L'interview en intégralité d'Emmanuel Grégoire, candidat de la Gauche unie à la mairie de Paris
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h29 sur RMC et BFM TV. Bonjour Emmanuel Grégoire. Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Je le rappelle, vous êtes le candidat de la gauche unie, candidat socialiste à la mairie de Paris. Et je le précise s'il le faut, sans la France insoumise.
Vous êtes également député socialiste de Paris. On va revenir évidemment sur ces derniers instants de la campagne des municipales. Meeting contre meeting.
Vous avez encore un peu de voix ce matin ? Oui, ça va. Vous avez hurlé bien fort et vous avez peu dormi.
Très bel événement. Oui, effectivement. On y reviendra en longueur.
Mais d'abord, évidemment, l'événement de la nuit, ce sont les conséquences en Iran, de la guerre, de ses conséquences dans toute la région. On l'a appris par la voix du président de la République, Emmanuel Macron, la mort d'un militaire français. Il s'appelait Arnaud Friand, adjudant-chef du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars.
Il est décédé donc dans la nuit. Est-ce pour vous, Emmanuel Grégoire, un moment de bascule dans ce conflit ? D'abord, je veux avoir une pensée pour sa famille et pour ses frères d'armes.
Les soldats qui sont sur des terrains extérieurs, qui assurent évidemment la sécurité des implantations militaires de la France à l'étranger, sont exposés en permanence à des risques et aux risques ultimes, en l'occurrence, de donner sa vie. Ce sont des attaques qui sont liées au régime iranien qu'on connaît, qui soutiennent des groupuscules armés partout et qui essayent de déstabiliser les choses. C'est revendifié en effet par une milice pro-iranienne, ces attaques, effectivement.
On connaît ce réseau de milices. Moi, je fais confiance au président de la République sur ces sujets-là. Il y a dans ces moments-là, je crois, une nécessité de concorde.
Et je m'en remets...
Vous plaidez pour l'unité nationale, ça on l'entend. On attend de savoir si un conseil de défense va être convoqué ce matin. On sait que le président reçoit aussi le président ukrainien.
Mais la France, dans ces conditions, peut-elle, doit-elle rester dans la région malgré tout ? Elle a besoin de protéger, y compris ses propres intérêts géostratégiques. Donc je le redis là-dessus, je fais confiance au président de la République.
Il y a eu une réunion autour du Premier ministre et de l'ensemble des formations politiques. Et cette transparence et de ce dialogue étaient évidemment nécessaires et bienvenus. Dans un moment comme celui-là, je crois qu'on a juste un devoir, c'est de se serrer les coudes, de penser à la famille et de rappeler que nous sommes dans un monde qui est évidemment dangereux, qui est un monde qui nécessite que la France soit mieux préparée.
Mais plus précisément, Emmanuel Redouard, j'entends l'unité et c'est à saluer. Est-ce que la France doit évoquer ses militaires dans cette zone précisément ? Non, je le redis, non.
Et ce n'est pas à moins d'en juger. C'est au président de la République, avec l'appui des forces armées, nous avons besoin de défendre des intérêts géostratégiques. Et les soldats sont là pour cela.
Et ils rendent un service à la nation que peu d'entre nous rendent de façon aussi grave. Et donc je veux, à travers ce jeune homme, ce jeune soldat, rendre hommage à tous ses frères d'armes, ses sœurs d'armes qui sont sur le terrain et qui nous protègent collectivement. Encore une fois, j'entends votre prudence.
J'entends que vous laissez le chef d'État agir. Néanmoins, il y a cette revendication de cette milice pro-iranienne qui le dit sur un poste sur Telegram, prendre pour cible tous les intérêts français en Irak et dans la région, après notamment le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle. Encore une fois, la position d'Emmanuel Macron, c'est d'être défensif.
Est-ce qu'il faut changer notre doctrine après ce qu'il s'est passé dans la nuit ? Pour la troisième fois, je vous dis non. Je fais confiance au président de la République et je ne vais pas changer de position là-dessus.
Qui suis-je ? Je suis candidat à l'Amérique de Paris. Qui suis-je pour donner des conseils géostratégiques et militaires au président de la République ?
Vous savez, je suis très humble, moi. Je sais sur pourquoi je suis fait et je sais pourquoi je dois faire confiance à d'autres. Le parti socialiste comme d'autres partis ont été reçus cette semaine par le Premier ministre à Matignon.
Des secrets géostratégiques notamment ont été dévoilés. Et vraisemblablement, l'organisation d'un débat à l'Assemblée nationale devraient se tenir. Passer la campagne des municipales, passer donc le 22 mars, est-ce que vous pensez qu'au vu de la situation, de la gravité du moment, il devrait être avancé ce débat ?
Non, non, non. Le premier tour a lieu dimanche, le second tour a lieu et je le redis, il y a une transparence évidemment avec un niveau de confidentialité, vous comprenez, avec les formations politiques. Je crois que le gouvernement est au rendez-vous du dialogue avec les formations politiques sur ce sujet.
Il y en a bien d'autres sur lesquelles on est en désaccord. Enfin, sur l'essentiel, il faut savoir rester chacun à sa place et ce sera la place du Parlement d'avoir un débat avec le gouvernement sur ce sujet, le niveau d'engagement de la France, la stratégie de la France. Mais ça doit se faire dans un cadre, vous le comprendrez, très rigoureux, très rigoureux.
Il en va des intérêts de la France, il en va aussi de la sécurité de nos soldats. De nos soldats, de nos ressortissants aussi, parce que certains sont encore bloqués sur la zone. Pour vous, le gouvernement est-il à la hauteur ?
Fait-il assez ? Parce qu'on entend encore des témoignages réguliers sur nos antennes de Français bloqués qui n'arrivent pas à rentrer en France. Ils n'arrivent pas à rentrer, il y a une guerre, c'est la guerre.
Donc je ne vais pas, quand c'est une guerre, adresser des reproches à la volée, etc. Je sais le quai d'Orsay mobilisé pour le rapatriement de nos ressortissants. Ils sont pour la plupart en sécurité, mais dans des territoires qui sont eux-mêmes exposés à des menaces, il y a des attaques régulières.
Et donc là aussi, je laisse faire les pros leur job. J'entends votre prudence. Une guerre et un conflit qui a des conséquences évidemment en cascade, notamment économiques, sur le territoire français.
Le parti socialiste, là aussi, a réclamé toute une série de mesures, notamment un chèque pour les plus vulnérables. Le gouvernement a dit que pour l'heure, tous les scénarios étaient sur la table, mais qu'il était encore trop tôt pour envisager cette option. Est-ce que vous entendez cet argument ?
Alors, je crains qu'il faille aller plus vite là-dessus, parce que le problème des effets de ce type de conflit, c'est d'abord rappeler notre dépendance aux énergies fossiles, au pétrole et au gaz. On n'a pas de pétrole, on n'a pas de gaz, donc dès que c'est le bazar à l'extérieur, on a une flambée sur le pouvoir d'achat qui peut être mortifère. Elle l'est sur le prix évidemment des carburants au particulier, mais elle l'est aussi dans le financement de l'économie réelle, dans tous les secteurs qui ont besoin du gaz et du pétrole.
Chez les restaurateurs, chez les boulangers, c'est un cascade en effet. Exactement. On paiera aussi sur la baguette de pain l'augmentation du gaz.
Et là-dessus, je crois qu'il faut d'abord faire des mesures, nous l'avons demandé le groupe socialiste, il faut prendre des mesures pour la protection des plus fragiles, notamment ceux qui n'ont pas le choix que d'utiliser leur voiture. Et je pense qu'il ne faut pas tarder parce que si on a trop le temps de les mettre en place de façon opérationnelle, on aura du mal, je crois, à réagir à la réalité de la contrainte sur le pouvoir d'achat que ça va apporter. Et ce, malgré les engagements notamment des distributeurs de carburants qui ont annoncé hier des plafonnements des prix, vous les entendez ?
Est-ce que vous les croyez ? Vous croyez à ces engagements ? J'ai toutes les raisons de les croire.
Mais j'ai toutes les raisons de penser qu'on doit les surveiller et que l'administration fiscale, l'administration du ministère de l'économie et des finances doit surveiller ça heure par heure. Parce que oui, il y a des comportements opportunistes. Des profiteurs de guerre ?
Oui, c'est de l'inflation, c'est de la spéculation, c'est le pic de demande qui crée de l'augmentation des prix. Et c'est ça qu'il faut réguler. Il faut le faire station essence par station essence.
Parce que c'est là que se nichent les exceptions et les contournements au principe général. Quand vous voyez ces contrôles qui se sont effectués, vous dites quoi ? C'est trop peu ?
Il faut en faire énormément. Là aussi, le numérique nous aide parce qu'on a quand même des plateformes de traitement automatisé des données. Mais je le redis, ma préoccupation, c'est l'impact en matière de pouvoir d'achat sur les plus modestes de ce qui est en train de se passer.
Et surtout, la durée. Parce qu'on ne sait pas du tout combien de temps ça va durer. Parce que ne pas mettre de mesures à court terme en se disant que ça ne va pas durer longtemps.
On peut l'entendre. Mais en réalité, on n'en sait rien. Et donc, je pense que le gouvernement devrait accélérer dans la préparation de la mise en œuvre de cette aide aux plus modestes sur notamment le sujet de l'accès au carburant.
Vous dites en fonction des revenus, donc un chèque peut être délivré aux plus vulnérables, aux foyers les plus modestes. D'abord, je me concentre sur la campagne municipale à Paris. On va y venir, j'imagine.
Bien sûr. Mais le sujet, c'est le groupe socialiste. On discute avec le gouvernement.
Mais le principe est celui-là. C'est d'aider ceux qui ont les plus faibles revenus. Ceux en fait pour lesquels chaque euro d'augmentation du plein est un euro de moins pour manger.
C'est ça la réalité des arbitrages pour les plus modestes dans notre pays, dans les grandes villes comme à la campagne. Et c'est à cela que le gouvernement doit penser et s'adresser prioritairement. Et on l'entend régulièrement dans les témoignages que nous recueillons sur notre antenne.
Une campagne des municipales. Venons-en justement. Dans nos reportages aussi, à Paris, mais sur tout le territoire, on entend des Français qui nous disent de ne pas avoir trop la tête aux municipales.
Est-ce que vous craignez un réel impact sur la participation au scrutin de dimanche ? C'est évidemment difficile à dire. Ce serait dommage.
Et donc évidemment, c'est un appel au vote que nous devons tous faire parce que c'est important de faire vivre la démocratie. Et les communes sont des acteurs essentiels de la vie du quotidien. Notamment quand on parle des plus vulnérables.
Nous, notre projet, il est totalement consacré à cela. L'accompagnement des plus vulnérables, la solidarité, la lutte contre la spéculation, l'accompagnement sur le logement, sur l'alimentation, sur l'énergie, sur la transition énergétique aussi. Parce que ce que nous faisons à Paris sur la transition énergétique, c'est aussi essayer de nous rendre moins dépendants des énergies fossiles.
Car je le redis, nous sommes dans un problème de souveraineté qui pèse sur notre économie. Un rappel fait par le chef de l'État également aussi. Il faut le rejoigner de ce point de vue-là.
Oui, je regrette qu'il ait été président de deux mandats déjà, au bon passage. Mais en l'occurrence, on va continuer cela parce que c'est utile, je le crois, pour la capitale et pour le pays. Mais Emmanuel Macron, à 48 heures du premier tour, encore une fois, je répète et je reformule ma question.
Mais quand vous entendez ces témoignages de Français ou de Parisiens qui disent « Franchement, au vu du contexte, on n'a pas la tête à ça », vous leur dites quoi ? Déplacez-vous en match dimanche. Oui, venez voter dimanche.
Mais je crois qu'à Paris, ce sera le cas. Je pense qu'on aura une participation qui sera importante parce que c'est un enjeu historique pour la ville. Parce que la configuration, pour la première fois, mettra sans doute l'extrême droite comme arbitre du match.
Et quand j'entends les déclarations de Mme Datsy hier soir sur ces ambiguïtés, l'alliance des droites contre la gauche radicale, pensez-vous réellement que j'ai une tête de gauche radicale ? C'est qu'elle prépare. Ça, je vous laisse en juger.
Quand vous l'entendez dire ça, vous dites quoi ? C'est d'abord un mensonge. Et deuxièmement, on comprend qu'elle prépare une alliance possible avec l'extrême droite.
Après avoir dit oui, peut-être, non. Après, finalement, oui, peut-être à nouveau. C'est une gravité évidemment immense pour le pays parce que ça aura des impacts pour le pays tout entier.
Et donc, si c'est un motif qui peut motiver les Parisiennes et les Parisiens à venir protéger Paris, protéger ce qu'elle est dans l'histoire, tout ce qu'elle a incarné en termes de valeur, en termes d'émancipation, en termes de terre, de liberté, d'accueil, je crois que c'est un enjeu historique, que les Parisiennes et les Parisiens le savent et qu'ils vont venir voter. Enjeu historique. On va revenir d'ailleurs sur ce duel à distance.
Vous étiez, vous, au Cirque d'Hiver. Rachida Dati était à l'Élysée-Montmartre, je crois. Tout à fait.
Et vous disiez hier soir, en effet, il faut résister contre l'alliance de la droite et de l'extrême droite. Ce que vous nous redites encore ce matin. Encore une fois, Rachida Dati nie tout projet d'alliance avec Sarah Knafo que visait encore ce matin.
Qu'est-ce qui vous dit ? Ce que dimanche, ce scénario que vous annoncez en boucle et en boucle, ou dans le lendemain du premier tour, va se dérouler. C'est simplement ces ambiguïtés.
Comme je vous le dis, je connais Rachida Dati assez bien. Elle change d'avis assez souvent et elle l'exprime assez clairement. Donc hier soir, c'était peut-être bien que oui.
Je comprends que vous me dites que ce matin, c'était peut-être bien que non. La réalité, c'est qu'elle ne peut pas gagner contre l'union de la gauche et des écologistes sans s'allier avec l'extrême droite. Ça, la réalité.
Et donc, je veux dire aux Parisiennes et aux Parisiens, donnez-nous le plus de force possible. Le vote efficace de la gauche qui veut gagner et de la gauche qui peut gagner. Sans hésiter à dramatiser, nos reporters étaient à votre meeting hier.
Vous avez fait même cette référence à l'élection de 2002, l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au pouvoir. Vous mettez un signe égal ? Vous mettez un signe égal avec ce qui pourrait se produire ?
Entre Sarah Knafo et Jean-Marie Le Pen, oui. Je crois même que chez Sarah Knafo, il y a aujourd'hui les militants qui ont été chassés du RN parce qu'ils étaient trop radicaux, jugés trop pro-nazis, pro-fascistes, etc. Moi, Sarah Knafo, elle fait une très belle campagne souriante, etc.
Mais enfin, je n'oublie rien d'où elle vient. Elle est dans un groupe avec l'extrême droite la plus radicale au Parlement européen, dans lequel il y a des néo-nazis revendiqués. Des gens qui disent que le 3ème Reich, c'était bien et qu'il faudrait refaire cela.
C'est ça que disent ces alliés, ceux qui siègent assis à côté d'elle dans la même pièce pour faire des réunions où on discute ensemble des positions politiques. Et je ne veux pas que la campagne soit l'occasion, derrière des grands sourires et de l'IA, de faire effacer qui on est, d'où on vient et où on veut aller. Et vous, Emmanuel Grégoire, je vous pose la question qui vous a déjà été posée à de nombreuses reprises.
Je m'y attendais. Mais si on se projette un peu, au soir du premier tour, dimanche prochain, peut-être le lendemain, vous allez prendre la parole. Quel sera votre appel, notamment à l'égard de l'insoumise Sophia Chikirou, que vous n'avez pas nommée une seule fois hier soir, durant votre heure de meeting ?
Pas une seule fois, vous ne l'avez nommée. Elle est en position peut-être de se qualifier autour des 10%. Est-ce que vous l'appelez ou vous l'appellerez à se retirer ?
D'abord, je ne l'ai pas citée parce que ce n'est pas mon adversaire, c'est mon concurrente. Moi, je n'ai qu'une seule adversaire ou je n'ai qu'un seul groupe politique adversaire, c'est la droite et l'extrême droite. Ce n'est pas votre adversaire ?
Non, c'est une concurrente. C'est un choix sémantique important aussi ? C'est un choix sémantique important et vous observerez que je n'ai pas parlé d'elle de la campagne, beaucoup moins qu'elle de moi.
Elle parle beaucoup de vous, en effet, en des termes pas forcément toujours très élégants. Je l'ai noté. Je l'ai noté et c'est aussi pour ça que vous me reposez la question et j'y réponds tout aussi clairement.
Non, il n'y aura pas d'alliance avec Al-Afrique, quelles que soient les circonstances. Mais des appels peut-être ? Non, je ne vais pas me ridiculiser à lancer des appels qui ne seraient pas suivis.
Chacun fait ce qu'il veut. Donc ce que je veux dire, notamment aux électeurs de gauche, ils peuvent avoir nationalement les choix qu'ils souhaitent. Mais localement, la seule gauche qui peut et qui veut gagner, c'est celle de l'union de la gauche et des écologistes, dont j'assure la tête de liste, mais qui est un rassemblement extrêmement large.
Sauf que vous le savez très bien, vous observez cette carte avec grande attention, vous faites ça du matin au soir. Si Sophia Chikuru était amenée à passer la barre des 10% à se qualifier et qu'elle se maintenait, vous seriez en très grande difficulté. Ça, c'est une réalité arithmétique.
Ce serait plus incontestablement plus difficile. Et donc, donnez-nous de la force. Électeurs de gauche à Paris qui veulent que Paris reste à gauche doivent nous donner le plus de force possible dimanche.
Il y a un vote efficace. On peut avoir d'autres visions sur les enjeux nationaux, etc. Mais à Paris, il s'agit de défendre un projet municipal.
Nous avons déjà fait l'union avant le premier tour pour nous donner de la force, y compris dans la conscience que chacun séparé, on n'était pas grand-chose. Cette union, elle a beaucoup de sens politique. Nous avons des différences, nous avons des nuances dans notre collectif.
Nous les assumons et surtout, nous les laissons un peu derrière, notamment les intérêts politiciens, derrière ce que nous croyons être l'essentiel. On entend même une Ali Dalgo, qui n'avait pas forcément des mots très aimables à votre égard, dire que vous seriez aujourd'hui le meilleur candidat pour Paris. J'en suis très heureux.
Vous en êtes très heureux. Juste un mot, j'animais un débat des municipales à Nice. J'ai posé la question au candidat sur une campagne franchement très violente, sale à plusieurs égards.
Est-ce que, et je vous pose la même question, est-ce que vous êtes fier de cette campagne des municipales à Paris ? Quand on voit une brutalisation du débat public, vous, Rachida Dati, des plaintes déposées, des clips, est-ce que ça donne une très belle image aujourd'hui de ce qu'est la politique ? Je pense qu'on a la vie politique qui est aussi celle de l'air du temps.
La réalité, c'est que...
Que l'on mérite, c'est ça aussi ? C'est l'air du temps, avant de dire qu'on mérite. C'est que les réseaux sociaux ont pris une place, une obsession du buzz, une obsession de l'impact média, qui conduit à aller dans la caricature, dans la stigmatisation, et parfois dans l'outrance.
C'est tout l'inverse de ce que j'aimerais, c'est tout l'inverse de ce que j'ai essayé de faire. Mais à laquelle vous participez un tout petit peu, quand même. Mais je vais vous dire pourquoi j'y participe.
Le clip de campagne, en l'occurrence visé par Rachida Dati, présente, et aux auditeurs qui nous écoutent, une espèce de simulation de ce qui se passerait si elle arrivait à la mairie de Paris demain, qui est, on peut le dire, un peu caricaturale aussi. Alors, non, je ne trouve pas, et notamment parce qu'il est centré sur une chose qui est factuelle. Le logement.
Le logement, mais aussi factuel sur les affaires et le fait qu'elle va être jugée pour corruption. C'est ça qui l'agace le plus, qu'on le répète. Et je suis désolé de dire qu'on est quand même tous obligés, pas que moi, de le rappeler, parce que c'est factuel.
On ne sait pas qui sera maire derrière Rachida Dati si elle est déclarée inéligible. Et pardon, c'est la première fois dans l'histoire qu'un candidat à la mairie de Paris est renvoyé en correctionnel pour corruption quelques mois seulement après le scrutin. Honnêtement, pour la sérénité de son propre traitement judiciaire, etc.
Elle aurait sans doute dû renoncer à être candidate à la mairie de Paris au profit d'une autre personnalité de sa famille politique. Il y en avait bien d'autres, je les connais très bien, on travaille ensemble depuis très longtemps. Il arrive même qu'on travaille bien ensemble, donc c'est possible.
Mais elle crée de la confrontation permanente. Et je vous le dis, j'ai essayé...
Vous avez vous-même déposé plein de contrails, notamment après des accusations, après la mort de Quentin de Ranck. Oui, enfin, ce n'est pas sur le Quentin de Ranck, c'est sur les affaires du péri-scolaire. Elle a dit que j'avais...
Enfin, il faut comprendre la gravité des accusations, mais je ne veux pas m'étendre là-dessus. Mais vous attendiez une campagne aussi violente ? Oui, parce que je connais mes adversaires depuis longtemps.
Donc elles sont coutumières de cela. Coutumières. Donc je n'ai absolument pas été surpris.
Et c'est aussi ce que je veux montrer à Rachida Dati. C'est que moi, ça me fait bouger un cil sans faire bouger l'autre. Je ne suis pas du tout sensible à ce type d'oucasse, de menaces et d'attaques verbales.
Moi, j'ai essayé de déployer sereinement notre projet. On a compensé, entre guillemets, le manque de notoriété qui est celle de notre collectif et la mienne singulièrement, par un travail méticuleux de terrain. On a rencontré des dizaines de milliers de Parisiens.
J'ai moi-même fait des centaines et des centaines de réunions. Et je crois que sur un enjeu municipal, ça compte plus que les réseaux sociaux et la notoriété. C'est la capacité à montrer qu'on connaît rue par rue, quartier par quartier, qu'on a écouté les gens, qu'on sait les entendre, qu'on sait y compris s'amender sur ce qu'on a pu faire pas assez bien sur un certain nombre de sujets.
Donc stop au gosse, aux fausses polémiques et place au projet. C'est presque un projet pour la vie. Donc je ne suis pas naïf non plus.
Il y a des réseaux sociaux, on essaie de le faire avec. Mais en tout cas, je crois qu'une élection municipale, c'est d'abord une élection de rencontre sur le terrain et qu'il y a une forme d'authenticité sur l'empathie qu'on a dans la relation aux gens, dans la disponibilité qu'on aura pour la fonction. Moi, je suis un maire de l'IPR-Proximité.
Je serai un maire de l'IPR-Proximité. C'est ma méthode, c'est ma marque de fabrique à moi. Merci d'avoir été avec nous Emmanuel Grégoire ce matin.
Merci à vous. Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
Olivia Grégoire