#CamPuS24 : La revalorisation du travail et l'amélioration du pouvoir d'achat
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Cette plénière qui, de ce fait, a également un peu évolué en fonction de l'actualité, vous l'avez peut-être vu, mais qui recoupe un sujet qui est fil conducteur de ce campus 2024 du Parti Socialiste, qui est la lutte contre l'extrême droite. On a voulu axer cette plénière sur la revalorisation du travail et du pouvoir d'achat, qui est effectivement une des conditions de lutte contre l'extrême droite, et on y reviendra aussi avec nos intervenants qui peuvent être dans certaines régions.
C'est le cas dans la région dans laquelle je suis élu, Nord-Pas-de-Calais, un déterminant aussi du vote RN face au déclassement, face aux conditions de vie qui se sont aggravées des classes populaires et des travailleurs. Est-ce que c'est le seul déterminant du vote RN ? Je pense que c'est un sujet qu'on lancera aussi, et vous aurez évidemment la parole là-dessus.
Mais également, on a souhaité faire évoluer en fonction de l'actualité celle plénière, pour aussi ne pas hésiter à parler de ce qui se passe en ce moment, c'est-à-dire l'anomalie démocratique qui est en train de se passer dans ce pays, avec le refus d'Emmanuel Macron de nommer un Premier ministre, qui était notre candidate, Lucie Casté, du Nouveau Front Populaire, arriver en tête des élections législatives. Et on souhaite également pouvoir intervenir là-dessus, à savoir ce que Macron vole aux Français en termes de revalorisation du travail du pouvoir d'achat, parce que c'était un axe fort du programme du Nouveau Front Populaire, et ce que nous aussi nous proposons là-dessus.
Donc sans plus attendre, comme nous avons 5 intervenants, et que nous aimerions aussi avoir un échange avec vous, chers camarades sympathisants, pouvoir prendre une série de questions et ensuite y répondre, je vais laisser sans plus tarder la parole à Mickaël Zemmour, qui est économiste, qui est connu, je pense, de la plupart d'entre nous, principalement pendant la réforme des retraites, une période pendant laquelle on a beaucoup entendu, Mickaël, donner tes analyses, souvent salvatrices, qui nous ont beaucoup aidés aussi dans la période de mobilisation qui était celle de la réforme des retraites.
Et donc aujourd'hui, la question que je te pose, c'est en termes de revalorisation du travail, du pouvoir d'achat, déjà, est-ce que c'est un déterminant du vote RN ? Et est-ce que, de manière générale, c'est un sujet dont nous, on s'est emparés, bien évidemment ? Mais comment, d'un point de vue économique, on peut le faire sans avoir l'air aussi, si tu veux, de vouloir tout faire, tout vendre tout de suite, et peut-être, ce qui peut être un reproche qui nous est fait, d'avoir un programme qui puisse paraître irréaliste ? Donc je te laisse poser ton analyse là-dessus, et on donnera ensuite la parole à nos autres intervenants.
Bonjour, merci, bonjour à toutes et tous. Je vais rebondir d'un mot sur un bout de ta question, parce que c'était un des thèmes qui flottaient, puis on est un peu déplacés. Est-ce que le pouvoir d'achat, c'est un déterminant du vote RN ? Peut-être, sans doute. On m'a beaucoup interrogé en tant qu'économiste sur le programme du RN. Je pense qu'il ne faut pas esquiver la dimension raciste, xénophobe, islamophobe du programme du RN, y compris dans sa dimension sociale et économique. Ça flotte beaucoup, le programme du RN, ça change tout le temps, mais quand on regarde les points fixes, la partie raciste, en fait, ce que vend le RN, c'est un accroissement des inégalités.
Il y a des collègues qui ont simulé le programme du RN, les riches gagnent, les plus modestes perdent du fait des mesures racistes, donc d'exclusion, et les classes populaires et moyennes ne gagnent pas. Et donc, en fait, ce que vend le RN, c'est... Vous n'irez sans doute pas mieux, mais on a trouvé des gens dont on va dégrader la situation pour des raisons racistes, etc. Alors, avec des jeux de mots, des euphémisations, je ne suis pas spécialiste, je ne rentre pas là-dedans. On parle d'étrangers, en fait, on vise y compris des Français en jouant sur des termes étrangers, laïcité, etc.
Donc, sans doute que la question du pouvoir d'achat rentre en compte, la question des services publics aussi, sur l'égalité entre les territoires. Mais j'insiste sur ce point-là parce que, dans la campagne des législatives, certains économistes ont pris la parole pour expliquer que le programme économique du NFP était plus dangereux que celui du RN. En tant qu'économiste, je pense que c'est... Je peux citer un Olivier Blanchard, notamment, qui a dit ça. En tant qu'économiste, je pense que c'est une faute de dire ça. D'abord, parce que ce n'est pas vrai.
Et ensuite, parce que le sort qu'on réserve à une partie de la population pour des motifs racistes, l'appauvrissement, l'isolement, la privation de logement, couper les allocations familiales, priver des gamins de cantine, c'est de l'économie aussi. On ne fait pas de l'économie pour un taux d'intérêt, on fait de l'économie pour la vie des gens. Je ferme cette parenthèse pour me centrer sur, finalement, Macron, le NFP, qu'est-ce que ça implique économiquement ? La politique qui a été menée depuis 7 ans, on peut la caractériser, elle est caractérisée par Bruno Le Maire, qui la raconte bien, comme une politique de l'offre, qui consiste, en gros, à faire un désarmement des recettes publiques.
Donc on diminue massivement les prélèvements obligatoires. Un peu de tout le monde, mais pas mal des plus riches et pas mal des entreprises, aussi un peu du reste de la population. Et donc on réduit les recettes publiques massivement. Et ça a deux contreparties. La première partie, c'est le démantèlement des protections collectives. Donc on fait la réforme des retraites pour compenser en partie la baisse des recettes. On ne finance pas les besoins en matière de transition écologique, d'éducation, etc., en partie pour compenser la baisse des recettes. Des baisses de recettes qui sont massives.
Au moins 40 milliards de baisses de ressources nettes par an, chaque année, du fait des mesures qui ont été mises en œuvre. Et puis la deuxième contrepartie, c'est du déficit. On a un déficit qui s'est creusé. Alors il ne s'est pas creusé que à cause de la politique du gouvernement. La situation économique n'est pas très bonne mondialement. Mais il s'est aussi creusé à cause de la politique du gouvernement. Et donc maintenant, la Commission européenne s'en mêle. On a une procédure de déficit excessif. Donc la politique qui a été menée au cours de ces dernières années, son axe, c'est la baisse des prélèvements obligatoires et la baisse des dépenses publiques.
Et donc avec des conséquences concrètes en termes de conditions de vie, en termes de protection sociale. Et c'est une politique qui ne reçoit pas un soutien populaire. On le voit au résultat des dernières élections. En termes de salaire et de marché du travail, il y a aussi une politique. Il faut le dire, celle-là, elle vient de plus loin. Elle vient au moins du mandat de Nicolas Sarkozy. Puis elle a été présente aussi dans le mandat Hollande. Et puis elle se poursuit dans le mandat Macron. Une politique de dérégulation du marché du travail avec tout un tas de lois qui modifient les rapports sociaux entre employeurs et salariés, notamment les négociations salariales.
Pour vous donner juste un exemple, obsédés par la baisse du coût du travail, une analyse sans doute fausse de la question de la compétitivité, les gouvernements successifs ont diminué les obligations, le cadre qui impulsait une dynamique salariale, soit en proposant des alternatives au salaire, par exemple la prime Macron. On met en place la prime Macron pour dire aux employeurs pas besoin d'augmenter les salaires, même s'il y a de l'inflation, même s'il y a de la demande, même si le chômage baisse. Il y a une prime là, vous pourrez la retirer l'année prochaine. Et en plus, elle est défiscalisée.
Et tous les leviers qu'a la puissance publique pour ambiancer les salaires, le SMIC, le point d'indice, on les met à zéro. On gèle le point d'indice pendant des décennies. Le SMIC, on ne l'augmente pas, on l'augmente juste du minimum légal, mais jamais un seul coup de pouce. Donc on fait vraiment une ambiance de dépression salariale. Donc ça, c'est à gros traits, parce qu'on n'a pas beaucoup de temps, mais le descriptif de la politique qui a été menée depuis les dernières années. Alors qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Quel est le débat de politique économique ?
En gros, le NFP propose de rompre avec cette orientation-là et de changer de direction, à la fois d'un point de vue fiscal et budgétaire, c'est-à-dire retrouver les moyens d'agir avec des prélèvements obligatoires sur les grandes entreprises, sur les plus riches, sur l'ensemble de la population, aussi sur certains aspects. Quand on parle de réforme des retraites, c'est aussi quelque chose qui est financé collectivement. Donc retrouver les moyens d'agir. D'une part, avoir une politique sans doute de relance plus keynésienne et plus volontariste. On est dans un moment de ralentissement économique.
Donc il y a ce débat entre austérité, ce qui est annoncé par le gouvernement des missionnaires actuels, ou plutôt une politique qui va faire des prélèvements obligatoires, mais aussi dépenser et investir, et donc plutôt avoir une action de relance, au moins à court terme, de la croissance. Et puis, un enjeu de changer ce régime salarial. Alors, si on regarde bien, la raison pour laquelle les salaires sont faibles ou n'ont pas augmenté au cours des dernières années, elle est à la fois économique et politique. Elle est économique parce que, quand il n'y a pas beaucoup de croissance, les salaires n'augmentent pas beaucoup.
On a vécu des périodes de crise, en partie liées à la politique économique, en partie d'origine mondiale, et c'est une des raisons de la tenue des salaires. Mais en même temps, cette crise, elle a été amplifiée par les politiques salariales dont j'ai parlé. Et donc, la politique proposée par le NFP, c'est de faire l'inverse, de reprendre les leviers utiles, donc la négociation salariale, le salaire minimum, le point d'indice, notamment pour réenclencher une dynamique salariale. Et donc, je ne sais pas, la question du vol, c'est plus une question de légitimité démocratique, de que permet la constitution, etc.
Mais en tout cas, d'un point de vue économique, l'alternative, c'est plutôt continuer la même politique menée ou rompre avec l'autre stratégie que j'ai décrite et qui est assez claire dans les orientations du NFP. Alors, moi, j'ai une inquiétude sur la situation actuelle, y compris la situation politique qu'on vit, c'est que, pour moi, le nœud du clivage, le nœud du débat, c'est Anne-Laure Delatte qui disait ça dans une tribune à Libé, ce qui fait qu'il ne peut pas y avoir de coalition entre le camp présidentiel et la gauche. Le point de désaccord, c'est la politique budgétaire.
Il y a les retraites, la réforme des retraites, peut-être qu'on reviendra dessus dans les questions, mais là, c'est plutôt un enjeu presque symbolique, d'un symbole fort et d'un enjeu de droits sociaux. Mais je veux dire, les crispations pour ne pas remettre en cause la réforme des retraites, à mon avis, sont d'ordre très politique. Mais le point de clivage, c'est la politique budgétaire. On est dans une situation d'économie ralentie. de finances publiques dégradée. Et ce que propose le camp présidentiel, c'est l'austérité. C'est-à-dire pour répondre au déficit public qui a été créé par la baisse des ressources, on va continuer à baisser les dépenses publiques.
Il sera pour conséquence deux choses. De ne pas répondre aux urgences, on peut penser à l'éducation ou à la santé, à la transition écologique, donc aux urgences dans les services publics, mais aussi un ralentissement aggravé d'une économie européenne qui ne va déjà pas très bien. Je ne sais pas si vous avez en tête ce qui s'est passé après 2010, mais on avait un petit peu le même schéma. Des finances publiques dégradées et l'Union européenne qui, partout en Europe, se met d'accord pour faire de l'austérité. Et cette austérité, elle a plongé l'Union européenne pendant 10 ans dans une période de stagnation et donc de chômage, de baisse des salaires, etc.
Donc vraiment, le débat fort et qui fait qu'il ne peut pas y avoir de coalition, c'est comment on réagit à cette situation. Est-ce qu'on réagit par une politique de prélèvement obligatoire et de relance ou est-ce que, finalement, on continue un peu la même politique menée et là où ça m'inquiète et je finis là-dessus, on voit que l'extrême droite est très forte, elle grandit sur les mécontentements et je pense que si c'est un gouvernement qui poursuit la politique menée, il ne satisfera personne ou qu'un électorat très réduit.
Il n'y aura pas de mesures économiques, politiques, on entend des mesures sociales, mais en réalité, dans un contexte d'austérité dure ou même d'austérité molle, il n'y aura pas de vraie réponse à des enjeux. Les seules qu'on pourrait imaginer, c'est baisse de cotisation sociale pour avoir un peu plus de salaire net et un peu moins de financement de la sécu, mais on voit bien que c'est une fuite en avant.
Et ça, ça m'inquiète parce qu'en termes d'absence d'alternatives politiques, ça permet encore au Rassemblement national sur ces politiques xénophobes et discriminatoires de se présenter comme l'alternative là où, ce que j'ai essayé de décrire, la politique de gauche sur la protection sociale et les services publics peut aussi, elle, prétendre à se poser comme alternative qui, pour l'instant, est refusée.
Merci Mickaël pour cette exposé extrêmement claire. Comme toujours, je pense qu'il ne manquera pas de souciter des réactions lors du tour de parole dans la salle. Clémentine Autain, je me tourne vers toi, donc Clémentine, députée de la Sète-Saint-Denis, désormais cofondatrice du mouvement politique que l'après, tu as une longue expérience politique aussi et une analyse assez acérée sur la situation économique et sociale du pays. Aujourd'hui, on a l'impression que pour ce gouvernement, il n'y a pas d'autres politiques économiques.
On a même l'impression, vraiment, dans les débats actuels, de retourner un peu à ce qu'il y avait pendant les années Baladur, c'est-à-dire le cercle de la raison, il y a les raisonnables, il y a ceux qui sont les bons gestionnaires de ce pays et il y a les dingues, il y a les programmes, on a entendu, collectivistes, l'extrême gauche, il y a toujours ce discrédit qui est jeté sur le programme économique de gauche en disant que c'est irréalisable ou bien que ça va mener le pays à perte, mais ça, j'ai envie de dire, c'est pas nouveau, c'est quand même à chaque fois que la gauche a tenté d'accéder au pouvoir, à chaque fois qu'elle était majoritaire dans ce pays, et nous l'avons été, même si c'est relatif, nous avons été premiers lors de la dernière action législative, il y a un peu ce mur libéral qui s'oppose à nous sur des fondements qui ne sont pas vrais, tout simplement, d'un point de vue économique, Mickaël l'a bien rappelé, objectivement, c'est faux, comment nous, on peut, face à ça, se battre armes égales, j'ai envie de dire, parce qu'on n'est pas armes égales dans le débat médiatique, et effectivement, ce sur quoi Mickaël a conclu, et qui est aussi un peu le fil rouge de cette plénière, comment, face à cela, le risque, c'est que le RN, lui, s'oppose comme la seule alternative qui soit en capacité de gagner d'ici trois ans.
Oui, bonjour à toutes et tous. En effet, on a le cercle de la déraison qui gouverne et qui se prend pour le cercle de la raison. Et moi, j'ai toujours en tête l'idée que ce qui est réaliste, ce qui devient possible, c'est ce qui est porté par la majorité. On a des exemples dans l'histoire, en 1936, les congés payés, ils n'avaient même pas été imaginés dans le programme du Front populaire. Et ça paraissait dément d'imaginer qu'on pouvait être payé alors qu'on ne travaillait pas. Et c'est parce que des millions de gens se sont mobilisés qu'il y a eu une grève générale que cette idée qui semblait incongrue, irréaliste, impossible, est devenue possible.
Donc la question de qu'est-ce qui est raisonnable, de qu'est-ce qui est possible dépend uniquement de notre capacité à constituer des majorités mobilisées pour défendre ces idées-là. Et toutes les utopies qui, à un moment donné, apparaissent comme des utopies et qui deviennent réalité, le deviennent parce qu'une majorité la porte. Donc il ne faut pas se laisser écraser, impressionner, parce que nous aurions quelque chose qui, dès qu'on allume sa télé et qu'on entend les éditorialistes en vogue, nous disent mais c'est n'importe quoi, mais c'est impossible. Non, non, ça les dérange.
Ceux qui sont attachés à leurs privilèges ne veulent pas que nous gagnions et que nous partagions les richesses, mais cela devient possible dès lors que nous sommes une majorité pour le porter. Néanmoins, et d'ailleurs, je pense même que si nous ne sommes pas capables de porter un horizon mobilisateur de transformation profonde et si nous donnons trop de choses à la pensée dominante, alors notre capacité de mobilisation, ça me nuise. Il faut bien l'avoir en tête, c'est-à-dire que puisque notre capacité à transformer dépend de la mobilisation, la seule question qu'on doit se poser, c'est comment être mobilisateur sur des idées de transformation profonde.
Alors, puisqu'on parle du rassemblement national et qu'on a bien raison de se poser la question par rapport aussi à ce rassemblement national qui a pris une avance considérable dans le monde populaire, il faut se rendre compte que si le RN a pris cette avance, c'est parce qu'on lui a laissé la place.
On lui a laissé la place qui est favorisée par des politiques qui sont menées depuis 40 ans, qui ont fabriqué de la désespérance, qui ont fabriqué du déclassement, qui ont fabriqué des inégalités en masse et que le discours simpliste de l'extrême droite qui, comme l'a dit Bikaël et je partage, fonde son analyse sur vous êtes déclassé, vous êtes méprisé, eh bien, mettons dehors l'étranger, l'immigré, le musulman et à ce moment-là, vous serez vous-même valorisé dans votre identité et dans votre possibilité d'être mieux reconnu avec une autre figure aussi qui est la figure de l'assisté. L'opposition se fait énormément du côté des assistés sur le même palier.
Vous, vous travaillez dur, vous avez un petit smic un petit peu au-dessus, vous n'arrivez pas à vivre dans la dignité et en face, vous avez une famille nombreuse qui touche les allocations familiales qui ne travaillent pas, entre guillemets, parce qu'on pourrait s'interroger aussi beaucoup sur c'est quoi le travail, qu'est-ce que ça veut dire travailler, quand on fait le ménage toute la journée chez soi, est-ce qu'on travaille, est-ce qu'on fait rien, c'est comme une vraie question. Donc bon, je n'ouvre pas ce débat sur le travail puisque ça mériterait une table ronde en tant que telle, qu'est-ce qui est productif, qu'est-ce qui n'est pas productif.
La femme de ménage qui travaille et qui est payée, elle est productive, mais une femme à la maison qui fait le ménage toute la journée, elle, elle ne rentre pas dans le PIB. Donc c'est juste pour vous dire que la question du travail mériterait d'être un débat en soi. Mais l'extrême droite a trouvé ce clivage-là et ces deux clivages, assister ceux qui sont dans l'emploi, le clivage étranger, immigré versus le français bien de chez nous, eh bien, il a prospéré, il a prospéré sur notre incapacité à faire et aussi parce que quand la gauche a gouverné, elle a désespéré le monde populaire et elle n'a pas permis d'apporter des réponses concrètes pour améliorer les conditions de vie des gens.
Et le constat est accablant puisque le vote ouvrier au premier tour de la présidentielle en 1988, c'était 17 %, en 2002, c'est 23 % et en 2017, c'est 43 %. Donc il faut quand même se rendre compte que chez les ouvriers et les employés, puisque maintenant, la masse, vous le savez, c'est à peu près un quart du salariat, ce sont des ouvriers, un autre quart, ce sont des employés et les employés, maintenant, on est à 44 % aux dernières législatives d'employés qui ont voté pour l'extrême droite.
Il faut qu'on s'interroge sur comment est-ce que c'est possible que la grande masse de celles et ceux qui travaillent ne se disent pas que nous qui voulons une meilleure répartition entre le capital et le travail, nous qui voulons augmenter les salaires, nous qui voulons de meilleures conditions de travail, donner plus d'autonomie dans le travail, on ne soit pas reconnus aujourd'hui comme la voie évidente pour améliorer les conditions de vie de ces... Enfin, leurs conditions de vie. C'est pour moi l'enjeu crucial. C'est un enjeu absolument crucial.
Si on veut gagner dans le pays, on ne peut pas se passer de la masse des gens qui sont actifs et qui, aujourd'hui, ne se reconnaissent pas en nous. Donc, il faut qu'on se creuse le... Je ne sais pas comment on dit l'expression qu'on se creuse le cigare. Je ne sais pas si c'est très joli. Non, on se creuse quoi alors ? Le citron ? La tête ? Il dit... Jérôme me dit la tête. Alors, on se creuse la tête. Et c'est un vieux débat entre nous. Donc, je veux juste poser quelques éléments. C'est un vieux débat qui, notamment, nous a déchirés dans un moment sur lequel je veux revenir où un rapport d'un...
Quelqu'un qui était au Parti socialiste qui était à la tête de Terra Nova, Olivier Ferrand, peut-être certains s'en souviennent ici. C'était en 2011. Et il y avait un rapport sur comment gagner, c'est-à-dire quel public on doit mobiliser pour gagner. Et dans ce rapport, à ce moment-là, ce qui nous a déchirés, c'est-à-dire qu'il y avait d'un côté l'idée ce rapport nous appelle à abandonner la classe ouvrière. Classe ouvrière. Quand je dis classe ouvrière, maintenant, c'est les employés et les ouvriers, en gros, le prolétariat. Ou de l'autre côté, une lecture de ce rapport Terra Nova qui nous invitait à, en fait, ne pas voir que ce prolétariat contemporain, il n'a plus le visage d'antan.
Je m'explique. C'est-à-dire qu'il y a deux écueils. Soit de dire qu'il faut qu'on revienne au fondamental dur, vous voyez, les ouvriers, les employés, le rapport de classe uniquement, et on prône l'augmentation des salaires et avec ça, on est bien. Ou de l'autre côté, de dire, bon, tout ça, ce n'est plus une autre histoire. Maintenant, il faut qu'on mobilise les femmes, les immigrés, et donc, on parle d'un autre sujet que celui des salaires et du travail. Et je pense que les deux sont des impasses.
Parce que si l'on ne comprend pas que les ouvriers, les employés d'aujourd'hui, ce sont parfois des caissières de supermarchés qui sont aussi des femmes qui subissent donc le sexisme, qui ont les problèmes des rythmes de vie, ou que ce sont des immigrés qui travaillent dans le bâtiment, qui peuvent avoir aussi des problèmes de papier, d'exploitation liés à leurs conditions, etc., je pense qu'on passe à côté du sujet. Et donc, il faut qu'on ait des croisements de problématiques telles qu'on ne l'a peut-être jamais fait.
Et non pas une alternative entre, soit on revient à l'ancienne, à la lutte des classes pures et dures, soit on ne s'intéresse plus qu'à des questions prétendument sociétales, mais qui en fait sont sociales et en fait s'articulent à des questions sociales. Et la réponse, elle ne peut être que dans ce mixte-là. Et de la même manière, c'est le deuxième écueil que je voudrais pointer, c'est qu'on a un problème d'imaginaire. On parle, tu parlais tout à l'heure de pouvoir d'achat. Mais le pouvoir d'achat, pour moi, ne peut pas être une fin en soi et un imaginaire de gauche. Déjà parce qu'il y a le mot pouvoir, je ne suis pas très fan, mais surtout parce qu'il y a la question de l'achat.
Et la société qu'on veut promouvoir n'est pas une société de consommation où l'idéal que nous voulons apporter, c'est celui de consommer. Donc tout ne se règle pas dans la question des prix et la question du salaire. Les gens doivent pouvoir vivre dans la dignité. Vivre dans la dignité, ça veut dire avoir un logement. Avoir un logement, ça ne passe pas simplement par pouvoir se le payer. Ça passe aussi par une politique offensive pour qu'on ait des logements sociaux ou de tout type de logement, d'aide sur le terrain du logement qui fait que la pression sur l'ensemble de ce qu'on a à payer, de nos factures, s'allège. La même chose sur l'école.
si on a une école gratuite, on abaisse la pression. Si on peut aller au cinéma ou faire des activités culturelles pour des prix qui sont des prix corrects, si on n'a pas besoin de dépenser des fortunes pour se soigner, pour trouver un dentiste, pour etc., eh bien tout ça fait abaisser. Vous voyez, ça fait abaisser. Donc la question pour moi des services publics, elle est fondamentale parce que quand les services publics dépérissent ou quand ils sont absents de certains territoires, alors le pouvoir vivre dans la dignité baisse. Et notamment pour ceux qui sont dans les territoires qui sont désertés, désertés par les services publics mais aussi qui ont subi la désindustrialisation.
Et donc prendre seulement la question des salaires, elle est très importante, que les choses soient claires. Je suis pour l'augmentation des salaires. Mais on ne peut pas être uniquement sur ça et que la question des services publics, elle est fédératrice et à mon avis, c'est une des réponses fondamentales. Il y en a deux face au RN. Il y a deux axes pour répondre au RN. Le premier, c'est de reparler du travail et pas simplement du statut, pas simplement des salaires mais aussi dans l'emploi, ce qui se passe. Il y a une perte d'autonomie.
Les gens, il y a des études maintenant sociologiques qui donnent à voir que moins vous êtes autonome dans votre travail, plus vous êtes, enfin, vous votez pour l'extrême droite. Et cette question de votre statut dans l'emploi, il est très important. Vous avez des gens qui perdent du sens dans leur travail avec le sentiment de ne plus être autonome, de ne plus agir par soi-même, d'être dans un management qui est un management très brutal qui fait perdre du sens. C'est la sous-traitance. Vous connaissez tout cela par cœur. Mais donc, il faut qu'on soit capable d'apporter des solutions. La démocratie dans l'entreprise est une clé aussi pour lutter contre l'extrême droite.
Donc parlons du travail, pas simplement du statut et du revenu, mais aussi de comment on est dans l'emploi et comment on peut être reconnu dans son emploi. Ça passe par le salaire, mais ça passe aussi par d'autres choses. Et deuxième axe, pour moi, c'est les services publics parce que l'égalité, historiquement, à gauche, on a pensé l'égalité sociale. Mais ce qu'on n'a pas pensé et ce qui nous pète à la gueule aujourd'hui, c'est l'égalité entre les territoires. Et cette question de l'égalité entre les territoires, elle est fondamentale. Fondamentale.
Quiconque se représente ce que c'est que la vie dans une sous-préfecture, aujourd'hui, je parlais du dentiste, mais quand on a, c'est pas simplement qu'il faut six mois pour avoir un rendez-vous chez le dentiste, parfois, il n'y a pas. Le dentiste ne prend même plus. Il est loin et il ne prend même plus le rendez-vous. Donc quand vous êtes dans cette situation où on a l'impression de ne plus vivre dans cette République, eh bien la question des services publics, elle est essentielle, essentielle France Ensemble.
Et donc c'est pourquoi je dis qu'on a ces deux piliers, ces deux piliers, il faut se les prendre, il faut les remouliner avec tout l'apport du XXe siècle sur le féminisme, l'antiracisme et l'écologie et recréer un imaginaire qui ne soit pas que la réplique du temps ancien, mais qui nous projette vers une société qui est une société désirable et qui est une société qui corresponde à ce que nous avons à faire comme logique antiproductiviste et de partage des richesses pour le XXIe siècle.
Merci Clémentine, encore une fois, intervention très complète qui me fait penser à beaucoup de choses.
Je me permets juste une incise parce que tu as évoqué la note Terra Nova, dire que le Parti Socialiste a fait effectivement beaucoup de chemin depuis et qu'on a lancé il y a un an une convention qui s'appelait la Convention Retrouvons le Peuple, donc convention classe populaire que j'ai animée entre autres et on s'est sans doute vu dans vos fédérations pour en discuter et il sortait je suis vraiment très en accord avec ce que tu as dit sur le clivage sociétal social c'est à dire qu'on ne tombe pas dans un faux débat effectivement cette note et on a reçu on ne peut plus recevoir Olivier Ferrand qui n'est plus parmi nous mais on a reçu Thierry Pech qui est l'actuel directeur de Fondation Terra Nova avec qui on a échangé sur un temps animé qui avait été diffusé en ligne qui effectivement revenait sur les écueils de cette note ce qu'il avait voulu dire et pas dire donc c'est assez intéressant de plus de 10 ans après analyser ce qui n'avait pas fonctionné et dire qu'aujourd'hui il ne faut pas retourner dans l'inverse c'est à dire le social pur parce qu'il y a aussi ce clivage qui existe à gauche et on l'a vu récemment pas mal d'élus disent oui mais on a fait trop de sociétales revenons au social pur le travail mais tout est lié et l'analyse que tu portes qui est intersectionnelle et je lance le mot aussi pour susciter du débat au sens sociologique du terme c'est à dire que les inégalités se superposent et au final l'égalité territoriale peut aussi se superposer avec une égalité raciale ou de genre il est important qu'on ait l'ensemble du spectre des inégalités dans notre objectif et qu'on ne se dise pas voilà revenons à la lutte des classes pures parce que ce n'est pas non plus la solution aujourd'hui aux évolutions de société et convention d'ailleurs je précise continue elle n'a pas encore eu de conclusion donc on va la relancer très bientôt parce qu'elle avait suscité beaucoup de débats et comment on se réintéresse aux travailleurs au monde du travail sans avoir un peu un prisme extérieur et avoir l'air un peu de surplomber l'ensemble Yann Grossat je me tourne vers toi donc Yann désormais sénateur de Paris tu as longtemps été adjoint à la maire de Paris j'en profite pour excuser l'ami Aïllarache qui effectivement devait être parmi nous qui a eu un empêchement qui aussi est l'oeuvre auprès d'Anne Hidalgo tu as eu un bilan assez remarquable en matière de logement logement social et j'en profite pour faire la transition à ce que disait Clémentine le travail c'est pas que le salaire pur nous on propose et on y reviendra sans doute dans le programme du nouveau front populaire d'augmenter le SMIC à 1600 euros déjà rien que la question du salaire pur c'est pas seulement le SMIC parce que je rappelle qu'il y a aussi toute une gamme de salariés intermédiaires qui eux aussi ont besoin de voir leur salaire revalorisé pour revaloriser le travail en lui-même mais ce qu'on appelle le travail du pouvoir d'achat c'est pas que ça c'est aussi les conditions matérielles d'existence pour permettre aux travailleurs de pouvoir tout simplement rentrer chez soi avoir un logement digne avoir des conditions de vie dignes et que le travail ne soit pas un retour en fait au travail à la tâche très pénible et que cette pénibilité là soit aussi prise en compte dans l'ensemble des conditions de vie donc je me tourne vers toi avec aussi une question que je lance un peu exprès aussi pour citer le débat moi en tant qu'élu et militant de gauche j'ai une crainte ma crainte c'est de dire imaginons demain Emmanuel Macron met fin à cette anomalie démocratique il se réveille et il dit oui c'est vrai après tout le NSP est arrivé en tête je vais nommer Lucie Casté imaginons monde normal en fait monde normal monde démocratique ce qui aurait dû se passer que fait le gouvernement du NFP pour répondre à l'attente aux promesses qu'il a suscité à travers son programme qui est un programme économique ambitieux sans risquer la déception puisque on l'a vu lors des expériences gouvernementales précédentes il y a une forte attente économique et sociale envers la gauche on a un programme qui effectivement va au delà peut-être de ce qu'on a pu dire ou faire ces dix dernières années comment on fait pour faire ce qu'on dit et pour ne pas décevoir
d'abord merci merci à toi bonjour à toutes et à tous et je suis très très heureux de pouvoir venir pour la première fois à votre université d'été à Blois je voudrais commencer par dire une chose parce que c'est peut-être un sentiment qu'un certain nombre de gens partagent en cette rentrée on pourrait se dire en cette fin du mois d'août après la claque il faut bien le dire que nous a mis le président de la république en refusant de nommer Lucie Casté on pourrait se dire au fond tout ce que nous avons fait depuis le mois de juin nous l'avons fait pour rien on pourrait avoir cette tentation là je pense qu'il ne faut surtout pas céder à cette tentation et ce que nous avons fait ensemble à l'occasion des élections législatives est en réalité extrêmement utile parce que si nous n'avions pas construit le nouveau front populaire si nous n'avions pas été capables de nous présenter unis devant les électrices et les électeurs au mois de juin si nous n'avions pas fait tout ça on aurait eu barder la première ministre et que c'est donc notre unité c'est le rassemblement qu'on a été capable de construire en un temps absolument record qui nous a permis d'écarter ce danger là qui est un danger mortel pour la république c'est la première chose que je voulais dire parce que évidemment que dans le contexte qu'on connait en ce moment même il peut y avoir un peu d'abattement et donc c'est ce qui nous a permis d'éviter cette perspective sinistre pour notre pays c'est la première chose la deuxième c'est que malgré tout et tu as raison de le dire et Clémentine l'a dit aussi on peut encore faire à l'évidence mieux pour reprendre la formule de quelqu'un et il y a une chose moi qui m'a énormément frappé et qui me conduit à réfléchir encore maintenant je passais quelques heures à Saint-Amand-les-Eaux pendant la campagne des législatives je faisais la campagne de Fabien Roussel et on faisait du porte-à-porte à Saint-Amand la circonscription qui vous le savez est passée dès le premier tour à l'extrême droite alors qu'elle était communiste depuis 1962 que disaient les gens quand ils ouvraient ils disaient pas vous êtes méchants ils disaient pas on vous aime pas ils aimaient tous Fabien puis il avait rendu des services à tout le monde mais la phrase qui revenait tout le temps c'était on vous aime bien mais faut quand même que ça change ça c'est quand même une question énorme qui se pose à nous Clémentine l'a abordé d'ailleurs qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui quand on a envie que ça change alors pas tout le monde heureusement mais quand on a envie que ça change quand on a envie de tourner la page des sept années de Macronie qu'on a vécu et sans doute des politiques menées depuis plusieurs dizaines d'années le vote évident c'est le vote pour le rassemblement national et c'est d'autant plus paradoxal qu'en l'occurrence le député sortant il était pas de la majorité il était député d'opposition de gauche et malgré tout pas partout heureusement mais dans bon nombre d'endroits le vote qui permet d'exprimer la nécessité que ça change c'est le vote pour l'extrême droite nous on sait que c'est une arnaque monumentale parce que nous nous savons ce que le rassemblement national a voté à l'assemblée nous nous savons que le rassemblement national ne propose pas d'augmentation de salaire mais en réalité des baisses de cotisations sociales rebaptisées baisses de charges sociales en lieu et place d'augmentation de salaire nous on sait que le rassemblement national n'est pas favorable au rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune nous on sait tout ça mais en réalité même en dénonçant tous ces éléments là on n'arrive pas pour l'instant à convaincre les un peu plus de 30% des lecteurs les 11 millions des lecteurs qui glissent un bulletin de vote pour le RN alors comment on s'y prend je me garderais bien d'avoir des recettes toutes faites moi il me semble qu'il y a deux éléments fondamentaux d'abord continuer inlassablement à dénoncer l'imposture ça oui au passage d'ailleurs quand même je pense qu'on l'a pas assez dénoncé enfin le numéro de claquette de Le Pen et Bardella qui sortent de l'Elysée en expliquant qu'ils censureront tout gouvernement de gauche mais épargneront un gouvernement qui continuerait la politique menée depuis 7 ans c'est quand même extraordinaire on ne l'a pas assez dit et la complicité de la Macronie là dedans c'est aussi quelque chose de proprement ahurissant parce que les mêmes macronistes qui ont sauvé leurs députés grâce au front républicain s'apprêtent à sauver leurs ministres grâce à la neutralité du rassemblement national enfin quand même la duplicité de ces gens éclatent au grand jour donc continuer inlassablement à dénoncer l'imposture sociale du RN ça oui mais la vraie question à mon sens si nous voulons faire reculer le rassemblement national c'est comment nous apparaissons nous et je mets l'ensemble des composantes de la gauche ensemble comme la force qui permet le changement comme la force qui permet au monde du travail de relever la tête à ceux qui travaillent et veulent pouvoir vivre de leur travail à ceux qui ont travaillé toute leur vie et veulent pouvoir vivre de leur retraite à ceux qui ne travaillent pas et aimeraient pouvoir accéder à l'emploi et comment on arrive à unir tout ce monde là et je partage ce qu'a dit Clémentine sur la nécessité de ne pas opposer le social et le sociétal néanmoins ce qui est frappant dans le débat public je pense qu'on sera d'accord là dessus c'est que il est extrêmement rare que la question sociale anime le débat public le débat public est saturé par des polémiques lancées par l'extrême droite sur les enjeux sociétaux mais la question sociale est très rarement au coeur du débat ça a été le cas pendant le débat des retraites ça oui mais ça arrive dans des moments qui sont finalement assez peu fréquents et donc la question pour moi c'est comment nous arrivons à reprendre l'offensive et sur la question sociale et sur la question sociétale en ne subissant plus les débats lancés en permanence par l'extrême droite et par les identitaires qui polluent totalement l'espace médiatique et il me semble que c'est de cette manière là en faisant valoir nos propositions que nous arriverons à reprendre la main et à unir tous ceux que nous souhaitons rassembler dans la perspective de changement que nous appelons de nos voeux c'est évidemment beaucoup de boulot mais il me semble que la condition pas suffisante mais nécessaire pour y arriver c'est de poursuivre notre union parce que si nous décidions de repartir chacun de notre côté je pense que nous ne serions même plus audibles pour être audibles il faut être unis ce qui ne veut pas dire que l'unité soit une condition suffisante mais c'est une condition nécessaire et en tout cas je pense que cette campagne nous a montré qu'ensemble nous sommes capables de faire de belles choses voilà en tout cas ça donne envie de continuer
merci Yann ce que tu as dit sur Saint-Amand-les-Eaux me frappe particulièrement c'est vrai que chez nous mais comme dans d'autres régions c'était une campagne particulièrement difficile avec des députés très reconnus très implantés tu as cité Fabien il y en a eu d'autres aussi et dès le premier tour sur les secteurs entiers du bassin milieu Nord-Pas-de-Calais le coup près est tombé c'est vrai que face à ça on a aussi ce sentiment d'impuissance je vois des camarades des Hauts-de-France dans la salle et vous dire que ce genre de moment d'échange sert aussi à nous à nous ressourcer à repartir au combat de plus belle parce qu'on va avoir besoin de cette énergie pour éventuellement la prochaine dissolution s'il y en a une d'ici 2027 mais surtout la mère des batailles qui sera l'élection présidentielle et je suis très en accord aussi avec ce que tu dis sur la droitisation du débat public il y a Vincent Tibéry qui est sociologue politiste qui vient de sortir un livre je pense qu'on va essayer de l'inviter au PS moi j'apprécie aussi par ailleurs pour ses analyses assez pertinentes on va l'inviter dans le cadre des débats qu'on fait sur la lutte contre extrême droite que j'anime avec Ninoué Descamps son analyse est très simple en fait il n'y a pas de droitisation de la société au contraire elle a été de plus en plus tolérante c'est les baromètres la scène des CH qui le montre très bien la nouvelle génération est très ouverte il y a plus de formation il y a plus d'ouverture mais il y a une droitisation du débat qui nous donne l'impression nous à gauche d'être enfermés en fait d'être piégés et quand on voit les camarades vous les voyez nos porte-parole nos députés toute la gauche présents sur les plateaux télé présents dans les radios qui se font sans cesse rabrouer ou revenir sans cesse à la question ethnique ou la question de l'assistanat c'est très difficile pour la gauche d'imposer ces sujets et je pense que c'est effectivement là un débat après l'union qui est une méthode qu'on défend ici comment on arrive à reprendre le dessus d'un point de vue simplement des sujets qu'on met à l'agenda je pense que c'est primordial si on veut gagner cette bataille là Muriel je veux tout vers toi donc Muriel Rouen députée européenne tu as aussi longtemps été maire tu as aussi une expérience d'élu local tu es resté d'ailleurs conseillère municipale attachée à ta commune peut-être dire comme on est aussi face au final un ennemi commun qui se rejoint sur sa détestation des travailleurs qui est d'un côté la Macronie à droite libérale et de l'autre l'extrême droite qui comme tu l'as rappelé Yann ne prend aucune mesure on le voit dans ses votes à l'Assemblée nationale aussi dans les collectivités pour les travailleurs peut-être dire en quoi ces deux camps là se rejoignent sur le fait qu'ils utilisent le travail comme un vecteur de division le travailleur contre l'assisté l'assisté contre l'immigré et peut-être aussi dresser un peu un tableau de ce que nous on fait déjà une socialiste aussi en responsabilité comme mesure qui permet aussi de changer la vie parce qu'il faut que ça change et il faut qu'on voit que le changement vient de la gauche et je pense que c'est là une des priorités si on veut être audible sur le sujet
merci bonjour à toutes et à tous oui donc je vais reprendre aussi un peu un champ un champ un peu plus haut même si beaucoup de choses ont été dites dans les différentes interventions mais effectivement la question du travail le sujet du travail est traité et par Emmanuel Macron et bien sûr par le Rassemblement National comme un sujet de division entre les Français plus éloigné de nous on se souviendra des propos et de ce que Nicolas Sarkozy avait mis en place en 2007 dans son travailler plus pour gagner plus qui a divisé les Français en son temps et puis plus proche de nous les propos aussi d'Emmanuel Macron sur le fait qu'il n'y avait qu'à traverser la rue pour trouver du travail si les choses étaient si simples je pense que nous n'aurions peut-être pas ce sujet du travail dans cette plénière seulement voilà et on le sait toutes et tous il y a un grand nombre d'études qui disent que le travail est un élément essentiel pour favoriser l'émancipation pour faire société c'est pour ça que nous femmes et hommes de gauche nous devons travailler à des propositions continuer les progrès sociaux qui ont été menées sur la question du travail depuis longtemps et dans la continuité dans l'évolution de la société pour ce qui me concerne moi je pense que la réponse elle est contre le contre le rassemblement national elle est sociale et que ça passe aussi par le travail qui ne doit pas être un élément de division entre les Français et parmi les choses qui sont déjà en place ou qu'on pourrait continuer à travailler et à accentuer il y a bien sûr la question du travail sur l'égalité salariale et le fait d'orienter les jeunes femmes dans les bonnes filières et ne pas sectoriser comme c'est un peu l'habitude et la manière de faire depuis des décennies maintenant un des objectifs aussi et un des axes de travail qu'on pourrait continuer à mener c'est de renforcer le travail mené contre les trappes de pauvreté par exemple on sait c'est une réalité que à l'issue d'un divorce 20% des femmes tombent dans la pauvreté et puis sur la question des retraites les femmes sont aussi défavorisées quand elles sont à la retraite en termes de rémunération donc là aussi il y a quelque chose à contrebalancer et il y a quelque chose à travailler de manière un peu plus générale il faut aussi parce qu'on le sait et je pense que tous ceux qui travaillent ici le savent il faut aussi augmenter le nombre de négociations au niveau des branches il y en a deux par an est-ce que c'est suffisant à mon sens non il faudrait vraiment arriver à continuer ce travail et à faire en sorte que les discussions la société évolue les difficultés des travailleurs évoluent donc il faut arriver aussi à adapter les négociations de branches de manière plus plus régulière et plus fréquente et puis il y a aussi un élément fondamental ce qui est d'accroître la lutte contre le travail dissimulé on n'en a pas beaucoup parlé mais ça fait aussi partie des sujets qui créent cette cette cette division et cette rivalité entre entre les entre les travailleurs et puis vous l'avez sûrement entendu mais il y a un travail qui a été fait au niveau de l'union européenne qui a été porté par Aurore Laluc députée européenne sur la défense des travailleurs des plateformes qu'il faut là aussi continuer à mener alors le travail est lancé au niveau européen mais il faut maintenant le répercuter au niveau national quelques mots sur le sur le pouvoir d'achat il y a un sujet fiscalité je pense qu'il faut aussi retravailler retravailler sur un ISF qui soit un impôt sur les fortunes qui puisse permettre aussi d'être partagé et de mieux contribuer au soutien des travailleurs et puis continuer aussi le travail sur le la minimisation des coûts de l'énergie pour les pour les foyers les plus les plus défavorisés et puis dans les choses aussi qui sont déjà en place alors sur un territoire que je connais bien puisque je suis élue comme tu le disais Sarah dans une commune du Rhône qui fait partie de la métropole de Lyon qui a mis en place l'encadrement des loyers pour les jeunes notamment ça fonctionne plutôt bien donc ça fait partie aussi des mesures qu'il faut continuer à travailler et à mettre en place sur les autres territoires et pour conclure ce premier propos honnêtement et je le disais tout à l'heure le travail doit être porté de manière sociale puisque c'est c'est vraiment par ce biais qu'on arrivera aussi à contrer les idées populistes et à faire en sorte que les français arrêtent de s'opposer par le sujet du travail qui doit au contraire être un élément de valorisation dans la société et de faire en sorte que les gens vivent mieux et vivent bien dans leur travail
Merci Muriel et pour terminer ce tour de table introductif et je vois que chacun respecte son temps de parole donc c'est bien après vous aurez la parole vous pourrez réagir à interpeller on a encore une heure d'échange donc ça peut que relancer le débat je me tourne vers toi Jérôme donc Jérôme Sadier tu es effectivement aujourd'hui co-animateur avec Chloé Riedel du groupe d'experts du parti socialiste aussi investi politiquement dans la Nièvre d'autres casquettes effectivement que tu présenteras on a un peu ce discours qui est récurrent dans le débat public à savoir si le RN en est là c'est parce que la gauche a abandonné la question du travail et des travailleurs c'est la gauche qui aujourd'hui ne parle plus aux classes populaires moi je crains un peu que ce discours soit un peu comment dire auto-performatif c'est à dire qu'on nourrit nous-mêmes aussi l'auto-flagellation contre la gauche qui ne parle plus alors que moi depuis que je suis en tout cas dans le secrétaire national de ce parti c'est quand même des sujets qu'on essaye de se réapproprier mais est-ce qu'il y a un peu de vrai dans la manière plutôt dont les cases populaires nous perçoivent à savoir une gauche qui s'adresse plus à leurs préoccupations qui ne prend plus en compte les difficultés sociales qui s'est un peu déconnecté on parle aussi de gauche des métropoles est-ce que c'est pas justement à nous de mener cette bataille pour retrouver le vote des travailleurs
merci Sarah et bonjour à tous alors l'avantage d'arriver en dernier c'est qu'on a écouté tout le monde d'avoir pris plein de notes et de ne plus pouvoir relire du tout ces notes mais cela dit je suis tellement d'accord avec la quasi totalité de ce qui a été dit ça va me permettre de passer à notre exercice mais écoutez je vais partir de ce qu'il a dit tout à l'heure sur le travail qui a été fait en urgence et pour cause pour constituer le nouveau populaire et son programme qui était plus qu'un programme de résistance qui allait un peu au-delà qui à certains égards peut-être encore approfondi mais qui commence je crois à apporter quelques messages essentiels mais au-delà du programme je pense qu'il faut aller maintenant sur la vision ça rejoint la question de l'imaginaire qui évoquait tout à l'heure moi je pense qu'il faut repositionner cette question du travail comme l'histoire d'un contrat social le travail c'est un ensemble de droits de devoirs de lois de négociations d'engagement réciproque et c'est dès lors que ces engagements sont rompus souvent de manière unilatérale de manière juridique symbolique etc qu'on n'arrive plus à se faire entendre ou à s'entendre sur ce qu'est réellement la question du travail et c'est finalement ce qui je crois caractérise quelques dizaines d'années maintenant d'évolution dramatique c'est qu'en fait le travail conçu comme cette somme d'engagement réciproque que ce soit le dégocier ou que ce soit imposé par la loi ou par des conventions de branches tout ce qu'on veut etc il y a quand même tellement de coups de canif en fait dans le contrat c'est qu'aujourd'hui il est difficile de se mettre d'accord sur ce que représente le travail pour chacun ce qui est assez clair c'est que ce contrat social a été largement détricoté et attaqué par la droite encore aujourd'hui si on considère que nous avons un gouvernement de droite ce qui est mon cas les lettres les fameuses lettres plafond envoyées au ministre des missionnaires depuis 46 jours 47 comment dire annonce 3 milliards prédits en moins pour public en faveur du travail ce qui est quand même pas tout à fait anodin et qui va porter sur ce genre de dispositifs il faut aussi reconnaître que ce contrat a été fragilisé par la gauche parfois de manière intentionnelle mais peut-être avec des bonnes intentions je ne veux pas débattre de ça aujourd'hui quant au lien qu'il fallait faire entre la compétitivité des entreprises et le côté comment dire protecteur du contrat de travail et aussi peut-être par comment dire une nécessité de se mettre dans le contexte du chômage de masse de masse pardon avec finalement une capacité à parler beaucoup plus d'emploi quantitativement que de travail qualitativement et il me semble que là-dessus on a perdu en fait en portée de l'imaginaire aux partis socialistes et c'est vrai que le rassemblement national s'est engouffré dans la brèche et aujourd'hui ça pèse sur une grande partie de l'électorat populaire comme Clémentine l'a rappelé tout à l'heure que ce soit chez ceux qui sont qualifiés d'ouvriers ou d'employés et je pense qu'il y a très peu de différence à vrai dire dans la façon dont on se vit quotidiennement quand on est ouvrier ou employé que ce soit dans des zones urbaines ou dans des zones rurales dont on oublie qu'elles sont d'abord constituées d'ouvriers et d'employés pas d'agriculteurs il faut que j'y vis effectivement de la Nièvre pour le coup et donc en fait ce sentiment d'abandon a été repris par le rassemblement national qui prétend aujourd'hui défendre la France qui bosse et ça semble marcher dans le discours je pense ce serait plus compliqué s'ils avaient les responsabilités du pouvoir mais comme je ne suis pas partisan d'essayer je pense qu'il faut essayer de les contrer différemment alors ce contrat social bon on est ici au parti socialiste et moi je suis indécrottablement socialiste depuis 35 ans donc j'aime dire qu'il doit beaucoup au parti socialiste et à son action quand même depuis des dizaines d'années fort heureusement en lien avec les luttes sociales les organisations qui les portent mais je crois qu'il faut effectivement se réinterroger aujourd'hui sur ce que nous pouvons porter autour de la question du travail je parle aux socialistes qui n'excluent en rien ceux qui ne sont pas adhérents du parti socialiste bien évidemment et quitte à choquer quelques oreilles moi je plaide pour un nouveau travaillisme à la française en fait alors je ne prétends pas dire qu'il faut s'aligner sur la ligne politique des travaillistes anglais en tout cas ça dépend de quelle période mais pour autant remettre la question du travail au centre de nos enjeux c'est assumer une posture c'est prendre le parti de ceux qui travaillent qui ont besoin d'un emploi pour vivre qui ne sont pas du côté de la rente et qui pensent que c'est leur travail qui va continuer une partie de leur existence qui est non négligeable voilà pas toute leur existence mais une partie de leur existence je pense qu'il faut l'assumer et l'assumer avec des mots simples je vais résumer mon affaire de manière très caricaturale pour moi le travail doit payer une expression populaire il doit payer en salaire bien sûr alors pas qu'en salaire c'est peut-être d'ailleurs en Suède qu'il faut qu'on discute un peu différemment seulement sous l'angle de l'augmentation du SMIC qui n'est pas sans poser quelques difficultés par ailleurs je suis un peu chef d'entreprise donc je vois bien ce que ça peut poser comme difficulté y compris dans le monde associatif par exemple où je vous le dis franchement l'augmentation du SMIC à 1600 euros c'est pas sans poser quelques difficultés majeures à vrai dire donc sans accompagnement ce n'est pas possible et dans d'autres entreprises où les salaires sont indexés sur le SMIC quand vous payez à 120% du SMIC c'est à dire qu'en fait tout est bouleversé donc sans mesure d'accompagnement c'est un petit peu plus compliqué que ça bref peu importe mais en tout cas le salaire le salaire est l'une des composantes du fait que le travail doit payer mais le travail doit payer aussi nos droits c'est à dire non seulement ce qui fait qu'on est payé aujourd'hui mais qu'on sera payé demain quand on sera à la retraite ce qui fait qu'on est payé quand on est malade c'est pas si vieux que ça je veux quand même rappeler que le travail paye aussi quand on est malade en fait et ça c'est de l'action concrète et puis il doit payer aussi en matière de formation et il doit payer aussi ou contribuer en tout cas à payer notre émancipation par rapport à nos conditions sociales d'origine et par rapport au seul travail c'est un peu tout le paradoxe ça ne veut pas dire que le salaire doit tout porter mais néanmoins le travail doit payer et je pense que c'est un message qui est essentiel pour nous parce que là encore je continue de parler en tant que socialiste pour le coup on ne peut pas se dire socialiste si on ne considère pas par principe que la question sociale matrice une bonne partie de ce que nous devons défendre aux côtés de ceux qui ont besoin de nous et besoin de nous parce qu'en fait évidemment dans cette problématique il n'y a pas que des gens égaux face à face je ne vais pas faire un marxisme à deux balles donc je vais éviter de parler de la façon dont on vend sa force de travail parce que par ailleurs je ne me définis pas tout à fait comme marxiste mais néanmoins il y a quand même des rapports de travail qui ne sont pas égalitaires et quand on est tout seul on se trouve démuni par rapport à celui ou celle qui a besoin de notre force de travail c'est l'action des syndicats qui est essentielle de ce point de vue là mais l'action des syndicats ne suffit pas d'abord parce qu'ils ne sont pas aussi forts qu'ils le devraient pas toujours aussi unis qu'ils le pourraient et parce qu'il y a politiquement aussi besoin de relais pour aller à côté de ceux qui ont besoin qu'on les accompagne dans ce rapport de force qui peut être de la négociation c'est pas de la confrontation nécessairement mais faire en sorte en tout cas que les gens ne se trouvent pas démunis se sentent collectivement soutenus et pour permettre aussi parce que c'est notre aussi là notre ligne d'action depuis toujours faire en sorte que l'entreprise l'économie en général ne soit pas dépourvue de démocratie il n'y a pas de frontières étanches dans tout ça être socialiste c'est traiter la question sociale mais je rejoins Clémentine quand elle évoquait le fait qu'il n'y a pas d'un côté la question sociale et d'autre côté des questions dites sociétales aujourd'hui personne ne peut penser que tout s'organise en termes de rapports de classe extrêmement uniformes que tout le monde a conscience de faire partie quand on est ouvrier employé de la même classe de vivre exactement tous de la même façon où qu'on vive quelle que soit notre cellule familiale quelle que soit nos origines quel que soit le territoire dans lequel on vit etc donc il faut aider à avoir un discours qui n'oppose pas l'un à l'autre et qui articule bien évidemment les deux c'est le rôle d'organisation politique que de faire ce travail beaucoup plus que d'organisation de la société civile qui ont parfois plus tendance à être sur une donnée ou un aspect des choses et c'est pas une critique du tout à vrai dire et c'est à nous d'articuler tout ça notre travail aussi c'est précisément de montrer que le travail change il ne faut pas non plus faire comme si le monde du travail n'avait pas changé que la question de la technologie la question de la façon dont on dont on a depuis quelques années maintenant quelques dizaines d'années fait ou laissé faire la financiarisation du monde économique et de l'entreprise en particulier malgré le fait d'avoir eu des avancées en termes de gouvernance d'entreprise nous sommes aujourd'hui plutôt en recul donc il faut aussi accompagner tout ça par le fait que l'entreprise est un champ dans lequel nous devons investir et pas simplement attendre au passage d'avoir des ressources du gouvernement moi je suis pour d'avoir les ressources enfin je ne dis pas ça pour moi de manière plus générale d'avoir les ressources du gouvernement dès qu'on peut le faire il faut le faire mais on ne peut pas s'arrêter entre deux périodes pendant lesquelles on va gouverner à vrai dire donc en fait les sujets ils continuent beaucoup de français qui attendent moins du gouvernement que ce qui se passe sur le lieu de travail à vrai dire et donc c'est à leur côté qu'il faut être et je pense que c'est aussi l'une des questions qui feront qu'on sera peut-être un peu mieux entendu plutôt que d'attendre les grands moments électoraux ce qui ne veut pas dire qu'il faut ne pas préparer les grands rendez-vous électoraux bien sûr parmi les derniers aspects que je voulais évoquer il y a le fait qu'il faut aussi qu'on arrive à dégoupiller le débat caricatural sur la cistana et la valeur travail moi je suis fier de la filiation des lumières et il se trouve j'ai la chance d'avoir dans mon bureau une encyclopédie de Diderot et d'Alembert avec ces magnifiques planches qui évoquent tous les métiers de l'époque qui les évoquent graphiquement avec les outils de travail et aussi avec ce que sous-tend chaque métier ce à quoi il sert en fait et je pense qu'il faut rester attaché au fait qu'avoir un métier qui d'ailleurs a plusieurs sens dans ce mot y compris un outil de travail en tant que tel il y a la dignité il y a non seulement la nécessité c'est d'ailleurs ce que disent les encyclopédistes il y a une nécessité à avoir un métier et il y a de la dignité derrière moi je regrette parfois qu'on se soit un peu perdu à gauche dans des débats qui ne sont pas forcément liés à l'RTT par ailleurs mais à la dévalorisation de ce que doit apporter le travail en termes de symbolique l'immense partie des gens de ce pays sont fiers de leur travail en fait ils souffrent d'un problème de reconnaissance une condition de travail bien évidemment pas toujours assez bien payé bien sûr mais ils sont la plupart du temps fiers de leur métier quel qu'il soit il n'y a pas de saut métier comme dit la sagesse populaire la question c'est est-ce qu'il est suffisamment reconnu ce métier et derrière aussi les trucs un peu nouveaux dans le management un truc à la mode sur le sens au travail etc qui peut être totalement du bullshit par ailleurs je préfère la reconnaissance qui embarque la question du sens parce que ça sera d'abord du sens individuel et qui peut embarquer le sens collectif derrière plutôt que de se laisser noyer dans les phénomènes de management et si la droite comme l'extrême droite d'ailleurs ont fait en sorte de parler beaucoup de valeur du travail c'est essentiellement pour ne pas avoir à parler de la répartition de la valeur économique créée par l'entreprise c'est une manoeuvre de diversion ça sera encore trop gentil je pense mais c'est surtout une volonté évidemment de ne pas remettre en question la façon dont on redistribue ce qui est créé et moi j'ai essayé avec d'autres casquettes dans l'économie sociale et solidaire justement de porter ce débat là parce que dans l'économie sociale et solidaire précisément comme on ne rémunère pas d'actionnaires on ne rémunère pas de capital généralement très très peu on va dire dans quelques cas de figure mais c'est très rare en fait la valeur créée elle est d'abord au profit du collectif que ce soit celui des adhérents bénéficiaires et des salariés pardon évidemment dans le monde de l'économie capitaliste et je pense que parfois c'est bien de parler avec les vrais mots l'économie capitaliste ça existe en fait c'est pas un truc qui est passé curieusement dans le discours politique on ne le dit plus en fait c'est par je sais plus comment on dit par euphémisme qu'on parle aujourd'hui et donc pour finir il y a que le travail nous unit dans une société il nous définit même à certains égards d'ailleurs même les registres d'état civil vous demandent en fait ce que vous faites vous pouvez à vrai dire raconter ce que vous voulez mais néanmoins il nous définit quand vous avez affaire avec des états civils vous vous mariez vous déclarer vos professions et donc c'est bien que quelque part ça a un intérêt en fait donc je vois pourquoi ça aurait autant d'intérêt dans plein d'aspects de la vie et qu'en politique on le mettrait un peu derrière et ça nous unit parce qu'en fait dans nos rapports sociaux assez souvent quand vous rencontrez quelqu'un pour la première fois c'est pas la première question mais ça arrive assez vite vers la deuxième ou la troisième question et qu'est-ce que tu fais dans la vie donc il faut quand même qu'on arrive à comprendre que pour plein de gens c'est une façon de se présenter et ça ramène à la question de la reconnaissance j'en finis vraiment par là dernier point parce que c'était lié au discours de la droite et de l'extrême droite il ne faut pas opposer les travailleurs entre eux et il faut je pense être extrêmement ferme pour sur le débat sur la cistana etc et d'ailleurs il y a une partie du travail et des travailleurs de ce pays qui sont dans le travail social et moi je pense qu'il faut les défendre en permanence parce qu'ils ne font pas que réparer d'ailleurs ils sont là pour la cohésion sociale de notre pays je remercie je suis un peu télégraphique je suis désolé et de faire attention à ne pas choisir les intégrer contre ceux qui ne le sont pas trop François Ruffin dit justement d'ailleurs qu'il ne faut jamais oublier l'autre moitié du monde et je crois que si on a à nouveau un travail pardon un imaginaire un discours politique unificateur basé sur la question du travail pas que je pense qu'on a plein d'autres raisons d'être définis pour ce qu'on est au delà de notre travail là on s'est un débat sur le travail donc j'en parle mais j'avais un petit hommage à Sarah ou un clin d'oeil mais pour prendre un grand auteur célèbre Pierre Bachelet ils aimaient leur métier comme on aime un pays et je pense que ça fait partie de notre imaginaire merci
merci Jérôme
oui auteur décoron d'où le clin d'oeil merci Jérôme tu ouvres aussi pas mal de débats ce qui est bien c'est que nous avons encore une petite heure devant nous je rappelle qu'à midi ici même se tiendra un échange avec Judith Gauderèche qui est invitée de ce campus sur les violences sexistes et sexuelles ça permettra aussi de faire le lien avec le travail des femmes et sa nécessaire revalorisation donc je vous inviterai aussi à rester ici après si ça vous intéresse bien sûr mais je pense que ça va être un échange enrichissant et on a donc le temps et c'est aussi le but de ce campus c'est de pouvoir susciter des réactions des interpellations des questions aussi à nos intervenants sur ce sujet on a un peu balayé l'ensemble c'est à dire le programme de la gauche du gouvernement à savoir nous au pouvoir effectivement ce programme non seulement il est réaliste et réalisable économiquement mais nous avons l'impératif de voir de le mener si on ne veut pas que dans 3 ans on se prenne le mur RN comme seule alternative aux yeux des français le débat que tu as aussi ouvert Jérôme sur le travail je pense que tu faisais aussi allusion au revenu universel c'est à dire au débat qui nous ont aussi animé à gauche à un moment sur faut-il ou non mettre en place un tel revenu je jance aussi les sujets pour qu'on ait des échanges un peu animés c'est le but aussi dire que c'est un sujet dont on s'est saisi au sein de la convention classe populaire le travail doit payer et c'est pas travailler plus pour gagner plus on n'est pas dans ce registre là je précise quand même même si personne n'en doutait mais le travail doit payer parce que ça fait penser à un autre fléau de notre société ce sont les travailleurs pauvres c'est à dire que là on est vraiment non pas dans l'absence de travail subi qui est le chômage qui est non seulement des valorisations économiques mais aussi d'un point de vue de la dignité parce que tu l'as fortement rappelé le travail c'est pas seulement un salaire c'est pas seulement de quoi vivre c'est aussi une place dans la société c'est une question de dignité ça fait de nous qui nous sommes donc cette place du travail comment on la met au coeur de notre projet est-ce qu'on doit la mettre au coeur de notre projet parce que nous on pose ici un principe mais peut-être vous n'êtes pas d'accord et de quelle manière aussi on n'en fait pas j'ai envie de dire l'alpha et l'oméga de tout parce que ce salaire là cette condition matérielle là elle doit pas occulter le reste des combats que nous devons mener et de l'ensemble du spectre de la lutte contre les inégalités pour laquelle la gauche politique la gauche partisane est constituée donc je vous donne la parole j'ai Estelle ici présente qui a la gentillesse de bien vouloir passer le micro je pense que je peux prendre un des micros là comme ça je ferai le travail ensuite et je vous demanderai on a encore une heure donc pour que chacun puisse avoir environ 5 minutes de réponses conclusives d'être assez court et aussi d'alterner les prises de parole femmes hommes donc je vous invite mes camarades eux je vois la main se lève là aussi à ne pas hésiter à prendre la parole oui
vas-y bonjour je suis militant du Rhône et conseiller municipal de la ville de Lyon j'ai deux remarques la première sur le travail il y a un point qui n'a pas été suffisamment abordé mais c'est celui des conditions de travail et de la situation en France des morts au travail et donc je crois que c'est sur un point sur lequel il faut qu'on soit extrêmement plus fort et qu'on puisse même imaginer des cérémonies et des monuments des morts au travail parce qu'à gauche ça devient insupportable de voir ce qui se passe deuxième point Clémentine tu as évoqué la responsabilité des 40 années de gouvernement dont la nôtre finalement pour expliquer la montée du rassemblement national est-ce qu'il n'y a pas un aspect qui n'est pas qui n'a pas été abordé celui de la montée de sa respectabilité et du coup quelle est la part de la responsabilité d'une certaine forme de gauche aujourd'hui quand aujourd'hui le rassemblement national apparaît plus respectable que le parti de nos camarades de LFI donc est-ce qu'il n'y a pas aujourd'hui une responsabilité sur laquelle engager aussi une major protection
merci alors je vois les mains qui se lèvent donc je vais essayer de faire dans l'ordre on a une camarade ici au milieu de la salle Estelle tu veux bien ensuite j'ai trois mains qui se lèvent de ce côté là et on retournera par là ensuite là-bas puis camarade là-haut puis au milieu on fait au mieux
alors moi je suis une nouvelle adhérente bienvenue merci à tous et déjà je vous remercie je vous remercie en particulier Jérôme Clémentine et Mickaël parce que je trouve qu'on était vraiment dans le sujet désolé vous étiez un peu plus politique
il faut enclencher le micro
c'est bon c'est bon oui je disais donc je voulais revenir sur les propos de Jérôme de Clémentine et de Mickaël il n'est si sous le menton voilà tu le colles comme ça et moi il y a un chiffre que j'ai toujours en tête qui est celui des six générations pour pouvoir changer de classe sociale qui est une stade de l'OCDE d'il y a quelques années donc j'aurais aimé revenir vous parliez des marqueurs de gauche les uns et les autres je pense que l'un des principaux marqueurs dont on n'a pas beaucoup parlé c'est celui de la formation et de l'éducation donc comment est-ce qu'aujourd'hui nous en étant au pouvoir on peut revenir sur la catastrophe qui a été la réforme de la formation professionnelle je pense aussi à celle des lycées professionnels qui a été plus ou moins bloqué mais sur lequel on a quand même beaucoup de travail à faire et puis l'autre sujet je pense plutôt à vous Mickaël c'est celui de ce que j'appelle le plafond de verre du 1,6 SMIC pour les exonérations sociales qui corrélé à ce que Jérôme disait sur l'augmentation du SMIC risque de provoquer un rétrécissement assez fabuleux de l'échelle des salaires et peut-être probablement et là on va revenir sur le contrat social une espèce de désespérance dans ce que le travail peut apporter parce que si on sait qu'on ne peut pas beaucoup évoluer parce que les patrons ils ne pourront pas forcément payer si on a un énorme coup de bambou avec les charges sociales au-delà du 1,6 SMIC comment on fait et comment est-ce qu'on a encore l'envie d'avoir envie d'aller bosser
c'est juste Estelle si tu veux bien retourner de ce côté-là j'avais des mains qui s'étaient levées dans le je ne sais pas comment on dit le troisième camembert alors j'ai un camarade là-bas voilà ici puis derrière et après le camarade qui est tout au fond dernier rang
Bonjour je suis Céline Gillier moi je suis élue à Melun mais je suis surtout une j'ai fait à peu près loin de 30 ans de syndicalisme donc merci à tous les intervenants ça m'a manqué un petit peu sur la table ronde j'aurais aimé avoir en fait des représentants du monde du travail qui nous parlent des travailleurs parce que si Emmanuel Macron a abîmé beaucoup de la protection sociale et des systèmes paritaires depuis qu'il est élu et qui vient de supprimer 778 millions d'euros pour la formation professionnelle apprentissage inclus il a aussi beaucoup abîmé la capacité des partenaires sociaux à trouver des réponses aux difficultés du monde du travail et je pense qu'il faudrait aussi qu'on ait dans notre scope quand on parle de ces questions moi je tiens tous à vous en tout cas à remercier d'avoir apporté déjà premièrement ce débat je partage l'idée que c'est pas tant l'amélioration du pouvoir d'achat que la question du pouvoir de vivre et comment est-ce qu'on s'en ressaisit et un constat que moi j'ai fait quand ça a flambé sur les retraites je me suis dit attends mais si ça flambe sur les retraites c'est parce que le monde du travail il flambe et que c'est pas tant qu'on ne parle plus du travail on a parlé beaucoup d'emploi d'ailleurs les organisations syndicales pendant des années se sont fermées dans les questions d'emploi et ont oublié la question du travail qui est comment on l'expérimente puisque le dernier lieu aujourd'hui qu'on a du vivre ensemble contraint c'est l'entreprise à quel endroit on côtoie la femme de ménage qui vient dans son bureau des gens qui sont salariés des cadres c'est bien l'entreprise et que ça nous en tant que socialistes et en tant que membre de gauche il faut qu'on l'ait en tête parce qu'on a les mêmes difficultés de séparatisme dans nos territoires mais l'entreprise c'est encore un lieu où la question même de la démocratie sociale est une réponse où la démocratie dans l'entreprise est aussi potentiellement un levier pour résoudre la démocratie les problèmes pardon de crise démocratique qu'on a ça ne peut pas être à l'extérieur et pour nous du coup c'est extrêmement important de le remettre au coeur donc c'est pas tant qu'on parle plus du travail c'est comment est-ce qu'on en parle et moi je suis ravie de t'entendre parler de la question de la fierté et de l'identité des travailleurs et des métiers qu'on a il faut que dans la manière dont on parle du travail il faut que les travailleurs s'y reconnaissent et c'est terrible que les travailleurs se reconnaissent quand le rassemblement national leur en parle voilà et sur la question aussi de l'augmentation du SMIC moi j'ai trouvé ça super mais il n'empêche que l'augmentation du SMIC va-t-elle résoudre pour des salariés qui travaillent 24 heures par semaine la question aussi c'est la question du temps de travail et de combien je gagne à la fin du mois pour vivre dignement dignement de mon travail et du coup ça paraît parfois un petit peu décalé moi c'est ce que j'ai repéré quand même auprès des travailleurs quand on était dans cette campagne là en disant c'est bien on va augmenter le SMIC et là la grosse différence que j'ai vue c'est entre les travailleurs des petites et des grosses entreprises je pense que cette partie là il va falloir vraiment qu'on évolue dans la manière qu'on a de le porter un travailleur d'une petite entreprise c'est un il est absent de tout ce qu'est le dialogue social lui il va avoir le minimum de sa branche il aura le minimum au pire de ce que donne le code du travail et son patron n'aura pas les moyens d'augmenter et je pense que comment est-ce que nous dans les politiques qu'on peut mener quand on sera au pouvoir y compris sur les questions de fiscalité des entreprises il va falloir différencier ce qu'il y a un patron que des premiers salaires de ces grosses entreprises et des multinationales financiarisées qui ont les capacités qui passent leur temps à pleurer en disant on va pas réussir augmenter le SMIF je suis désolé eux ont les moyens je suis pas sûr que mon commerce de proximité que mon boulanger aura les moyens d'augmenter ses salariés donc il faut qu'on adapte aussi la connaissance qu'on en a et qu'on le fasse partager au national mais aussi nous localement quand on parle aux travailleurs du travail merci
juste derrière il y a une camarade et ensuite tout au fond une insiste parce que tu parles les salaires des très petites entreprises pensent aussi aux indépendants c'est vrai que c'est un angle mort parfois aussi de notre débat politique à gauche indépendants profession libérale commerçant agriculteur qui aussi sont seuls et qui n'ont pas de couverture parfois ou qui doivent souscrire des couvertures j'en fais partie et d'autres aussi dans la salle qui sont elles payantes donc voilà très isolées par rapport aux droits sociaux liés au travail vas-y
bien moi je suis issue des zones rurales où la précarité du travail est très importante en termes de temps de travail de revenus et j'aimerais bien qu'on y pense davantage dans tous nos débats parce que les problématiques ne sont pas les mêmes donc premier constat je vais aller assez vite parce que j'ai des questions j'en ai beaucoup et je veux surtout qu'on en parle c'est que les salariés ne sont plus protégés et nous en sommes nous on a été au départ de ce détricotage quand on a inventé les ruptures conventionnelles là ça a été la cata et d'ailleurs aujourd'hui il y a quasiment plus de CDD les jeunes qui sont autour de moi sont en CDI tout de suite mais en fait c'est un CDI qui peut être rompu à tout moment c'est un CDD et moins les primes de précarité donc ça c'est on a vraiment abandonné les travailleurs quand on a alors là on n'en est pas responsable on a subi mais c'est la suite l'abandon des plafonds d'indemnités de licenciement tout ça c'est des choses qui en zone rurale sont hyper importantes et moi je pense que ça participe effectivement au vote RN c'est à dire qu'il n'y a plus de service public on ne les protège pas au niveau de la santé mais dans leur quotidien au travail il n'y a plus de protection en zone rurale c'est vraiment que du précaire c'est on ne sait pas ce qu'on va devenir on nous traite comme des chiens on n'a aucune reconnaissance et ça c'est la grosse colère je voudrais aussi qu'on repense quand on effectivement il y a des difficultés dans l'entreprise des prud'hommes c'est fini il n'y a plus que la négociation alors certes c'est bien de trouver des compromis mais c'est souvent au détriment des salariés voilà des sujets que j'aimerais qu'on en discute
merci juste derrière au fond dernière on avait un camarade aussi qui a élevé la main
merci il est dans le onzième et par ailleurs je suis secrétaire général du centre des jeunes dirigeants de l'ESS j'ai l'impression
que ça coupe
vous m'entendez
tiens le bien
moi je voulais juste j'ai été je crois attentif on n'a pas parlé d'un sujet sur le travail c'est la question du temps de travail la réduction du temps de travail ou alors très peu je ne l'ai pas vu passer ça me semble être un sujet essentiel un sujet évidemment très marqueur à gauche et j'ai bien aimé la perception et le témoignage de Vienne Brossat sur son porte-à-porte sur ce qu'on ce que les français lui renvoyait finalement dans la perception que vous avez de la capacité de la gauche à changer finalement concrètement la vie des gens je crois que la question de réduction du temps de travail est importante là-dessus et je pense qu'on a un travail à faire puisque c'est un sentiment personnel je crois que quand on parle aux français de la réduction du temps de travail au regard du contexte qu'on a évoqué sur les difficultés des conditions de travail souvent quand nous on parle de réduction les françaises les français donc aux citoyens entendent intensification du temps du travail en fait de faire le même travail mais en 32 heures plutôt qu'en 35 heures et je crois qu'on a un travail de pédagogie peut-être de réflexion à faire là-dessus et ça me semble important de poser cette question et un deuxième sujet si vous le permettez c'est un sujet qui moi me tient à cœur et qui n'est pas du tout anecdotique même si on en parle peu c'est la question des salariés aidants c'est-à-dire des salariés qui prennent du temps pour aider un proche et je ne vais pas sommer de chiffres mais il y a un quart des salariés un quart des salariés qui sont aidants et c'est-à-dire qu'ils vont prendre au moins un temps une fois par semaine pour aider un proche l'âge moyen c'est 46 ans et il y a un chiffre qui va peut-être un peu plomber de l'ambiance mais c'est pour dire que cette question est importante il y a un tiers de ces salariés aidants qui décèdent avant la personne qu'ils aident et quand j'ai dit que l'âge moyen des salariés aidants c'était 46 ans vous voyez le sujet dont on parle et tout le monde connaît en fait autour de lui un salarié aidant et donc évidemment c'est des personnes qui vont faire deux journées dans une journée on parlait tout à l'heure aussi des femmes c'est un peu le même sujet c'est des journées extrêmement intenses et je crois que la question de l'intention et du temps de travail du coup peut être posée aussi à cette haune voilà je vous ai posé
merci alors on va revenir de ce côté là on va repartir de l'autre bout là pour que tu n'aies pas mon train ensuite c'est vu aussi c'est noté on fera au mieux tout au bout là il y a un camarade en marinière qui lève la main pour qu'on puisse s'identifier et on fait au mieux je demande effectivement d'être concis pour qu'on puisse avoir un maximum de prise de parole possible bonjour donc moi je suis militante dans le Loir-et-Cher donc j'ai pas dû faire beaucoup de trajets ça va mais ce que ce dont j'aurais voulu parler c'était donc aussi le temps de travail mais aussi avec donc la semaine de travail de 32 heures ou payer 35 si on est toujours sur une idée de ne pas créer plus de précarisation avec des des semi temps partiel et aussi la semaine de travail de 4 jours qui donc a été déjà testé il me semble en Islande et dans certaines entreprises en Angleterre ou en Suisse et sinon c'était pour axer un peu plus sur justement les travailleurs donc indépendants ou alors les artisans ou les personnes qui ont des métiers plutôt manuels qui peuvent donc entrer dans les critères de pénibilité parce que le programme du NFP c'était aussi les 32 heures pour les personnes donc qui ont un métier pénible pénible et donc c'était comment en fait on va parler à ces personnes qui vont nous dire que de toute façon ils sont obligés de travailler un certain nombre d'heures pour tout simplement produire ce qu'ils ont à produire et que en soi ils peuvent avoir des difficultés à faire aussi cette hausse de salaire pour faire donc 32 heures payer 35 merci on va revenir donc au milieu on avait des mains qui s'étaient levées camarade qui est là juste au bord comme ça on alterne aussi ah Alain qui lève la main vas-y comme t'es sur la route vas-y Alain
j'ai observé que dans le programme du NFP il y avait un passage sur la sous-traitance c'est rare dans les programmes qu'on rédige à gauche ça soit étudié ça pose la question des entreprises j'entends l'entreprise souvent c'est un mot mythique il est creux entreprise ça existe pas vraiment c'est comme les poissons il y a des requins il y a des sardines c'est pas la même chose pour l'entreprise multinationale et le boulanger d'à côté et le sort du salarié à l'intérieur de l'entreprise dépend largement de la taille de l'entreprise et du rapport entre les entreprises on a un million d'entreprises de moins de 10 4 millions et 1 000 salariés c'est très dur et on a 1000 entreprises en gros de plus de 1000 qui font 50% du produit intérieur brut entre les deux il y a 200 000 entreprises dont la moitié sous-traitante dégrosse et la cascade de sous-traitance détermine souvent la vie quotidienne de chacun sans qu'on s'en le sache on rentre dans un chantier j'ai été inspecteur du travail longtemps vous voyez Vinci Effage Bouygues et puis vous voyez sous-traitant de premier niveau il y en a 20 sous-traitant de deuxième niveau il y en a 20 et vous voyez pas en dessous les intérimes et les clandestins qui s'y cachent les pauvres et dans cette hiérarchie là le gros s'occupe très peu sauf de la caisse et des bénéfices et les autres sont en cascade obligés de subir un traitement je rencontrais des petites entreprises qui me disaient monsieur l'inspecteur oui c'est vrai j'ai pas de chaussures de sécurité mais j'ai payé 3000 euros pour avoir le marché et dans cette cascade de sous-traitance il y a la victimisation des salariés du bas de millions de salariés du bas et donc le programme du NFP j'attire votre attention là-dessus c'était pas le cas du programme de la NUPES explique que en gros la responsabilité du donneur d'ordre doit être totale pour moi elle doit l'être juridiquement pénalement financièrement économiquement et deuxièmement que l'entreprise sous-traitante doit être alignée le temps de la mission sur la convention collective du donneur d'ordre ce qui modifie tout parce que ça vaut aussi pour les franchisés et tout et ça garantit le sort de millions de salariés et ça garantit même leur petit patron ça met les petits patrons de notre côté contre les gros parce que ça nous aide à protéger les droits de leurs salariés et donc dans la négociation du marché d'avoir le droit de faire respecter la convention collective de celui qui donne les ordres et non pas seulement de dégrader la situation du petit en bas et puis ensuite après vous avez la reconnaissance des unités économiques et sociales que si vous avez je ne sais pas moi il n'y a toujours pas de comité central d'entreprise à McDonald's il y en a 3, 4 PACA, Lyon, Paris, Lille mais il n'y en a pas nationalement même en Californie ils ont décidé que n'importe quel McDonald's franchisé devait être aligné sur la convention collective du donneur d'ordre même en Californie on devrait pouvoir le faire même en Allemagne ils ont décidé qu'il n'y aurait qu'un seul niveau de sous-traitance on devrait pouvoir le faire mais si vous faites ces deux mesures-là vous avez révolutionné tout le rapport entre les sociétés et les entreprises dans notre pays et tout le rapport qu'ont des millions de salariés parce qu'on a 30 millions de salariés au temps du Fonds populaire en 1936 il y avait 30% de salariés aujourd'hui on a 90% de salariés parmi les actifs c'est le changement fondamental social de nos électeurs et c'est à ça qu'on doit répondre en reconstruisant le code du travail le code du travail je termine là-dessus en fait il est né en 1906 c'est courrier à la catastrophe qu'est-ce qui s'était passé quand il y a eu 1000 morts il a été dit plus jamais ça et il faut que le droit du travail l'emporte sur les besoins des entreprises c'est-à-dire on respecte ce qu'ils produisent dans l'entreprise alors récemment ce qui a été dit c'est l'inverse c'est qu'on allait adapter le droit du travail aux besoins des entreprises cette révolution intellectuelle s'est faite dans les 15-20 dernières années il faut l'annuler il faut revenir au fait qu'on respecte d'abord ce travail dans l'entreprise donc on reconstruit le code du travail et si on avait un gouvernement Lucie Castest on pourrait pas en 10 décrets 10 décrets il n'y a pas besoin de loi 10 décrets reconstruire le code du travail ça peut se faire énormément par décret
merci Alain et bien comme nous aurons tout à l'heure la visite de Lucie Castest tu pourras lui annoncer mais effectivement il y a matière à faire et d'un point de vue d'efficacité tu as raison alors camarade ici au bord vas-y
bonjour Ronan Gilles je suis conseiller municipal à la mairie d'Orveau à côté de Nantes et militant socialiste je voulais intervenir au sujet donc on a vu l'ouverture il y a hier plutôt des jeux paralympiques et je voulais intervenir aussi au niveau du travail des personnes en situation de handicap il faut savoir qu'en France on a on est 12 millions de personnes c'est des sujets qui sont rarement abordés dans les
dans les programmes politiques j'ai l'impression en tout cas dans la dernière présidentielle j'ai pas vu j'ai vu peu de de choses
et je voulais parler de ça de l'aménagement donc que ça soit l'aménagement des postes de travail au sein des entreprises mais aussi l'accueil des personnes au sein des entreprises voilà c'était tout j'avais pas quelque chose à dire
merci alors on va remonter vers le centre j'avais une intervention de nos camarades là au milieu puis juste au dessus Inès qu'on voit ici en blanc on continuera à remonter on est sur la bonne voie vas-y
très rapidement j'avais deux questions la première c'était sur la question de la dette parce qu'il y a un grand prétexte qui surtout chez le pouvoir macroniste qui est de dire en fait comme il y a une dette comme il y a un grand déficit déficit pardon on va pouvoir appliquer une politique austéritaire et investir le moins possible dans les services publics à cause de la dette donc j'aimerais avoir un contre-argument si possible je pense que vous avez l'habitude de le dire mais en plus ça me fera pas de mal et un deuxième aussi sur le fait que Benoît Hamon s'est battu en 2017 sur la question du revenu universel et on en a un peu parlé mais savoir aussi politiquement économiquement aussi et philosophiquement comment vous vous situez par rapport à ça en 2024 voilà merci
merci pour ta concision et pour lancer un débat que je trouve passionnant vas-y merci Sarah alors Inès Thaurie je suis conseillère municipale d'Elimbeaumont et présidente du groupe d'opposition alors je rappelle que merci alors je rappelle que nous avons fait nous sommes élus sur une liste d'union de la gauche qui a été menée par Marine Tondelier en 2020 donc on a fait l'union de la gauche avant la NUPES et avant le NPF et ça se passe très bien d'ailleurs ça se passe toujours bien et j'ai essayé d'être très succincte ce qu'on a observé en tous les cas à Enès Thaurie vis-à-vis des travailleurs parce qu'on oublie aussi que les fonctionnaires les agents municipaux sont aussi des travailleurs je pense notamment aux services techniques qui bossent dans le froid qui subissent vraiment une pénibilité du travail notamment et eux ont été les premières victimes de la politique ultra libérale de l'extrême droite je vais citer quelques exemples comme la casse de leur régime indemnitaire en cas de maladie quand vous êtes malade quand vous êtes fonctionnaire vous êtes malade vous posez un arrêt maladie et bien votre régime indemnitaire peut baisser en fonction d'un certain nombre de jours dans des communes parfois pas parce qu'il y a des communes qui luttent contre l'absentéisme d'une manière différente à Élin-Beaumont et bien les agents voyaient leur régime indemnitaire baisser au bout du 14ème jour avec la municipalité RN c'est au bout du 4ème jour donc en fait si vous avez une grippe ou une gastro ben voilà c'est pas possible en fait vous ne pouvez pas tomber malade je ne sais pas si docteur Le Pen elle a un remède pour les agents de la ville d'Élin-Beaumont mais en tous les cas ils ne peuvent pas tomber malade en fait de la même manière ils ont au delà de casser de leur régime indemnitaire ils ont aussi supprimé ce qu'on appelle la retraite additionnelle de la fonction publique c'est à dire que vous pouvez cotiser pour votre retraite c'est à dire que dès que vous êtes retraité vous avez votre pension mais vous avez aussi et bien une indemnité supplémentaire ils l'ont supprimé ils ont également cassé leur compte épargne au temps et vous le voyez qu'ils mènent une politique ultra-libérale et il y a deux syndicats un syndicat qui est plutôt disons arrangeant plutôt arrangeant avec cette municipalité puis un autre syndicat qui au contraire il est très frontal aux dernières élections professionnelles et bien ce syndicat très frontal a progressé de 100 voix je rappelle que c'est 500 agents donc 100 voix c'est énorme et à contrario l'autre syndicat a baissé et bien a régressé donc en fait le travail je pense qu'il paye puisque ce syndicat vraiment défend les agents dénonce cette politique ultra-libérale et le dernier fait en date de cette municipalité c'est sa volonté de privatiser c'est à dire faire une BSP privatiser le service éducation jeunesse c'est à dire les ATSEM les centres aérés et évidemment nous avons dénoncé ça nous avons fait une pétition puisque 150 agents étaient concernés et toutes les familles des nains-boumonts puisque ça entraîne forcément une augmentation des prix et ça a marché puisqu'ils l'ont pas fait et leurs électeurs c'est une petite ville les nains on se connait tous leurs électeurs parce qu'ils l'appellent Steve le maire du coup on comprend pas qu'est-ce que tu fais non on n'est pas d'accord et dernièrement justement j'ai discuté avec certains électeurs enfin une association qui est proche de la municipalité qui m'a dit ben oui tu as raison de dénoncer la privatisation de la piscine avec une augmentation des prix de 60% tu as raison de dénoncer cette privatisation de services publics et je pense qu'on devrait vraiment dénoncer cette supercherie où soi-disant le rassemblement national défendrait les travailleurs serait un rempart contre le libéralisme c'est absolument et c'est important de le dénoncer avec des exemples concrets et je terminerai sur une chose puisque j'appréciais ce que disait Yann puisque forcément à Saint-Amand c'est un peu la même sociologie du territoire que chez nous ça reste le bassin minier du Pas-de-Calais et il est vrai que si vous incarnez pas une alternative les gens votent pas pour vous alors nous c'est en cours ça fait 10 ans qu'ils sont là donc on incarne progressivement cette alternative et pas seulement une opposition je pense que c'est aussi notre problème et c'est ce que m'ont dit aussi ces mêmes personnes dans cette asso c'est qu'ils m'ont dit Inès c'est simple nous on va voter Jordan à l'élection législative et si ça va pas et bien on le dégage et donc faut pas attendre qu'il soit aux responsabilités évidemment mais je crois vraiment qu'il faut continuer à construire un projet parler des gens parler aussi de notre projet de nous tout en dénonçant ce qu'ils font mais à force de toujours incarner une opposition d'être toujours contre ou de parler toujours du RN non pas qu'on le fasse mais parfois ça peut arriver et bien on incarne pas et les gens se projettent uniquement avec des gens qui sont en capacité de diriger voilà merci merci Inès de nous rappeler la réalité de ce que fait le RN lorsqu'il est au pouvoir alors encore deux trois interventions maximum parce qu'après il faut conclure donc on a un camarade tout en haut et ensuite on va revenir de ce côté là on avait une main qui s'était levée malheureusement tout le monde ne va pas pouvoir vas-y
bonjour Cécile Panassa moi je suis élue au conseil municipal à Maison Alfort dans le Val-de-Marne dans l'opposition donc je partage le combat des élus municipaux d'opposition c'est pas facile j'avais deux questions ma première c'était sur le revenu universel qui a été évoqué très rapidement mais je voulais savoir comment on pouvait à la fois défendre les valeurs du travail de l'identité par le travail de la reconnaissance du travail et l'idée d'un revenu universel il me semble que c'est philosophiquement pas compatible c'est à dire que soit on est anticapitaliste ou socialiste ou on veut mettre des choses en commun soit on prône le revenu universel moi j'étais beaucoup plus sensible aux propos de Clémentine sur la gratuité de l'accès à certains services ou la baisse coût pour le logement par exemple plutôt qu'aux questions de revenus universels qui me restent difficilement compatibles avec nos valeurs de gauche sur le travail même si c'est peut-être un peu provocateur de dire ça ici et puis ma deuxième question elle est beaucoup plus technique plus par rapport au droit du travail c'est comment on peut prôner plus de démocratie dans le monde du travail dans les entreprises capitalistes au travers de la participation des salariés au capital au conseil d'administration mais aussi dans la fonction publique dans les petites entreprises etc ça me paraît un sujet un levier important beaucoup des sujets qui ont été évoqués jusqu'à présent merci
merci et je suis rappelée par le gong pour laisser au temps à nos invités de conclure et ensuite à la plénière qui doit se tenir ici à midi une dernière question parce qu'on avait une main qui s'était levée tout au bout là-bas en blanc et ensuite malheureusement on va devoir conclure mais il y a d'autres ateliers je rebondis sur ce qu'avait dit la camarade effectivement sur les syndicalistes il y a d'autres ateliers avec des formats plus participatifs sur le travail cet après-midi et avec des intervenants issus du monde syndical donc je vous invite à y participer
bonjour Jean-Michel Aparicio maire de Beaumont-sur-Oise dans le Val-d'Oise moi j'ai deux questions sur l'augmentation du SMIG c'est très bien ça augmentera pas le pouvoir d'achat tant que les prix continueront d'augmenter ça c'est la première chose puisque si on ne fait pas baisser les prix vous pouvez mettre 10 000 euros de salaire si la baguette coûte 100 euros ça ne marchera pas et madame parlait du logement on rencontre une très très très grosse difficulté sur le logement c'est qu'aujourd'hui les premiers quartiles donc c'est à dire les plus bas salaires ne peuvent plus bénéficier de logement puisque les loyers sont très hauts et du coup pas d'accessibilité pour eux donc que compte faire le parti socialiste par rapport à ça
merci donc je suis désolée on va devoir conclure ce tour de parole je vous laisse chacun deux minutes pour intervenir nous n'avons pas le choix puisque nous devons libérer la salle à midi mes camarades nous aurons nous aurons l'occasion d'autres échanges le campus n'est pas terminé donc je vous remercie de conclure aussi en deux minutes pour qu'on puisse là encore une fois libérer la salle à midi peut-être en ordre inversé donc Jérôme il y a eu beaucoup de questions évoquées déjà un panel large mort au travail souffrance au travail répartition du temps de travail revenu universel je pense que beaucoup de choses ont été évoquées peut-être une réponse conclusive à l'ensemble de ces propos
je ne suis pas sûr d'avoir des conclusions définitives sur tous ces sujets-là je n'ai pas un avis sur tout encore moins une expertise non mais je vais vous redire quelques thèmes un et puis de manière télégraphique un sur le revenu universel je pense qu'il faut qu'on reprenne nos débats là-dessus évidemment qu'il a joué un grand rôle dans la campagne présidentielle de Benoît Mont que par ailleurs j'ai faite de manière active il faut reconnaître aussi qu'il y a eu un peu de confusion à la fin sur ce que vous voulez dire exactement le revenu universel parce qu'il y a plusieurs versions qui avaient circulé moi comme je l'ai dit tout à l'heure je reste attaché à ce qui est porté par le travail ce qui est porté par des cotisations sociales et je suis plutôt du côté entre guillemets de Clémentine aussi quand elle insiste sur la gratuité à condition qu'on ait la fiscalité qui l'accompagne je pense qu'à la fin il faut que tout le monde paye des impôts même très peu pour avoir accès à la gratuité en revanche en tant que chef d'entreprise de manière pour le coup extrêmement pragmatique je sais aussi que je ne peux pas porter une telle ambition en disant que ce sera seulement le coût du travail qui va tout porter donc c'est pour ça qu'avoir une articulation avec une forme de revenu universel peut me paraître intelligente et donc il y aurait ce qui est porté par le travail le salaire les cotisations sociales ce qui est porté par le commun des services publics et qui peut être porté par le revenu universel donc je pense d'ailleurs que là où le plus intéressant enfin pas intéressant pardon le plus socialement utile par ailleurs c'est par rapport aux artisans aux commerçants à certaines professions libérales en tout cas aux agriculteurs qui pourraient aussi se voir garantir un revenu minimum ce qui je pense n'est pas alors la gauche n'en parle pas très souvent tous ces gens là mais néanmoins il n'y a pas de raison de laisser de côté de nos réflexions deuxième bloc de réflexion très rapide je ne sais plus qui a dit enfin Gérard a parlé de l'entreprise il n'y a pas de définition de l'entreprise c'est vrai que l'entreprise ça ne veut rien dire en tant que telle il y a des sociétés il y a du droit des sociétés du droit du travail il faut articuler tout ça et il n'y a rien qui se ressemble à vrai dire entre une très grosse multinationale et une PME de 5 salariés à vrai dire donc là aussi on parle peut-être un peu par euphémisme mais moi ce que j'ai voulu dire par là c'est que néanmoins le système de reconnaissance individuelle pour chacun dans sa vie de tous les jours c'est souvent le cadre du travail voilà et il faut se le réapproprier pour le coup pas par euphémisme et faire en sorte qu'il se passe des choses dans l'entreprise quelle que soit sa taille évidemment qu'on n'est pas traité tout à fait de la même façon lorsqu'on est dans une très grosse ou une très petite entreprise mais d'ailleurs ça ne veut pas dire que dans un sens c'est positif et dans l'autre c'est négatif pour autant là aussi alors peut-être parce qu'on est socialiste on est toujours plein de défauts et on est toujours à la recherche de l'équilibre mais moi je crois pas plus au fait que tout se passe dans l'entreprise en termes de négociation ni que tout se passe par la loi l'articulation entre les deux elle est forcément nécessaire je rejoins Gérard sur le fait qu'il faut sans doute réécrire une bonne partie du code du travail et de s'inspirer des exemples qu'il a donnés mais à vrai dire il y a aussi parfois des exemples qui ne reposent pas du tout sur l'imposition par la loi je connais des systèmes coopératifs par exemple où les franchises parce que c'est la franchise coopérative en quelque sorte résulte d'un cadre négocié en commun qui n'a pas besoin de règles de droit pour s'appliquer ou la répartition de la valeur ou un certain de conditions de travail qui sont gérées à l'échelle de l'ensemble de l'enseigne même si ce sont des entreprises indépendantes donc voilà je pense qu'il faut qu'on arrive mais là aussi il faut s'appuyer sur le dialogue avec les organisations syndicales tout à l'heure il a été fait état aussi de tout ce qui était comment dire détruit dans le cadre de la formation professionnelle je pense qu'on peut plus généralement parler de la dénaturation du paritarisme et je pense qu'il faut se le réapproprier parce que c'est aussi la meilleure façon d'avoir un dialogue je pense aussi constructif que possible avec tous les acteurs de la négociation sociale respecter les syndicats pour ce qu'ils portent respecter aussi les actions d'employeurs pour ce qu'ils portent également et donc se réapproprier le paritarisme à condition qu'on ait une conception claire de ce qui pour nous doit dépendre de la loi de ce qui doit dépendre du dialogue social de la gestion paritaire par ailleurs et puis le dernier non je vais m'arrêter là je pense que ça suffit pour moi
merci Jérôme Muriel alors quelques quelques éléments de réponse mais plus avec une une casquette d'employeur de collectivité locale puisqu'il y a quand même différents sujets qui concernent aussi les collectivités territoriales et qui servent aussi de tremplin pour après et d'exemple et pour après le secteur privé je vais y arriver pardon sur le sur le handicap parce que la question a été a été posée il y a la loi qui la loi de 2005 qui oblige les employeurs à rendre le lieu de travail accessible alors ça ça a un coût important mais la loi permettait aussi de l'étaler et de faire en sorte que les les lieux les lieux de travail soient adaptés le plus rapidement possible avec pour que les les personnes à mobilité réduite ou qui qui ont un handicap puissent puissent travailler alors rien n'est parfait ça j'en ai bien conscience et le chemin reste reste long mais tu as raison il faut c'est un sujet qu'il faut aussi qu'il faut aussi porter c'est important il a été évoqué tout à l'heure la question de la semaine des quatre jours c'est aussi au sein de la métropole de Lyon une expérimentation qui est en qui est en cours qui s'est achevé plutôt de manière positive puisque les les les agents les agents de la métropole de Lyon ont pu dire qu'en termes de possibilité de travail et de de réalisation de travail et de tâches et de missions c'était plutôt favorable une des des seules des principales contraintes et un des principaux reproches on peut le dire comme ça c'est la durée de travail dans la journée puisqu'elle est forcément plus longue et que ça a un impact aussi sur la fatigue et sur le rythme des vies des agents on a parlé de dialogue social et d'affaiblissement des organisations syndicales c'est aussi c'est aussi on le constate tous dans nos dans nos vies privées dans notre travail privé comme dans notre dans le secteur public avec une démobilisation je dirais des alors je parle pour la collectivité de laquelle j'étais j'étais j'étais en charge mais une non-envie et pourtant on a on a fait un travail assez intéressant avec avec les agents et pour pour voir comment on pouvait arriver à les intéresser de nouveau à la à la chose syndicale mais c'est un engagement et qui demande du temps qui demande aussi qui demande aussi beaucoup de connaissances et qui qui n'a pas forcément de de de réponses humaines en face et puis enfin voilà c'est moi c'est les quelques éléments de réponse que je voulais apporter mais en tout cas juste pour dire aussi que sur la le dernier point que je voulais aborder c'était que sur les la question de l'emploi de l'insertion et de la formation professionnelle même si l'action reste quand même minimum et peut-être pas suffisante non plus les collectivités locales accompagnent sur les questions d'emploi alors c'est pas forcément le travail mais d'emploi d'insertion et de formation donc il y a aussi cette cette porte là que les que les travailleurs peuvent franchir à un moment donné quand ils en ont besoin malheureusement c'est souvent les personnes les plus les plus éloignées de l'emploi et qu'il faut vraiment aussi amener dans un véritable accompagnement social mais ça fait aussi partie du rôle des des collectivités
merci Muriel je te repasse donc mon micro
oui merci je voudrais revenir sur un certain nombre de réflexions qu'on a eues tout à l'heure et ma réflexion n'est pas totalement aboutie donc j'espère que vous serez indulgent tout à l'heure Mickaël disait un truc avec lequel je suis d'accord à savoir que les préjugés racistes sont un des éléments majeurs du moteur du vote RN et moi je partage ça et dans le même temps Sarah tu l'as dit tout à l'heure aussi ce qui est complètement contradictoire et je suis aussi d'accord avec cette partie là de la réflexion c'est l'idée que la société française serait de plus en plus tolérante et de moins en moins raciste c'est ce que dit Vincent Tibéry dans son dernier livre et dans son interview à Libé c'est complètement contradictoire en apparence en tout cas si la société est de moins en moins raciste il devrait y avoir de moins en moins de votes pour le parti raciste comment est-ce qu'on explique ça ça m'a fait repenser à mes premiers pas de militants et je me souviens moi j'ai adhéré au parti communiste en 1997 quand on participait au gouvernement et je me souviens de mes premières réunions de cellules et je vais peut-être vous choquer mais dans mes premières réunions de cellules j'entendais des choses qui n'étaient pas toujours nickel et des camarades disaient tenaient parfois des propos qui traduisaient des préjugés un peu racistes un peu homophobes et on les reprenait on les reprenait on argumentait on leur disait pourquoi ils se trompaient mais à la fin ils gardaient leur carte au parti et ils votaient pour le parti aux élections et je ne suis pas sûr qu'on les avait toujours totalement convaincus par les arguments qu'on développait mais enfin ils votaient comme il fallait malgré tout ça pose quand même une question ça explique le paradoxe de tout à l'heure mais qu'est-ce que ça traduit ça traduit le fait qu'au final le clivage de classe pour parler comme les anciens l'emportait sur le clivage identitaire c'est-à-dire qu'au final c'est sa position par rapport au travail qui définissait son vote le fait est qu'aujourd'hui et Vincent Tibéri le dit bien d'ailleurs dans son interview à Libé c'est de moins en moins le cas c'est de moins en moins le cas ce qui définit votre vote c'est pas votre position par rapport au travail pas suffisamment en tout cas c'est les positions que vous avez par exemple sur un certain nombre de questions de société et donc j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure à mon sens si en tout cas on souhaite que la gauche redevienne majoritaire demain la question de l'unité du monde du travail la question de notre capacité à déjouer tous les pièges qui visent à monter des catégories de travailleurs les uns contre les autres cette question là elle est fondamentale et je pense même que c'est la condition absolue pour nous permettre d'avoir demain par exemple une majorité absolue à l'Assemblée nationale en tout cas pour moi c'est le chantier majeur
merci Yann Clémentine pour cette réponse conclusive on a abordé beaucoup de sujets la rentrée à l'Assemblée nationale à l'approche qu'est-ce que ça va donner quel plan de bataille comment on s'en sort dans la période qui s'ouvre je lance ça comme ça en trois minutes
je vais rester dans le débat si tu veux bien parce que j'ai deux minutes je crois que je reparlerai à un autre moment donc je répondrai à ta question plus tard dans la journée non je voulais réagir sur deux choses parce que ce qui était intéressant c'est qu'en fait le tour dans la salle a parlé précisément de ce que je disais et d'autres aussi qui manquaient dans ce qu'on porte aujourd'hui à gauche c'est-à-dire de parler du contenu aussi du travail on a parlé des morts au travail on a parlé de la sous-traitance on a parlé de beaucoup de sujets qui à mon avis devraient être portés de manière plus forte et pas seulement même si encore une fois je suis archi pour l'augmentation du SMIC ce qui je l'ai déjà dit plusieurs fois mais je le redis je pense que quand on demande au gauche au pluriel quelle est votre mesure phare et que la réponse est l'augmentation du SMIC je crois qu'on a un problème parce que augmenter le SMIC ne dit aucunement quel est le choix de société dans lequel on veut vivre je suis pour archi pour mais je pense qu'il faut qu'on trouve des mesures phares qui donnent davantage à voir la société dans laquelle on a envie de vivre et je voulais parler du coup de deux points très rapidement le premier c'est sur le revenu universel puisque c'est revenu beaucoup et ça nous a quand même empoisonné à gauche pendant très longtemps avec un clivage des deux côtés donc il y a ceux qui sont attachés à la réduction du temps de travail à sortir de la forme du salariat et qui pensent globalement le revenu universel même s'il en a des formes très diverses il y a des très libéraux qui veulent le revenu universel il y a il y a mille manières mais disons que à l'intérieur de la gauche il y avait ce côté pendulaire et de l'autre côté et ceux qui pensent qu'au contraire il faut défendre le travail la question du salariat etc.
et pas s'embourber dans les questions de revenu universel moi je viens plutôt de la deuxième de la deuxième famille pas celle qui est convaincue par le revenu universel mais je pense qu'il faut qu'on arrive maintenant à avoir un discours qui réussit à raccommoder ces deux visions et je pense que c'est possible dans un projet plus global je prends un exemple pour moi la question de l'augmentation des minima sociaux elle est essentielle et elle répond pour partie à des préoccupations de ceux qui portent le revenu universel oui quand on n'a pas d'emploi surtout dans une société qui n'est pas capable de trouver un emploi pour tout le monde il faut pouvoir néanmoins avoir un filet de sécurité et vivre dans la dignité de ce point de vue le RSA répond à cette question il est trop bas quand on l'augmente il fait pression sur les bas salaires donc c'est aussi intéressant pour ceux qui sont dans l'emploi parce que ça crée une pression si vous êtes moins obligé de prendre le premier emploi est-ce qui passe si vous avez un filet de sécurité digne de ce nom donc moi je pense que ça c'est un des éléments qui peut nous souder dès lors qu'on pense aussi le travail avec la réduction du temps de travail c'est-à-dire de donner davantage de latitude et au final ce qui est quand même un point de vue marxiste de base c'est de sortir le travail de la seule forme qui est quand même même si c'est un contrat un lien de subordination quand on n'est pas dans l'emploi et quand on est au RSA j'insiste sur ce point la majeure partie des gens travaillent et produisent de la richesse quand vous êtes retraité vous produisez de la richesse vous travaillez vous gardez les enfants vous êtes dans un cadre associatif il y a plein de choses qui sont produites donc c'est pas quand on est au RSA ça veut pas dire qu'on n'est pas utile pour la société mais c'est un cadre où on a de l'argent et qui n'est pas vous voyez ce que je veux dire c'est un autre c'est d'une autre modalité donc j'invite à l'année prochaine à ce qu'on ait plus de débats sur le travail en lui-même qu'est-ce que le travail parce que je crois qu'on n'a pas suffisamment réfléchi aussi à c'est quoi le travail et peut-être et peut-être que j'arrive aussi avec ces entrées parce que moi ma première formation intellectuelle c'est le féminisme et le féminisme il invite aussi beaucoup à réfléchir à ces questions de travail de rapport de subordination le deuxième point que je voulais aborder c'est la question parce que ça n'a pas été dit mais en fait c'est en filigrane c'est le new management et ce new management il existe aussi dans la fonction publique et on n'en a pas parlé parce que quand on parle de salariat il y a 7 à 8 millions de personnes qui travaillent dans la fonction publique et que ces modes de management qui nous viennent du privé et qui sont obsédés par la politique du chiffre par la rentabilité par le fait d'être juste un maillon qui n'a pas d'autonomie qui est écrasé par en haut qui ne sait plus pourquoi il fait son travail et qui doit faire du rendement rendement rendement qui rentre dans des tableaux Excel mais qui n'a plus à voir avec l'humain et avec la réalité de son travail et du sens de son travail et moi je pense que nous devons être celles et ceux qui portons l'idée que la coopération dans le travail que donner plus d'autonomie aux salariés dans le travail et bien c'est la clé d'une meilleure pas productivité dans le sens capitaliste du terme mais en tout cas d'une meilleure qualité du travail que l'on produit et d'un meilleur épanouissement des salariés des individus dans le travail et cette question du management jamais à gauche on se la prend c'est pas une question qui nous intéresse tellement la manière dont s'organise le travail on parle de tout un tas d'autres choses or dans la réalité quotidienne vécue par celles et ceux qui travaillent c'est quelque chose qui peut être extrêmement violent extrêmement enfin qui rend malheureux parce qu'on perd encore une fois le sens de ce qu'on fabrique et la sous-traitance en fait partie parce que quand on était dans une entreprise on voit tous les maillons de la chaîne on voit ce qu'on produit à la fin mais si vous êtes dans un petit machin qui produit que les boulons et que vous voyez pas à la fin le produit fini de ce pourquoi vous avez fait un boulon ça donne aussi une perte de sens qui est tout à fait considérable sans compter que les boîtes dans la boîte cassent le code du travail et qu'aujourd'hui dans les mobilisations ce que disait Gérard c'est très important dans les mobilisations dans les boîtes on le voit avec Camayo là tout de suite oui c'est Camayo c'est ça qui réouvre et qui est racheté par Célio bon bah au passage qu'est-ce qui se passe ?
les gens perdent leurs droits les gens perdent l'identité de leur marque les gens perdent leurs repères et ça c'est une vraie vraie catastrophe et pourquoi c'est fait comme ça ? c'est fait comme ça au profit du capital et je ne comprends pas que la loi ne soit pas fichue d'interdire ces boîtes dans la boîte je n'en ai pas obligé de leur laisser le pouvoir il y a la possibilité d'encadrer donc voilà pour l'agenda parlementaire je pense que la question de la sous-traitance est une vraie question sur laquelle on devrait se ranger et aussi la question du management
merci Clémentine et pour poursuivre ce débat sur le travail et la rentrée parlementaire je vous invite je vois qu'il y a beaucoup de frustration suite aux interventions qu'on n'a pas pu prendre il y a un atelier cet après-midi à 17h à Bibliothèque avec Arthur Delaporte notre député aussi membre de la commission des affaires sociales et secrétaire nationale au travail qui vise à poursuivre ces questions spécifiquement sur le travail les salaires la rémunération donc je vous invite à vous y rendre et pour conclure cette plénière Mickaël là aussi en 2-3 minutes maximum revenu universel VS travail utilité sociale VS il faut que ça paye comment on s'en sort dans tout ça et comment la gauche et plus largement ceux qui nous soutiennent peuvent porter un discours audible sur le sujet
je voudrais faire deux points le premier c'est rebondir sur ce que disait Clémentine sur les minimas sociaux parce que ça me paraît essentiel évidemment faire en sorte que le travail paye c'est le rémunérer c'est garder les droits sociaux mais il y a un piège important qui est tendu notamment à la gauche depuis très longtemps et qui consiste à demander aux personnes qui ne sont pas en emploi de se justifier et il y a une maltraitance sociale une guerre aux pauvres qui est menée et qui nuit d'abord aux pauvres ensuite aux salariés notamment les salariés pauvres et c'est vraiment important de garder ça en tête alors d'abord pas de confusion le plein emploi ça a existé en France on a eu du plein emploi masculin dans les années 70 c'est à dire que il n'y avait pas de chômage le chômage c'est une chose ça existe et il n'y en avait pas à l'époque aujourd'hui il n'y en a plus on n'a pas de plein emploi et donc on peut et c'est un combat de la gauche se battre pour le plein emploi il faut savoir que dans les générations actuelles qui arrivent à la retraite il y a la moitié des personnes qui connaissent des épisodes de chômage long c'est à dire plusieurs mois 4 mois 5 mois et ce chômage il est parfois à l'assurance chômage pas toujours parfois pas indemnisé d'une part le chômage c'est une privation involontaire d'emploi mais deuxièmement il n'y a pas de société où tout le monde travaille il n'y a pas de société où tout le monde est en emploi tu as raison Clémentine il y a plein de travail qui n'est pas de l'emploi et notamment le travail domestique et c'est extrêmement d'abord certains disent tout le monde a vocation à travailler ça se discute mais en tout cas pas tout au long de sa vie il peut arriver plein de choses dans la vie la maladie le handicap des difficultés de logement des problèmes psychologiques s'occuper de ses enfants que sais-je qui font qu'on n'est pas en emploi et même qu'on n'est pas en situation d'en rechercher et aujourd'hui il y a une guerre aux personnes qui sont sans emploi on gèle les minima sociaux ne sont pas valorisés ils sont trop faibles on a un taux de pauvreté en France des enfants de 1 sur 5 un enfant pauvre c'est un enfant dont les parents sont pauvres c'est un enfant dont les parents sont au RSA aux minima sociaux à l'AH etc il n'y a qu'une seule réponse c'est de revaloriser ces minima sociaux et d'en supprimer la conditionnalité c'est-à-dire que le degré de contrôle est hallucinant il n'y a pas un contribuable qui est contrôlé comme un bénéficiaire de minima sociale et donc moi je ne rentre pas dans les trucs revenus universels etc c'est pas ça mais avoir un revenu minimum garanti d'un niveau qui permette de vivre dignement d'éduquer ses enfants de se loger ça à mon avis il ne faut pas le lâcher il ne faut pas rentrer dans le piège de mais est-ce qu'il a bien est-ce qu'il a fait quelques heures etc d'abord tous les chercheuses et chercheurs en sciences sociales vous montrent que c'est pas comme ça que ça se pose que évidemment pour trouver un emploi une qualification il faut d'abord répondre aux besoins élémentaires qu'en plus des personnes aux minima sociaux travaillent mais donc il faut garder ça en tête il ne faut pas opposer la question du fait que le travail paye qu'il faut lutter contre le plein emploi d'une part et la question de la revalorisation des minima sociaux les deux sont nécessaires et ensemble et je fais un deuxième point c'est à mon avis pour la question du titre que ne veut pas Emmanuel Macron en nommant un gouvernement NFP il dit j'ai peur du désastre j'ai peur que ça ne marche pas moi en écoutant les débats je pense qu'il a surtout peur que ça marche c'est à dire qu'il y a une exploration des possibles il y a des choses qui sont possibles la brogation de la réforme des retraites c'est tout à fait possible c'est financé c'est facile moi mon boulot d'économiste c'est de dire c'est pas possible c'est de voir les problèmes donc quand on parle par exemple d'augmentation des salaires du SMIC mon premier réflexe c'est de voir tous les problèmes que ça pose mais il faut regarder les vrais problèmes et en fait on nous a mis devant les yeux des épouvantails des choses fausses comme le fait que le travail était un coût qu'il fallait absolument baisser le coût du travail tout le temps et le résultat de ce dont on parle en matière de travail la dégradation des conditions de travail c'est aussi le résultat de cette politique quand on veut toujours que le travail ne coûte pas cher quand on compresse les heures quand on ne reconnaît pas toutes les heures qui sont faites ça dégrade aussi les conditions de travail et donc moi c'est pas moi qui ai écrit le programme je le découvre dans le journal comme tout le monde SMIC à 1600 euros je discute avec mes copains économistes est-ce que c'est possible c'est beaucoup quand même plus 15% et on regarde et donc ça pose des questions il y a des vraies questions mais il y en a plein qu'on nous a mis dans la tête qui sont fausses d'abord quand vous augmentez le SMIC en moyenne le coût du travail baisse c'est un effet paradoxal mais il y a tellement d'exonérations de cotisations employeurs qu'en fait quand vous augmentez le SMIC malheureusement tous les salaires au-dessus du SMIC n'augmentent pas autant et donc pour les entreprises en moyenne c'est pas une réponse à tout le coût du travail n'augmente pas de 15% du tout on parle juste d'augmenter de 15% le coût du travail en bas premièrement deuxièmement les coûts de production des entreprises c'est pas que les salaires et c'est surtout pas que les très bas salaires même dans les entreprises très intenses en bas salaire dans les secteurs très intenses en bas salaire comme la restauration même les associations d'ailleurs les coûts de production c'est pas que les salaires et c'est certainement pas que les salaires au SMIC donc si vous augmentez de 15% le SMIC ça fait pas du tout augmenter les coûts de production de 15% c'est plutôt 1% 2% des chocs qui sont très comparables voire inférieurs à plein de chocs qui ont été perçus troisièmement si vous augmentez les salaires partout il n'y a pas de problème de concurrence d'une entreprise à l'autre et donc rien n'empêche par exemple une boulangerie d'augmenter ses prix et comme je vous ai dit que c'est pas 15% du coût de production mais que c'est plutôt 1 ou 2% il est possible parce qu'on reconnaît les travails les moins qualifiés entre guillemets les moins rémunérés qu'on les reconnaît socialement parce qu'on a décidé d'augmenter les personnes qui avaient ces emplois pour qu'elles puissent vivre pas faire de boulot par exemple s'occuper de leurs enfants il est possible que ça se transmette dans les prix j'arrive à là
c'est passionnant mais on va devoir plus très rapidement merci
il reste des questions qui se posent il y a la question des associations il y a la question de comment on fait pour que les autres salaires suivent par exemple qu'on n'augmente pas que le SMIC etc comme on articule ça avec les négociations salariales moi je pense qu'il y a des vraies questions qui se posent mais je pense que la raison pour laquelle tout ça n'est pas tenté c'est justement pour ne pas explorer ces possibles et c'est pour rester sur des épouvantails il n'est pas possible de garder l'âge de la retraite à 62 ans il n'est pas possible d'augmenter les salaires des choses qu'on entend depuis une quinzaine d'années et en fait quand on regarde dans la réalité il y a des questions qui se posent mais ce n'est pas celles qu'on nous a posées et c'est ça qui est refusé aujourd'hui
merci Michael encore merci à toutes et tous pour vos interventions éclairage merci
Ian Brossat