Droits de douane : "Tout ce qui va créer des barrières va être extrêmement défavorable à notre industrie", affirme le président de France Chimie
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- 0:24OuverteRéponse directe
Que l'on comprenne bien de quoi on parle concrètement, la chimie, on la retrouve dans quels produits et quel est le poids des exportations vers les Etats-Unis du secteur que vous représentez ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Alors dès ce mercredi, il devrait y avoir notamment une hausse de 20% des droits de douane sur tous les produits en provenance d'Europe qui entrent sur le territoire américain. Comment est-ce que vous vous y préparez ?
- 2:43OuverteRéponse partielle
Mais au-delà de ça, Frédéric Gaucher, au-delà de cette stratégie de long terme, quelle doit être la stratégie de court terme de l'Union Européenne ? On voit qu'il y en a deux, en gros deux formes de stratégie qui s'opposent.
- 3:33RelanceRéponse directe
Et donc, quand l'Union Européenne a proposé aux Etats-Unis une exemption totale des droits de douane sur les produits industriels, ça veut dire que vous seriez concerné si les Etats-Unis acceptaient ce deal ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Alors, le secteur de la chimie, vous avez commencé à le dire, est déjà mal en point, avec des suppressions de postes à la chaîne qui sont annoncées par beaucoup d'entreprises du secteur. La plus emblématique, c'est le site de Vancorex qui emploie 500 personnes et qui sera fixé sur son sort cette semaine. Est-ce que vous craignez qu'avec cette tension commerciale, il y ait d'autres suppressions de postes à venir ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Mais donc, est-ce que vous craignez aujourd'hui, Frédéric Gaucher, qu'il y ait d'autres suppressions de postes dans le secteur de la chimie en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Nous avons coutume de dire que la chimie est l'industrie des industries. Nous travaillons rarement directement pour le consommateur final, mais pour toutes les industries de transformation, le médicament, le transport, l'énergie, la construction. »
- 1:15Invité politiqueChiffre
« Nous avions également des importations importantes, puisque c'était à hauteur de 62 milliards. Donc nous avions un solde positif, c'est le deuxième solde après l'aéronautique. »
- 1:27PrésentateurFait
« La France est le deuxième pays exportateur vers les Etats-Unis dans le secteur de la chimie derrière l'Allemagne et devant l'Espagne en Europe. »
- 1:46PrésentateurFait
« Il devrait y avoir notamment une hausse de 20% des droits de douane sur tous les produits en provenance d'Europe qui entrent sur le territoire américain. »
- 2:57PrésentateurPromesse
« Il y a celle de la Chine, en gros œil pour œil, dent pour dent. La Chine a décidé de riposter à la même hauteur que les Etats-Unis, plus 34% dès jeudi. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Structurellement, ces pertes d'emploi et ces restructurations ont commencé pour les raisons que je vous ai indiquées, parce qu'il y a un déficit de compétitivité de l'Europe en général et de la France en particulier par rapport au reste du monde. »
- 4:41Invité politiqueChiffre
« Qui est devenue la première usine chimique du monde, puisqu'aujourd'hui, ça représente 50% de la demande mondiale qui est fabriquée en Chine. »
- 5:12Invité politiquePromesse
« Aujourd'hui, je crains qu'il y ait des suppressions de postes encore à venir. Non pas en raison des barrières douanières érigées par M. Trump, mais tout simplement parce qu'il y a un ajustement dû à la perte de compétitivité. »
- 5:25Invité politiquePromesse
« La semaine dernière, nous étions à l'Elysée et nous avons rappelé au président de la République et à son gouvernement qu'il était urgent d'agir et de prendre les mesures salutaires pour restaurer notre compétitivité. »
- 6:21Invité politiqueChiffre
« Il y a une étude de Rexécote qui le montrait. Nos charges sociales et nos impôts de production nets de toutes les aides et les réductions qui ont déjà été faites représentent 18% de notre valeur ajoutée. »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous. Ce soir, après une nouvelle journée de panique sur les places financières européennes, les yeux sont rivés vers les Etats-Unis. Donald Trump va-t-il mettre sa menace à exécution ? Bonsoir Frédéric Gaucher.
Bonsoir Isabelle Raymond.
Vous êtes à la tête de France Chimie. Le secteur de la chimie est très exposé aux hausses de droits de douane décidées par le président américain. Avant de rentrer dans le vif du sujet, que l'on comprenne bien de quoi on parle concrètement, la chimie, on la retrouve dans quels produits et quel est le poids des exportations vers les Etats-Unis du secteur que vous représentez ?
Nous avons coutume de dire que la chimie est l'industrie des industries. Nous travaillons rarement directement pour le consommateur final, mais pour toutes les industries de transformation, le médicament, le transport, l'énergie, la construction. Donc nous sommes vraiment une industrie en amont de toutes les autres.
Et donc vous exportez énormément ?
Et nous exportons énormément. Je rappelle les derniers chiffres publiés pour la chimie en France, c'était 109 milliards de chiffres d'affaires. 80 milliards étaient exportés en 2023. Donc nous avions également des importations importantes, puisque c'était à hauteur de 62 milliards. Donc nous avions un solde positif, c'est le deuxième solde après l'aéronautique. Mais vous comprenez qu'avec ce niveau d'import et d'export, nous sommes absolument dépendants de la fluidité du commerce mondial.
Et la France est le deuxième pays exportateur vers les Etats-Unis dans le secteur de la chimie derrière l'Allemagne et devant l'Espagne en Europe. Alors dès ce mercredi, il devrait y avoir notamment une hausse de 20% des droits de douane sur tous les produits en provenance d'Europe qui entrent sur le territoire américain. Comment est-ce que vous vous y préparez ?
Alors aujourd'hui, nous exportons 7 milliards. Comme vous le rappelez, c'est un solde important qui se dégage, puisque c'est près de 4 milliards en 2023. Alors comment on s'y prépare ? Évidemment, ça nous impacte, surtout qu'aujourd'hui, les usines de la chimie en France, comme dans le reste de l'Europe, ne sont pas pleines. Donc nous avons absolument besoin de remplir les usines. Donc nous avons besoin d'améliorer notre compétitivité et de créer surtout des conditions de compétitivité accrues. Alors on va parler de l'énergie, qui n'est pas assez bon marché pour être compétitive aujourd'hui en Europe, que ce soit le gaz et l'électricité.
Mais on va aussi parler du coût de la norme, on va aussi parler des coûts des charges et on va aussi parler de la nécessité d'avoir de la visibilité et une trajectoire très claire de ce que veulent faire la France et l'Europe en matière de politique industrielle. Pourquoi ? Parce qu'on investit pour des décennies.
Mais au-delà de ça, Frédéric Gaucher, au-delà de cette stratégie de long terme, quelle doit être la stratégie de court terme de l'Union Européenne ? On voit qu'il y en a deux, en gros deux formes de stratégie qui s'opposent. Il y a celle de la Chine, en gros œil pour œil, dent pour dent. La Chine a décidé de riposter à la même hauteur que les Etats-Unis, plus 34% dès jeudi. L'Europe, elle est plutôt dans une démarche de discussion, d'ouverture de négociations, en disant qu'il n'y aurait pas de taxes sur les produits industriels. Quelle est la bonne stratégie, à votre avis ?
Aujourd'hui, la bonne stratégie, c'est d'éviter l'escalade. Parce que, comme je vous l'indiquais, on exporte 80 milliards de notre chiffre d'affaires. Donc, tout ce qui va créer des barrières va être extrêmement défavorable à notre industrie. Ça, c'est le premier point.
Et donc, quand l'Union Européenne a proposé aux Etats-Unis une exemption totale des droits de douane sur les produits industriels, ça veut dire que vous seriez concerné si les Etats-Unis acceptaient ce deal ?
Si nous acceptions, effectivement, de nous mettre d'accord là-dessus, ça recréerait la fluidité du commerce international de la chimie dont on a absolument besoin. A la fois pour les produits qui rentrent, mais pour les produits qui sortent.
Alors, le secteur de la chimie, vous avez commencé à le dire, est déjà mal en point, avec des suppressions de postes à la chaîne qui sont annoncées par beaucoup d'entreprises du secteur. La plus emblématique, c'est le site de Vancorex qui emploie 500 personnes et qui sera fixé sur son sort cette semaine. Est-ce que vous craignez qu'avec cette tension commerciale, il y ait d'autres suppressions de postes à venir ?
Je pense que, structurellement, ces pertes d'emploi et ces restructurations ont commencé pour les raisons que je vous ai indiquées, parce qu'il y a un déficit de compétitivité de l'Europe en général et de la France en particulier par rapport au reste du monde.
Et notamment vis-à-vis de la Chine, parce que c'est quand même votre principal concurrent aujourd'hui.
Qui est devenue la première usine chimique du monde, puisqu'aujourd'hui, ça représente 50% de la demande mondiale qui est fabriquée en Chine. Donc, c'est absolument considérable. A titre anecdotique, il conviendrait de rappeler que Xi Jinping, le patron de la Chine, est un ingénieur chimique. C'est le seul grand dirigeant qui connaisse parfaitement son sujet en la matière et qui a compris le caractère stratégique de cette industrie.
Mais donc, est-ce que vous craignez aujourd'hui, Frédéric Gaucher, qu'il y ait d'autres suppressions de postes dans le secteur de la chimie en France ?
Aujourd'hui, je crains qu'il y ait des suppressions de postes encore à venir. Non pas en raison des barrières douanières érigées par M. Trump, mais tout simplement parce qu'il y a un ajustement dû à la perte de compétitivité. Et la semaine dernière, nous étions à l'Elysée et nous avons rappelé au président de la République et à son gouvernement qu'il était urgent d'agir et de prendre les mesures salutaires pour restaurer notre compétitivité.
Et notamment dans le secteur de l'énergie, en ayant une énergie à bas coût qui soit compétitive vis-à-vis de la Chine et vis-à-vis des États-Unis. Donc, vous étiez dans le bureau d'Emmanuel Macron la semaine dernière à l'Elysée. Au-delà de ça, qu'est-ce que vous lui avez demandé ? Est-ce que vous demandez notamment à l'exécutif un retour des aides comme ce que vous avez connu en période de Covid ? Est-ce qu'on en est là, en gros ?
Alors, je pense qu'on n'est pas du tout dans la situation de la crise de la Covid-19, qui était une pandémie mondiale qui s'imposait à tout le monde. Là, on est face à un déficit structurel, spécifique de l'Europe et plus important en France que dans les autres pays de l'Europe. Je le rappelle pourquoi il y a une étude de Rexécote qui le montrait. Nos charges sociales et nos impôts de production nets de toutes les aides et les réductions qui ont déjà été faites représentent 18% de notre valeur ajoutée. Par rapport aux Allemands, aux Italiens, aux Espagnols, c'est 6 à 7% de plus.
Donc, c'est ça la première action qu'on demande au gouvernement français, c'est de réduire cet écart, voire de le supprimer.
Et donc, pas de retour des aides type période Covid, mais restauration de la compétitivité. Merci beaucoup Frédéric Gaucher, président de France Chimie. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.