Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 30/10
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Néhila Latrousse. 32 sur BFM TV et RMC, Jean-Philippe Tanguy, bonjour.
Bonjour, merci pour votre invitation.
Député de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, et dans quelques instants on reviendra sur cette circulaire que Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, a adressée au préfet pour serrer la vis sur l'immigration. Mais avant cela, Jean-Philippe Tanguy, je voulais vous parler de l'abrogation de la réforme des retraites. J'avais cru comprendre que votre parti voulait revenir sur la retraite à 64 ans, sauf qu'hier, les députés devaient voter pour inscrire cet objectif dans le budget, à l'initiative de la gauche et le Rassemblement National à voter contre. Est-ce que vous dites des choses que vous ne faites pas ? Est-ce que vous êtes des tartuffes ?
Non, pas du tout, c'est la gauche qui est tartuffe et qui fait un petit numéro de passe-passe pour faire croire aux Françaises et aux Français qui ont désespérément envie et besoin que l'on abroge la réforme des retraites, qui est plus de justice sociale dans notre pays, de faire croire que leur proposition pouvait abroger la réforme des retraites. Ce n'est pas possible. C'était un vote symbolique. C'était pas seulement un vote symbolique, c'était un vote de mensonge, puisqu'en fait ça consistait surtout à augmenter les cotisations et à faire payer leurs promesses sur des illusions.
La vraie abrogation de la réforme des retraites, elle passerait demain avec la niche du Rassemblement National, mais c'est la gauche, avec le soutien des macronistes, qui a sciemment saboté cette proposition du Rassemblement National. D'ailleurs, tout le monde a pu le voir dans le débat public, parce qu'ils ne veulent pas que le Rassemblement National puisse appliquer une promesse que Marine Le Pen a toujours faite à Jordan Bardella, la justice sociale, l'accès à la retraite pour ceux qui ont travaillé dur.
Et j'y viens dans quelques instants, mais je reste sur le vote d'hier, Jean-Philippe Tanguys, que proposait en fait la gauche, c'était d'augmenter les cotisations pour les salaires les plus hauts, pour justement financer l'abrogation d'une réforme des retraites, parce qu'abroger la réforme, ça coûterait quelques 4 milliards d'euros par an, et jusqu'à 16 milliards en 2032. Une hausse de cotisations pour les personnes qui gagnent le plus, pour les salariés les plus riches, vous auriez pu le voter ? Est-ce que vous avez fait peur de sectarisme en refusant, au final, c'est de donner le point à la gauche hier, avant le texte que vous proposez ?
Non mais pas du tout, nous, d'ailleurs la gauche... C'était pas du sectarisme ? Non, la gauche avait déjà proposé l'abrogation des retraites dans d'autres niches par le passé, nous l'avions soutenue, j'avais même à l'époque soutenu en commission des finances Éric Coquerel, qui avait très sévèrement attaqué par les macronistes, parce qu'il avait jugé recevable une proposition de loi Lyot, du groupe centriste.
Président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel.
Absolument, et à l'époque, seul le Rassemblement national avait soutenu la gauche pour que ce soit inscrit. Donc on n'a jamais fait preuve d'hypocrisie. L'hypocrisie, c'est de faire croire qu'en taxant quelques plus hauts salaires, on va réussir à financer les retraites. Évidemment, pourquoi techniquement on ne veut pas pénaliser ces salaires ?
Parce que ce sont des gens très mobiles, ce sont des gens qui ont une capacité à s'expatrier, à travailler en dehors de notre pays, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, même quand la gauche était au pouvoir avec François Hollande, qui est redevenu député du nouveau Front populaire, il ne touchait pas à ces hauts salaires comme il devrait contribuer. C'est vrai qu'il y a une injustice sur ces hauts salaires, je le reconnais et on le reconnaît, mais c'est trop facile, quand on est dans l'opposition comme la gauche, de faire des promesses qu'ils n'appliquent eux jamais quand ils sont au pouvoir, parce que c'est de la poudre aux yeux.
Vous le disiez il y a quelques instants, Jean-Philippe Tanguy, le Rassemblement national présente son propre texte demain à l'Assemblée pour abroger la retraite à 64 ans. Le problème, c'est qu'il n'y a plus rien dedans. Il a été en quelque sorte vidé de sa substance par un vote des députés en commission. Et de toute façon, vous n'avez pas la certitude non plus que la gauche joindrait ses voix aux vôtres pour abroger ce texte. Est-ce que ça veut dire que vous allez retirer votre proposition ?
Non, on va se battre jusqu'au bout. Il y a en commission, madame Latrouze, un député de gauche qui a eu le courage de voter pour l'abrogation de la retraite communiste parce qu'il venait du Rassemblement national. Ça veut dire que ces gens qui font beaucoup de promesses, qui sont très généreux en parole et en blabla, trahissent une fois encore, mais malheureusement ils sont habitués, les salariés, les ouvriers, les femmes qui ont des travaux difficiles, les Françaises et les Français qui sont les plus exposées aux risques et à la pénibilité du travail.
Eh bien, ils préfèrent faire de la petite politique, attendre que ce soit leur texte qui passe pour ne pas voter celle du Rassemblement national.
Quand vous dites qu'on va se battre, Jean-Philippe Tanguy, c'est-à-dire que vous croyez encore possible de convaincre la gauche de voter à vos côtés ?
Mais combattre, convaincre la gauche, je ne sais pas, mais en tout cas montrer aux Français la responsabilité des élus de gauche qui ont fait élire Emmanuel Macron alors qu'il y avait la réforme des retraites, qui ont réélu en juillet dernier des personnalités comme Madame Borne qui ont fait la réforme des retraites, qui ont fait élire en leur sein des personnalités qui ont dégradé les conditions de travail des Français. Aurélien Rousseau, député du Nouveau Front Populaire, qui était directeur de cabinet d'Elisabeth Borne pendant la réforme des retraites et que le Nouveau Front Populaire a recyclé.
François Hollande, évidemment, qui est responsable de la réforme touraine, qui a fait augmenter d'un an les cotisations des salariés. Donc ces gens sont des manipulateurs, des menteurs. Mais c'est grave parce qu'on aura sans doute, vous le savez Madame Latrousse, une dissolution dans les mois à venir.
Que vous espérez ou que vous anticipez ?
On anticipe tout simplement parce que c'est la réalité politique. Mais ça veut dire que même un mois, même deux mois de perte de temps par rapport à la proposition de Gauss à l'Assemblée, ça veut dire qu'on n'aura peut-être pas le temps de la voter avant une autre dissolution. Donc il y aura encore plus de Français qui partiront à la retraite de manière tardive alors qu'ils auraient pu profiter du résultat d'une vie de travail.
Sur le fond, le sujet, ce n'est pas complètement dingue aujourd'hui d'abroger la réforme des retraites. quand on voit le coût de la mesure et en parallèle les déficits et le budget rigoureux qu'en ce moment les députés sont en train de rédiger.
Non, vous savez ce qui est dingue Madame Latrousse, c'est de sciemment envoyer des gens au travail alors qu'on sait qu'ils sont déjà abîmés. C'est de sciemment provoquer des risques de maladies chroniques, d'invalidité, de souffrance au travail, du chômage des aînés, juste pour faire de l'affichage. C'est-à-dire que l'argent qu'ils prétendent récolter en allongeant la durée de la vie de retraite, on sait très bien que c'est dégradé sur les comptes de sécurité sociale et sur le bonheur des gens. Et tous ces gens, si vous voulez, on est en réforme des retraites permanentes.
Depuis que je suis né, et sans doute depuis vous aussi que vous avez conscience de la politique, la France est en permanence en réforme. Réforme qui consiste tout le temps à priver les gens de droits sociaux. On le voit encore, ils veulent priver les gens d'un jour férié. Ces dirigeants politiques... Vous êtes contre ? Non, oui, on est contre. On est contre parce qu'il faut que les dirigeants politiques, ils ne sont pas là juste pour mettre un coup de bâton sur la tête des Français, des Français qui travaillent.
Le jour férié, en moins, vous dites, c'est non.
C'est ce qu'on dit. On l'a déjà fait il y a 20 ans et puis on se retrouve avec le même problème. La vraie clé, c'est comment on recrée de la richesse dans notre pays. Richesse qu'on peut ensuite partager selon le mérite de chacun. Mais ces hommes et ces femmes politiques qui n'ont aucune idée pour relancer la croissance, qui n'ont aucune idée pour la productivité, qui n'ont aucune idée sur l'innovation, qui ne font que de la politique politicienne de soumission à l'Union Européenne au marché financier. À la fin, les comptes sont dégradés, la France est ruinée et les droits sociaux des Français sont préservés.
Vous savez, pendant presque 200 ans, la gloire et l'honneur des femmes et des hommes politiques, c'était comment on accorde des droits sociaux aux gens. Maintenant, la classe politique qui dirige la France depuis 30 ans, c'est comment ils font pour priver les Français de droits sociaux. Eh bien, nous, on prétend que l'on peut créer de la richesse et rendre des droits aux Français.
Jean-Philippe Tanguy, dans la niche parlementaire que vous présentez demain, il n'y a pas que la progression de la réforme des retraites. Il y a aussi les peines planchers qui vont vous occuper avec un texte pour remettre au goût du jour cette disposition pénale qui avait été supprimée par François Hollande en 2014. Est-ce que vous avez fait les comptes, Jean-Philippe Tanguy ? Est-ce que le retour des peines planchers, ça passe demain à l'Assemblée nationale ? Qui peut voter à vos côtés ?
Écoutez, ça devrait passer avec le soutien des députés de M. Wauquiez qui ont fait savoir dans la presse ce qu'ils votaient pour.
Vous comptez sur une bienveillance du gouvernement Bruno Retailleau lorsqu'il était interrogé, ministre de l'Intérieur, il dit « Mes positions sur ce point sont connues mais je ne fais pas la politique pénale. » Il se trouve que le ministre de la Justice, Didier Migaud, lorsqu'il était député socialiste, avait précisément combattu les peines planchers. Est-ce que vous avez eu un retour du gouvernement pour savoir laquelle des deux lignes l'emporte ?
Écoutez, pour le moment, non, ce qui d'ailleurs est un problème de transparence de l'avis parlementaire. En commission, les députés macronistes, y compris Horizon, qui avaient pourtant proposé une solution similaire, même si les plus faibles il y a quelques mois n'ont pas voté notre proposition et n'ont pas soutenu en tout cas publiquement. Donc ça pose un problème parce que plus le temps passe, plus sur ce sujet comme tant d'autres, Michel Barnier ressemble de plus en plus à Elisabeth Borne sur le sectarisme, sur le fait de balader les Français, sur un budget inefficace, sur le fait de ne pas respecter le Parlement et d'avoir des très belles paroles.
Alors des plus belles paroles à droite, Madame Borne, c'est des paroles plutôt à gauche mais c'est toujours du mensonge.
Il y a des annonces, il y a des actes même. Préfet par exemple pour réclamer des résultats, ne régulariser dit-il qu'au compte-gouttes et accélérer les expulsions. Est-ce que là vous dites bravo Monsieur le Ministre, on voit également que lorsqu'il se rend au Maroc, il obtient des paroles plutôt amènes des autorités marocaines pour faciliter les processus de réadmission ou d'expulsion, ça dépend où on se situe, des sans-papiers marocains. Là vous dites bravo quand même Bruno Retailleau, ça va plus vite peut-être qu'avec ses prédécesseurs.
On n'est pas pour la politique du pire. Quand ça va dans le bon sens, quand un ministre de l'Intérieur...
Et là ça va dans le bon sens ?
Oui ça, en tout cas ça ne va pas dans le mauvais sens. Demande plus de fermeté, demande l'application de la loi. Évidemment qu'on peut s'en réjouir. Vous savez déjà, Monsieur Retailleau qui ne voulait pas faire de régularisation, il en fait un compte-gouttes. Bon la situation est évidemment plus dure quand on gouverne que quand on est dans l'opposition comme l'était Monsieur Retailleau. Mais vous savez, moi je me méfie, on verra les résultats. Monsieur Retailleau il le sait, les Français le savent, ils l'ont vu depuis deux ans. On ne fait jamais la politique du pire avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. On soutient tout ce qui va dans le bon sens.
On pourra voter, je l'espère, une proposition de loi, un projet de loi du gouvernement sur l'immigration qui sera plus dur. Et quand on se réconcilie avec la grande nation marocaine, ce grand pays ami qui est le royaume du Maroc et ce souverain ami de la France qui est Mohamed VI, eh bien on ne peut que s'en féliciter. Marine Le Pen avait publiquement appelé à une réconciliation avec le Maroc. Et évidemment, quand on a des grands contrats avec le Maroc, quand on a une coopération avec le Maroc, on peut avoir de meilleurs résultats plutôt que de se fâcher avec tout le monde parce que M.
Macron, il faut bien reconnaître, depuis ses temps, c'était quand même fâché avec la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et tous nos alliés africains.
Jean-Philippe Tanguy, pourquoi la présence de Yacine Bellatar vous choque tant ? D'ailleurs, dans la délégation d'Emmanuel Macron au Maroc, après tout, il est l'un des visages du lien qui existe entre Paris et Rabat ?
Je ne sais pas si c'est le visage du lien entre Paris et Rabat. Écoutez, c'est une personnalité qui a été condamnée, qui a... Ce n'est pas le seul dans la délégation ? Oui, c'est le seul que vous évoquez. Non, on évoque aussi M. Elguerrage qui a massacré...
François-Marie Bagné, photographe, qui fait partie du voyage. Pour l'instant, François-Marie Bagné n'est jamais cité par le Rassemblement National.
C'est un ancien député que M. Elguerrage, que M. Macron, a pris dans sa délégation. Je vous rappelle qu'il avait massacré avec un casque à moto le visage et le crâne d'un de ses adversaires socialistes qui l'avait été condamné sévèrement pour ça. Donc, M. Macron estime qu'on peut avoir dans une délégation, c'est bien plus grave que M. Belatar, une personnalité violente, non seulement dans les mots, mais dans les actes.
Et le fait qu'en France, il n'y ait jamais aucune limite, qu'on ne pose plus aucune limite et qu'un criminel, quelqu'un qui a utilisé de la violence contre un autre Français, qu'il a massacré physiquement avec des séquelles extrêmement dures pour que cette personne puisse être honorée dans une délégation et qu'on présente à Mohamed VI, on est chez les dingues. M. Bagné, qu'est-ce qu'il faisait là ? Cette personne a abusé Ça vous choque autant
que M. Belatar, dont on a quand même beaucoup plus entendu parler ?
C'est parce que M. Belatar fait aussi beaucoup parler de lui. Il a fait autour des médias, ce qu'a pas fait M. Bagné, avec beaucoup de vulgarité pour se prévaloir d'un lien particulier. Et M. Belatar, il s'est illustré en co-organisant une manif en soutien du CCIF. Donc, en soutien...
Il a co-présenté un gala organisé par le CCIF et organisé une manifestation contre l'islamophobie.
Oui, non, non, une manifestation islamiste avec des gens qui sont des islamistes et depuis le CCIF... Ce dont il se défend, c'est-à-dire,
je dois le préciser aussi pour des raisons de droit, Jean-Philippe Tanguy.
Vous avez sans doute raison de préciser, de faire votre travail, mais je vous rappelle que CCIF n'existe plus en France parce qu'ils ont été convaincus de liens avec l'islamisme et qu'ils ont essayé de se recycler au niveau européen. Il est vrai que la Commission européenne favorise et finance régulièrement des mouvements islamistes. Malheureusement, avec l'argent des Français, ce qu'on condamne seul au Rassemblement National.
Et je précise que Yassine Belatar, invité de BFM TV hier, se disait très fier en tant que franco-marocain d'avoir fait ce chemin dans un avion floqué aux couleurs de la République française. Il n'est pas laissé
que ça parce qu'il était habillé en basket et en clothing. Et je crois qu'on aura fait le point sur ce dossier. Jean-Philippe Tanguy.
J'en reviens au budget tout de même avec le gouvernement qui veut aligner le régime d'indemnisation des arrêts maladie des fonctionnaires sur celui du privé pour économiser 1,2 milliard d'euros. Si je résume, c'est en indemnisant moins bien et moins longtemps les arrêts dans le public. Vous soutenez l'idée ? C'est-à-dire que vous êtes d'accord par exemple pour que les policiers, les infirmiers, les enseignants, les secrétaires de mairie soient moins bien indemnisés lorsqu'ils sont malades ? Je comprends votre question.
Mais nous, on aspire à gouverner. Alors on peut faire de la démagogie et promettre tout et n'importe quoi quand on est dans l'opposition pour trahir toutes ces promesses. Ce n'est pas la philosophie de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. La France fait face à une crise budgétaire extrêmement grave. Vous avez 16 milliards d'euros, 16 milliards d'euros de non-contrôle des dépenses sur les arrêts maladie. Cette mesure, si elle est justement appliquée et négociée avec les syndicats, nous semblons pouvoir ramener un peu d'argent public pour financer notre modèle social. des policiers municipaux qui disent
si la mesure est adoptée, vous démotiverez une fois de plus les 27 000 policiers municipaux français qui ont déjà le moral en berne depuis plusieurs années. Qu'est-ce que vous leur dites à ces policiers municipaux ? Vous qui défendez l'ordre, qui défendez précisément ces professions ? Désolé. Vous aussi, il va falloir faire des efforts. Démotivez-vous.
Je comprends la difficulté. Je ne nie pas que ce soit un effort que l'on demande aux Françaises et aux Français, que ça puisse être difficile pour des gens qui n'abusent pas du système. Et ce système est hors contrôle. Il y a une fois plus 16 milliards d'euros. Si demain, le Rassemblement National est amené à gouverner comme toutes les forces politiques en réalité, nous ne saurons pas comment assurer sa pérennité. Par contre, la particularité de la proposition de Jordan Bardella qui l'a rappelé lundi, c'est que nous, l'argent qui est économisé, on veut le rendre fonctionnaire, notamment dans le paiement des heures supples.
Et là, ça répond aux problématiques de la police municipale ou d'autres professions comme les agents pénitentiaires. Dans notre pays, l'État est un très mauvais employeur, Madame Latrousse. Il n'honore pas ces heures supplémentaires. Et notamment, pour les agents pénitentiaires, il y a plusieurs semaines d'équivalent de temps de travail qui ne sont pas payés dans la pénitentiaire. Donc, on veut que cet argent qui soit économisé sur ce jour de carence puisse être rendu aux fonctionnaires dont les heures supplémentaires ne sont pas honorées, dont les conditions de travail sont difficiles.
C'est, je pense, un moyen très rapide d'honorer cette promesse parce que les agents de la pénitentiaire comme la police et comme d'autres fonctions publiques, les soignants dont les heures supplémentaires ne sont jamais payées, c'est un sujet qui traîne depuis plus de dix ans.
Tout de même, lorsqu'on regarde vos votes ces derniers jours, ces dernières semaines à l'Assemblée, Jean-Philippe Tanguy, la question se pose est-ce que le Rassemblement National n'est encore ni de droite ni de gauche quand on regarde le détail de tout ce à quoi vous vous êtes opposés, le relèvement du taux du prélèvement forfaitaire unique, la pérennisation d'une contribution sur les hauts revenus, le retour de l'impôt sur la fortune, l'impôt mondial sur les gros patrimoines, pareil pour l'augmentation de la fiscalité sur le siège des entreprises.
Systématiquement, le Rassemblement National a été contre ces mesures quand dans le même temps vous avez voté des mesures plus favorables aux plus aisées sur les gros héritages ou sur les allègements de cotisations patronales. Par exemple, est-ce que vous êtes devenu un parti et de droite et de droite et oserais-je même dire un parti macroniste au fond sur l'économie ?
La gauche a beau jeu de faire ça, les macronistes nous accusaient exactement les clairs.
Là, les votes sont clairs, Jean-Philippe Tanguy.
Ce n'est pas clair du tout parce que ce que vous appelez un geste pour les cotisations salariales, c'est sur les personnes au SMIC, c'est sur les personnes qui sont au SMIC et qui ont peur que ça détruise des dizaines de milliers d'emplois. Ce n'est pas du tout un geste pour les patrons, c'est pour protéger l'emploi des personnes malheureusement peu qualifiées qui sont exposées à la concurrence internationale. On a proposé
C'est pour augmenter les salaires de la gauche.
La gauche refuse systématiquement. Je vous donne un exemple. La taxe sur les rachats d'actions. Il y avait un amendement de Mme Sasse qui taxait les rachats d'actions. Député écologiste. Voilà, Mme écologiste. Un milliard d'euros. Ils ont préféré voter l'amendement de Mme Sasse à un milliard d'euros que le nôtre qui taxait à 9 milliards d'euros les rachats d'actions parce que ce sont des pratiques spéculatives. Les taxes sur la surdividende, 750 millions d'euros. Ils ont refusé de voter notre taxe sur les idées.
Vous vous défendez d'être devenu de droite
et de droite ? Nous sommes toujours marinistes, gaullistes et nous défendons l'intérêt général. Sauf que Marine Le Pen a critiqué la suppression
par exemple de l'impôt sur la fortune. Elle avait critiqué aussi la flat tax. Elle avait dit ça engendre les gilets jaunes, c'est des cadeaux plus aisés.
Mme Latour, elle a demandé une suspension de séance pour négocier le rétablissement d'un impôt sur la fortune. La gauche a refusé de négocier avec moi. J'ai pris mon risque politique. J'ai dit publiquement que j'étais prêt à négocier avec des gens qui nous insultent pour l'intérêt des Françaises et des Français. Ils ont refusé de négocier. Ils voulaient leur impôt et pas un autre.
Mais en proposant là aussi une mesure
pour les propriétaires ils sont dans la politique du pire.
Ils sont dans un patrimoine immobilier au-delà de 2,6 millions d'euros. C'est ce que vous dit la gauche. Ce que vous avez proposé, ça allait encore dans le sens des plus riches. Mais nous considérons
que ceux qui investissent dans notre pays doivent être récompensés. Nous, on n'est pas pour punir les riches. On ne considère pas qu'avoir réussi ou être riche est une maladie ou qu'il faut les punir. Il faut récompenser les comportements patriotes, les comportements d'investissement. Donc effectivement, ceux qui investissent dans notre pays doivent être protégés. Par contre, on a un impôt sur la fortune financière de 7 milliards d'euros dont je ne pense pas que ce soit une paille qui pénalisait les comportements spéculatifs et l'enrichissement sur le dos des Français. La gauche n'a pas voulu le voter.
La gauche a inventé une espèce de machin qu'ils appellent un impôt sur la fortune climatique. Donc en fait, ils essaient de mélanger les causes, de raconter n'importe quoi. Je ne vois pas en quoi imposer ceux qui ont une maison ou une résidence principale à l'île de Ré va pouvoir changer le climat. Ça, c'est les veines promesses de la gauche. Mais on sait comment ça finit. Ça commence avec Che Guevara, ça finit avec François Hollande sur son scooter.
Jean-Philippe Tanguy, est-ce que vous savez quel est le point commun entre Jordan Bardella et Bilal Hassani ?
Ah non, là, vous avez posé une colle.
Eh bien, les deux ont été privés de publicité par la régie publicitaire de la SNCF. Jordan Bardella pour son livre. Bilal Hassani, c'est lorsqu'il faisait la couverture d'un magazine où il était grimé en idole chrétienne. Franchement, est-ce qu'il n'en fait pas trop un peu ? Dans les deux cas, la régie de la SNCF a considéré que c'était une expression de nature politique, religieuse et que cela contrevenait aux conditions générales de sa régie. Mais ce que je veux dire par là, c'est que dans les faits, Jordan Bardella n'est pas le premier à se voir refuser une publicité dans les gares. Il n'en fait pas trop sur le thème de la censure, de la victimisation. Quand on regarde, franchement,
les exemples sont légions. Mais écoutez, c'est une opération, vous avez posé la question inverse à d'autres. Les exemples sont légions. Il y a déjà eu des livres politiques, M. Le Maire, putain de temps, M. Sarkozy. C'était exactement plus une biographie pour M. Sarkozy.
Une campagne de Greenpeace a été interdite sur les panneaux de gares ?
Mais je ne sais pas ce que disait le message de Greenpeace. C'était un message frontalement politique. Le fait que Jordan Bardella mette sa photo avec le titre de son ouvrage n'est pas un message politique en soi, ou considérer que toute biographie est un message politique.
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu une opération des syndicats d'extrême-gauche qui ont voulu bloquer la campagne de Jordan Bardella, qui hier a l'assemblée d'ailleurs un député d'extrême-gauche que je connais malheureusement bien puisqu'il a battu Nicolas Dupont-Aignan à cause de la droite et des macronistes qui ont préféré faire élire un syndicaliste d'extrême-gauche plutôt que de ne pas faire battre Nicolas Dupont-Aignan s'est félicitée publiquement du fait qu'ils avaient réussi à interdire la campagne de Jordan Bardella. Donc je veux bien qu'on soit paranoïaques mais visiblement la gauche en a fait un combat et avec la faiblesse de la SNCF, ils l'ont gagné.
De toute façon, on connaît malheureusement la faiblesse de la SNCF avec ce genre de personnalité.
Juste d'un mot, Jean-Philippe Tanguy et vous allez me dire peut-être que j'ai mauvais esprit mais est-ce que ce livre c'est pour mettre en orbite un éventuel candidat de substitution si Marine Le Pen venait à être condamnée pour inéligibilité dans le procès qu'elle affronte en ce moment. C'est pour mettre en orbite Jordan Bardella ?
Marine Le Pen ne sera pas condamnée pour inéligibilité. Marine Le Pen est innocente de tout ce qu'on lui reproche. Je n'ai aucun doute sur ce sujet. Ce n'est pas la campagne de Jordan Bardella qui se prépare. Jordan Bardella est déjà en orbite et c'est Marine Le Pen, je crois, il le reconnaît lui-même, qui l'a mis en orbite parce qu'elle a confiance dans les talents, elle a confiance dans le mérite. Elle n'a pas peur de personnalités qui peuvent affirmer une identité forte, qui peuvent convaincre les gens. Elle se sait suffisamment forte et populaire pour affronter à la fois un procès injuste, un budget qui nous appelle à la responsabilité tout en répondant aux aspirations des Français.
Jordan Bardella est déjà en orbite, c'est la deuxième ou première personnalité politique des Français. Ce livre permet de nouer un lien différent avec nos compatriotes et j'espère qu'il aura le succès qu'il mérite.
8h52 sur RMC et BFM TV. Merci Jean-Philippe Tanguy d'être venu à ce micro ce matin. C'est un président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Bonne journée à vous et bonne journée à tous.
Jean-Philippe Tanguy