Plateau spécial soignants | Les héros en colère
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu as vu à la manif ?
- 2:49OuverteRéponse partielle
Est-ce que tu as assisté à des faits de violence ?
- 4:27OuverteRéponse directe
Peux-tu nous raconter ton initiative sur les EHPAD ?
- 7:45OuverteRéponse directe
Peux-tu nous faire un point sur la prime Covid à Saint-Maurice ?
- 11:45OuverteRéponse directe
As-tu des nouvelles du Ségur de la santé ?
- 14:41RelanceRéponse directe
Tu dis que Nicole Nota n'est plus souhaitée, pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:32InvitéFait
« Les promesses, ça suffit et que maintenant, il faut du concret. »
- 4:33Invité politiqueFait
« On entendait partout les soignants dire « nous n'avons pas de masque, nous n'avons pas de masque, nous n'avons pas de masque, on manque de lits, on manque de tout ». »
- 6:02Invité politiqueFait
« Bon, le référé, nous avons été déboutés de tout, puisque le Conseil d'État a dit que le gouvernement avait fait avec les moyens qu'il avait. »
- 12:08InvitéChiffre
« 100 000 à l'hôpital, 200 000 en Ehpad. »
- 12:13InvitéPromesse
« 300 euros nets pour tout le monde tout de suite et pas des primes. »
- 12:42InvitéChiffre
« On est à 130 milliards. Et il y a zéro pour l'hôpital. »
- 22:29InvitéFait
« le président de la République promet un plan massif pour l'hôpital. »
- 28:34InvitéFait
« Macron est responsable de morts qui auraient pu être évitées. »
- 28:56InvitéChiffre
« Quand un patient est hospitalisé en réanimation avec retard, il y a une surmortalité de 30%. »
- 33:17InvitéFait
« Santé publique France, institution publique, qui est censée de gérer la santé, fait une alerte en disant les stocks de masques sont au plus bas. »
- 33:23InvitéChiffre
« Il nous faut un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2 pour les soignants. »
- 33:34InvitéFait
« L'ambassadeur de France en Chine alerte le gouvernement en décembre en disant il se passe un truc, ça va nous arriver en pleine figure. »
- 36:36Invité politiqueFait
« Dans certains EHPAD, pendant cette crise sanitaire, il a été repris des personnes âgées qui arrivaient de l'hôpital. Donc, sans protection pour les soignants et des gens qui ne sont pas testés. »
- 42:42InvitéChiffre
« Le surcoût majeur dans notre système de santé, c'est la mixité publique-privée. Aujourd'hui, on voit les EHPAD moyenne de coût pour le résident dans un EHPAD public, 2 000 euros. Dans un EHPAD privé, 3 000 euros. »
- 43:13InvitéChiffre
« S'il y avait une seule sécu, on ferait 8 milliards d'euros d'économie. »
- 46:27Invité politiqueChiffre
« Moi, dans un petit EHPAD du Jura, c'était 3400 euros par mois. »
- 47:51Invité politiqueFait
« Quand le budget repas, il est de 4 euros pour 4 repas pour un résident, 1 euro par repas. »
- 48:14Invité politiqueFait
« Les 500 plus grandes fortunes de France sont des actionnaires d'EHPAD ou des propriétaires d'EHPAD. »
- 50:19InvitéFait
« Tous les EHPAD se sont mobilisés, même les directeurs d'EHPAD étaient aux côtés des syndicats pour revendiquer des moyens supplémentaires. »
- 55:42InvitéFait
« On a en France l'homme le plus riche du monde, M. Arnaud. »
- 59:14InvitéChiffre
« la prime Buzyn, la prime d'attractivité territoriale qui est 900 euros attribués aux aides-soignants et aux infirmiers d'Ile-de-France, même pas d'Ile-de-France, de Paris et de Petite-Couronne, qui touche moins de 1900 euros. »
- 1:00:25InvitéFait
« une bonne négociation se mène avec un rapport de force favorable. »
- 1:00:27InvitéFait
« Le 30 juin, un mardi. Et le 14 juillet, c'est symbolique. »
- 1:01:32InvitéFait
« ne nous donnez pas les jours de RTT. Gardez-les pour vous partir en vacances. »
- 1:03:00Invité politiqueFait
« sans tous les gens qui nous ont soutenus pendant cette grève de 117 jours dans un EHPAD à Foucherand, on n'aurait peut-être pas gagné. »
- 1:03:56Invité politiqueFait
« le monde de demain doit être humaniste, écologique, avec une écologie populaire, pas une écologie punitive, de la solidarité. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Anne-Sophie Pelletier23 %
- Présentateur20 %
- Invité 216 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Plateau spécial manifestation du personnel soignant, présenté par Théophile Poimour. Soignant, les héros en colère, avec Christophe Prudhomme, Anne-Sophie Pelletier et David François. Bonsoir à toutes et à tous, aujourd'hui c'est le 16 juin 2020, une date importante dans le calendrier des luttes sociales. Cet après-midi a eu la première grande démonstration de force nationale des hospitaliers dans la France d'après confinement. L'épidémie de Covid-19 nous a rappelé pendant de longs mois l'importance stratégique de l'hôpital public, mais aussi son état désastreux.
Plusieurs décennies de gestion néolibérale et d'économie de bout de chandelle sont passées par là et du coup, au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuel Macron a multiplié les promesses au personnel soignant. Il est désormais au pied du mur. Peut-on croire qu'il a changé ou du moins qu'il a compris ? Peut-on espérer que le Ségur de la santé qui se tient actuellement reviendra sur plusieurs décennies de démantèlement du service public, de la santé et du soin ? Pour en parler, j'ai à m'écouter Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France. J'ai également David François, ergothérapeute, délégué CGT des hôpitaux de Saint-Maurice.
Et en visioconférence, Anne-Sophie Pelletier, députée européenne, ancienne aide médico-psychologique en EHPAD. On commence par un petit tour de table, mais avant, je propose, dans la tradition de l'émission Marche ou Grève, de voter pour ou contre le tutoiement sur le plateau. Pour ma part, je vote pour. Je vote pour. Anne-Sophie ?
Pour.
Donc, à 100%, le pour a gagné. On commence avec Christophe. Je suppose que tu étais à la manif. Tout à fait. Qu'est-ce que tu en retiens ? Qu'est-ce que tu as vu ? Qu'est-ce que tout cela t'a inspiré ?
Eh bien, très grande participation. On a toujours une inquiétude quand on lance une journée d'action. Et que ce soit à Paris ou dans toute la France, même dans des petites villes. Là, tout à l'heure, j'ai eu un SMS des camarades de l'Aveyron qui me disait que dans une petite ville qui s'appelle Cougousse, il y a un EHPAD, un hôpital local. Il y avait 60 personnes. Voilà, donc c'est massif et surtout généralisé dans toute la France depuis les petites villes jusqu'aux grandes métropoles avec plusieurs centaines de milliers de salariés soutenus par la population.
C'est ce qu'on voulait pour dire au ministre de la Santé et au président de la République que les promesses, ça suffit et que maintenant, il faut du concret.
Alors, il y a eu quelques images sur les réseaux sociaux, quelques images de violence. On a eu l'impression que les héros d'hier sont désormais des héros matraqués. Est-ce que tu as assisté à des faits de violence au vu en rentrant ?
Non, non, les héros ne sont pas matraqués. D'abord, nous ne sommes pas des héros. Il y a, comme dans toutes les manifestations, c'est récurrent, il y a toujours en fin de manifestation des incidents avec des gens qui s'infiltrent dans la manifestation et qui viennent pour affronter les policiers. Bon, le problème qu'on a sur Paris quand même, c'est ce préfet. Ce préfet de police, le préfet l'Allemand, qui visiblement donne des consignes qui ne permettent pas que les manifestations se passent dans de bonnes conditions. Voilà, ça pose problème parce que moi, j'ai vu ce qui s'est passé. Il y avait effectivement des provocateurs.
Les policiers les ont laissés faire, ont laissé brûler une voiture. Et comme ça, ça fout le bordel et ça permet après de frapper dans le tas. Et dans le tas, il peut y avoir des gens qui sont en fin de manifestation, qui sont encore là. Et ça, ce n'est pas sérieux. Donc voilà, ça pose le problème. Samedi dernier, déjà, c'est très mal passé la manifestation, puisque les gens ont été nassés place de la République. C'est scandaleux. Moi, je pose le problème aujourd'hui. Ce préfet, je pense qu'il ne faut pas qu'il reste en place. Ça suffit.
– C'est entendu. En tout cas, le message est passé. Et je pense que ce message, beaucoup le portent en même temps que toi. Anne-Sophie, ton profil est original. Je suppose qu'au Parlement européen, il n'y a pas beaucoup d'anciennes aides médico-psychologiques en EHPAD. Et justement, vu que tu es sensibilisé à cette question et que les EHPAD ont été dans l'œil du cyclone pendant la crise sanitaire, tu avais lancé un appel à témoignage pour en quelque sorte libérer la parole des travailleurs dans ce milieu professionnel précis du soin.
Peux-tu nous raconter en quelques phrases ton initiative et ce que ça t'a permis de savoir, alors même que tu n'exerces plus cette profession pour quelques années ?
– Oui, alors merci pour votre invitation, d'abord, parce que c'est encore une fois la possibilité de donner la parole à ceux que nos gouvernants oublient trop souvent. – Oui, alors cette initiative, nous l'avions lancée avec mon équipe parce qu'on sentait bien qu'avec cette crise du Covid qui arrivait, il y avait encore les grands oubliés, c'est-à-dire les personnes âgées et les soignants en EHPAD. Et puis finalement, on ne s'était pas trompés. On entendait partout les soignants dire « nous n'avons pas de masque, nous n'avons pas de masque, nous n'avons pas de masque, on manque de lits, on manque de tout ».
Et puis, étant donné que j'ai fait le métier d'aide médico-psychologique dans un EHPAD, c'était évident qu'il allait encore y avoir des catastrophes dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Alors, en fait, le fait de lancer cette boîte mail, ça nous a permis d'avoir des gens qui nous ont expliqué leur mal-être, nous ont expliqué les conditions dans lesquelles ils travaillaient, et ça nous a aussi permis, avec le syndicat des avocats de France et la CGT Santé et FO Santé, avoir des billes, si je puis m'exprimer ainsi, concernant un référé, un référé liberté au Conseil d'État, qui demandait notamment des tests dans les maisons de retraite, qui demandait des protections pour les soignants, et qui demandait à ce qu'on puisse trouver des solutions pour les personnes âgées, qui ne pouvaient pas avoir de soins dans un autre établissement, finalement, pendant cette crise.
Bon, le référé, nous avons été déboutés de tout, puisque le Conseil d'État a dit que le gouvernement avait fait avec les moyens qu'il avait, même si, effectivement, les EHPAD étaient une priorité. Ce qui fait qu'aujourd'hui, eh bien, voyez, avant le Ségur, pardon, avant la manifestation rue Ségur, je suis allée porter, enfin, encore une fois, essayer d'aider les salariés des EHPAD, puisqu'il y avait une manifestation devant chez Corian ce matin, où les salariés, pareil, demandent à ce qu'ils soient reconnus, qu'il y ait des revalorisations de salaire, qu'il y ait des revalorisations de carrière. Eh bien, Madame Boissard n'était pas là.
Ils allaient être reçus par encore un sous-fifre, alors que ces syndicalistes les voient tous les jours pour essayer de négocier. Et encore une fois, eh bien, c'est quand même terrible, parce que devant le siège de Corian, quand ils ont vu un peu ces femmes, parce que c'est majoritairement des femmes, et ces quelques hommes qui voulaient essayer de rentrer, ils ont envoyé les CRS. Alors que la Manif, elle était tout à fait gentille et tout à fait calme. Mais on voit encore une fois, eh bien, que la réponse du gouvernement, et je plus sois à ce que dit Christophe, on a une grosse difficulté avec les forces de l'ordre.
Il faut arrêter de les appeler les forces de l'ordre, et il faut qu'ils redeviennent des gardiens de la paix.
Merci Anne-Sophie, on va en parler longuement dans l'émission. David, toi aussi tu étais à la Manif, mais je voudrais que tu nous fasses, avant d'entrer dans le vice du sujet, un petit point sur la bataille des travailleurs des hôpitaux de Saint-Maurice pour que leur prime Covid soit effectivement payée. Nous avons vu passer ça, nous n'aurons pas eu l'opportunité de faire un reportage dessus, mais c'est important.
Alors petite précision, la prime Covid, effectivement, elle n'a pas encore été payée sur les hôpitaux de Saint-Maurice, mais ça, ça va arriver sur la paix du mois de juin. Donc ce qui s'est passé aux hôpitaux de Saint-Maurice, c'est un véritable cafouillage de l'administration, un véritable plantage, qui, sur la paix du mois de mai, a omis de payer tout ce qu'on appelle les éléments variables, c'est-à-dire les soirs, week-ends, heures supplémentaires. Et ça a généré des pertes de salaire de 25% à peu près pour un agent sur deux sur l'établissement.
25% de pertes pour un hospitalier, c'est-à-dire qu'on a des collègues qui sont retrouvés avec une paix de 2900 euros, d'autres qui sont retrouvés avec 1100, 1200.
Après tous ces mois.
Donc si vous voulez, ça a généré énormément de colère. Un mouvement spontané extrêmement intéressant, qu'on pourrait comparer à ce que certains appellent la jonisation du mouvement syndical. On a CGT, on a été là pour accompagner les salariés dans leur lutte, mais vraiment, ils ont pris en main leurs revendications et leur mobilisation. Et c'est ça que je trouve intéressant sur ce qui s'est passé. Ce qui est très intéressant aussi, c'est que du coup, les collègues ont pris conscience de qu'est-ce que c'est que leur salaire de base.
Parce que c'est vrai que souvent, quand on fait plein d'orsus, plein de soirs, plein de week-ends, plein de jours fériés, du coup, on a des salaires qui nous permettent de subsister péniblement, mais on ne se rend pas compte à quel point les salaires sont extrêmement bas dans la fonction publique hospitalière. Et cette conscience, ils ont pris conscience de ça. Et du coup, on a eu une forte mobilisation, aujourd'hui, dans la manifestation. Une forte mobilisation de salariés qu'on ne voyait pas d'habitude en manifestation, de salariés qui sont non syndiqués et qui sont venus avec nous aujourd'hui dans la manif. Et ça, c'est vraiment quelque chose de très intéressant qui se passe.
C'est bien, on va en parler. Sans tarder, on va s'engager dans la première partie de notre émission en direct. Comme je le disais en début d'émission, c'était la grande démonstration de force aujourd'hui, la grande rentrée post-Covid des hospitaliers. Une journée d'action et de colère. Nos reporters Antoine Echetto et Elie Bonneton étaient sur le terrain dans les rues parisiennes. Regardons leur reportage.
C'est pertinemment que c'est de la fumée. Comme toutes les concertations que ce gouvernement a faites depuis le départ, on fait mine de concerter les gens et puis en fait, ça ne change pas les choses derrière. D'ailleurs, les organisations syndicales ont l'air, d'après ce que j'ai pu lire ces dernières heures, ces derniers jours, très déçus de ce qui se passe là-dedans. Dans la pandémie, l'ensemble du personnel soignant l'a géré comme il a pu, avec les moins qu'il avait. Les applaudissements des gens, c'était très bien. On les remercie. Je pense que la population, elle est toujours derrière nous, plus que jamais.
Maintenant, il faut que les politiques, ils fassent des actes concrets et puis qu'ils passent vraiment à la réalisation. Les promesses, on en a soupé maintenant, ça suffit. Notre président nous a fait de très belles annonces lors de ses allocutions. On est juste là pour lui rappeler qu'on les a entendus et qu'on espère qu'il va tenir ses engagements. Bien sûr qu'on est méfiants. Après, on s'est pointé devant le ministère tout simplement pour leur faire entendre qu'on ne les oublie pas et que si on n'est pas satisfaits des mesures qui en ressortiront, on continuera et on recommencera.
On est toujours, nous, au front et là, en fait, on n'a pas de représentant au Ségur et on ne comprend pas, en fait, parce qu'on nous dit oui, c'est magnifique ce que vous avez fait, mais on n'a même pas de représentant. Après, toutes les fois où on a manifesté, il faut toujours s'inquiéter de quelque chose qui est à venir parce que les personnes qui ne sont pas, en fait, avec nous dans les hôpitaux ne peuvent pas comprendre ce qu'on revendique. Et en fait, c'est compliqué de... Enfin, actuellement, je ne sais pas du tout qu'est-ce qui va en sortir de ça, mais moi, oui, en tout cas, je suis inquiète et je pense que la plupart des personnes sont inquiètes de la situation.
Sinon, on ne serait pas là aujourd'hui.
Retour sur le plateau. Alors, Christophe, est-ce que vous avez des nouvelles du Ségur de la santé ?
Non, depuis trois semaines, on nous amuse. Madame Nota est l'amuseuse publique mise en place par le gouvernement, choisie par M. Macron. Elle n'a aucune compétence dans le domaine et puis surtout, elle n'a aucune feuille de route. Voilà. Nous, ce qu'on demande, c'est une réponse à nos revendications qui sont posées depuis un an maintenant. Elles sont claires. Ce sont des emplois. On les a chiffrés. 100 000 à l'hôpital, 200 000 en Ehpad. Ce sont des augmentations de salaire. 300 euros nets pour tout le monde tout de suite et pas des primes. Et ensuite, il faudra revoir les carrières, mais ça, ça prendra du temps.
Et puis, l'arrêt des fermetures de lits, les fermetures de services, les fermetures d'hôpitaux, en particulier les hôpitaux de proximité. Voilà. Et aujourd'hui, ce qu'on demande au ministre de la Santé et à M. Macron, puisque c'est lui qui dirige tout, c'est qu'il a donné des milliards à l'industrie aéronautique, à l'industrie automobile, à différents secteurs d'activité. On est à 130 milliards. Et il y a zéro pour l'hôpital. On lui demande tout de suite pour l'hôpital pour répondre à leurs revendications dans l'urgence. Et ce ne sera pas un solde tout compte. 15 milliards. Donc, on lui a posé un ultimatum. On demande à plus voir Mme Nota. On demande à voir M. Véran.
Et il faut qu'il vienne avec sa musette. Et 15 milliards. Autrement, je pense qu'il n'y aura plus personne autour de la table au Ségur. Et on continuera à manifester. De toute façon, on a déjà prévu deux autres journées d'action. On continue les mardis et les jeunis de la colère dans les établissements. Mais on a prévu le 30 juin, mardi 30 juin, et le 14 juillet. Parce que pour nous, c'est emblématique le 14 juillet. Vous savez, les médailles, tout ça, on en a ras-le-bol. Et donc, que le monarque nous invite en son château pour le 14 juillet, non. Nous, on manifestera. Et on propose de manifester sur les Champs-Élysées pour clamer notre colère. Et on ne veut pas de médailles.
On ne veut pas les petits fours de l'Élysée. Les remerciements aux soignants, ça suffit. Maintenant, ce ne sont plus les remerciements qu'on veut. Nous sommes des salariés qui avons des revendications. Et on demande à ce qu'on réponde à ces revendications pour mieux travailler, pour mieux prendre en charge nos patients et nos résidents en EHPAD.
Tu dis que, Nicole Nota, vous n'en voulez plus, que vous voulez Véran lui-même. Tu as l'impression qu'elle est une sorte d'écran de fumée, qu'elle est une sorte de...
C'est plus qu'un écran de fumée, c'est une véritable provocation. Dans un secteur où la CGT est majoritaire, où la CFDT a régressé à la troisième place aux dernières élections professionnelles, nous mettent Mme Nota, qui n'a aucune compétence dans le domaine. La santé, je ne vois pas quelle compétence elle a. Bon, c'est une nomination politique. Et moi, je fais partie de ceux qui, en 1995, ont tout fait pour expulser la CFDT des manifestations, quand même. Je commence à avoir des cheveux blancs. Donc, je me rappelle. Donc, c'est une véritable provocation. Ils nous auraient mis un haut fonctionnaire lambda. Par exemple, on prend celui qu'ils ont nommé à M. Déconfinement, Jean Castex.
Moi, je l'avais rencontré quand il était directeur de cabinet de l'Ouste Blasie. C'est un mec qui connaît les dossiers. Bon, il est franc du collier. Il dit oui, il dit non, on peut négocier. Aujourd'hui, ils nous mettent Nota qui nous dit amenez-moi vos propositions. Je vous écoute. Non, mais c'est se foutre dans notre gueule.
David, est-ce que tu étais à l'avenue de Ségur ? Qu'est-ce que tu penses de tout ça ?
Effectivement, avec les collègues de l'hôpital, on a fait tout le parcours. Enfin, Ségur, invalide. Moi, ce que je pense, je rejoins ce qui a été dit dans le reportage. Je crois que c'est le médecin ou l'infirmier anesthésiste qui parlait des promesses de Macron. Et tu l'as rappelé dans ton introduction, Macron promet des augmentations de salaire pour les soignants. Attention, l'hôpital, ce n'est pas que des soignants. L'hôpital, c'est des rééducateurs, des socios éducatifs. C'est 120 métiers différents.
Les soignants, c'est une petite portion essentielle, évidemment, mais on l'a vu sur la crise Covid, sans les logisticiens, sans tous ceux qui ont contribué à l'approvisionnement, sans les ASH, qui ont les plus bas salaires de l'hôpital public, qui ont passé tout leur temps à nettoyer... Les ASH, c'est les agents de services hospitaliers. Je fais bien préciser. Les agents de ménage, qui ont nettoyé, désinfecté les services pour éviter la propagation du virus, ces gens-là, il faut aussi qu'ils aient des augmentations de salaire. Les assistants socio-éducatifs, les rééducateurs, les administratifs, il faut qu'ils aient des augmentations de salaire également.
Donc là, je rejoins ce que disait Christophe. Sur le Ségur, j'ai eu l'occasion de le dire par ailleurs, pour moi, ça restera le nom d'une avenue entre le 7e et le 15e arrondissement, ni plus ni moins. C'est un truc, on n'a rien affiche, c'est l'enfumage. Macron continue ses grands messes, il invite des gens autour de la taf, il amuse les médias en disant, regardez ce qu'on va faire, on va réunir les gens, on va les faire... Non, mais ça, on n'en veut pas. Nos revendications, ils les connaissent. Ça fait des mois et des années qu'on les dit.
Je vois Anne-Sophie qui plussoit, notamment quand il est question de parler des personnels hospitaliers, qui ne sont pas seulement des soignants. Quand David a établi cette nuance, je t'ai vu opiné, alors j'aimerais savoir pourquoi. Qu'est-ce qui te semble important ?
Il y a plusieurs choses. Quand David dit, pour moi, ce sera le nom d'une rue, moi, je considère le Ségur de la santé, vous savez, comme cette grande concertation qu'Emmanuel Macron voulait nous faire, où il passait des heures et des heures à expliquer aux gens, finalement, ce que c'était que la vie, sans savoir ce qu'était leur vie. Et finalement, le Ségur, pour moi, c'est du grand blabla. Et j'opinais du bonnet, parce que David a raison. Dans les EHPAD, c'est la même chose. L'hôpital, je crois que c'est Christophe qui disait ça, et tu me reprendras, si je me trompe, tu as dit 120 corps de métier, je crois, c'est ça, dans un hôpital ?
Oui, 120 métiers.
Voilà, 120 métiers dans un hôpital. Eh bien, parlons des EHPAD, c'est la même chose. Dans les EHPAD, vous n'avez pas que des soignants, vous avez aussi des ASH, des agents de services hôteliers. Vous avez les lingères, vous avez les cuistots, vous avez les serveurs. Là, c'est pareil. On ne peut pas, on ne doit pas, on parle des soignants, des soignants, évidemment les soignants. Mais pour moi, un hôpital comme un EHPAD, c'est une maison, c'est où il y a un certain nombre de métiers et tous ces métiers doivent être revalorisés. Et si vous voulez me faire, si vous me permettez de faire un petit pas de côté, qui a été aussi très oublié pendant cette crise du Covid ?
Des personnes qu'on ne voit jamais, qu'on n'entend jamais, parce qu'elles n'ont pas les moyens qui viennent se mettre en grève. Elles aussi, elles font partie du soin. Ce sont les aides à domicile et les auxiliaires de vie sociale qui tous les jours accompagnent dans les gestes de la vie quotidienne nos aînés au domicile ou des personnes en situation de handicap. De quoi on n'a pas entendu ? De qui on n'a pas entendu parler ? Des personnes en situation de handicap dans ces institutions et ces personnels-là aussi, il faut revaloriser les salaires, revaloriser les carrières. Parce que tous ces personnes âgées au domicile, qui en a parlé ?
Vous trouvez normal, vous, que quand les aides à domicile ou les auxiliaires de vie sociale étaient envoyés pour faire des toilettes au domicile des personnes âgées et qu'elles allaient à la pharmacie pour demander des masques, vous savez ce qu'on leur répondait ? Vous n'êtes pas prioritaire, mesdames. Pas prioritaire ? Eh bien, non. Donc, vraiment, je pense qu'il faut avoir une vision, en tout cas de la santé et de la vieillesse, qui n'est pas la vision que fait Macron, mais pas que Macron, je dirais. Ça existe depuis des années. Parce qu'en étant députée, je rappelle quand même que la Commission européenne a demandé 63 fois qu'il soit fait des économies sur la santé.
Et à un certain moment, pendant cette crise du Covid, qu'a dit Ursula von der Leyen ? Elle a dit, on arrête la règle des 3 %, cette règle d'austérité, pour soutenir cette crise sanitaire. Donc, on voit bien, là encore, que cette règle d'austérité, c'est un dogme, ce n'est pas une nécessité. Et là, il faut arrêter.
– Alors, l'austérité, c'est le mot qu'on ne peut pas éviter. Comment prendre acte de ce grand traumatisme, de cette grande révélation, de ce grand moment de révélation qu'a été cette crise sanitaire, sans relancer des grandes dépenses sociales, sans remettre en cause cette règle d'airain de l'austérité ? On en arrive à la deuxième partie de notre émission, qui tournera autour de la crédibilité du capitaine du bateau France, le président Emmanuel Macron, qui est un chantre de cette orthodoxie budgétaire qui fait en souffrir le peuple.
– Générique –
Alors, on va commencer par regarder un petit magnéto qui résume un peu le rapport de notre bien-aimé président au monde hospitalier.
– Notre-Dame, il y avait beaucoup de monde pour être ébue. Là, il faut sauver l'hôpital public qui est en train de flamber à la même vitesse que Notre-Dame a failli flamber. Ça, c'est joué à rien. Et là, en ce moment, ça se joue à rien. Voilà, je n'ai pas d'autre chose à dire pour l'instant. – Je compte sur vous ? – Ah oui, vous pouvez compter sur nous. – L'inverse reste à prouver. – Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des SAMU de nos hôpitaux, les médecins de ville, l'ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité.
Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c'est grâce à eux. Parce que tous ont répondu présents, tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale pour notre santé. C'est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la nation à ces héros en blouse blanche. Le 16 mars, nous avons fait le choix humaniste de placer la santé au-dessus de l'économie en vous demandant de rester chez vous. Vous avez alors fait preuve d'un sens des responsabilités admirables.
Et grâce à l'engagement exceptionnel de nos soignants et de toutes les équipes, l'ensemble des malades qui en avaient besoin ont pu être pris en charge à l'hôpital ou dans la médecine de ville. Leur colère, il l'a scandé déjà jeudi dernier devant cet hôpital parisien. En première ligne, lors de la crise du coronavirus, les soignants le disent aujourd'hui, ils se sentent oubliés par le gouvernement. Pourtant, le 25 mars dernier, le président de la République promet un plan massif pour l'hôpital. Deux mois plus tard, le Premier ministre lance le Ségur de la santé, une concertation avec les acteurs du secteur, censée aboutir en juillet.
Mais ce médecin, membre du collectif interhôpitaux soupire. Il y a plein d'autres plans qui ont été annoncés et que le plan massif pour l'hôpital, il n'est toujours pas là. Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. Je ne crois pas que surmonter les défis qui sont devant nous consiste à revenir en arrière. Non. Mais les temps imposent de dessiner un nouveau chemin. C'est ainsi que chacun d'entre nous doit se réinventer, comme je l'ai dit, que nous devons collectivement faire différemment. Et vous l'avez compris, dans ce que j'ai commencé ce soir à esquisser, je me l'applique d'abord et avant tout à moi-même.
Retour sur le plateau. David, je t'ai vu prendre beaucoup de notes quand ce petit magnéto passait en secouant la tête sur certaines phrases. Qu'est-ce que tu penses du résumé de la situation de ces derniers mois fait par notre président Emmanuel Macron ?
Moi, je pense qu'il est totalement décrédibilisé. On ne peut plus faire confiance à cet homme-là. On parlait tout à l'heure du préfet allemand qui doit dégager. Je pense que c'est la même pour Macron. On a là un homme qui représente un pouvoir qui n'a cessé de mentir depuis le début de la crise et qui continue à nous mentir. Quand il dit le 14 juin l'ensemble des malades ont pu être pris en charge à l'hôpital, c'est faux. Parce que pendant plusieurs semaines, les hôpitaux de France n'ont fait à 90% que du Covid. Et avant la crise, on disait déjà qu'on n'arrive pas à prendre en charge l'ensemble des patients dont on doit assurer les soins.
Et là, du coup, il ne restait plus que 10% des capacités hospitalières pour l'ensemble des malades et 90% sur le Covid. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a des gens qui normalement auraient dû avoir une opération pour une appendicite, qu'on n'a pas pu avoir cette opération parce qu'il n'y avait plus de surblouse pour pouvoir aller en bloc opératoire, parce que tous les services de réa étaient saturés de Covid et qu'en cas de pépin, on ne pouvait pas orienter les patients sur ces services lymphes.
Et que du coup, on a des situations d'appendicite qui est un truc mais basique, simple, qui se fait tranquillement, qui se sont dégradés et on a des patients avec des appendicites qui ont risqué la mort. Donc, quand il nous dit l'ensemble des malades ont pu être pris en charge, moi, ça me fait bondir. C'est insupportable d'entendre ces mensonges lymphes. Et je pense que, alors évidemment, quand il passe à des heures de grande antenne, la population entend ça et se dit, ah, ok, super, merci les soignants, ces héros qui aujourd'hui sont effectivement matraqués et gazés. Sauf que, il fait encore, ce qu'il sait faire le mieux, c'est de l'enfumage.
Anne-Sophie, j'aimerais savoir, vu du Parlement européen, donc, avec une vision plus large sur l'Europe et sur cette règle d'austérité dont tu parlais, est-ce qu'il y aura un monde d'après ? Je sais que l'expression nous gonfle tous, mais est-ce que, parmi les députés européens des différentes tendances, on a l'impression que, quelque part, on se dit qu'on a poussé le bouchon un peu trop loin et qu'à force de faire des économies, on a failli tuer l'économie de l'Europe puisqu'en fait, nos économies sont arrêtées pendant plusieurs mois et il y aurait eu moins de dégâts si on n'avait pas essayé de mégoter sur la santé. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu sens ?
Alors, déjà, la première chose, parce que je lis le tchat en même temps, la première chose, c'est que la santé est une compétence nationale, ce n'est pas une compétence européenne. C'est la première chose. Donc, qui décide des politiques de santé ? Eh bien, ce sont les États membres. Évidemment, vous l'avez bien compris que Emmanuel Macron faisant partie du Conseil de l'Europe, effectivement, eh bien, il y a des décisions qui sont prises et la Commission fait des recommandations puisqu'elles analysent les budgets de chaque État membre, me semble-t-il, tous les six mois. Vous m'excuserez, ça ne fait qu'un an que je suis députée.
Avant, j'étais aide médico-psychologique, donc tout le monde apprend. Quand vous me demandez, enfin, quand tu me demandes si on voit un changement au niveau des députés européens, je dirais oui et non. Oui, parce que malgré tout, on se rend, avec d'autres députés qui sont soignants, donc ça peut être médecin, infirmier, nous avons envie de changer les choses, nous avons envie de faire des choses et nous aspirons, en tout cas, à ce qu'il y ait un monde d'après. Je suis très honnête avec les gens et même ceux qui nous écoutent là.
Le monde d'après, je l'espère, mais je ne suis pas naïve non plus et je me dis que de toute façon, ce n'est pas moi ou quelques députés européens qui veulent se battre qui changeront la face du monde.
Pour autant, il est important de se battre parce que quand on veut se battre pour la santé et qu'on veut que la santé finalement soit une compétence de l'Union européenne comme nous voulons le demander et comme nous voulons le faire pour qu'il y ait cette santé qui ne soit pas finalement dans un ambroglio d'une commission qui s'appelle Envie, on se bat et on se bat tous les jours et on se bat aussi en dénonçant le fait qu'il n'est plus possible qu'aujourd'hui ces règles d'austérité soient encore mises sur la table.
Il n'est plus possible que ces traités obligent ces règles d'austérité et qui fait que derrière ce sont nos hôpitaux, nos soignants et tous ces personnels du lien qui finalement sont en souffrance. Là, il faut continuer à se battre. Je ne dis pas qu'on arrive à tout gagner mais en tout cas si on ne se bat pas, c'est le marché qui prendra le pas. Ça, c'est évident.
Christophe, je vais te poser la question qui tue quand Emmanuel Macron fait assaut de promesses et de bonnes intentions, est-ce que tu le crois ?
Non, non, mais moi, je suis plus sévère encore que mes camarades là. Macron est responsable de morts qui auraient pu être évitées. Voilà, il faut être clair. L'hôpital n'a pas tenu. Ce n'est pas vrai. Moi, je suis dans le département que j'exerce en Seine-Saint-Denis. C'est le département qui a eu le plus de morts. C'est le département où on a manqué de l'île de réanimation en premier en Ile-de-France. Quand un patient est hospitalisé en réanimation avec retard, il y a une surmortalité de 30%. Quand on refuse d'ouvrir des hôpitaux en faisant venir du personnel, du matériel et qu'on organise pour faire joli dans les médias les TGV sanitaires, il y a eu des morts dans les TGV sanitaires.
Voilà. Donc, là, il faut le dire, non, ils sont responsables, l'incurie de ce gouvernement a entraîné une surmortalité. Et il n'y a pas que moi qui le dise, il suffit de se comparer avec des pays qui sont beaucoup plus âgés que nous, comme l'Allemagne ou le Japon, qui ont protégé leurs anciens dans les structures qu'on appelle maisons de retraite, et pas de ces acronymes qui ne veulent rien dire des maisons de retraite, mais ils n'ont eu quasiment aucun mort dans leurs maisons de retraite. Alors que nous, il y a eu une hécatombe. Parce que, comme le disait Anne-Sophie, on n'a pas donné de masque, qu'on n'avait pas les tests.
Et d'ailleurs, aujourd'hui, ce qui est plutôt satisfaisant pour nous, M. Macron, il est champion du monde, champion du monde de la défiance de sa population. C'est aujourd'hui le chef d'État qui a la plus basse confiance de sa population au regard, effectivement, de la manière dont il agitait la crise. Et ils ont persisté dans l'erreur. Là, sur le déconfinement, tous nos collègues pédiatres, la Société française de pédiatrie, a dit, il y a déjà trois semaines, arrêtez vos mesures pour l'école, là. C'est de la folie.
Les gamins, au départ, on craignait effectivement qu'ils soient ce qu'on appelle super contaminateurs puis on s'est rendu compte que, finalement, il n'y avait aucun gamin malade et qu'ils ne transmettaient pas le virus. Et c'est ce qu'a fait le Japon. Il a fermé les écoles pendant dix jours et les a rouvères après. Et il n'y a pas eu de drame dans les écoles. Et nous, ils ont persisté dans l'erreur parce qu'ils avaient fait tellement de cholerés au départ qu'ils ont voulu se justifier après en maintenant des mesures coercitives. Mais il faut être clair, en termes de santé publique, le confinement généralisé, c'est une mesure moyenâgeuse. On faisait ça au Moyen-Âge. On était obligé
parce qu'on n'avait pas de masque. Parce qu'on n'avait rien. Mais oui, d'accord.
Mais sauf que, pourquoi on n'avait pas de masque ? Pourquoi on n'avait rien ? Et pourquoi on n'a pas produit les masques ? Pourquoi on n'a pas voulu rouvrir l'usine de masques qui a été fermée en Bretagne qui produisait des millions de masques pour la France ? On nous a promis des commandes. On a fait appel à la générosité publique. Tout le monde devait devenir couturier. Mais c'est du n'importe quoi. Nous, ce qu'on demandait, c'est réquisition des entreprises qui sont en capacité de produire des masques et pour qu'on les répartisse selon des critères de priorité qui sont des critères de santé publique. En particulier, la priorité devait être donnée aux EHPAD. Ce n'est pas ce qui a été fait.
Donc, toute cette gestion de la crise a été catastrophique. Donc, aujourd'hui, ça renforce notre légitimité à dire qu'on ne peut pas continuer comme ça et avec ces gens-là. Alors, pour l'instant, ils sont au pouvoir, d'accord ? Soit ils changent d'attitude, soit on va se révolter encore plus qu'on ne le fait aujourd'hui parce qu'on n'en peut plus. Voilà. Moi, aujourd'hui, c'est pire que le monde d'avant. C'est pire que le monde d'avant. Les chambres à deux lits qu'on a fermées, qu'on a transformées en chambres à un lit pour éviter la contagion, ce qui était logique. Aujourd'hui, on les rouvre comme chambres à un lit. Dans tous les hôpitaux, y compris en psychiatrie.
Donc, on a encore moins de lits. Et oui, on en profite pour supprimer le nombre de lits. Dans mon département, à quelques kilomètres d'ici, il y a un hôpital qui est à côté d'une des cités les plus pauvres de France, à Bondy-Nord, l'hôpital Jean Verdier. Eh bien, le plan de restructuration, ils appellent ça restructuration. En fait, le plan de Martin Hirsch, qui est venu dans les médias pour se répandre, on se rappelle aux dons, il ferme cet hôpital. Il le ferme. Et là, on reprend les déménagements de services. Au 1er juillet, il y a le service des pathologies qui déménage. Voilà. Donc, ça, c'est la vraie vie. Il faut le dire aux téléspectateurs.
C'est-à-dire que ce sont des menteurs et ils ont des morts sur la conscience. Moi, je dis les choses comme elles sont. Il faut être carré aujourd'hui. C'est le consensus mou, là, c'est fini. D'ailleurs, il a bien fait d'utiliser les termes guerriers. Parce que nous, aujourd'hui aussi, on va pouvoir utiliser les termes guerriers. Eh bien, pour rénover le système de santé, il va falloir faire le ménage.
David, tu voulais dire quelque chose ?
Oui, c'était sur la question des masques et des responsabilités du pouvoir. C'est très simple. En 2019, donc plusieurs mois avant la crise, Santé publique France, institution publique, qui est censée de gérer la santé, fait une alerte en disant les stocks de masques sont au plus bas. Il faut, en cas de pandémie mondiale, il nous faut un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2 pour les soignants. Le gouvernement était au courant. Il a été alerté. L'ambassadeur de France en Chine alerte le gouvernement en décembre en disant il se passe un truc, ça va nous arriver en pleine figure. Rien ne se passe. La pandémie... Il y avait les municipales.
Peut-être, mais à ce moment-là, quel choix politique on fait ? Est-ce que c'est sauver quelques maires ou bien est-ce que c'est sauver la population ? Macron a choisi. Voilà. La pandémie arrive, l'OMS dit on est en pandémie. Que fait le gouvernement ? Est-ce qu'il sort les trucs de santé publique France en se disant oula, ils nous avaient prévu, il faut un milliard de masques chirurgicaux distribués à la population et 600 millions pour les soignants ? Non. Moi, dans mon hôpital, les masques FFP2, il a fallu qu'on se batte avec l'administration pour qu'ils puissent les donner dans les services. Et encore, tous les services ne les ont pas eus.
Alors, effectivement, c'est des masques ultra protecteurs dont peut-être tout le monde n'a pas forcément besoin. Sauf que quand il y a une institution... Non, non, non. Jusqu'au mois de janvier, les préconisations de Santé publique France, c'est que les soignants doivent porter des masques FFP2 qui sont vraiment des masques protecteurs. Les masques chirurgicaux, c'est pour la population générale. C'est pas la même chose. Et on nous a dit Non, non. Pour vous, si vous n'avez pas des soins très contaminants en réanimation, vous porterez des masques chirurgicaux. Non, c'est fou de la gueule.
Ce qu'on a vu dans cette crise, c'est que les recommandations sanitaires n'ont pas arrêté de changer en fonction des stocks. Sur l'hôpital, alors que normalement, les surblouses, c'est à usage unique, on s'est mis à laver les surblouses. Moi, à l'hôpital où je travaille, dans le service dans lequel je travaille, on a fabriqué nous-mêmes des surblouses en voile d'hivernage pour les collègues qui travaillent dans les unités Covid.
Et sur les sites de petites annonces, j'ai vu des annonces des hôpitaux de Saint-Maurice qui demandaient à la population... Exactement,
c'est ce que disait Christophe. On a fait des appels aux dons, sauf que pour moi...
De fabriquer des...
Oui, mais appels aux dons, pour moi, ça ressemble plus à un nom de dinosaure, un truc ultra-archaïque, plutôt qu'à un système de santé de la 6e. C'est pour la charité publique, parce que moi, j'ai eu du gel produit, effectivement, dans les usines de M. Arnaud. Mais moi, je ne demande pas à ce que M. Arnaud me produise du gel, je demande à ce que M. Arnaud paye ses impôts et ses cotisations sociales en France. Ça ferait du pognon pour l'hôpital public. Parce que là, faire appel aux dons et à la charité parce que l'État est défaillant, mais c'est quoi ça ? Comme je le disais, c'est revenir au Moyen-Âge.
C'est-à-dire que la santé doit fonctionner sur la charité publique parce que l'État ne s'occupe pas de la santé. Mais alors, à quoi sert l'État ?
On revient toujours quelque part au-delà des aspects pratiques, à une question idéologique. Est-ce que finalement, c'est la vision, et là, je pose la question à Anne-Sophie, est-ce que c'est la vision purement idéologique de la réalité distordue par une idéologie néolibérale frénétique qui a conduit à cette étrange défaite finalement face au Covid, face à la Covid, comme le dirait les académiciens ? Est-ce que c'est vraiment parce qu'ils sont aveuglés par leur idéologie qu'ils n'ont pas eu des bons réflexes ? Anne-Sophie ?
Bon, alors déjà, je voulais revenir sur deux choses. Il faut savoir aussi quand même que dans certains EHPAD, pendant cette crise sanitaire, il a été repris des personnes âgées qui arrivaient de l'hôpital. Donc, sans protection pour les soignants et des gens qui ne sont pas testés, vous pouvez imaginer ce que ça fait comme dégâts derrière si la personne qui revient est potentiellement atteinte de la Covid. Ça, c'est la première chose. Vous parlez des masques tout à l'heure. Je vais juste faire pareil un petit aparté parce que je me suis entretenue avec des couturières, justement, qui ont fait des masques. Les mairies leur ont demandé de faire des masques. Elles ont fait des masques.
Et après, on leur a dit « Mais mesdames, c'est l'effort de guerre. Ils n'auraient droit à rien. Elles ont payé leurs tissus. Elles ont payé leur élastique. Elles ont passé des heures. Elles ont fourni des masques. Et aujourd'hui, eh bien, rien. Vous avez participé à l'effort de guerre. Et des femmes, encore une fois. Alors, sur la question sur, finalement, est-ce qu'ils ont raté des choses parce qu'ils ont une vision libérale ? Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous voulez que je vous dise non ? Je dirais n'importe quoi si je vous dis non.
À partir du moment où ils ont considéré qu'il fallait gérer l'hôpital comme une entreprise, qu'il fallait que, finalement, l'hôpital soit rentable, ben oui, ils ont considéré qu'il fallait que ce soit rentable. Parce que, je rappelle aussi dans les traités que la concurrence libre et non foncée existe. Et puis, que si on pouvait donner au marché privé la santé pour que ça leur coûte moins cher à eux, ben, ils seraient parfaitement contents. C'est ce qu'ils ont fait avec la vieillesse, c'est ce qu'ils font avec certains autres sujets de la santé. Mais ça se fait. Donc, est-ce que c'est leur vision libérale ? Oui.
Ça, c'est sûr que ce n'est pas une vision pour le bien commun, ce n'est pas une vision pour l'intérêt général. Et est-ce qu'ils se sont trompés ? Oui. Mais c'est des années qu'il faut rattraper. Donc là, il faut qu'il aille vite, ce cher M. Macron. Il faut vraiment qu'il aille vite. Parce que là, on sent quand même qu'il est au pied du mur. Enfin, je connais Christophe. Je ne connais pas David, mais j'entends les arguments. Je crois que là, s'il n'a pas compris que les soignants n'allaient plus se laisser faire et n'allaient plus accepter ce qu'on leur impose, je crois qu'il faut qu'ils démissionnent, très honnêtement.
On va passer bientôt à la troisième partie de l'émission. Mais je voudrais noter que le 1er avril, une note de la caisse des dépôts et des consignations, le bras armé financier de l'État, donc, était dévoilée par Mediapart. Et dans cette note, il était question de poursuivre dans la logique qui accourt avec le renforcement des partenariats publics-privés et l'appui au secteur privé non lucratif. On en parlera, justement, dans cette troisième partie. Alors, nous sommes aujourd'hui dans un rapport de force politique. Il ne faut pas se le cacher. Les hospitaliers l'ont bien compris.
Ils font appel à l'opinion publique qui les applaudit massivement pendant la crise sanitaire et qui appelaient à transformer leur soutien moral en soutien politique. Regardons, avant d'en parler, les images ramenées par Antoine Etietto et Elie Bonneton.
Aujourd'hui, justement, c'est le moment parce qu'on a l'opinion publique derrière nous. On s'est bien rendu compte que là, on avait besoin des infirmiers, des ex-soignants et tout. On n'avait pas de lits, on n'avait pas de personnel. Là, c'est le moment de dire ben voilà, vous avez besoin de nous, donc prenez soin de nous. C'est pour ça que c'est aujourd'hui, c'est après le Covid, parce que des Covid, il y en aura d'autres et même c'est tous les jours, les galères qu'on a eues pendant le Covid, c'était des galères qu'on avait déjà avant, en fait. ça a juste été exacerbé, mais on avait déjà ces galères-là, donc j'en ai un peu marre d'entendre parler du Covid. Pour nous, ça ne s'arrête jamais.
Le Covid, c'est fini, mais c'est toujours la galère. On a fait l'effort, on a fait face, on a mal dormi la nuit parce que le matin, on avait la peur aux ventes pour aller au travail, mais on l'a fait. Donc on veut aussi maintenant avoir une reconnaissance et aussi par le salaire, parce que quand on sait qu'on est infirmiers, à la base, on est 26e sur 29 au niveau du salaire dans les pays de l'OCDE. C'est juste une honte. Les sages-femmes sont dans la rue aujourd'hui parce que comme tous les autres personnels soignants, elles ont été très mobilisées pendant la crise du Covid et en temps normal, elles sont très mobilisées. Le problème, c'est qu'on n'a jamais parlé de nous.
Nous, on n'est pas des réanimateurs, on n'est pas des infirmières, mais on est quand même là, on est quand même mobilisés pour la santé des gens. La raison pour laquelle on est là aujourd'hui, bien sûr, c'est l'après-Covid, mais c'est aussi parce qu'on réclame des lits pour nos bébés, qu'on réclame des meilleures conditions pour les femmes, pour qu'elles puissent accoucher là où elles veulent, comme elles veulent, avec qui elles veulent. Et aujourd'hui, l'hôpital public est à bout de souffle et les sages-femmes aussi, donc c'est pour ça qu'on est là. On veut des actes du concret. Les promesses, c'est bien, mais ça ne suffit plus. Il faut du concret. Il faut arrêter de fermer les lits.
Il faut revaloriser le salaire des soignants, des paramédicaux en particulier. Et puis, il faut embaucher le personnel pour s'occuper des malades. C'est tout. C'est ce qu'on demande depuis plus d'un an. Ça ne va pas changer.
Alors, j'aimerais vous poser une question. Est-ce qu'on peut imaginer, Christophe, que les hospitaliers seront la colonne vertébrale de l'articulation des luttes aujourd'hui, dans la période dans laquelle nous entrons ? Est-ce que...
Je ne sais pas si c'est la colonne vertébrale. Ce qui est clair, c'est qu'on pose les vraies questions. M. Macron ne s'est pas trompé. Il a un objectif. Il sait très bien ce qu'il fait. Politique libérale, c'est la revanche des libéraux qui a été théorisée dès 1947. Vous savez, le Montpèlerin, l'école de Chicago, tout ça, on connaît. Donc, il suit sa route. La question aujourd'hui, c'est que pour nous, c'est une autre répartition des richesses qu'on veut. Voilà. C'est un autre fonctionnement de la société. On veut que les services publics essentiels soient financés par la collectivité, par les cotisations sociales, par l'impôt.
Donc, sur cette question, partir de l'hôpital public pour élargir la lutte, ça nous paraît cohérent. Puisqu'on a gagné idéologiquement sur la question de l'hôpital public. Pour la majorité de la population, y compris pour les gens qui votent à droite et qui votent pour Macron, l'hôpital n'est pas une entreprise, la santé n'est pas une marchandise. Et nous, on va plus loin aujourd'hui. Je vous donnais deux revendications que pose aujourd'hui la CGT, puisque indépendamment d'être à la MUF, je suis aussi à la CGT. Eh bien, on dit clairement les choses. C'est que le surcoût majeur dans notre système de santé, c'est la mixité publique-privée.
Aujourd'hui, on voit les EHPAD moyenne de coût pour le résident dans un EHPAD public, 2 000 euros. Dans un EHPAD privé, 3 000 euros. Il y a un petit peu plus de personnel, même s'il n'y en a pas assez, dans les EHPAD publics et dans les EHPAD privés. La différence, c'est quoi ? C'est le bénéfice des gens qui investissent dans ces EHPAD. Sur l'assurance maladie, s'il y avait une seule sécu, on ferait 8 milliards d'euros d'économie. C'est le coût de gestion de ce qu'on appelle les mutuelles, qui sont des assurances maladie complémentaire. Donc, il y a des solutions aujourd'hui. La question, c'est le service public.
Et nous, ce qu'on demande, et je pense que ça fera plaisir à Anne-Sophie, c'est qu'on ne veut plus d'agréments sécurité sociale pour les établissements de santé ou de médico-social qui sont à statut privé à but lucratif. Voilà. Donc, soit ils basculent vers le secteur public, soit ils vont vers le secteur privé à but non lucratif. Corian, Orpea, là, ces vampires, on n'en veut plus. Et on a la majorité de la population avec nous. Donc, c'est ces questions-là qu'on pose.
Et il faudra bien que les politiques les prennent en compte parce qu'aujourd'hui, regardez, c'est sous la pression de la population que finalement, Corian et Orpea n'ont pas pu, cette année, verser de dividendes à leurs actionnaires. Mais par contre, là, il revient de la charge. Pour verser la prime aux soignants que les soignants demandent légitimement dans le privé comme dans le public, eh bien, ils ont demandé à l'État de financer la prime. Ils ne prennent pas sur leur marge. Ça, c'est scandaleux parce que dès l'an prochain, ils vont reverser des dividendes aux actionnaires. Et juste un dernier élément pour vos téléspectateurs.
Le deuxième groupe de clink en France, le groupe L100, son principal actionnaire est un fonds d'investissement anglo-saxon qui s'appelle CVC Capital Partners. Son siège social est à Londres, mais son siège financier est où ? Au Luxembourg. Avec les bénéfices faits en France, il défiscalise au Luxembourg. C'est scandaleux. Donc ça, il faut qu'on en finisse avec ça. Soit M. Macron, sous la pression, est obligé de lâcher du lest, soit, comme le dit Anne-Sophie, va se poser très rapidement la question, après le mouvement des gilets jaunes, le mouvement de l'hôpital et puis on va tout faire pour que ça bouge, le départ de M. Macron.
C'est cette question du capitalisme qui, finalement, augmente les coûts et défiscalise, utilise des paradis fiscaux. Le média vous promet bientôt des révélations qui viendront par notre ami Maxime Rénailly. mais je voudrais donner la parole à Anne-Sophie.
Je ne vous entends pas.
Je voudrais savoir, Anne-Sophie, est-ce que tu es d'accord avec Christophe quand il dit, finalement, que dans le monde des EHPAD, finalement, c'est le capitalisme qui tue, d'une certaine manière. C'est cette plus-value, en fait, prise par les actionnaires qui alourdit les dépenses et donc qui pousse les familles à la pauvreté parce que les familles doivent bien payer les EHPAD et aussi cette plus-value qui diminue les précautions qu'on peut prendre et qui peut précipiter les catastrophes sanitaires.
J'aimerais vraiment que tu nous donnes ton avis notamment sur cette mesure dont il parle qui revient à interdire dans le domaine de la santé et du soin toutes les entreprises privées à but lucratif.
Alors, évidemment que je suis totalement d'accord avec Christophe mais il le savait déjà que j'allais être d'accord avec lui puisque effectivement les EHPAD c'est faire du fric toujours plus vite au détriment des soignants, au détriment des personnels d'EHPAD, au détriment des résidents et au détriment des familles. Parce que, bon, Christophe donne un chiffre pour un EHPAD privé à but lucratif, 3000 euros, c'est pas très cher. C'est pas très cher, il y a encore plus cher. Moi, dans un petit EHPAD du Jura, c'était 3400 euros par mois. Et finalement, comment font ces gens ?
Comme ils touchent de l'argent public pour payer les soignants, les enveloppes pour les protections, les gants, usage unique, c'est des enveloppes d'argent public, tout ça. C'est nous qui payons tout ça. Eh bien, ils ne dépensent rien dans ce cas-là. Comme ils n'ont rien dépensé pour les masques parce qu'ils ont attendu que l'État fasse les choses pour les masques. Mais Christophe a parlé d'Orpéa. Le docteur Marion, ça vous dit quelque chose ? Le docteur Marion a des EHPAD d'Orpéa en Chine. Il a fait quoi, ce monsieur, quand il a vu la Covid arriver dans les EHPAD en Chine et faire les dégâts qu'il faisait ? Eh bien, tout simplement, il a vendu ses actions.
Je crois qu'il est parti avec 456 millions d'euros. Donc, quand je vous dis qu'il veut faire de l'argent, oui. Et puis, il maximise les dividendes. Et comment il maximise les dividendes ? Les loyers qui sont très chers, les personnes âgées qui sont obligées de vendre leurs biens pour pouvoir être dans un EHPAD. et puis, des repas de moindre qualité. Mais on en avait déjà parlé sur ce plateau. Quand le budget repas, il est de 4 euros pour 4 repas pour un résident, 1 euro par repas. Vous croyez franchement que la nutrition est de qualité ? On se demande après pourquoi les résidents sont dénutris. Mais il suffit de regarder ce qu'ils mangent.
Et ces gens en cranchent, en cranchent, en cranchent toujours plus d'argent. regardez, allez voir le dernier classement chez Challenge. Les 500 plus grandes fortunes de France sont des actionnaires d'EHPAD ou des propriétaires d'EHPAD. Donc, c'est le cas de l'EHPAD. Et oui, ces gens-là, il faut arrêter très vite. Il faut remettre la vieillesse dans le giron du public parce que ce sont aussi nos conquis du CNR et il faut absolument arrêter cette marchandisation. Après, si c'est trop tard et qu'on ne peut pas arrêter, j'entends.
Mais dans ce cas-là, ces grands groupes privés à but lucratif qui se goinfrent sur la dépendance, on pourrait peut-être leur mettre un impôt intéressant pour qu'ils financent la dépendance aussi, non ?
Sans doute. Alors, je voudrais qu'on parle du rapport de force. On continue de parler du rapport de force puisque le combat dans la rue est engagé, le bras de fer est engagé, il ne va pas s'arrêter maintenant. Et je voulais vous interroger, David et Christophe, sur la configuration un peu du secteur médico-hospitalier aujourd'hui.
L'impression qu'on a de l'extérieur, c'est qu'il y a une forme de lutte des classes qui ne dit pas son nom dans votre secteur économique parce que c'est un endroit où on trouve quand même des gens qui sont très très mal payés, extrêmement mal payés, qui sont payés et qui demeurent sous le seuil de pauvreté tandis que, quand même, les médecins spécialistes qui sont bien payés, ils ne l'ont pas volé, cet argent, ils sont bien payés et du coup, ils ne vivent pas la même réalité. Est-ce que vous avez vraiment tous les mêmes revendications ?
Est-ce qu'il n'y a pas un moyen de lézarder le front, par exemple, en jouant les médecins, les mandarins contre les internes, les aides-soignants, les infirmiers ? Macron,
il tente déjà de lézarder le front. Quand il dit on va augmenter les salaires des soignants en oubliant, comme le rappelait Christophe, qu'à l'hôpital, il y a 120 métiers différents, il tente de satisfaire certains en mettant volontairement de côté tous les autres. Tout à l'heure, on posait la question, je crois que c'est Anne-Sophie qui disait est-ce que Macron a vraiment compris les revendications ? Pour moi, la question ne se pose pas, Macron, il l'a compris.
Depuis le temps qu'on le répète, depuis le temps qu'on le dit, je rappelle en 2018, je crois que c'est janvier et mars 2018, Sophie, tu m'arrêtes si c'est une bêtise, mais tous les EHPAD se sont mobilisés, même les directeurs d'EHPAD étaient aux côtés des syndicats pour revendiquer des moyens supplémentaires.
C'est 1 janvier 2018 et 15 mars 2018.
C'est 1 janvier et mars 2018. Donc l'alerte, elle a été donnée il y a longtemps. Macron, il le sait tout ça. Donc la question, on est effectivement vraiment sur un rapport de force. Le rapport de force, pour moi, il se joue aussi au niveau international. C'est-à-dire que tu posais la question tout à l'heure est-ce que le capitalisme tue ? Ben oui. On voit qui est-ce qui a envoyé des médecins en Italie pour aider les Italiens, c'est Cuba. Donc voilà, deux visions de sociétés différentes. Cuba qui envoie des médecins en Europe pour aider. Cuba qui est un pays très pauvre. Qui est un pays très pauvre, mais qui a la capacité, qui a mis les moyens sur la santé.
Et puis d'autres pays, la France par exemple, qui stoppent les masques suédois qui devaient être envoyés en Italie. Donc le capitalisme, c'est le monde de Charogna, où chacun, les Américains qui achètent au cul de l'avion les masques qui étaient prévus à la France en doublant le prix. C'est quoi ce truc ? Si je peux te rajouter
quelque chose David, excuse-moi de te couper la parole, vous avez certainement aussi vu ça, les masques arrivés sur les tarmacs dans l'Est de la France réquisitionnés par les préfets. Réquisitionnés par les préfets alors qu'on en manquait et que je rappelle que dans l'Est, il a fallu rajouter un hôpital militaire à côté de l'hôpital de Mulhouse.
Enfin, un hôpital militaire, trois tentes et la grande armée française a mis 15 jours à monter trois tentes avec 30 lits. C'est pas terrible quand même. Christophe, tu fais de l'esprit mais je voudrais vraiment qu'on parle de l'esprit. Non, c'est pas de l'esprit, c'est la vraie vie quand même. La grande armée française où il y a les sous-marins qui brûlent là a mis 15 jours pour monter trois tentes et 30 lits de réanimation. Les Allemands, ils ont aménagé des gymnases avec des centaines de lits de réanimation dans le même temps. Voilà, enfin je veux dire, il y a un problème quand même dans notre pays.
Pour revenir à la question du rapport de force et de la possibilité d'une sorte de désunion du front, est-ce que c'est un spectre réel ou alors c'est une lubie, c'est un fantasme ? Est-ce qu'il est possible que le front médico-hospitalier se fissure ?
Le front y tient sur des valeurs, ce qui est plutôt positif, sur les valeurs humanistes de la médecine. Mais après, quand on rentre dans le détail, il y a des contradictions. Effectivement, une partie des médecins soutiennent les soignants comme ils soutiendraient l'augmentation de salaire de leur bonne. Et ce qui les intéresse, ce sont les enjeux de pouvoir en disant les méchants sont les directeurs, on veut prendre le pouvoir à la place des directeurs. Nous, ce n'est pas notre problème. Notre problème, c'est qu'il y a besoin d'un directeur dans un hôpital. Quelles politiques, quelles sont les consignes qu'on lui donne pour gérer son hôpital ?
Voilà, il y a des bons et des mauvais directeurs. Après, ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est qu'on va au-delà du cercle syndical traditionnel. On a vu, là aujourd'hui, beaucoup de non-syndiqués, des jeunes médecins, des internes, des internes qui se sentent exploités par certains qui sont à côté de nous dans la rue. Voilà, c'est ça, ces contradictions qu'il faut qu'on gère. Mais après, nous, on est pour le débat et pour convaincre. Parce que, ce qui nous rend tout à fait optimistes, c'est que, sur les idées, on est en train de gagner auprès de la population.
Pendant le confinement, avec les réseaux sociaux, moi, j'ai fait de la politique, mais au bon sens du terme, apporter de l'information à la population qui demandait à comprendre, etc. La bataille des idées, eh bien, il faut qu'on la gagne. Et après, on isolera, effectivement, ceux qui sont sur des revendications catégorielles pour leurs intérêts particuliers et dans le monde médical. J'ai fait un colloque à Sciences Po, j'ai expliqué que mes camarades cheminots de la CGT, par rapport à la défense catégorielle de leurs avantages acquis, par rapport aux médecins, c'était des petits garçons. Bon, il y avait des médecins dans la salle qui riaient jaune, mais c'est quand même une réalité.
Le monde médical est très divisé, très individualiste, sauf que ce qui nous rend optimistes, c'est que les jeunes, aujourd'hui, ne se retrouvent plus dans ce monde médical. Alors, tu disais, il y avait des bon mots. Oui, parce que c'est aussi un petit peu une caricature, mais ça permet d'aller vite. C'est-à-dire, le médecin qui prend les... qui reçoit les labos pour qu'on lui paye le voyage à la Réunion et puis son objectif, c'est la Porsche Cayenne et puis le beau congrès payé par le labo à la Réunion, ce n'est plus aujourd'hui majoritairement ce que souhaitent les jeunes médecins.
Les jeunes médecins, aujourd'hui, ils sont pour le salariat, le travail en équipe, donc il faut qu'on s'appuie là-dessus. Alors, effectivement, c'est un changement de société, mais on est à une période de rupture et c'est ça qui est intéressant politiquement. On est dans une période de rupture. Est-ce qu'on glisse vers encore plus de libéralisme et on voit ce que ça donne aux États-Unis et avec le problème de l'écologie, c'est la destruction de la planète ? Ou est-ce qu'on essaye de construire ensemble une autre société ? Eh bien, nous, on est sur des valeurs qui sont des valeurs de solidarité, de service public, des valeurs humanistes, de partage. Voilà.
Et en face, on a des tueurs qui pensent qu'à écraser l'autre pour prendre le pouvoir, gagner plus d'argent, toujours, toujours plus d'argent. Mais aujourd'hui, qu'à un moment donné, au journal de 20h sur TF1, la référence, on nous apprend qu'on a en France l'homme le plus riche du monde, M. Arnaud. Mais c'est une catastrophe qu'on ait l'homme le plus riche du monde en France. Parce que si on a l'homme le plus riche du monde, ça veut dire qu'on a beaucoup de pauvres. Voilà. C'est ça, c'est la question de la répartition des richesses qui vient aujourd'hui.
Et ça, c'est intéressant parce que quand on disait ça il y a quelque temps, on disait, oh là là, les bolcheviques, là c'est bon, on voulait revenir à l'Union soviétique et tout. Non, non. La question de la répartition des richesses aujourd'hui, elle se pose de manière très large dans la population et c'est ça qui est intéressant. Eh bien, on va surfer là-dessus parce que justement, sur l'hôpital, ces valeurs sont largement partagées. Eh bien, il faut qu'on les fasse partagées pour l'ensemble des services publics et pour le vivre ensemble. Voilà. Quelle que soit sa couleur de peau aussi. Voilà. Ça, c'est important. Et voilà. C'est ces valeurs qu'il faut défendre aujourd'hui.
Eh bien, ce sont des valeurs qui sont antinomiques avec la logique capitaliste, libérale, qu'on nous vend et depuis 40 ans qui s'aggravent et dont M. Macron est quand même un des principaux représentants. D'ailleurs, lui, c'est qu'un pantin. Il a été mis là en place par des gens qui tirent des ficelles derrière. On les connaît. Ça fait 40 ans que c'est les mêmes. Voilà.
C'est quelque part, David, aujourd'hui, c'est une question de vie ou de mort. C'est-à-dire, cette épidémie, elle nous a traumatisés parce que finalement, c'est rendu compte que certains choix désastreux, des économies un peu absurdes édictées par Bruxelles ou choisies par les gouvernants, ça pouvait nous conduire à des catastrophes et à perdre la vie à des tragédies. Je pense que c'est quand même quelque chose qui nous différencie de ce que nous étions il y a quelques mois.
Peut-être, dans la population générale, c'est le cas. En tout cas, à l'hôpital, je n'ai pas l'impression... Alors, il y a évidemment, je veux dire, le Covid a peut-être été une étincelle qui a mis le feu aux poudres et qui fait qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de non-syndiqués qui viennent dans les manifestations. Mais je pense qu'on avait tous la conscience aiguë que ça allait très mal depuis longtemps. C'est-à-dire que les collègues qui se plaignent... Moi, je veux dire, avant le Covid, j'avais déjà des collègues infirmières diplômés de 2-3 années qui disaient « j'en peux plus, j'ai envie de me tirer ».
C'est quand même hallucinant d'avoir des jeunes collègues qui font 3 années et 3 mois d'études et qui, au bout de 2 ans, disent « j'en peux plus des conditions de travail ». Donc, cette conscience parmi le monde hospitalier que ça va mal, on l'a depuis longtemps. Après, on ne mettait peut-être pas les mots dessus qu'il fallait. Par exemple, on n'a pas parlé aujourd'hui de la disparition de Londam, mais c'est quand même... La disparition de Londam. L'objectif national des dépenses d'assurance maladie, qui est un espèce de carcan financier qui nous a imposé depuis des années. D'ailleurs, je crois que c'est Nicole Nota qui a contribué à la mise en place de Londam, il faut le souligner.
C'est les ambulances Juppé, 95, Madame Nota qui soutenait Juppé. qui sont un carcan financier sur la santé qu'il faut faire exploser. Il faut supprimer le système de Londam et revenir à un financement par les cotisations de l'hôpital. Donc, ça, la bataille des idées, comme disait Christophe, on est petit à petit en train de la gagner et les gens, petit à petit, mettent des mots là-dessus sur leur mal-être, sur la malaise, sur les conditions de travail. Donc, effectivement, tu parlais tout à l'heure du rapport de force. Je crois que là, en ce moment, on a le vent en poupe. Il faut en profiter. Il faut mettre le paquet. Le médecin Porsche Cayenne, moi, ça ne m'inquiète pas trop.
La scission dans le front uni, ça ne m'inquiète pas trop parce qu'à mon avis, il y a tellement peu de personnes, il y a tellement peu de médecins Porsche Cayenne que s'ils veulent partir, elles peuvent partir, il n'y a aucun problème. Moi, ce que je me rends compte...
Ils ont quand même des spécialités rares, les médecins Porsche Cayenne.
Oui, mais c'est vraiment peanuts dans le monde hospitalier. Moi, ce que je constate, c'est que je prends un exemple, la prime Buzyn, la prime d'attractivité territoriale qui est 900 euros attribués aux aides-soignants et aux infirmiers d'Ile-de-France, même pas d'Ile-de-France, de Paris et de Petite-Couronne, qui touche moins de 1900 euros. 900 euros par an. Oui, 900 euros par an. Cette prime Buzyn, ça a énervé tout le monde. Parce qu'on aurait pu avoir les collègues aides-soignants et infirmiers qui disent « Ouf, c'est cool, je l'ai ». Mais non, ça les a énervés. En disant « Mais pourquoi est-ce que nous, on l'a et pas les autres ?
» C'est tout le monde qui doit pouvoir avoir plus de thunes. Et en fait, tout ce que ce gouvernement fait, ça ne fait qu'exaspérer et énerver les collègues dans les services. Et voilà, ça fait que monter la sauce. Comme la médaille. Là, on fait des opérations de médailles en carton qu'on jette dans une urne et on met le feu. Voilà, et ça, ça tourne sur les réseaux sociaux. Ou alors, c'est l'esprit carabin qui ressort, la médaille. Beaucoup se sont fait prendre en photo avec une épingle à nourrir. C'est un tube de vaseline. Médaille Macron.
Voilà. Alors, on va bientôt arriver au terme de cette émission. Mais je voudrais que tu nous dises un peu, Christophe, quelles sont les prochaines échéances. Tu as donné quelques dates. Est-ce que tu peux les rappeler et dire…
Alors donc…
Et demander aux citoyens…
De toute façon, négociation ou pas négociation, une bonne négociation se mène avec un rapport de force favorable. Donc, il y a deux journées d'action. Le 30 juin, un mardi. Et le 14 juillet, c'est symbolique. Voilà. C'est le peuple. Le peuple de l'hôpital prendra la rue avec le reste du peuple. Voilà. C'est ça l'idée. Donc,
vous appelez le rêve du peuple
le 30 juin et le 14 juillet. Oui, tout à fait. Parce qu'on a besoin, effectivement, on est en difficulté pour manifester. Je l'ai expliqué. On travaille quand on est en grève. Donc, ce qui est important aujourd'hui, c'est de comprendre qu'on n'aura rien si on n'appuie pas fort là où ça fait mal. Voilà. Et donc, il va falloir mettre tout sur la table, dénoncer les malversations du gouvernement pendant la crise. Il y a des plaintes qui ont été déposées. Il faudra qu'elles aillent jusqu'au bout. La pseudo-enquête du Parlement, là où ils sont jugés partis, ce n'est pas sérieux. C'est-à-dire, les députés La République En Marche vont juger l'action du gouvernement La République En Marche.
Il y aura les députés LR aussi. Il y aura les députés LR.
On sait comment ça fonctionne, ces commissions. Donc, ça, ce n'est pas sérieux. Et surtout, ce qu'on a dit à la population, ne nous donnez pas les jours de RTT. Gardez-les pour vous partir en vacances. Et puis, prenez-en quelques-uns pour nos journées d'action pour venir manifester avec nous. Ça sera beaucoup plus utile que nous donner les jours de RTT. Et si vous ne pouvez pas venir manifester, eh bien, accrochez un linge blanc à votre fenêtre pour dire que vous soutenez les soignants ou habillez-vous en blanc pour cette journée-là et puis dites que vous soutenez les soignants et que vous êtes habillés en blanc pour soutenir les soignants.
Que ça soit visible parce que c'est comme ça aussi qu'on peut construire le rapport de force. C'est en multipliant les formes d'action dynamiques que chacun puisse s'y insérer dans ces formes d'action. Tout le monde ne vient pas manifester. Vous voyez, j'ai eu beaucoup de personnes âgées qui m'ont dit je ne viendrai pas ma vie gestée mais je vais accrocher un linge blanc à ma fenêtre. Voilà, c'est bien. Opération
linge blanc, il faut que tout le monde se le dise. Tous les applaudisseurs peuvent mettre un linge blanc. Une partie d'entre eux peut venir aux journées d'action mais une autre partie, par exemple, les personnes âgées,
s'ils prenaient des jours de RTT et qu'ils revendiquent de prendre des jours de RTT et qu'ils le disent à leurs patrons qu'ils prennent un jour de RTT pour venir soutenir les soignants. Ça aussi, c'est la pression populaire.
Alors, on va laisser le mot de la fin à Anne-Sophie. Anne-Sophie, qu'est-ce que, disons, tu voudrais transmettre à nos téléspectateurs alors que nous concluons cette émission ?
Ce que j'ai envie de conclure, c'est qu'évidemment, je pense que le poids et la conscientisation populaire aident beaucoup parce que je voudrais rappeler que sans tous les gens qui nous ont soutenus pendant cette grève de 117 jours dans un EHPAD à Foucherand, on n'aurait peut-être pas gagné. On a gagné, comme le disait Christophe, sur la conscientisation. Enfin, on a ouvert les portes de ce qui se passait dans un EHPAD privé à but lucratif. Et évidemment que j'appelle tout le monde, tout le monde à aller soutenir les soignants, tous les citoyens, le privé, le public. Alors oui, j'entends Christophe qui dit, comme David, qu'il peut y avoir des distorsions entre même le corps médical.
Mais la cause est juste, justifiée. Et à un moment donné, on arrive à trouver des points communs, des lieux communs, pour qu'ensemble, comme le disait Christophe, mais comme le dit David, et comme le disent beaucoup de soignants aujourd'hui et beaucoup de citoyens, eh bien, le monde de demain devrait être, alors peut-être ça va paraître des mots comme ça sans sens, mais non. Chez moi, les mots ont un sens, mais le monde de demain doit être humaniste, écologique, avec une écologie populaire, pas une écologie punitive, de la solidarité, et puis un monde social où ensemble, eh bien, on fait front face au marché. Voilà.
Faire front face au marché, on va retenir cette expression, nous arrivons au terme de cette émission en direct. Merci de l'avoir suivie. Mettez des pouces bleus et partagez, et si vous en avez les moyens, eh bien, devenez sociaux ou donateurs du Média, le Média des luttes et de ceux qui luttent. À plus.
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Anne-Sophie Pelletier