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interviewRMC — Apolline Matin· 18 mars 2026 7 min

L'invité d'Apolline Matin : Pierre Jouvet - 18/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC. Il est 7h43 et vous êtes bien sur RMC et sur RMC Sori. Pas d'accord national, disiez-vous, entre le PS et les Insoumis. Mais beaucoup, beaucoup d'accords au niveau local. Bonjour Pierre Jouvet. Bonjour. Vous êtes député européen et vous êtes surtout secrétaire général du Parti Socialiste. Il y a 15 jours, vous accusiez Jean-Luc Mélenchon, je cite, de propos antisémites intolérables. Tout est pardonné.

0:25
Pierre Jouvet

Non, c'est toujours le cas. Et je partage exactement la même ligne et la même analyse. Jean-Luc Mélenchon et son groupe de la France Insoumise ont voulu se compter au premier tour des élections municipales. Face aux socialistes, ils ont perdu. Mis à part dans quelques villes, c'est-à-dire deux, Limoges et Toulouse. Et ils ont gagné Saint-Denis. Le reste, c'est 700 maires socialistes qui ont été élus dimanche soir. Et quelques accords locaux dont on va reparler dans un instant.

0:48
Présentateur

Enfin, ça veut quand même dire que même, en effet, quand on regarde les résultats, la réalité des urnes, c'est que LFI n'est arrivé en tête que dans 5 villes de plus de 30 000 habitants et dans quasiment aucune en dessous, de toute façon. Mais ils vous ont bien eu.

1:02
Pierre Jouvet

Non, je ne crois pas. Ils ont voulu se compter au premier tour d'une élection. On a vu la réalité de ce qu'ils pesaient dans les urnes. Et ce qu'on a constaté, c'est que partout, si on prend les trois plus grandes villes de ce pays, Paris, Lyon et Marseille, Jean-Luc Mélenchon, entre la présidentielle de 2022 et les élections municipales avec ses candidats, a divisé son score par trois. Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui un plafond de guerre pour la gauche.

1:23
Présentateur

Mais alors, s'ils sont si faibles, pourquoi avez-vous tant besoin d'eux ?

1:26
Pierre Jouvet

Parce qu'au deuxième tour, nous nous appelons toutes les électrices et tous les électeurs de gauche à se rassembler sur une offre, qui est l'offre politique de gauche, qui peut changer leur vie. Et c'est ce que la gauche a toujours fait.

1:35
Présentateur

Et pourtant, si vous aviez bien écouté Jean-Luc Mélenchon, il vous avait prévenu. Il y a quelques jours, à peine, il disait, lors d'un meeting à Bondy, vous savez ce que c'est ? Les socialistes, c'est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour. Quand ils disent « pas d'accord national », ça veut dire « faites votre tambouille tranquillement, localement ».

1:57
Pierre Jouvet

Oui, mais en fait, ce sont les outrances permanentes de Jean-Luc Mélenchon. C'est un classique, comme les insultes sur Twitter. C'est pas des outrances, c'est de la stratégie. Vous êtes tombés dans le piège. Mais en réalité, il ne nous a achetés nulle part. Dans la quasi-totalité des villes, ceux qui ont voulu venir derrière des élus socialistes, viennent derrière des élus socialistes. En réalité, il n'y a pas de combine qui est passée. Nous, on parle aux électrices et aux électeurs de gauche. À Toulouse, pour vous, ce n'est pas une combine ? Moi, je considère qu'il peut y avoir...

2:23
Présentateur

Quand on dit « LFI la mairie », « PS, on vous laisse la métropole ».

2:27
Pierre Jouvet

Moi, je vous considère une chose. C'est qu'il peut y avoir des dirigeants politiques à gauche qui sont irréconciliables. Mais je considère que les électeurs ne le sont pas. Et ce que je dis, c'est qu'au deuxième tour, quand on voit partout l'alliance de la droite et de l'extrême droite, quand on voit que M. Bardella est devenu le nouveau président du comité de soutien de Mesdames Knafo et Dati à Paris pour battre Emmanuel Grégoire. Moi, je sais où est mon camp. Mon camp, c'est la gauche. Et ce que je veux, c'est que partout dans ce pays, la gauche et les écologistes puissent gagner. Et ce que je sais, c'est que dimanche, les socialistes peuvent gagner dans un grand nombre de villes.

Et quand on gagne dans des villes, on change la vie des gens. Vous parliez juste avant avec un auditeur de la question des déserts médicaux. Quand on crée des centres de santé municipaux, comme c'est le cas dans la plupart des mairies socialistes, eh bien, ça change la vie des gens parce qu'ils ont un rendez-vous chez un médecin généraliste. Mais moi, ce que je crois, c'est qu'on est dans une confrontation politique à gauche qui a toujours existé. Elle a existé au premier tour. Jean-Luc Mélenchon a dominé en 2022 la gauche à l'élection présidentielle. Aujourd'hui, il ne la domine plus.

Aujourd'hui, il ne la domine plus et demain, il ne la dominera plus parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est le meilleur moyen de perdre face à l'extrême droite à l'élection présidentielle.

3:30
Présentateur

Enfin, il a quand même une stratégie bien meilleure que la vôtre.

3:33
Pierre Jouvet

Mais il a une stratégie qui ne le fait pas gagner, Apolline de Malherbe. Il a une stratégie qui fait qu'aujourd'hui, il est l'homme politique qui apparaît comme un épouvantail quand Jordan Bardella et Marine Le Pen apparaissent comme normaux. Il a une stratégie qui, aujourd'hui, ne lui permettra pas de gagner un deuxième tour d'une élection. Comment vous pouvez être aussi dupliste ? Mais je ne suis pas dupliste. Moi, je parle aux électeurs.

3:52
Présentateur

Vous dites ça et en même temps, sur le terrain, vous faites des accords. La numéro 2 du Parti Socialiste, Johanna Roland, disait lundi matin, pas question de faire une alliance. Lundi soir, elle avait topé. Et d'ailleurs, Philippe nous appelle de Nantes. Bonjour, Philippe. Bonjour, Apolline. Philippe, je vous écoute. Vous êtes retraité à Nantes, c'est ça ? Oui, tout à fait. Vous vouliez nous raconter ce qui se passait chez vous ? Eh bien, à Nantes, comme vous venez de le préciser, la numéro 2 du Parti Socialiste. A savoir qu'à Nantes, le Parti Socialiste, depuis Jean-Marc Ayrault, n'est jamais challengé aux élections municipales. Il faut entre 45 et voir élection au premier tour.

Cette année, ils sont challengés par une liste qui va d'un LR modéré au Modem. Et que fait Johanna Roland ? Trouille de perdre son poste. Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle s'allie avec la France Assoumise pour faire barrage à la droite extrême et à l'extrême droite, alors que le RN, c'est 4% à Nantes. C'est inentendable. Est-ce que vous n'avez pas, je pose la question pour vous, Philippe, Pierre Jouvet, est-ce que vous n'avez pas, comme le dit Philippe, fascisé, j'allais dire, la droite classique pour pouvoir prétexter de faire cette alliance ?

5:07
Pierre Jouvet

Ah non, moi je ne fascise pas la droite.

5:09
Présentateur

Est-ce que vous estimez franchement que le candidat de droite à Nantes, c'est un épouvantail ?

5:12
Pierre Jouvet

Ah oui, le candidat de droite à Nantes, c'est un épouvantail. Je vous confirme, le candidat de droite à Nantes, s'il porte une politique... Le RN est à 4% à Nantes. Non mais d'accord, mais pourquoi le RN est à 4% ? Parce que dans les mots, dans ce qu'il fait, dans les propositions qu'il fait, le candidat à Nantes a une politique extrêmement dure et extrêmement rude. Ce n'est pas que les alliances électorales, c'est le discours politique qui est porté. C'est un discours qui est enclenché par la droite.

5:34
Présentateur

Le numéro 2, le premier adjoint de Johanna Roland a annoncé qu'il se retirait, qu'il n'était pas d'accord, qu'il votait pour elle, mais qu'il ne voulait pas participer à cette alliance avec elle. C'est son choix. C'est l'adjoint à la sécurité, ce n'est pas rien la sécurité.

5:44
Pierre Jouvet

Moi, je respecte les choix des uns et des autres. Ce que je dis, c'est que quand on est au deuxième tour, entre la droite et la gauche, on choisit. Et quand on est de gauche, on vote pour la gauche et on avance ensemble sur des propositions. Mais je le redis, il n'y a pas de duplicité. Il y a aujourd'hui des choix politiques à faire dans ce pays. Il y a des choix partout, à Paris, à Lyon et à Marseille. C'est la préparation de la bataille présidentielle de 2027 qui se joue. Je le dis, je le redis. La France Insoumise a perdu au premier tour.

Nous avons fait dans un certain nombre de villes quelques alliances avec eux parce que moi, je parle à tous les électeurs de gauche et je veux que nous nous rassemblions toutes et tous en leur disant que c'est le seul moyen de gagner ces élections.

6:22
Présentateur

Catherine Trottman, est-ce qu'elle est virée ?

6:24
Pierre Jouvet

Catherine Trottman a fait un choix que je ne partage pas et on verra dans les jours qui viennent. Mais Catherine Trottman n'a aujourd'hui plus l'investiture du Parti Socialiste.

6:31
Présentateur

Ah, on verra dans les jours qui viennent. Vous n'êtes pas sûre de l'expression du Parti Socialiste ?

6:33
Pierre Jouvet

Non, mais parce que vous me dites virer. Je ne vous dis pas virer. Je ne vire pas des gens sur un plateau télé. Ça n'a pas de sens. On va en discuter avec elle. Elle a fait un choix qui n'est pas utile. Non, mais c'est intéressant.

6:43
Présentateur

Vous ne dites pas qu'elle est, quoi qu'il arrive, hors du PS.

6:47
Pierre Jouvet

Catherine Trottman, c'est une grande figure de la gauche et du Parti Socialiste. Vous voyez, je ne jette pas des choses comme ça par anathème.

6:53
Présentateur

Très intéressant. et merci à vous.