Déclaration conjointe du Président Emmanuel Macron et du Roi de Jordanie Abdallah II.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Emmanuel MacronFait
« La reprise des frappes israéliennes hier, malgré les efforts des médiateurs, constitue un retour en arrière dramatique. »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« Le Hamas a été vaincu et a contribué au désastre le plus grave qui se soit abattu sur les Palestiniens depuis 1948. »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Il n'y aura pas de solution militaire israélienne à Gaza. »
- 8:30Abdallah IIFait
« La communauté internationale doit agir immédiatement et ensemble, pousser vers un cessez-le-feu. »
- 9:00Abdallah IIFait
« L'action d'Israël, le blocage de l'aide humanitaire et de l'électricité et de l'eau mettent en danger la vie des civils. »
- 9:30Abdallah IIFait
« La Jordanie a toujours été présente pour fournir l'aide humanitaire à Gaza par tous les moyens. »
- 10:00Abdallah IIFait
« Il faut une solution politique, au moins sur la base de la solution des deux États. »
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Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Ambassadrices et Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs, je veux d'abord ici remercier Sa Majesté le Roi Abdallah pour sa venue à Paris et le plaisir de vous retrouver à nouveau depuis votre visite de l'été dernier et nombreux échanges téléphoniques et nos rencontres des derniers mois. Je veux ici saluer votre action, mais vous avoir durant cette période, où, évidemment, la région est bousculée une fois encore par beaucoup de transformations, et tout particulièrement dans cette période de Ramadan, signifie beaucoup. Je vous remercie de cette visite en vous souhaitant le meilleur pour ce ramadan.
Alors que la guerre à Gaza reprend, la situation en Cisjordanie est particulièrement inquiétante et que la Syrie a connu un récent bouleversement majeur, la région est face à des risques substantiels de déstabilisation. Notre coopération politique et sécuritaire avec la Jordanie est plus que jamais essentielle. À la Jordanie et aux Jordaniens, je redis tout l'engagement et la solidarité de la France dans cette période difficile et notre détermination à relayer vos préoccupations dans toutes les instances internationales et auprès de tous nos partenaires.
La signature, il y a peu, d'un partenariat stratégique entre l'Union européenne et la Jordanie illustre l'étroitesse de nos relations et la confiance que la France, comme l'Union européenne, ont dans leur amitié et leur partenariat avec vous. Votre visite, Votre Majesté, sera l'occasion de travailler encore à étoffer notre coopération bilatérale sur les plans militaire, économique, culturel, archéologique, humanitaire et de développement, et je m'en réjouis. Mais soyons clairs et rappelons-le, à chaque fois que la sécurité et la stabilité de la Jordanie seraient contestées, la France sera là.
Je souhaite saluer l'engagement e la Jordanie dans ses actions en faveur de la paix et de la stabilité, que ce soit via l'accueil de 2 000 enfants gazaouis blessés sur son territoire. Son implication sur la question syrienne, aussi, puisque nous avons chacun accueilli une conférence pour la Syrie, ou dans le sujet majeur de la lutte contre le terrorisme, à travers le processus d'Aqaba, auquel nous nous sommes toujours joints. L'actualité, évidemment, m'oblige à m'arrêter sur Gaza.
Comme Sa Majesté, nous n'avons cessé d'œuvrer pour un cessez-le-feu. La reprise des frappes israéliennes hier, malgré les efforts des médiateurs, constitue un retour en arrière dramatique, dramatique pour les Palestiniens de Gaza, à nouveau plongé dans la terreur des bombardements, dramatique pour les otages et leurs familles, qui vivent dans le cauchemar de l'attente et de l'incertitude d'une libération que nous souhaitons plus que tout, dramatique pour la région tout entière, qui tente de se relever, en plus d'une année de guerre et de bouleversement. Il faut que les hostilités cessent immédiatement et que les négociations reprennent de bonne foi sous les auspices américains à qui nous devions ce premier cessez-le-feu.
Nous appelons de nos vœux une cessation permanente des hostilités et une libération de tous les otages. Une politique inhumaine d'otages n'a jamais assuré ni victoire militaire, ni victoire politique. Le Hamas a été vaincu et a contribué au désastre le plus grave qui se soit abattu sur les Palestiniens depuis 1948.
Il se retrouve dépourvu du parrain qui l'avait poussé au crime du 7 octobre. L'axe de la résistance est aujourd'hui une illusion. De même, il n'y aura pas de solution militaire israélienne à Gaza.
Pas davantage que la colonisation, l'annexion ou le déplacement forcé n'offrent d'issue au traumatisme du 7 octobre. Il faut simplement retrouver le chemin d'une solution politique et ces éléments sont aujourd'hui sur la table. Répondant à l'appel du Président Trump, les dirigeants arabes ont présenté un plan pour Gaza, un plan qui propose un cadre crédible de reconstruction et des éléments pour garantir la sécurité et installer une nouvelle gouvernance qui ne peut pas être celle du Hamas.
Ce travail doit permettre de consolider un cessez-le-feu et, cette proposition, nous la soutenons. Nous sommes, nous, Français et Européens, prêts à contribuer à cette réflexion et à ce plan. Nous en parlerons d'ailleurs demain au Conseil européen, entre nous et avec le Secrétaire général des Nations Unies, et nous aurons l'occasion d'y revenir avec Sa Majesté dans un instant.
Les ferments d'une nouvelle architecture de sécurité, qui permettent enfin aux Israéliens d'imaginer l'intégration régionale qu'ils ont cru pendant longtemps inaccessible, sont là et les éléments qui permettent et permettront, nous l'espérons, la stabilité et la paix pour tous sont là, si nous savons travailler ensemble et les tenir. La Syrie, avec toutes ces fragilités, est sortie de la main iranienne qui la tenait. Le Liban a pris une nouvelle voie qu'il faut soutenir et je recevrai, dans quelques jours, son nouveau Président.
Le président Trump entend poursuivre la dynamique des accords d'Abraham. Il manque aujourd'hui une pièce à cet ensemble éminemment complexe. Celle ci est un État palestinien qui viendra enfin rendre aux Palestiniens leurs droits légitimes et qui enlèvera tout prétexte à la manipulation de la cause palestinienne par ceux qui ne veulent qu'assurer leur domination. [Inaudible] est un élément clé pour la stabilité de tous les pays de la région.
Il faut aujourd'hui du courage politique pour offrir un avenir serein aux peuples de la région. Sa Majesté en a fait la démonstration jour après jour en ces temps troublés. il faut que les dirigeants israéliens et palestiniens fassent de même et que nous les soutenions tous sur cette voie et non sur celle d'un extrémisme de la force qui plongera leurs peuples dans de nouvelles décennies de souffrances et n'assurera que la répétition de la tragédie.
Nous sommes prêts à les soutenir sur cette voie avec nos partenaires, au premier rang desquels la Jordanie. C'est mon engagement. C'est aussi celui que nous avons pris avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, avec lequel j'échangerai ce soir, en soutenant le projet de conférence pour les deux États, qui doit constituer une étape sur cette voie.
Votre Majesté, vous avoir à Paris aujourd'hui, dans ce contexte, pour pouvoir évoquer la Syrie, évidemment Gaza, la question palestinienne et pouvoir revenir sur les équilibres de la région, mais aussi notre coopération bilatérale est une chance et, comme à chaque fois, un honneur et un bonheur. Merci, Votre Majesté, d'être présent à Paris aujourd'hui avec nous et nous continuerons d'agir ensemble. Merci, Monsieur le Président, <i>my dear friend</i>, je vous remercie de votre accueil chaleureux.
Merci, Monsieur le Président, je suis ravi de notre discussion aujourd'hui. J'espère qu'elle sera fructueuse afin de faire avancer la cause de la paix au Moyen-Orient. Effectivement, la reprise des frappes israéliennes sur Gaza est extrêmement dangereuse et la situation ne fait qu'empirer.
La communauté internationale doit agir immédiatement et ensemble, pousser vers un cessez-le-feu et la mise en œuvre des différentes phases qui ont été agréées. L'action d'Israël, le blocage de l'aide humanitaire et de l'électricité et de l'eau mettent en danger la vie des civils, déjà pour une population durement éprouvée. Il faut rétablir l'aide humanitaire, l'électricité et l'eau en direction de Gaza.
La Jordanie a toujours été présente pour fournir l'aide humanitaire à Gaza par tous les moyens, par les voies maritimes et aériennes. Nous avons également commencé un processus d'évacuation des enfants blessés et la Jordanie voudrait vous remercier, Monsieur le Président, pour le rôle que vous avez personnellement joué et également pour la partie française qui a travaillé avec nous pour fournir une aide à Gaza et en particulier par la voie des airs il y a quelques mois. Bien évidemment, en plus de la situation à Gaza, nous devons lancer un appel pour l'arrêt de l'escalade actuellement en cours en Cisjordanie.
Des milliers de personnes ont été déplacées. Le déplacement des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza menace de conduire à une instabilité régionale encore plus grande. De même, les menaces contre les lieux saints à Jérusalem accentuent cette déstabilisation.
Si on permet que la violation du droit international se poursuive, je pense que cela n'augure rien de bon et il faut une solution politique, au moins sur la base de la solution des deux États. C'est le seul moyen de garantir la sécurité pour les Palestiniens, les Israéliens et la région. Nous apprécions l'engagement actif de la France.
L'Europe a un rôle essentiel à jouer pour parvenir à une solution pacifique. Nous savons gré à la France de son soutien, qui ne s'est jamais démenti pour Gaza. Nous avons un même objectif : permettre de parvenir à un cadre qui permette de préserver les droits du peuple palestinien.
Monsieur le Président, vous partagez nos préoccupations sur les derniers actes de violence en Syrie. La Jordanie soutient les efforts des autorités syriennes pour protéger leur population et garantir la sécurité et la stabilité sur l'ensemble des territoires, dans le respect de leur souveraineté et de l'intégrité du territoire de Syrie. Il faut continuer à travailler pour garantir de bonnes conditions pour un retour volontaire et digne des réfugiés syriens.
Monsieur le Président, nous apprécions également vos efforts en faveur de la paix dans la région et nous continuerons à travailler ensemble pour résoudre ces points. Je vous remercie.
Emmanuel Macron