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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 27 janvier 2022 7 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Pour Pierre Ferracci, président du groupe Alpha, "le salaire n’est pas l’ennemi de l’emploi"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est efficace ? Est-ce que c'est une bonne stratégie, encore une bonne stratégie ? Ça marche ?

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que des augmentations de salaires arrivent lors des négociations ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous souhaitez que, lorsqu'il sera candidat, il mette cette question sur la table, qu'il propose une action sur les salaires, et notamment sur le SMIC ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Vous attendez aussi une action de l'État et de celles et ceux qui seront au pouvoir dans quelques mois ?

  • 5:56OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette comparaison tient la route ? Est-ce qu'on peut faire la même chose en France et en Allemagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31InvitéFait
    « Au-delà de la manifestation et des personnes qu'elles rassemblent, il y a dans les entreprises aujourd'hui un vrai mouvement sur la question du pouvoir d'achat »
  • 0:54InvitéFait
    « Quand le président du MEDEF, Geoffroy-Rude Bézieux, appelle en clair à rehausser les salaires de façon significative après deux ans d'abstinence »
  • 1:29InvitéFait
    « On sort de deux ans d'abstinence, je l'ai dit. Il y a eu sinon un gel total, en tout cas un freinage de l'évolution salariale. »
  • 1:54InvitéFait
    « Puis plus fondamentalement, je crois que la question du partage de la valeur ajoutée revient à l'ordre du jour. »
  • 2:18InvitéChiffre
    « Et en Allemagne de 25% avec la nouvelle coalition »
  • 2:25InvitéFait
    « ils pourraient se dire que le salaire n'est pas l'ennemi de l'emploi »
  • 3:25InvitéPromesse
    « rattraper le temps perdu et ce qui n'a pas été fait au cours des deux dernières années »
  • 3:32InvitéFait
    « des distorsions qui ne font pas avancer plus vite l'économie française et l'industrie et les services français »
  • 3:51InvitéPromesse
    « un coup de pouce au salaire minimum peut être un peu plus important que ce qui a eu lieu »
  • 4:30InvitéFait
    « Un État très endetté, Pierre Ferracci. »
  • 4:35InvitéFait
    « Tous les États se sont endettés pendant la crise. »
  • 5:01InvitéFait
    « ce n'est pas l'immigration ou la sécurité qui arrivent en tête aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat »
  • 6:16InvitéFait
    « On sort par exemple des comparaisons du coût du travail, mais on oublie toujours la question de la productivité. »
  • 6:31InvitéFait
    « Et puis je dis aussi que, je cite souvent l'exemple de l'Europe du Nord, où il y a des pays qu'on cite en exemple »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous. Que va-t-il rester de cette nouvelle journée de mobilisation syndicale ? On va poser la question à notre invité. Bonsoir Pierre Ferracci. Bonsoir Jean-Lémarie. Président du groupe Alpha, spécialiste des relations sociales. Vous accompagnez les syndicats, vous les conseillez. Des manifestations aujourd'hui, quelques grèves, notamment à l'appel de la CGT pour l'augmentation des salaires. Est-ce que c'est efficace ? Est-ce que c'est une bonne stratégie, encore une bonne stratégie ? Ça marche ?

0:31
Invité

Au-delà de la manifestation et des personnes qu'elles rassemblent, il y a dans les entreprises aujourd'hui un vrai mouvement sur la question du pouvoir d'achat qui rassemble tous les syndicats, ceux qui sont dans la rue aujourd'hui, la CGT, FO, la FSU et ceux qui n'y sont pas. Et il y a un mouvement assez unanime pour que cette question du pouvoir d'achat ne soit pas simplement au cœur de la campagne présidentielle, mais au cœur de la négociation d'entreprise.

Quand le président du MEDEF, Geoffroy-Rude Bézieux, appelle en clair à rehausser les salaires de façon significative après deux ans d'abstinence, parce que la pandémie est passée par là, il est clair que les entreprises sont amenées à prendre leurs responsabilités et à mettre cette question du pouvoir d'achat à l'ordre du jour.

1:12
Présentateur

Est-ce que c'est ce qui se passe aujourd'hui dans les entreprises ? Est-ce que des augmentations de salaires arrivent lors des négociations ?

1:18
Invité

Il y a des cas significatifs où il y a des augmentations substantielles. Après, il y a une grosse inégalité par secteur et par entreprise. Mais je crois que l'appel a été entendu pour différentes raisons. On sort de deux ans d'abstinence, je l'ai dit. Il y a eu sinon un gel total, en tout cas un freinage de l'évolution salariale. Il y a aussi les personnels qui ont été en première ligne, qui disent aussi que le compte n'y est pas. Et puis il y a surtout la hausse de l'inflation, et notamment sur des terrains très classiques de l'alimentaire et de l'énergie, qui touchent des catégories modestes, qui touchent les classes moyennes également.

Puis plus fondamentalement, je crois que la question du partage de la valeur ajoutée revient à l'ordre du jour. Je pense que cette crise pandémique va creuser les inégalités sociales dans tous les pays, sur toute la planète. Alors on dit souvent que la France est très protectrice, que l'Europe l'est davantage que d'autres continents.

Enfin, quand on voit que l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne remontent leur salaire minimum, et en Allemagne de 25% avec la nouvelle coalition, pour ceux qui utilisent souvent le modèle allemand comme référence, ils pourraient se dire que le salaire n'est pas l'ennemi de l'emploi, parce que c'est quelque chose qu'on entend souvent, et puis que la hausse du salaire minimum, qui est en place depuis peu en Allemagne, et qui va rattraper le niveau français, c'est quelque chose qui n'est pas contradictoire avec la puissance économique et industrielle de ce pays qui est à côté du nôtre.

2:42
Présentateur

C'est un sujet pour la campagne présidentielle, et les candidats déclarés, en tout cas, ont commencé à prendre position les uns et les autres. Vous connaissez bien Emmanuel Macron, qui n'est pas encore officiellement candidat. Est-ce que vous souhaitez que, lorsqu'il sera candidat, il mette cette question sur la table, qu'il propose une action sur les salaires, et notamment sur le SMIC ?

3:03
Invité

Je connais bien d'autres candidats aussi, et pas seulement Emmanuel Macron, mais je pense que tous les candidats ont intérêt à traiter cette question comme une question prioritaire. Ça évacuera d'autres questions qui le sont moins, pour d'autres candidats qui, visiblement, ne se préoccupent pas de ce sujet. Mais oui, il faut la poser, comme je l'ai dit, à la fois de façon conjoncturelle, rattraper le temps perdu et ce qui n'a pas été fait au cours des deux dernières années, corriger quelques inégalités, mais poser de façon plus fondamentale le partage entre profit et salaire.

Je crois qu'il y a eu, quoi qu'en disent certains, depuis quelques années, des distorsions qui ne font pas avancer plus vite l'économie française et l'industrie et les services français, mais qui méritent qu'on regarde de plus près. Donc c'est l'affaire des entreprises, mais c'est l'affaire aussi des branches. Et un coup de pouce au salaire minimum peut être un peu plus important que ce qui a eu lieu, ou des mesures de correction sur des produits qui ont fortement augmenté, après tout, après le quoi qu'il en coûte, même dans une économie un peu libérale, on peut prendre des mesures du côté de l'État qui incitent les branches et les entreprises à faire un peu plus et un peu mieux.

4:03
Présentateur

Mais donc, pour rester un instant sur la question de l'État, vous attendez aussi une action de l'État et de celles et ceux qui seront au pouvoir dans quelques mois ?

4:11
Invité

Bien sûr, je crois qu'ils l'ont compris d'ailleurs. Quand on essaye, alors il y a différentes mesures, ça peut concerner les cotisations, rapport entre l'État et les partenaires sociaux, ça peut concerner des mesures ponctuelles sur le prix de l'essence, sur le prix de fioul, parce qu'on est en plein hiver et il faut chauffer aussi, pour des catégories modestes, ça pèse très lourd dans le budget. Oui, l'État peut jouer son rôle incitatif. Un État très endetté, Pierre Ferracci. Mais le quoi qu'il en coûte est passé par là. Tous les États se sont endettés pendant la crise.

Et encore une fois, des pays aussi différents que le Royaume-Uni, au régime anglo-saxon, très libéral, que l'Allemagne ou que l'Espagne, qui se posent cette question de la remontée du salaire minimum, montrent bien que c'est un sujet aujourd'hui qui est au moins européen, qui est sans doute un peu plus large que l'Europe, mais qui est au moins européen et national. Donc vous attendez les candidats là-dessus, et notamment Emmanuel Macron ? Bien sûr, puisque vous voyez que dans les sondages, ce n'est pas l'immigration ou la sécurité qui arrivent en tête aujourd'hui, c'est le pouvoir d'achat, même s'il y a d'autres questions qui préoccupent les Français. Donc il faut que chacun s'y engage.

Alors chacun le fait à sa manière, avec parfois des revirements assez brutaux quand on s'est engagé de façon un peu olé-olé ou un peu démagogique sur ce terrain-là. Personne, on va respecter tous les candidats qui sont en liste aujourd'hui, mais chacun fera le tri. Il y a ceux qui n'en parlent pas, il y a ceux qui en parlent mal, il y a ceux qui prennent des mesures qui peuvent aussi être parfois un peu démagogiques et un peu excessives. Puis il y a ceux qui se disent que c'est un vrai problème et qu'aujourd'hui, il faut aider les salariés, il faut aider les actifs et pas seulement les salariés. Demain, la question des retraites se posera aussi pour les retraités.

Et je crois qu'il faut les aider d'autant plus que même si le mouvement syndical se mobilise, on sait qu'il est un peu affaibli aujourd'hui. Donc une des façons de défendre le pouvoir d'achat et les salariés, c'est peut-être aussi de ne pas mettre trop de bâton dans les roues des syndicats et de porter ses revendications.

5:56
Présentateur

On va se mettre aussi du côté des entreprises. Vous avez commencé à les mentionner, vous avez cité l'Allemagne. Les représentants des employeurs rappellent régulièrement que la situation fiscale des entreprises en Allemagne n'est pas du tout celle des entreprises françaises. Est-ce que cette comparaison tient la route ? Est-ce qu'on peut faire la même chose en France et en Allemagne ?

6:13
Invité

Dans les campagnes présidentielles, ça part un peu dans tous les sens. On sort par exemple des comparaisons du coût du travail, mais on oublie toujours la question de la productivité. Et parfois, quand on réintègre les questions de productivité, et on sait que les salariés français sont de ce point de vue-là plutôt en haut de l'échelle, on s'aperçoit que cette question du coût du travail peut être relativisée. Pas à l'échelle de la vie entière.

Et puis je dis aussi que, je cite souvent l'exemple de l'Europe du Nord, où il y a des pays qu'on cite en exemple, quand on parle d'apprentissage, de formation professionnelle, qu'on oublie de citer en exemple quand on parle du poids des cotisations, du poids de l'impôt en général dans la société. On voit bien que dans ces pays-là, les services publics sont efficaces, ils sont bien dotés, et les industries sont aussi efficaces. Donc c'est un problème qu'il faut prendre par tous les bouts, et pas simplement par le petit bout de la lorgnette.

6:55
Présentateur

Où est la balle en ce moment ? Dans le camp des employeurs ? De ceux qui ont les moyens en tout cas ? Ou d'abord dans le camp des politiques ?

7:01
Invité

Dans le camp des employeurs, et quand même beaucoup dans le camp de l'État, parce que le service public pèse lourd dans la société française, et donc il y a des impulsions qui sont données aussi par l'État ou par les collectivités locales. Donc tout le monde doit s'y mettre, tous les employeurs, qu'ils soient publics ou privés, doivent prendre cette question avec beaucoup de sérieux, si on ne veut pas éviter des dérapages et des tensions sociales qui peuvent peser lourd dans la campagne électorale.

7:24
Présentateur

Pierre Ferracci, merci. Le président du groupe Alpha Invité, Éco de France Info, ce soir. Le président du groupe Alpha Invité, Éco de France Info,