Inauguration du salon Eurosatory 2022, par le Président Emmanuel Macron.
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« Depuis quatre mois, une guerre de haute intensité s'est engouffrée sur le sol européen, et avec elle son cortège de sang et d'angoisse. »
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« Il n'y a pas de sécurité nationale, pas d'autonomie stratégique donc pas de paix, sans des armes terrestres et une trésorerie adaptée. »
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« Nous entrons dans une économie de guerre, ce qui est un changement pour beaucoup d'entre nous. »
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« La France n'a pas attendu la guerre, j'y reviendrai mais, partout en Europe et dans le monde, une exigence qui sera supplémentaire, pour aller plus vite, plus fort, au moindre coût et pour innover plus rapidement. »
- 8:00Emmanuel MacronChiffre
« Nous avons réparé beaucoup des fragilités qui étaient les nôtres précédemment grâce à la loi de programmation militaire. »
- 10:00Emmanuel MacronFait
« Je crois beaucoup à cette force d'un modèle dual, et vous êtes en train évidemment de le démontrer pleinement. »
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Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les Officiers Généraux, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les dirigeants d'entreprises. Depuis quatre mois, une guerre de haute intensité s'est engouffrée sur le sol européen, et avec elle son cortège de sang et d'angoisse. Je n'ignore pas que, pour beaucoup d'entre vous ici, venus de pays qui n'ont pas ou plus la chance d'être en paix, ce sont des réalités quotidiennes.
Mais les scènes terribles du conflit ukrainien, de ce peuple qui lutte pour la défense de son territoire et tout simplement pour sa survie, font resurgir à nos yeux d'Européens des images du passé, et d'un passé que nous croyions tous révolu. Ces circonstances, évidemment, président à ces rencontres, à vos travaux, à nos travaux et à nos échanges. Elles sont d'autant plus cruelles que la pandémie de Covid 19, qui continue de sévir dans de nombreux endroits du globe, a profondément endeuillé nos populations, bousculé nos réseaux économiques et, là aussi, remis en cause nombre de certitudes.
Vous le comprenez, si j'ai souhaité inaugurer parmi vous cette édition 2022 du salon Eurosatory, c'est évidemment pour marquer l'importance de celui-ci dans le moment que nous vivons, et pour vous saluer, vous les milliers de femmes et d'hommes qui travaillez sur l'ensemble de ces stands, ainsi que les visiteurs, industriels, responsables de startups et chercheurs qui y participez. Mais c'est également pour mettre à l'honneur les compétences et les savoir-faire que vous représentez car Eurosatory est bien plus qu'un laboratoire d'innovation militaire, qu'une grand-messe industrielle ou qu'une vitrine d'avancées technologiques, c'est un symbole de notre ambition stratégique ; c'est une condition de notre souveraineté nationale ; c'est une conception de notre souveraineté européenne. En étant devant vous aujourd'hui, c'est d'abord et avant tout une marque de confiance à l'égard de nos armées.
Je sais combien, en particulier pour notre armée de terre en ces jours mais pour l'ensemble de nos armées, nos industriels sont pleinement mobilisés. Confiance également à l'égard de nos forces de sécurité intérieure qui utilisent massivement nombre des technologies et innovations qui sont les vôtres. Confiance à l'égard des industriels, innovateurs et chercheurs que vous êtes.
Cette confiance, elle s'inscrit dans un contexte inédit. Je pense que nous devons tous, à cette occasion et dans les temps qui viennent, en tirer les conséquences, celles aussi d'une entrée dans une économie de guerre dans laquelle, je le crois, nous allons durablement devoir nous organiser. C'est-à-dire aussi une économie dans laquelle il faudra aller plus vite, réfléchir différemment sur les rythmes, les montées en charge et les marges, pour pouvoir reconstituer plus rapidement ce qui est indispensable pour nos forces armées, pour nos alliés ou pour celles et ceux que nous voulons aider.
Une économie, au fond, dans laquelle on ne peut plus vivre au rythme et avec la grammaire d'il y a même un an. Tout a changé et, ce changement, ce n'est pas simplement l'État ou les États qui peuvent en subir les conséquences, ce sont tous les acteurs de la filière, tous, avec évidemment des commandes supplémentaires et beaucoup plus d'ambition. La France n'a pas attendu la guerre, j'y reviendrai mais, partout en Europe et dans le monde, une exigence qui sera supplémentaire, pour aller plus vite, plus fort, au moindre coût et pour innover plus rapidement.
Donc, vous l'avez compris, ma présence est aussi une marque d'exigence. Je le disais, il n'y a pas de sécurité nationale, pas d'autonomie stratégique donc pas de paix, sans des armes terrestres et une trésorerie adaptée. Il nous revient collectivement d'armer physiquement nos soldats et aussi de les armer de confiance.
Ils doivent pouvoir se reposer à la vie et à la mort sur leur matériel. C'est le cas, je le sais, parce que ces équipements naissent d'une étroite collaboration entre les les opérationnels des armées, leur État-Major, notre Délégation générale pour l'armement et notre industrie. Je crois que c'est d'ailleurs la force historique du modèle français, ce caractère organique, ce lien continu qui a pu inspirer d'ailleurs beaucoup de nos partenaires européens, de nos alliés et partenaires à travers le monde et qu'il nous faut renforcer.
Pour ne prendre qu'un exemple, nos véhicules issus de l'opération Scorpion ou bien les nouveaux casques, treillis, fusils, gilets pare-balles de nos fantassins, sont le fruit de cette intimité, si je puis dire, de chaque jour. C'est aussi pourquoi, dès 2017, la France a pris ses responsabilités pour rééquiper les armées françaises. Je l'ai toujours dit, je crois que ça correspond à votre ambition, à ce que ce salon montre très bien, à la fois à hauteur d'homme et à hauteur stratégique.
Nous n'avons pas attendu les changements géopolitiques pour réinvestir et pour nous doter d'une loi de programmation militaire inédite et, surtout, pour la respecter au centime, année après année. Ce qui fait que nous avons réparé beaucoup des fragilités qui étaient les nôtres précédemment. Grâce à la loi de programmation militaire, à sa conception et surtout à sa mise en œuvre, nous avons pu être au rendez-vous des exigences légitimes de nos soldats, à hauteur d'homme, mais aussi nous réadapter aux défis stratégiques, innover encore davantage avec vous toutes et tous, rattraper, dans certaines catégories du jeu, une part de notre retard ou la totalité de celui-ci, et gagner en avance sur d'autres parties du jeu.
J'y voyais là une question de cohérence et de justice, d'ajuster les moyens aux menaces et, quand les menaces augmentent, ce qui était déjà le cas dès 2017, les moyens doivent suivre. Très clairement, j'ai demandé au ministre et au chef d'État-Major des armées de pouvoir mener, dans les semaines qui viennent, une réévaluation à l'aune du nouveau contexte géopolitique de cette loi de programmation. Ce travail donnera lieu, et j'y reviendrai dans quelques semaines, à une nouvelle planification de nos travaux et à un investissement clair et fort de la nation dans la durée, pour pouvoir accompagner ces bouleversements du monde, consolider notre modèle d'armée complète, mais aussi nous positionner encore plus fortement sur l'évaluation à la fois de la menace et des réalités que nous sommes en train de vivre, aussi bien sur le théâtre sahélien que dans cette guerre de haute intensité revenue sur le sol européen.
En tant que chef des armées, j'ai mis un point d'honneur personnel à combler les lacunes en matériel, en munitions et en capacités opérationnelles, à relancer le dialogue entre l'État et l'industrie d'armement et à élargir cette problématique à l'Europe. Depuis cinq ans, nous avons beaucoup fait sur ce point. Il nous reste, vous l'avez compris, beaucoup à faire pour nous adapter aux transformations profondes que nous sommes en train de vivre.
Pour qui douterait de l'urgence de ces efforts, il suffit de regarder une fois encore vers l'Ukraine, dont les soldats réclament un armement de qualité et qui sont en droit d'avoir une réponse, là aussi, de notre part. Nous tirons donc toutes les leçons des dernières années, de ce qui se passe en Ukraine et de ce que nous voyons évoluer aussi partout à travers le monde. L'armement de demain, et c'est une progression constante vers la perfection à laquelle nous sommes les uns et les autres condamnés compte tenu de ce que j'évoquais, de ce pacte de confiance avec nos soldats, sera plus encore performant.
Je sais combien les matériels français sont en avance sur ce sujet. Le succès exceptionnel que vous rencontrez à l'export, malgré une concurrence de plus en plus rude et une régulation stricte pour respecter nos engagements internationaux, en est la preuve éclatante, et je veux vous en féliciter. Vous savez aussi l'engagement qui est le mien à vos côtés et les partenariats stratégiques que nous avons su nouer.
Je vois ici beaucoup de représentants militaires ou diplomatiques, de beaucoup de pays amis auprès desquels nous avons un engagement de plusieurs décennies, parfois auprès desquels nous nous sommes réengagés récemment. De l'Irak jusqu'à la Grèce, la Croatie, les Émirats arabes unis jusqu'à beaucoup d'autres, nos prospects à l'export ont montré une force inédite. Nous devons encore la consolider et nous continuerons de le faire.
Une excellence stimulée aussi par l'émulation de l'industrie de l'armement européen qui est, là encore, un motif de fierté. Nos champions y sont très bien intégrés. KNDS, qui travaille sur le projet de char du futur, en est un exemple avec Airbus, MBDA, Thalès et Safran, pour citer les plus emblématiques.
Nous avons également des coopérations d'exception avec la Belgique pour notre programme de combat motorisé, ainsi qu'avec la Suède, notre partenaire dans la société ARCUS. Mais nous pouvons aller plus loin encore vers la souveraineté européenne, développer plus de projets communs et améliorer nos échanges à travers le monde. Là aussi, je veux être très clair, nous sommes à la veille de transformations profondes.
Je le disais en commençant mon propos, nous entrons dans une économie de guerre, ce qui est un changement pour beaucoup d'entre nous, soyons lucides, qui va nous obliger à investir davantage pour les États ; à être plus exigeants avec les industriels pour ces derniers ; à être encore plus innovants et plus rapides ; à changer parfois le mode de relation pour pouvoir répondre beaucoup plus rapidement aux besoins, et aider à avoir des équipements qui correspondent aux besoins parfois de court terme de l'armée ; à sortir de certains modèles que nous connaissions historiquement, pour réussir à équiper certains de nos partenaires beaucoup plus rapidement ; à savoir penser de manière plus adaptée, dans des modes parfois dégradés ; à garder, ce qui est une force de nos armées, ce mariage entre l'extrême innovation et la rusticité, entre des programmes de moyen ou long terme, mais que nous allons regarder à l'aune de ce que nous enseignent les nouveaux théâtres d'opération ; à la capacité aussi à délivrer beaucoup plus rapidement en souplesse. Mais nous allons aussi avoir à nous réorganiser en Européens. Soyons lucides sur nous-mêmes, l'Europe s'est longtemps pensée comme un marché.
Vous m'entendez, depuis cinq ans, dire qu'elle doit repenser sa souveraineté et sa force. Nous avons commencé de le faire, je m'en félicite, nous devons aller beaucoup plus loin. À cet égard, ce que la Commission européenne nous a proposé il y a quelques jours va dans le très bon sens.
Je me félicite que beaucoup de nations européennes soient là, qui vont elles-mêmes financer massivement et repartir de l'avant. Mais ne repartons pas de l'avant pour reproduire les erreurs du passé. Dépenser beaucoup pour acheter ailleurs n'est pas une bonne idée.
Nous devons dépenser beaucoup, mais nous devons penser une stratégie industrielle et d'innovation européenne parce que c'est bon pour nos industries et nos industriels ; c'est bon pour l'emploi dans nos pays ; c'est bon pour avoir une capacité d'innovation duale dont notre économie a besoin ; et c'est bon pour notre souveraineté stratégique. Donc attention à qui est en train de nous expliquer qu'on dépense beaucoup mais qu'on va acheter ailleurs. Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne beaucoup plus fortes et beaucoup plus exigeantes.
Je serai intraitable sur ce sujet, sinon nous construirons les dépendances de demain, dans un monde géopolitique où ce que nous croyions impensable naguère est à peu près à chaque fois arrivé. Ayons beaucoup d'humilité sur ce sujet et donc bâtissons ce socle de souveraineté et d'indépendance européenne, française si on le peut, avec des partenariats que je souhaite à travers le monde, et je vois beaucoup de non européens ici. J'aime construire les partenariats que je choisis.
J'aime moins les dépendances que nous avons massivement et méthodiquement, parfois, préparées. Donc vigilance dans cette période, qui va imposer, pour beaucoup d'entre nous, de changer les logiques parce que, si nous voulons bâtir cette base industrielle européenne, il va falloir accepter plus de coopération et il va falloir aussi accepter de davantage standardiser notre offre. Je regarde, là aussi, avec beaucoup de lucidité ce qu'est la réalité du marché européen et du marché américain.
Le second investit plus que nous, mais il a une offre beaucoup plus simplifiée. Ce n'est pas vrai que, même en investissant beaucoup plus pays européens par pays européen, si nous gardons les mêmes divisions nous saurons faire mieux. Donc il nous faudra entrer dans des logiques auxquelles parfois nous avons été réticents mais qui doivent conduire à simplifier notre offre collective, pour bâtir des vraies offres européennes et une vraie standardisation européenne.
C'est la clé pour investir massivement, pour être au rendez-vous, en particulier face aux transformations du cyber, face aux transformations dans le spatial et dans le maritime, mais aussi sur beaucoup des sujets que nous évoquerons ces jours- ci qui font partie du salon, si nous voulons être compétitifs. La confiance avec laquelle je viens devant vous aujourd'hui et les réinvestissements qui sont des bonnes nouvelles, vont de pair avec cette réflexion sur l'économie de guerre et tout ce qui l'emporte, et également sur une organisation beaucoup plus européenne et l'exigence qui va avec. Le secteur dont vous êtes les ambassadeurs est un secteur d'avenir parce qu'il a fait sien aussi des enjeux considérables qui n'étaient pas forcément, si je puis dire, au cœur du secteur qui est le vôtre mais vous vous y êtes progressivement adaptés et je veux, avant de terminer, insister sur ce point, c'est très clairement la croissance durable.
L'innovation, pilotée par vous et souvent inspirée par des opérationnels eux-mêmes, aussi bien au sein des grands groupes que dans les startups bien placés pour donner leur avis sur des produits qu'ils expérimentent au quotidien, comme je l'évoquais tout à l'heure, a permis d'avoir pour tout le secteur un temps d'avance stratégique, et c'est crucial. À cet égard, beaucoup d'entre vous sont là pour consacrer la force de cette innovation. Je veux saluer ici le prix GICAT de l'innovation et la jeune société lauréate de cette année.
Bravo à elle et à sa fondatrice. Bravo aussi à toutes les équipes. Je saluais le rôle de la DGA, je veux aussi insister sur le rôle de l'Agence de l'Innovation de défense et du Fonds Innovation défense qui identifient et aident nos innovateurs et nos entrepreneurs.
Il y a eu une mue collective du secteur ces dernières années sur ce sujet, dont je veux vous féliciter parce que c'est essentiel pour répondre aux défis que j'évoquais. C'est essentiel aussi pour le reste de l'économie puisque je crois beaucoup à cette force d'un modèle dual, et vous êtes en train évidemment de le démontrer pleinement. Mais vous êtes en train, collectivement aussi, avec beaucoup de vélocité et d'adaptabilité, de prendre en compte l'enjeu de croissance durable, comme je l'évoquais, et d'environnement.
Je suis heureusement impressionné de constater à quel point tous ces sujets écologiques sont pris en compte dans votre secteur, qu'il s'agisse de résoudre les crises environnementales avant qu'elles ne dégénèrent en crises sécuritaires, d'inventer des solutions d'autonomie en énergie, de traitement de déchets, de décontamination, de logistique ou d'infrastructures basse consommation, et je vous encourage à continuer d'aller de l'avant. Il y a ici un démonstrateur, [ INAUDIBLE ], qui regroupe 55 sociétés dédiées à ces sujets et qui sont une marque forte sur ce sujet. Tout cela me conduit à vous dire très clairement, puisque vous avez compris que j'étais plutôt dans l'optique de vous faire un discours de franchise et de sincérité, que j'entends des voix qui s'élèvent et qui parfois jettent le doute sur le secteur avec, je dois le dire, parfois une forme de complexité qui m'échappe dans certains esprits.
Au moment où on dit tous il faut réarmer et il faut nous protéger, la guerre revient en Europe, j'entends des voix qui jettent le doute en disant que secteur est un peu compliqué, la taxonomie n'est pas favorable. On ne vous conseille pas forcément d'aller investir dans le secteur de la défense. Les gens qui disent ça, très sincèrement, sont des esprits compliqués.
Quand les temps deviennent durs, pardon de préférer les esprits simples. On a besoin de tenir ensemble tous nos objectifs. On a passé des mois à bâtir une taxonomie donc, parce que le secteur prend en compte de manière industrielle et citoyenne, j'ose le dire, à l'échelle nationale comme européenne, la complexité de tous ces défis, je le dis très clairement, la taxonomie européenne ne peut ni ne doit disqualifier nos industriels, ou seulement même les mettre en difficulté.
Nous ne pouvons pas laisser ceci avancer. Donc vous m'aurez à vos côtés, à la fois vis-à-vis des jeunes ingénieurs, des cadres et des apprentis de tout le secteur qui doivent évidemment, face à tous ces défis, continuer à rejoindre vos entreprises, des startups aux grands groupes et à nos laboratoires publics ou privés de recherche. C'est une industrie d'avenir, ce sont des industries d'avenir qui doivent continuer à rester attractives, mais vous m'aurez à vos côtés pour convaincre les investisseurs du monde entier, évidemment, de rejoindre ce secteur et d'avancer.
J'estime, à cet égard, que la boussole stratégique, qui est un succès collectif pour notre défense européenne que nous avons voulu porter en particulier en franco-allemands, est un jalon essentiel et doit aussi être un élément de cohérence de notre avancée. Oui, nous sommes une Europe exigeante sur le plan écologique et énergétique, avec une stratégie, en bon français " Fit for 55 ", et, à côté de cela, une Europe qui est sortie de la naïveté, qui croit à son industrie de défense et qui réinvestit pour ses armées, mais pour avoir aussi une base industrielle et technologique de défense européenne. Cet ' en même temps ', comme on dit ici, est un " en même temps " d'avenir.
C'est d'ailleurs, permettez-moi de le dire, le seul qui nous bâtisse un véritable avenir. Quel serait le modèle de défense qui ferait fi de l'écologie ? Aucun.
Mais qu'est-ce que ce serait qu'un modèle où l'Europe se mettrait aux avant-postes de la transition écologique et environnementale pour y sacrifier sa base industrielle et technologique de défense ? Nos citoyens, à juste titre, se retourneraient vers nous en disant vous avez fait de drôles de choix. Nous, on a fait des économies en matière de CO2 et vous avez acheté davantage de matériel grâce à vos investissements décidés, chez les copains qui ne les faisaient pas !
Non, donc on fera les deux, avec beaucoup de clarté. Vous l'avez compris, j'attendrai, dans ce contexte, beaucoup de vous aussi. Vos innovations, enfin, enrichissent tout le secteur de la sécurité en matière de connectivité et de réseaux, de tranquillité des grands rassemblements, de cyber sécurité et de lutte anti-drônes.
Autant de technologies qui sont essentielles pour nos forces armées mais nos forces de sécurité intérieure aussi, et à qui je veux rendre également hommage, et autant de technologies où nous investirons massivement pour être au meilleur niveau pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Je félicite ici les exposants qui nous présentent cette année des innovations brillantes dans des domaines critiques que sont les systèmes de commandement ou de supervision. Là aussi, ce sont des vraies révolutions auxquelles nos sociétés, collectivement, vont s'adapter et qui vont nous permettre d'organiser très différemment les choses.
Avant d'aller à votre rencontre, il me reste à vivement remercier les équipes du GICAT, son président Marc Darmon pour l'organisation de cette édition d'Eurosatory, et l'ensemble des parties prenantes qui ont permis ce travail et qui surtout, tout au long de l'année, nous permettent d'avoir des armées plus fortes, des industriels plus innovants et qui mobilisent l'ensemble de l'écosystème. Donc, vraiment, je remercie aussi beaucoup le CEMA et le DGA pour ce travail conjoint, si je puis dire, dans cette unité. Malgré les difficultés de la pandémie, vous avez réussi à monter cet événement sans équivalent ou presque dans le monde, et qui n'avait pas eu lieu depuis 2008, et dont j'ai hâte de parcourir les allées pour visiter quelques uns de vos stands.
Chacun d'entre eux nous parle d'excellence opérationnelle, de performance économique et de capacité d'innovation et c'est tout cela que nous aurons à porter aussi en Européens. Je le dis à quelques jours de la fin de notre présidence de l'Union européenne, là aussi, le conflit nous dicte qu'aujourd'hui nous devons aller plus loin dans la maîtrise du destin partagé. L'heure est à la mise en place, au-delà de tout ce que j'ai pu dire et en plus, d'une préférence européenne pour construire, lorsque cela sera nécessaire et possible, des mécanismes rationnels d'acquisitions capacitaires communes.
Il n'y a pas de formule magique pour la paix, mais il y a beaucoup d'exigences pour bâtir cette souveraineté collective. Voilà les quelques mots que je voulais avoir avant de vous rejoindre et de parcourir ce salon avec vous. Au-delà de cela, vous l'avez compris, dans les semaines, les mois et les années qui viennent, pas simplement de continuer à porter l'ambition que nous portons ensemble depuis cinq ans, non, à aller beaucoup plus loin et beaucoup plus fort parce que le contexte géopolitique nous y oblige.
Notre monde est en désordre. Il nous faut donc être plus forts pour tenir la paix, tenir l'Europe et tenir notre pays. Nous serons au rendez-vous.
Nous prendrons les décisions et les investissements et nous aurons aussi les exigences qui vont avec. Vive la République et vive la France !