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interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 12 juin 2026 10 min

"Nous sommes là pour construire une défense européenne crédible", déclare le directeur général de KNDS

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0:01
Présentateur

Bonsoir Jean-Paul Allary.

0:05
Locuteur non identifié

Bonjour Fanny Guitt-Guinouché.

0:06
Présentateur

Vous êtes le patron, le directeur général de KNDS. Alors KNDS, pour nos auditeurs, ça ne dit pas forcément grand-chose. Et pourtant, vous êtes le leader de Chars, de Chars Léopard, de Canon César. Vous êtes une entreprise européenne. On entend beaucoup en ce moment qu'il y a des conflits, des conflits en Iran, le conflit en Ukraine. Ça veut dire que cette montée des conflits, ça fait vos affaires ?

0:33
Locuteur non identifié

Écoutez, je ne peux pas dire que la montée des conflits fasse nos affaires, dans le sens où tous ces conflits-là sont dramatiques, mais juste l'illustration que nous sommes dans un monde fragmenté, avec des blocs qui s'opposent et qui vont jusqu'au combat, ce qui est malheureux. Mais nous sommes là pour construire une défense européenne crédible pour éviter ces conflits.

0:54
Présentateur

Alors, construire une défense européenne, ça veut dire construire, je le disais, vous êtes le premier fournisseur d'armes, par exemple en Ukraine, ça veut dire construire des chars, des canons, ça veut dire que votre carnet de commandes, il est plein ?

1:08
Locuteur non identifié

Effectivement, depuis quelques années, notre carnet de commandes est le reflet de la montée des investissements de toutes les nations européennes qui veulent rentrer véritablement dans cette... Vos clients, ce sont qui ? Nos clients sont la grande majorité des pays de l'OTAN, en particulier, qui sont des gros clients de KNDS, et nos deux plus gros clients sont l'État français et l'État allemand, qui sont véritablement les deux racines, les deux ancrages de KNDS en Europe.

1:34
Présentateur

Parce que vous êtes une entreprise franco-allemande. Quand on dit carnet de commandes plein, on a une visibilité à combien d'années, combien de mois ?

1:43
Locuteur non identifié

Écoutez, je ne veux pas brever les éluiteurs de chiffres, mais juste retenez, nous avons un carnet de commandes aujourd'hui, à fin 2025, de 33 milliards d'euros, et c'est beaucoup à comparer aux 4,4 milliards d'euros que nous avons facturés, livrés l'année dernière, en chiffre d'affaires.

2:00
Présentateur

Vous allez recruter pour honorer toutes ces commandes ?

2:05
Locuteur non identifié

Bien évidemment, on a une croissance qui est absolument importante, beaucoup d'investissements, beaucoup de recrutements.

2:09
Présentateur

Vous avez des sites en France, il faut le préciser.

2:12
Locuteur non identifié

Effectivement, nous avons 32 sites en tout, dont une petite dizaine en France, et nous recrutons en France énormément, nous allons aussi investir.

2:18
Présentateur

Vous recrutez quel type de métier ?

2:19
Locuteur non identifié

Écoutez, tous les métiers. C'est-à-dire ? Ce sont les métiers de la logistique, les métiers de soudeur, les métiers de technicien, métiers d'ingénieur, métiers de finance, de commercial. Tous ces métiers-là sont concernés.

2:31
Présentateur

Ça veut dire que vous allez étendre des sites en France ? Vous êtes par exemple à Rouen, vous êtes près de Bourges. Ce sont des sites où il va y avoir des recrutements ?

2:39
Locuteur non identifié

Bien sûr, et il y a beaucoup de recrutements qui sont en cours dès aujourd'hui. J'encourage tous ceux qui veulent rejoindre KNDS, véritablement, de profiter de tous ces métiers.

2:47
Présentateur

Et on peut se présenter chez vous sans avoir forcément été dans la défense ou l'armement auparavant ?

2:53
Locuteur non identifié

Je confirme, absolument.

2:55
Présentateur

Alors c'est le moment d'envoyer les candidatures. Je disais, vous êtes un groupe franco-allemand, une rare entreprise contrôlée 50-50, 50% états français, et puis une famille allemande. Mais on voit qu'il y a l'intention de l'état allemand de monter au capital. Pourquoi ces changements ? Pourquoi l'état allemand a envie de venir dans KNDS ? Parce que vous êtes une belle entreprise.

3:19
Locuteur non identifié

Écoutez, pour la simple et bonne raison, l'état allemand est un client important, et KNDS est important pour l'état allemand. Et la famille voulant se désengager, nous sommes très heureux, si effectivement l'opération se déroule, d'accueillir l'état allemand comme actionnaire de KNDS, au-delà de l'introduction en bourse de KNDS.

3:39
Présentateur

Alors ça veut dire que les Français seront un peu moins présents, auront un peu moins de poids dans votre entreprise ?

3:46
Locuteur non identifié

Ce n'est pas une question d'équilibre entre la partie française et la partie allemande. Dans notre schéma, les deux parties, l'état français et potentiellement l'état allemand demain, auront environ à peu près la même participation dans le capital de KNDS.

3:59
Présentateur

L'idée, c'est de faire une entreprise franco-allemande, de faire peut-être un char européen franco-allemand, alors qu'on n'est pas capable de faire, ou qu'on a abandonné le projet du SCAF, cet avion franco-allemand. Ça, c'est parti à la poubelle. Mais vous, vous vous dites demain ?

4:17
Locuteur non identifié

Et c'est véritablement l'ambition de KNDS, c'est véritablement de créer des solutions européennes, bien évidemment sur la base franco-jamaïque, qui est importante en termes de crédibilité vis-à-vis des armées, de ces deux armées. Donc effectivement, notre ambition, c'est de proposer en tant qu'industriel des solutions qui sont véritablement sur le meilleur des compétences, des technologies de chacune des entités en France et en Allemagne. Et de faire en sorte que ça fonctionne,

4:42
Présentateur

qu'on soit capable de travailler ensemble.

4:44
Locuteur non identifié

Absolument. Et c'est notre détermination d'arriver effectivement à cette coopération qui est absolument vitale pour l'Europe, en termes de crédibilité de la défense, je le répète.

4:53
Présentateur

C'est-à-dire que vous pensez que si on n'arrive pas à se mettre d'accord avec les Français et les Allemands, l'Europe fera pas le poids ?

5:00
Locuteur non identifié

Je déplorerai toujours tout projet européen, qu'il soit entre la France et l'Allemagne, ou toute autre nation de l'Europe, de ne pas faire cette coopération, qui est absolument essentielle pour la crédibilité de la défense européenne, qui est un enjeu d'aujourd'hui dans le monde dans lequel nous vivons.

5:15
Présentateur

Vous l'avez mentionné tout à l'heure, vous allez vous introduire en bourse. Alors quand ?

5:19
Locuteur non identifié

Alors, on va s'introduire en bourse dès que l'on pourra. Et donc le plus rapidement possible. Et donc c'est notre objectif. Donc c'est prévu cette année. Donc c'est prévu cette année. C'est prévu le plus vite possible.

5:29
Présentateur

Qu'est-ce que ça change ? Pourquoi avoir envie d'aller en bourse ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi l'intérêt ? Alors vous avez déjà une belle boîte, un carnet de commandes qui fonctionne bien.

5:39
Locuteur non identifié

Oui, alors ça va d'abord nous donner beaucoup plus de visibilité, de crédibilité sur le marché qui est en train véritablement de grossir, d'exploser. Vous avez vu notre carnet de commandes avec des compétiteurs hors Europe qui sont en train de venir en Europe. Donc en fait, pour se battre à armes égales vis-à-vis de ces compétiteurs, on va attirer des investisseurs. Et ça donnera aussi une dimension supplémentaire en termes d'agilité. Si des opportunités se présentent en Europe, on sera plus solide, plus rapide, plus agile, plus robuste.

6:08
Présentateur

Ça va se chiffrer en quoi ? En millions d'euros ? En milliards d'euros ?

6:12
Locuteur non identifié

Alors je ne peux pas donner de chiffres, mais vous pouvez retenir en milliards d'euros, oui. En milliards d'euros ?

6:16
Présentateur

Non, mais aujourd'hui, on est quand même dans les introductions en bourse. Alors vous me direz, ce n'est peut-être pas comparable, mais on entend que SpaceX, Elon Musk veut introduire sa société en bourse, chercher 75 milliards d'euros. Ce n'est pas de cet ordre ?

6:31
Locuteur non identifié

Je ne peux pas plus commenter là-dessus. Vous ne pouvez pas commenter. Je vous ai déjà donné un chiffre. Milliard d'euros, l'unité.

6:37
Présentateur

En tout cas, une chose est sûre, c'est que l'armement, la défense, vous connaissez, vous avez fait toute votre carrière dans ce secteur. Parce qu'auparavant, vous étiez chez Safran, Safran qui fait des moteurs d'avion. Avant d'arriver chez KNDS, il y a un peu plus d'un an et demi, vous êtes passé par l'aéronautique. Pourquoi cette envie ? Vous aviez, c'était chevillé au corps pour vous d'aller dans ce secteur ?

6:58
Locuteur non identifié

Écoutez, j'ai passé un peu plus de 35 ans dans ce merveilleux groupe qui est le groupe Safran, groupe aéronautique et de défense. Voilà, j'ai voulu passer et donner une certaine contribution personnelle par rapport à tout ce que j'ai appris. C'est ce que vous vouliez faire quand vous étiez petit ? Ce que j'ai fait, c'est de travailler dans les technologies. Je suis un passionné de technologies. C'est ce qui m'a...

7:21
Présentateur

Vous étiez dans un environnement avec des technologies pour avoir cette envie-là ? Absolument pas.

7:25
Locuteur non identifié

Absolument pas. J'ai grandi dans un tout petit village de l'Aveyron dans lequel les technologies n'arrivaient pas tout à fait très rapidement. Et donc, voilà, j'étais passionné dès le début. Et donc, voilà, j'ai assouvi cette passion-là. Et maintenant, je suis un passionné d'industrie et je veux apporter ma contribution à cette aventure européenne de la défense qui est KNDS.

7:44
Présentateur

Et qui est absolument, vous le disiez, essentielle étant donné les conflits environnementaux. Une dernière question. La semaine prochaine s'ouvre à Paris est un des plus grands salons de l'armement, de la défense. Eurosatory, vous y serez présent. C'est l'occasion de voir des innovations. À quoi va ressembler, par exemple, le char du futur ?

8:05
Locuteur non identifié

J'encourage les auditeurs, s'ils le peuvent, venir nous voir. A Eurosatory, le char du futur, c'est plus qu'un char. C'est un système complet qui va être complètement connecté, digitalisé, avec des modules d'intelligence artificielle pour aider les soldats qui vont être dans ces chars. Limiter le nombre de soldats dans ces chars également, améliorer leur protection, leur donner une puissance de feu et de précision supérieure et surtout une mobilité bien plus importante.

8:32
Présentateur

Alors, il y a les chars et du côté des canons ?

8:35
Locuteur non identifié

Du côté des canons, pareil, nous allons afficher des innovations importantes, je ne peux pas dévoiler aujourd'hui, mais qui seront dévoilées dès lundi matin sur le stand KNDS.

8:44
Présentateur

Parce que là aussi, vous avez monté, vous disiez, on parlait des cadences tout à l'heure, c'est devenu quelque chose d'extrêmement important, le rythme ?

8:54
Locuteur non identifié

Oui, alors là, on a eu ces dernières années une aventure absolument exceptionnelle sur le canon César. Nous avons multiplié les cadences par 5 en quelques années et ça, c'est vraiment le résultat des hommes et des femmes de KNDS qui ont réalisé cet exploit. Aujourd'hui, il faut environ 15 mois, c'est-à-dire deux fois moins qu'il y a quelques années. Ah oui, effectivement. Donc, on a beaucoup progressé grâce à un travail collectif de l'ensemble des équipes de KNDS formidable.

9:21
Présentateur

Écoutez, merci beaucoup de nous avoir fait partager votre passion. Merci Jean-Paul Allary. Et puis, alors on retient, c'est le moment d'envoyer ces CV si on a envie d'aller travailler chez KNDS. Merci d'avoir été l'invité éco de France Info ce soir.

9:36
Locuteur non identifié

Merci Fanny. Merci.

9:37
Locuteur

Merci. Merci. Merci.

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