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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 octobre 2025 24 min

Corruption : "Il y a une augmentation de policiers ou de gendarmes sollicités par des trafiquants", reconnaît Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Laurent Nunez, vous faites partie de ceux qui ont accepté de monter à bord du nouveau gouvernement en cette période de crise et pas à n'importe quelle place, vous êtes numéro 2 de l'équipe, ministre de l'intérieur, un domaine qui vous est familier, vous étiez notamment préfet de police de Paris depuis 3 ans, vous êtes spécialiste des questions de terrorisme, vous allez nous dire quelles sont vos priorités, comment vous comptez laisser votre empreinte à Beauvau, Mais d'abord, hier, en tant que numéro 2, vous avez lu la déclaration de politique générale du Premier ministre au Sénat, discours que Sébastien Lecornu prononçait au même moment à l'Assemblée, les mots qu'il a prononcés font que votre bail sera peut-être un peu plus long que prévu, on écoute le Premier ministre

0:44
Locuteur 7

Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu'à l'élection présidentielle

0:53
Présentateur

Vous appartenez à un gouvernement qui a mis à l'époque des millions de personnes dans la rue pour faire adopter cette réforme au forceps, réforme qui était censée être l'alpha et l'oméga du macronisme, et aujourd'hui vous la suspendez, c'était du vent tout ça ?

1:09
Laurent Nuñez

Non, c'est pas du vent, il faut voir la situation actuelle dans notre pays où il y a une instabilité qui est assez forte, il y a surtout une crise parlementaire Il y a une crise parlementaire, il n'y a pas de majorité absolue, il y a des difficultés fortes, et ce qui a été annoncé par le Premier ministre, évidemment c'est un geste C'est un geste de responsabilité surtout, qui renvoie évidemment à l'Assemblée nationale, notamment, la responsabilité de lancer une discussion sur le débat budgétaire Il faut à tout prix qu'on ait un budget avant la fin de l'année, c'est extrêmement important pour la stabilité de notre pays

1:41
Présentateur

Oui, parce que le Premier ministre avait dit quel mauvais signal ce serait d'envoyer aux marchés qui viennent de dégrader

1:47
Laurent Nuñez

Absolument, le projet de budget pour 2026 ainsi que le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été discuté hier en Conseil des ministres, adopté en Conseil des ministres La discussion parlementaire va pouvoir se lancer, voilà, il y a un geste fort qui a été fait par le Premier ministre de suspendre la réforme des retraites à l'endroit où elle en était, et ce jusqu'en janvier 2028, c'est un geste d'apaisement, mais voilà, il fallait sortir de cette crise parlementaire et surtout responsabiliser le Parlement, c'est-à-dire que le Premier ministre l'a dit clairement, maintenant on est dans un régime qui est presque parlementaire Il y a beaucoup de choses qui vont se passer au Parlement

2:26
Présentateur

Vous appelez les parlementaires à prendre leurs responsabilités

2:28
Laurent Nuñez

Mais bien sûr, le gouvernement va faire un certain nombre de propositions, il y aura des débats, comme l'a dit le Premier ministre Vous parlez de gestes d'apaisement Nous débattrons et vous voterez Vous parlez de gestes d'apaisement C'est important que la machine parlementaire soit relancée, qu'il puisse y avoir des débats Justement, à propos de débat Où les oppositions pourront s'exprimer, où la recherche de compromis sera vraiment la priorité

2:48
Locuteur 5

Pour vous, ce n'est pas un grand écart idéologique, c'est un geste d'apaisement Mais est-ce que vous ne faites pas ça aussi, parce que les socialistes vous ont totalement mis un couteau sous la gorge et ont menacé de faire chuter le gouvernement si vous ne le faisiez pas

2:57
Laurent Nuñez

Je crois qu'il faut voir les choses peut-être de manière aussi différente Le fait qu'il n'y ait pas de discussion sur le budget provoquerait une instabilité qui coûterait très cher à notre pays Et le coût de la suspension de la réforme des retraites qui a d'ailleurs été donné par le Premier ministre hier dans sa déclaration de politique générale que j'ai lu effectivement au Sénat Ce coût serait sans commune mesure avec ce que serait le coût pour notre pays d'avoir un budget qui ne soit pas adopté

3:27
Présentateur

Vous êtes dit plutôt suspendre que de risquer la chute du gouvernement Écoutez Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste hier soir Il est satisfait que vous l'ayez écouté

3:35
Locuteur 8

Je souhaite effectivement que nous puissions avancer et donc nous ne censurerons pas dès la discussion de politique générale le Premier ministre

3:43
Présentateur

Est-ce que vous respirez ce matin, Laurent Nunez Vous espérez que le Premier ministre déjouera demain les deux motions de censure qu'il devra affronter ?

3:51
Laurent Nuñez

Non, moi je ne respire pas Vous savez, je n'étais pas particulièrement inquiet On y reviendra, moi je suis un homme qui n'est ému que par l'intérêt général Donc j'ai occupé ces fonctions parce qu'il y a des difficultés importantes dans notre pays et c'est pour ça que j'ai accepté le portefeuille de l'intérieur mais on y reviendra Mais attention, cette discussion parlementaire qui va s'ouvrir et le Premier ministre l'a dit c'est aussi une discussion de responsabilité Il y a aussi un objectif qui a été rappelé par le Premier ministre c'est de maintenir quand même notre déficit pour 2026 donc à 5% du PIB quand même et donc il faudra de toute façon compenser le coût de la réforme des retraites par des économies dont il faudra débattre Donc il y a une discussion qui va s'engager

4:34
Présentateur

Mais vous pensez qu'ils vont y arriver à se mettre d'accord les parlementaires ? Elle peut aboutir cette discussion ?

4:39
Laurent Nuñez

Mais bien sûr Il faut trouver des compromis et vous avez raison de rappeler que le Premier ministre il y a un autre acte fort qu'il a posé c'est ne pas utiliser l'article 49 à ligne A3 de notre constitution ce qui est aussi un geste fort Dans une période compliquée où il faut qu'on trouve des compromis c'est ce qu'on va s'attacher à faire

4:55
Locuteur 5

Votre métier c'est d'analyser les risques là ça va se jouer demain à 24 toutes petites voix à quel pourcentage vous évaluez la possibilité que ça passe

5:04
Laurent Nuñez

ou qu'il évalue les risques toute la journée ? Je ne me prononce pas Mon métier c'est effectivement d'analyser les risques c'est même ma fonction politique maintenant comme ministre de l'Intérieur mais pas forcément ceux de cette nature là Est-ce que c'est la dernière étape ? C'est la dernière étape qui concerne la protection de nos concitoyens Est-ce que c'est la dernière étape avant la dissolution ? La dissolution, le pouvoir de dissolution appartient au président de la République Oui mais c'est vous qui organisez les élections en tant que ministre de l'Intérieur si c'est le cas

5:25
Locuteur 5

Est-ce que vous vous êtes prêt ? Est-ce que c'est prêt ?

5:27
Laurent Nuñez

Le ministère de l'Intérieur par principe est toujours prêt pour organiser l'élection pour gérer les crises ce sont des femmes et des hommes formidables qui sont au service de ce ministère on est toujours prêt la question politique c'est le président qui décide moi je n'ai pas à me prononcer là-dessus la question politique vous imaginez bien évidemment se posera évidemment se posera évidemment se posera celle de la dissolution je vous réponds très clairement et vous vous préparez en tant que ministre de l'Intérieur à cette option ?

D'abord un, c'est une décision du président de la République deux, le ministère de l'Intérieur a toujours su démontrer qu'il est capable de se préparer très vite à n'importe quel phénomène gérer une crise de sécurité civile gérer une crise de sécurité et organiser des élections oui on sait faire, oui bien sûr

6:07
Présentateur

On va parler de vos priorités tout de suite mais juste une question on était habitué à votre devoir de réserve vous qui êtes haut fonctionnaire qui étiez préfet de police de Paris qu'est-ce que cela vous fait vous qui avez été secrétaire d'Etat aussi dans le gouvernement d'Edouard Philippe quand vous entendez l'ancien Premier ministre rappeler à la démission du président et à une présidentielle anticipée qu'est-ce que vous vous dites ?

6:27
Laurent Nuñez

Je n'ai pas spécialement de commentaires à faire sur cet appel le président est libre de prendre cette décision je crois que c'est absolument pas souhaitable c'est pas souhaitable du tout moi évidemment je ne partage pas cette position je vais vous le dire très solennellement c'est l'assurance de la fragilisation de nos institutions pour l'avenir ça veut dire que dès qu'il y a une difficulté dès qu'il y aura une difficulté par la suite après 2027 il y aura d'autres présidents dès qu'il y aura une difficulté ça veut dire qu'il faut que le président démissionne ça n'est pas acceptable et ça fragilise même les mandats électifs d'une manière générale ça peut un jour affecter un maire il est contesté forcément il faut qu'il démissionne non c'est pas acceptable les personnes sont élues pour une durée il faut aller évidemment au bout

7:13
Locuteur 5

mais vous qui êtes très proche de lui depuis des années est-ce que vous comprenez l'exaspération qu'il peut susciter au sein de ses propres amis mais même auprès des français vous comprenez ce sentiment très profond dans toutes les études d'opinion dans la rue en tant que ministre de l'Intérieur vous l'avez enfin de préfet puis aujourd'hui ministre vous le sentez vous comprenez ce sentiment des français

7:30
Laurent Nuñez

je comprends que quand on traverse des périodes qui sont compliquées la période qu'on traverse est compliquée il y a effectivement un rejet de la classe politique mais d'une manière générale vous savez je crois que il n'y a pas que le président de la république il faut voir ce qu'on entend dire sur les parlementaires sur les sénateurs on demande à ce qu'ils gagnent moins on trouve qu'ils gagnent trop voilà donc je crois qu'il y a un rejet un peu général de la classe politique il faut qu'on réhabilite le politique et qu'on montre et c'est ce qu'a voulu faire Sébastien Lecournu avec son gouvernement qu'on montre aussi je parle évidemment pour le gouvernement que ce sont aussi des femmes et des hommes qui sont au travail

8:04
Présentateur

qui savent aussi s'affranchir

8:06
Laurent Nuñez

des considérations partisanes et c'est la force de ce gouvernement qui a été constitué par Sébastien Lecournu le gouvernement Lecournu 2 c'est que nous sommes tous des femmes et des hommes au travail qui sont aussi pour partie déconnectés quand même des débats partisans qui vont avoir lieu à l'approche de l'action présidentielle

8:23
Présentateur

alors on va parler de vous et de vos priorités vous avez déjà effectué un premier déplacement hier dans les Yvelines vous avez rencontré des gendarmes des policiers des pompiers un déplacement pour commencer à décliner votre feuille de route deux priorités dites-vous la première c'est la lutte contre le narcotrafic et bien justement écoutez ces deux commerçants à Bagnole-sur-Seize dans le Gard à une commune où des dealers ont écrit d'ailleurs aux habitants pour s'excuser des désagréments causés par leur trafic ils étaient interrogés par Marc Bertrand bien sûr qu'il y a une cohabitation qui s'est faite en effet il y a un circuit de drogue donc il y a de l'argent et ces gens-là quelque part ils dépensent chez nous il ne faut pas se laurer ils nous font vivre

9:00
Locuteur 4

c'est effarant c'est-à-dire que l'ordre social n'est plus garanti par la République française mais par un groupe de criminels je suis en colère contre les pouvoirs publics mais je suis d'une certaine façon en colère contre moi-même puisque j'en vis

9:13
Présentateur

ces sons assez édifiants notamment la première commerçante les gens parfois s'y habituent alors que ça fait des années qu'on nous parle de grands plans pour le narcotrafic c'était tout aussi la priorité de Gérald Darmanin l'un de vos prédécesseurs qu'est-ce que vous pouvez faire de plus Laurent Nunez ?

9:28
Laurent Nuñez

d'abord vous dire cette situation évidemment elle est totalement inacceptable moi je ne l'accepte pas comme ministre de l'Intérieur donc c'est l'emprise sur certains territoires des narcotrafiquants qui effectivement peuvent faire régner une espèce d'ordre social qui n'est pas celui de la République donc évidemment ça n'est pas acceptable et c'est bien pour cela que nous avons déployé depuis maintenant plusieurs années plusieurs années des dispositifs de lutte contre les trafics qui visent à démanteler en profondeur les réseaux les démanteler judiciairement en profondeur on a en 2019 revu l'office l'office l'office de lutte contre la drogue il y a eu un texte qui a été adopté par Bruno Retailleau pour disposer d'outils juridiques d'outils budgétaires d'outils en matière de renseignement pour lutter contre les narco-trafiquants et chaque année le nombre de trafiquants mis en main en cause augmente les résultats que nous avons en matière de lutte contre les trafics ils sont exceptionnels et il faut poursuivre ce combat et on ne lâchera pas évidemment les habitants qui vivent ces désagréments liés au trafic à Bagnoles-sur-Seize comme ailleurs sur le territoire quand on voit quand même j'en fais une priorité

10:35
Locuteur 5

absolument l'action quand on voit quand même Marseille-Le Havre Grenoble Toulouse les règlements de comptes qui se multiplient est-ce que la France n'est pas totalement submergée par la drogue que vous êtes sûr qu'on est en train de gagner cette guerre la guerre n'est pas gagnée

10:47
Laurent Nuñez

mais on gagne des batailles voilà la guerre n'est pas gagnée mais on gagne des batailles quelle bataille vous avez gagné et le risque c'est celui de la submersion vous avez raison le risque ce sont d'avoir des quartiers qui sont en coupe réglée c'est pas acceptable d'avoir peut-être un développement d'une forme de corruption aussi des trafiquants qui vont essayer de s'obtenir les faveurs d'un certain nombre d'agents publics voire des policiers donc il y a un risque évidemment qui est énorme mais il faut mener toutes ces batailles il faut les mener il faut arrêter de dire qu'il y a quelques mois qu'on a compris comment les choses fonctionnaient moi ça fait 18 ans que je vous ai dit c'est tout à l'heure que j'étais préfet de police pendant 300 mais ça fait 18 ans moi que je travaille sur la sécurité tout domaine confondu le renseignement la lutte antiterroriste la lutte contre le trafic des stupéfiants nous n'avons cessé d'armer notre appareil de lutte contre les trafics des stupéfiants mais qu'est-ce que vous pouvez

11:31
Présentateur

faire de plus parce que malgré cette action les crimes sont en hausse le trafic est en hausse

11:34
Laurent Nuñez

il faut poursuivre cette action il faut la décloisonner encore plus il faut échanger de l'information encore plus et surtout frapper à la tête les réseaux c'est-à-dire pas les petits

11:43
Locuteur 5

les grands

11:44
Laurent Nuñez

les petits et les grands les petits et les grands vous savez les petits sont ceux qui embêtent le plus les habitants notamment les dealers les guetteurs et puis évidemment les grands réseaux et ça ça passe évidemment par les mesures notamment celles qui figurent à la loi dans le cadre de la loi qui a été adoptée par Brune Rotaillot évidemment il y a un certain nombre de mesures importantes ça passe aussi par un renforcement de la coopération internationale mais on ne va pas lâcher le terrain moi c'est une de mes priorités ce sont des sujets que je connais je vous le dis par coeur je le dis par coeur et il faut qu'on continue à travailler à démanteler les réseaux c'est ça mais attention démanteler un réseau très souvent quand vous démantelez un réseau le point de vente est connu et d'autres équipes s'y installent donc il faut démanteler un réseau en profondeur en judiciaire faire tomber le réseau et puis ensuite être présent c'est-à-dire avoir une présence des forces de sécurité sur la voie publique pour empêcher qu'elle se réinstalle je vais vous donner un exemple un exemple soyons concrets à l'île Saint-Denis non loin du village olympique on avait un trafic de stupes qui s'était installé qui a été démantelé dans le cadre des opérations que nous avons menées dans le cadre de la préparation des jeux ça prouve d'ailleurs qu'on peut réussir demander au maire de l'île Saint-Denis tout ce qui a été fait demander au maire de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis tout ce qui a été fait en matière de lutte contre le trafic on débarrasse les habitants des réseaux de trafiquants de sud il y a encore beaucoup de travail mais il ne faut pas oublier de mettre l'accent sur ce qui a été fait et qui est positif l'île Saint-Denis il n'y a pas très longtemps le réseau s'est réinstallé à l'été dernier et de nouveau il a été démantelé de nouveau nous sommes allés au front donc voilà moi mon job c'est d'être ministre de l'intérieur de diriger les policiers les gendarmes tous ceux qui luttent contre le trafic de stupéfiants en lien avec d'autres ministères puisque les douanes jouent un rôle extrêmement important et j'en ai déjà parlé avec la ministre Amélie de Montchalin mon job c'est de démanteler ces réseaux il y a beaucoup c'est une guerre qui est difficile qui sera longue compliquée

13:34
Locuteur 3

avec Laurent Nunez

13:43
Présentateur

ministre de l'intérieur numéro 2 du gouvernement que faites-vous en matière d'immigration Paul c'est le sujet avant de vous poser ma question

13:50
Locuteur 5

monsieur le ministre de l'intérieur on part à l'assemblée en écoutant un extrait d'un discours de Laurent Wauquiez hier après-midi

13:54
Locuteur 2

il faut évidemment s'attaquer à l'ultra-violence et à l'immigration hors de contrôle en face de chaque infraction une sanction sur ces sujets prioritaires monsieur le premier ministre vous nous trouverez à vos côtés

14:05
Locuteur 5

Bruno Retailleu a donc quitté le gouvernement d'ailleurs vous l'avez remplacé mais ils seront à vos côtés contre l'ultra-violence dit-il vous en avez parlé dans de multiples interviews mais aujourd'hui ce matin sur France Info comment vous analysez le niveau d'ultra-violence et qu'est-ce que vous allez faire exactement contre ce phénomène

14:21
Laurent Nuñez

l'ultra-violence ça veut dire plusieurs choses c'est une réalité d'abord je ne le nie pas l'ultra-violence c'est une réalité c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de jeunes qui règlent leurs différends de manière violente et qui n'hésite d'ailleurs plus maintenant à s'en prendre très directement à des policiers y compris physiquement et résoudre ces problématiques je crois qu'il faut maintenant que la réponse pénale soit durcie le garde des Sceaux le sait s'il y a-t-elle Bruno Retailleu avait travaillé sur ce sujet notamment sur l'usage quand il y a l'usage de mortiers contre des forces de l'ordre quand il y a des rodéos il faut qu'on ait une sanction des sanctions qui soient plus lourdes

14:54
Présentateur

et en matière d'immigration

14:56
Laurent Nuñez

il m'a d'ailleurs laissé un certain nombre de mesures auxquelles d'ailleurs comme préfet de police j'y avais participé mais qui visent à durcir les sanctions pour ce type

15:04
Présentateur

durcir les sanctions face à l'ultra-violence et l'immigration alors parce que Bruno Retailleu en avait fait une priorité pour vous ça n'est pas une priorité

15:11
Laurent Nuñez

évidemment que c'est une priorité c'est-à-dire la régulation et le contrôle de l'immigration irrégulière est une priorité il faut continuer à démanteler les filières il faut continuer à renforcer comme nous le faisons est-ce qu'il y a trop

15:22
Présentateur

d'immigration en France Laurent Nunez ?

15:24
Laurent Nuñez

il y a en tout cas une immigration illégale qu'il faut absolument contrôler au risque de nuire au bout d'un moment ça risque de nuire à l'intégration à l'intégration

15:35
Présentateur

de l'ensemble

15:36
Laurent Nuñez

de nos compatriotes qui sont étrangers et réguliers sur le territoire national

15:41
Présentateur

est-ce qu'il y a trop d'immigration ? François Bayrou ancien Premier ministre avait parlé de submersion migratoire

15:45
Laurent Nuñez

il y a trop d'immigration illégale attention aux mots qu'on utilise vous voyez moi je serais un ministre de l'intérieur qui serait je serais un transisant contre tous ceux qui ne respectent pas les valeurs de la république intransigeants intransigeants quels qu'ils soient mais attention parfois aux mots qu'on emploie ils ont un sens on ne parlait pas de submersion par exemple oui il y a une immigration illégale qu'il faut absolument réguler contre laquelle il faut continuer à lutter qui pose beaucoup de difficultés y compris en termes de délinquance je ne le nie pas c'est quelque chose que j'ai constaté dans tous mes postes où on a un certain nombre d'étrangers en situation irrégulière qui commettent des délits parmi les plus violents c'est d'ailleurs pour ça que c'est une priorité dans les reconductions que nous menons et ça restera évidemment ma priorité de reconduire en priorité les étrangers qui sont en situation irrégulière et qui sont les plus dangereux on va évidemment poursuivre cette action

16:30
Présentateur

vous dites attention aux mots vous ne parlez pas de submersion migratoire vous dites il y a trop d'immigration illégale mais pas trop d'immigration en général est-ce que vous voulez apaiser après un mandat de Bruno Retailleau qui a été marqué par les tensions notamment avec l'Algérie

16:42
Laurent Nuñez

absolument pas Bruno Retailleau a fait un travail formidable en matière de lutte contre l'immigration illégale je vais évidemment le poursuivre et en matière aussi tout est lié et en matière de régularisation où les régularisations au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ont baissé il n'y aura absolument pas de remise en cause évidemment des règles qui ont été fixées mais moi je suis aussi un homme de concorde et de dialogue ça c'est votre style mais évidemment c'est mon style concorde le dialogue il faut que tout le monde respecte les valeurs de la république mais il ne faut pas non plus qu'on donne l'impression qu'on donne l'impression que quelque part l'altérité et l'autre nous posent un problème c'est pas le sujet le sujet c'est le respect des valeurs de la république oui il y a un problème d'immigration illégale important il y a des entrées importantes notamment de migrants il faut qu'on progresse à la fois dans le démantèlement de filières et c'est ce que nous faisons le nombre de filières démantelées d'immigration illégale c'est de la traite des êtres humains ni plus ni moins continue d'augmenter il faut qu'on le poursuive de manière ferme et régulière et évidemment c'est ce que nous allons faire vous êtes aussi

17:39
Locuteur 5

très proche du président de la république quasiment depuis une décennie c'est à vous qui parle notamment pour aller des questions de terrorisme on a appris hier excusez-moi confié au pôle antiterroriste quel est ce matin l'état de la menace terroriste en France l'état de la menace terroriste il est toujours

17:56
Laurent Nuñez

à très haut niveau il n'a pas changé l'état du niveau de la menace n'a pas changé on a toujours cette propagande de l'état islamique de Daesh qui continue à circuler sur un certain nombre de réseaux qui sont toujours identifiés qu'on arrive à fermer très rapidement maintenant il y a beaucoup de progrès qui ont été faits mais ça reste cette menace endogène d'individus qui sont présents sur le territoire national et qui peuvent passer à l'action on croit moins aux menaces projetées évidemment mais on reste évidemment très attentif est-ce que vous appelez menaces projetées pour ceux qui ne connaissent pas les menaces projetées ce sont des individus qui viendraient de l'extérieur pour commettre des attentats en France c'est ce qui s'était passé avec le Bataclan les terrasses et le stade de France voilà mais il faut saluer aussi tout ce qui a été fait depuis 2017 vous me projetez dans la décennie passée moi je m'y projette en 2017 tout a été modifié en matière de lutte contre le terrorisme le président de la république a impulsé une réforme extrêmement importante des services qui font qu'on travaille ensemble qu'on a renforcé les coopérations internationales les échanges d'informations les moyens humains les techniques de renseignement et ce qui font qu'aujourd'hui on est mieux armés mais la menace est toujours là et le risque zéro n'existe pas en la matière

18:58
Présentateur

Votre deuxième priorité au-delà de la lutte contre le narcotrafic vous l'avez dit c'est la sécurité au quotidien est-ce que c'est le rôle du premier flic de France de s'occuper des faits divers du quotidien ?

19:08
Laurent Nuñez

Alors la sécurité du quotidien c'est tout ce qui touche nos concitoyens donc c'est les vols violences les cambriolages les atteintes aux biens les vols de véhicules qui ont baissé les atteintes aux biens ont baissé on a par contre

19:21
Présentateur

ils ont baissé mais c'est pas le sentiment qu'ont les français surtout quand ils voient des images d'ultra-violence les home jacking notamment les cambriolages avec des personnes comment vous l'expliquez ? Alors ça a baissé ou c'est plus violent ?

19:32
Laurent Nuñez

Non, la délinquance baisse mais elle reste structurellement élevée et donc forcément les gens ont ce sentiment d'insécurité et c'est bien naturel quand je vous dis qu'elle baisse ça veut dire que les services de police travaillent et de gendarmerie travaillent ils font baisser cette délinquance mais elle reste élevée ça reste notre préoccupation notamment pour les violences aux personnes qui elles augmentent les vols de violence les atteintes physiques les coups et blessures volontaires donc la sécurité du quotidien c'est tout cela une partie d'ailleurs est très liée au narcotrafic une partie des vols de violence des cambriolages peuvent être liées au narcotrafic des équipes qui commettent des vols pour se financer pour rembourser une dette

20:05
Présentateur

Et qu'est-ce que vous faites alors pour lutter contre cette violence ?

20:07
Laurent Nuñez

Mais ça, ça passe par une présence de voies publiques renforcées il y a un certain nombre de plans qui ont été lancés notamment les plans de restauration de la sécurité du quotidien où on identifie des points chauds des points sensibles des endroits où il y a plus de délinquance et ça passe par un déploiement policier en zone police en zone gendarmerie partout on déploie des forces de l'ordre pour lutter contre cette délinquance du quotidien c'est celle qui est la plus visible

20:29
Locuteur 5

Dans une heure M. Nunez un rapport très attendu de l'IGPN la police des polices sera publié il sera question des narcotrafiquants dont vous parliez avec des moyens absolument illimités et ces narcotrafiquants ils tentent d'infiltrer la police la justice dans les prisons on connait certaines fois leur impunité leur réseau mais là on parle de corruption est-ce que vous savez parce qu'imagine que vous en avez déjà des échos de ce rapport qui n'est pas encore public est-ce que ce phénomène est en hausse et quels sont vos chiffres alors je vais

20:55
Laurent Nuñez

il y a effectivement une conférence de presse aujourd'hui du chef de l'inspection générale de la police nationale qui donc va faire le rapport donc donner un rapport je crois que ça n'avait pas été fait ces dernières années me semble-t-il en tout cas c'est une très bonne initiative et donc l'IGPN est chargé l'inspection générale de la police nationale est chargée d'un certain nombre d'enquêtes judiciaires sur des enquêtes ouvertes à l'encontre des policiers donc vous verrez qu'il y en a quand même très peu rapporté au nombre d'interventions

21:27
Locuteur 5

mais il y en a quand même

21:28
Laurent Nuñez

et on a oui je veux aussi rappeler qu'on a 6700 agressions physiques de policiers en 2024 ce qui est énorme très important dont un peu moins de 1300 avec des individus armés et nous en parlons

21:41
Locuteur 5

là vraiment sur François ma question

21:42
Laurent Nuñez

elle est vraiment sur la corruption vous verrez vous verrez que effectivement ce qu'on appelle dans notre jargon les atteintes à la probité augmente vous verrez qu'elles augmentent et c'est une de nos préoccupations justement dans la lutte contre le narcotrafic on veut éviter évidemment que ce narcotrafic gangrène notre société et oui on constate qu'il y a une augmentation c'est un phénomène marginal mais il y a une augmentation de policiers ou de gendarmes ou d'autres fonctionnaires qui peuvent être sollicités par des trafiquants pour fournir un certain nombre d'informations ça peut être des consultations de fichiers donc on voit que ça augmente et donc on voit qu'il faut être intraitable contre le narcotrafic

22:19
Présentateur

Laurent Nunez c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui la question qui hante avec vous parce que vous avez été préfet de police de Paris vous avez été coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme vous devez y connaître un rayon en matière de noirceur humaine quel est l'événement ou l'anecdote qui vous a le plus marqué dans votre carrière est-ce que vous pouvez nous raconter ?

22:48
Laurent Nuñez

Nous c'est enfin moi comme tous ceux qui m'entourent l'événement qui est le plus marquant ce sont les attentats terroristes évidemment c'est évidemment ce sont les attentats terroristes quand ils sont commis puisqu'on les vit toujours comme là je parle en tant qu'ancien professionnel de la lutte anti-terroriste comme des échecs évidemment

23:08
Locuteur 5

vous en voulez dans ces cas-là ? Comment ? Vous en voulez dans ces cas-là ?

23:12
Laurent Nuñez

Il y a une forme de je vais pas dire de culpabilisation c'est pas le mot mais enfin psychologiquement on peut être affecté oui on peut être affecté mais c'est c'est le cas de celui que j'ai été un chef de service de police c'est le cas des ministres de l'intérieur aussi qui le vivent comme ceux-là et puis c'est le cas des policiers et des gendarmes mais en même temps il faut dépasser ce cap et le nombre d'attentats qu'on a déjoués montre que maintenant on est extrêmement performant

23:40
Présentateur

Vous gardez quand même foi dans l'âme humaine ? Il y a un peu de lumière parfois ?

23:43
Laurent Nuñez

Personnellement oui je suis un humaniste donc je crois beaucoup en l'homme avec tout ce qu'il a de bon et de moins bon mais je crois beaucoup en l'homme je garde beaucoup de foi dans l'émission Merci Laurent Nunez Merci Paul

24:01
Présentateur

on se retrouve demain

24:02
Laurent Nuñez

A demain Agathe