Budget de la région Ile-de-France, laïcité: l'intégralité de l'interview de Valérie Pécresse
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Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Merci d'être face à moi ce matin pour répondre à mes questions. Vous êtes la présidente LR de la région Île-de-France. Il y a de nombreuses questions aussi sur le budget, votre budget, le budget de la région, va être réduit. Mais je voudrais commencer par vous interroger sur le match, parce qu'il y a ce match demain soir au Stade de France. France-Israël, est-ce que vous y serez ?
Oui absolument, j'y serai. J'y serai parce que j'ai été bouleversée, choquée, comme beaucoup de Français, par les images de cet antisémitisme débridé qui s'est manifesté à Amsterdam contre les supporters israéliens. Et parce que aussi la République ne se laisse pas intimider. Il s'agit d'une rencontre sportive. Le sport doit être protégé de la géopolitique. Et donc cette rencontre, elle doit avoir lieu, elle doit avoir lieu pas à huis clos. Elle a lieu en Île-de-France, dans ma région. Et dans ma région, les supporters sont accueillis et protégés.
Valérie Pécresse, le nombre d'actes antisémites, les chiffres ont été révélés hier, a encore considérablement augmenté. Plus 192% par rapport à la même époque qu'il y a un an. Et en particulier chez les plus jeunes, les plus jeunes dès l'école, mais aussi au lycée. Vous êtes vous-même en charge des lycées, puisque c'est la région qui en a la charge. Est-ce que vous voulez aller plus loin dans la lutte, dans l'enseignement de la laïcité, dans la lutte contre l'antisémitisme ?
Alors aujourd'hui, nous sommes malheureusement, vous le savez, à une date d'anniversaire terrible. La date anniversaire des attentats islamistes du Bataclan. Et donc la région va se mobiliser avec les lycées partenaires, les lycées qui le souhaiteront, pour faire, dans cette année 2025, qui est aussi l'anniversaire de la loi sur la laïcité, la loi de 1905. Nous allons nous mobiliser avec une association qui est très proche de Charlie Hebdo, qui s'appelle Dessiner Liberté. Nous allons travailler sur la question du dessin de presse. Pourquoi ? Parce que c'est en Ile-de-France qu'on a assassiné Samuel Paty. Eh bien, on ne peut pas mettre la poussière sous le tapis.
On ne peut pas passer ça sous silence. On doit aujourd'hui assumer que la liberté d'expression, le droit de caricaturer, c'est un droit français. Et donc nous allons faire, nous allons mettre en place un projet pédagogique avec un certain nombre de caricatures qui vont être données, des caricatures qui ont fait l'histoire de France et des caricatures plus contemporaines. Et nous donnerons aux professeurs ces caricatures avec un programme pédagogique de deux heures pour expliquer ce que c'est, y compris que le droit des caricatures.
Alors, mais y compris des caricatures qui représentent le prophète, par exemple ?
Ce sera des caricatures où il y aura la question des religions. Il y aura la question des religions.
Non, mais je veux dire, est-ce que vous allez aller jusqu'à précisément montrer aux élèves ce qui a ensuite, ce qui avait provoqué Charlie Hebdo, on le sait, c'est la représentation de Mahomet, ce qui a provoqué...
Alors ça, ce sera sur un autre, c'est un autre sujet, c'est le musée du dessin de presse, qui est un projet que nous soutenons, vous savez, c'est un projet qu'on faisait avec Maryse Wolinsky, que nous soutenons avec l'État et dans lequel nous montrerons... La veuve du dessinateur, justement. Nous montrerons les caricatures de Charlie Hebdo. Mais là, l'objectif...
Non, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, Valérie Pécras, j'imagine que... Parce qu'en fait, la question se pose quand on dit on va montrer des caricatures. Évidemment, on se dit, est-ce qu'on va oser montrer des caricatures qui sont celles qui ont mis le feu aux poudres aux yeux des élèves ? Est-ce qu'il faut aller jusque-là ? Est-ce que vous n'osez pas le faire parce que vous vous dites, les profs, on va les mettre en danger ? Est-ce qu'au fond, cette question s'est posée ?
On va le faire, on a choisi des caricatures qui sont des caricatures intéressantes parce qu'elles sont à la fois très parlantes, y compris sur la question des religions, le droit de caricature et les religions. Donc ce sera dans les dessins. Mais il y a aussi une caricature qui me plaît beaucoup, qui est une caricature qui défend aussi les professeurs. Parce que c'est une caricature dans laquelle on a un professeur qui est attaqué et les élèves se mettent derrière le professeur, le professeur est devant et c'est lui qui prend tout et les élèves sont derrière et il dit, « Monsieur, protégez-nous ». Donc si vous voulez, c'est les caricatures qui sont là pour faire réfléchir.
C'est les nouvelles caricatures, c'est pas les caricatures qu'on a déjà vues, mais c'est les caricatures qu'il faut réfléchir. On a déjà commencé à les tester dans les lycées et ce qui est intéressant, c'est que les lycéens sont très intéressés par cette notion de qu'est-ce que c'est que la laïcité, qu'est-ce que c'est que le droit de se moquer.
Pardon d'insister, mais c'est la représentation de Mahomet qui aujourd'hui est incomprise par une partie des élèves. J'imagine que quand même vous vous êtes posé cette question et est-ce que vous vous êtes dit « on ne va pas sur ce terrain-là » ?
On ne présentera pas une caricature du prophète dans le cadre de ce programme, mais on présentera des caricatures pour montrer qu'on peut se moquer des religions dans la République de manière tout à fait, j'allais dire, sereine.
La question de la représentation, elle est à nouveau au cœur d'un problème dans les Yvelines, c'est donc dans votre région. Il y a une professeure de français menacée qui est en arrêt maladie depuis, ça s'est passé en octobre, lors d'un cours de français sur les représentations de l'enfer en classe de seconde. L'un des élèves lui lance, je cite, « Madame, vous voulez dire que vous avez vu le prophète avec des femmes en enfer ? » et il ajoute en menaçant, « Vous finissez à quelle heure aujourd'hui ? » Je pense que les mardis vous finissez plus tôt, c'est ça, et les jeudis aussi, faites bien attention à vous en rentrant ce soir.
Depuis, l'élève a été convoquée pour un conseil de discipline et la professeure n'arrive pas à retourner en classe.
Alors moi, ce qui m'inquiète, je vais vous le dire, c'est la montée très inquiétante des violences vis-à-vis de nos enseignants. Alors effectivement, il y a ce que vous dénoncez, c'est-à-dire la montée d'un islamisme radical qui se traduit par des actes de menace sur les enseignants dans la région de Samuel Paty.
Donc c'est évidemment un sujet d'angoisse épouvantable chez les professeurs, mais au-delà même de ces actes, qui sont des actes abominables et qu'il faut condamner, il y a aussi une violence au quotidien, qui est une violence que certains pourraient penser moins grave, mais qui ne l'est pas, qui est en réalité cet élève qui crache à la figure de sa professeure d'EPS et qui la gifle parce qu'elle lui demande d'enlever une tenue inappropriée.
Donc c'est quand même sur une question qui est déjà, quand vous dites tenue inappropriée, je n'ai pas cet exemple en tête, mais c'est quoi ? C'est une question quand même de tenue islamiste ? Ce n'est pas très très clair. Est-ce qu'elle est une question de religion ?
Ce n'était pas forcément une question de religion. C'était une question de cours d'EPS, mais c'est de la violence contre les professeurs. C'est la remise en cause de l'autorité du professeur. Moi, je crois qu'on ne peut plus rester indifférent, qu'on ne peut plus détourner les yeux. Déjà, à la région, nous avons créé des brigades régionales de sécurité pour les lycées. Nous allons doubler leurs effectifs cette année. Nous aurons 100 personnes qui viendront faire la sécurité des lycées. 1 400 interventions l'année dernière de ces brigades de sécurité dans les lycées pour éviter les rixes, les intrusions et les attaques aux professeurs. Mais plus généralement, il faut une loi.
Il faut une loi avec des sanctions sur les parents et sur les élèves. Sur les parents, parce que c'est eux qui doivent surveiller leurs enfants. Un enfant ne peut pas agresser un professeur. Un enfant ne peut pas insulter un professeur. C'est inacceptable. Donc il faut pénaliser les parents ? Il faut des amendes sur les parents. Des amendes dissuasives. On trouvera le montant, mais dissuasives. Et par ailleurs, il faut des mesures éducatives aussi sur les jeunes. Ils sont mineurs, c'est l'équivalent des travaux d'intérêt général, des mesures éducatives qui soient exercées.
Moi, je suis prête à la région de France à prendre les jeunes qui seraient en mesure éducative pour qu'ils viennent et qu'on fasse un travail avec eux pédagogique. Parce que ça n'est pas acceptable. Ces violences sont inacceptables. Il faudrait réagir très très vite, tout de suite. Parce qu'un jeune qui commence à 14 ans ou à 15 ans à insulter un professeur, c'est un jeune qui va finir perdu pour la République.
Valérie Pécresse, est-ce que vous aurez les moyens de faire tout ça ? Puisque le budget est en cours d'examen, le volet d'ailleurs recette a été finalement rejeté hier à l'Assemblée. Il repart au Sénat. Mais ce qui est sûr, c'est que le gouvernement s'apprête à demander 5 milliards d'économies aux collectivités territoriales et en particulier à la vôtre. Baisse donc des aides de l'État. Vous allez faire comment ? D'abord, soyons très clairs, il faut que ce budget soit adopté.
Rien ne serait pire que de ne pas avoir de budget. La France doit voter son budget. Alors le gouvernement a choisi de faire faire des économies aux collectivités locales. Moi, ce que je regrette beaucoup, c'est que cette confiscation de recettes, elle s'est faite sans aucune prime à la bonne gestion. Et je trouve ça très injuste. Je trouve ça très injuste parce que 12% des retenues sur les collectivités locales vont se faire sur l'île de France. Or nous, nous avons fait depuis 10 ans des économies...
C'est parce que proportionnellement, vous êtes celle qui a le plus gros budget.
Oui, mais aucune, bien sûr. Mais aucune, mais on a aussi 12 millions d'habitants. C'est pour ça qu'on a un gros budget. On a moins de budget par habitant que la moyenne des autres régions. 100 euros de moins. Parce qu'on fait ce qu'on appelle la péréquation, c'est-à-dire qu'on prend 1 milliard à la région Île-de-France pour le donner aux régions plus pauvres. Ça, c'est de la justice. Mais aujourd'hui, le sujet, il est clair. Nous, on a fait 20% d'économies en 10 ans. Moi, j'ai supprimé 15 structures. J'ai supprimé 500 agents au siège de la région. J'ai déménagé à Saint-Ouen. J'ai fait... Donc vous trouvez ça assez injuste, quoi ?
Nous avons 20% d'agents en moins que la moyenne des autres régions. Donc c'est injuste, cette confiscation. Mais je l'assume, puisqu'il faut bien assumer ses responsabilités. Donc je vais faire un budget qui va être sous grosse contrainte et avec des choix politiques très forts. Premier choix politique, on nous baisse de 5%. On n'augmentera pas les impôts pour compenser ces baisses. Donc vous ne compenserez pas ? Ce sera une perte sèche. Je ne compenserai pas. L'État a choisi de nous priver de nos recettes fiscales. On n'augmentera pas les impôts en Île-de-France pour faire face. On va faire des économies.
Ça veut donc dire que vous allez faire des économies. Sur quoi allez-vous faire des économies ?
Quelles sont les subventions que vous ne distribuerez plus ? Je ne ferai pas ce que fait l'État. Parce que je pense que ce n'est pas une bonne politique. Je ne ferai pas du rabot sur tout. Le rabot sur tout, c'est pas politique, c'est pas ce qu'il faut faire. C'est le contraire de ce qu'il faut faire. Donc vous allez faire des choix ? Je vais accélérer sur mes priorités et je vais suspendre toutes les politiques qui sont en cofinancement avec l'État. Je le rends à l'État. Tout ce que l'État me demandait de faire pour l'aider, je lui dis... C'est quoi ça ? Concrètement, dans la vie des Français, c'est quoi ? Je vais vous le dire. Mais d'abord, je vais vous dire sur quoi je vais accélérer.
Parce que c'est ça qui est important pour les Français, pour l'année prochaine, pour les Franciliens. Je vais accélérer sur tout ce qui fait la cohésion sociale de la région. Le ticket unique, un seul ticket à 2,50 euros pour tous les habitants de la région, pour le train, le métro, le RER, de façon à ce qu'il y ait... Ça veut dire qu'il n'y aura pas ceux qui habitent loin et qui travaillent loin, qui payent beaucoup, et ceux qui sont dans le centre de Paris, qui payent moins, alors qu'ils ont tous les transports à disposition et qu'ils se déplacent en fait moins.
Donc c'est une mesure écologique, sociale, qui aidera à se passer de la voiture, puisque vous avez compris que c'est un peu compliqué de circuler en voiture dans Paris aujourd'hui.
En fait, vous faites contre mauvaise fortune bon cœur. Vous dites de toute façon, puisque c'est difficile de circuler, on va aider les autres.
Je fais surtout un projet de cohésion de la région qui donne une égale dignité et la liberté de circuler à tout le monde. Et ce projet fait partie de la révolution des transports que je veux faire. Je fais une subvention massive pour les lycées, pour les politiques éducatives. On en a parlé tout à l'heure. J'ai dit tolérance zéro pour les violences aux professeurs. Mais au-delà de ça, je pense que j'ai la région la plus jeune de France. J'ai le deuxième taux de pauvreté de France métropolitaine après les Hauts-de-France. J'ai besoin d'éducation. Et donc on fera 1,7 milliard d'euros sur les lycées, sur les politiques éducatives.
Donc les transports, l'éducation ?
L'éducation, la sécurité. Je vous l'ai dit, je vais doubler mes brigades de sécurité dans les lycées. Je vais créer une brigade de sécurité pour les transports, pour qu'il y ait un après-les-jeux, mais qu'après les jeux, les dealers ne reviennent pas aux abords des gares. Je vais continuer toutes mes aides au pouvoir d'achat des franciliens, parce que les familles vont souffrir. Voilà, vous voyez, je vais continuer. Je ne couperai pas les crédits à la recherche, parce que les labos de recherche, ils ont commencé leur recherche. Je vais poursuivre ma précise d'innovation. Mais bon, il y a bien des trucs que vous allez couper.
Donc, quels sont les points sur lesquels vous dites, écoutez ça, c'est fini, j'ai pas les moyens ? Donc, un budget ambitieux et protecteur d'un côté, sur des priorités régionales, et en revanche, tout ce qui est en cofinancement avec l'État, tout ce que l'État me demandait de cofinancer avec lui, pour l'aider, j'arrête. Alors, évidemment, c'est des décisions difficiles. Ça veut dire que les contrats de plan État-région, ce qu'on appelle les contrats de plan État-région, avec de l'investissement public, eh bien, cette année, année blanche. On reprendra peut-être, si j'ai des recettes supplémentaires l'année prochaine, mais là, aujourd'hui, je n'en ai plus l'argent.
La formation professionnelle, on faisait de la formation professionnelle en partenariat avec France Travail, France Travail fera tout seul. Le logement social, ça n'est pas la compétence de la région, on faisait beaucoup de logements sociaux, on faisait beaucoup de logements étudiants, pour faire plaisir à l'État pour l'aider, eh bien, l'État le fera tout seul, c'est sa responsabilité. Donc, vous voyez, à chaque fois...
Est-ce qu'il y a des subventions, est-ce qu'il y a des associations, est-ce qu'il y a un certain nombre de points, je ne sais pas, culturels, sociaux, qui, cette année, vont devoir se débrouiller tout seuls ?
Non. Alors, sur les questions de subventions associatives, ce qu'on va faire, c'est qu'on va demander à tout le monde de faire un effort. Nous, on nous demande de faire moins 5%, donc on demandera à tous les partenaires avec lesquels la région travaille, elle aussi, de répercuter ces moins 5% sur leur budget, mais on ne coupera aucune politique régionale, parce que les seules qu'on coupe, c'est celles qui sont financées par l'État.
L'État se débrouillera tout seul. Absolument. Vous l'avez vu, c'est Laurent Wauquiez lui-même qui l'a annoncé, il y aura bien une revalorisation des retraites dès le 1er janvier. Qui dirige cette coalition, finalement ?
Écoutez-moi, vraiment, je pense que cette polémique est stérile.
Vous avez entendu, c'est notamment un certain nombre de macronistes qui se sont insurgés, choqués du fait que ce soit Laurent Wauquiez lui-même qui annonce ces mesures à la place du gouvernement.
Mais moi, j'ai envie de dire halte au feu, halte au chicagia. Franchement, la situation du pays est beaucoup trop grave. Il faut faire preuve d'un esprit de responsabilité. Je veux dire, on est tous dans le même bateau. On est dans le bateau de la France. Et l'objectif, c'est... Et le travail de Michel Barnier, titanesque, il faut qu'il remette de l'ordre dans les comptes, à nos frontières et dans nos rues. Vous imaginez le travail ? Donc, moi, j'appelle tous les membres de la majorité à faire bloc et à se souder. À se souder pour notre pays. Mais vous savez quoi ?
Vous dites au macroniste d'arrêter d'être mauvais joueur. Ou vous dites à Laurent Wauquiez « Bon, le fait que tu veuilles absolument te mettre en avant, c'est peut-être un peu trop. » Enfin, qui, qui ? Je dis... Qui doit se calmer ?
Je dis... Les Français vous regardent. Ils attendent autre chose de nous. Ils attendent de nous qu'on soit à la hauteur de la responsabilité qui nous incombe de remettre le pays à flot aujourd'hui. Et effectivement, cet accord sur les retraites qui permet aux retraités qui touchent moins que le SMIC d'être mieux protégés, c'est un accord que tout le monde a demandé. Donc, soyons satisfaits. Soyons satisfaits que les retraités les plus fragiles soient protégés.
Et donc, réjouissons-nous qu'il y ait eu un accord menace sur l'emploi. Vous parliez à l'instant de la question de la formation. On le voit bien, ça va être une des problématiques quand même des semaines et des mois qui viennent. Plus globalement, est-ce que vous estimez que ce budget est à la hauteur ? David Lysnard, qui est le patron des maires de France, le représentant des maires de France, dit « On est en train de tenter de rafistoler un Titanic. » Est-ce qu'effectivement, ça n'est pas suffisant ou est-ce qu'au contraire, vous dites « C'est déjà pas mal ? »
Je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin. Je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin, mais ça va prendre du temps. Moi, je l'ai fait à la région. Je vous ai dit que j'avais baissé de 20% mes dépenses de fonctionnement pour pouvoir réinvestir dans les transports, dans les lycées, dans la transition écologique. Pour faire ça, il faut fermer des structures. Il faut accepter d'évaluer les politiques publiques. Moi, je l'ai fait. Vous êtes francilienne. Est-ce que vous savez une seule des 15 structures que j'ai fermées ? Non, j'avoue non. Eh bien voilà.
Ça veut dire qu'en fait, elles n'étaient pas si utiles que ça ? Ça veut dire qu'en réalité, la politique que je mène était utile, mais les structures ne sont pas utiles. Fondamentale, est-ce qu'on évoque par exemple le CESE ? Est-ce qu'il faut fermer le CESE ? Est-ce qu'il faut se dire « Écoutez, finalement, il n'est peut-être pas si utile, le Conseil économique et social ? » Mais toutes les questions sont...
Il n'y a aucune question taboue. Vous savez, quand j'ai fait ma campagne...
Mais justement, je vous la pose, vous le fermeriez, vous diriez « Écoutez, franchement, ça coûte autant, c'est une troisième chambre qu'on a rajoutée. »
Mais pourquoi pas ? Mais il n'y a pas que le CESE. Il y a toutes les agences qui sont des démembrements de l'État qui partent avec leur budget, qui se créent une administration parallèle. Et vous avez le ministre et vous avez l'agence du ministère.
Cette ligne-là, on ne va pas juste un peu baisser, on ne va pas juste un peu... C'est la structure.
On ferme les structures. Pourquoi il faut faire ça ? Je vous explique. Parce que moi, c'est ce que j'ai fait. Pourquoi il faut fermer les structures ? Parce qu'on est à l'heure de l'intelligence artificielle. À l'heure de l'intelligence artificielle, on peut faire du service public meilleur, de très bonne qualité, différemment, avec des process différents, plus simples, avec de la dématérialisation. Mais c'est très compliqué de réformer une structure qui existe. Donc le sujet, c'est qu'il vaut mieux fermer. Moi, je suis pour aussi la décentralisation. Parce que je pense que plus on donnera aux collectivités locales des compétences de proximité, meilleur sera le service.
Ça veut dire aussi couper des échelons. Parce que jusqu'à présent, la décentralisation, ça se faisait un peu en doublon.
Déjà, si l'État lâche prise, et qu'au lieu de... Par exemple, prenons... Je prends un exemple. L'ADEME. Je vous ai dit que toutes nos politiques de transition écologique sont cofinancées par les régions, l'ADEME et la Banque des Territoires. On est trois. On finance les mêmes projets, trois fois, avec trois services instructeurs. Un à la banque, un à l'ADEME, un dans les régions. À chaque fois. Alors, si l'ADEME fermait et qu'on nous transférait à nous, les régions, la compétence...
Elon Musk, vous l'avez vu, il est nommé ministre de l'efficacité de l'État, avec pour objectif de réduire d'un tiers les dépenses de l'État.
Écoutez, quand j'ai fait une campagne présidentielle qui n'a pas vraiment trouvé son public, je dois le reconnaître, j'avais quand même été... J'avais raison de le reconnaître. J'avais quand même été lanceuse d'alerte. J'avais dit en 2002 que le gouvernement avait cramé la caisse. Il avait déjà, en 2002, cramé la caisse. On avait 1 000 milliards d'euros de dettes supplémentaires. Ça n'a fait que croître depuis. Donc, oui, il fallait réduire les dépenses. Et deuxièmement, j'avais dit, faisons un comité de la hache. C'est quoi le comité de la hache ? C'est simplement se dire, évaluons chaque dispositif, chaque procédure. On surréglemente en France. Et ces procédures...
Vous savez, vous connaissez la phrase de... Je crois qu'elle est de Clémenceau. Il dit, en France, on sème des fonctionnaires, on récolte des impôts. Moi, je la reformulerais. Je dirais, on sème des procédures, on sème des normes. Et donc, évidemment, on crée des fonctionnaires pour les contrôler. Et ensuite, ça se traduit en impôts.
Et c'est précisément l'un des points qui suscite la colère des agriculteurs. Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA, appelle à la mobilisation dès lundi. Vraisemblablement, le point de convergence, ça sera à l'île de France. Est-ce que vous soutenez cette mobilisation à nouveau des agriculteurs ?
Alors d'abord, la région s'est massivement mobilisée pour ses agriculteurs. D'ailleurs, c'est une des politiques que nous maintiendrons. Nous allons donner 1 500 euros à toutes les exploitations, à chaque exploitation agricole, pour aider à sa résilience, parce que l'année 2024 a été absolument tragique, aussi tragique que l'année 2016 pour nos agriculteurs. Donc oui, bien sûr, il faut les aider. Mais je comprends aussi leur exaspération sur la surtransposition des directives européennes. Vous savez, tout le monde n'en peut plus de cette bureaucratie.
Donc Michel Barnier ferait bien, effectivement, de créer un vrai comité de la hache pour supprimer toutes ces normes bureaucratiques qui sont de l'argent. Ça nous coûte très cher.
Il peut y avoir aussi beaucoup de découragement. Vous le voyez bien, le Mercosur. Personne n'est pour en France. Aucun groupe politique ne le soutient. Et pour autant, on entend à l'Union européenne qu'il va vraisemblablement, malgré tout, être adopté. Comment c'est acceptable, ça ?
Je crois que le problème, c'est qu'on ne respecte au niveau européen que les pays qui sont forts. Et la France, aujourd'hui, est un pays qui est affaibli par sa situation financière. Tant que notre pays risquera la faillite, et alors, permettez-moi de dire un petit mot quand même sur le budget tel qu'il a été présenté à l'Assemblée nationale au vote, enfin, je veux dire, le programme du NPF, du nouveau Front populaire, pardon, NFP, du NFP, franchement, c'est la banqueroute et la faillite. Donc, on a un sujet, aujourd'hui, de rétablissement de notre santé financière.
Le jour où la France aura rétabli sa situation financière, le jour où la France pourra dire, je suis une économie solide, je suis le moteur de l'Europe, puisque l'Allemagne, vous le savez, est en situation très, très difficile, ce jour-là, on pourra peser sur toutes les décisions, beaucoup plus puissamment. Le comité de la H, donc, pour Valérie Pécresse,
merci d'être venue répondre à mes questions ce matin. Présidente LR de la région Île-de-France.
Valérie Pécresse