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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 septembre 2024 29 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & famille

Macron-Barnier : les dessous d'une nomination choquante | Nils Wilcke

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:14OuverteÉludée

    Vont-ils, oui ou non, participer au gouvernement ? Ici, oui, qui ? À quel poste ?

  • 8:59OuverteRéponse partielle

    Pourquoi Emmanuel Macron a finalement autant hésité, autant louvoyé, avant d'annoncer le nom ?

  • 10:07OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'elle avait, cette ancienne note de bloc, qui a manifestement fait problème ? Pourquoi autant de hâte ?

  • 15:33OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'on peut déduire à partir de sa première prise de parole ?

  • 20:31OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a vraiment une différence d'approche, une différence idéologique entre Emmanuel Macron et Michel Barnier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:44InvitéFait
    « sa nomination, elle répondait surtout à une urgence parce que les marchés commençaient à s'agiter »
  • 2:23InvitéFait
    « l'absence de nomination plutôt à Matignon commençait à faire sérieusement jaser les autres nations et notamment dans les pays anglo-saxons »
  • 3:23InvitéFait
    « le président a choisi son camp définitivement, c'est la droite en sélectionnant un membre des Républicains qui compte moins de 50 députés à l'Assemblée »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %

0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

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0:05
Présentateur

Salut à toutes et à tous, vous regardez Les Indiscrets de Niels-Vilqueux, une plongée dans les coulisses de la politique française telle qu'on la raconte peu, c'est-à-dire sans phare ni élément de langage, et c'est sur le média, diffusé sur le canal 350 de la Freebox, sur Youtube et sur notre site internet. Au sommaire, Emmanuel Macron a-t-il réussi son petit tour de qui perd gagne après sa cinglante défaite électorale aux législatives ? On analysera les dessous et le sens de la nomination à Matignon de Michel Bernier, vieux baron de la droite conservatrice, très conservatrice.

Nous allons également parler de ces ministres macronistes qui rêvent de rester au gouvernement et qui s'agitent déjà dans ce sens. Salut Niels ! Salut Théo ! Alors finalement, on a un Premier ministre, abracadabra, Macron a sorti de son chapeau un homme affilié à la droite dite républicaine, arrivé en quatrième position lors des législatives, c'est-à-dire très loin derrière les autres et très loin surtout derrière les premiers, le NFP, la coalition de gauche.

1:12
Invité

Oui, oui, alors ça y est, la France a un nouveau Premier ministre après 51 jours d'intense suspense, surtout pour les journalistes politiques. Je ne suis pas certain que les Français en aient eu quelque chose à faire. Et donc Macron, effectivement, a nommé Michel Barnier, 73 ans, 73 printemps à Matignon. Et donc on l'a vu hier, on le voit sur ces images, arriver à Matignon pour la passation de pouvoir avec Gabriel Attal. Alors tu dis abracadabra, moi je ne suis pas sûr qu'il y ait un effet magique ou un effet waouh avec Barnier.

Mais sa nomination, elle répondait surtout à une urgence parce que les marchés commençaient à s'agiter et puis dans une moindre mesure quand même toute la classe politique. Et d'ailleurs, l'inquiétude, elle a été relayée par nos amis de la presse ultralibérale et conservatrice. Alors les coups de boutoirs sont venus des échos qui ont titré sur l'impasse hier avec une photo de Macron en mode dramatique. Macron entraîne la France avec lui dans l'immobilisme pour Challenge, également très très lu par nos amis financiers qu'on salue et aussi le Figaro.

Et puis pire, à l'international aussi, l'absence de nomination plutôt à Matignon commençait à faire sérieusement jaser les autres nations et notamment dans les pays anglo-saxons parce que le Financial Times, qui est quand même un journal qui est très respecté par les élites et d'ailleurs qui est très apprécié par Macron et qui le lit de manière régulière, a accusé le président de temporiser et de mettre le pays sur les nerfs. Je cite, alors c'est franchement pas génial pour celui qui se considère comme un Mozart de la finance et des relations internationales. Mais voilà, magie de Matignon. La presse a changé son braquet en une nuit.

Mention spéciale, comme on peut le voir sur ces images avec le Figaro, qui en 24 heures est passé d'un Macron qui joue l'avenir de la France sur un coup de dé à un président finalement qui n'a pas cédé aux tentations fantasques. Comprendre, nommer un premier ministre de gauche, tu vois Théo, contrairement aux médias, la brosse à reluire est vite ressortie dans la presse conservatrice. Et alors tant pis pour la gauche, arrivé en tête des législatives, on le rappelle, le président a choisi son camp définitivement, c'est la droite en sélectionnant un membre des Républicains qui compte moins de 50 députés à l'Assemblée.

Et donc c'est une droite triomphale et triomphante qui est arrivée à Matignon pour rencontrer le nouveau premier ministre ce matin pour consultation alors qu'elle a fait moins de 7% des voix aux dernières élections. Regardez. Regardez, image en direct. Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Gérard Larcher. Ah bah vous voyez, l'écologie est sauvée là. On voit que quand Laurent Wauquiez sera ministre de l'Environnement, vraiment on sera rassuré. Les Républicains qui entrent. Ils ont tous le même tailleur apparemment. Et sans dire un mot, malgré l'insistance de Loïc Besson, ces trois-là, donc en rendez-vous après Gabriel Attal à Matignon, ils vont parler de pacte législatif.

Est-ce que Michel Barnier va reprendre les 13 propositions de loi DLR et surtout de la participation au gouvernement ?

4:14
Présentateur

Vont-ils, oui ou non, participer au gouvernement ? Ici, oui, qui ? A quel poste ? Qu'est-ce que c'est beau, la démocratie ? Avec de gros guillemets, bien entendu. Alors Nils, selon tes informations, Macron n'a pas fait ce choix en solitaire.

4:27
Invité

Oui, c'est le moins qu'on puisse dire. Parce que derrière cette nomination, on retrouve la patte d'Alexis Collaire. Donc c'est le tout-puissant secrétaire général de l'Élysée qui est surnommé le vice-président ou l'hyper-président, c'est selon. Qui commence à être bien connu des abonnés aux médias. Et donc c'est quand même un retour en force pour celui qui semblait subir un passage à vide depuis la dissolution. On en parlait dans une émission précédente qui a été accusée de tous les maux par les macronistes ulcérés par la décision du président cet été. Mauvais génie, etc. Une partie de la Macronie n'avait pas de mots assez durs à son égard.

Alors, non sans raison, parce que Collaire, c'est certes le bras droit du président, mais c'est un peu aussi son âme damnée. Souvenez-vous, en 2018, on le voyait témoigner contraint et forcé devant la commission d'enquête du Sénat dans l'affaire Benalla. Il était apparu un petit peu confus. Il avait du mal à justifier le port d'armes de l'ex-collaborateur du président qu'il portait sans autorisation. Regardez. Je dois commencer par répondre que je n'ai pas eu à connaître la question du port d'armes d'Alexandre Benalla.

Tout simplement parce que, comme je vous l'indiquais, compte tenu des responsabilités qui sont les miennes, on pourra revenir aux autres questions, même si, encore une fois, je pense que ce sont des questions qui ne relèvent pas du champ de cette commission, en tout cas qui relèvent très clairement de l'organisation interne des services de la présidence de la République. Je n'ai pas eu à connaître de l'attribution, des modalités d'attribution du port d'armes à M. Benalla. Mais aussi bien, me semble-t-il, le préfet de police que le directeur de cabinet et le président de la République vous ont répondu sur ce point.

Et à la fois dans les modalités d'attribution, par la préfecture de police, donc du cadre juridique dans lequel ça s'inscrivait, il me semble que ce cadre juridique est lié à la fonction, et non pas, si ça avait été une attribution par le ministère de l'Intérieur, liée à un risque le concernant tout particulièrement. Et ça n'était pas le cas.

Voilà, alors on m'indique que tous les mois, l'ensemble de la Macronie pense qu'il est sur un siège éjectable, que Macron va finir par le mettre dehors, mais non, il a survécu à toutes les crises depuis 2017, me confie l'un des interlocuteurs réguliers du président, avec lequel j'ai échangé jeudi soir avant cet enregistrement, y compris d'ailleurs à sa mise en examen pour de vilains soupçons de prise illégale d'intérêt, pour ses liens familiaux avec l'armateur MSC, et malgré ses déboires qui est toujours protégé par le président. Alors d'abord, pour ce qui est de mon secrétaire général, il ne vous aura pas échappé qu'il n'est pas ministre.

Et la citation, en quelque sorte que vous rappelez, répond en quelque sorte à votre question. Et pour ce qui est d'un homme qui, depuis plusieurs années, passe ses nuits et ses jours à servir l'Etat avec un dévouement et une intégrité dont je peux témoigner, dans une époque où, respectant les lois qui ont été votées il y a maintenant près de 10 ans, il n'y a plus d'intervention dans les dossiers particuliers, et après que, sur cette même affaire, l'enquête préliminaire ait d'abord classé le dossier, je considère que la décision, je prends, est tout à fait légitime.

La justice suit son cours en totale indépendance, mais ce ne sont pas ses décisions de procédure sur un dossier qui est instruit maintenant depuis plus de 5 ans et qui a déjà fait l'objet d'un classement. Ce ne sont pas des décisions de procédure qui doivent conduire à prendre des décisions administratives et, pour moi, à choisir mes collaborateurs. Il a donc toute ma confiance. Alors, c'est lui qui a mis Barnier à Matignon, me dit même ma source. Pour Barnier, il a été à la manœuvre depuis début juillet, tout comme à l'époque d'Edouard Philippe, me confie un autre conseiller. Alors, cette fois-ci, c'est un conseiller politique qui a suivi Macron depuis 2017.

Il les a amenés sur un plateau au président. Et donc, Barnier, c'est finalement la continuité de la politique macroniste de droite. Alors, avec Edouard Philippe, on était dans une droite jupéiste. Après, il y a eu Castex, qui était plutôt un premier ministre des territoires, élu apprécié. Puis, il y a eu l'accident industriel lors de la nomination d'Elisabeth Borne, puisque, au départ, Macron voulait nommer Vautrin. Et il a dû se résoudre, effectivement, à nommer Elisabeth Borne, devant l'opposition d'une partie de la Macronie.

Et d'ailleurs, le Parisien va dans ce sens ce matin, en indiquant que Colère lui-même est intervenu pour placer Barnier, parce que Carzinov voulait revenir sur la réforme des retraites et Xavier Bertrand éventuellement rouvrir des discussions sur le sujet. Un tabou à la fois pour le président et son bras droit, donc.

8:59
Présentateur

Pourquoi Emmanuel Macron a finalement autant hésité, autant louvoyé, avant d'annoncer le non ?

9:07
Invité

C'est vrai qu'on aurait pu se dire qu'il aurait pu gagner au moins 30 jours en allant directement vers un premier ministre de droite et un premier ministre, finalement, comme Xavier Bertrand. Alors, on me dit que c'est autant pour apparaître un négociateur, aux yeux de l'opinion, en donnant l'impression, en donnant l'illusion qu'il consultait les partis, que pour gagner du temps, en réalité, parce qu'il n'arrivait pas à s'accorder avec la gauche, dont le programme est l'un des piliers du programme, était de revenir sur la réforme des retraites.

Et donc, il a été, en quelque sorte, obligé, entre guillemets, de se mettre d'accord avec le Rassemblement national et la droite dans un premier temps. Effectivement, comme je l'expliquais dans une émission précédente, il crevait de trouille que le nouveau Fonds populaire détricote ses principales mesures. Réforme des retraites, donc, loi immigration, réforme de l'assurance chômage. Évidemment, avec Barnier, il n'aura pas ce problème. Et d'ailleurs, tu noteras que, j'ai noté hier que le premier acte de Barnier comme premier ministre a été de faire effacer son ancien bloc par ses équipes.

10:07
Présentateur

Justement, qu'est-ce qu'elle avait, cette ancienne note de bloc, qui a manifestement fait problème ? Pourquoi autant de hâte ?

10:14
Invité

Oui, mais parce que c'est une mine d'informations sur la façon dont Barnier considère les plus précaires et envisage l'avenir de notre État-providence qui est déjà quand même mal en point après 30 années de coups de boutoir de la part des différents gouvernements de droite comme de gauche, d'ailleurs. Alors, tandis que la presse et les médias mainstream le présentent comme un négociateur, un homme du compromis ou du consensus même, comme Le Monde l'a obligément titré hier soir, vraiment le journal de la référence, son blog, lui, est toujours... De la référence ou de la révérence ou des deux ? De la révérence... Oui, c'est un peu les deux, effectivement.

Alors, son blog est toujours accessible en mode archive et il dit toute autre chose de Barnier et de son dirage droitier populiste en 2021. Souvenez-vous, il s'était présenté pour la primaire de la droite. Alors, on le voit sur le document, il fustige les chômeurs qui vivraient au crochet de l'État. Il milite pour augmenter le nombre d'heures travaillées pour retrouver l'honneur du travail. Alors ça, c'est une vieille lune de la droite, comme si les travailleurs allaient s'épanouir au travail et devenir plus productifs en faisant encore plus d'heures. Alors déjà, les Français sont les plus productifs d'Europe.

Alors, les conseillers ministériels qui sont encore en poste plus pour longtemps, d'ailleurs, sont un petit peu effrayés quand même par l'arrivée de Barnier. C'est la merde, me dit l'un. Soit Barnier fait une déclaration de politique générale, c'est... Alors, la déclaration de politique générale, c'est le discours qui est lu par le Premier ministre lors de sa première intervention devant l'Assemblée, puis le Sénat.

Alors, soit il fait une DPG, comme on dit dans le jargon, la plus à droite de l'histoire depuis Pétain, donc du genre à faire passer Fillon en 2007 pour un insoumis, soit le RN, le censure d'office, donc me glissait ce conseiller d'un ministre régalien hier, juste avant que sa nomination soit officialisée. Alors, vu la bénédiction du RN, on a déjà notre réponse, cher Théo. Barnier est également réputé pour son absence totale d'humour. Il se voyait encore comme le Joe Biden français, avec huit ans de moins, selon lui, en 2021. C'est vrai qu'avec le retrait du président américain, notamment en raison de son âge, l'argument a un petit peu perdu de sa pertinence.

Mais le thème de l'âge est quand même exploité par ses adversaires. On rappellera quand même que c'est le plus vieux Premier ministre jamais nommé sous la Ve République. Et d'ailleurs, il a été traité de fossile par Jean-Philippe Tanguy du RN. Regardez ! Ça fait effectivement beaucoup de monde, et surtout quand on fait du Jurassic Park en permanence,

12:47
Présentateur

c'est-à-dire aller rechercher des fossiles à qui on essaie de redonner vie. Donc, M. Barnier est, non seulement fossile, mais fossilisé de la vie politique.

12:55
Invité

Tout ce qu'il a pu faire est un échec, même au niveau européen. Il y avait la présentation du rapport Drahi. Vous parliez, M. Ceux, des défis d'avenir. En fait, M. Drahi nous expliquait à juste titre que tout ce qu'ils avaient fait comme doctrine dans les années 90 était un échec et qu'il fallait faire tout ce qu'avaient dit les souverainistes, c'est-à-dire des politiques industrielles, des politiques protectionnistes. Voilà, et donc, Jean-Philippe Tanguy a également qualifié le nouveau Premier ministre d'un des hommes les plus stupides de la Ve République ambiance.

13:21
Présentateur

On imagine le malaise au RN, du coup.

13:23
Invité

Oui, c'est vrai. Alors, parce que le RN passe son temps à exiger du respect, ce serait bien qu'il se l'applique à lui-même, s'étrangler à un soutien de Barnier que j'ai joué ce matin. Et donc, c'est vrai qu'au RN, consigne a été donnée à Tanguy de s'excuser. Ce qu'il a fait, comme l'a rappelé piteusement Chenu ce matin sur Europe 1, pas super à l'aise, manifestement. Votre collègue député Jean-Philippe Tanguy a dit que Michel Barnier, c'est des Jurassic Park, un fossile fossilisé. Est-ce que vous utiliseriez ce même vocabulaire ? Non, et je crois qu'il s'en est d'ailleurs excusé sur une autre chaîne. Donc, nous, vous savez, nous demandons à être respectés.

Par conséquent, nous respectons nos adversaires politiques. Et c'est parce que nous les respectons que nous pouvons les combattre avec beaucoup de fermeté. Nous avons démontré que nous servons à quelque chose. Premier groupe d'opposition, vous savez, il y a une semaine, on nous disait « Mais à quoi vous servez ? Vous revenez de vacances, on ne vous a pas entendus. Vous êtes la cinquième roue du carrosse. » Non, nous avons montré, ainsi qu'aux Républicains d'ailleurs, que nous servions à quelque chose à faire en sorte que le pays puisse continuer à avancer. Et ça, c'est très important.

Côté RN, on jure qu'on se trouve dans l'opposition, malgré la non-censure du prochain gouvernement Barnier, à l'image de Louis Alliot sur RTL ce matin. Écoutons-le. On est dans l'opposition et on est juste pragmatique et on regarde le Premier ministre voir comment il évolue. C'est normal d'ailleurs. On est dans une situation difficile. Personne n'a la majorité. M. Macron n'a pas la majorité à l'Assemblée nationale. Et pour être tout à fait franc, c'est une double cohabitation. M. Barnier n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale non plus. Il est le représentant d'un parti qui est le plus petit parti et le plus petit groupe de l'Assemblée nationale.

Donc, il va bien falloir qu'il compose dans les textes. C'est pour ça que ça va être très difficile et que je pense très honnêtement que nous repartirons au vote au mois de juillet l'année prochaine. Voilà. Donc, d'après Louis Alliot, il y aura une nouvelle dissolution l'année prochaine de l'Assemblée nationale et c'est visiblement l'avis de Macron et son objectif puisqu'il veut retrouver une majorité. reste que, pour le moment, le Rassemblement national, l'extrême droite et l'allié objectif du président contre la gauche.

15:33
Présentateur

Et Barnier et Nils, qu'est-ce qu'on peut déduire à partir de sa première prise de parole ?

15:39
Invité

On le disait que ce n'est pas un rigolo. Première prise de parole lors de la passation de pouvoir, premier faux pas. La gauche s'en prenait à Barnier dès son discours dans la cour de Matignon pour cette petite phrase « Les gens d'en bas écoutaient ». J'ai appris dans ma longue vie publique que les bonnes idées venaient de partout, d'ailleurs. Souvent des gens les plus modestes ou les plus simples, quand on prend le soin de les écouter. J'ai bien des exemples en tête de progrès, petits ou grands, qui ont été accomplis grâce à des idées, de bonnes idées, de bonnes solutions apportées par les gens d'en bas qu'il faut respecter.

Alors, « Les gens d'en bas », il y a peut-être eu une petite méprise par rapport à ce vocabulaire puisque, en réalité, ce ne serait pas méprisant envers les pauvres. Barnier se voit en Savoyard. C'est vrai qu'il a été élu pour divers mandats de 1973 à 1999, donc plus de 25 ans dans la région. Alors, on me dit que oui, c'est quelqu'un d'autun, de dédaigneux lors des interviews, notamment avec les journalistes, mais pas seulement, aussi avec ses collaborateurs. Mais « Les gens d'en bas », c'est d'abord un pur propos de montagnard, me dit un conseiller politique. C'est une manière, surtout, de désigner les gens hors de la montagne, c'est-à-dire les gens de la vallée.

Il connaît bien Barnier, donc il m'a expliqué ça. C'est plus un mépris, en réalité, de statut qu'un mépris de classe. C'est un peu comme le terme « monchu » qui est beaucoup utilisé à la montagne. C'est comme ça que les montagnards du siècle dernier surnommaient certains de leurs visiteurs. Et d'ailleurs, l'un des soutiens de Barnier me disait, pour ceux qui s'en prennent à son âge, les vieux guides sont parfois ceux qui tiennent le mieux la route, en tout cas mieux que les plus jeunes. Et c'est le pas du guide qui marche d'un pas mesuré, mais marche debout, m'explique ma source. Et donc, on peut parier que Barnier pourra peut-être faire de cet âge canonique un atout.

17:42
Présentateur

Si on comprend bien, il n'y a pas vraiment de côté positif à tirer de cette nomination, Niels ?

17:48
Invité

Politiquement, c'est à craindre, notamment pour les plus précaires, comme toujours sous le quinquennat Macron. Assis peut-être sur le plan budgétaire, vu le désastre laissé par justement Macron et Bruno Le Maire, puisque la situation est quand même très grave au niveau budgétaire. On est le premier pays emprunteur de toute l'Europe avec 300 milliards empruntés cette année, 50 milliards de reboursements à venir. C'est ce que me disait Charles de Courson en début de semaine, qui est donc le rapporteur, le nouveau rapporteur de la commission des finances à l'Assemblée nationale. J'imagine que vous en avez peut-être d'ailleurs parlé avec Thomas Porchet qui a enregistré son émission avant moi.

Les prévisions de croissance qui sont faites pour fin juillet indiquent qu'on aurait un déficit de 5,6 en 2024. On était censé en avoir un de 5,1, donc on aurait 0,1 point de plus qu'en 2023. Dans ce contexte, c'est peut-être le seul capable d'atténuer les sanctions budgétaires à venir de l'Union européenne pour non-respect du déficit. L'Union européenne a déjà prévenu qu'elle pourrait ouvrir une procédure contre la France. Ce ne serait pas la première fois, mais enfin, ça fait toujours désordre et puis surtout, le déficit n'a jamais été aussi important. Et d'ailleurs, politiquement, Aurore Berger ne dit pas autre chose.

Ce matin, sur Inter, en louant le courage de Barnier qui a accepté Matignon, écoutez-la. C'est courageux dans la période d'accepter d'être Premier ministre parce qu'on sait que c'est particulièrement difficile à la fois au regard de la situation politique et aussi au regard de la situation budgétaire parce que la première des décisions que va devoir affronter ce nouveau gouvernement, c'est quel budget ? Et moi, ce que je ne souhaite pas, c'est qu'à l'Assemblée nationale, il soit un peu la foire à la saucisse sur la dépense publique et de la démagogie parce que je crois que ce ne serait vraiment pas l'intérêt des Français.

Voilà, alors autre avantage Théo qui n'est pas négligeable, c'est qu'en étant deux fois commissaire européen, en exerçant deux fois ses fonctions, c'est aussi d'ailleurs le monsieur Brexit de l'Europe qui connaît un petit peu tout le monde politique, financier et même médiatique d'ailleurs sur le continent, il y a un carnet d'adresses et un réseau qui peut rivaliser avec celui d'Emmanuel Macron, il connaît des chefs d'État, des chefs de gouvernement, il avait notamment rencontré Elisabeth II à tout le gratin européen en passant par les hauts fonctionnaires, mais c'est vrai que sa nomination c'est tout de même l'enterrement du fameux Nouveau Monde qui était prônée par Emmanuel Macron en 2017 lors de son premier quinquennat, l'ouverture à la société civile, à des profils différents et que derrière cette nomination, on retrouve donc la patte d'Alexis Kolaire mais aussi de Bernard Arnault, des hauts fonctionnaires et donc on peut en déduire que c'est le pouvoir financier et politique qui se protège mais qui protège aussi ses intérêts.

20:31
Présentateur

Mais dans le fond, Nils, est-ce qu'il y a vraiment une différence d'approche, une différence idéologique entre Emmanuel Macron et Michel Bernier ?

20:40
Invité

L'épaisseur d'une feuille de papier je pense Théo et d'ailleurs c'est tout l'enjeu pour le duo de l'exécutif parce qu'il va travailler de concert en fait pour faire croire au public que le nouveau premier ministre est plus indépendant que ne l'a été Gabriel Attal. Alors oui, dans un sens puisque tu l'as rappelé en début d'émission quand on en a parlé, c'est un vieux baron de la droite donc évidemment il n'a pas la même stature politique que Gabriel Attal mais bon au niveau politique il n'y a pas vraiment de différence. Alors il y a déjà tout un travail de communication qui a été commencé dans les médias.

On apprend dans le Figaro ce matin que l'Elysée aurait instauré un parfum de cohabitation avec Matignon. C'est l'expression qui a été forgée par les communicants du président cet été pour raconter cette histoire.

De même que le terme « coalitation » qui est un néologisme entre cohabitation et coalition qui a été forgé probablement par Jonathan Guémas qui est la plume du président et recraché un petit peu par les journalistes jusqu'à l'écoeurement pendant ces 51 jours où on a attendu en vain un nouveau premier ministre à l'image de notre confrère Paul Laroutourou de TF1 et donc pour donner le champ on nous explique que Macron ne va plus partager ses conseillers avec le nouveau premier ministre c'est une mesure qu'il avait instaurée en 2016 au nom de l'efficacité des rapports entre l'Elysée et Matignon aussi pour des soi-disant mesures d'économie spoiler ça n'a absolument pas marché fini aussi l'envoi de représentants du cabinet élyséen aux réunions interministérielles c'est ce qu'on appelle les rimes dans le jargon ministériel bon enfin tout ça ça ressemble quand même à des mesures cosmétiques personne ne croit que Macron restera à sa place au-dessus de la mêlée ce n'est pas dans son ADN me chuchoter l'un de ses interlocuteurs réguliers ce matin

22:27
Présentateur

et on peut déjà anticiper des guéguerres

22:29
Invité

autour des nominations du coup oui évidemment là la mère des batailles du jour entre Macron et Barnier c'est la nomination du directeur de cabinet donc du nouveau premier ministre alors évidemment c'est traditionnel c'est-à-dire qu'à chaque fois il y a une petite tension enfin même une grosse tension parfois sur sur cette nomination parce que le directeur de cabinet du premier ministre c'est un peu la tour de contrôle de Matignon il rencontre à la fois les élus les autres conseillers des autres ministères il organise l'agenda avec le chef de cabinet enfin voilà il a vraiment une fonction multitâche et évidemment il surveille aussi le premier ministre quand il est nommé par l'Elysée voilà il y a une notion de contrôle et donc évidemment Emmanuel Macron aimerait nommer son homme lige il s'agit de Jérôme Fournel alors selon mes informations donc c'est un énarque qui a occupé d'ailleurs le poste de directeur de cabinet avec Darmanin quand il était ministre des comptes publics avant de rejoindre la prestigieuse direction générale des finances publiques et c'est l'un des hommes de pouvoir qui partage le pouvoir dans l'ombre d'Emmanuel Macron c'est l'un des rares avec colère à avoir effectivement les clés du pouvoir en France mais ce matin on apprenait que Michel Barnier bataillait pour imposer son un autre un autre profil qui serait le le préfet Michel Cadot alors c'est l'actuel monsieur Gio du gouvernement il est apprécié à gauche comme à droite

23:54
Présentateur

à suivre donc Nils absolument et si on parlait des ministres qui font tout pour rester au gouvernement comme des moules qui s'accrochent à leurs rochers

24:05
Invité

je ne sais pas si cette comparaison leur ferait plaisir mais elle est assez juste alors attention embouteillage à prévoir pour les places au gouvernement alors il y a une partie des macronistes quand même et de la classe politique en général qui comme chaque nouveau gouvernement d'ailleurs d'Emmanuel Macron depuis qu'il est en crise depuis les dernières législatives mais qui voudrait aller dans cette galère et on souligne que l'attelage Macron-Barnier pourrait de toute façon exploser dans quelques mois ou même avant sur le vote du budget par exemple à l'automne faute de majorité à l'Assemblée bon il y a quand même quelques prétendants pour rester à commencer par l'équipe sortante Darmanin qui annonçait qu'il allait tourner la page alors souvenez-vous après la dissolution lors du dernier conseil des ministres sous l'égide de Gabriel Attal c'était le 16 juillet il avait même arraché sa cravate devant les caméras pour signifier que pour lui l'intérieur c'était fini souvenez-vous alors le 21 juin auparavant il avait déclaré si jamais j'étais battu ou si le RN ou la France Insoumise venaient à l'emporter je ne serai en aucun cas ministre de l'intérieur pas un jour de plus ça c'était sur France Inter souhaitez-vous rester ministre la réponse est non si je suis battu je démissionnerai évidemment le soir même et si il y a une majorité le président d'Abbé choisira son gouvernement et s'il y a évidemment l'ultra gauche l'ultra droite qui gagne il est évident que dès le lundi matin je ne serai plus ministre le président décidera de ce qu'il fera et moi je ne serai pas ministre un jour de plus 4 jours plus tard rebelote dans le Parisien je souhaite quitter le gouvernement et siéger à l'Assemblée nationale pour m'occuper de mon territoire il est élu à Tourcoing rappelons-nous et aussi sans doute construire un autre projet disait-il au quotidien tout ça c'est du passé et finalement l'ambitieux se verrait bien rempli les confirmations d'ailleurs auprès de son entourage qui le dit autrement Gérald ne demande pas à rester au gouvernement il l'a dit à plusieurs reprises mais si le président le lui demande dans le contexte que nous connaissons il en discutera avec lui mal sûr l'un de ses proches comprendre je ne suis candidat à rien mais ouvert à tout et donc le locataire de Place Beauvau ne fait pas mystère de ses ambitions alors apparemment il aimerait bien aller au Quai d'Orsay c'est un Marocain prestigieux sur lequel il lorgne un moment et donc en ce moment il parle beaucoup à ses proches des questions diplomatiques mais il n'y a pas que Gérald Darmanin on imagine mais non absolument pas il y en a une tripotée il y a aussi son grand ami Sébastien Lecornu avec lequel il part en vacances en Corse de temps en temps qui se verrait bien rempli les lui aussi aux armées et puis Rachid Ladati aussi qui se plaît à la culture c'est un agréable point de chute en attendant de se lancer officiellement dans le combat des municipales à Paris en 2026 l'un de ses soutiens d'ailleurs me glissait ce matin rue de Valois c'est quand même un super tremplin pour se lancer et surtout mettre des bâtons dans les roues d'Anne Hidalgo la grande joie évidemment de Rachida Dati autre candidate à sa reconduction c'est Nicole Belloubet dont on parle moins mais qui a osé faire une conférence de presse pour la rentrée de l'éducation nationale alors que Matignon avait pourtant mis son veto selon mes informations on la voit d'ailleurs sur ces images écoutons-la La rentrée doit avoir lieu au début du mois de septembre cette année c'est le 2 septembre elle aura donc lieu le 2 septembre et il m'est apparu normal de vous rendre compte des conditions dans lesquelles cette rentrée va se dérouler en démocratie évidemment l'information de nos concitoyens est une nécessité et vous en êtes les premiers vecteurs c'est aussi la moindre des marques de respect pour nos enseignants pour l'ensemble des personnels pour nos élèves pour leurs parents j'en fais au fond autant une question de conscience professionnelle que d'éthique personnelle et voilà et donc selon Belloubet il est tout à fait normal de faire une conférence de presse officielle pour la rentrée alors que par ailleurs elle n'est plus ministre à ce moment-là de plein exercice et donc un conseiller de l'exécutif me disait elle est gonflée et en privé d'ailleurs la ministre des missionnaires des professeurs plaide pour son maintien au nom de la stabilité en faisant remarquer avec une pointe d'acidité quand même qu'elle est la quatrième ministre de l'éducation nationale en un an ce qui n'est pas complètement faux

28:27
Présentateur

Ben Nils on ne peut que leur souhaiter de belles batailles internes à l'intérieur de ce bloc macroniste LR RN compatible et merci pour toutes ces explications merci merci à vous d'avoir regardé cette émission qui sera sur la grille de notre saison 2024-2025 dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez sur Youtube ou par mail par exemple si vous nous regardez à la télé le média vous le savez ne vit que des dons et des abonnements de celles et ceux qui le regardent et qui l'aiment rendez-vous sur lemédiatv.fr pour nous aider à exister et rester connecté au média pour nous aider

29:12
Locuteur

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