Municipales : quelles villes vont basculer ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Quelles villes pourraient basculer dimanche ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Les fusions entre LFI et PS sont-elles une rupture ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Le RN peut-il gagner Marseille ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Les électeurs suivront-ils les consignes de vote ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Bordeaux peut-elle basculer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:00Tam TranuiFait
« Aucun homme ou femme politique n'est propriétaire de ses électeurs. »
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– Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue. C'est une édition spéciale de Sens Public que l'on vous propose à trois jours du second tour des élections municipales.
Près de 17 millions d'électeurs sont une nouvelle fois appelés aux urnes. Vont-ils valider les fusions d'entre deux tours entre la France insoumise et les autres partis de gauche ? Vont-ils offrir Marseille au Rassemblement national ?
Et Toulouse aux Insoumis et à Bordeaux, Strasbourg ou Lyon ? Les écologistes vont-ils devoir rendre les clés de la ville ? C'est un scrutin à de multiples inconnus qui se déroulent dimanche.
Suspense, garantie. Et puis à droite c'est la question d d'une éventuelle alliance avec le parti de pénis qui se pose. Dimanche dernier, pourtant le président DLR parlait clair.
J'appelle au grand rassemblement des électeurs de droit derrière nos candidats qui sont en mesure de battre la gauche ou le rassemblement national dimanche prochain dans beaucoup de communes et notamment dans certaines grandes villes la victoire est à portée de main alors pas de dispersion pas de division. Mais mardi, Bruno Retailleau a refusé son soutien au maire sortant horizon Christian Estrosi à Nice et depuis c'est le retour de la Zizani. Quelle stratégie pour la présidentielle Faut-il s'allier avec l'extrême droite ?
Que souhaitent les électeurs conservateurs ? On en débat tout à l'heure avec nos experts. Comme tous les soirs, n'hésitez pas à participer en scannant notre QR code.
On commence cette émission par un focus sur la ville de Marseille, une triangulaire que nous racontent Clément Guillauneau et Stéphane Duguay. Benoît Payan occupe le terrain à Marseille. Arrivée d'une très courte tête devant le candidat du Rassemblement national au premier tour, le maire sortant d'hiver gauche et de retour en campagne cette semaine, ici dans le quartier de la Caiole qui vote plutôt à l notre stratégie elle a toujours été identique c'est à dire de rassembler de ne pas diviser marseille n'est pas une ville où on trie les gens en fonction de leurs couleurs de peau en fonction de leur histoire de leur religion de leur quartier c'est pas ça marseille Marseille, c'est le contraire.
Marseille, notre force, notre histoire, c'est notre diversité, c'est notre capacité à vivre ensemble. Et certains veulent briser ça. Et moi, ça, je ne l'accepte pas.
Pour affronter le RN, Benoît Payan a fait le choix de rester seul dans la course à la mairie. Pas de fusion ou d'alliance avec la France Insoumise, qualifiée pour le second tour. Le candidat Sébastien Delogu a fait durer le suspense jusqu'au dernier moment, mais a finalement décidé de se retirer une décision difficile prise en concertation avec ses colistiers c'est un retrait qui est responsable voilà on voit le risque de l'extrême droite qui arrive dans la ville et on peut on est conscients qu'on peut pas faire courir ce risque là pour Marseille.
On a pu aussi énormément s'ancrer pendant cette campagne avec les collectifs, les habitants, les associations et donc voilà le combat s'arrête pas là. En face, le rassemblement national est confiant. Franck Alizio revendique ses 35 % de voix au premier tour et se voit déjà remplacé Benoît Paille.
Je serai un maire libre, on est une équipe libre, on sera le Marseille libre qui se battra et qui qui mettra cette extrême gauche à l'écart de la politique marseillaise comme les Marseillais le souhaitent. Jusqu'au bout, le candidat RN a poussé pour nouer une alliance avec Martine Vassal, elle aussi qualifiée au second tour avec seulement 12 % des voix. La candidate LR, également présidente de la métropole marseillaise, a préféré se maintenir.
On a fait plus de 35 000 électeurs qui ont voté pour nous, ça serait un affront de leur dire écoutez aujourd'hui vous savez quoi malgré la présence de Martine Vassal le scrutin de dimanche s'apparentera plutôt à un duel entre Benoît Paillan et Franck Calizio, une inconnue, à qui profitera l'abstention. Lors du premier tour, seuls 52 % des Marseillais étaient allés aux urnes. Et on se demande quelles villes vont basculer ?
Je vous présente tout de suite Mes invités, nos invités Astrid De Vilaine Bonsoir, bienvenue Vous êtes journaliste productrice de l'Esprit public C'est sur France Culture Et vous publiez Décrypter les institutions politiques Aux éditions Larousse Adrien Broch, bonsoir Bienvenue, vous êtes politologue, directeur d'études politiques à l'Institut Via Voice. Votre livre « Portrait moderne de la gauche française » aux éditions de l'Aube. Rémi Lefèvre, bonsoir. – Bonsoir. – Bienvenue.
À vous aussi, professeur de sciences politiques à l'Université de l'île Sciences Po-Lille et votre livre « Faut-il désespérer de la gauche ? » C'est aux éditions textuelles. Et Tam Tranui, bonsoir, Tam. – Bonsoir, Thomas. – Bienvenue à vous, directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat, éditorialiste pour « Pour sens public », heureux de vous retrouver.
Quelques chiffres, tiens, pour ouvrir ce débat. Près de 17 millions, 16 millions 900 000 électeurs appelés à voter au second tour dans un peu plus de 1500-1520 communes. On peut rajouter les 29 arrondissements de Paris, Lyon et Merseille et une dizaine dans les élections métropolitaines de Lyon.
Ça veut dire qu'il y a quand même beaucoup de Français qui ont déjà leur mère, il faut le rappeler, on l'a beaucoup expliqué avant le premier tour. Est-ce qu'elle marque une rupture, Astrid De Vilaine ces élections ? Et si oui, pourquoi ?
C'est encore difficile à dire dans l'entre-deux-tours. L'exercice que vous nous demandez n'est pas facile aujourd'hui, mais moi je vois déjà peut-être une rupture. Enfin, rupture c'est un mot fort, mais il y a une différence par rapport à 2020 et peut-être au précédent sur la base notamment de l'abstention qui était très importante.
J'ai l'impression, je peux me tromper, mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas vraiment eu d'adhésion. J'entends beaucoup sur le terrain, notamment dans les grandes villes, mais on pourrait dupliquer cette T'analyse aussi sur les petites villes de moins de 1000 habitants avec ce nouveau mode de scrutin dont on a beaucoup parlé, mais qui a pu réduire aussi le choix d'un vote un peu par défaut. 2020, on se souvient de la vague verte, il y avait de l l'enthousiasme.
Là, je trouve que beaucoup...
J'entends aussi beaucoup de candidats électeurs, notamment dans les grandes villes, qui ne veulent pas voter, qui vont s'abstenir parce qu'ils ne sont pas à l'aise avec le choix. Et puis évidemment, je pense qu'on va en Mais LFI et le RN qui font cette percée, c'était aussi un peu nouveau. Le Parti Socialiste, je crois, est quand même...
On va voir dimanche, mais m'apparaît après ce premier tour comme l'un des perdants de ce scrutin. Je sais que ce n'est pas forcément mathématique, mais d'un point de vue symbolique dans les grandes villes à arriver comme ça, avoir besoin de la France insoumise. C'est nouveau, en tout cas.
Ça, c'est peut-être pas une rupture, mais quelque chose de nouveau à noter. Et puis, Adrien Broch, « Front républicain » qu'on n'entend presque plus. Est-ce que c'est conjoncturel ou est-ce que là aussi, c'est peut-être un mouvement un peu plus profond ?
Oui, c'est assez intéressant en plus parce que le signifiant « Front républicain » prend des sens assez différents alors qu'il était globalement assez difficile pendant longtemps. Aujourd'hui, il y a différentes exceptions de la notion de Front Républicain et on l'a vu à l'œuvre dans cette campagne et cette élection. Moi je dirais en un mot que, évidemment, c'est très difficile à analyser.
D'abord parce que c'est une municipal et en plus de ça parce qu'on est dans l'entre-deux-tours, donc on a une espèce d'intersectionnalité des difficultés à laquelle on fait face. Mais globalement, le paysage est un peu caléidoscopique, je trouve, à l'issue de ce premier tour, c'est-à qu'on n'a pas. Et je trouve que les débats qui agitent un petit peu et qui ont traversé cette semaine d'entre deux tours, entre qui est gagnant, certains voient une forme de clarté parfaite en disant « Eh, les filles sont totalement gagnantes », d'autres relativistes et c'est pareil pour le Rassemblement national.
Tout ça nous montre en fait qu'il n'y a pas, comment dire, de manière évidente un gagnant ou un perdant à ces élections municipales. C'est ça qui est intéressant et peut-être qu'on y verra un petit peu plus clair dimanche soir. – Espérons, espérons qu'on y verra plus clair dimanche soir.
Évidemment, soirée spéciale avec LCP Assemblée nationale. Rémi Lefebvre, c'est vrai qu'on était déjà dimanche soir avec cette impression d'une poussée à la fois du vote Rassemblement national et du vote insoumis. Est-ce qu'on doit relativiser un petit peu cette première impression ce soir, maintenant qu'on a les résultats précis partout en France ?
C'est clair. Moi, je trouve qu'en fait, on a d'abord eu un récit du premier tour qui était la poussée de la France insoumise. Et là, on a des études maintenant plus précises sur les scores de la France insoumise, sur la comparaison avec les élections européenne.
Et en fait, on se rend compte effectivement qu'il y a une percée de la France insoumise dans un certain nombre de villes et la France insoumise risque...
Elle a déjà gagné Saint-Denis, va sans doute gagner Roubaix, peut-être Toulouse, peut-être Limoges. Donc c'est tout à fait nouveau par rapport à 2020, la plus grande ville c'était 20 000 habitants à côté de l'île, mais en fait concrètement, c'est pas non plus une vague LFI, c'est-à-dire que globalement quand on regarde à Marseille, De Logu fait deux fois moins que les élections européennes. Sophia Chikirou ne fait pas un très bon score à Paris si on prend comme référence ce qui peut être contestable des élections européennes.
Et le RN, il y a quelques villes symboliques, il y a Marseille, il y a Nice, même si ce n'est pas tout à fait le RN, mais il ne va pas y avoir une vague RN, c'est-à-dire 100 villes gagnées dimanche soir. Et donc, concrètement, il faut être clair, les rapports de force en nombre de communes dimanche soir ne vont pas être complètement transformés. Les deux forces politiques les plus importantes au niveau local vont continuer à être LR et le PS alors ce qui est mais c'est vrai qu'il y a du jeu à Paris, dans des grandes villes c'est toujours le problème des élections municipales c'est un effet de focalisation sur les métropoles on connaissait le piège et on tombe un un peu forcée devant des gens parce qu'on ne peut pas parler des 35 000 communes, ce n'est pas possible.
Et on s'était dit, Tam, avant ce premier tour, qu'il y aurait cette bataille des récits et c'était intéressant. Est-ce qu'elle a effectivement été quand même ? Et encore une fois, j'intègre les données beaucoup plus précises.
Est-ce qu'elle a été quand même plutôt remportée par les Insoumis, cette bataille des récits ? En tout cas, ce qu'on a vu dès le premier tour, effectivement, dans la bataille des récits, c'est la façon dont on doit prendre de la parole le plus vite possible pour pouvoir raconter sa propre façon de voir l'élection. On a vu Jordan Bardella parler à 20h05, on a eu les Insoumis, Manuel Bompard qui a aussi donné sa lecture très rapide.
On sait que c'est une forme de course de vitesse, effectivement pour imposer son récit au moment où nous n'avons pas tous les résultats, où effectivement on peut compter sur la loupe médiatique qui va d'abord s'intéresser aux endroits où le scrutin est le plus politique. Parce que c'est ça aussi, c'est qu'à mesure qu'on est dans dans des métropoles de plus en plus importantes, eh bien ce scrutin a une valeur de plus en plus politique avec une valeur de plus en plus nationale où on peut ainsi l'interpréter. Et plus c'est petit, mais c'est là qu'il y a le plus de villes quand même.
Eh bien là, effectivement, on est plus dans une élection locale, de connaissance de son maire, etc. Donc s'ils veulent capitaliser sur les municipales pour ensuite pouvoir lancer la suite, effectivement, c'est là qu'ils ont commencé à essayer de faire leur récit. Alors il y a beaucoup de triangulaires, quand même 820, 21 triangulaires, 171 quadrangulaires et 17 quincangulaires.
On a choisi de dire quincangulaires et pas pentagulaires. Je ne sais pas si c'est le bon mot, mais en tout cas, c'est celui qu'on a choisi. Est-ce que vous disiez, Adrien Broch, que c'était particulièrement caléidoscopique ?
Est-ce que ça rend ces quinquangulaires, triangulaires encore plus difficiles de faire des prévisions sur le scrutin de dimanche ? Oui, ça va être tout l'enjeu du scrutin de dimanche et celui sur lequel je crois on va tous avoir les yeux un petit peu rivés, qui va être la question des reports de voix, qui je pense à beaucoup d'égards aussi bien à gauche qu'à droite, va être un peu le juge de paix de beaucoup des débats qu'on a actuellement à la fois à droite sur la question de l'union des droites, où on en parle de manière assez symbolique, assez idéologique en termes de ligne et c'est très important, mais ça va être très intéressant de voir concrètement ce que ça donne dans les urnes, à la fois sur des reports j'imagine entre cnafo et dati à paris puis dans d'autres villes voir comment cette porosité notamment dans le sud entre un électorat lr traditionnel plutôt retraité cadre et Et un électorat RN plus populaire va pouvoir se faire. Et puis à gauche aussi, je crois que tous les débats qu'on a depuis très longtemps sur les effets qu'auront réellement eu les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, ces deux, trois dernières années, les dérives, etc.
En réalité, tout ça, ça ne se mesure pas à coups, et je le dis avec beaucoup plus de tranquillité que je suis sondeur, à coups de sondages représentatifs où on demande aux Français s'ils condamnent les propos de Jean-Luc que Mélenchon. Il peut y avoir une condamnation morale et sur des valeurs très fortes, tout en ayant des effets assez relatifs et on voit que ce n'est pas aussi simple que ça. Et qu'entre l'électorat PS et les reports LFI, ce n'est pas aussi scindé que Et j'aurai un œil très attentif dessus, notamment en prévision puisque c'est tous aussi ce qui nous intéresse de 2027.
Évidemment, on en parlera aussi de la prévision parce que la présidentielle va arriver très vite. Est-ce que vous avez été surprise par le nombre de fusion d'entre deux tours à gauche quand même justement à l'aune de ce climat des dernières semaines non mais il s'est passé quand même là il y a eu une rupture dans la camp entre la campagne et le premier tour c'est-à-dire que vous vous souvenez l'ambiance contre LFI dans les médias dans le discours global du débat public contre LFI et parfois juste titre on se rappelle quand même des dérapages sur les non-juifs etc on n'a pas forcément envie d'y revenir mais enfin c'était quand même ça prenait beaucoup d'espace et en effet on peut comprendre les mois qu'il y a pu avoir le communiqué du parti socialiste etc en effet ces bons scores dans les grandes villes de la france insoumise il faudrait il faudra les regarder d'un point de vue de la sociologie électorale moi là j'ai pas eu le temps de beaucoup regarder évidemment mais de ce que je peux entendre dans dans certaines grandes villes, sur certains quartiers populaires. Ce n'est pas forcément la question qui est la plus importante.
Et la plupart des gens, ceux qui ont voté à gauche la France insoumise, parfois vous disent « moi j'ai voté pour des questions sociales, je ne veux plus du Parti socialiste dans ma ville, j'ai des problèmes donc c'est quand même très compliqué de calquer nos visions parisiennes avec des partis nationaux sur des situations locales qui sont si différentes. Et c'est pour ça que les fusions nous surprennent parfois et je pense aussi qu'on arrive à la fin aussi d'un mouvement pour certains partis, avec l'émergence de nouveaux, ce qui fait que c'est le bazar un peu à tous les étages. Et c'est pour ça que moi je trouve que le Parti Socialiste est intéressant à analyser parce qu'en effet on le sent qu'il est tiraillé si on prend juste quelques exemple strasbourg l'alliance entre madame trottmann ancienne socialiste et horizon elle peut désemparer mais en même temps d'ailleurs c'est le cas qui est une réaction très forte d'olivier fort oui mais et en même temps c'est le cas de le dire ils gouvernent ensemble quasiment depuis emmanuel macron le centre gauche et le centre droit donc est ce qu'il n'y a pas une forme de cohérence aussi c'est ça qui est très compliqué à lire moi je trouve que le on en parlait tout à l'heure le front « Front républicain », c'est un mot qui est en train de perdre de sa valeur.
Pourquoi ? Parce que ça fait trop longtemps qu'il est dans le débat public, à un moment où il était normalement l'exception. Aujourd'hui, c'est la règle.
Front républicain barrage, à chaque élection, on entend Je pense que pour les électeurs ou les candidats, il y a aussi une lassitude. Et c'est le cas à Nice, pour prendre un autre exemple, où elle ne se retire pas au nom du barrage républicain, la candidate écolo, alors que je pense qu'elle n'a pas du tout envie de voir sa ville basculer Ciotti, mais elle se dit sinon moi je disparais du paysage pendant 6 ans. Donc s'il faut toujours faire barrage, en fait le RN maintenant est là et de manière durable.
On va lister un certain nombre de villes bascules comme ça qui pourraient passer d'une majorité à l'autre. Et se concentrer sur certaines d'entre elles. Mais il y a d'abord la question du report des voix, question de François qui nous écrit de Marseille, l'enjeu majeur pour beaucoup de communes lors de ce second tour.
C'est le report de voix. Les électeurs vont-ils suivre les consignes ? Avec les fusions et les désistements, justement, c'est la question que vous vous êtes posée, Tam.
Est-ce que les électeurs vont suivre ? Oui, toute la question. Ils ont leur liberté de voter.
C'est l'une des raisons pour lesquelles il y a d'ailleurs autant de suspense dimanche. Aucun homme ou femme politique n'est propriétaire de ses électeurs. Et dans toute alliance, il y a de la déperdition de voix.
Les lecteurs ne s'y retrouvent pas forcément. Tous les critères se mélangent. J'ai les enjeux locaux.
Votre affection pour une personnalité, votre aversion pour d'autres, la consigne donnée par celui pour qui vous avez voté, la situation nationale. Et c'est pour ça que nous sommes encore dans le brouillard et dans l'inconnu dans certaines villes. Heureusement, j'allais dire, sinon on ferait des maths et on serait en train juste de remplir des colonnes qu'on a d'additionnerait mécaniquement.
On n'avait pas du tout envie de faire ça, c'est quoi ? Non, ce n'est pas très intéressant, on n'était pas très bon en maths, en tout cas moi. À gauche par exemple, allez, on s'y intéresse, les alliances, on l'a dit, elles se sont multipliées.
Oui, ça a été un marqueur de cet entre-deux tours. Le PS et LFI qui avant dimanche dernier n'étaient pas loin d'en venir. Au moins aux mains, se sont finalement jetés dans les bras l'un de l'autre après certains scores jugés trop bas.
On assiste donc au remake de la NUP, de la NFP et désormais froid antifasciste à Nantes, Toulouse, Limoges ou encore Brest. Et donc cette question, les électeurs de gauche, est-ce qu'ils sont toujours aussi réceptifs à ce refrain ? Et notre partenaire sur les soirées électorales, Ipsos BVA, saisie École d'ingénieurs, avait posé la question.
Et voilà ce qu'ils avaient comme résultat avant le premier tour, c'est très important de le dire. 36 % des socialistes étaient favorables à une alliance de LFI avec le reste de la gauche. Les écologistes étaient 51 % à être pour et LFI, 89%.
Et je me suis intéressé au dernier sondage à avoir posé la question actuellement. C'était élable pour BFMTV hier. Il obtient des scores beaucoup plus élevés. 50 % des socialistes, 73 % des écologistes et 98 % de de la France insoumise sont pour cette alliance avec le reste de la gauche, voilà.
Malgré l'innon d'oiseau, malgré les campagnes nauséabondes, les accusations d'antisémitisme, ce réflexe de la gauche unie reste fort chez les électeurs de gauche, surtout face au spectre d'une victoire de la droite, a fortiori de l'extrême-droite. Mais attention, ça reste des considérations générales, ces sondages qui peuvent être perturbés au cas par cas. Oui, et puis alors si on regarde ailleurs dans l'échiquier politique, on voit aussi quelques électeurs perdus Oui, c'est la grande inconnue à Paris.
Par exemple, les électeurs de Pierre-Yves Bournazel et même certains chez Sarah Knaffo apparaissent complètement déboussolés, nous rapporte nos confrères du Parisien qui exposent les hésitations des uns et des autres qui certainement vont se décider à la toute fin dans l'isoloir. Idem, à Bordeaux, qui peut dire ce que feront les électeurs de l'économiste Philippe Dessertine, qui n'a pas donné de consigne de vote ? Choisiront-ils le maire écologiste, Pierre Jormic, les programmes sont plus proches avec Thomas Cazenave, mais est-ce que les électeurs n'ont pas choisi aussi des certines par anti-macronisme ?
Enfin, une dernière donnée, quelle sera la participation lors du second tour et quels bureaux de vote vont se mobiliser Bref, les pronostics sont donc très ouverts. Ils sont tous sur la machine à café de la rédaction. – Vous n'êtes pas encore allé ? – Pour les réponses, il faudra encore attendre la soirée de dimanche sur la 8 de préférence. – Oui, évidemment, mais il n'y a que la meilleure des soirées orales, c'est sur la 8.
Sur la cristallisation, Rémi Lefebvre, je ne sais pas si on peut l'évaluer sur le premier tour, mais à quel point il y a beaucoup d'électeurs qui, justement, fassent ces inter percertitudes, etc., se décident au tout dernier moment ? Moi, j'ai l'impression quand même...
On est quand même dans des configurations de grandes villes au deuxième tour, dans la plupart du temps. Et dans les grandes villes, quand même, la proximité partisane joue plus que dans les petites. La proximité partisane, c'est-à-dire la fidélité à un parti politique.
Ça, ça joue quand même plus. Et donc moi, j'entends les chiffres qui sont donnés, l'évolution. Moi, j'ai tendance à émettre plutôt l'hypothèse que, par exemple, les électeurs de gauche à Toulouse ou à Limoges vont voter pour le candidat de gauche au deuxième tour parce qu'ils ont envie de gagner et parce qu'au fond, ils se disent certes, on n'aime pas Mélenchon au niveau national, mais localement, François Picmal ou Damien Maudet à Limoges, ce n'est pas pareil.
Et l'envie de gagner, à un moment donné, devient plus forte que d'autres Et ça, quand même, il y a quand même quelque chose...
Vous parlez de cristallisation. Il y a très fort dans le coeur de l'hectorat de gauche qui est plutôt un coeur métropolitain. C'est quand même la culture unitaire.
On l'avait vu quand même très Je pense qu'elle est plus forte aujourd'hui qu'effectivement la version pour Mélenchon, surtout quand on est dans des élections locales. Là, on est quand même dans des considérations municipales. Ce n'est pas des élections législatives.
Si c'était des élections législatives, peut-être que le delta de rejet de Mélenchon serait plus fort. Après, les consignes, là où c'est compliqué, il faut faire attention. Ce qu'on sait sur les électeurs, c'est qu'il y a aussi des électeurs qui suivent pas l'actualité politique comme ça au jour le jour et il y en a beaucoup qui vont découvrir l'offre électorale le jeudi quand ils vont recevoir aujourd'hui je crois qu'ils vont recevoir les professions de foi et qu'en fait en gros enfin enfin enfin enfin Les cas de conscience des électeurs, parfois c'est au dernier moment parce que tout le monde n'est pas politisé et qu'en fait beaucoup de gens vont réfléchir à s'y intéresser le samedi, regarder les professions de foi, voir un peu les candidats, ils ne connaissent pas forcément tous les candidats.
Voilà donc c'est compliqué mais quand même ayant à l'esprit qu'on est sur des grandes villes et donc en gros sur plutôt, même si les consignes partisanes ne vont pas être strictement respectés, quand même des enjeux partisans plus forts au deuxième tour qu'au premier. Oui, Astrid de Vilaine, quand même sur cette bascule dont on parlait parce que l'impopularité de Jean-Luc Mélenchon, elle est quand même actée, sondage après sondage, dans la cote de rejet de nos partenaires de Doxa. C'est la personnalité politique la plus rejetée des Français.
Mais on est dans des élections municipales. Il n'y a pas la photo de Jean-Luc Mélenchon sur les bulletins de vote. Il y a parfois quand même dans les affiches, mais en effet je partage tout à fait ce que vient de dire Rémi Lefebvre, c'est-à-dire que c'est quand même un scrutin local où la personnalité du maire joue beaucoup.
Au point qu'on a même déjà vu des gens de gauche vodaient pour un maire de droite et inversement. Parce que ce qui compte c'est la personnalité du maire souvent, le bilan bien sûr, etc. Mais donc c'est pour ça qu'on peut voir aussi des scores aussi disparates sur les candidats de la France Insoumise à Paris, à Lille, à Nantes.
On a aussi beaucoup parlé des jeunes, je pense que c'est important d'en parler, les villes étudiantes qui vraisemblablement votent pas mal à les filles parce qu'il y aurait de la jeunesse. Bon, moi j'ai pas là le détail mais il faut vraiment faire le...
à mon avis prendre en compte la personnalité LFI dans la ville. En sachant quand même que aujourd'hui François Pigmal, le candidat LFI à Toulouse par exemple il a été hué justement sur cette question d'antisémitisme parce qu'il y avait un hommage après l'attentat contre l'école juive aux Aratora. Donc comme quoi ça peut revenir quand même dans la campagne ces histoires nationales, c'est pas rien.
On y reviendra à Toulouse, ça fait partie des villes sur lesquelles on va prendre quelques minutes. J'espère qu'on aura le temps de retourner à Strasbourg, Bordeaux aussi, ça va être très intéressant. Un mot général avant justement de faire un peu la liste des villes basculeuses.
Non mais j'abonde vraiment dans ce sens-là et j'irai même un cran plus loin, c'est-à-dire que non seulement effectivement c'est une élection locale, peut-être que la version globale envers Jean-Luc Mélenchon compte moins, mais même au niveau national, c'est très bien de rappeler ces chiffres qui sont très importants sur personnalité politique la plus détestée, etc. Sauf que Jean-Luc Mélenchon ne s'adresse pas à la France entière, c'est par ailleurs ce qu'on lui reproche. Il s'adresse à la fois à son noyau, qui est aussi entre 8 et 12%, qui est totalement verrouillée.
Et là, les polliniques ne l'affectent pas. Et puis, globalement, quand même, un certain nombre de sympathisants de gauche, c'est ceux-là, mais qui ne sont pas forcément des sociodémocrates, qui ont théorisé une espèce de ralliement à une forme de de gouvernements non radicalisés, etc., des gens qui se sentent plutôt à gauche.
Et ces gens-là, effectivement, c'est là qu'il va falloir regarder les reports de voix, mais ils ont encore, malgré tout, cette culture unitaire. Ça a été le cas en 2022. Et sentiment de bagarre interne permanente dans les mois qui précèdent chaque élection.
C'est devenu la routine. C'est devenu la Je pense que les gens l'acceptent. Et d'autant que Jean-Luc Mélenchon maîtrise très bien sa tonalité et temporalité de campagne.
Et il sait en général, six mois avant l'élection présidentielle, s'adoucir, se re républicaniser et recapter aussi une forme d'amnésie politique. Si on a une mémoire d'à peu près 6-8 mois, c'est plus difficile à effacer pour les électeurs de gauche. C'est vrai que sur les européennes ou les législatives qui avaient suivi, on se rappelle quand même avoir avoir eu des mois et des mois où les socialistes LFI se sont adressés des noms d'oiseaux en permanence avec en fond le 7 octobre.
Et puis, d'ailleurs, c'était sans doute la stratégie sur sur laquelle avait tablé le gouvernement en se disant « c'est le moment de dissoudre, ils ne vont jamais arriver à se mettre d'accord ». Et en fait, ce réflexe unitaire revient à chaque fois. Donc il n'y avait pas de raison que sur les municipales, ça ne revienne pas non plus.
Effectivement. Allez, comme premier, on se concentre sur un certain nombre de grandes villes avec Stéphane Duguay tout de suite. Bonsoir Stéphane, bienvenue au-delà de Paris, Lyon, Marseille où vous étiez et à beaucoup de ce scrutins qui sont serrés ailleurs.
Tiens on va commencer par Nîmes, Nîmes où rien n'est joué. Oui la préfecture du Gard, 150 000 habitants, intéressent à la fois la gauche, la droite et l'extrême droite. Dimanche les électeurs auront le choix entre trois candidats.
Julien Vincent Sanchez, candidat du RN qui est arrivé avec un peu moins de 200 voix d'avance sur le communiste et à la tête d'une liste du nom de la gauche, Vincent Bouget. Tous les deux ont obtenu à peu près 30 % des suffrages. Et le troisième candidat ce sera le LR Franck Proust.
Actuel Le premier adjoint du maire sortant de Nîmes, il s'est allié avec le dissident LR Julien Plantier. Et vous le voyez, au premier tour, ils avaient obtenu respectivement 19 et 15 % des voix. On le comprend, le scrutin sera donc très serré avec peu de réserves de voix pour les candidats.
Pour LR, l'enjeu est de taille, conserver la plus grande ville administrée par le parti. Pour le RN, c'est d'avoir une nouvelle ville de plus de 100 000 habitants après notamment Perpignan. Pour les communistes en gagnant Nîmes, ça leur permettraient d'avoir leur plus grande ville de France et ils reviendraient au pouvoir après l'avoir quittée dans cette ville en 2001.
On va regarder maintenant le top 10 des villes les plus peuplées en France, beaucoup d'entre elles qui pourraient changer de bord politique dimanche soir. Et on va commencer avec la 4ème ville de France-Toulouse qui pourrait passer sous pavillon insoumis. Le candidat LFI François Picmal est arrivé deuxième avec 27 % des voix au premier tour.
Et il a fusionné sa liste avec celle du socialiste François Briançon, arrivé lui troisième avec 25 % des suffrages. A eux deux, ils espèrent faire tomber le maire sortant, Jean-Luc Moudin qui lui avait eu 37 % des voix au premier tour. Parmi, les espoirs de conquête des macronistes cette fois qui sont allés avec la droite, il y en en a deux, notamment Bordeaux.
Thomas Cazenave fait face au sortant l'écologiste Pierre Urmic. Ses chances de victoire sont augmentées, notamment par le retrait au dernier moment du candidat à divers centres Philippe de Sertines qui lui offre une réserve de 20 000 voies, c'est énorme. Alors lui avait devancé Pierre Hermic de 2000 voies à peine.
Autre point chaud pour la gauche, Thomas, c'est Nantes puisque la ville socialiste dont la mer est la numéro 2 du PS. Johanna Roland avec une courte avance sur le candidat LR. Elle a décidé de fusionner sa liste avec celle du LFI William Ockan.
Ce n'est pas une fusion de programme, c'est une fusion qu'on appelle technique. Les Insoumis siégeront dans l'opposition. Au deuxième tour pour Johanna C'est une manière de capter les voix de LFI pour battre Fulc Chambard de Lauve, le candidat LR soutenu par le Modem qui lui rêve de faire revenir cette ville dans le giron de la droite.
Une ville très ancrée à gauche et puis le dernier arrêt de ce tour des 10 villes les plus grandes de france thomas c'est nice cinquième ville de france gagnable par l'alliance udr rn menée par eric ciotti qui lui est arrivé loin devant au premier tour avec 43 % des voix il affrontera dimanche dans une triangulaire son ancien mentor christian Estrosi, arrivée 12 points derrière et la candidate de la gauche, Juliette Chesnel-Leroux. Une victoire de l'UDR RN dans cette commune aurait des répercussions au-delà de Nice, au-delà des Alpes-Maritimes. Ce seraient les conséquences nationales.
Alors les villes que j'ai données là, c'est une sélection il y en a évidemment d'autres qui pourraient basculer d'un camp à l'autre on peut parler de clermont ferrand de limoges de biarritz ou encore de besançon merci beaucoup stéphane tous ces enjeux les villes à suivre évidemment à retrouver en détail sur publicsena .fr on n'a pas oublié Marseille et Lyon dans le top 10 mais Marseille il y avait un autre sujet, Lyon on en a beaucoup parlé. Et puis alors on va tout de suite regarder la situation à Bordeaux vous l'avez dit l'économiste Philippe de Certines a choisi de retirer sa liste on l Je ne sais pas comment Bordeaux va évoluer.
Je ne sais pas ce qu'il va se passer. Je pense que Thomas Cazenave est quelqu'un qui représente le macronisme, qui jusqu'à preuve du contraire n'est pas totalement la droite. Bordeaux, l'une des villes symboles de cette vague verte de 2020, Rémi Lefèvre, est-ce qu'elle est en train de refluer à l'aune des résultats du premier tour ?
Il faut se souvenir comment Pierre Hurmique a a été élu en 2020. Bordeaux, c'est une ville qui a été longtemps dirigée par la droite, par Juppé, mais qui sociologiquement...
Et par Chabon avant. Sociologiquement, elle était devenue de plus en plus une ville de gauche. C'est une ville qui est aux élections municipales et aux élections nationales n'a pas forcément la même orientation politique.
Et Pierre Urmic, qui est un peu, parmi les maires écolos, plutôt la figure du notable. C'est quelqu'un, c'est un avocat, catholique pratiquant ce qui compte dans une ville bourgeoise assez conservatrice comme Bordeaux, c'est quelqu'un qui a rassuré beaucoup en fait en 2020 et notamment il y a eu un électorat modéré qui a voté pour lui en 2020, plutôt un électorat qui trouvait que l'écologie ça pouvait aller dans le centre-ville. Donc c'est très compliqué de savoir ce qui va se passer parce que globalement, il a un bon bilan Pierre-Henri qu'il y a la différence de Grégoidoucet ou de Jeanne Barzagian à à Strasbourg.
Mais là, le rapport de force, il me semble qu'il n'est pas très favorable à l'issue du premier tour. À partir du moment où Philippe de Sertine s'est tiré. Alors même si on a bien expliqué que ce n'était pas mathématique, le repos des voix...
Effectivement, quand même, il n'a pas fait un très bon score de premier tour, quand même à Pierre Urmic. Alors, est-ce que il y a des réserves de voix ? Parce que là, on est à peu près sur...
On a regardé...
On était à peu près sur 75 % de voix du premier tour. disons qu'on n'avait pas beaucoup parlé de Bordeaux pendant la campagne c'est assez marquant on avait postulé un petit peu que Pierre Urmique allait passer puis là en fait on voit Lyon ça paraît plus facile pour les écologistes et peut-être Bordeaux plus compliqué Donc ça, c'est les joies et les incertitudes des élections municipales. C'est l'une des rares villes à la street de Villene qui pourrait permettre dimanche soir au camp macroniste d'avoir le sourire.
Bordeaux ? Oui. Il y a quoi ?
Il y a Bordeaux ? Annecy peut-être Oui, le court macroniste, honnêtement, je pense qu'on ne va pas beaucoup parler d'eux dimanche soir. Mais c'est vrai que s'ils gagnent Bordeaux, alors là oui, énorme victoire pour eux.
Et puis Paris, attention aussi Paris puisque Rachid Haddati est soutenu par Emmanuel Macron mais dans les deux cas c'est pas simple, c'est pas fait. Pour continuer dans les incertitudes par rapport aussi aux sondeurs pardon mais c'est vrai que d'ailleurs ça veut rien dire puisque c'est vrai que les gens peuvent changer d'avis après un sondage mais j'ai trouvé très intéressante aussi Lyon où Doucet finalement a fait une sorte de remontada et qu'Aulas là a refusé Jean-Michel Aulas le candidat dit sans étiquette mais quand même soutenu par cinq étiquettes encore une incongruité je trouve de cette campagne a refusé le débat de l'entre -deux tours, on a beaucoup dit que le débat du premier tour avait été difficile pour lui. En effet, c'est pour ça que c'est très intéressant de regarder chaque programme.
C'est très difficile de faire une lecture nationale, même si forcément on l'a fait, puisque un an avant une élection présidentielle, on est obligé de regarder ces signaux-là. Ça dit quelque chose de l'État quand même du pays et de ce que ça vote. Mais attention à ne pas trop s'emballer non plus sur les conclusions.
Est-ce qu'on peut expliquer le retrait de Philippe de Sertine, Adrien Roche C'est une question extrêmement compliquée Beaucoup plus que de l'analyse électorale Non mais c'est aussi la question Qui va se poser à la fois A la droite, entre les différentes droites Et là qui se pose aussi Entre le centre Macroni Cette fameuse plutôt elle gauche ou droite ? Quelle est son identité ? Alors là, en plus de ça, on est effectivement sur des questions de personnes au niveau local, donc c'est assez difficile à lire.
Je pense qu'il y aura un mot intéressant à basculer à Nice après, parce qu'il y a à la fois un conflit de personnes et puis un conflit de de ligne ou en tout cas d'ambition. Je ne sais pas si on en dit un mot maintenant, mais peut-être...
Alors Nice, on va surtout y consacrer une large part de notre second débat, mais je ne veux pas vous frustrer, donc digues-en un mot tout de suite. Non, mais c'est tout ça parce qu'on parlait effectivement des sondeurs qui se sont un petit peu, alors c'est pas une erreur mais disons qu'il n'y avait pas forcément bien lu les dynamiques à Lyon. A Nice aussi, l'écart était donné beaucoup plus serré entre Éric Ciotti et Christian Estrosier et ça va être un excellent laboratoire en réalité de ce qui va peut-être se passer à droite, pas forcément au niveau des appareils mais en tout cas au niveau des électeurs l'année prochaine puisque ça va être un petit peu la validation ou l'invalidation de cette stratégie d'aller chercher des cadres plutôt notables LR traditionnelle, en l'occurrence Éric Ciotti, pour attirer justement une sociologie électorale un petit peu différente de celle traditionnelle.
Donc ça va être là aussi un bon juge de paix je crois de ce qui va se passer à Sur Philippe de Sertine, on a vu ce qu'a dit par exemple Pierre Huromique, qui a dénoncé un certain nombre de pressions qui avaient pu être faites sur Philippe de Sertine pour qu'il retire sa candidature. Il aurait eu de très grandes difficultés à être élu. On pense que certains lui ont bien fait sentir qu'il avait certainement des choses à perdre s'il choisissait plutôt de devenir conseiller municipal.
Il y a cette dimension-là. Et puis, il y a aussi l'idée, bien sûr qu'il y a une partie de son électorat qui a dit si c'est pour faire gagner Pierre-Urmique au bout, ça c'est quand même plus une logique plus classique, qui est sans doute aussi entrée en ligne de compte. Alors vous nous suivez et vous espérez qu'on va parler de votre ville.
Henri et Myriam qui nous écrivent tous les deux de Toulouse. Henri, les Insoumis sont-ils vraiment prêts à gouverner une ville comme Toulouse ? On va répondre à ces questions juste après.
Myriam qui demande est-ce que pour LF gagner des villes à ses élections, c'est une étape indispensable, nécessaire avant les présidentielles. On va écouter d'abord François Piquemal, député insoumis qui a pris la tête de la liste de l'union de la gauche. Quand on doit battre la droite et l'extrême-droite, la gauche doit s unir.
La gauche doit créer les conditions du rassemblement pour battre la droite et l'extrême-droite pour une raison très simple, c'est que la droite et l'extrême-droite détruisent des vies. D'accord ? Elles cassent des vies.
Elles rendent les vies difficiles aux Toulousaines et Toulousains. Et le danger de l'extrême-droite, lui, met en danger des concitoyennes et des concitoyens en raison de leur genre, de leur origine, de leur religion réelle ou présupposées. Toulouse, plus de 500 000 habitants, 4e ville de France.
Imaginons dimanche soir ou lundi dirigé par un maire insoumis. Rémi Lefebvre, ça a quand même un sacré coup de tonnerre à gauche. Ah oui, c'est clair.
Après, François François Pigmal, c'est assez intéressant. Tous les candidats insoumis ne sont pas les mêmes. Il y a des candidats insoumis qui sont candidats aux élections municipales, mais qui ne sont pas très intéressés par les questions municipales.
François Pigmal, c'est vraiment un cas c'est quelqu'un qui est entré en politique pour être maire de Toulouse. Il est très ancré à Toulouse, c'est un militant dans le domaine du logement. Et en fait...
Moi je l'avais rencontré il y a quelques années dans le cadre j'avais fait un entretien avec lui, il m'avait dit « Moi, ce qui m'intéresse, c'est la mairie de Toulouse. » C'est un municipaliste en fait. Un peu comme David Guiraud à Roubaix, fils d'ailleurs de maire socialiste, qui lui est aussi très intéressé.
Ça fait longtemps qu'il se prépare en à ces gestions. Par exemple, moi je viens de Lille. Les insoumis à Lille, ils ont fait 25%.
Eux, ils sont pas prêts du tout pour gérer la ville. Ça les intéresse pas fondamentalement. Pygmal, lui, il a préparé les réseaux.
Et puis concrètement, attention, il va gérer avec quand même les socialistes qui ont déjà été à l'intérieur de la question. Encore une fois, on fait une hypothèse et les électeurs vont choisir, mais est-ce que ce sera le laboratoire insoumis ? Vous voyez ce que je veux dire tout le monde ?
Alors, le laboratoire. Moi, j'attends de voir en fait ce que les insoumis vont faire localement parce qu'on ne fait pas la révolution dans une ville. Il y a beaucoup de contraintes financières.
On fait pas...
On peut faire des choses dans une ville, mais il y a l'intercommunalité qui limite fortement les marges de manœuvre. Il y a concrètement, on doit travailler avec le département, on doit travailler avec la région qui n'est pas forcément de la même étiquette de politique, la masse salariale des fonctionnaires représente beaucoup. Donc le risque pour LFI, c'est de faire naître des attentes qu'ils ne vont pas forcément honorer et on a vu dans les petites communes LFI, il n'y en a pas beaucoup, des gestions qui n'étaient pas forcément très différentes des autres.
Regardez même David Guiraud à Roubaix, en termes de sécurité, je ne sais pas ce que propose Picmal, mais par exemple, Guiraud à Roubaix, il ne veut pas remettre en cause la vidéo -surveillance, il ne veut pas remettre en en cause de l'armement de la police, il veut augmenter les effectifs de police. Donc moi je pense que la question c'est pas tant que LFI fasse une politique d'avant-garde pour préparer la présidentielle, c'est plutôt qu'il accumule des forces, des des militants, des élus pour avoir une armée plus combattante dans un an. Ça, ça va compter.
D'avoir des ressources locales. Parce que quand on a évidemment des élus, on a plus de militants, on a des équipes de cabinet, on a de la fonction publique derrière qui vous pousse. Et puis à se rélever, ce sera un peu court pour faire un bilan d'un laboratoire insoumis dans la perspective de la présidentielle.
Enfin, j'imagine bien la tentation à laquelle on va peut-être s'aider. Mais en vous entendant parler, je me disais qu'on aurait pu avoir le même débat sur des villes écologistes il y a 6 ans par exemple, en se disant « Tiens, des grandes villes écologistes, est-ce qu'ils vont pouvoir vraiment appliquer leur programme ? C'est le bilan, pour le coup, qu'on pourra faire dimanche soir.
Il peut être très difficile pour les mairies écologistes qui ne seraient pas reconduite. Normalement, un maire, je ne dis pas que c'est facile d'être réélu, mais souvent ils sont réélus. Et d'ailleurs, c c'est bien pour ça, grâce à votre petit panorama des villes.
J'ai souvent dit, avant le premier tour, il y a un besoin ou une envie d'alternance aussi parfois, qui n'a rien à voir avec droite-gauche. C'est juste que quand tu as eu 35 ans, 25 ans, dans beaucoup de villes, beaucoup de maires étaient élues depuis 2001. Et d'ailleurs, on voit que ceux qui sont restés, souvent qui n'avaient pas passé la main, sont arrivés en 4e position, je pense à Carcassonne.
Mais c'est vrai que pour les Insoumis, quand même, il y a un symbole. Parce qu'avant, ils enjambaient les municipales et je pense que ça pouvait leur être reproché. Les Français, ils aiment bien les politiques qui mettent les mains dans le cambouis, qui changent la vie.
Le maire, il est aimé quand même. Et donc là, par exemple, Saint-Denis, c'est quand même une victoire très symbolique. Comme on a dit parfois que dans le sud, l'extrême droite remplaçait à la droite là on peut dire que les filles remplacent le ps a typiquement à saint-denis donc ça va être très intéressant quand ils font aussi émerger de nouveaux profils ils vont dans les banlieues c'est aussi sale le vote lfi 1 donc parfois banlieues qui ont été abandonnées par d'autres parties donc tout ça c'est quand même très très intéressant pour eux en termes de vitrine et d'ailleurs le RN lui à l'inverse profite aussi de ses réélections et il le met en avant c'est des plus petites villes mais quand même réélus 70 % à Perpignan etc c'est important pour les lecteurs nationaux ça infuse dans l'opinion justement Adrien Moche ou non d'ailleurs et sur la question LFI je pense que c'est très important aussi de relier ça malgré La stratégie de Jean-Luc Mélenchon, si elle ne concerne pas tous les Français, si elle n'est pas porteuse à long terme, si elle n'a pas vocation à diriger le pays.
En revanche, elle a vocation à créer un leadership sur la gauche, en tout cas à le contester, on le sait bien, celui qui existait depuis longtemps, du Parti Socialiste. Ces élections municipales-là, c'est aussi l'occasion pour lui, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, de créer une forme d'armature d'élus locaux, de conseillers municipaux pour conserver ce leadership à gauche qui, encore une fois, il lui suffira de gagner ou en tout cas d'être le premier candidat à gauche à l'élection présidentielle pour revendiquer cela pendant cinq ans, même s'il perd au second tour si jamais il est qualifié et il aura donc en plus de ça un leadership national et un comment dire une ossature ou en tout cas une configuration mais c'est surtout les favorables moi ce que je vois c'est que c'est quand même beaucoup de députés lfi qui se projettent dans l'après mélenchon qui s'implante au niveau municipal parce que concrètement mélenchon dans un an bon sauf si il gagne mais c'est quand même peu probable c'est terminé là pour le coup le leadership de mélenchon et les fils sera autre chose dans un an et ces jeunes députés eux ils auront plus la locomotive mélenchon et ils ont envie justement d'avoir un ancrage local parce qu'aujourd'hui être député c'est très vulnérable il y a beaucoup de turnover chez les députés donc ce retour au local c'est aussi le symbole d'un parti qui s'institutionnalise c'est à dire qu'il qui se pense comme au delà de mette de mélenchon voilà ça ça me paraît important je me posais une question c'était si effectivement elle et fille fini par emporter notamment un certain nombre de ses victoires qui seront plus que des les victoires symboliques, notamment Toulouse par exemple. Est-ce que ça ne va pas en miroir, du coup, invalider la stratégie qu'a eue le Parti socialiste en se rapprochant du gouvernement et qui, finalement, sur ces élections municipales va se retrouver dans un certain nombre de cas, qui ont été les cas les plus médiatisés, obligés de nouer ses alliances avec la France insoumise.
Peut-être Astrid De Villers ? En tout cas, c'est ce qu'on va regarder dimanche soir et lundi matin. Les couteaux tirés qu'on connaît au Bureaux nationaux et autres instances du Parti socialiste, elles ne vont porter que là-dessus, sur le Paris.
Mais attention aussi au grand discours parisien. Je prends par exemple François Hollande qui jurait au grand diable qu'il ne fallait pas s'allier et à Tulle, dans sa propre ville de Corrèze, où il y a des insoumis sur la liste de son ami Bernard Combe. Brest aussi, Brest, proche de François Hollande.
Et surtout surveillant Nantes. Je pense qu'il y a eu une forme de Paris qui a été faite. C'est assez rare d'entendre le mot Paris dans un entre-deux Moi, ça m'a beaucoup marqué À Paris, par exemple, Paris de pas s'allier On verra s'il est gagnant À Marseille, Paris de se maintenir Très gagnant Parce que de l'ogu, franchement Si la ville reste à Payan Je pense qu'on le le remerciera pour ce geste-là.
Et Nantes. Nantes, elle fait un pari qui n'est pas simple parce que c'est la numéro 2 d'Olivier Faure au niveau national. Donc on va vraiment le scruter à cette aune-là.
Elle dit OK, je m'allie. Alors que bon, c'était pas du tout une évidence à Nantes si elle perd en plus en s'étant alliée avec Alephi on sait très bien ce qu'on va entendre le lundi en disant bah voilà votre il fallait garder votre ligne etc mais sans doute il n'y a pas tant que ça de ville où il y a des alliances Alephi et PS quand même hein faut pas non elle voit être commenté c'est là qu'on va regarder et attention ça a été dit tout à l'heure à Nantes fusion technique c'est pas du tout ils vont avoir 12 sur 40 ils seront dans l'opposition alors ce qui va être compliqué pour Johanna Roland parce qu'elle va avoir une double opposition une opposition de droite et une opposition LFI et donc ces élus vont utiliser la tribune du conseil municipal mais faut pas croire que ça va être moi je pense aussi que dans trois mois on aura un peu oublié quand même les élections municipales, on sera dans la présidentielle et...
Peut-être même dans une semaine. Voilà, je serais bien, ouais, sans doute. Mardi !
Merci beaucoup, merci à tous d'avoir participé à ce débat. Je vais rappeler les titres de vos livres. Astrid De Vilaine, décrypter les Les institutions politiques publiées chez Larousse.
Adrien Broche, portrait moderne de la gauche française aux éditions de l'Aube. Et Rémi Lefebvre, faut-il désespérer de la gauche aux éditions textuelles ? Je vous dis à bientôt sur Public Sénat.
Notre édition spéciale continue, gros plan sur la droite ou plutôt les droites
Emmanuel Grégoire