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interviewLCP (sur YouTube)· 3 juin 2026 53 min

L'Intégrale des questions au Gouvernement | 03/06/26

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Yaël Braun-Pivet : Bonjour à tous. La première question va être posée par Frédéric Maillot. - Frédéric Maillot : Merci.

Mes chers collègues, les assistantes familiales, ce sont ces femmes qui ouvrent leur coeur pour accueillir des enfants dont le parcours est difficile. Elles ont lancé un mouvement de grève à la Réunion pour dénoncer le manque de considération à leur métier. On leur demande toujours plus, sans se soucier des difficultés que cela implique.

Etre assistante familial n'est pas un boulot qui se termine à huit heures. C'est une charge mentale et une responsabilité qui dure 24 heures sur 24. Elle se soucie du bien-être qu'on porte aux enfants qu'elles accompagnent.

Elles sont épuisées, esseulées et abandonnées. Voilà la réalité que je refuse. Si le département veut faire de leur foyer une institution d'accueil, c'est tout un équilibre familial qui se déchire.

Nous sommes arrivés à un point de non-retour. Les assistantes familiales disparaissent peu à peu et le Gouvernement ne prend pas pleine mesure de la situation. C'est une disparition progressive de l'accompagnement de la part d'un employeur censé leur apporter des réponses constructives.

A la Réunion, les assistantes familiales sont bien moins payées que ceux et celles de France. La qualité de l'accueil est remplacé par une logique de chiffres au détriment de la souffrance des jeunes mais aussi des assistantes familiales. Ecoutons les revendications.

La posture du Gouvernement est fatal. Monsieur le ministre, votre parole compte. Allez vous la porter auprès des collectivités compétentes ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Stéphanie Rist. - Stéphanie Rist : Merci. Monsieur le député, merci d'attirer notre attention sur cette profession indispensable.

Vous avez raison, à la Réunion, les assistantes familiales représentent 80 % des modes d'accueil contre 36 % en Hexagone. Il existe une mobilisation pour dénoncer leurs conditions de travail ces derniers jours. Une loi de 2022 a déjà porté des avancées concrètes, la revalorisation de la rémunération minimale, des indemnisations, majoration pour les accueils, renforcement du droit du répit...

Ces mesures doivent être appliquées. Mais nous allons plus loin dans le cadre de la refondation de la protection de l'enfance. Nous avons présenté un projet de loi qui sera examiné à l'été, je l'espère, dans cet hémicycle.

Il crée un nouveau statut, l'accueil relais qui permet d'acquérir un enfant le week-end ou pendant les vacances. L'objectif est d'offrir un vrai répit pour ces assistantes familiales en activité. En parallèle, un décret permettra aux agents publics de cumuler leur emploi et l'accueil d'un enfant confié.

Enfin, sur les indemnités d'entretien, elles relèvent des conseils départementaux. Mais le Gouvernement est pleinement conscient des écarts entre territoires. C'est un sujet qui fait partie des travaux engagés avec les départements et les représentants de la profession.

Les assistants familiaux sont indispensables à la protection de l'enfance. Ils méritent des conditions d'exercice à la hauteur de leur engagement. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Sophie Vaginay-Ricourt. - Sophie Vaginay-Ricourt : Je m'adresse au ministre des transports. Sur l'axe Paris-Marseille, les Français sont restés huit heures durant prisonniers des rames de train.

Sans climatisation, ni eau, à plus de 30 degrés. C'était un enfer. Jadis, le TGV était notre fleuron.

Vous me direz que c'était un accident. Non, c'est un symptôme. C'est un réseau à bout de souffle.

Ce diagnostic, ce n'est pas nous qui le posons, c'est la SNCF. 1 milliard d'euros supplémentaires par an pour éviter le décrochage général, 80 000 km de lignes menacés. 3000 km déjà fermés en 10 ans.

Pendant que les voies ferrées se dégradent, le billet, lui, s'envole. L'usagé paye toujours plus un service de moins en moins efficace. Tarif prohibitif, petites lignes condamnées...

Chaque incident rejette un peu plus nos concitoyens vers l'avion et leurs voitures. C'est un paradoxe pour une nation qui a érigé la décarbonation en grande cause nationale. Quand l'Etat actionnaire exigera-t-il enfin de la SNCF le niveau de service que les Français payent et qu'ils méritent ?

Merci. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Laurent Panifous. - Laurent Panifous : Merci.

Madame la députée, je vous prie d'excuser le ministre des transports qui est en déplacement en Grèce. Je veux rappeler une réalité. 15 000 trains circulent chaque jour en France.

Dans leur immense majorité, sans difficulté majeure. Reconnaissons-le. Mais cela ne doit nous empêcher de regarder en face ce qui s'est passé.

Le week-end de la Pentecôte, l'un des plus chargés de l'année, avec 1,5 millions de voyageurs, a été marqué par un accident important qui a entraîné jusqu'à sept heures de retard, c'est inacceptable. La SNCF a indiqué qu'il résultait d'une rupture d'un câble liée à la chaleur. Nous devons commencer ces opérations plus tôt, avec les changements climatiques, il faut insister sur les opérations de maintenance et investir sur nos réseaux.

C'est l'objectif du contrat de performance signé par le Premier ministre. Il prévoit une hausse significative d'investissement. A partir de 2028, ils augmenteront de 5 %.

Il permettra d'adopter le réseau au changement climatique. 330 km seront remplacés chaque année avec une attention particulière aux plus sensibles. Cela s'accompagne aussi de l'arrivée de nouveaux matériels qui moderniseront l'offre ferroviaire et le confort des voyageurs.

Le Premier ministre a signé le contrat de performance avec la SNCF. Nous n'opposons pas les nouvelles lignes aux anciennes. Cette expérience doit nous permettre dans un second temps de... - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Madame la députée ? - Sophie Vaginay-Ricourt : Vous êtes en retard sur la canicule qui n'attendra pas 2028. Mais surtout, votre politique sacrifie les lignes du quotidien et facture le tout aux usagers. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Romain Tonussi. - Romain Tonussi : Merci. Monsieur le ministre de l'Economie, lundi, le Gouvernement a lancé une autre édition de Choose France.

Les Français n'y croient plus. La France a fermé davantage qu'elle en a ouvert en 2025. Le solde atteint désormais -63.

C'est le pire résultat observé depuis plus d'une décennie. Notre industrie ne représente plus que 13 % de notre richesse nationale. Ca aussi, c'est votre bilan.

Pendant que vous mettez en scène vos succès supposés, la giga Factory carbone vient de s'effondrer. Elle devait produire énormément d'emplois et participer à la réindustrialisation. incapable de faire face à la compétitivité étrangère.

Lorsqu'il s'agit de produire en France les panneaux solaires que vous subventionnez, il y a plus personne. Les industriels chinois encaissent nos bénéfices. C'est révélateur d'un pays où les industriels subissent les normes délirantes.

Lorsqu'une usine ferme, ce sont des emplois qui disparaissent. Ce sont des familles qui partent. Ce sont des territoires entiers qui s'effondrent.

Après bientôt 10 ans au pouvoir, combien de fermetures d'usines, d'échecs industriels et de promesses non-tenues vous faudra-t-il encore avant d'admettre votre échec ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Sébastien Martin. - Sébastien Martin : Merci.

Monsieur le député, il est intéressant de remarquer que le RN soutient le renouvelable quand les usines sont de leur circonscription mais quand elles ne le sont pas, il ne les soutient plus. Voilà le premier paradoxe de votre question. Par ailleurs, il est tellement amusant et intéressant de voir qu'il est impossible pour vous de vous réjouir pour la septième année consécutive où ce pays est le pays qui attire le plus d'investissements étrangers d'Europe.

Je sais que ça vous fait mal au coeur. Ce qui vous plaît, c'est à chaque fois qu'une usine ferme. Mais lorsque je vais ouvrir des usines dans vos circonscriptions, vous n'êtes jamais présents.

Ca serait très intéressant dans le parcours de Monsieur Bardella qu'il vienne un jour visiter une usine. Reprenons les chiffres. - Yaël Braun-Pivet : S'il vous plaît !

Il donne sa réponse. - Sébastien Martin : C'est la réponse de la démocratie. Pour continuer, entre 2005 et 2015, ce pays avait détruit 1 million d'emplois industriels.

Entre 2018 et 2024, nous avons recréé 180 000 emplois industriels. Essayez d'être aux côtés des ouvriers, de la fierté industrielle. Comme hier, nous étions à Toulouse sur un territoire avec une histoire industrielle forte et où Stellantis a annoncé 1 milliard d'euros d'investissement pour la France. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Monsieur le député ? Vous avez sept secondes. Non ?

La parole est à Michel Lauzzana. - Michel Lauzzana : Merci. Je m'adresse au Premier ministre.

Il y a deux ans, quasiment jour pour jour, Christophe Gleizes était arrêté en Algérie. Il est aujourd'hui le seul journaliste français emprisonné dans le monde. La représentation nationale témoigne son soutien plein et entier ainsi qu'à sa famille.

Je veux saluer les signes que le Gouvernement a su envoyer ces dernière semaine. Le déplacement du garde des Sceaux à Alger puis la réception par le ministre de l'intérieur de son homologue algérien. Ces gestes témoignent d'une volonté de renouer un dialogue nécessaire et indispensable dans nos relations bilatérales.

Mais Christophe Gleizes est toujours emprisonné. Arrestation il y a deux ans, quasiment un an d'emprisonnement. Une profession sous le choc est mobilisée.

Une famille est meurtrie et un homme dont le seul crime est d'avoir exercé son métier. Dans le cadre de cette reprise des relations diplomatiques, quelles actions concrètent le Gouvernement entend-il mener auprès des autorités algériennes pour obtenir la libération de Christophe Gleizes ? Sa situation sera-t-elle explicitement portée à l'agenda des prochains échanges bilatéraux ?

Pouvez-vous nous dire où en est la mobilisation consulaire et diplomatique en sa faveur ? La liberté de la presse n'est pas négociable. La République doit son soutien à un citoyen journaliste français. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Jean-Noël Barrot. - Jean-Noël Barrot : Merci. Je vous remercie de rappeler la situation de notre compatriote Christophe Gleizes qui est une figure à laquelle la ville d'Agen, le Lot-et-Garonne est particulièrement attaché.

Vous le savez, nous nous mobilisons pleinement pour obtenir sa libération. C'est cette mobilisation qui nous a permis le 11 mai dernier la première visite consulaire. Nos équipes sur place lui ont rendu visite, ont pu s'assurer de son état physique et moral et de pouvoir constater qu'il était bon, malgré la difficulté de l'épreuve qu'il traverse.

Ca va s'amplifier. Avec la famille, dont je veux saluer le courage, la mère de Christophe Gleizes a adressé une lettre à un politique de l'Algérie. C'est aussi le monde du sport, de la presse et des médias qui sont eux aussi attachés à la figure de notre compatriote qui se mobilisent.

La mobilisation du ministre de la Justice, et aussi du ministre Intérieur algérien sont à Paris. Nous allons passer le message. Nous considérons que la liberté de la presse n'est pas négociable. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Monsieur le député ? - Michel Lauzzana : Je pense à la famille qui est parti pour le rencontrer en Algérie. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Effectivement, on pense à eux. La parole est à Marianne Maximi. - Marianne Maximi : Fin 2024, Michelin a détruit 1200 emplois.

A l'époque le Gouvernement regretté cette décision. Le premier ministre Barnier disait qu'il allait poser des questions pour savoir comment les grandes entreprises avec l'argent public. Où en est votre enquête ?

Deux ans plus tard, Michelin récidive avec un plan de suppression de 1500 postes. C'est 10 % des emplois Michelin en France. Alors, où passe l'argent touché par Michelin ?

J'ai un scoop. Il va dans les poches des actionnaires. Car le même jour, ils distribuent 1 milliard d'euros en dividendes.

Ne me dites pas que les ventes sont en baisse. Depuis 2021, les dividendes ne font qu'augmenter. J'ai un document que Michelin vient de transmettre à Ses actionnaires.

Michelin est rentable. Ne me dites pas non plus que ce plan repose sur le volontariat. Quand vous êtes dans une entreprise qui fait des plans sociaux tous les deux ans, le climat est la peur, la compétition et la résignation.

Pendant que le président parade au salon Choose France, Des multinationales françaises désertent notre pays. Elles délocalisent et suppriment des emplois et vous, vous regrettez. Quand Michelin détourne des aides publiques, il n'y a même pas de sanction.

C'est ridicule. Le temps des pleurnicheries a assez duré. Nous pouvons créer des emplois industriels avec un objectif de bifurcation écologique.

Nous pouvons créer des conditions. Je n'ai qu'une chose à vous dire, si vous avez plus d'idées, laissez-nous faire. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Sébastien Martin. - Sébastien Martin : Merci. Madame la députée, vous évoquez la situation de l'entreprise Michelin.

J'ai été dans le Puy-de-Dôme ce week-end à l'occasion des opérations de portes ouvertes faites dans le cadre de Choose France. Il est évident que lorsqu'on France Michelin fait des annonces comme celle-ci, parce que nous avons tout le même attachement à cette même entreprise, dont nous devons tous être fiers...

Je le dis car effectivement, Michelin a annoncé un plan qui voit la suppression de 8500 postes étalées sur trois ans selon des modalités de départ volontaire, qui sont en cours de discussion entre les organisations syndicales et les entreprises. Ce matin encore, je discutais avec un porteur de projet qui va sans doute pouvoir reprendre un des sites de Michelin qui a fermé il y a un peu plus d'un an et demi. Michelin s'investit dès lors qu'il y a des difficultés.

Vous avez parlé du site en centre-ville là où il y avait les tests de pneus. Il y a des investissements qui sont faits. Un notaire d'entreprise a été inauguré et ouvert.

Enfin, vous parlez de la concurrence internationale. Je me permets de compléter ma réponse précédente. La France est le pays qui porte, au niveau européen, car c'est au niveau européen qu'il faut mettre en oeuvre des mesures de protection nécessaires, des systèmes de protection et de préférence européenne, y compris dans l'automobile.

Ca nous permettra de lutter contre le dumping asiatique qui importé des pneus à des coûts de production et de vente inférieure au prix de production. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Boris Vallaud. - Boris Vallaud : Monsieur le Premier ministre, plus d'un million de personnes déplacées, plus de 3000 civils tués, et 10 000 blessés en seulement trois mois.

Israël est engagé dans une fuite en avant meurtrière, toujours plus au nord du Liban, menaçant le droit international et la souveraineté d'un Etat francophone, francophile et d'un pays ami. L'histoire se répète pour les Libanais mis dans des guerres qui ne sont pas les siennes, pris en étau contre Israël et le Hezbollah, responsable de la mort de deux de nos soldats. Les solutions sont connues.

Retrait immédiat d'Israël, respect du cessez-le-feu, désarmement du Hezbollah au profit des heures force armer libanaises. Monsieur le Premier ministre, alors que le mandat se termine en décembre 2026, comment la France compte-t-elle s'engager aux côtés des Libanais pour maintenir une force d'opposition qui est la seule garantie de la paix et de la sécurité ? Quelles sanctions diplomatiques comptez-vous prendre pour faire pression sans délai sur Israël pour cesser ses pratiques criminelles ?

Si vous ne deviez apporter qu'une réponse, confirmez-nous devant la représentation nationale que la France défend au niveau européen la suspension de l'accord d'association avec Israël et que vous employez tous les moyens à la disposition de la France pour convaincre nos partenaires européens sans délai ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est au Premier ministre. - Sébastien Lecornu : Merci beaucoup.

Merci d'avoir appelé la mémoire de nos deux soldats tombés pour la France. D'autant plus qu'il s'inscrivent dans une longue liste de soldats qui ont perdu la vie. Pour être plus précis, depuis le début de cette guerre, la guerre des 12 jours, l'objectif de la diplomatie française est la sécurité de nos propres ressortissants.

C'est un enjeu de taille au Liban. Puis, la liberté de circulation maritime sur le détroit d'Ormuz car la question libanaise impacte la tenue des discussions directes entre l'Iran et les Etats-Unis. Puis, le soutien à nos partenaires, vous avez rappelé le lien qui unit la république française et la république libanaise.

Nous sommes dans un des rares états européens à l'avoir dit, il n'y aura pas de solution globale sur cette guerre en Iran en laissant de côté la question libanaise. Pour des raisons géopolitiques, qu'on connaît tous, le rapport de Téhéran avec le Hezbollah mais c'est une faute d'avoir laissé cette question de côté. Deuxième chose, il est évident que, non seulement, le cessez-le-feu doit être respecté, il est fragile, c'est le moins qu'on puisse dire.

C'est inacceptable. Mais Israël doit mettre fin à cette guerre et fin à l'occupation illégale qu'elle occupe sur le territoire libanais. Y compris parce que cette guerre ne se justifie pas et le peuple Israélien et le Gouvernement Israélien mené par Nétanyahou, ce qu'il fait, met en danger sur le moyen et long termes la sécurité de l'Etat d'Israël car ses opérations militaires créent un enjeu d'insécurité pour Israël.

Il faut avancer là-dessus. On voit bien la stratégie de la guerre permanente que le Premier ministre Nétanyahou est en train de déployer sous nos yeux. Ca doit être entravé, combattu, nous le faisons il faut aussi convaincre les partenaires de la région et les Etats-Unis d'Amérique d'avancer sur ce chemin.

Il n'y a pas de solution sans l'affirmation d'un Etat libanais. On a quand même parcouru un chemin, la diplomatie française en est pour quelque chose. Je remercie ceux qui se sont mobilisés sur ce sujet.

Il y a un Gouvernement, des autorités constitutionnellement établies, qui sont les interlocuteurs légitimes. Il y a une avancée, les discussions directes entre Israéliens et Libanais. C'est historique.

Il faut le préserver et le protéger. L'affirmation de l'Etat libanais passe par la destruction du Hezbollah. L'affirmation de cet état doit passer par le désarmement du Hezbollah.

Aussi par un soutien des forces armées libanaises. Voilà les deux vides qu'il faut combler rapidement. Le vide sécuritaire, ça passe par les forces armées libanaises, avec la lutte contre le terrorisme mais le désarmement du Hezbollah doit passer par une puissance augmentée des forces de l'ordre libanaise.

Il faut remplacer le matériel ancien par du nouveau matériel. Avec des dons de cession de matériel supplémentaire dans les temps qui viennent. Le vide sécuritaire, c'est l'objet de la question que vous avez posée.

Ca renvoie à un enjeu compliqué. Le pouvoir de veto russe et chinois...

La conviction que l'on doit apporter aux partenaires américains. Ce que fait la France, c'est mettre d'ores et déjà sur la table une offre de moyens militaires qui permettent d'imaginer un mandat nouveau. Vous avez dit "interposition", je ne le sais pas.

En tout cas, c'est à définir, à discuter. Pour éviter qu'il y ait ce vide, la France a fait cette offre de services. Vous avez plusieurs scénarios qui existent.

Un scénario à 3000 hommes, ou 2000 hommes...

Puis, on va le faire avec un partenaire européen. On ne doit pas être seuls dans cette affaire. Sans créer d'incident inutile, parfois nous avons été trop seuls dans cette affaire.

Heureusement que les Italiens étaient là. Ils doivent nous aider à sécuriser le Liban. Troisième point, l'aide humanitaire.

Il faut les déplacer, on a aussi l'enjeu des protections des chrétiens. On se rappelle des images terribles de ce couvent qui a été bombardé il y a plusieurs mois. L'aide publique au développement a fait débat...

Des mesures d'économies seront appliquées sur les aides humanitaires et nous allons même les multiplier par deux ou trois. Il y a une urgence sanitaire, alimentaire. Il nous faut traiter cela.

Dernier point, faire pression sur le Gouvernement israélien. Nous le faisons. Vous avez dû voir les arbitrages qu'on a pris sur le salon d'armements, cette pression continue.

Elle doit être équilibrée, ferme, nous l'avons fait ils nous continueront de le faire dans la clarté la plus absolue. Sur la question de l'accord entre l'union européenne et Israël, je crois comprendre que des prises de position ou des explications sont à venir dans les jours ou semaines qui viendront. Merci. - Yaël Braun-Pivet : Merci. - Boris Vallaud : Si je me suis adressé à vous, c'est comme autorité compétente.

La France soutient-elle au plan européen la suspension de l'accord d'association avec Israël ? Quelle sanction autonomique et diplomatique notre état peut prendre pour que cesse ce massacre et cette fuite en avant sans limite du Gouvernement de Netanyahu ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Avant de donner la parole pour sa première question au Gouvernement, je voudrais saluer l'arrivée d'Emeline Rey. - Emeline Rey : Depuis plusieurs années, état, collectivités et universités se forcent de créer une ambition essentielle pour notre pays. Rendre l'enseignement supérieur accessible partout et tous.

L'accès à la formation ne dépend pas du mérite, de la motivation. Il dépend à la capacité à payer un loyer ou se déplacer. Face à cette réalité, nous avions commencé une décentralisation avec les campus connectés.

Ils permettent aux étudiants de suivre une formation supérieure à distance dans tous les territoires. Pourtant, alors que les lycéens voient leurs résultats de Parcoursup depuis hier soir, l'un des campus connectés les plus performants de la nouvelle Aquitaine voit son avenir brutalement fragilisé par le désengagement de son partenaire universitaire. Depuis 2021, près de 200 étudiants qui ont été accompagné et autour d'eux, tout un système local de formation s'est construit avec les collectivités, les acteurs économiques et les établissements partenaires.

Cette situation suscite une inquiétude profonde, assistons-nous à un recul de la politique de décentralisation de l'enseignement superieur ? Alors que notre territoire souffre déjà d'inégalités croissantes accès aux soins, emploi et mobilité, devons nous aussi accepter cette nouvelle fracture, celle de l'accès à la formation ? Allez-vous préserver les dispositifs qui permettent d'inégalités territoriales ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Philippe Baptiste. - Philippe Baptiste : Merci. Merci Madame la députée Emiline Rey.

Ca permet d'offrir de nouvelles opportunités à de jeunes étudiants éloignés de l'enseignement supérieur par leur distance géographique aux grands centres universitaires. C'est un moyen d'inscrire une réussite étudiante au sein des territoires. Ils sont fortement soutenus par les collectivités territoriales au travers de moyens financiers, voire des ressources humaines.

Au vu de la réussite du dispositif, nous avons souhaité qu'il s'installe dans la durée et en 2026, nous consacrons 2 millions d'euros au renouvellement. Jusqu'à 50 000 EUR par an. 12 millions d'euros sur la période 2026-2028.

C'est l'un des dispositifs, ce n'est pas le seul pour soutenir cette décentralisation de l'enseignement supérieur au plus proche des territoires. Sur le campus connecté, l'université de Bordeaux a engagé tardivement et unilatéralement une réflexion quant à son engagement sur le dispositif. Des échanges sont en cours entre la région académique et l'université de Bordeaux afin d'assurer la poursuite du dispositif qui pourrait s'appuyer davantage sur les services de l'Education nationale au niveau local afin de partager certaine gestion de gestion.

Les discussions vont s'engager sur cette base. Si cette solution ne devait pas aboutir, d'autres pistes sont recherchées. Au travers d'un partenariat avec un autre établissement.

Vous pouvez compter sur notre engagement pour l'ensemble des dispositifs. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Madame la députée ? - Emeline Rey : Merci.

Merci pour votre soutien et l'accès à la formation supérieure. - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Sophie Taillé-Polian. - Sophie Taillé-Polian : Pendant que le Gouvernement fait la chasse à des prétendus abus sur les arrêts maladie qui ne sont pas démontrés, la réalité du terrain nous rattrape de la plus tragique des manières.

En France, plus que partout ailleurs en Europe, on meurt au travail. Chaque jour, dans notre pays, des personnes perdent la vie. La semaine dernière, dans la Drôme, un ouvrier de 19 ans est mort à cause de la chaleur alors qu'il travaillait sur un toit.

Et un enfant de 15 ans, un lycéen en stage s'est blessé mortellement. Un ouvrier est mort en tombant d'un toit. Ces drames ne sont pas des faits divers ce sont des faits sociaux et politiques.

C'est une hécatombe structurelle et silencieuse qui touche de plein fouet notre jeunesse. Les moins de 25 ans ne représentent que 9 % de la population active et ils subissent près de 20 % des accidents du travail graves et mortels. A force de précariser l'emploi, d'encourager la sous-traitance en cascade, les lieux de travail sont trop souvent des zones de danger mortel.

Il faut inverser la logigue pour que la prévention des risques professionnels devienne un réflexe. Il faut renforcer massivement l'inspection du travail, sanctionner avec la plus grande fermeté les employeurs qui s'affranchissent des règles de sécurité. Quand allez-vous cesser de culpabiliser les salariés malades et enfin décréter l'état d'urgence pour que notre jeunesse ne meurt plus au travail ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Jean-Pierre Farandou. - Jean-Pierre Farandou : Merci. Je partage votre constat.

Aucun jeune ne doit mourir ou être victime d'une blessure grave au travail, aucun salarié. C'est quelque chose qui peut s'éviter si vous respecte les règles de sécurité et de prévention. 764 décès au travail en 2024.

C'est beaucoup trop. C'est cinq de plus qu'en 2023. Les accidents mortels ont augmenté.

Sur les mineurs, l'inspection du travail en a signalé quatre en 2023, 2 en 2024, 5 en 2025. Cette année, nous avons connu des accidents mortels avec des jeunes gens. Le 17 avril notamment.

Nous avons souhaité réagir avec mes collègues...

Nous avons envoyé nos inspections pour avoir une analyse et les recommandations pour faire en sorte que dans le cadre d'un stage d'observation, les jeunes ne sont pas soumis à des risques professionnels. L'inspection du travail se mobilise sur ces sujets. Ce sont énormément d'interventions par jour.

C'est un travail de vérification et de contrôle indispensable. On peut aussi parler de la partie prévention. J'ai voulu aller sur le terrain le 28 avril.

Les entreprises du BTP s'organisent, on sait que c'est une activité où il faut être très vigilant. Sur les risques liés à la chaleur intense, vendredi dernier, j'étais sur un chantier de rénovation en région parisienne. Là encore, on a pu parler de ces sujets de prévention.

Ce vendredi sort un grand plan de sécurité au travail. - Yaël Braun-Pivet : Merci. Madame la députée ? - Sophie Taillé-Polian : Depuis 2017, Le nombre d'agents de contrôle de l'inspection du travail n'a cessé de baisser.

C'est votre politique qui est en cause. Le nombre de morts au travail n'a cessé d'augmenter. On est passé d'un inspecteur du travail pour 9000 à un inspecteur pour plus de 10 000 salariés. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Delphine Lingemann. - Delphine Lingemann : Quand un fleuron industriel comme Michelin annonce la suppression de 10 % de ses effectifs en France, nous devons entendre le signal. Derrière cette annonce il y a d'abord 1500 salariés.

Mais il y a aussi une question de fond, celle de la compétitivité. Coût du travail, poids des normes...

Nos entreprises nous alertent et les chiffres sont éloquents. Lorsqu'un employeur dépense 100 EUR, le salarié n'en perçoit que 58. La France est le troisième pays de l'OCDE où le coût du travail est bien plus supérieur à nos concurrents.

Certes, des réformes ont été engagées et elles ont permis de renforcer l'attractivité de notre pays. Comment continuer à financer notre modèle social sans faire peser l'essentiel de son coût sur le travail ? Une voie existe, celle d'un transfert des charges grâce à une TVA ciblée qui protégerait les plus modestes.

Une mesure compensée par une baisse massive des cotisations patronales pour donner plus de pouvoir d'achat aux salariés. Ma question est simple : êtes-vous prêts à ouvrir ce champ ? Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, accélérer la réindustrialisation et préserver l'emploi en France ?

Pouvez-vous nous préciser la position française au sein de la réindustrialisation française ? - Yaël Braun-Pivet : Merci. La parole est à Sébastien Martin. - Sébastien Martin : Merci.

Madame la députée, merci pour votre question qui me permet de revenir sur Michelin et son annonce qui particulièrement dans la région de Clermont-Ferrand, est perçu comme un choc. Il est évident qu'avec le ministre du Travail, de la Santé, et toute l'équipe parlementaire...

Je rappelle que des investissements ont été réalisés récemment entre autres de matériaux durables ont été ouverts. Vous posez la question du coût du travail dans notre pays et de la compétitivité de nos entreprises. Parmi les éléments qui font l'attractivité de notre pays, car nous discutons avec les chefs d'entreprises, ce qui compte énormément est la qualité de la main-d'oeuvre française.

Ne nous dévalorise pas. Oui, nous pouvons avoir un coût du travail qui peut être sans doute supérieur à d'autres pays. Pourtant, il est aussi inférieur à un grand voisin industriel comme l'Allemagne. la qualité de notre recherche et développement.

Il est indispensable que le crédit impôt-recherche soit maintenu. Car la qualité de notre recherche est un élément très fort de notre compétitivité. Pour notre système de protection sociale, sans doute qu'il a beaucoup pesé sur la compétitivité de nos entreprises.

C'est pourquoi les emplois de production et l'impôt sur nos sociétés a baissé. Enfin, au niveau européen, il faut que l'argent public aille aux projets européens. C'est pourquoi nous défendons la préférence européenne et le contenu local. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Madame la députée ? - Delphine Lingemann : Il faut agir. Nous comptons sur vous. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à David Taupiac. - David Taupiac : Merci. Ma question s'adresse au ministre de l'intérieur.

Depuis vendredi, nos familles gersoises vient un drame absolu. C'est avec une grande émotion que je souhaite leur apporter mon soutien. Je tiens à saluer l'engagement et la mobilisation exceptionnelle et totale des forces de gendarmerie, de justice, des services de la commune et la solidarité du Gers qui avant pour retrouver Lyhanna.

Il a été révélé qu'une plainte a été déposée pour viol sur mineur contre le suspect dans sa disparition. Ces révélations, vous le comprendrez, suscitent incompréhensions et colère de la part de nos citoyens. Pourriez-vous me donner des éléments factuels sur les faits relevés ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Laurent Nunez. - Laurent Nunez : Merci. Monsieur le député, d'abord, vous avez raison de rappeler le soutien apporté et que toute la représentation nationale apporte à la famille de la petite fille qui a disparu.

Nous sommes très attentifs à la disparition d'Ileana. Vous l'avez rappelé, il y a une mobilisation extrêmement importante des services de gendarmerie, notamment, qui se mobilisent pour retrouver la trace de cette jeune fille. Les moyens aériens, mobiles...

Il y a aussi un élan formidable de nos concitoyens qui se sont lancés dans ces recherches. Je veux témoigner, au nom du Gouvernement, tout notre soutien à la famille. Vous m'interrogez sur des faits très précis car effectivement un homme a été placé en détention provisoire après son interpellation.

C'est ce qu'a révélé le procureur d'Agen. Vous faites état qu'il y avait une plainte qui avait été déposée pour des faits de viol contre cet individu. Les interrogations que vous posez sont très légitimes.

C'est une plainte qui remonte à l'été 2025. Il est évidemment question de quelles ont été les actes d'enquêtes qui ont été engagées, qui a été saisi et quelles suites ont été données. Une enquête administrative sera confiée à l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie nationale pour identifier et les éventuels dysfonctionnements.

En attendant, il faut laisser toute la place aux recherches. Ces faits que vous avez cités, cette procédure antérieure, nous allons la regarder de très près. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

Monsieur le député ? - David Taupiac : Merci. Nous devons faire toute la transparence sur ce dysfonctionnement et en tirer toutes les conséquences.

Les citoyens ont confiance en notre justice et en notre République. Nous sommes plusieurs avoir travaillé depuis décembre sur une proposition de loi qui vise à arrêter les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les hommes. C'est une proposition de loi que j'ai cosignée en décembre avec mes collègues du groupe socialiste.

C'est un texte transpartisan. Aujourd'hui, nous demandons à ce que ce texte soit inscrit à l'agenda. Merci. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Isabelle Roche. - Isabelle Roche : Merci. Ma question s'adresse à Anne Le Hénanff, chargée de l'IA.

Il y a quatre jours, vous réunissiez les ministres du G7 à Bercy. La France a imposé un calendrier exigeant protection des mineurs, sécurité de l'IA...

C'est le résultat d'un choix politique fort. Dans un contexte où les Etats-Unis avancent et où la Chine investit sans compter, la France a décidé d'organiser la révolution numérique. C'est le choix de l'excellence de la souveraineté.

Cette ambition repose sur des atouts que nous devons soutenir. Un cadre européen de régulation...

Les travaux que je mène sur l'IA, signalétique algorithmique, la protection des plus vulnérables, les ingérences...

Tout cela me convainc chaque jour que la France a les moyens de gagner cette bataille à condition de faire de l'exigence normative par le levier de compétitivité. Mais cela se finance, se structure et se défend. Or, des signes d'alerte sont là.

Des délais de transposition, des moyens insuffisants, des start-ups qui peinent à lever des fonds face à des géants...

Dans 15 jours il y aura le sommet. La scène sera mondiale. Quel engagement concret la France est capable de prendre pour nos entreprises, notre recherche ? - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La parole est à Anne Le Hénanff. - Anne Le Hénanff : Merci. Merci beaucoup d'avoir posé la question d'abord noter que le G7 numérique présidé par la France avait été un succès.

C'est une réalité. Nous avons acquis et atteint un certain nombre d'avancées concrètes...

Je ne vais pas les citer toutes. Certaines questions stratégiques, comme une vision commune de l'open source qui nous permet de démocratiser l'arrivée de l'IA dans les sociétés et d'être plus souverain. Les outils d'autoévaluation pour mesurer la maturité de l'IA dans les entreprises pour favoriser le développement rapide de l'IA dans les entreprises et dans la société.

Et puis, l'adoption de principes communs sur la protection des mineurs en ligne, notamment, qui fait que c'est devenu depuis le G7 numérique un sujet international, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors. Comment peut-on garder et avoir une position de leader sur la position de l'IA ? Continuer ce qu'on fait bien.

Un plan nommé "Oser l'IA". Un data center, c'est un ensemble de couches il faut qu'on soit autonomes sur un maximum de couches de ces infrastructures. Ca nous permet d'être autonomes et d'être souverains.

Ensuite, on a des dispositifs et des moyens. On a Choose France avec des investisseurs étrangers qui arrivent avec une volonté de nous aider à être autonomes au niveau des data centers et des dispositifs français comme France 2030. Il faut que la France soit présente au niveau européen.

Il y a de gros programmes qui arrivent. On compte bien faire évoluer les décisions que nous pourrons prendre dans le cadre du G7. - Yaël Braun-Pivet : Merci.

La séance de questions au Gouvernement est terminée.