu il y a deux mois, je pense. Je suis allée l'embrasser à Cannes. Parce que j'étais heureuse de le voir. Ça faisait plus de moments que je ne l'avais pas vu. Donc, j'ai bien fait. J'ai bien fait, puisque… Oui.
Vous avez commencé au théâtre de Ouvoir en 83, je crois. Vous vous souvenez de cette première fois, de votre casting, de votre première rencontre ?
Oui. Je me souviens qu'on ne savait pas trop comment ça marchait avec nos amis. On arrivait d'une compagnie de théâtre. On avait joué tout l'été en plein air. Donc, on parlait très très fort. D'ailleurs, quand on a fini, il a dit « Pourquoi vous parlez si fort ? » C'était vrai. On hurlait pour être entendus. On jouait à la campagne dehors avec des gens qui étaient dans le pré. Évidemment, ce n'était pas tout à fait pareil. Et je me souviens qu'on s'est perdus dans les coulisses. Vraiment, on sentait bien que ça allait être à nous. Et on était perdus dans les coulisses.
On ne savait pas par où passer de cet endroit d'Istio Gabriel qui est devenu un peu une de mes maisons que j'ai appris à connaître par cœur. Et il y avait beaucoup de peur, de traque. Et puis aussi, je pense surtout à mes deux amis. Moi, ce côté… Parce qu'on m'avait dit que c'était dur d'entrer chez Bouvard. Donc, ça, ça me plaît bien. Parce que si c'est facile, on s'ennuie. Donc, j'avais dit « C'est dur. Tu vas voir, je vais arriver. Moi, tu vas voir, tu vas me prendre. » Et donc, très très on y va. Et d'ailleurs, la première fois que je passe à la télé, je suis en sous-vêtements. Puisque je viens acheter des vêtements dans un magasin. Et les deux vendeuses me disent « On n'a plus rien.
S'il nous reste assis, il nous reste des sacs poube. » Et elle m'habille avec des sacs poubelle. Donc, finalement, c'était assez osé. Mais j'étais bien foutue à l'époque. Donc, ça allait.
Je veux dire que l'image est devenue célèbre. On se souvient de vous. En tout cas, moi, je m'en souviens. Vous le connaissez. Cette image a beaucoup circulé. C'était quoi le cahier des charges, en fait ? Qu'est-ce qu'il vous disait ? Il faisait rire.
Il ne disait pas grand-chose. Il ne voulait rien. Si ça le faisait rire, il prenait. Et sinon, il ne prenait pas. Il avait raison ou pas. Je ne sais pas. Mais c'était lui le maître à bord. Donc, il décidait. Et quand même, il avait ce sens. Il n'y a pas de quand même, d'ailleurs. Il avait le sens de rire de monsieur tout le monde. Comment dire ? Il n'y avait pas... Ce n'était pas du tout intellectuel. En fait, c'était... Il riait de bon cœur, quoi. Il riait de bon cœur. On l'a vu, d'ailleurs, avec les grosses têtes. C'était un rire un petit peu plus... Parfois, un peu sous la ceinture. Il est comme un enfant. Il rit parce qu'on vient de dire un gros mot. Et ce sont les mêmes étonnants.
Il rit comme un enfant. Voilà. Il avait le rire de monsieur et madame tout le monde. Donc, la preuve, c'est que ça a marché. S'il faisait rire, il faisait rire les gens. Et les débriefings ? Il fallait être... Mais pas de débriefing. Ah oui. En fait, très peu. Parce qu'où il prenait, où il jetait. Donc, il disait non. Voilà, non. On n'avait pas trop l'espace pour discuter et dire... Ouais, mais si je le retravaille, comme ça. C'était... Allez, hop, c'était... C'était rapide, quoi. On faisait ça en bas des escaliers au studio Gabriel. Une sorte de grand couloir. Un espace comme ça que vous, vous devez connaître, Anne-Sophie. Et on était là, lui, sur une chaise. On passait.
Rien pour s'asseoir. On était accroupis. On attendait notre touffe. C'était un truc à l'arrache, comme ça. Un peu pam, pam, pam, pam. Et puis, pof, il regardait sa montre. Pof, il montait dans sa 604. Avec le téléphone, le machin, tout. On a l'impression de travailler avec un Américain, quoi. Parce qu'il était très moderne. J'ai beaucoup de boulot. La presse et tout. Le téléphone dans la bagnole. Enfin, c'était... Donc, il nous donnait un petit espace temps, comme ça. Donc, il fallait être efficace. Et sinon, hop, allez, dehors.
Et super productif, aussi. Parce que vous disiez qu'il vous a appris à écrire. Mais vous n'arrêtiez pas d'écrire des sketchs. C'était intense.
Alors, on n'arrêtait pas. C'était intense. Ça dépendait. Ça dépendait. En fait, on choisissait. Je ne sais plus si c'était 1300 ou 1700 francs, le sketch. Donc, pour gagner sa vie, c'est facile. Donc, il y en a certains qui aimaient bien multiplier. Essayer de multiplier par 3 ou 4, par enregistrement, qui a mis les toutes les semaines. Moi, la personne avec qui j'écrivais, Catherine Blanchard, qui est encore mon amie aujourd'hui. Nous, on se disait... Ouh là là, calme. Moi, je disais, en tout cas, je veux ce qu'on écrira. Qu'on puisse, dans 20 ans, quand on le relira, qu'on puisse encore jouer et se dire que ce n'est pas trop mal. Donc, on prenait un peu plus notre temps.
Donc, on faisait... Moi, je faisais un ou maximum deux sketchs par semaine. Et plus souvent, c'était un. Mais 4 fois 1700 francs, c'était... Enfin, je me disais bien. J'ai acheté ma première voiture, quoi, quand même. C'était le calcul. C'était bien.
Est-ce qu'il y avait une famille d'humour bouvard ? Quelque chose de commun ? Ou est-ce que, plutôt, c'était les singularités de chacun, en fait, qui marchaient ?
Non, je crois que c'était les singularités de chacun. Vraiment. Parce que là, je repasse très vite. C'est quand même loin, tout ça. Mais effectivement... Et c'est ça aussi. Quand on était adoubés, ça veut dire qu'il adoubait votre personnalité. Alors, bon, ben voilà. Ça donnait quand même de la force. Et qui n'était pas du tout... Mais chacun a une personnalité très différente. Il n'y avait pas de... D'ailleurs, on n'a jamais fait de choses chorales. On voyait avec qui on avait le plus d'atomes crochus. Et puis, hop. Et effectivement, moi, c'était avec Catherine, qui était un peu plus affaire que les autres, d'ailleurs. Catherine Blanchard.
Mais j'ai fait, par exemple, j'ai écrit qu'un sketch avec Michel Bernier. Auquel on a beaucoup ri, d'ailleurs. On est à fourrer, je m'en souviens très, très bien. J'ai beaucoup travaillé avec Didier Melureau parce que ça m'a aussi permis, avec la raison qu'on avait gagnée, ça nous a permis de faire des affiches et d'écrire une pièce et de la jouer après. Donc, pour moi, ça a été... Oui, ça a été une reconnaissance, de l'argent, la possibilité de faire autre chose grâce à lui, quoi.
Justement, comment on sortait du théâtre de Bouvard avec plein de propositions ? C'était vraiment un énorme tremplin ? Non. Non.
Non. C'était mieux de ne pas mettre Théâtre de Bouvard en haut de son... Ah oui ? C'était pas chic, non. C'était cheap. C'est cheap. Surtout moi qui sortais du conservatoire, alors là, je ne comprenais rien. Vous ne comprenez pas ce qui vous est arrivé ? Ah bah oui, parce que quand on sort du conservatoire, on ne va pas chez Bouvard, quoi. Je veux dire, c'était mes deux bouts, quoi. Parce que j'avais eu Bouquet pendant trois ans. Ah oui, c'est pas mon temps. Et après, j'ai arrivé chez Bouvard. Donc, j'ai aimé mes deux bouts qui n'avaient rien à voir l'un avec l'autre. Mais en le regardant maintenant, je trouve ça rock, quoi. C'est pas la peine d'aller faire les plus audaces.
Moi, j'ai fait le conservatoire. Je n'allais pas aller jouer une pièce de Brecht. Je ne sais pas, ça s'est fait comme ça, en tout cas.
Vous évoquiez Bouquet, qui a été votre grand professeur et votre mentor. Comment vous qualifieriez Philippe Bouvard ? C'était un parrain de télévision ? C'était quoi ? Un ami, tout simplement ?
Oui, un parrain. Non, un ami, non. Non, pas du tout. Michel Bouquet, oui, c'était un... Voilà, il m'a dit, je suis ton père de théâtre. Et vraiment, il y avait quelque chose de très fort. Mais c'était, oui, un parrain qui mettait le pied à l'étrier, comme on dit, je crois. Moi, j'ai quand même découvert, j'ai écrit la première fois. Et ce n'est pas rien, parce que par la suite, on voit bien que ça va me servir. C'est sûr. Un peu ?
Un peu. Merci. Merci beaucoup, Muriel Robin, d'avoir accepté de nous livrer ce témoignage sur Philippe Bouvard.
Merci à vous.
Et puis, on attend votre retour sur scène maintenant. C'est imminent.
Oui, oui, je suis très écrite, donc c'est bon.
Merci beaucoup. Merci infiniment. Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTL Soir. L'info qu'on a failli manquer de Florian Gazan. Cette info, c'est qu'hier, Gérard Laché, a été intranisé au sein de la confrérie de l'Oignon de Roscoff. Vous voyez, mais les politiques adorent les confrérie. Le petit phénomène des maguesselles, c'est la tendance vestimentaire de la rentrée. Le bermuda, et oui, on s'adapte aussi à la chaleur. Et puis, un petit nouveau dont beaucoup de fidèles d'RTL se souviennent. On va rejoindre notre bande, c'est Tanguy Pastureau. Il défait l'info dans RTL Soir. A tout de suite. Tous les jours, toute la journée.