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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 6 décembre 2021 40 minContradictoireActualité / polémiqueNumériqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Des révélations sur Emmanuel Macron menacées de censure | Jean-Baptiste Rivoire, Jean-Christophe Parant & Lucile Berland

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %Attaque 73 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:44OuverteRéponse directe

    C'est quoi, Off-Investigation ?

  • 2:39RelanceRéponse directe

    Pourquoi tu as demandé à Canal+ alors que tu y as été broyé par Bolloré ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Où en êtes-vous dans votre campagne de levée de fonds ?

  • 5:35OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous n'arrivez pas à faire de publications sponsorisées sur les réseaux sociaux ?

  • 7:56FerméeRéponse directe

    Facebook, Twitter et YouTube refusent vos contenus, c'est ça ?

  • 9:35RelanceRéponse directe

    Twitter impose 100 000 visiteurs uniques par mois pour faire de la pub, c'est une prime aux médias installés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéFait
    « Off Investigation, c'est un média indépendant, 100% spécialisé dans l'enquête journalistique au long cours. »
  • 2:36InvitéFait
    « Canal+, m'a dit, on ne peut pas t'accompagner sur ce projet. »
  • 2:27InvitéFait
    « TF1 nous a dit, on a déjà un autre projet, certes un peu différent. »
  • 2:29InvitéChiffre
    « France Télévisions nous a dit, on a déjà 3,52, on n'en fera pas d'autres. »
  • 2:39InvitéFait
    « Tu étais parmi ceux qui ont été broyés justement par l'arrivée de Vincent Bolloré, j'ai failli dire de Nicolas Sarkozy, à la tête du groupe Vivendi. »
  • 4:39InvitéChiffre
    « On en est à peu près à 65 000 euros en quelques semaines. »
  • 4:46InvitéChiffre
    « Une série de 9 fois 26 minutes pour faire le bilan du quinquennat Macron, ça coûte à peu près 200 000 euros. »
  • 11:05InvitéFait
    « Un robot identifie Emmanuel Macron dans le contenu et du coup, c'est à caractère politique, donc c'est automatiquement refusé. »
  • 16:03InvitéFait
    « Yanis Mamedi et Etienne-Mines-Lancroix ont signé l'affaire Colère, le scandale qui menace Macron sur les conflits d'intérêt au cœur de l'État. »
  • 19:33InvitéFait
    « Emmanuel Macron, en se mettant secrètement au service des repreneurs préférés de Nicolas Sarkozy, il aurait cherché à étendre ses réseaux et son influence politique. »
  • 28:54InvitéFait
    « Banquier d'affaires, il faut être séduisant, il faut être talentueux, il faut être souple, parce qu'au fond c'est un métier de pute. »
  • 28:59InvitéFait
    « c'est un métier de pute »
  • 29:09InvitéFait
    « politique aussi c'est un métier de pute »
  • 30:20InvitéFait
    « salut les gars je vais te prendre un café et puis c'est tout »
  • 31:27InvitéFait
    « qu'il n'est pas question qu'il choisisse les actionnaires Niel Berger-Pigas que Sarkozy perçoit comme des gens de gauche »
  • 31:37InvitéFait
    « si c'est Niel qui reprend le monde il n'y aura pas d'argent des contribuables pour sauver l'imprimerie du journal »
  • 36:07InvitéFait
    « il n'y ait pas que 5 puissants industriels qui ont quasiment tous soutenu le président de la République qui contrôle la presse »
  • 37:56InvitéFait
    « il l'a supprimé en arrivant comme président en disant que ça allait améliorer l'efficacité économique de la France »
  • 38:37InvitéFait
    « on a abîmé l'hôpital avec des politiques ultra-libérales »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Invité 224 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 318 %
  • Invité 45 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Invité

C'est l'histoire d'un beau projet, un projet prometteur, un projet d'intérêt public. Son nom, Off Investigation. Off Investigation, c'est un média indépendant, 100% spécialisé dans l'enquête journalistique au long cours. L'enquête, virée de Canal+, par un certain Vincent Bolloré, chaque jour un peu plus menacée sur le service public et globalement absente du futur mastodonte TF1-M6, dès lors que l'on exclut les immersions façon Bernard de la Villardière. Parce qu'il considère que l'enquête, c'est l'essence même du journalisme, et que dans un contexte de pression et de menace, il est important de sortir du système et de se tourner vers les citoyens.

C'est parce qu'il considère que les choses doivent être ainsi que Jean-Baptiste Rivoire et son équipe, au sein de laquelle on trouve d'ailleurs un ancien du Média, Yanis Mamdi, se sont lancés dans une opération de financement participatif sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank. Mais voilà, même faire campagne sur les réseaux sociaux quand on est un petit média qui enquête sur Emmanuel Macron, un homme d'affaires à l'Elysée. Eh bien, ça ne va pas de soi, de cela. Des obstacles en tout genre que l'on peut rencontrer dans le cadre d'un tel projet.

Je parlerai avec Jean-Baptiste Rivoire, porteur du projet, et Jean-Christophe Parent, cofondateur de l'agence Sans Tête, qui l'accompagne dans sa campagne de crowdfunding. Et puis, dans une deuxième partie d'entretien, on sera avec Jean-Baptiste et Lucille Berlan, une journaliste d'Off-Investigation, qui viendra pitcher un peu le type d'enquête qui pourront ne jamais exister si l'opération de financement participatif d'Off-Investigation ne se conclut pas par le grand succès qu'elle mérite. Bonjour JB, bonjour JC. Bonjour Théo. Alors, on va d'abord commencer, pour ceux qui n'ont jamais entendu parler d'Off-Investigation, à présenter le projet. C'est quoi, Off-Investigation ?

C'est une tentative de faire de l'investigation audiovisuelle, de plus en plus difficile à la télé, donc de la faire sur Internet, et d'appeler à la population pour dire, en fait, c'est clé, c'est hyper important, surtout de faire un peu une enquête sur le bilan du quinquennat Macron, mais comme les télés ne veulent pas le prendre, il faut qu'on le fasse ensemble, avec vous, et que vous le financiez, et qu'on fonce. L'idée est venue de cela, en fait, de l'incapacité, de l'impossibilité de faire financer et diffuser un vrai bilan sans concession des cinq années d'Emmanuel Macron sur un média classique. En tout cas, on a essayé, on l'a proposé à toutes les chaînes et à toutes les plateformes.

M6 nous a dit, on n'ira pas sur la politique, sauf avec Karine Lemarchand. TF1 nous a dit, on a déjà un autre projet, certes un peu différent. France Télévisions nous a dit, on a déjà 3,52, on n'en fera pas d'autres. Arte a dit, ça n'intéressera pas nos téléspectateurs d'outre-Rhin. Canal+, m'a dit, on ne peut pas t'accompagner sur ce projet. On est quand même allé sur Canal+, c'est gonflé. Ah, il faut demander à tout le monde, nous, on est poli. Et Netflix nous a dit, on ne va pas sur des politiques en exercice. Donc, en fait, il faut faire des trucs sur des politiques qui ne sont plus en exercice.

Enfin, je veux dire, il y a un moment donné, quand est-ce qu'on fait notre boulot pour regarder de manière critique ce que fait le pouvoir exécutif ? On est à la fin d'un mandat, il faut le faire. Je disais que tu étais gonflé de demander à Canal+, parce qu'en fait, tu étais un des piliers de l'investigation à Canal+. Tu étais parmi ceux qui ont été broyés justement par l'arrivée de Vincent Bolloré, j'ai failli dire de Nicolas Sarkozy, à la tête du groupe Vivendi. Et tu en as conclu à l'impossibilité de l'enquête sur Canal.

Mais tu es aussi dans l'écosystème des journalistes d'investigation et tu te rends compte que même dans le service public, même sur le service public, ça ne va plus de soi. En fait, il y a quelque chose de clé qui s'est passé en 2015 quand Vincent Bolloré a pris le contrôle de Canal+, et qu'il a enlevé l'investigation et les journaux télévisés, etc. C'est que jusque-là, à Canal, on challengeait un peu modestement nos copains de France Télévisions. Il y avait une émulation. Eux, ils pouvaient dire, si on s'écrase, c'est encore Moreira et sa bande sur Canal qui vont faire 90 minutes et qui vont faire des trucs sur la politique, etc. Et ça les aidait, donc on s'aidait mutuellement.

À partir du moment où Bolloré étouffe ça en 2015, ce qui est compliqué, c'est que France Télévisions se retrouve en monopole. Et en plus, en 2019, Delphine Ernaut va… Il y avait trois guichets jusque-là, France 3, France 2, France 5, donc les producteurs pouvaient faire toc-toc, « Non, tu ne veux pas, je vais voir l'autre », et tout ça. Et en 2019, Delphine Ernaut, la patron de France Télévisions, va créer un seul guichet. Et donc maintenant, il faut faire toc-toc à un seul guichet, représenté par une seule personne, et si elle n'aime pas votre projet, ça ne passe pas.

Donc là, on a un goulot d'étranglement de l'investigation télévisée en France qui est terrible, et c'est terrible parce que le service public France Télévisions avait l'habitude de faire des trucs formidables, continue à faire des trucs formidables, mais là, quand on vient de l'extérieur et qu'on propose des choses, c'est de plus en plus difficile de placer des projets d'investigation. Et donc, vous lancez off-investigation, votre navire amiral qui vous permettra de faire une enquête au long cours, une série en fait, une série à Netflix sur Emmanuel Macron, un nombre d'affaires à l'Élysée, mais d'autres choses aussi dans le futur.

Et où est-ce que vous en êtes justement dans votre campagne de levée de fonds sur KissKissBankBank aujourd'hui ? – C'est difficile, tous les médias indépendants essaient de faire un appel à la population, donc on en est à peu près à 65 000 euros en quelques semaines, ce qui est vraiment bien. En même temps, une série de 9 fois 26 minutes pour faire le bilan du quinquennat Macron, ça coûte à peu près 200 000 euros, donc c'est vraiment dur. On est à mi-campagne et là, pour l'instant, on n'y arrive pas clairement. Il faut vraiment que tout le monde en parle autour de soi. – En tout cas, nous, on est les copains et on va en parler.

Justement, Jean-Christophe, tu es là pour les aider à faire monter en charge leur campagne. Et quelque part, l'équipe nous a expliqué que c'est de plus en plus difficile, notamment parce que techniquement, vous n'arrivez pas à faire de publications sponsorisées sur les grands réseaux sociaux, les grands réseaux sociaux à grand trafic. Et donc, ça a des gros impacts. C'est quasiment une entrave, en fait, à votre campagne, à votre travail journalistique en gestation. Est-ce que tu peux nous raconter comment ça se passe ? Pourquoi vous n'arrivez pas, justement, à faire des publications sponsorisées et à toucher le maximum de personnes qui pourraient être intéressées ?

– Alors déjà, je voudrais juste ajouter que ça ne concerne pas que off-investigation, mais que ça peut concerner aussi d'autres médias indépendants qui se lancent ou déjà des médias indépendants installés qui, d'ailleurs, doivent refaire tous les ans aussi des campagnes de dons. Donc, ça touche tous les petits médias, mais ça peut aussi toucher des causes et des organisations comme les ONG, etc. Donc, on est obligé de passer par la publicité, en quelque sorte, au bout d'un moment donné, dans une campagne de crowdfunding ou même dans une stratégie de développer son média pour faire du membership, etc., d'abonnement. On est obligé de passer par une phase publicitaire.

C'est parce que les réseaux sociaux fonctionnent avec des filtres, etc., fait le tri pour vous dans les fils d'actualité. c'est pas parce qu'on a acquis, mettons, 100 000 personnes sur un réseau social qu'on va toucher à chaque publication ces 100 000 personnes. Donc, ce fonctionnement d'algorithme, on ne sait pas réellement comment il fonctionne. On peut faire plein de théories, plein de tests, etc., mais on ne touche pas tout le monde. Donc, si on veut s'adresser à notre audience, qu'on a durement acquis, on a produit des contenus, fait des enquêtes, etc., investi là-dedans. Donc, les audiences, normalement, on devrait pouvoir les toucher. Mais ce n'est pas le cas.

Donc, on est obligé de passer par la publicité pour toucher ces audiences-là. Mais il y a des règles publicitaires. Donc, il y a eu différents scandales et affaires, etc., comme Cambridge Analytica, qui ont un peu refroidi les plateformes sur qui pouvait faire de la publicité. Et il y a aussi des annonceurs qui achètent de l'espace publicitaire sur ces plateformes, qui ont aussi mis la pression, justement, aux GAFAM, en leur disant, il ne faudrait pas que n'importe qui puisse faire de la publicité non plus.

Donc, chaque réseau social, chaque entreprise, a décidé un peu de ses critères pour pouvoir parler de certains sujets, déjà sur les réseaux sociaux, de manière organique, mais aussi par un terme de la publicité. – Et là, concrètement, Facebook, Twitter et YouTube, on dit non pour qu'on ne puisse pas pousser nos contenus, c'est ça ? – Exactement. Donc, du coup, chacun sa règle. Quand on a un refus… – Généralement, c'est des règles différentes, mais ça arrive à la même… – À la même conclusion, c'est que ça refusait. Mais le problème, c'est que le motif de refus n'est pas clair.

C'est-à-dire que, généralement, c'est un petit rond rouge qui s'affiche à côté de la publication ou de la publicité choisie, créée, et ils nous disent non approuvé, refus. Et quand on survole, justement, le petit rond en question, eh bien, on voit sujets politiques, sujets écologiques, enjeux sociétaux. – Quelque part, tu es en train de nous dire qu'on ne peut pas sponsoriser une publication de nature politique ou écologique sur certains réseaux sociaux ? – En tout cas, c'est ce qu'il y a écrit comme motif de refus.

Et en fait, chaque motif a sa règle, mais lorsqu'on va cliquer, justement pour savoir quelles sont les précisions, quelles sont les règles, eh bien, c'est là où ça devient absolument flou. Par exemple, pour YouTube, c'est tout de suite en anglais. Donc, quand on a un média francophone, moi, je n'ai pas de capacité en anglais pour tout comprendre. C'est des règles qui sont hébergées selon les lois des États qui hébergent ces plateformes. Donc, c'est aux États-Unis. Donc, ce n'est pas du tout transparent. Et les règles, elles changent aussi. Ils peuvent les changer tous les jours, etc. Ils envoient régulièrement des mails pour dire que les conditions d'utilisation changent.

Et à chaque fois, c'est tous les pavés qu'on connaît de conditions d'utilisation. – Et dans le cas de Twitter, par exemple, ils fixent tout un tas de règles pour dire, vous pourriez le faire si vous respectez ces règles. Alors, il y en a plein qui sont cohérentes, mais il y en a une autre, c'est qu'il faut 100 000 visiteurs uniques par mois sur ton site. Donc, en gros, tu as un gros site installé, un média déjà installé, un média puissant, un média de milliardaire, il n'y aura pas de problème. Tu as un petit média indépendant qui se lance, ça sera non par principe. Donc, c'est une prime aux médias déjà installés.

– Alors, est-ce qu'il n'y a pas de possibilité d'avoir, de parler à un humain, un humain à qui on propose le projet ? Vous travaillez avec EsquiseBankBank, qui est une plateforme, vous êtes connu en fait sur la place parisienne, Jean-Baptiste, tu es quand même connu. Est-ce qu'il n'y a pas une possibilité d'avoir quelqu'un qui travaille spécifiquement sur les médias pour discuter ?

– Alors, en tout cas, pour le cas de Facebook, quand on crée un compte publicitaire et qu'on commence à l'utiliser, que la publicité est approuvée, qu'on a mis un certain budget, on reçoit très vite un mail pour prendre un rendez-vous avec un conseiller marketing de chez Facebook qui vous appelle directement d'Irlande, qui casse un créneau avec vous, mais ça demande à ce que la publicité soit approuvée d'abord et que la campagne commence. Ils ont une espèce d'alerte à chaque fois qu'il y a une campagne publicitaire qui est lancée qui fonctionne plus ou moins bien et tout de suite, un conseiller nous appelle pour dire peut-être que vous avez mal configuré la publicité.

– Mais là, on n'en est même pas encore là. – Oui, on n'en est pas là du tout. C'est que là, c'est que du fait qu'il y ait, on va le dire, le fait qu'il y ait Emmanuel Macron dans la vidéo ou qu'il soit dit, qu'il soit cité, qu'il y ait des extraits de son discours, etc., un robot identifie Emmanuel Macron dans le contenu et du coup, c'est à caractère politique, donc c'est automatiquement refusé. Donc en fait, si on voudrait que la pub soit acceptée, il faudrait qu'on enlève toute mention à Emmanuel Macron dans le contenu de la publicité. – En gros, il faut déviraliser le contenu pour qu'on le viralise, quoi, en gros.

– En tout cas, ne pas citer un homme politique, enfin, cet homme politique, en tout cas, dans la publication. – C'est une super idée. – Et si on dit Jupiter, par exemple, ça marche, ça peut fonctionner. Mais attention, attention, à partir du moment où sur une publicité Facebook ou même YouTube ou Twitter, où on envoie sur ce qu'on appelle une page d'atterrissage, donc là, ça serait la page qui s'est manquant, si il y a un pixel, enfin, un cookie, Facebook, Twitter ou YouTube installé, enfin, Google… – Alors, un cookie, c'est un peu… – C'est un fichier qui est conservé dans le navigateur qui permet de retenir l'ordre de connexion, la page sur laquelle on était précédemment, etc.

– Je disais, s'il y a un cookie ? – Voilà, s'il y a un cookie, en fait, ils peuvent très bien aller analyser la page d'atterrissage pour savoir vers quoi on envoie les gens en publicité. Par exemple, à la base, c'est prévu pour éviter les publicités mensongères où on vend une tomate et en fait, on atterrisse sur un site où c'est de la vente de canapé, par exemple. – Alors, il vaut mieux faire le journalisme indépendant dans les grands médias des milliardaires. Là, ça marcherait mieux.

– En tout cas, il y a un intérêt pour YouTube, Facebook et Twitter d'avoir des partenariats avec les plus gros créateurs de contenu localement, donc c'est-à-dire que ce soit aux États-Unis, en France, en Allemagne, etc., et avec ces gros groupes qui détiennent ces titres-là. Donc, il n'est pas rare de voir Facebook passer des partenariats avec Le Monde, avec Le Figaro ou avec des entreprises comme Combini, WebEdia, pour les aider à créer du contenu, le viraliser, etc. Donc, c'est vrai que c'est beaucoup plus simple pour eux parce que déjà, de base, avant d'arriver sur les réseaux sociaux, ils bénéficient d'une énorme audience.

Forcément, quand on va frapper à la porte de Facebook et Twitter ou YouTube, ils vont leur dire nous, on va transférer cette audience-là sur vos réseaux sociaux, on va coproduire du contenu et on va aussi attirer les annonceurs sur nos contenus. Donc, à la fois, le média arrivant sur la plateforme gagne de l'argent mais il y a un partage de revenus qui est fait avec Facebook. Ce qui n'est pas le cas pour les médias indépendants qui, justement, ne recherchent pas la publicité. Le média indépendant, s'il veut toucher son audience, là, aujourd'hui, avec les algorithmes tels qu'il fonctionne, il faut qu'il paye de la publicité donc il faut qu'il donne de l'argent à Facebook.

Et Facebook ne veut pas de son argent, en tout cas, il ne veut pas du vôtre puisqu'il refuse vos publicités. Comment on peut éviter, comment on peut sortir de ce piège ? Ce n'est pas qu'il ne veut pas de notre argent. C'est qu'il y a des sujets qui sont impossibles en publicité. Donc, tout ce qui est enjeux sociaux, environnement, racisme, féminisme, politique, et Emmanuel Macron, dont Emmanuel Macron, ce n'est pas possible. Alors JB, tu as travaillé longtemps pour les médias installés, bien puissants, et là, maintenant, tu deviens entrepreneur de presse dans les médias indépendants et tu tombes là-dessus, je suppose que tu es surpris. Qu'est-ce que ça t'inspire comme réflexion ?

Cette difficulté à émerger ? J'ai l'impression qu'il y a un décalage énorme entre des millions de gens dans ce pays qui ont juste envie d'avoir de l'investigation indépendante, honnête, et où on a le droit de porter un regard critique sur les pouvoirs économiques ou politiques, et les innombrables bâtons dans les roues qu'on nous met, parce que quand même, dans les grands médias installés, ça devient très compliqué de porter un regard critique sur l'exécutif. Quand nous, on propose notre projet, c'est refusé de partout. Quand on va sur les réseaux sociaux, apparemment, on a la pub, elle est bloquée parce qu'il y a marqué Emmanuel Macron.

À un moment donné, un Vincent Bolloré, par exemple, est en train de prendre une place extrêmement importante dans les médias français, en droitisant de manière extrême la ligne politique de ces médias. Quand quelqu'un, un lanceur d'alerte, quelqu'un dit quelque chose, Vincent Bolloré a tendance à poursuivre les journalistes avec des procédures maillons qui n'en finissent plus. À un moment donné, où est l'information libre en France ? Ça, ça pose au bout d'un moment une question, au-delà des grands industriels qui contrôlent ces médias et qui les instrumentalisent, que fait la police ? Que font les pouvoirs publics ? Que fait ce gouvernement ?

On a quand même élu des gens dans ce pays qui sont censés maintenir un espèce d'équilibre démocratique entre les pouvoirs et s'assurer que l'information fonctionne en France. Là, elle fonctionne vraiment très très mal. C'est vraiment urgent de bouger. Est-ce que depuis que vous avez lancé le projet Off-Investigation, vous avez déjà sorti un premier épisode de la série ? Est-ce qu'il y a eu des menaces, des intimidations ? Comment ça s'est passé ? Non.

Yanis Mamedi et Etienne-Mines-Lancroix ont signé l'affaire Colère, le scandale qui menace Macron sur les conflits d'intérêt au cœur de l'État puisque le bras droit du président, depuis des années, depuis le cœur de l'État, favorise une compagnie maritime italo-suisse dont on découvrira qu'en fait, elle est liée à sa famille. Donc, il y a quand même un énorme problème. Il y a une plainte en cours et en fait, on a zéro réponse de l'Élysée. Ça fait deux mois qu'on leur envoie des mails, qu'on téléphone, qu'on leur dit mais on va faire ça.

On leur a parlé en toute loyauté, on leur a donné nos dix épisodes, on leur dit il faut qu'on se parle, mettez-nous à porte-parole, dites-nous quelque chose et ces gens ne répondent absolument jamais. Alors après, en lisant ces derniers jours Libération, on apprend qu'apparemment les révélations sur sa famille crispent un petit peu Alexis Colère, il serait crispé et apparemment, Sibeth Ndiaye lui a dit c'est le jeu Lucette, détends-toi, un truc comme ça. Mais je ne sais pas si c'est beaucoup détendu. Mais il faudrait qu'il se détende et qu'il parle aux journalistes parce qu'il parlerait un peu aux journalistes, ça ferait du bien.

C'est comme quand tu te mets sur un divan chez un psy, tu parles aux journalistes, on échange, on se parle, c'est la démocratie, il y a un pouvoir, il y a des gens qui portent un regard critique sur le pouvoir, on échange. Le fait qu'il y ait des problèmes de conflits d'intérêt au cœur de l'État, cargo de cette compagnie de cocaïne, ça amène quand même un débat. Il faut en parler avec la presse. Il y a un moment donné, ou alors on n'est plus dans une république démocratique. L'enjeu qu'il y a derrière cette censure, on ne le connaît pas. Mais en tout cas, nous on fait un constat, c'est qu'on est censuré. Après, pour quelles raisons ? On ne peut pas le savoir et on ne connaît pas les règles.

Donc, difficile pour tout le monde de pouvoir émerger et vendre son travail. En tout cas, ils peuvent déjà s'abonner à la newsletter gratuite de Off Investigation pour être au courant des avancées et soutenir Off Investigation ainsi que les autres médias indépendants. C'est un investissement, ce n'est pas une dépense. Merci. JC, on va continuer dans une deuxième partie de l'émission avec toujours Jean-Baptiste Rivoir et Lucille Berland, journaliste pour Off Investigation. Deuxième partie de notre émission avec toujours Jean-Baptiste Rivoir, porteur du projet Off Investigation et la journaliste Lucille Berland qui travaille pour Off Investigation.

L'idée, c'est de picher un peu le type de sujets sur lesquels vous avez enquêté et sur lesquels vous continuez d'enquêter. Alors, je rappelle que le titre de votre première série, Jean-Baptiste, c'est Emmanuel Macron, un homme d'affaires à l'Élysée et Lucille, une des enquêtes sur lesquelles tu as travaillé s'intitule Le monde, Emmanuel Macron, agent double, le monde, c'est le quotidien. Le monde, en gros, en 2010, le monde se porte mal pour pouvoir le sauver. La société des journalistes qui est très influente, se met en contact avec Emmanuel Macron qui permet de l'aider.

En réalité, il joue un double jeu et sous couvert d'aider les journalistes, en réalité, il joue l'agenda d'Alamac et des sarcosistes. on regarde un petit extrait du documentaire. L'histoire que l'on va vous raconter est celle d'un grand quotidien traditionnellement attaché à son indépendance mais déficitaire, d'une guerre d'actionnaires désireux d'en prendre le contrôle, d'un président de la République cherchant à peser sur les médias dans l'espoir d'être réélu, et d'un banquier d'affaires au rôle pas très clair. Quant à Emmanuel Macron, en se mettant secrètement au service des repreneurs préférés de Nicolas Sarkozy, il aurait cherché à étendre ses réseaux et son influence politique.

Il va se mettre du côté d'Alamac parce qu'Alamac c'est un peu encore une espèce de faiseur de roi à l'époque, très bien connecté, plutôt marqué à droite mais aussi très bien connecté à gauche et ça fait partie des troubles du personnage et en se mettant du côté de Minc en fait, il s'assure à la fois finalement d'un certain poids dans la négociation médiatique et puis un poids politique futur. Ça montre les subterfuges qui peuvent être utilisés pour faire main basse sur la presse dans des intérêts qui sont radicalement contraires à ce que les citoyens peuvent ou qu'ils peuvent prétendre une presse libre, une presse indépendante loin des connivences d'affaires, des jeux d'influence.

Voilà, c'est ça ce que cette anecdote révèle. Ce jour-là, Tricorno et Van Cote sortent d'un rendez-vous qui se tenait par hasard dans l'immeuble abritant les bureaux d'Alamac. Donc on est dehors, on a fini notre rendez-vous, on est devant l'avenue Georges V, le 10 avenu Georges V avec notre avocat, le vice-président de la Société des Rédacteurs et moi-même et puis la porte s'ouvre et Alain Minc avec quelques personnes sort. Adrien Tricorno, le vice-président de la Société des Rédacteurs du Monde nous dit j'ai une hallucination, je viens de voir Emmanuel.

Je suis surpris de me voir très rapidement qui visiblement discute quelques instants avec Alain Minc qui a l'air étonné qu'il ne vienne pas et du coup Alain Minc referme la porte. Moi l'impression que j'ai eu c'est qu'il m'avait vu, qu'il nous avait vu et qu'il s'était caché. Quand je dis ça aux autres ils m'ont dit mais non écoute c'est énorme ils seraient venus nous dire bonjour etc. Et du coup je vais aller voir je leur dis que restez là tout le monde était pressé et je dis je vais aller voir et je vais vous le ramener pour qu'ils me disent bonjour et qu'ils nous expliquent. Et il rentre dans l'immeuble.

Emmanuel Macron serait-il en train de courir dans l'escalier pour se cacher dans les étages ? Tricorno le suit de près.

Et quand j'arrive au dernier étage de l'immeuble effectivement je tombe sur quelqu'un qui était très silencieux jusqu'à quand j'ai monté les marches mais qui subitement quand j'arrive à l'étage se met à sortir son téléphone à regarder ses pieds et à parler à quelqu'un qui probablement n'était pas au bout du fil d'ailleurs et lui il m'a dit mais excusez-moi je suis au téléphone mais là j'ai senti il avait du mal à parler son souffle était coupé il m'a dit non j'attends des clients donc je ne peux pas bouger les clients passent par la porte d'entrée donc il n'y a aucune raison de ne pas pouvoir bouger il m'a dit oui parce que là on nous prête des locaux mais je dis pourquoi tu ne rentres pas parce que je n'ai pas la clé ça ne tenait pas debout il était dans l'improvisation c'était vraiment c'était hyper drôle c'est qu'il était très gêné et effectivement ça se sentait physiquement c'est-à-dire que je me suis approché lentement de lui pendant qu'il continuait à parler tout en regardant ses pieds en faisant semblant de plus en plus de ne pas voir que je me rapprochais que je me rapprochais je me suis arrêté un peu devant lui j'ai tendu lentement la main et je lui ai dit tu ne nous dis pas bonjour Emmanuel tu ne nous venez plus etc ça me faisait rire en fait j'ai un peu jubilé parce que là je me suis dit ah je l'ai trouvé ils ne vont pas se foutre de moi je l'ai trouvé en fait c'est quelqu'un qui très rapidement aurait pu trouver une explication ce qu'il a essayé de faire ensuite quand ils redescendaient avec lui mais là il n'avait rien et il avait et j'avais une sorte de preuve matérielle de collusion et donc pendant un moment il y a eu une panique et une envie de fuir Alors Lucille, pitche-nous un peu cette histoire Emmanuel Macron un agent double à l'Élysée

23:03
Présentateur

Alors c'est une histoire qui était très peu connue qui avait fuité dans quelques articles et dans des bouquins mais qui n'avait jamais été traité en vidéo à la télé et c'est une histoire qui dit beaucoup de choses à une période où Emmanuel Macron donc était banquier d'affaires chez Rothschild et où il s'est mis au service dans un dossier de presse au service de la Société des Rédacteurs du Monde qui est à l'époque donc un groupement de journalistes au sein du journal Le Monde qui est à l'époque le premier actionnaire du journal et qui donc est assez inquiète parce que le journal va très mal les caisses sont vides le dépôt de bilan menace et donc il faut faire entrer de nouveaux actionnaires sauf que dans toute bataille actionnariale il va y avoir des enjeux de pouvoir parfois très haut placés donc des enjeux d'argent des gens qui ont de l'argent et qui veulent le placer pour éventuellement effectivement exercer une forme d'influence sur ce journal en tout cas c'est ce qu'ils souhaitent eux et de l'autre côté le camp des journalistes qui eux essayent de préserver au maximum leur liberté éditoriale et donc c'est ça cette histoire du monde c'est à la fois une bataille politico-économico-médiatique et à la fois ce rôle d'Emmanuel Macron très direct où il va être embauché pro bono c'est-à-dire gratuitement il va se mettre au service des journalistes du monde en disant écoutez moi je travaille gratuitement pour vous moi je suis banquier d'affaires par ailleurs donc je vais vous aider à éviter les pièges etc.

dans cette bataille actionnariale parce que c'est technique il faut avoir des compétences un peu appuyées c'est pas forcément du ressort de tous les journalistes

24:34
Invité

et il dit que c'est parce qu'il adore l'indépendance de la presse

24:36
Présentateur

voilà donc il arrive à les convaincre et finalement en fait il y a une première période une lune de miel pendant quelques mois où tout se passe bien et en fait au fil des mois il va y avoir quelques indices qui vont commencer à mettre un peu la puce à l'oreille et mettre des doutes aux journalistes sur son impartialité

24:51
Invité

et finalement il est un peu pris le doigt dans le pot de confiture par certains journalistes qui le racontent comme on l'a vu dans l'extrait mais au-delà de cette disons de cette anecdote piquante qu'est-ce que cela dit du rapport d'Emmanuel Macron à la vérité et à la presse ?

25:09
Présentateur

Alors il y a effectivement deux enjeux sur le rapport plus on va dire systémique et plus global sociétal qui pourra intéresser tout un chacun c'est vraiment ces enjeux autour de la presse qui sont encore hyper actuels Jean-Baptiste en parle beaucoup et on est très nombreux à en parler aujourd'hui

25:27
Invité

Une petite précision dans les deux groupes d'actionnaires qui essayent de mettre la main sur le monde en 2010 il faut savoir aussi qu'il y a un monsieur très haut placé en France qui s'appelle Nicolas qui est à l'Elysée et qui lui a choisi son groupe d'actionnaires préférés on est à peu près à un an de la présidentielle de 2012 et lui il voudrait que le monde tombe plutôt entre les mains d'actionnaires qui lui sont favorables et en fait le jeu d'Emmanuel Macron dans le plus grand secret va être d'aider effectivement plutôt ces actionnaires-là ceux qui sont préférés par Sarkozy à mettre la main sur le monde donc on est vraiment au carrefour de la politique et de l'argent

25:53
Présentateur

Sachant qu'on a du mal à établir si c'est vraiment directement pour aider Sarkozy à l'époque ou plutôt parce qu'il est vraiment sous la coupe d'Alain Minc qui est le conseiller de Londres de Sarkozy donc Alain Minc qui lui tient un peu les ficelles en jouant lui-même double jeu parce que c'est l'un des mentors d'Emmanuel Macron qu'il a soutenu pour rentrer chez Rothschild etc.

donc il y a différents enjeux de pouvoir à ce moment-là donc ça raconte à la fois le parcours d'un homme Emmanuel Macron qui commence à se faire son réseau parce que c'est pas anodin s'il s'intéresse à la presse et s'il se met en tant que banquier d'affaires dans des dossiers de presse les gens qu'on a interrogés nous le disent notamment Marc Endeveld qui est un grand grand connaisseur Emmanuel Macron de la Macronique a enquêté qui a fait notamment deux super bouquins là-dessus il nous raconte que c'est pas un hasard si en tant que banquier d'affaires il se met sur des dossiers de presse parce que c'est des dossiers qui sont pas très rentables en réalité par rapport à plein d'autres deals qui font gagner potentiellement des millions les dossiers de presse c'est pas très rentable pour un banquier d'affaires sauf que ça donne un réseau ça donne un très grand réseau dans les médias et donc dans la politique les hauts de fer etc.

ça donne de l'influence donc c'est pas un hasard si Emmanuel Macron commence à s'impliquer sur des dossiers de presse il en suivra d'autres d'ailleurs pas uniquement celui-là et puis plus généralement tu le disais ça raconte ces enjeux de pouvoir et d'argent autour de la presse autour de médias où là on a quand même des journalistes qui eux essayent de faire bien leur boulot essayent d'être indépendants essayent de pouvoir enquêter sur tous les sujets au monde et ils se retrouvent avec Alain Main qui était le président du conseil de surveillance pendant des années au monde pendant 10 ou 12 ans de 97 à 2008 ou quelque chose comme ça qui avait été poussé par la porte par la fenêtre comme on dit c'est quoi l'expression et qui revient qui essaye de revenir poussé par la porte et qui essaye de revenir par la fenêtre au moment de cette bataille d'actionnaires de 2010 mais les journalistes n'en veulent pas du tout précisément pourquoi ?

parce qu'à l'époque tout le monde sait que c'est un déconseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy et que c'est un déconseiller de l'ombre de plein de grands patrons de la place de Paris donc il y a déjà un mélange des genres dont les journalistes du monde ne veulent pas du tout ils ne veulent pas quelqu'un au cœur du journal qui soit dans ce mélange des genres-là

27:56
Invité

dans l'enquête de Lucille Berlan c'est qu'Emmanuel Macron qu'on perçoit comme arrivé un peu dans les valises de François Hollande dans cette période en fait activait bien avant des tas de réseaux sarkozistes avec lesquels il copiait très étroitement donc Emmanuel Macron c'est un type qui est très proche de tout un tas de réseaux de droite avant même d'arriver à l'Élysée en 2012 c'est déjà en même temps parce que quelque part Emmanuel Macron il a une sorte de double mentorat avec Jacques Attali qui était plutôt un compagnon de route de François Mitterrand et des socialistes et de l'autre côté à la main que les deux se tirent la bourre pour conquérir son âme et à la main que représente un peu les intérêts de Sarkozy tandis que Vincent Bolloré et aussi de Vincent Bolloré et pendant que Attali c'est plutôt les intérêts de Hollande et lui il se débrouille pour séduire les deux et puis pour jouer le double jeu double jeu avec les journalistes mais double jeu aussi avec les mentors quelque part

28:44
Présentateur

et avec les citoyens du coup aussi

28:45
Invité

une des déclarations absolument hallucinantes qu'à la main qu'accorde à Lucille Berland à la fin du reportage c'est de dire rappeler un truc qu'il avait dit sur France 2 en 2016 c'est au fond banquier d'affaires il faut être séduisant il faut être talentueux il faut être souple parce qu'au fond c'est un métier de pute alors déjà on tombe un peu de sa chaise et quand on lui reparle de cette citation quelques années après il nous dit oui et j'ai aussi dit à France 2 que banquier d'affaires c'est un métier de pute mais en fait politique aussi c'est un métier de pute alors là on se pince on dit mais qu'est-ce qu'il est en train de nous dire il arrive à l'âge âgé il dit la vérité

29:15
Présentateur

et donc voilà que banquier d'affaires c'est une très bonne préparation finalement à la politique parce qu'il faut les mêmes compétences entre guillemets c'est ce qu'il nous dit séduire, être disponible réussir à convaincre arrondir les angles ce en même temps plus ou moins mais qui est un peu sa patte d'ailleurs c'est comme ça qu'il a gagné en 2012

29:28
Invité

quelque part il y a tromperie les journalistes du monde sont trompés ils sont abusés par Emmanuel Macron quelque part ils se sont sentis trahis en tout cas

29:35
Présentateur

et c'est ce que dit d'ailleurs Adrien Tricornouk qui est l'un des journalistes qu'on a interviewé et qui prendra entre guillemets la main dans le sac Emmanuel Macron quand il sortira quelques jours après deux mois après la vente du monde à côté d'Alain Main qui est donc il y aura une forme de preuve de collusion parce qu'ils avaient le doute jusque là et là ils se diront bon d'accord parce qu'Emmanuel Macron s'enfuit à ce moment-là il fuit en faisant mine de ne pas les avoir vus donc il va le poursuivre etc.

comme on l'a vu dans l'extrait donc oui à ce moment-là il y a à la fois cette histoire de collusion mais il y a des enjeux démocratiques beaucoup plus graves finalement et beaucoup plus systémiques et qu'on retrouve encore dix ans plus tard qui sont encore d'actualité

30:15
Invité

Ce qui est tragique et comique dans cette histoire où Emmanuel Macron va se cacher c'est qu'il serait sorti avec Alain Main et puis il aurait dit salut les gars je vais te prendre un café et puis c'est tout bon je pense que l'affaire se serait arrêtée là quand on n'en aurait jamais parlé mais là il va avoir un réflexe complètement dingue quand il sort de l'immeuble et qu'il voit les journalistes du monde comme s'il était pris en flagrant délit il va essayer de se cacher comme un petit garçon qui a fait une bêtise qui a mis sa main dans le pot de confiture il va se cacher et parce qu'il se cache ça intrigue les autres qu'ils vont le pourchasser il monte au sixième il cherche une issue désespérément bon manque de bol c'est un immeuble il n'y a pas de sortie il arrive au sixième c'est un palier nous on a été voir on a visité le palier il n'y a pas de porte donc en fait Macron il se retrouve tout en haut il ne peut plus sortir il est coincé et en fait c'est cette fuite qui est une espèce d'aveu qui les avait trahi il n'aurait pas fui bon voilà quoi il y aurait peut-être eu des doutes mais des doutes difficiles à documenter alors quelque part aujourd'hui il y a eu une polémique sur la brouille ou la guerre entre Emmanuel Macron et Vincent Bolloré liée également à des enjeux médiatiques toutes ces interactions entre les hommes de médias les hommes politiques et les hommes d'affaires rappelons qu'en 2010 par exemple Nicolas Sarkozy deux fois va exercer de très fortes pressions sur le directeur du monde Eric Fautorino une fois par téléphone pour lui dire qu'il n'est pas question qu'il choisisse les actionnaires Niel Berger-Pigas que Sarkozy perçoit comme des gens de gauche c'est vous dire et puis un mois plus tard Sarkozy va carrément le recevoir dans son bureau à l'Elysée en lui mettant la pression en disant si c'est Niel qui reprend le monde il n'y aura pas d'argent des contribuables pour sauver l'imprimerie du journal donc les pressions de Sarkozy sont explicites extrêmement fortes elles ont fait scandale jusqu'aux Etats-Unis et au fond on a le sentiment aujourd'hui qu'un président de la République française continue finalement à faire de l'influence sur la presse quand ce n'est pas lui c'est de puissances industrielles qui veulent contrôler l'information donc l'information est un enjeu vital et tous ces gens veulent la contrôler pour de mauvaises raisons c'est-à-dire pour instrumentaliser l'information pour conditionner l'opinion et ça c'est grave ça devrait vraiment vacciner tous les citoyens contre ces médias dépendants et il faut vraiment financer l'information indépendante en France

32:07
Présentateur

Et c'est là où pour moi il y a un point clé aussi qui est parce que est-ce que la conclusion qu'on doit en tirer c'est que ça doit vacciner les gens vis-à-vis des médias dépendants moi c'est pas forcément ma conclusion mais en tout cas oui être alerté faire gaffe mais surtout je trouve que dans ce genre d'affaires qui en pâtit au fond c'est les journalistes c'est-à-dire que les journalistes dans ces médias-là qui globalement essayent de bien faire leur travail et d'enquêter sur tout y compris sur parfois leurs actionnaires etc qui peuvent pas toujours le faire c'est eux qui en pâtissent en premier parce que dans ce genre d'histoire politico-financière etc les gens peuvent avoir tendance à mettre tous les médias et tous les journalistes dans le même sac en disant vous êtes tous corrompus vous êtes tous censurés etc et nous ce qu'on raconte là-dedans c'est que là-dedans ceux qui réussissent à ne pas craquer c'est la société des rédacteurs du monde et quand Emmanuel Macron pousse un peu vers un camp eux ils disent non au moment du vote ils choisissent le camp adverse de celui le camp contraire donc à Nicolas Sarkozy et de celui pour lequel Emmanuel Macron poussait intriguait et donc eux ils décident de conserver leur indépendance mais parfois c'est pas toujours ça

33:12
Invité

on peut considérer que le fait de se vendre à Niel Pigasse c'est toujours une défaite

33:18
Présentateur

c'est aussi un autre choix mais c'est toujours une défaite au sens où d'ailleurs c'est ce qu'ils disent à l'époque c'est qu'ils disent c'est un changement d'air parce que jusque là on est indépendant on est premier actionnaire etc et là on est obligé de faire rentrer de l'argent sinon on met la clé sous la porte donc le monde ferme on licencie je sais plus combien il y avait encore des centaines de journalistes ils sont tombés entre les mains

33:42
Invité

des actionnaires les moins pires que les autres pour faire court qu'ils jouaient les moins pires que d'autres parce qu'aujourd'hui quand même Xavier Niel ce sont des enjeux comme les télécoms ce sont des concessions de services publics Xavier Niel c'est aussi le gendre de Bernard Arnault c'est tout un pouvoir

33:57
Présentateur

Il a énormément d'influence dans le monde économique ça c'est clair après sur parmi les différents actionnaires dont Jean-Baptiste aussi parlera dans son bouquin en janvier sur les oligarques et la presse etc on va dire Xavier Niel c'est un de ceux qui va être le plus respectueux entre guillemets ouvertement des rédactions c'est-à-dire qu'il ne va pas faire de l'interventionnisme très direct comme d'autres se le permettent par exemple Vincent Bolloré de venir dans les rédactions de dire ça ne traite pas ça censure etc mais bon ça pose quand même des questions par exemple d'autocensure des journalistes quand tu sais que l'un des principaux actionnaires de ton journal c'est Xavier Niel le patron de Free est-ce que tu fais une enquête pendant deux mois au journal si tu es journaliste d'investigation au monde pour enquêter sur les failles du système Free

34:47
Invité

Et au-delà tu peux vraiment interroger le capitalisme et ses mécanismes dans une époque de quasi-effondrement écologique de Covid quand finalement ce sont les héros du capitalisme français les français les plus riches qui contrôlent ton média ils sont allergiques naturellement à tout ce qui est anticapitaliste

35:05
Présentateur

par exemple Audrey Garrick au Monde sur l'écologie sur l'environnement elle écrit sans arrêt des papiers là-dessus elle a un regard quand même assez critique etc donc heureusement il y a encore des journalistes qui peuvent exercer leur regard critique y compris dans des grands médias qui peuvent être considérés vu de l'extérieur comme par indépendants heureusement mais tu as raison de dire que quelque part c'est comme comme s'ils étaient quand même dans un espèce d'îlot où on peut pas aller trop trop loin dans une forme de critique etc et eux-mêmes le disent parfois à l'intérieur ces journalistes-là c'est-à-dire que c'est pas la censure qu'on fantasme vu de l'extérieur par exemple en disant bah dans ces médias-là ils disent pas du tout ce qu'ils veulent etc c'est pas à ce point-là mais quand même ça pose des questions notamment d'autocensure etc donc ces journalistes-là

35:49
Invité

c'est pas à ce point-là chez d'autres industriels oui voilà exactement en tout cas oui

35:52
Présentateur

là je parle des journalistes du monde dans d'autres par exemple chez Bolloré ou dans d'autres groupes

35:56
Invité

et après pour sortir de ce piège moi je suis pas sûr qu'il faut absolument faire le combat entre les médias indépendants et les grands médias et les uns devant tuer les autres je pense que ce qu'il faut absolument par contre c'est qu'il n'y ait pas que 5 puissants industriels qui ont quasiment tous soutenu le président de la République qui contrôle la presse ça c'est vraiment pas une démocratie il faut qu'il y ait des médias indépendants pour venir les mordiller les challenger il faut qu'il y ait de la pluralité et actuellement le pluralisme il se crée en dehors du système en marge du système mais souvent avec du financement citoyen comme vous l'avez fait vous aux médias ou comme d'autres et donc ça veut dire que la population comme va le faire off investigation qui on l'espère va vraiment arriver à ses objectifs en termes de mobilisation de fond alors est-ce que vous pouvez picher enfin pas picher mais disons nous dire un peu quels autres sujets vous allez aborder quels sujets sont finis ou alors vous voulez les garder parce que vous voulez protéger les sources c'est quoi la stratégie on a prévenu l'Elysée en toute transparence donc on va pouvoir vous le dire on les a affiché

36:48
Présentateur

sur le site d'ailleurs dans nos communications

36:50
Invité

on va travailler par exemple sur la complaisance d'Emmanuel Macron à l'égard du régime militaire algérien depuis plusieurs années il a plutôt choisi les affairistes et le clan au pouvoir plutôt que la population qui pourtant défilait dans la rue il y a eu 13 millions d'Algériens dans la rue au plus fort du Irak on n'a pas senti qu'Emmanuel Macron avait une très grande solidarité envers cette population qui demandait plus de démocratie par exemple Lucille va enquêter sur l'affaire Alstom qu'est-ce qui fait qu'en France on a laissé partir un pan entier de souveraineté industrielle aux Américains comment Alstom et GIE ont arrosé la place de Paris à coups de centaines de millions d'euros pour missionner des cabinets de lobbying des cabinets d'avocats pour faire réussir ce projet qui a amputé finalement la France quand même d'une compétence majeure Yanis Mamdi travaille actuellement sur le maintien de l'ordre pendant les Gilets jaunes par le pouvoir politique pour contenir la colère de la population au lieu de lui donner des réponses politiques on a envoyé la police avec des LBD des armes de guerre des grenades donc on a vu les dégâts que ça a fait donc on enquête sur ça voilà moi je vais essayer de gratter une histoire d'un contrat d'armement qui a foiré avec les Belges avec l'Elysée qui n'a rien fait pour sauver le projet on va travailler sur l'impôt sur la fortune d'Emmanuel Macron il l'a supprimé en arrivant comme président en disant que ça allait améliorer l'efficacité économique de la France en fait il avait un rapport très personnel à l'ISF depuis qu'il était passé chez Rothschild et qu'il avait fait fortune donc je pense qu'il avait un petit besoin aussi de le supprimer pour lui et surtout l'excellente enquête de Cécile Nolman Hôpital la République en panne on en parle énormément dans l'actu nous ce qu'on a essayé de faire c'est mais qu'est-ce qu'on a mené comme politique publique à l'hôpital depuis 20 ans pour que les soignants soient dans un tel état aujourd'hui et qu'on a du mal à accueillir les malades et quoi qu'en dise Emmanuel Macron et son gouvernement et leurs éléments de langage que beaucoup d'ailleurs de citoyens sur les réseaux sociaux traduisent de la façon suivante voilà c'est un objet long comme ça avec des trous et en fait comme ça en fait les gens ne croient plus à Macron la vérité c'est qu'on a abîmé l'hôpital avec des politiques ultra-libérales qui ont mis la pression sur les soignants et les médecins depuis 20 ans qui ont constitué une espèce de harcèlement institutionnel dans le service public et que les gens sont tellement découragés dans les hôpitaux que plein maintenant s'en vont c'est-à-dire que dans une situation de chômage les gens partent quittent l'hôpital donc il serait temps de se réveiller et de porter un regard critique sur la façon dont on a traité l'hôpital depuis 20 ans Merci Jean-Baptiste Merci Lucille Off Investigation ce sera ils ont déjà commencé avec une enquête qui a déjà trouvé son public et pour qu'il continue il faut aller sur Questis Bank Bank participer à leur levée de fonds et leur donner les moyens justement de mordre les le mordre les mollets de belles émissions comme envoyé spécial complément d'enquête et et cache investigation et de montrer finalement au gouvernement et aux milliardaires que même s'ils éteignent complètement l'investigation dans les médias traditionnels elle rebondira dans les médias indépendants quant à moi je vous dis à la prochaine